La Quatrième Commission entame l’examen des questions relatives à l’utilisation des données géospatiales dans le cadre de la promotion du développement durable

11 octobre 2011
CPSD/483

La Quatrième Commission entame l’examen des questions relatives à l’utilisation des données géospatiales dans le cadre de la promotion du développement durable

11/10/2011
Assemblée générale
CPSD/483
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission

7e séance – matin

LA QUATRIÈME COMMISSION ENTAME L’EXAMEN DES QUESTIONS RELATIVES À L’UTILISATION DES DONNÉES GÉOSPATIALES DANS LE CADRE DE LA PROMOTION DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Elle adopte cinq résolutions relatives au processus de décolonisation

La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a débuté ce matin, l’examen du point de son ordre du jour relatif aux utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique, en tenant une table ronde sur les « contributions apportées par le Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable », dite « Conférence Rio+20 », avant de tenir un débat général sur la question.

Dans leurs interventions, les experts et autres panélistes de la table ronde ont d’abord souligné la recrudescence des catastrophes naturelles et autres défis auxquels est confrontée la communauté internationale.  Ils ont été unanimes à reconnaître que ces défis, majoritairement dus au réchauffement de la planète et aux changements climatiques, peuvent être efficacement relevés par la communauté internationale et par les États en faisant usage des données géospatiales générées par les activités d’exploration de l’espace extra-atmosphérique et par les expériences menées dans l’espace, notamment grâce à la station spéciale internationale.

M. Dumitru-Dorin Prunariu, Président du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS), a estimé que les données géospatiales peuvent et doivent être intégrées par les décideurs aux processus de prise de décisions politiques en faveur de la promotion du développement durable.  Dans ce contexte, le processus préparatoire à la Conférence Rio+20 devrait examiner les voies au travers desquelles la recherche spatiale avancée pourrait permettre d’aborder les questions de développement sous un angle nouveau.

M. Gilberto Camara, Directeur de l’Institut spatial du Brésil, a, quant à lui, estimé que les données satellitaires devraient être considérées comme information faisant partie du domaine public.  Grâce à leur utilisation, le Brésil a été en mesure d’obtenir des résultats concrets en matière de préservation environnementale et a pu s’engager, lors des travaux de la Conférence de Copenhague, sur des bases crédibles, à réduire de 80% le rythme de son déboisement d’ici à 2020, a rappelé M. Camara.  Dans le cadre de la Conférence Rio+20, le principe du libre accès à ces données doit être réaffirmé et la communauté internationale doit envisager la mise en place d’une convention sur la disponibilité publique des informations ayant trait à l’environnement, a également suggéré M. Camara.

Les panélistes issus du système de l’ONU ont de leur côté présenté aux délégations les activités menées par les entités onusiennes au nom desquelles ils s’exprimaient en matière de coopération, de coordination ou de renforcement des capacités en ce qui concerne l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique.

M. Suaha Ulgen, du Bureau des technologies de l'information et des communications des Nations Unies (OICT), a expliqué que ce Bureau et le groupe de travail travaillant sur les questions relevant de son mandat, avaient  pour objectif de développer des politiques communes et de mettre en place les meilleures pratiques au sein du système des Nations Unies, tout en se tenant à jour sur les technologies émergentes et en garantissant le partage des données y afférentes.  L’idée est de regrouper toutes les données thématiques géographiques dans un seul domaine, partant du principe qu’il faut qu’il y ait une interopérabilité entre les différents organes des Nations Unies et les données dont ils disposent dans un souci de rationalisation, a-t-il ajouté. 

Mme Mazlan Othman, Directrice du Bureau des affaires de l’espace extra-atmosphérique, a, pour sa part, rappelé les priorités du Bureau qu’elle dirige, avant de réaffirmer son intention de contribuer au processus de la Conférence Rio+20 et d’y plaider pour la démocratisation de l’accès aux  données géospatiales.  Par ailleurs, le Bureau se consacre actuellement à la mise sur pied d’un répertoire des activités spatiales qui sera accessible à toute personne intéressée, ainsi que sur celle d’un système d’échanges des informations et des leçons apprises. 

