La Troisième Commission entame les travaux de sa soixante-sixième session avec un débat général sur le développement social

AG/SHC/4004
3 octobre 2011

La Troisième Commission entame les travaux de sa soixante-sixième session avec un débat général sur le développement social

3/10/2011
Assemblée générale
AG/SHC/4004
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Troisième Commission

2e et 3e séances - matin et après-midi


LA TROISIÈME COMMISSION ENTAME LES TRAVAUX DE SA SOIXANTE-SIXIÈME SESSION AVEC UN DÉBAT GÉNÉRAL SUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL


La montée des inégalités sociales est une « bombe à retardement »

estime le numéro deux du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU


La Troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, a entamé ce matin les travaux de sa soixante-sixième session avec un débat général sur le développement social, l’occasion pour les 35 délégations qui y ont pris part d’insister sur l’impact social de la crise économique et financière mondiale.  


Dans une déclaration liminaire, le Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations, M. Thomas Stelzer, a estimé que la montée des inégalités sociales était « une bombe à retardement ».  « Si l’on ne s’en occupe pas, elles détruiront le tissu moral de notre société et saperont les perspectives de développement social », a-t-il déclaré.


M. Stelzer, s’exprimant au nom du Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, qui dirige aussi le Département des affaires économiques et sociales (DESA), M. Sha Zukang, a jugé impératif de comprendre les liens fondamentaux entre les politiques sociales et économiques.  Une croissance durable, équitable et inclusive doit reposer sur un pilier social solide.


Le Président de la Troisième Commission, M. Hussein Haniff (Malaisie), a présenté le programme de travail* de la session.  Une fois celui-ci adopté, la Commission a entendu les présentations de rapports sur le développement social par la Directrice de la Division des politiques sociales et du développement social du Département des affaires politiques et sociales, Mme Daniela Bas, et par le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, M. Ivan Šimonović.


Lors du débat sur le développement social qui a suivi, les représentants des groupes régionaux ont souligné la croissance du chômage, de la pauvreté et de la vulnérabilité.  Le ralentissement économique a comprimé les dépenses sociales dans la plupart des pays en développement, tandis que les mesures d’austérité dans le domaine des finances publiques ont nui aux dépenses sociales des pays développés et menacé les débuts de reprise.


Plusieurs délégués de la jeunesse, notamment européens, ont pris la parole pour demander un rôle accru en tant qu’acteurs du développement social, d’autant plus que les jeunes subissent de plein fouet la crise. 


Trop souvent, la participation des jeunes est utilisée de manière « symbolique » par les politiques, a ainsi jugé un délégué allemand.


Jusqu’au 22 novembre, la Troisième Commission examinera diverses questions portant sur le développement social, la prévention du crime et la justice pénale, le contrôle international des drogues, la promotion de la femme, ainsi que la promotion et la protection des droits de l’enfant.


Les droits des peuples autochtones, l’élimination du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, le droit des peuples à l’autodétermination et les questions relatives aux réfugiés, aux rapatriés et aux personnes déplacées seront également à l’ordre du jour.


Dans le cadre de la promotion et de la protection des droits de l’homme, la Commission organisera plusieurs dialogues avec les rapporteurs spéciaux, les représentants spéciaux et les experts indépendants.


Le rapport du Conseil des droits de l’homme devrait être examiné le 2 novembre.


La Troisième Commission poursuivra son débat général sur le développement social demain à 10 heures.


*A/66/250, A/C.3/66/1, A/C.3/66/L.1 et A/C.3/66/L.1/Add.1/Rev.1


DÉVELOPPEMENT SOCIAL


--    Suite donnée au Sommet mondial pour le développement social et à la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale (A/66/124

et A/66/226)


--    Développement social, y compris les questions relatives à la situation sociale dans le monde et aux jeunes, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille (A/66/62–E/2011/4

, A/66/121, A/66/61–E/2011/3, A/66/128, A/66/129 et A/66/136)


--    Suite donnée à l’Année internationale des personnes âgées: deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement (A/66/173)


Mme DANIELA BAS, Directrice de la Division des politiques sociales et du développement du Département des affaires politiques et sociales (DESA), a indiqué que le rapport du Secrétaire général sur la « suite donnée au Sommet mondial pour le développement social et à la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale » (A/66/124) faisait état de reculs importants dans les domaines de la pauvreté, de l’emploi, de la faim, de l’éducation, de la santé et de l’intégration sociale et que les efforts de redressement avaient été lents et inégaux.  La tendance croissante, dans les pays développés, vers la consolidation sociale et l’austérité, sape le potentiel de redressement de la crise sociale, a-t-elle averti. 


Elle a également indiqué que ce rapport concluait à la nécessité d’une croissance économique durable qui soit également inclusive et équitable.  Les perspectives d’emplois et de travail décent doivent être intégrées aux objectifs macroéconomiques, les ressources fiscales doivent être conservées en temps d’essor et des systèmes universels de protection sociale sont nécessaires, a-t-elle résumé.


Le rapport du Secrétaire général contient une analyse de l’impact social de la crise mondiale, à la lumière du débat tenu à la quarante-neuvième session de la Commission du développement social.  Il passe également en revue les principales initiatives et mesures prises par les États Membres et les organismes des Nations Unies pour donner suite aux textes issus du Sommet mondial pour le développement social et de la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale afin de faire face à la crise mondiale.  Enfin, il présente un ensemble de recommandations pour examen par l’Assemblée générale.


Passant ensuite au rapport sur la « situation sociale dans le monde 2011: la crise sociale » (A/66/226), Mme Bas a constaté que malgré des mesures de relance coordonnées, le redressement suite à la crise économique et financière demeurait « fragile et inégal », et que le ralentissement économique avait provoqué une baisse des dépenses sociales dans la plupart des pays en développement.  Suite à la crise mondiale, des dizaines de millions de personnes ont été « prises au piège » par la pauvreté extrême, tandis que le nombre de personnes souffrant de la faim a atteint le chiffre de plus d’un milliard, « le plus important qui ait été recensé ».  La Directrice a aussi fait savoir que le rapport mettait l’accent sur l’importance d’adopter des politiques sociales inclusives et d’avoir une protection sociale universelle.


Dans ce rapport, le Secrétaire général note que deux conclusions fondamentales en découlent: premièrement, les pays doivent pouvoir appliquer de manière cohérente des politiques contracycliques; deuxièmement, les pays dotés d’un système de protection sociale ont pu éviter le pire et se relever plus rapidement.  Il en résulte qu’il faut donner un caractère permanent aux systèmes de protection sociale universelle et aux programmes actifs du marché du travail en veillant à ce qu’ils ne soient pas seulement des éléments temporaires des mesures nationales de lutte contre la crise.  Enfin, la politique macroéconomique devrait davantage prendre en compte la politique sociale, en particulier pour l’emploi productif, et non pas seulement la considérer comme une aide résiduelle  accordée aux pauvres et aux groupes défavorisés. 


Au sujet du rapport sur « l’Année internationale de la jeunesse: dialogue et compréhension mutuelle » (A/66/129), Mme Bas a indiqué que les activités organisées dans ce cadre avait permis d’attirer l’attention sur l’agenda de la jeunesse, mais que des efforts supplémentaires étaient nécessaires pour maintenir et tirer profit de l’élan généré au cours de cette Année. 


Le Secrétaire général souligne, dans ce rapport, les principales activités et initiatives menées par les États Membres, les organisations de la société civile et les entités des Nations Unies.  Il décrit également les activités et initiatives des États Membres, les efforts faits pour inscrire les questions concernant la jeunesse à l’ordre du jour, ainsi que les activités nationales de développement entreprises dans le contexte de l’année.  Il présente, en outre, des recommandations formulées à l’intention des États Membres et des organismes des Nations Unies pour les inciter à maintenir l’élan imprimé par l’Année internationale de la jeunesse et a en tirer parti.


Mme Bas a ensuite fait savoir que le rapport sur la « mise en œuvre du Programme d’action mondial pour la jeunesse: coordination et collaboration des organismes des Nations Unies pour leurs activités concernant les jeunes » (A/66/61-E/2011/3) mettait notamment l’accent sur le travail du Réseau interinstitutions des Nations Unies pour l’épanouissement des jeunes. 


Le rapport énonce les mécanismes de coordination et de collaboration des entités compétentes des Nations Unies pour leurs activités visant les jeunes et fait ressortir des exemples de collaboration efficace des organismes des Nations Unies en ce qui concerne leurs activités visant les jeunes aux niveaux mondial, régional et national.  Il examine enfin les mesures susceptibles de renforcer la coordination entre les organismes compétents des Nations Unies.


Abordant ensuite la situation des personnes handicapées, Mme Bas a fait le point sur le rapport sur la « réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et autres objectifs de développement adoptés au niveau international pour les personnes handicapées » (A/66/128).  Ce rapport, a-t-elle dit, met l’accent sur « l’égalisation » des perspectives pour les personnes handicapées à tous les échelons de la société et du développement, ainsi que sur la collecte de données, le renforcement des capacités et la promotion de la coopération internationale en matière de développement. 


Le présent rapport examine les progrès accomplis sur la voie de l’intégration de la question du handicap dans les processus de développement, mais note que les droits et les préoccupations des personnes handicapées ne sont pas encore intégrés dans les processus de développement ordinaires. 


