Quatrième Commission: la composition du Comité scientifique de l’ONU pour l’étude des effets des rayonnements ionisants doit être élargie, estiment des délégations

21 octobre 2011
CPSD/489

Quatrième Commission: la composition du Comité scientifique de l’ONU pour l’étude des effets des rayonnements ionisants doit être élargie, estiment des délégations

21/10/2011
Assemblée générale
CPSD/489
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission

13e séance – après-midi

QUATRIÈME COMMISSION: LA COMPOSITION DU COMITÉ SCIENTIFIQUE DE L’ONU POUR L’ÉTUDE

DES EFFETS DES RAYONNEMENTS IONISANTS DOIT ÊTRE ÉLARGIE, ESTIMENT DES DÉLÉGATIONS

Après la catastrophe de Fukushima-Daïchi, elles plaident aussi pour un renforcement de la réglementation internationale en matière de sécurité nucléaire

La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a été saisie cet après-midi du rapport du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) et de celui du Secrétaire général sur les effets des rayonnements ionisants dans les Îles Marshall.  Créé en 1955, le Comité, initialement chargé de réunir les informations ayant trait aux effets des radiations ionisantes sur l’être humain et sur son milieu, s’est, au fil des années, penché sur les nouveaux défis, comme par exemple les radio-expositions accidentelles et l’exposition professionnelle aux sources artificielles de rayonnements.

Lors de la présentation du travail du Comité qu’il dirige, le Président de l’UNSCEAR, M. Wolfgang Weiss, est revenu sur les mesures prises et les recommandations formulées suite à l’accident nucléaire consécutif au grave tremblement de terre et à l’important tsunami qui ont dernièrement frappé l’est du Japon.  Il a également indiqué que le Comité continue d’évaluer la situation radiologique dans les Îles Marshall, et qu’un résumé de ces évaluations sera présenté au Secrétaire général pour son rapport destiné à l’Assemblée générale.

Présentant à son tour le rapport du Secrétaire général sur les effets des rayonnements ionisants dans les Îles Marshall, M. Malcolm Crick, Secrétaire général du Comité des Nations Unies pour l’étude scientifique des rayonnements ionisants, a présenté un résumé des conclusions des évaluations réalisées sur la question des effets des rayonnements ionisants dans les Îles Marshall par le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants et d’autres entités.

Au cours du débat général qui a suivi ces présentations, de nombreuses délégations ont dans un premier temps, réaffirmé leur soutien au Comité et déclaré qu’elles en appréciaient les travaux.  Pour autant, la question de l’élargissement de la composition du Comité continue de les préoccuper, ont-elles indiqué.  Dans ce contexte, un certain nombre d’États Membres, dont la République de Corée, la Finlande, le Bélarus, ou encore l’Ukraine, se sont déclarés, en tant qu’États observateurs à ce Comité, prêts à en devenir des membres à part entière, compte tenu de leur expérience en matière nucléaire.

Il serait « sage de clore la question de l’élargissement de la composition du Comité au cours de la présente session », ont par exemple estimé les représentants de la Finlande et de l’Allemagne.  Pour sa part, le représentant du Soudan s’est déclaré « déçu » par les propositions relatives aux procédures d’adhésion des États Membres qui le souhaitent au Comité, car, a-t-il estimé, « elles sont de nature à en politiser les travaux ». 

Par ailleurs, certaines délégations comme celles des Philippines et de la Fédération de Russie, ont estimé que l’accident nucléaire de Fukushima a permis de remettre la question des risques associés aux expositions aux rayonnements ionisants au cœur des débats.  « Un seul accident nucléaire peut avoir des conséquences régionales et mondiales terribles », a déclaré le représentant des Philippines avant de plaider pour un renforcement du rôle de l’Agence  internationale de l’énergie nucléaire (AIEA).  Dans le même ordre d’idées, les États du MERCOSUR, représentés par l’Uruguay, ont estimé que la collecte de données sur les effets des rayonnements ionisants est primordiale non seulement pour analyser les effets de ces rayonnements sur la santé des individus, mais aussi pour les impacts et conséquences qu’ils ont sur les autres composantes de l’environnement.  Cette collecte doit donc se poursuivre, a estimé le représentant.