Revenant sur les succès enregistrés par le Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS) en termes de promotion de la coopération spatiale internationale et pour ce qui est du partage des avantages et des bénéfices tirés de l’exploration spatiale, le Conseiller auprès du COPUOS, M. Kenneth Hodgkins, a rappelé que cet organe défend le point de vue selon lequel ces activités doivent être développées dans l’intérêt de tous les pays, et encourage les États dotés de systèmes de télédétection à prévoir la collecte et le partage des données ainsi collectées.  Par ailleurs, depuis 2001, un Groupe d’action du Comité a été chargé de se pencher sur la question de la promotion des GNSS (Système mondial de navigation par satellites) avec pour objectif d’élaborer des normes à minima destinées à protéger l’environnement spatial, a-t-il précisé.

Dans le cadre du débat général qui a suivi ces interventions, certaines délégations ont également souligné la nécessité de la coopération entre États dans le domaine de l’espace et de ses technologies.  La délégation d’Israël a ainsi déclaré que, dans ce domaine, les progrès sont difficiles à réaliser si on fait cavalier seul.  C’est pour cette raison que l’Agence spatiale israélienne (ISA) poursuit sa mission d’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique en assurant la promotion de projets scientifiques innovateurs basés sur la collaboration internationale et a signé des accords de coopération avec des agences « sœurs ».

En début de réunion ce matin, la Quatrième Commission a procédé à l’adoption de plusieurs projets de résolution relatifs aux peuples et territoires non autonomes et au processus de décolonisation.  La Commission poursuivra demain, mercredi 12 octobre, à 10 heures, son débat général sur les utilisations pacifiques de l’espace.

DÉCISIONS SUR DES PROJETS DE RESOLUTION AU TITRE DES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR RELATIFS À LA DÉCOLONISATION

Projets de résolution contenus dans le rapport A/66/23

Renseignements relatifs aux territoires non autonomes communiqués en vertu de l’alinéae de l’Article 73 de la Charte des Nations Unies

Par le projet de résolution I, adopté par 131 voix pour et 5 abstentions (France, Israël, Royaume-Uni, République-Unie de Tanzanie et États-Unis), l’Assemblée générale prierait les puissances administrantes de communiquer ou de continuer à communiquer régulièrement au Secrétaire général des renseignements statistiques et autres de nature technique relatifs à la situation économique et sociale et à l’éducation dans les territoires dont elles sont responsables.  Elle les prierait aussi de communiquer des renseignements aussi complets que possible sur l’évolution politique et constitutionnelle des territoires en question, notamment sur la constitution, la loi ou le décret régissant le gouvernement du territoire et les relations constitutionnelles entre celui-ci et la puissance administrante, dans les six mois suivant l’expiration de l’exercice administratif dans ces territoires.

Explication de vote

La représentante du Royaume Uni a expliqué que sa délégation s’est abstenue lors du vote sur ce projet de résolution, non pas parce qu’elle a un problème au sujet de l’objectif visé par le texte.  Le Royaume-Uni continuera à fournir les renseignements requis sur les territoires qu’il administre.  Toutefois, le Royaume-Uni estime que ce n’est pas à l’Assemblée générale, mais au gouvernement du territoire et à la puissance administrante de décider si le niveau de gouvernance d’un territoire est ou non au niveau de celui d’un gouvernement autonome.

