La Commission de consolidation de la paix adopte la Déclaration d’engagements mutuels avec la Guinée

23 septembre 2011
CCP/81

La Commission de consolidation de la paix adopte la Déclaration d’engagements mutuels avec la Guinée

23/09/2011
Assemblée générale
CCP/81
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Commission de consolidation de la paix

Cinquième session

Formation Guinée                                           

1re séance – matin

LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX ADOPTE LA DÉCLARATION D’ENGAGEMENTS MUTUELS AVEC LA GUINÉE

« Tout est prioritaire aujourd’hui en Guinée », déclare le Président Alpha Condé

En marge du débat général de l’Assemblée générale et en présence du Président de la Guinée, M. Alpha Condé, la Commission de consolidation de la paix (CCP) a adopté aujourd’hui la Déclaration d’engagements mutuels*, qui consacre sa coopération future avec le Gouvernement de ce pays.

« À la lumière du tableau sombre dont nous avons hérité, il va sans dire que tout est prioritaire aujourd’hui en Guinée », a déclaré M. Condé, aussitôt après l’adoption.

« Pour faire face aux défis de la fragilité de la paix, de l’unité nationale et de la reconstruction au lendemain de l’élection présidentielle du 21 décembre 2010, j’avais soumis à la CCP, le 24 janvier dernier, une demande de soutien, de conseil et d’accompagnement dans les domaines de la réconciliation et de l’unité nationales, la réforme des secteurs de défense et de sécurité ainsi que la politique d’emploi des jeunes et des femmes », a rappelé le Président de la Guinée.

« La Guinée est le premier pays à être placé sur l’agenda de la Commission à sa propre demande, sans renvoi par le Conseil de sécurité et sans qu’une mission de maintien de la paix des Nations Unies y soit déployée », s’est félicitée de son côté la Présidente de la Formation Guinée de la CCP, Mme Sylvie Lucas (Luxembourg), pour qui, ce fait témoigne de la détermination du Gouvernement guinéen à relever les défis pour la refonte du pays.

« L’ampleur et la complexité de ces défis dépassent de loin nos prévisions les plus pessimistes », a souligné le Président guinéen, qui a fait l’objet d’une tentative d’assassinat le 19 juillet 2011.  En effet, a-t-il expliqué, « depuis des décennies, les conditions socioéconomiques de la population n’ont cessé de se détériorer sous l’effet conjugué de la mauvaise gouvernance, de l’instabilité politique et institutionnelle et de l’impunité, exacerbées par une économie complètement désarticulée, avec pour corollaires la pratique généralisée de la corruption, le tout dans un contexte régional gravement affecté par les guerres civiles, la propagation de la criminalité transnationale organisée, notamment le trafic de drogues ».

Fondée sur le principe de l’appropriation et du leadership nationaux, du partenariat à l’appui des efforts nationaux et de la responsabilité mutuelle des résultats, la Déclaration identifie deux actions d’une importance particulière pour la Présidente de la Formation Guinée: « la tenue rapide d’élections législatives et le soutien international à des projets générant des gains rapides, tels que le recensement des Forces de sécurité en Guinée ou des programmes de mise en retraite ».

L’organisation d’élections législatives et locales implique pour le Gouvernement d’ouvrir un dialogue avec tous les acteurs politiques pertinents, stipule la Déclaration, qui préconise aussi le développement de mécanismes de réconciliation nationale.  C’est dans cet esprit que le Président guinéen a mis en place une « commission provisoire de réflexion sous l’égide de deux leaders religieux qui travaillent étroitement avec les sages des coordinations régionales ».  Cette commission s’efforcera d’impliquer les différentes communautés, alors qu’« un sentiment d’injustice est aujourd’hui ressenti par les différents segments de la population guinéenne », mentionne la Déclaration.

S’agissant du secteur de la sécurité, le Texte indique qu’en 2010, une évaluation a été entreprise sous les auspices de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Le rapport qui en est ressorti conclut à des « dysfonctionnements structurels » au sein de l’armée, de la police et du système judiciaire qui ont conduit à une impunité face aux violations des droits de l’homme et augmenté la méfiance entre les Forces de sécurité et la population.

En outre, note la Déclaration, le rapport souligne « la nécessité d’une démilitarisation de l’administration guinéenne et d’un renversement du rapport anormalement élevé entre officiers et soldats dans les forces armées, ainsi que d’un retour aux rôles (et tailles) appropriés pour les autres structures de sécurité par rapport à l’armée ».  M. Condé a assuré que certains membres des forces armées en font partie depuis 1952.

Aussi, la Déclaration encourage-t-elle les parties prenantes à « jeter les bases d’une armée plus petite et plus professionnelle, d’une police et d’une gendarmerie, sous contrôle civil et démocratique et d’institutions judiciaires renforcées ».  L’appui de la CCP et du système des Nations Unies pourrait s’avérer décisif à cet égard dans trois domaines spécifiques: l’élaboration de la stratégie, le contrôle civil et la cohérence des initiatives et du soutien fourni par tous les partenaires clefs, précise la Déclaration.

Une approche concertée pour s’attaquer au crime organisé est également indispensable, a souligné de son côté le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), M. Yury Fedotov, dans la mesure où la capitale guinéenne, Conakry, est devenue un centre de transit important pour le trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest.  La Déclaration d’engagements ne néglige pas la question connexe de la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC).

La Sous-Secrétaire générale, Mme Judy Cheng-Hopkins, à l’appui à la consolidation de la paix a rappelé que, de 2008 à 2010, la Guinée avait bénéficié d’un soutien de la part du Fonds d’un montant de 12,5 millions de dollars qui ont été investis dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité (RSS), des droits de l’homme, de la promotion du dialogue politique et du soutien à la médiation.  Elle a jugé que l’engagement de la CCP arrivait à un moment opportun pour faire fructifier ces investissements et écarter les dangers multidimensionnels qui menacent la Guinée aujourd’hui.

Alors que dans ce pays, la jeunesse représente 61% de la population, la Déclaration engage notamment le Gouvernement à élaborer des politiques cohérentes sur l’emploi des jeunes et des femmes et la CCP à le conseiller à cet égard.  Au terme de la Déclaration, les autorités guinéennes sont par ailleurs encouragées à revoir le système national d’éducation et de formation professionnelle afin d’arriver à produire les compétences requises par les grands secteurs économiques nationaux, qui sont l’exploitation minière, l’agriculture et l’énergie.

Membres de la CCP, l’Union européenne, les États-Unis, la France, le Canada, la France et le Royaume-Uni se sont félicités de l’adoption de la Déclaration, ainsi que le Commissaire de l’Union africaine à la paix et à la sécurité, M. Ramtane Lamamra.

* PBC/5/GUI/L.1

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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