La Directrice a ajouté que ce rapport, ainsi que le rapport sur « l’État de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et du Protocole facultatif s’y rapportant » (A/66/121), mettait aussi en évidence les possibilités d’assurer l’inclusion du handicap dans l’agenda mondial du développement d’ici à 2015 et au-delà.


Ce dernier rapport fait, lui, le bilan des signatures et ratifications de la Convention et du Protocole facultatif s’y rapportant, et donne des informations sur les deuxième et cinquième sessions du Comité des droits des personnes handicapées, sur le suivi de l’application de la Convention dans le cadre de la Conférence des États parties et sur les efforts déployés par les gouvernements afin de ratifier et d’appliquer la Convention.  Il présente, en outre, un aperçu des progrès accomplis par les organismes des Nations Unies en vue d’appliquer la Convention ainsi qu’une description des activités pertinentes menées par les organisations de la société civile ou dans le cadre de partenariats multipartites.


Mme Bas s’est ensuite attardée sur le rapport sur la « suite donnée à la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille et au-delà » (A/66/62-E/2011/4) qui constate que les contributions des familles au développement demeurent largement négligées et que l’adoption de politiques d’appui aux familles profiterait aux efforts de développement.  Elle a précisé que ce rapport proposait un cadre pour les préparatifs du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille.


Enfin, la représentante a présenté le rapport sur le « rôle des coopératives dans le développement social et la mise en œuvre de l’Année internationale des coopératives » (A/66/136), un document qui, a-t-elle affirmé, met l’accent sur la nécessité de renforcer les coopératives, et s’emploie à examiner comment assurer un équilibre entre l’appui en matière de réglementation et le respect de l’autonomie des coopératives.


Le Secrétaire général, ici, souligne la contribution des coopératives au développement économique et social, la mise en commun des ressources et des efforts augmentant les revenus des particuliers et des ménages en renforçant la part de marché des petites et moyennes entreprises.  Il donne un aperçu de la manière dont les coopératives contribuent à la sécurité alimentaire, notamment à la protection financière et sociale, et au renforcement des communautés dans le cadre de la consolidation de la paix et du relèvement après une catastrophe.


Il examine également la manière dont le mouvement coopératif peut être mis au service du développement dans le cadre de la coordination et de la collaboration avec les gouvernements et autres intervenants.  Il met l’accent en particulier sur l’importance de disposer de structures internes de gouvernance efficaces et dirigées par les membres ainsi que sur la nécessité de renforcer les capacités, dans le cadre d’une réglementation qui les soutienne et les protège.


Enfin, le rapport présente les activités prévues en 2012 dans le cadre de la mise en œuvre de l’Année internationale des coopératives et prend acte du soutien fourni par les gouvernements par le biais des comités de coordination nationaux créés dans toutes les régions.


M. THOMAS STELZER, Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations, s’exprimant au nom de M. SHA ZUKANG, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a déclaré que la Commission ouvrait ses travaux dans un contexte de crise économique.  La crise a frappé durement les groupes les plus vulnérables, mettant en péril le pilier social du développement.  Un grand nombre de pays voit le chômage et la pauvreté s’accroître, en particulier chez les jeunes, tout en étant confrontés à des mesures d’austérité et à un manque de protection sociale.  C’est la raison pour laquelle il est important de continuer à renforcer le développement social, a insisté M. Stelzer.


Dans le cadre du processus préparatoire de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le développement durable Rio+20, il y a une prise de conscience du fait que le développement social a été un « maillon manquant dans nos efforts pour réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et le développement durable, a poursuivi le Sous-Secrétaire général.  La Troisième Commission a ici l’opportunité d’étudier les causes profondes de la crise sociale et de mobiliser la volonté politique pour y répondre. 


« Nous n’avons pas encore vu tous les effets de la crise », a-t-il averti.  La menace d’une récession « en deux temps » aggrave la situation.  Les groupes sous-représentés parmi les pauvres, tels que les populations autochtones, les personnes handicapées, les jeunes et les personnes âgées, sont particulièrement touchés.  « La montée des inégalités sociales est comme une bombe à retardement; si l’on ne s’en occupe pas, elles détruiront le tissu moral de notre société et saperont les perspectives de développement social », a poursuivi M. Stelzer.


Évoquant le rôle de la communauté internationale, M. Stelzer a fait remarquer que pour être efficaces, les politiques devaient promouvoir le développement économique et social, tout en protégeant les droits de l’homme, l’emploi et la cohésion sociale.  « Il est impératif de comprendre les liens fondamentaux entre les politiques sociales et économiques », a-t-il dit.  Une croissance durable, équitable et inclusive doit reposer sur un pilier social solide.  Tout d’abord, il faut maintenir les engagements en faveur de la justice sociale et de l’élimination de la pauvreté.  Il convient ensuite de mettre l’accent sur la création d’emplois.  Enfin, il est impératif d’étendre la couverture sociale.


Le Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations a estimé que la Conférence Rio+20 devait permettre d’étudier de quelle façon une économie verte pouvait contribuer à créer des emplois pour les pauvres et des modes de vie durables.  À cet égard, les États ont soulevé un certain nombre de sujets à examiner en priorité à Rio. 


Par ailleurs, M. Stelzer a annoncé que l’ONU s’apprêtait à lancer, le 31 octobre, l’Année internationale des coopératives.  Il a encouragé les États à établir des comités nationaux pour utiliser l’Année internationale et promouvoir les coopératives.  En outre, l’Assemblée générale, ayant décidé d’organiser en 2014 une Réunion plénière de haut niveau intitulée « Conférence mondiale sur les peuples autochtones », M. Stelzer a espéré que les débats du Comité contribueront à renforcer l’appui à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.  Cette année, l’Assemblée doit également préparer la tenue d’une réunion de haut niveau sur le handicap et le développement, lors de sa soixante-septième session en 2012.


M. IVAN ŠIMONOVIĆ, Sous Secrétaire général aux droits de l’homme, a présenté le Rapport du Secrétaire général sur la suite donnée à la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement (A/66/173).  Ce rapport est consacré à la situation des personnes âgées dans toutes les régions du monde et aux obstacles qui leur permettent d’exercer pleinement leurs droits. 


Le rapport mentionne un certain nombre de lois, de politiques et de programmes sur ce thème et évoque les grandes problématiques liées aux droits de ces personnes, parmi lesquelles la discrimination, les violences et la maltraitance, la protection sociale, la prise en charge au long cours, les services spécifiques au grand âge, la participation aux processus de décision, l’accès à la justice et les pensions viagères.


La population vieillit très rapidement, a souligné M. Šimonović.  L’espérance de vie est passée de 46 à 68 ans, et il y a plus de 70 millions de personnes âgées de plus de 100 ans dans le monde.  Les femmes âgées sont deux fois plus nombreuses que les hommes. 


M. Šimonović a souligné que la discrimination en raison de l’âge allait de pair avec d’autres formes de discrimination.  Il a dénoncé la violence et les sévices, y compris dans les centres de soins, à domicile et dans la communauté en général.  Le rapport du Secrétaire général résume les normes existantes sur la base d’exemples de mise en œuvre avec les organismes conventionnels et les protagonistes essentiels.  Les efforts ont été inégaux, et il reste encore beaucoup à faire, a-t-il dit.


Dans son rapport, le Secrétaire général propose à l’Assemblée générale de proroger le mandat du Groupe de travail à composition non limitée sur le vieillissement, créé en décembre 2010 afin de renforcer la protection des droits fondamentaux des personnes âgées, et qui a pour mandat d’étudier les lacunes existant au niveau international dans ce domaine.


Il l’invite, en outre, à recommander aux États Membres de renforcer leurs capacités pour être plus efficaces dans la collecte de données, de statistiques et d’informations qualitatives, et aux États parties aux instruments internationaux existants d’inclure davantage d’informations sur la situation des personnes âgées dans leurs rapports.


Selon le Secrétaire général, l’Assemblée générale pourrait recommander aux États Membres de faire preuve de plus d’efficacité dans la conception et l’application de politiques et programmes multisectoriels relatifs aux droits des personnes âgées, en respectant les principes de l’égalité et de non-discrimination et en prenant dûment en compte les instruments et les plans nationaux existants en matière de vieillissement.


Point d’ordre


La représentante des Bahamas, intervenant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), s’est interrogée sur l’inscription de l’Union européenne en deuxième position de la liste des orateurs, avant les représentants des autres grands groupes.  Elle a estimé que le Secrétariat avait fait une mauvaise interprétation de la résolution 65/276 conférant à l’Union européenne le statut d’Observateur.


Le représentant de la Pologne a indiqué que l’essence de cette résolution était de permettre au représentant de l’Union européenne d’intervenir au cours des réunions de l’ONU parmi les autres représentants des grands groupes.  Il n’appartient à personne de donner des interprétations unilatérales de cette résolution, a-t-il ajouté.


La représentante du Venezuela a appuyé l’intervention de la CARICOM, estimant que si l’UE pouvait intervenir parmi les grands groupes, la résolution ne lui conférait pas le privilège de parler avant les États Membres.


« Il n’y a aucune base légale garantissant une deuxième position permanente à l’UE sur la liste des orateurs », s’est indignée de son côté la représentante du Nicaragua.