Activités économiques et autres préjudiciables aux intérêts des peuples des territoires non autonomes

Aux termes du projet de résolution II, adopté par 144 voix pour, 2 contre (Israël et États-Unis) et 2 abstentions (France et Royaume-Uni), l’Assemblée générale soulignerait l’utilité des investissements économiques étrangers réalisés en collaboration avec les peuples des territoires non autonomes et conformément à leurs vœux afin d’apporter une contribution valable au développement socioéconomique desdits territoires, en particulier, en période de crise économique et financière.  Elle réaffirmerait aussi les droits légitimes des peuples de ces territoires sur leurs ressources naturelles.

L’Assemblée générale demanderait de nouveau aux gouvernements qui ne l’ont pas encore fait de prendre des mesures législatives, administratives ou autres à l’égard de ceux de leurs ressortissants et des personnes morales relevant de leur juridiction qui possèdent ou exploitent dans les territoires non autonomes des entreprises préjudiciables aux intérêts des habitants de ces territoires, afin de mettre fin aux activités de ces entreprises.  Enfin, l’Assemblée générale prierait instamment les puissances administrantes concernées de prendre des mesures efficaces pour protéger et garantir les droits inaliénables des peuples des territoires non autonomes sur leurs ressources naturelles, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les droits de propriété des peuples de ces territoires.

Explication de vote

Le représentant de l’Argentine a estimé que l’applicabilité de ce texte dépend de l’exercice du droit à l’autodétermination exercé par des « sujets colonisés actifs ».  Or la population originelle et native des îles « Malvinas » a été expulsée par la puissance occupante et remplacée par une population allogène « importée » du Royaume-Uni, ce qui viole la notion du droit à l’autodétermination dont pourrait se prévaloir cette population.  Par conséquent, ce texte ne s’applique pas au cas des îles « Malvinas » et à la zone maritime qui les entoure, a estimé le représentant.  L’Argentine rejette donc l’applicabilité du principe de l’autodétermination à la question des îles « Malvinas », a-t-il dit.  Il a également fait valoir le fait que toutes les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale exigeaient un règlement de la question de souveraineté des îles « Malvinas » par une négociation directe entre l’Argentine et le Royaume-Uni.

Application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l’Organisation des Nations Unies

Aux termes du projet de résolution III, adopté par 101 voix pouret51 abstentions, l’Assemblée générale prierait les institutions spécialisées et les autres organismes des Nations Unies intéressés de fournir des informations sur les problèmes environnementaux auxquels se heurtent les territoires non autonomes.  Elle les prierait aussi de fournir des informations sur les effets qu’ont sur ces territoires les catastrophes naturelles, sur les moyens d’aider ces territoires à lutter contre le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent et d’autres activités illégales et criminelles, ainsi que sur l’exploitation illégale des ressources marines et autre ressources naturelles des territoires et la nécessité d’utiliser ces ressources au profit de la population de ces territoires.

Par ce texte, l’Assemblée générale recommanderait à tous les gouvernements de redoubler d’efforts, au sein des institutions spécialisées et des autres organismes des Nations Unies dont ils sont membres, pour que la priorité soit accordée à la question de l’aide aux peuples des territoires non autonomes.

Explications de vote

Le représentant de l’Argentine a expliqué que ce projet doit s’appliquer conformément aux déclarations pertinentes des Nations Unies.

La représentante du Royaume-Uni a indiqué qu’elle réaffirmerait l’appui de sa délégation à ce texte, à condition que les mandats de ces agences spécialisées soient respectés à la lettre.

Diffusion d’informations sur la décolonisation

Par le projet de résolution VII,adopté par 147 voix pour, 3 contre (Israël, États-Unis et Royaume-Uni) et une abstention (France), l’Assemblée générale prierait le Secrétaire général de développer davantage l’information fournie sur le site Web de l’Organisation concernant la décolonisation et de continuer à y inclure la série complète de rapports des séminaires régionaux.  L’Assemblée générale prierait le Département de l’information de continuer de mettre à jour des informations affichées sur le site Web concernant les programmes d’aide destinés aux territoires non autonomes.