La Syrie, quant à elle, s’est déclarée préoccupée par le « deux poids-deux mesures » et les pressions qui s’exercent sur les pays en développement qui cherchent à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Sous prétexte de faire respecter le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), « ces pays sont victimes d’abus alors que la communauté internationale ferme les yeux sur d’autres États qui cherchent à se procurer ou possèdent déjà des armes nucléaires », a dénoncé son représentant, avant d’inviter Israël à démanteler ses armes nucléaires et à soumettre ses installations aux inspections de l’AIEA.

La Quatrième Commission se réunira lundi, le 24 octobre, à 10 heures, et entamera son débat sur le point relatif à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

EFFETS DES RAYONNEMENTS IONISANTS (A/66/46, A/66/378 ET A/C.4/66/8)

Présentation des rapports

Présentant le rapport du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) (A/66/46), son président, M. WOLFGANG WEISS, a déclaré qu’il présente le résultat des délibérations dudit Comité lors de sa cinquante-huitième session tenue à Vienne du 23 au 27 mai 2011.  Ce rapport détaille, par exemple, les mesures prises et les recommandations formulées suite à l’accident nucléaire consécutif au grave tremblement de terre et à l’important tsunami qui ont frappé l’est du Japon en 2011.  Le document revient également sur les activités relatives à l’accident de Tchernobyl, prenant par exemple, note que l’Organisation des Nations Unies avait pris des mesures en vue de publier de façon anticipée l’évaluation conduite en 2008, afin qu’elle soit disponible avant le vingt-cinquième anniversaire de l’accident.  Le rapport aborde aussi la situation radiologique dans les Îles Marshall et rappelle que le Comité évalue la situation radiologique dans ces îles depuis de nombreuses décennies et qu’il était convenu de proposer un résumé de ses évaluations au Secrétaire général pour son rapport destiné à l’Assemblée générale.  Le Comité présente en outre, dans ce rapport, son programme de travail actuel et en cours et aborde quelques questions administratives.

M. MALCOLM CRICK, Secrétaire général du Comité des Nations Unies pour l’étude scientifique des rayonnements ionisants, aprésenté le rapport du Secrétaire général sur les effets des rayonnements ionisants dans les Îles Marshall (A/66/378).

Ce rapport contient un résumé des conclusions des évaluations réalisées sur la question des effets des rayonnements ionisants dans les Iles Marshall par le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants et d’autres entités.

Le Comité renseigne régulièrement l’Assemblée générale sur les doses de rayonnement existant dans les Îles Marshall et sur leurs effets; une évaluation internationale de la situation radiologique de l’atoll de Bikini, qui a été conduite à la demande du Gouvernement des Îles Marshall.  De nombreux experts reconnus ont publié des données radiologiques concernant les Îles Marshall dans des revues scientifiques.

Dans des lettres datées du 11 février et du 26 juillet 2011 adressées au Secrétaire général, le Représentant permanent des Îles Marshall auprès de l’ONU s’est interrogé sur la portée et l’exhaustivité du présent rapport, dont il attendait qu’il couvrît non seulement les effets scientifiques des rayonnements ionisants mais aussi toutes les autres dimensions de la question, à savoir: l’histoire politique des Îles Marshall et celle des essais d’armes nucléaires ; l’impact des rayonnements sur la santé publique; les dimensions culturelles, sociales et développementales liées aux essais, à l’exposition des populations aux rayonnements et à ses suites; les mesures correctives; la participation de l’ONU, dont le Conseil de tutelle; le rôle de la communauté internationale dans le traitement des effets induits et les futurs défis et enjeux liés à ces effets.