À son tour, la représentante des États-Unis a estimé que les membres de l’UE étaient libres de décider qui parlerait en leur nom.  Les États-Unis, a-t-elle dit, n’ont aucun problème à ce que l’UE s’exprime en seconde position, après le Groupe des 77 et la Chine, a-t-elle fait savoir.


Débat général


M. MARCELO C. CESA (Argentine), intervenant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a déclaré que seize ans après la tenue du Sommet mondial pour le développement social de Copenhague, l’élimination de la pauvreté, la promotion du plein emploi et d’un travail décent, et l’intégration sociale demeuraient d’importants défis pour les gouvernements ainsi que pour l’ONU.  Se référant au rapport du Secrétaire général sur la suite donnée au Sommet mondial pour le développement social et à la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale, il a indiqué que la crise économique et financière avait provoqué la perte de 27,6 millions d’emplois entre 2007 et 2010, et que, du fait du ralentissement de la croissance économique, entre 47 et 84 millions de personnes avaient basculé dans la pauvreté en 2009. 


M. Cesa a souligné la nécessité de renforcer le partenariat mondial pour le développement sur la base de la reconnaissance du leadership et de l’appropriation nationale en matière de stratégies pour le développement.  La coopération internationale, a-t-il ajouté, notamment l’aide publique au développement (APD), l’allègement de la dette, l’accès aux marchés, le renforcement de capacités et le transfert de technologie, sont d’une importance critique.


Le représentant s’est ensuite inquiété du fait que les personnes handicapées demeuraient largement invisibles et que le respect de leurs droits de même que leurs préoccupations n’étaient toujours pas intégrés au processus de développement. 


Se tournant ensuite sur la situation des personnes âgées, il a estimé que la prochaine évaluation du Plan d’action international de Madrid, en 2012-2013, serait l’occasion de faire des « progrès concrets ».  Il s’est également félicité de la célébration, en 2014, du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille. 


M. Cesa a ensuite annoncé que comme dans le passé, au cours de cette session, le Groupe des 77 et la Chine présenterait trois projets de résolution relatifs à la mise en œuvre du suivi du Projet mondial pour le développement social et de la vingt-quatrième session spéciale de l’Assemblée générale; au suivi de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement; et aux préparatifs pour la commémoration du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille.


M. MOTLATSI RAMAFOLE (Lesotho), au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a déclaré que les pays de la région avaient accusé un recul depuis 2008-2009, à cause des effets dévastateurs des crises économique et financière.  Ainsi, la pauvreté et le chômage ont atteint des taux sans précédent, et nombre de personnes ont du mal à subvenir à leurs besoins élémentaires.  Il a souligné, à l’instar du Secrétaire général, qu’en raison des crises, la relance économique était plus lente dans les pays en développement, en particulier dans ceux de la région de l’Afrique australe, dont les économies étaient d’ores et déjà fragiles.


Il en résulte que les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées et celles vivant en milieu rural sont les plus touchées, a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité d’efforts concertés pour garantir un processus de relance pour toute l’humanité.  M. Ramafole a indiqué que la SADC avait adopté un Plan stratégique de développement 1990-2015 axé sur l’élimination de la pauvreté, l’égalité entre les sexes et le développement.  Le plan se concentre également sur l’élimination de la pandémie VIH/sida comme l’une des conditions préalables au développement social. 


En outre, les États Membres de la SADC devaient atteindre une croissance économique de 7% du produit national brut (PNB) et réduire, de moitié, la proportion de la population vivant avec moins d’un dollar par jour.  Les pays avaient obtenu des résultats tangibles et continus, mais les progrès ont été freinés par la convergence des crises, ce qui a conduit à l’adoption de mesures visant à établir et à renforcer les systèmes de protection sociale.


Le représentant du Lesotho a rappelé qu’en 2008, la région avait adopté la Déclaration pour l’élimination de la pauvreté et le développement social et que les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) réitéraient leur engagement en vue de la pleine mise en œuvre de ce document.  Ils ont, en outre, décidé d’accélérer la mise en œuvre de la Déclaration de Dar es-Salaam sur l’agriculture et la sécurité alimentaire et d’œuvrer de concert pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).   


M. DONATUS KEITH ST. AIMEE (Sainte-Lucie), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a souligné l’importance du développement social pour les gouvernements et les peuples de cette région.  Alors que s’ouvre cette session, les défis en matière de développement social sont considérables: catastrophes naturelles, crise alimentaire et de l’escalade du prix de l’essence s’ajoutent à la crise financière et économique mondiale.  « Tous les États membres de la CARICOM enregistrent une régression dans leurs objectifs de développement social », a souligné le représentant.  Qu’il s’agisse de la faim, de la santé, de l’éducation, de l’emploi, de la pauvreté et de l’intégration sociale, « ils sont tous victimes de ces temps difficiles », et le cycle de pauvreté risque de se prolonger.


Évoquant la célébration prochaine du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, le représentant a indiqué que les familles et la communauté étaient considérées comme « la force motrice du développement » dans les Caraïbes.  La Commission de la CARICOM sur le développement des jeunes, créée en 2007, soutient également que le développement continu de la région est étroitement lié au développement de la jeunesse.  Les ambassadeurs de la jeunesse de la CARICOM ont joué un rôle clef dans la lutte contre le VIH/sida, a-t-il expliqué.


Par ailleurs, l’espérance de vie reste élevée dans les pays de la région; elle est de 72,8 ans pour les hommes et de 77,6 pour les femmes.  La Dominique a le plus grand nombre de centenaires par habitant dans le monde.  Le représentant a rappelé que la Charte des Caraïbes sur la santé et le vieillissement, adoptée en 1999, en consultation avec l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), stipulait que les personnes âgées « ont le droit de vivre et de mourir dans la dignité ». 


Il a noté ensuite que 12 des 14 États membres de la CARICOM avaient signé ou ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son Protocole facultatif.  En dépit de la crise, ils s’efforcent de poursuivre leurs progrès au niveau national.  Tous les habitants des petits États insulaires en développement des Caraïbes ressentent les effets de la crise, qui entrave leur développement social, a conclu le représentant, avant d’appeler la Commission à prendre en compte leurs aspirations.


M. SAIFUL AZAM ABDULLAH (Malaisie), au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a rappelé la Déclaration Concord II, adoptée à Bali, en octobre 2003, en vue de la mise sur pied, à l’horizon 2020, d’une Communauté reposant sur les piliers politique et de sécurité, économique et socioculturel, lesquels seraient étroitement liés et se renforceraient mutuellement pour atteindre une paix et une stabilité durables ainsi qu’une prospérité partagée dans la région.


Lors du douzième Sommet de 2007, les chefs d’État de l’ANASE ont ensuite réaffirmé cet engagement et décidé d’accélérer la création de la Communauté ANASE à l’horizon 2015, en vue de l’amélioration de la qualité de vie à travers des activités plus axées sur le bien-être social, l’environnement et la promotion d’un développement social durable.  Deux années plus tard, à l’occasion du quatorzième Sommet, il a été convenu d’appliquer une feuille de route centrée sur la réalisation de cinq des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment la coopération, le plaidoyer, l’échange, l’expertise et les biens publics régionaux. 


M. Abdullah a déclaré qu’il a été également décidé de valoriser le rôle des jeunes par la tenue de réunions ministérielles régionales qui permettent d’orienter les politiques en la matière et de délibérer sur les politiques communes à prendre à l’échelle régionale en vue de préparer les jeunes à jouer un rôle actif dans la société à l’ère de la mondialisation et de la libéralisation économique.  M. Abdullah a également rappelé les priorités de la région en matière de développement social et les décisions prises, à cet égard, lors de la septième réunion ministérielle de novembre 2010.  


Mme HAJIA ZAINAB MAINA (Nigéria) a déclaré que son pays avait ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées, et d’autres instruments visant à lutter contre la discrimination à l’égard de ce groupe.  Dans ce contexte, la législation nationale a été amendée en vue de l’harmoniser avec les normes internationales.  Une fois adoptée, la nouvelle loi sur les personnes handicapées leur garantira l’accès à l’éducation, aux soins de santé, ainsi que tous leurs droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques.  La loi prévoit également la mise en place d’une commission nationale pour les personnes handicapées qui servira de plate-forme d’application de toutes les dispositions contenues dans la nouvelle législation.


Le Gouvernement collabore aussi avec toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé, en vue de l’amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées.  Dans le contexte de la responsabilisation sociale des sociétés, les sociétés multinationales et les organisations commerciales privées sont encouragées à établir des fondations destinées à l’appui, à l’autonomisation et à l’encouragement des personnes handicapées à devenir autosuffisantes et plus productives.  Par ailleurs, le Plan d’action de Madrid sur les personnes âgées a servi de tremplin dans l’articulation, la prise de conscience et la mise en œuvre de politiques et programmes en faveur de ce groupe.


Le Nigéria s’emploie aussi à poursuivre sa politique prioritaire sous le thème « élimination de la pauvreté » pour le cycle d’examen et de politique 2011-2012, conformément à la résolution 55/46 de l’Assemblée générale sur la mise en œuvre de documents issus du Sommet mondial pour le développement social et d’autres documents de suivi.  Après avoir affirmé que la famille était le socle de la société et reconnu qu’il existait plusieurs types de structures familiales, Mme Maina a annoncé l’adoption prochaine par le parlement du Nigeria d’un Plan d’action visant à l’accélération de l’appui aux familles.  Elle a enfin indiqué qu’un Conseil national sur la jeunesse avait été établi pour faciliter la coordination entre le Gouvernement et les organisations de la jeunesse.   