Explications de vote

La représentante du Royaume-Uni a expliqué que sa délégation avait voté contre ce texte car elle demeure d’avis que l’obligation qu’impose le Secrétariat de publier des informations sur le processus de décolonisation impose une charge non justifiée.

Le représentant de l’Argentine a réaffirmé l’appui de son pays au droit à l’autodétermination des peuples vivant sous occupation.  Cependant, il a indiqué que ce texte devrait être interprété conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Comité spécial sur la décolonisation.  Il a rappelé que ces deux instances ont reconnu que la situation des îles « Malvinas » est une « situation coloniale particulière dont le règlement passe par la reprise d’un dialogue bilatéral entre l’Argentine et le Royaume-Uni en vue de trouver une solution juste et pacifique à ce différend de souveraineté ».

Application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux

Au terme du projet de résolution VIII, adopté par 149 voix pour, 3 contre (Israël, États-Unis et Royaume-Uni) et 2 abstentions (Belgique et France), l’Assemblée générale prierait le Comité spécial de continuer à chercher les moyens appropriés d’assurer l’application immédiate et intégrale de la Déclaration et d’appliquer, dans tous les territoires, les mesures qu’elle a approuvées touchant les deux Décennies internationales pour l’élimination du colonialisme.  Elle prierait instamment tous les États d’apporter, si nécessaire, une aide morale et matérielle aux peuples des territoires non autonomes et prierait le Secrétaire général, les institutions spécialisées et les autres organismes des Nations Unies d’apporter une assistance économique, sociale et autre aux territoires non autonomes et de continuer à le faire une fois que les territoires auront exercé leur droit à l’autodétermination y compris à l’indépendance. 

Explications de vote

Le représentant de l’Argentine est revenu sur le paragraphe 7 du dispositif, et a rappelé que les missions de visite ne se font que sur les territoires pour lesquels il n’existe pas de conflit de souveraineté et avec l’approbation de l’Assemblée générale.

La représentante du Royaume-Uni a indiqué que certains éléments de ce projet de résolution étaient « inacceptables » pour sa délégation qui s’opposera à l’application du texte.  « Malgré cette position, le Royaume-Uni reste engagé à une modernisation de sa relation avec les peuples de ses territoires d’outre-mer », a dit la représentante.

COOPÉRATION INTERNATIONALE TOUCHANT LES UTILISATIONS PACIFIQUES DE L’ESPACE

Table ronde sur le thème: « Contributions apportées par le Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Conférence Rio+20) »

Déclarations liminaires

Les données spatiales sont d’une importance capitale, et il n’est pas anormal que le Comité ait choisi ce thème parmi les points à l’ordre du jour de ses travaux, a déclaré M. DUMITRU-DORIN PRUNARIU, Président du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.  Le Comité est arrivé à la conclusion que l’observation spatiale joue un rôle dans la simulation des hypothèses et pour mesurer les effets des changements climatiques.  Dans ce contexte, il est nécessaire de rendre les données disponibles, a encore déclaré le Président.  Les efforts visant à faire face aux crises alimentaires, aux épidémies et autres défis liés aux changements climatiques, auxquels la communauté internationale est confrontée, nécessitent par ailleurs une approche holistique, incluant les données spatiales.  Celles-ci peuvent être insérées dans les processus de prise de décisions politiques, a-t-il ajouté, avant de louer le système « UN-Spider ».

Il est clair pour le panel de cette table ronde que les données terrestres et spatiales sont des éléments de grande importance pour les décideurs, a encore déclaré le Président du Comité.  Alors que l’on prépare la Conférence de Rio+20, il est important de prendre note des enseignements des cinq dernières années.  Pour cela, il faut voir comment la recherche spatiale avancée peut permettre d’aborder les questions de développement et voir comment la recherche scientifique et la coopération peuvent aider les pays en développement à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a-t-il ajouté en conclusion.