Le Secrétaire général a répondu au Représentant permanent que la résolution 65/96 définissait spécifiquement la portée du rapport, à savoir l’étude des effets des rayonnements ionisants, et qu’une grande partie des questions soulevées par les Îles Marshall dépassaient le cadre scientifique limité des effets des rayonnements ionisants. Le Secrétaire général a également fait savoir que l’Organisation était prête à donner suite à toute future instruction émanant de l’Assemblée générale.

Débat général

M. MARTIN VIDAL (Uruguay) a parlé au nom des pays du MERCOSUR et a réaffirmé la nécessité de poursuivre la collecte de données sur les effets des rayonnements ionisants et d’analyser les effets de ces rayonnements non seulement sur la santé des individus, mais aussi sur leurs conséquences sur les autres composantes de l’environnement.  De plus, le prochain rapport sur les effets des rayonnements ionisants dans les Îles Marshall ne devrait pas se contenter de mentionner les conséquences de ces rayonnements, mais devrait aussi faire la genèse des essais nucléaires qui se sont déroulés dans ces îles, a suggéré M. Vidal.  Le représentant a ensuite estimé que le travail du Comité est essentiel et que dans ce cadre, il est important de renforcer son financement.  De même, pour les États du MERCOSUR, le renforcement du financement du Comité est un préalable à la question de sa composition, a-t-il ajouté.

Pour M. CARLOS SORRETA (Philippines), l’accident nucléaire de Fukushima a permis de remettre la question des risques associés aux expositions aux rayonnements ionisants au cœur des débats.  « Un seul accident nucléaire peut avoir des conséquences régionales et mondiales terribles », a-t-il fait remarquer.  Par conséquent, il est impératif d’agir de manière collective, à commencer par les États parties au TNP qui doivent appliquer les dispositions de son document final de 2010, a dit M. Sorreta.  La délégation philippine estime que la sécurité nucléaire passe par la coopération régionale, et pense qu’à ce titre, l’AIEA est appelée à jouer un rôle crucial pour faciliter cette coopération.  Il est également nécessaire de revoir le cadre mondial de préparation aux situations d’urgence en cas d’accident nucléaire, a préconisé M. Sorreta.  Enfin, les pays qui optent pour le nucléaire comme source d’énergie doivent impérativement se soumettre aux normes de sécurité internationale en la matière en vue d’éviter d’autres accidents, a encore exigé le représentant.

M. ABUZIED SHAMSELDIN AHMED MOHAMED (Soudan) s’est déclaré satisfait du rôle du Comité en ce qu’il rend les informations sur les rayonnements ionisants disponibles au grand public. Cependant, le Soudan est déçu par les propositions relatives aux procédures d’adhésion des États Membres qui le souhaitent au Comité, car elles sont de nature à en politiser les travaux.  Certaines des options proposées pourraient en outre être source de discriminations, et leur application serait une violation des objectifs et de l’esprit de la Charte des Nations Unies, a ajouté le représentant.

M. ZHAO XINLI (Chine) a salué les travaux importants du Comité scientifique UNSCEAR, et a noté avec satisfaction que les effectifs de ce dernier avaient récemment été étoffés.  La Chine estime que le développement de l’énergie nucléaire doit impérativement se baser sur la sûreté.  Les pays ayant opté pour cette forme de source d’énergie doivent impérativement assurer la sécurité nucléaire tout au long du cycle d’exploitation des matériaux fissiles jusqu’au démantèlement des installations nucléaires vétustes, a dit M. Zhao.  Constatant que les pays en développement sont de plus en plus demandeurs des utilisations pacifiques du nucléaire, il a estimé qu’il fallait, par conséquent, veiller que leurs applications se limitent à celles ayant des bénéfices pour l’humanité.  Il est urgent de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter des accidents nucléaires, a dit le représentant.  Afin de prévenir les rayonnements ionisants néfastes et éviter toute panique quant aux développements de l’énergie nucléaire, l’ONU devrait insister sur le fait que les États possédant des technologies nucléaires sophistiquées garantissent un cadre de sécurité maximal.  Elle devrait promouvoir la coopération internationale; redoubler d’effort en vue de promouvoir la recherche et le développement de technologies nucléaires plus sûres; et élargir la portée des études sur les effets des rayonnements ionisants, notamment leur impact psychologique, a préconisé M. Zhao.