M. ALMAZ TOIMATOV (Kirghizistan) a déclaré que la « jeune République » du Kirghizistan accordait la priorité au développement des jeunes.  En effet, les jeunes de 14 à 28 ans représentent 35% de l’ensemble de la population.  Depuis son indépendance en 1991, le Gouvernement a défendu une politique d’appui à la jeunesse.  Le Ministère de la jeunesse applique un plan jusqu’en 2015 faisant participer les jeunes à la gestion du pays à tous les niveaux.


Par ailleurs, a expliqué M. Toimatov, le Gouvernement du Kirghizistan verse des prestations mensuelles aux personnes handicapées et compte 2 300 personnes sous tutelle dans des internats.  Soucieux de l’égalité des droits de tous les citoyens, le Kirghizistan est devenu récemment le cent cinquantième État signataire de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.


Mme MARINA ROSENBERG (Israël) a fait savoir qu’au mois de juillet dernier, un nouveau mouvement avait été lancé dans son pays pour attirer l’attention sur les problèmes du logement, de l’éducation, de la santé et de l’emploi.  Elle a expliqué que le Gouvernement examinait, actuellement, les recommandations du rapport rédigé par le Comité créé à cet effet.  Elle a ensuite estimé qu’il fallait tirer profit de l’élan généré par la célébration de l’Année internationale de la jeunesse pour autonomiser les jeunes et assurer la pleine mise en œuvre du Programme d’action mondial pour la jeunesse.  La représentante a ensuite passé en revue les initiatives lancées par Israël pour répondre aux besoins des jeunes vulnérables et les réintégrer dans la société.


« Le développement social doit également répondre aux besoins des personnes âgées », a poursuivi Mme Rosenberg, expliquant que dans la conception de ses politiques, Israël mettait l’accent sur la promotion de l’autonomie et de l’égalité et sur l’élimination de la discrimination, entre autres.  Elle a également indiqué que son pays s’efforçait d’intégrer les personnes handicapées au sein de la communauté, et qu’en 2009 un projet d’appui des communautés pour les personnes handicapées avait été intégré aux services sociaux offerts par le Gouvernement dans le but de permettre à ces personnes d’avoir des vies « indépendantes et dignes ».


La représentante a également attiré l’attention sur MASHAV, le Centre pour la coopération internationale d’Israël.  Elle a précisé que ce centre mettait l’accent sur l’éducation et avait assuré la formation de 250 000 personnes vivant dans 140 pays.  MASHAV autonomise les personnes pour leur permettre d’accéder à l’emploi et aux services de santé.  Cela est d’une importance critique pour briser le cycle de la violence, a-t-elle souligné.


Mme DIAO ANNE SARR (Sénégal) a affirmé qu’en 1995, à Copenhague, le Sommet mondial pour le développement social avait jeté les bases d’une amélioration continue de la condition sociale de tout individu, sans discrimination aucune.  De ce point de vue, a-t-elle dit, la quarante-neuvième session de la Commission du développement social (février 2011) sur le thème « Élimination de la pauvreté », a été une occasion supplémentaire pour demander la création de conditions sociales adéquates qui permettent à toutes les couches sociales de vivre dans la dignité.


Elle a souligné que son pays s’efforçait de mettre en œuvre, avec des résultats intéressants, les instruments internationaux pour la promotion et l’intégration de la protection sociale.  Le Sénégal a ainsi élaboré un document de stratégie de la réduction de la pauvreté, mis en place un programme national de lutte contre la pauvreté et ratifié des instruments régionaux et internationaux relatifs au développement économique et social.  Ce faisant, le Gouvernement a également conçu une politique sociale fondée sur la transparence, la participation et le développement des espaces de partenariat, qui vise pour l’essentiel la lutte contre la pauvreté, la promotion des services sociaux de base, la lutte contre le chômage et l’accès aux emplois rémunérateurs en prenant en compte la situation particulière des groupes vulnérables.


La représentante a précisé qu’une politique volontariste de création d’emplois et d’amélioration des conditions de travail avait été adoptée, et elle s’est félicitée du programme de recrutement triennal dans la fonction publique de 15 000 agents pour une amélioration de la qualité du service public dans le secteur social.  S’agissant du secteur de l’éducation, Mme Sarr a indiqué que l’allocation du budget de 40% était fortement appréciée par les organisations internationales, surtout par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), les partenaires directs dans ce secteur. 


Elle a également affirmé que le pays s’était engagé à encourager l’égalité des genres et promouvoir les femmes et leur autonomisation, et avait consenti de grands efforts pour associer les femmes au processus de prise de décisions et au processus de paix, ce que le Sénégal reconnaît être un enjeu majeur de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.  Elle a enfin précisé qu’en juin 2010, l’Assemblée nationale avait adopté la loi sur la parité de genre dans les listes électorales.  


M. WORRACHON DULYAVITYA et M. KITPRASERT NOPPARAT (Thaïlande), tous deux délégués de la jeunesse, ont fait observer que la description exhaustive faite par le Secrétaire général dans son rapport sur la situation du développement social dans le monde, était particulièrement sombre, notamment en ce qui concerne les jeunes, les personnes handicapées, les personnes âgées et la famille.  Ils ont ensuite affirmé que les messages de prudence transmis par le Secrétaire général quant au maintien et, éventuellement, à l’accroissement des dépenses sociales pour renforcer la protection sociale, étaient vitaux par ces temps de difficultés économiques et en raison de l’impact que l’austérité fiscale dans les pays développés pourrait avoir sur l’économie mondiale.


Ils ont pris note des recommandations figurant dans tous les rapports du Secrétaire général dont la Troisième Commission est saisie, et ont mis en particulier l’accent sur la réunion de haut niveau qui aura lieu en 2012 sur les personnes handicapées.  Ils ont attiré l’attention sur les inondations qui sévissent actuellement en Thaïlande et sur leur impact dans plusieurs régions du pays, en soulignant qu’au cours des cinq années écoulées, le monde avait connu des tremblements de terre, des inondations, des ouragans et des tsunamis dévastateurs qui ont jeté dans le doute l’avenir de nombreux jeunes.  En dépit des circonstances actuelles, la Thaïlande est résolue à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), et s’efforce de réduire la pauvreté, notamment dans les zones rurales, de faciliter l’égalité dans l’accès gratuit à l’éducation, d’améliorer l’accès aux soins de santé et en particulier de réduire la mortalité maternelle et infantile.  Les délégués ont ensuite lancé un appel à la solidarité et à la coopération internationales par le biais des Nations Unies dans la lutte contre les nouvelles maladies, qui ont un impact sur les jeunes générations.


Mme MARÍA CLARISA SOLÓRZANO-ARRIGADA (Nicaragua) a déclaré que le Gouvernement du Président Daniel Ortega Saarvedra était conscient de l’énorme travail qu’il restait à accomplir pour réaliser le développement social du peuple du Nicaragua et lui donner le bien-être auquel il avait droit.  Le rêve de tous, a-t-elle souligné, est de vivre dans un pays exempt d’analphabétisme, d’ignorance et de pauvreté, de vivre dans un pays où tout le monde travaille et « où règnent la paix et l’amour ». 


Depuis 2007, le Gouvernement a rétabli un système de santé et d’éducation totalement gratuit.  Il avance vers l’élimination de la pauvreté et de la pauvreté extrême en donnant la priorité aux productions agricoles, aux petites et moyennes entreprises, à l’accès à un crédit juste, à des semences et des engrais, et à la participation des femmes du secteur informel dans les villes et les campagnes.


« Le Nicaragua a tourné le dos à un système qui permettait de spéculer sur la santé, l’éducation et l’alimentation de la population »,  s’est félicitée Mme Solórzano.  « Il faut que le peuple soit le seul maître de son destin ».  Elle a donné plusieurs exemples de politiques sociales appliquées par son pays en matière de réduction de la pauvreté, de santé, d’éducation, de sécurité alimentaire, en particulier pour les enfants d’âge scolaire. 


En coopération avec Cuba, le Nicaragua a également entrepris une étude sociale intitulée « Tous avec vous » qui lui a permis de déterminer le nombre de personnes handicapées afin de préparer des programmes pour les inclure sans discrimination dans la société.  Le plan gouvernemental pour la période 2012-2016 donne la priorité aux politiques sociales et économiques qui garantissent à la jeune génération des emplois de qualité.


M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) a estimé que la « crise de la sécheresse » que connaît la corne de l’Afrique, ainsi que le problème de la pauvreté, et les crises de l’emploi et de la faim exigeaient une action urgente en matière de révision des politiques sociales.  Il a affirmé que l’élimination de la pauvreté était la pierre angulaire du développement social et une « base indispensable » pour l’intégration sociale.  Il a rappelé qu’avant même la Révolution du 25 janvier, l’Égypte avait engagé la Troisième Commission à mettre sur pied un plan d’action pour mobiliser l’appui financier et politique aux efforts de lutte contre la pauvreté et le chômage.  Ce plan se fait d’autant plus nécessaire que le monde comptera bientôt son sept milliardième habitant, a-t-il ajouté.  Il a également mis l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre le Document final de la Réunion de haut niveau sur la jeunesse.