M. KENNETH HODGKINS (États-Unis), Conseiller auprès du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS), a axé son intervention sur les jalons atteints grâce aux travaux du Comité qui fête cette année ses 50 ans.  Le COPUOS a, selon lui, connu un grand succès en termes de promotion de la coopération spatiale internationale et pour ce qui est du partage des avantages et des bénéfices tirés de l’exploration spatiale avec un grand nombre de nations.  M. Hodgkins est notamment revenu sur l’importance des activités de télédétection dans une perspective de développement durable.  Le COPUOS défend le concept selon lequel ces activités doivent être développées dans l’intérêt de tous les pays, et encourage les États dotés de systèmes de télédétection à prévoir la collecte et le partage de données ainsi collectées, a dit le Conseiller auprès du COPUOS.  Il a assuré que ces principes sont largement respectés à travers le monde, ce qui a permis de mettre en place un cadre international pour que les chercheurs puissent disposer de données spatiales sans discrimination, grâce aux systèmes de satellites.  M. Hodgkins a également insisté sur l’importance de la coopération spatiale entre les États.  Cette coopération se situe à deux niveaux, a-t-il indiqué.  Elle se fait entre les États dotés de systèmes spatiaux, et dans ce cas, elle portera essentiellement sur le partage des technologies.  La coopération existe ensuite au niveau de ce que les Nations Unies peuvent faire pour aider les États non dotés de systèmes spatiaux à pouvoir les données spatiales. 

Ainsi, depuis 2001, un Groupe d’action du COPUOS a été chargé de se pencher sur la question de la promotion des GNSS (Système mondial de navigation par satellites) pour les mettre au service de la mise en œuvre des politiques et programmes du développement durable.  De plus, un Groupe de travail du COPUOS a été mis en place sur la viabilité à long terme des systèmes spatiaux, car l’environnement spatial doit être géré pour lui permettre de rester disponible pour les générations futures, a expliqué M. Hodgkins.  Ce Groupe de travail devra élaborer des normes à minima destinées à protéger l’environnement spatial, a-t-il précisé.  « Nous avons une responsabilité partagée afin de garantir un développement durable, et les technologies spatiales peuvent jouer un rôle déterminant dans ce domaine », a-t-il conclu.

M. GILBERTO CAMARA, de l’Institut pour la recherche spatiale du Brésil, a déclaré que les défis qui se posent en matière de développement et de production alimentaires sont de taille.  Il y a, par exemple, une tendance mondiale à l’augmentation de la consommation de viande, notamment en Chine, où celle-ci est passée de 2 kilogrammes de viande par personne dans les années 1970 à plus de 50 kilogrammes aujourd’hui.  Cela constitue certes une évolution pour ces populations, mais également un défi mondial à relever, a estimé M. Camara.  Dans le même temps, a-t-il fait remarquer, on assiste à une modification de la répartition des terres, notamment en Afrique ou au Brésil.  Le problème concerne essentiellement le fait que les régions où il y a un vrai potentiel de développement alimentaire sont aussi celles qui sont proches des zones abritant le plus de forêts, des forêts capables notamment de capter les excédents de carbone émis dans l’atmosphère.  On voit donc naître ici un conflit entre la nécessité de produire des aliments et celle de protéger la planète du réchauffement climatique, a fait remarquer le scientifique.

Poursuivant sa présentation, M. Camara a estimé que les données satellitaires devraient être considérées comme des informations et des données faisant partie du domaine public.  Le plein accès à ces données au niveau mondial doit être garanti, a-t-il préconisé.  Il est essentiel de savoir ce qui se passe concrètement dans chaque pixel de la superficie de notre planète Terre, a-t-il plaidé.  Prenant en exemple le Brésil, son pays, il a rappelé que celui-ci avait été confronté à un vrai problème de déforestation.  Pour le résoudre, le Brésil a fait appel aux données géospatiales.  Grâce à ces mesures, le Brésil a été en mesure d’obtenir des résultats concrets en matière de préservation environnementale et de s’engager, lors de la Conférence de Copenhague, à réduire de 80% le rythme de son déboisement d’ici à 2020.  Il s’agit ici de faire preuve de transparence pour atteindre un développement viable et durable, a ajouté M. Camara en plaidant à nouveau pour un accès « démocratisé » aux données spatiales.  Ainsi, dans le cadre de la Conférence Rio+20, le principe du libre accès à ces données doit être réaffirmé, a-t-il souligné.  Il faudrait en outre envisager la mise en place d’une convention sur la disponibilité publique des informations sur l’environnement, a enfin suggéré M. Camara.