M. IHAB HAMED (République arabe syrienne) a déclaré que sa délégation était préoccupée par le « deux poids deux mesures » et les pressions qui s’exercent sur les pays en développement qui cherchent à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Sous prétexte de faire respecter le Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), ces pays sont victimes d’abus alors que la communauté internationale ferme les yeux sur d’autres États qui cherchent à se procurer ou possèdent déjà des armes nucléaires, a dit M. Hamed.  Le représentant a ensuite rappelé que son pays a adhéré au TNP en 1969, a coopéré avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et est engagé à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires.  Or Israël, par son refus d’adhérer au TNP ou de soumettre ses installations aux inspections de l’AIEA, nuit gravement à cet objectif et constitue un danger pour les pays de la sous-région, a ajouté le représentant.  À cet égard, la communauté internationale et les Nations Unies ont un rôle à jouer et doivent faire pression sur Israël, afin qu’il démantèle ses armes nucléaires et soumette ses installations aux inspections de l’AIEA, a-t-il aussi estimé.  En conclusion, M. Hamed a indiqué qu’Israël avait déversé des déchets nucléaires toxiques dans le Golan syrien occupé en toute impunité.

M. HAMID AL BAYATI (Iraq) a expliqué que, compte tenu des risques associés aux rayonnements ionisants, le Gouvernement iraquien avait réactivé le Centre de prévention des rayonnements, qui est l’organe chargé de la réglementation de l’Autorité iraquienne de prévention des rayonnements, qui a été établi en 1980.  Cette Autorité dépend directement du Ministère de la protection de l’environnement iraquien.  Elle est chargée de développer des plans et programmes liés à la sécurité nucléaire et contrôle, notamment, les transports de matériaux radioactifs.  Elle assure les mesures des niveaux de radioactivité, ainsi que la collecte de données relatives aux niveaux de contamination, a indiqué M. Al Bayati.  En 2005, le Gouvernement iraquien a également mis en place un organe indépendant, l’IRSRA, qui est chargé de la sureté des matériaux et déchets radioactifs.  Cet organe a également conçu un plan d’urgence en cas d’accident nucléaire, a précisé le délégué.

M. ANDRYI TSYMBALIUK (Ukraine) a salué la décision prise par le Comité scientifique des Nations Unies (UNSCEAR) pour que soient menées des études sur les effets des rayonnements ionisants, afin d’évaluer le niveau d’exposition aux rayonnements ionisants qui peut être attribué à la récente catastrophe nucléaire survenue au Japon.  La compilation de telles données et informations devrait débuter aussitôt que possible, a dit le représentant.  Il s’est ensuite félicité de voir les contributions de son pays reflétées dans les publications du Comité.  Dans ce cadre, l’Ukraine appuie le programme de travail adopté par le Comité, a dit M. Tsymbaliuk.  Il s’est déclaré satisfait de l’invitation faite à son pays de participer, en tant que membre observateur, aux travaux de l’UNSCEAR, avant de déplorer que les travaux dudit Comité aient pu se tenir sans la pleine participation de l’Ukraine, qui dispose pourtant d’une expérience en matière de rayonnements ionisants, a-t-il ajouté.  Dans ce contexte, le représentant a demandé à l’Assemblée générale de soutenir la demande de l’Ukraine de devenir membre à part entière de l’UNSCEAR.