Le représentant a ensuite fait savoir que depuis le 25 janvier, le Gouvernement égyptien avait élaboré une stratégie pour le développement qui met l’accent sur la lutte contre la corruption, le ralentissement du surpeuplement et le développement du cadre législatif existant en matière d’impôts, de retraites et de salaires dans le but de protéger les droits des personnes vulnérables, notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées.  M. Abdelaziz a ajouté qu’un projet de loi sur la protection de la promotion des droits des personnes handicapées serait présenté prochainement au Parlement. 


Il a également affirmé que son gouvernement privilégiait la participation active des Égyptiens dans les activités politique, économique et sociale et qu’il avait augmenté le montant des ressources financières allouées aux programmes de développement.  La promotion de l’éducation est privilégiée, de même que le renforcement des partenariats régionaux et internationaux, a-t-il ajouté.


Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a déclaré que son pays allait de l’avant pour atteindre ses engagements internationaux en matière de développement social, grâce à des politiques qui intègrent les principes de liberté, de solidarité, de participation sociale et de durabilité, dans le respect de la diversité et de la transparence.  Malgré la crise, le Mexique a réalisé des progrès dans le secteur de la santé, à travers le programme « sécurité populaire », et dans les secteurs de l’alimentation et de l’éducation, à travers le programme « vivre mieux ».  Le pourcentage de personnes vivant dans l’extrême pauvreté est passé de 10,6% en 2008 à 10,4% en 2010.


« Le seul chemin pour progresser en matière de développement passe par l’inclusion de toutes les personnes qui composent la société », a poursuivi Mme Morgan, avant de passer la parole à une jeune déléguée mexicaine qui a évoqué le Programme d’action mondial pour les jeunes, mis en œuvre en 2000.  Elle a annoncé que le Mexique s’apprêtait à accueillir, le 31 octobre, un forum de réflexion sur le volontariat.


M. JORGE TAGLE (Chili) a déclaré que seize années après le Sommet mondial pour le développement social, des défis significatifs persistaient pour le Gouvernement chilien, avec l’appui et la collaboration de l’ONU.  Le rapport du Secrétaire général sur la situation sociale dans le monde montre que les crises économique et financière ont des répercussions sur la croissance et l’emploi, surtout dans les pays en développement, même si les pays d’Amérique latine et d’Asie ont pu y faire face.  Les capacités des États à prendre des mesures socioéconomiques ont été affaiblies, comme cela a été souligné lors de la dernière session de l’Assemblée générale. 


Le représentant a, en particulier, mentionné la volatilité sur le marché alimentaire et s’est interrogé sur l’avenir dans les pays qui ont misé sur les programmes sociaux, et sur des programmes spécifiques comme ceux afférents à la lutte contre la famine.  L’aide publique au développement en devient, dès lors, plus importante que jamais.


Le Chili, pays à revenu moyen, a pu mettre en œuvre des politiques macroéconomiques prudentes et insister sur des réseaux sociaux équilibrés en tenant compte des prix élevés des matières premières, ce qui lui a permis de résister aux chocs extérieurs.  Il n’en reste pas moins que les incertitudes internationales ne sauraient durer.  Le Chili aura une croissance économique d’environ 2% en 2011 et les estimations la situe à 6% en 2012.  Il a souligné que les politiques publiques nationales permettaient de diversifier les programmes sociaux par une diminution de la contribution à la santé des personnes âgées.


D’autre part, un « revenu éthique » visant à venir en aide aux personnes vulnérables, pourra bénéficier à quelque 170 000 familles.  Le délégué a poursuivi que les pays émergents devaient s’engager dans de nouvelles formules de développement, notamment par une formation et une mise à niveau des ouvriers.  Il s’agit également de mettre l’accent sur l’éducation.  Le Gouvernement prévoit également un investissement de 11 milliards de dollars dans l’éducation.  Les trois piliers du Sommet de Copenhague demeurent au cœur des politiques de développement du Chili, grâce à l’implication des entreprises privées, qui sont une composante clef dans ce domaine, a-t-il conclu.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a indiqué que son gouvernement avait mis sur pied un Fonds national dans le but de limiter la dépendance de l’économie envers des facteurs externes « négatifs et incertains », et qu’il n’appuyait pas les réductions des dépenses sociales, conscient des conséquences à long terme d’une telle mesure.  La tendance croissante envers l’austérité et l’équilibre fiscal dans certains pays affaiblira le potentiel de redressement, a-t-elle averti.


Mme Aitimova a ensuite passé en revue les grandes lignes de la nouvelle politique d’inclusion sociale du Kazakhstan, qui a été lancée en 2011 et qui entend favoriser la création d’emplois, moderniser les logements et les services publics et fournir une eau potable de qualité à la population.  Une « feuille de route anticrise » vise à assurer l’amélioration de l’efficacité du marché du travail et à promouvoir les perspectives de travail indépendant et les personnes qui choisissent de travailler sur un site industriel reçoivent une formation gratuite.  Des mesures spéciales ont également été mises sur pied pour favoriser l’emploi des jeunes.  La représentante a également indiqué que 3,2% du PIB était désormais consacré au financement du secteur de la santé et qu’un système national unifié pour la santé serait adopté en 2013.


Mme REGINA DUNLOP (Brésil) a réitéré que son pays était attaché à la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Copenhague sur le développement social.  Le Brésil a pris des initiatives pour renforcer le développement social à trois niveaux: réduction de la pauvreté, création d’emplois et promotion de la cohésion sociale.  C’est ainsi qu’a été lancée, en juin dernier, une stratégie visant à éradiquer la pauvreté, car 16,2 millions de personnes vivent toujours sous le seuil de pauvreté.  Il s’agit de leur permettre de jouir de leurs droits sociaux et économiques, a poursuivi Mme Dunlop.  Le Brésil entend apporter sa contribution aux débats de la cinquantième session de la Commission sur le développement social, qui se tiendra en février 2012 sur le thème « Élimination de la pauvreté ».


Le Brésil a l’une des plus vastes populations de jeunes dans le monde avec 50 millions de personnes environ âgées entre 15 et 24 ans.  Il n’a de cesse de participer aux enceintes liées au thème de la jeunesse, a assuré la représentante.  L’Année internationale de la jeunesse, qui vient de se terminer, a été célébrée avec un certain nombre d’actions entreprises en partenariat avec la société civile.  De même, le Statut des personnes âgées, adopté en 2003, interdit la discrimination fondée sur l’âge, et sert de base pour protéger les droits des plus de 60 ans, notamment en matière de santé et de sécurité sociale.


En ce qui concerne la protection des droits de l’homme des personnes handicapées, notamment des enfants et des adolescents, le Brésil a adopté une législation adéquate.  Mme Dunlop a annoncé ensuite que son pays présenterait, avec le Japon, un projet de résolution relatif au dixième anniversaire de l’Année internationale des volontaires.  Le volontariat a un rôle important à jouer dans les stratégies de réduction de la pauvreté, de développement durable, d’autonomisation des jeunes, de changements climatiques, de prévention et de gestion des catastrophes, d’intégration sociale, d’action humanitaire et de consolidation de la paix.


M. RAKOVSKIY NIKOLAY (Fédération de Russie) a appuyé tous les documents s’agissant des objectifs fixés au Sommet de Copenhague.  Il importe de renforcer la Commission du développement social en tant que l’enceinte sans égal pour la réalisation de tous les objectifs afférents au développement social.  Son pays s’efforce de former la jeunesse conformément aux possibilités du marché de l’emploi et, au cours des deux dernières années, le chômage a pu être diminué.  Il a souligné que le Premier Ministre russe, M. Vladimir V. Putin, lors de la Conférence internationale sur le travail à Genève, avait déclaré que son pays organiserait une conférence sur le travail.


Dans le cadre de ses priorités sociales, la Fédération de Russie met l’accent sur les services gérontologiques et les soins de santé des personnes âgées.  Les retraites ont augmenté de 11% en 2011.  Le pays a aussi ratifié la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées et s’emploie à garantir leur accès à tous les services de base.  Le délégué a considéré que l’Année internationale de la jeunesse avait également été l’occasion de mieux cerner les priorités des politiques pour les années à venir, notamment pour favoriser les capacités professionnelles créatives et pour atteindre un équilibre entre la vie privée et la vie publique.  En dépit de la persistance de la crise économique mondiale, il a émis le vœu que les progrès sociaux se poursuivent. 


Mme ANN MARIT SÆBØNES, Conseillère spéciale du Ministre pour l’égalité des enfants et l’inclusion sociale de la Norvège, et les délégués à la jeunesse, JULIE MIDTGARDEN REMEN et JON ANDRE HVOSLEF-EIDE, ont souligné le manque de participation des enfants et des jeunes à la vie politique et sociale des États, ainsi que celle des personnes handicapées.  Estimant que la contribution de la jeunesse était « souvent superficielle », puisqu’elle n’affecte pas les décisions politiques, rappelant aussi les récents rapports de l’ONU qui font état d’associations d’étudiants attaquées ou surveillées, en raison de leur intérêt dans le progrès sociétal, les jeunes délégués ont réaffirmé que « le droit des enfants et des jeunes à participer n’est ni un idéal abstrait ni une menace ».