M. TEVFIK SUHA ULGEN, du Bureau des technologies de l’information et des communications des Nations Unies (OICT), a présenté le travail qu’accomplit ce Bureau en vue de s’assurer que les données collectées par les différents organismes du système des Nations Unies soient partagées le plus efficacement possible, en particulier dans le domaine du développement durable.  Indiquant que le Bureau fait également partie du Groupe de travail géographique, qui a été créé en 2000, il a expliqué que ce Groupe avait pour objectif de développer des politiques communes et de mettre en place les meilleures pratiques au sein du système des Nations Unies, tout en suivant les technologies émergentes et en garantissant le partage des données y afférentes.  Ce Groupe de travail compte 33 membres, et les principaux piliers de la structure internationale de promotion du développement y sont représentés, y compris la Banque mondiale, a précisé M. Suha Ulgen. 

Les travaux sont organisés par groupes d’intérêts et par projets spécifiques avec le soutien de financements extrabudgétaires.  L’idée est de regrouper toutes les données thématiques géographiques dans un seul domaine, partant du principe qu’il faut qu’il y ait une interopérabilité entre les différents organes des Nations Unies et les données dont ils disposent dans un souci de rationalisation.  Fort de ce constat, le Service de diffusion sélective de l'information a été mis en place, a indiqué M. Suha Ulgen.  Par ailleurs, a-t-il poursuivi, en 2009 le Comité de stratégie technologique (CITO) a été créé en vue d’établir des normes et des meilleures pratiques pour la gestion des données centrales dans tous les domaines d’activité des Nations Unies, y compris celle relative à la collecte des données spatiales.  M. Suha Ulgen a également parlé de l’Initiative du Comité d’experts des Nations Unies sur la gestion de l’information spatiale à l’échelle mondiale (GGIM) qui tiendra une réunion régionale d’experts à Séoul, en République de Corée, au cours de ce mois d’octobre 2011. 

Mme MAZLAN OTHMAN, Directrice du Bureau des affaires de l’espace extra-atmosphérique, a parlé des priorités de son Bureau, citant par exemple le renforcement des processus intergouvernemental, la mise en œuvre des responsabilités du Secrétaire général en matière spatiale, ou encore l’amélioration de la coopération et de la coordination entre différentes entités des Nations Unies dans l’utilisation des technologies spatiales.  La Directrice du Bureau des affaires de l’espace extra-atmosphérique du système de l’ONU a ensuite indiqué que le Bureau a bien l’intention de contribuer au processus de la Conférence Rio+20 et d’y plaider pour la démocratisation de l’accès aux données géospatiales.  Par ailleurs, le Bureau se consacre actuellement à la mise sur pied d’un répertoire des activités spatiales qui sera consultable par tous, ainsi que sur celle d’un système d’échanges des informations et leçons apprises.  Cette brève présentation résume sommairement les grandes priorités de notre Bureau, a déclaré en conclusion Mme Othman.