M. PRAKASH JAVADEKAR (Inde) a déclaré que l’Inde soutenait la proposition du Comité scientifique (UNSCEAR) de mener une étude scientifique sur les conséquences radiologiques de l’accident nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima-Daïchi.  Il est indispensable, selon lui, que l’on mette en place un cadre multidisciplinaire et multi-institutions pour la collecte et l’analyse des données relatives à cet accident.  En tant que pays où une grande partie de l’énergie électrique provient de centrales nucléaires, l’Inde apprécie d’autant plus les travaux du Comité scientifique dans ses différents domaines d’intervention.  « La sécurité de nos citoyens est notre priorité absolue », a assuré le représentant.   Toutefois, a-t-il dit, l’Inde propose l’adoption d’un format simple pour la collecte des données à laquelle se livrent les États Membres en vue de les transmettre au Comité scientifique.  Le représentant a également insisté sur le fait qu’il faut veiller à ce que les informations qui sont transmises au grand public ne provoquent pas de paniques ou de psychoses.  Abordant la question de l’augmentation possible du nombre des membres du Comité scientifique, qui, dans sa composition actuelle, « fonctionne très bien » selon lui, le délégué a demandé que ce nombre n’excède pas la « limite pratique », compte tenu des contraintes financières et logistiques liées à l’organisation des sessions de travail de l’UNSCEAR.

M. KHALIL HASHMI (Pakistan) a salué la qualité des travaux du Comité scientifique (UNSCEAR), et a souligné que son rôle est renforcé par la légitimité qu’il acquiert du fait que c’est un organe scientifique représentatif des Nations Unies.  Le Pakistan attend le rapport du Comité sur les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima qui devrait être présenté en 2012.  Le Pakistan a participé aux quatre dernières sessions de l’UNSCEAR en tant qu’observateur, a rappelé le représentant, ajoutant que l’expérience pakistanaise en termes de gestion d’installations nucléaires remonte à beaucoup plus loin que son engagement au sein du Comité.  Avec plus de 50 ans d’expérience, le Pakistan opère des installations à faibles rayonnements comme des centres thérapeutiques médicaux de grande envergure, a-t-il précisé.  Pour lui, le rôle du Comité scientifique est appelé à grandir dans la mesure où les applications du nucléaire sont de plus en plus nombreuses et variées dans le quotidien des sociétés, des peuples et des personnes.

M. SOHIBNAZAR RAHMONOV (Tadjikistan) a déclaré que son pays a hérité de la période soviétique de beaucoup de déchets nucléaires, situés à côté de centres d’habitations civiles, et qui nécessitent un traitement immédiat.  Pour relever ce défi, le Tadjikistan a pris un certain nombre de mesures, dont la création d’une agence de sécurité et de rayonnements nucléaires.  Poursuivant son intervention, le représentant a déclaré que son pays reconnaissait le rôle central de l’Agence  internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui, depuis plusieurs années, met en œuvre de nombreux projets au Tadjikistan.  Mais il reste encore un certain nombre de problèmes à régler sur le terrain, a-t-il ajouté.  Au regard du dernier accident nucléaire survenu au Japon, il est nécessaire de renforcer le rôle de l’AIEA et d’explorer les sources d’énergie propres et renouvelables, a conclu le représentant.

M. KAZUO KODAMA (Japon) a assuré que pour le Japon, la sécurité des technologies nucléaires a toujours été une priorité.  Dans ce contexte, le Japon a eu l’occasion de tirer profit des travaux du Comité scientifique des Nations pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), a indiqué M. Kodama.  Pour avoir été victime de l’accident nucléaire tragique de Fukushima, le Japon reconnaît plus que jamais le rôle crucial que l’UNSCEAR joue dans ce domaine, a-t-il ajouté.  La délégation japonaise se réjouit de voir la détermination dont a fait preuve la communauté internationale en vue de renforcer la sécurité nucléaire lors de la Réunion de haut niveau tenue aux Nations Unies, sur ce sujet, le 22 septembre.  À cet égard, le Japon indique qu’il soutient les propos du Secrétaire général qui demande que les capacités et ressources de l’UNSCEAR soient renforcées de manière à permettre à ce Comité d’assumer avec autorité le mandat qui lui revient concernant l’étude des effets des rayonnements ionisants dans tous les domaines.