Citant ensuite des exemples de succès de cette participation, notamment en Zambie, les délégués ont appelé les gouvernements et la communauté internationale à investir dans l’éducation et l’émancipation des jeunes,« l’investissement le plus sûr que les dirigeants puissent faire sur le long terme », selon eux.


Concentrant son intervention sur le problème des personnes handicapées, Mme Sæbønes a pour sa part dénoncé le sort et la marginalisation persistante des personnes handicapées.  Soulignant que « 200 millions d’enfants avec des handicaps ont un accès inadéquat à des services de santé, d’éducation ou de soutien », que « sur les 70 millions d’enfants qui ne sont pas scolarisés dans le monde, 23 millions sont handicapés », la Conseillère spéciale norvégienne a rappelé que les enfants handicapés avaient « les mêmes droits et la même dignité » que tous les autres enfants.


Défendant ensuite une approche « holistique, basée sur l’équité », elle a appelé la communauté internationale à s’assurer que le partenariat mondial pour l’éducation lutte efficacement contre les discriminations à l’encontre des enfants handicapés.  Soulever la question des droits de ces enfants lors des examens périodiques universels au Conseil des droits de l’homme, à Genève, serait aussi une manière d’accroître l’attention sur ce défi, a-t-elle également estimé.


M. OLIVER FELIX, représentant de la Suisse pour la jeunesse, a rappelé que l’Année internationale de la jeunesse avait permis, cette année, de célébrer l’engagement et le potentiel des jeunes pour faire changer, progresser et évoluer nos communautés et nos sociétés.  Tel qu’il a été amendé en 2007, le Programme mondial pour la jeunesse est le cadre de base pour améliorer la situation des jeunes dans le monde.  Ses quinze domaines prioritaires couvrent de nombreux problèmes touchant la vie des jeunes aux quatre coins de la planète.  Il a précisé que les représentants de la jeunesse avaient une opportunité unique de parler au nom des jeunes générations et de faire connaître leurs façons d’envisager les choses ainsi que leurs idées.


Le jeune orateur a réclamé une participation pleine, effective et constructive de la jeunesse, qui représente plus qu’un simple engagement politique.  L’engagement effectif des jeunes, en tant que partenaires égaux, passe par la reconnaissance du droit de tous les jeunes à participer, à tous les niveaux du processus de prise de décisions et à faire un usage productif de leurs connaissances, de leur façon de voir les choses et de leurs expériences.  Il a considéré cependant que la participation de la jeunesse restait incomplète sans une responsabilisation adéquate, cette dernière passant par l’accès à des opportunités de développement humain telles que l’éducation.  À cet égard, il est impératif de reconnaître le rôle joué par l’éducation formelle et non formelle car cette dernière représente une part essentielle du processus d’apprentissage tout au long de la vie et sur tous les aspects de la vie.


D’autre part, la participation à des organisations de la jeunesse est au cœur de la démocratie.  Il s’agit, a-t-il dit, d’une force dynamique pour l’intégration sociale et la citoyenneté active.  Il en va de même pour le bénévolat, a-t-il souligné.  Plus que jamais, a-t-il poursuivi, les jeunes du monde entier comptent sur ce que l’Assemblée générale va décider durant les prochaines semaines. 


M. LIBRAN N. CABACTULAN (Philippines) a souligné qu’aucun pays n’avait été épargné par les effets des crises économique, alimentaire, énergétique et climatique.  Les besoins de base des populations, en particulier des plus vulnérables, ne peuvent pas être mis en suspens pendant que nous nous efforçons de sortir de ces crises, a-t-il déclaré.  Par conséquent, a-t-il ajouté, le développement social est une partie intégrante du plan de développement national des Philippines.  Ce dernier tourne autour de trois axes stratégiques dominés par les exigences de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption: une croissance économique élevée et soutenue, un accès équitable aux opportunités de développement et la mise en place de filets de sécurité sociaux efficaces.


Conscient de la fragilité persistante de la reprise économique mondiale, le Gouvernement a mis en place des politiques visant à développer un système de protection sociale plus cohérent et à soutenir le marché du travail.  De même, des programmes systématiques de cantine scolaire et de vaccination ont été mis en œuvre.  Les politiques les plus productives sont celles qui autonomisent la population pour maximiser leurs capacités, les ressources et les opportunités, a déclaré M. Cabactulan, rappelant que les efforts nationaux devaient être complétés par des efforts régionaux et internationaux.  Il a enfin souligné que les personnes handicapées demeuraient en grande partie absentes des processus de développement et demandé une réunion de haut niveau en 2012 pour mettre au point une stratégie mondiale sur le sujet afin d’accompagner la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015.


Mme SAMIRA A. ABUBAKAR (Libye) a affirmé que le développement social dépendait étroitement de la capacité mondiale à juguler les crises économique, financière, alimentaire et énergétique.  Dès lors, elle a souligné l’importance des efforts internationaux afin de réduire les effets des crises sur les conditions de vie dans les pays en développement.  L’évolution de la Libye, après le 17 février, en vue de réaliser l’aspiration du peuple à mettre en place un régime démocratique, de favoriser les jeunes et les femmes et d’appuyer les personnes handicapées, les personnes âgées, en intégrant tous ces groupes au développement, s’inscrit donc dans le cadre du suivi des grandes conférences et réunions internationales pour un développement social durable.


La représentante a fait part du désir de la jeunesse libyenne d’échanger des idées et des initiatives afin de contribuer à l’amélioration de la vie politique, économique et sociale.  D’autre part, les femmes ont également participé à la révolution libyenne et entendent bien participer pleinement au processus de prise de décisions.  Dans ce contexte, la parité représente l’un des fondements de la future société libyenne et sera inscrite dans le texte constitutionnel.  Par ailleurs, les personnes handicapées constituent, a-t-elle dit, une catégorie importante, la Libye ayant du reste signée, en 2008 la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Le nouveau Gouvernement entend d’ailleurs la ratifier dès que possible.


Plusieurs lois ont aussi été adoptées aux fins d’établir des institutions économiques et sociales qui garantissent un appui à toutes les personnes vulnérables.  La population a payé un tribut élevé, les défis à relever sont redoutables, notamment en matière de reconstruction, mais le Gouvernement de transition est résolu à établir une société fondée sur l’égalité politique, sociale et économique, a-t-elle expliqué.    


M. KEN KANDA (Ghana) a déclaré que son pays continuait à donner suite au Sommet mondial pour le développement social, en dépit de la crise économique et financière et de l’escalade du prix du carburant.  Conformément à la Déclaration de Windhoek sur le développement social et au Cadre de politique sociale pour l’Afrique, le Ghana travaille de concert avec la société civile et ses partenaires du développement pour coordonner ses stratégies de protection sociale et de réduction de la pauvreté.  Le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures en faveur des personnes âgées et de la jeunesse, et pour promouvoir le microcrédit pour les femmes pauvres et les personnes handicapées.  Depuis 2007, la stratégie nationale de protection sociale permet notamment à tous les enfants d’aller gratuitement à l’école publique élémentaire et de recevoir des livres, des cahiers et un repas nutritif, a précisé M. Kanda.


Malgré tous les efforts qu’il entreprend pour améliorer les conditions de vie de ses citoyens, le Ghana continue de dépendre à court terme de l’aide des donateurs, a regretté le représentant.  Le Ghana souhaite toutefois voir dans la crise économique actuelle l’opportunité pour les pays en développement de penser de manière innovante et de prendre des mesures progressives en matière de protection sociale.  « Nous avons besoin de promouvoir des programmes de développement qui transcendent les frontières nationales », a poursuivi M. Kanda.  De leur côté, les institutions financières mondiales doivent aider les pays en développement à établir des politiques qui garantissent ces stratégies nationales de protection sociale.


M. PEDRO NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) a déclaré que l’ordre économique et politique mondial continuait d’être profondément injuste et insoutenable.  Les pays du Sud pâtissent des déséquilibres de l’ordre économique mondial qui excluent leurs intérêts légitimes, et les conséquences sociales et politiques sont ressenties dans tous les continents.  À cela vient s’ajouter le fardeau de la crise économique et financière, aggravée par la crise alimentaire et énergétique ainsi que les méfaits des changements climatiques.  L’ironie en est que les plus touchés sont les travailleurs, les chômeurs, les migrants et les pauvres des pays les moins responsables de cet état des choses, a-t-il souligné. 


Le représentant a indiqué que, dans son pays, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient été atteints, voire dépassés pour certains d’entre eux.  Ainsi, le taux de mortalité infantile est de 4,5 pour 1 000 naissances, soit l’un des plus bas au monde.  Le pays n’a aucun analphabète et plus de 95% de la population bénéficie de l’électricité.  L’espérance de vie à la naissance atteint plus de 78 ans, un taux supérieur, a-t-il précisé, à celle de nombreux pays développés.  Enfin, plus des deux tiers du budget national sont consacrés à l’amélioration de l’enseignement, de la santé, de la sécurité et de l’assistance sociale, de la culture, des sports et de la recherche scientifique et technique, entre autres.  Il a ajouté que beaucoup pourrait être réalisé en faveur du droit au développement de milliards de personnes avec relativement peu de ressources si les pays développés voulaient réellement faire preuve de volonté politique.  Il a réitéré que son pays était toujours aussi disposé à partager, dans la mesure de ses possibilités, sa richesse principale: le capital humain créé par la Révolution et les pratiques et expériences optimales qu’il possède.  