Questions et remarques à l’intention des panélistes

La représentante du Brésil a salué les efforts effectués par le COPUOS et le Bureau des affaires spatiales en vue de contribuer au processus de la Conférence Rio+20.  Ce thème débattu par la Quatrième Commission, cette année, revêt une importance particulière pour le Brésil, puisqu’il va accueillir la Conférence Rio+20, a expliqué la représentante.  Elle a reconnu l’importance des données géospatiales pour ce qui est d’appuyer les politiques de développement durable au plan national et régional.  Elle a également réitéré l’appui politique du Brésil au principe de garantir un accès non discriminatoire aux données spatiales à tous les pays, si possible à faible coût, voire gratuitement.  La délégation du Brésil reste convaincue que le moment est venu pour travailler sur un cadre juridique en vue de l’application du principe 10 de la Déclaration de Rio, a indiqué la représentante.

Présentation de rapport

Le Président du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique a rappelé que « les défis se multiplient pour nos sociétés, et que cela nous rappelle notre vulnérabilité ».  Dans ce cadre, une utilisation coordonnée et intégrée des technologies de l’espace et de leur application est critique pour tout ce qui concerne l’avenir et la survie de l’humanité, a-t-il estimé.  De même, il est nécessaire d’avancer sans cesse dans la recherche technologique en vue de répondre à des problèmes comme ceux posés par le besoin de disposer d’une énergie propre et abondante, d’eau potable pour tous, ainsi que par le besoin d’assurer la bonne gestion des ressources naturelles et le renforcement des capacités, a-t-il ajouté, tout en estimant que la station spatiale internationale offre une grande opportunité de discuter de la manière d’utiliser les résultats des recherches qui y sont menées au bénéfice de la promotion du développement durable.

Revenant aux travaux du COPUOS et de ses organes subsidiaires, M. Prunariu a souligné que le Comité avait continué de se pencher sur les questions inscrites à son agenda, notamment l’eau et l’espace, l’espace et la société, ou encore l’espace et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique dans le cadre des règles énoncées par les Nations Unies.  Pour leur part, le Sous-Comité scientifique et technique et le Sous-Comité juridique ont poursuivi leurs efforts pour la mise en œuvre, tant au niveau international que national, des lignes directrices relatives à la gestion des débris spatiaux.  « Je prends note des progrès accomplis par le Sous-Comité scientifique et technique sur l’utilisation des sources d’énergie nucléaire dans l’espace extra-atmosphérique, et du travail mené par le Sous-Comité juridique, dont le Groupe de travail doit adopter son rapport l’année prochaine en ce qui concerne la législation nationale sur l’espace », a encore déclaré le Président.

Débat général

M. MARTIN VIDAL (Uruguay) est intervenu au nom des pays du MERCOSUR et a expliqué que, pour les États membres du MERCOSUR, l’espace extra-atmosphérique doit être utilisé à des fins pacifiques et au service de l’humanité toute entière.  Il a également insisté sur l’importance de préserver cet espace pour les générations futures.  Soulignant que tous les pays, indépendamment de leur niveau de développement, doivent pouvoir tirer profit des données géospatiales, il a mis en avant le rôle de la coopération internationale qui doit avoir pour objet la promotion de la science et des technologies spatiales et de leurs applications.  Les pays du MERCOSUR sont satisfaits du rapport du COPUOS qui illustre les activités pertinentes menées par ce Comité et témoigne de l’importance des questions dont il est saisi, a indiqué M. Vidal.  Le MERCOSUR salue en outre le rapport du COPUOS sur les applications des sciences spatiales au processus de la Conférence Rio+20, a-t-il ajouté.