M. CALEB CHRISTOPHER (Îles Marshall) a rappelé que pendant de nombreuses années les dirigeants des Îles Marshall n’ont cessé d’alerter les Nations Unies sur les impacts des essais nucléaires qui ont été menées dans les zones maritimes adjacentes à leur pays.  L’engagement des Nations Unies en tant que partenaire potentiel des Îles Marshall est un pas positif pour que soit close cette page historique, a ajouté le représentant, avant de saluer le soutien apporté à son pays par le Forum des Îles du Pacifique sur cette question.

M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a déclaré que le Comité scientifique (UNSCEAR) joue un rôle prépondérant pour améliorer la compréhension sur les effets des niveaux d’exposition de l’homme et de l’environnement aux rayonnements ionisants.  L’accident de Fukushima a, à nouveau, souligné l’importance des travaux de ce Comité, a dit M. Berger en rappelant que le Comité a immédiatement appuyé les efforts du Japon.  L’analyse du Comité sur l’accident de Tchernobyl a également contribué à mieux comprendre les conséquences de cette tragédie, a encore noté le représentant.  Pour toutes ces raisons, l’Allemagne reste attachée au travail important du Comité, notamment en termes de partage d’informations scientifiques pertinentes et actualisées.  La délégation allemande estime qu’il est important de trouver une solution à la question de la composition du Comité scientifique au cours de cette session.

M. DENIS ZDOROV (Bélarus) a commencé par déplorer que la date de publication des rapports n’ait pas permis aux délégations d’avoir plus de temps pour négocier les projets de résolution portant sur la question examinée.  Le représentant a ensuite estimé que l’urgence des tâches du Comité nécessite une mise à disposition rapide des ressources qui lui sont allouées et un renforcement de ses capacités.  Un exemple de ce renforcement des capacités est l’adhésion des six États qui en font la demande aux travaux du Comité, a-t-il ajouté, estimant aussi que l’élargissement du Comité à 27 membres est un pas important.  En tant que membre observateur du Comité et candidat au statut de membre à part entière, le Bélarus est disposé à coopérer dans le cadre de l’évaluation des effets des rayonnements ionisants, a dit M. Zdorov.  En conclusion, le représentant a déclaré espérer qu’une décision sera prise rapidement en ce qui concerne la question de l’élargissement de la composition du Comité.

M. JAVIER SANABRIA VALDERRAMA (Espagne) a souligné l’importance du travail d’évaluation du Comité en particulier au lendemain de la catastrophe nucléaire survenue au Japon et dans le contexte de la situation prévalant aux Îles Marshall.  Le représentant a ensuite estimé que la question de l’élargissement de la composition du Comité doit être résolue.  Les six membres observateurs ont rendu de grands services au Comité, a-t-il ajouté, et l’Espagne est prête à étudier toute proposition qui trouve une solution satisfaisante à la question budgétaire qui entrave l’élargissement de ce Comité.  Les six membres observateurs doivent obtenir le statut de membres à part entière comme cela a été proposé à Vienne, a-t-il poursuivi, avant d’estimer que ce qui a été approuvé à Vienne doit été ratifié ā New York par consensus.

M. NIKITA ZHUKOV (Fédération de Russie) a déclaré que le récent accident nucléaire de Fukushima a souligné la nécessité de renforcer la réglementation internationale en matière de sécurité nucléaire.  Dans ce cadre, le représentant a rappelé que la Fédération de Russie a fait des propositions dans ce sens, avant d’appeler les autres États à soutenir ces propositions.  Le représentant s’est ensuite déclaré satisfait des rapports du Comité soumis à la Commission, avant d’estimer que la qualité des travaux du Comité pourrait être améliorée par l’élargissement de sa composition et du nombre de ses membres.  Dans ce contexte, le représentant a estimé que les États observateurs qui remplissent toutes les conditions nécessaires devraient être intégrés en tant que membres à part entière du Comité.