Le représentant des Pays-Bas pour la jeunesse, M. DIRK JANSSEN, a rappelé que dans de nombreux pays, notamment au Moyen-Orient et en Europe, les jeunes avaient envoyé des messages forts à leur gouvernement pour que la société leur accorde davantage de place.  De plus, les jeunes générations sont de plus en plus interconnectées grâce à internet: Twitter compte 200 millions d’utilisateurs et Facebook 600 millions à travers le monde.  Cette interconnexion permet aux jeunes de différentes cultures de se découvrir et de mieux se comprendre, et renforce le sentiment de responsabilité envers l’ensemble des habitants de la planète, a-t-il expliqué. 


Les jeunes sont aussi mieux informés sur l’action des gouvernements et des institutions internationales.  Pour les gouvernements comme pour les Nations Unies, il est temps d’agir et de donner la priorité à la jeunesse, afin que celle-ci ne perde pas confiance dans les institutions politiques, et afin de profiter de son potentiel.  Pour toutes les questions qui concernent la jeunesse, il est nécessaire de mettre en place, à tous les niveaux de gouvernance et de décisions, des systèmes de participation des jeunes.  Les Nations Unies pourraient accueillir des représentants de la jeunesse de tous les pays.


Donner des perspectives à tous les jeunes constitue aussi une priorité.  Cela implique de respecter les droits et les libertés des jeunes, et de se mobiliser pour leur permettre de trouver du travail et de participer à la vie de la société.  Se basant sur les bonnes pratiques des Pays-Bas, M. Janssen a appelé les États Membres à mettre en place un dialogue structurel entre le monde du travail et le monde de l’éducation pour s’assurer que les formations des étudiants correspondent aux besoins du marché du travail.


Mme MALIN JOHANSSON, déléguée de la jeunesse de la Suède, a indiqué qu’elle représentait 76 organisations suédoises de la jeunesse, soit plus d’un demi million de membres.  Elle a expliqué qu’elle était malentendante mais qu’elle avait eu le privilège d’apprendre le langage des signes dans sa langue maternelle, ce qui n’est pas le cas de tous les jeunes handicapés.  « Être handicapé ne veut pas dire être en incapacité », a-t-elle déclaré.  En période de crise économique, les plus marginalisés sont les plus durement touchés et la déléguée a regretté le ralentissement des progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Ces dernières années, les jeunes sont descendus dans la rue pour exprimer leur déception et leur frustration.  « Le chômage des jeunes augmente, leur futur est incertain et personne ne les écoute », a-t-elle résumé.


La déléguée a noté qu’il y avait 180 à 200 millions de jeunes avec un ou plusieurs handicaps dans le monde.  « Les droits de l’homme s’appliquent à nous aussi », a-t-elle souligné.  Les pays ont la responsabilité d’offrir une éducation de qualité à tous les jeunes, qu’ils soient ou non handicapés.  Les écoles doivent être physiquement accessibles.  L’égalité des opportunités implique aussi la participation à la vie politique de la société.  « Les jeunes sont des individus autonomes avec le droit d’influencer et de contrôler leurs propre vie, corps et décisions ».  C’est pour cette raison que les diverses organisations de la jeunesse doivent jouer un rôle actif dans le processus de prise de décisions, a dit la jeune déléguée suédoise.


M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne), qui intervenait après une jeune déléguée suédoise malentendante, a souhaité que le langage des signes soit inclus comme langue officielle de l’ONU.  Depuis le Sommet mondial pour le développement social, la communauté internationale dispose d’un agenda clair, a-t-il dit.  Certes, il y a eu des avancées mais il faut bien se rendre à l’évidence que tous les objectifs ne sont pas atteints, a-t-il ajouté mettant l’accent sur le fait que certains pays subissaient des crises, des guerres, des violations des droits de l’homme, notamment dans les situations d’occupation étrangère.  Le représentant a appelé à poursuivre les efforts nationaux de suivi des engagements pris au niveau international et a signalé de nombreuses modifications dans les politiques de développement social en Syrie.


Soulignant les efforts qu’il a qualifiés de sérieux de son gouvernement en vue de garantir le développement à tous les niveaux, il a fait en particulier état de la création, en 2011, d’un Fonds national pour le développement et d’aide sociale.  Des débats ont été également tenus en vue de mettre en œuvre des politiques sociales équilibrées et justes qui visent à garantir l’équité et à réduire la pauvreté.  Le développement des infrastructures incluant des programmes destinés à venir en aide à toutes les parties de la population est également prioritaire.  Il a cependant noté que dans le rapport du Secrétaire général, il manquait à nouveau un point relatif à l’occupation israélienne du Golan syrien, et a fait part de son étonnement. 


M. ALFREDO CHUQUIHUARA (Pérou) a déclaré qu’au niveau mondial, et en particulier dans les pays en développement, la pauvreté et la pauvreté extrême, le manque d’accès aux services de base, aux marchés de l’emploi, à l’éducation et à la santé, mettaient l’individu dans une situation de désavantage et de vulnérabilité qui génère des brèches importantes d’inégalité au sein des sociétés.  À l’évidence, la croissance économique à elle seule ne garantit pas le développement social, a-t-il fait remarquer, en soulignant que les États devaient promouvoir non seulement la croissance mais aussi le progrès social.  Il a plaidé, à cet égard, en faveur de politiques axées sur les populations exclues et en situation de vulnérabilité, dans l’objectif d’édifier des sociétés inclusives, c’est-à-dire à travers une pleine intégration de la société par l’interaction, la valorisation de la diversité, des services de qualité et l’égalité des chances pour tous ses membres.  À cet effet, il importe surtout de veiller à garantir la stabilité de l’ordre démocratique.


Quant au Gouvernement péruvien, installé le 28 juillet 2011, il a décidé de créer un ministère du développement et de l’inclusion sociale, institution chargée de la conception, de l’application et de l’évaluation des politiques, programmes et plans nationaux de promotion de l’inclusion économique, sociale, politique et culturelle des groupes sociaux les plus défavorisés par le biais de la réduction de la pauvreté, des inégalités et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). 


En outre, le Gouvernement a créé un programme au profit des personnes âgées en situation de pauvreté, ainsi qu’un programme offrant des repas et des soins aux enfants de moins de 3 ans lorsque leur mère travaille.  Concernant les politiques en faveur des populations autochtones, il a mis en avant la promulgation de la Loi de consentement éclairé, conformément à la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), par laquelle le Pérou affirme qu’il n’existe pas de citoyens de seconde classe.  Il a enfin annoncé que son pays était le principal auteur d’un projet de résolution sur l’inclusion sociale.   


M. TAHA ALAWADHI (Yémen) a indiqué que le Yémen avait été l’un des premiers pays à avoir signé et ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  « La jeunesse est le fondement de l’avenir et du développement », a-t-il dit ensuite.  Dès lors, fournir aux jeunes un appui aux activités culturelles, sportives et autres se fait par des lois.  Il existe des « récompenses du Président » dans de nombreux domaines.


Le Yémen attache également une grande importance aux personnes âgées en s’inspirant du Plan d’action de Madrid, a ajouté M. Alawadhi.  Le Yémen attend avec impatience l’anniversaire de l’Année internationale des familles et s’attache à traduire en actes le Programme d’action de Copenhague.


M. BENSON SAULO, représentant de la jeunesse de l’Australie, a affirmé qu’en tant que jeune ayant grandi à Tamworth, Nouvelle-Écosse du Sud, et scolarisé dans un établissement situé dans « le mauvais quartier » de la ville, il était aujourd’hui dans l’arène mondiale, le premier aborigène australien à être nommé jeune ambassadeur, testament, s’il en faut, des opportunités en Australie, qui investit dans le potentiel humain et épaule la croissance de l’individu et le développement de la communauté.  Il a déclaré appartenir à une génération qui croit fermement que l’avenir n’est pas défini par des frontières ou des barrières, par la race ou la religion mais plutôt par le sens des responsabilités de tout un chacun, un sens inhérent de la communauté globale fondée sur les relations et l’obligation redditionnelle.


M. Saulo a mis en exergue le rôle de l’éducation et de la nécessité pour les jeunes de bénéficier d’une bonne santé et de pouvoir participer à la vie communautaire.  L’instruction est le socle du développement et de la créativité des futurs chefs d’entreprises et décideurs.  C’est cette conviction qui a dicté les nouvelles mesures d’apprentissage alternatif bilingue.  Au-delà des frontières du pays, l’Australie a aidé à la construction de 600 écoles, à la scolarisation de 46 000 fillettes dans les zones rurales en Afghanistan et à la construction d’écoles pour les enfants malentendants. 


Il a appuyé la recommandation de l’équipe australienne pour l’éducation en vue de la nomination d’un commissaire à l’éducation, conformément à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.  Restant optimiste, le jeune délégué a cité des exemples d’enfants réfugiés, handicapés ou migrants qui nourrissent des rêves pour leur âge adulte.  