À cet égard, le représentant est revenu sur la nécessité de la mise en place d’infrastructures nationales pour la collecte, la gestion et l’utilisation de données spatiales qui pourrait servir les politiques de développement des différents pays dans les domaines de l’environnement, des systèmes d’alerte rapide, des catastrophes naturelles et autres.  Pour le MERCOSUR, il faudrait que les États ayant de l’expérience dans la collecte et l’utilisation des données géospatiales aident volontairement les pays qui souhaiteraient mettre en place leurs propres infrastructures pour l’exploitation de ce type de données, a souligné M. Vidal.  À ce titre, il a mis en avant les bénéfices potentiels de la coopération Sud-Sud qui peut, a-t-il estimé, présenter un intérêt particulier dans ce domaine dans la mesure où des pays comme la Chine et le Brésil disposent de leurs propres satellites.  Dans le contexte de la Conférence Rio+20, il a souligné le besoin d’assurer un accès universel aux données recueillies par satellite.  Les centres d’éducation en science et technologie spatiales qui existent en Amérique latine et aux Caraïbes sont appelés à jouer un rôle déterminant dans ce domaine, a indiqué M. Vidal. 

M. KENNETH HODGKINS (États-Unis) a salué les avancées notables accomplies dans les travaux du Comité et de ses organes subsidiaires, en particulier, la collaboration et la coopération entre les deux anciens ennemis que sont les États-Unis et la Fédération de Russie.  Si la coopération en matière d’espace peut reléguer au second plan la concurrence entre superpuissances, pourquoi ne concernerait-elle pas et ne manifesterait-elle pas dans d’autres secteurs? s’est demandé le représentant.  Il a ensuite souligné que le travail du COPUOS avait été mené de manière critique en ce qui concerne l’élaboration de normes et de règlements internationaux.  Par ailleurs, le cinquantième anniversaire du premier voyage humain dans l’espace extra-atmosphérique est l’occasion de réfléchir aux perspectives futures, a estimé le représentant.  Et avec l’assemblage de la station spatiale internationale terminé, c’est une ère nouvelle qui s’ouvre pour la recherche et qui permettra d’améliorer la vie sur terre pour tous les peuples, a ajouté le représentant, avant d’appeler le Comité à continuer de renforcer la coopération internationale dans le domaine de l’espace.

Mme IDIT ABU (Israël) a indiqué que l’Agence spatiale israélienne (ISA) poursuivait sa mission d’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique en assurant la promotion de projets scientifiques innovateurs basés sur la collaboration internationale.  Les progrès dans ce domaine sont difficiles à réaliser si on fait cavalier seul, a-t-elle soutenu, ajoutant que le meilleur moyen d’aller de l’avant était d’unir ses forces avec d’autres nations pour permettre l’accomplissement d’avancées technologiques significatives.  Dans cet esprit, l’ISA a signé des accords de coopération avec les agences « sœurs » de la France, du Canada, de l’Allemagne, des États-Unis, de la Fédération de Russie, de l’Inde, de l’Ukraine et des Pays-Bas, a indiqué Mme Abu.  Elle espère pouvoir signer des accords similaires dans un proche avenir avec les agences spatiales du Chili, du Brésil, du Kazakhstan et de la République de Corée, a-t-elle précisé.  Israël aspire également à rejoindre l’Agence spatiale européenne et est en train de négocier un accord-cadre en ce sens, a-t-elle encore indiqué.

La représentante a également rappelé que son pays était officiellement entré dans « l’âge spatial » avec le lancement du satellite OFEQ-1 en septembre 1988, et a depuis confirmé sa position « dans certaines niches de la technologie spatiale ».  À titre d’exemple des activités spatiales israéliennes, elle a cité le projet VENUS, mené en coopération avec la France.  Il s’agit d’un nouveau microsatellite d’observation destiné à assurer le suivi des évolutions qui affectent la végétation et l’environnement, a-t-elle dit.  Elle a également évoqué le partenariat avec l’organisme spatial des États-Unis, la NASA, et notamment la mission STS-107, effectuée par la fusée Columbia 2003.  Mme Abu a également insisté sur le rôle joué par le secteur privé israélien dans l’industrie spatiale, notamment dans le domaine des stations de suivi des mini satellites de communication qui sont utilisés dans des pays comme le Kenya, le Nigéria et la Fédération de Russie, où ils assurent des connections téléphoniques et Internet permettant de désenclaver des communautés rurales isolées.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.