M. DONGA-IK SHIN (République de Corée) a dit que sa délégation apprécie le rôle central du Comité scientifique dans le domaine de la sureté nucléaire.  Avec 21 centrales nucléaires, la République de Corée est directement concernée par ce problème.  Après avoir été observateur au Comité depuis 2008, la République de Corée souhaite en devenir membre à part entière à l’instar des cinq autres pays qui ont jusqu’à ce jour un statut d’observateurs, a dit M. Donga.  Rappelant que les États membres du Comité scientifique ont exprimé le souhait de résoudre la question de l’élargissement de la composition du Comité cette année, le délégué a plaidé en faveur de cette position en soulignant que cela n’aura quasiment aucune incidence financière pour le Comité.  La République de Corée est convaincue que la contribution des six pays observateurs serait très utile aux travaux de l’UNSCEAR, a-t-il conclu.

Mme LENKA MIHÁLIKOVÁ (Slovaquie) a affirmé que la Slovaquie appuyait pleinement les travaux du Comité scientifique (UNSCEAR) et est disposée à lui fournir toutes les informations pertinentes pour ses analyses.  La Slovaquie, qui a été affectée par l’accident de Tchernobyl, est heureuse de voir que le deuxième volume des annexes scientifiques qui porte sur les thèmes: « Radio expositions accidentelles »; « Les conséquences sanitaires de l’accident de Tchernobyl »; et  « Les effets des rayonnements ionisants sur les organismes vivants non humains », est désormais publié à la fois sous forme électronique et sur papier.  M. Koterec a dit que son pays salue également l’engagement actif du Comité dans le suivi et l’évaluation de l’impact de l’accident de Fukushima Daïchi sur la santé et l’environnement.  Enfin, la Slovaquie encourage le Comité scientifique à publier ses rapports dans les temps impartis, a dit le représentant.

M. JYRKI NISSILÄ (Finlande) a déclaré qu’en tant que pays observateur aux travaux du Comité depuis 2006, la Finlande pense que le moment est venu de devenir membre à part entière du Comité.  Il serait sage de clore cette question, a poursuivi le représentant en, ajoutant que cela doit se faire cette année.  En tant que membre à part entière la Finlande contribuera davantage aux travaux du Comité.  Par ailleurs, en ce qui concerne les aspects financiers, la Finlande est prête à fournir une contribution, notamment, concernant le budget des frais de déplacement et d’hébergement des scientifiques finlandais, a conclu le représentant.

M. LEON GONZALEZ (Cuba) a noté que plus de 23 000 ogives nucléaires menacent toujours la paix et la sécurité internationales.  Il est inacceptable que certains États nucléarisés ne renoncent pas à l’emploi des armes nucléaires dans le cadre de leur doctrine de défense, a estimé le représentant.  La délégation de Cuba estime qu’il s’agit d’un acte immoral, et que seule une interdiction totale des armes nucléaires permettra de mettre un terme à cette menace.  Par ailleurs, compte tenu de l’importance des travaux menée par l’UNSCEAR pour la communauté internationale, le représentant a estimé qu’il est fondamental de conserver et de renforcer les liens de collaboration entre le Comité et les États Membres des Nations Unies ainsi qu’avec l’OMS, l’AIEA et le PNUE.  Pour sa part Cuba a apporté son aide au peuple ukrainien afin d’atténuer les conséquences de l’accident de Tchernobyl par le biais d’un programme de réhabilitation des victimes de cette catastrophe.  Ont pu en bénéficier plus de 25 000  personnes, surtout des enfants, a précisé le représentant.  Cuba a transmis toutes les informations recueillies dans le cadre de ce programmeau Comité scientifique et à l’AIEA, a-t-il indiqué.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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