M. ANDREAS DEUTINGER, délégué de la jeunesse de l’Allemagne, a appelé de ses vœux une participation accrue des jeunes au processus de prise de décisions.  Trop souvent, cette participation est utilisée de manière « symbolique » par les politiques, a-t-il estimé.  Les jeunes ont besoin d’un cadre légal qui définisse leur participation.  C’est de cette façon que les « bonnes questions pourront être posées », a dit M. Deutinger, avant d’inviter les représentants à regarder autour d’eux et à constater qu’il restait des sièges disponibles dans leur délégation pour inviter des représentants de la jeunesse.


Le jeune délégué allemand a ensuite mis l’accent sur la question de la jeunesse et de la migration.  Ce problème transnational risque de créer de graves conflits politiques qui affecteront tout particulièrement les jeunes générations.  Malheureusement, les pays industrialisés ont tendance à gérer la migration en fonction de leurs intérêts économiques.  « La migration doit être appréhendée comme une immense opportunité et non pas comme une menace à la société », a-t-il dit.  Les jeunes veulent que la politique ait une vision d’ensemble et qu’elle ne se limite pas aux prochaines élections.  Enfin, le délégué s’est fait l’écho des jeunes qui demandent que les États développent des stratégies de développement durable, en prenant en compte les questions environnementale, sociale et économique.


M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a relevé que, 16 ans après le Sommet mondial de Copenhague sur le développement social, ses trois piliers que sont l’élimination de la pauvreté, le plein emploi et l’intégration sociale demeurent toujours des défis majeurs à relever pour la communauté internationale.  Évoquant la situation particulière des personnes handicapées, qui constituent environ 10% de la population mondiale et dont une majorité vit dans les pays en développement, il a encouragé les États à mettre en œuvre les conclusions de la quatrième Conférence des États parties à la Convention relative aux personnes handicapées.  Il a également salué l’action du Groupe de travail à composition non limitée, mis en place en 2011, dont l’objectif vise à renforcer la protection des droits de l’homme des personnes âgées.


Au niveau africain, M. Benmehidi s’est dit préoccupé par la hausse des prix des denrées alimentaires, la progression du chômage et la prolifération des pandémies.  Il a souligné l’urgence pour la communauté internationale d’apporter son soutien afin que les résultats très encourageants enregistrés ces dernières années en termes de croissance du PIB, de santé publique, d’éducation et de réduction de la pauvreté, ne soient pas remis en cause.


Le Gouvernement algérien a adopté une série de réformes structurelles, sociales et économiques visant à promouvoir le développement économique, à préserver la cohésion sociale et à garantir une répartition équitable du revenu national.  Cette volonté politique s’est traduite par la mise en œuvre de deux programmes d’investissement public, le plan de soutien à la relance économique (2000-2004) et un plan complémentaire (2005-2009), dotés tous deux d’un montant de 200 milliards de dollars, a expliqué le représentant.  Un programme a été lancé pour 2010-2014, impliquant des engagements financiers de l’ordre de 286 milliards de dollars.  En outre, les dépenses sociales de l’État, consacrées ces dernières années à la lutte contre la pauvreté, ont atteint entre 13 et 15% du budget national.


M. JOREN SELLESLAGHS et Mme JEANNE MAILLART, représentants de la jeunessede la Belgique, ont décrit les difficultés auxquelles se heurtent les jeunes en termes d’emploi, d’accès à l’éducation de base et à l’heure des politiques d’austérité.  Ils ont affirmé que les jeunes étaient disposés à assumer leurs responsabilités dans la recherche de solutions aux crises multiples qui frappent le monde.  La jeune génération n’a pas peur de travailler ou d’étudier sans relâche, ont-ils insisté.  Ils ont souligné la nécessité de voir garantis les droits des jeunes par temps de crise, tout en plaidant en faveur du droit à une éducation décente, à un emploi durable, à un toit, à l’accès à des soins décents de santé et au crédit. 


Ils ont imploré les États Membres de rendre possible la jouissance du droit le plus important à savoir celui de jouir de leur jeunesse et de leur adolescence, le droit de ne pas s’inquiéter de leur avenir.  Ils se sont également inquiétés du fait que les gouvernements investissaient moins dans le développement durable.  Ils ont invité l’assistance à rechercher non seulement des solutions à court terme mais aussi des réponses à long terme, avec la participation des jeunes à un niveau plus élevé dans tous les processus de prise de décisions.  


Mme RODAINA EL-BATNIGI, déléguée de la jeunesse de l’Autriche, a fait remarquer que la crise financière et économique avait eu sur les jeunes un impact au niveau individuel, sur le marché de l’emploi, et au niveau institutionnel, avec des coupes budgétaires et une diminution des investissements dans les programmes destinés à la jeunesse.  Elle a souhaité attirer l’attention de la Commission sur la situation des millions de filles et des jeunes femmes qui ne vont pas à l’école ou ne finissent pas leur éducation.  Même lorsqu’elles ont un emploi, elles sont en général moins bien payées et leurs enfants sont davantage exposés à l’exploitation sociale, à la violence et aux abus.


« En Autriche, nous faisons campagne pour un accès égal à une éducation de qualité pour tous les jeunes », a poursuivi la déléguée.  En cette Année européenne du volontariat, les jeunes à travers l’Europe ont agi également pour une meilleure reconnaissance de leurs activités bénévoles en tant que contribution à une éducation informelle, a-t-elle dit.  Les jeunes constatent toutefois qu’il devient de plus en plus difficile de promouvoir le volontariat, la justice sociale et la solidarité.


M. SAIFUL AZAM MARTINUS ABDULLAH (Malaisie) a affirmé que les buts et objectifs du développement social exigeaient des efforts continus de réduction et d’élimination des principales sources de détresse et d’instabilité pour la famille et la société.  Le Sommet mondial pour le développement social demeure l’une des grandes œuvres de la gouvernance internationale contemporaine, a-t-il dit.  Le suivi de ce Sommet, lors de la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale, a élargi les vues sur la protection et la promotion du développement social et fixé des objectifs et stratégies spécifiques, a-t-il ajouté.  Cependant, les progrès dans la réalisation de tels objectifs sont devenus les otages de l’instabilité des marchés financiers internationaux et nationaux, déstabilisant ainsi les efforts en matière de croissance économique et de développement social.


En outre, la libéralisation financière n’a pas, selon lui, été accompagnée des filets de sécurité requis pour ce qui a trait à la responsabilité et à la discipline des entreprises et du marché.  Pour toutes ces raisons, il a appelé à une révision des prescriptions ou remèdes que la Troisième Commission pourrait recommander à l’Assemblée générale.  Il a souligné en priorité la nécessité de renforcer l’engagement sans faille en faveur des objectifs politiques plus larges du Sommet mondial et d’un réexamen des structures de l’environnement financier et économique pour faire en sorte qu’il soit juste et équitable.  De même, il conviendrait d’être préparé à procéder à une évaluation préliminaire de l’impact de telles crises et à proposer des remèdes.  Il a, par ailleurs, abordé les questions relatives aux personnes handicapées, à la famille, à la jeunesse et aux personnes âgées dans son pays. 


Mme ALINA BÖLING, représentante de la jeunesse de la Finlande, a déclaré que l’absence de progrès en matière de développement avait un impact significatif sur les jeunes, dont 87% vivent dans les pays en développement.  Les jeunes ont besoin du développement et le développement a besoin des jeunes, a-t-elle affirmé, en alertant sur le fait que l’Organisation internationale du Travail (OIT) avait mis en garde contre le fait que plus d’un milliard de jeunes risquaient d’être laissés pour compte sur le marché du travail dans les dix prochaines années.  Le chômage de masse et la marginalisation constituent aussi un degré élevé de polarisation et de troubles sociaux au sein des sociétés car ils menacent le droit des jeunes à vivre dans un environnement exempt de violence et de xénophobie.


Comme l’ont montré les récents événements dans plusieurs régions, la question de la jeunesse, de la paix et de la sécurité est directement liée aux questions relatives à l’éducation, à la possibilité d’emploi et à l’inclusion sociale des jeunes.  Soulignant à son tour que l’éducation était un facteur clef du développement social, elle a rappelé qu’à l’heure actuelle, 69 millions d’enfants ne fréquentaient pas l’école primaire, que 71 millions des adolescents du monde n’étaient pas scolarisés, dont 54% de filles.  En outre, 130 millions de jeunes dans le monde sont analphabètes.  La Finlande, pour sa part, a atteint l’objectif 2 du Millénaire pour le développement garantissant ainsi l’accès universel à l’enseignement primaire.  La crise économique et financière a eu un impact sur cet accès, en particulier en raison des coupures budgétaires, a-t-elle dit. 


Mme LAURIE SHESTACK-PHIPPS (États-Unis) a centré son intervention sur les tendances et les défis en matière de développement social, y compris les circonstances spéciales des jeunes, des personnes handicapées et des personnes âgées.  C’est l’occasion pour la Troisième Commission, a-t-elle dit, de mettre l’accent sur l’importance de la création d’emplois pour les jeunes de sorte qu’ils soient à même de réaliser leur potentiel.  Les jeunes et leur désir de liberté politique et d’opportunités économiques ont joué un rôle significatif dans les transformations sociales et politiques actuelles en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, a-t-elle rappelé.


À la date de février 2011, les États-Unis demeurent l’un des plus grands donateurs mondiaux en faveur de l’éducation et, à ce titre, ils ont rendu public la nouvelle Stratégie de l’éducation dans laquelle ils s’engagent à améliorer les capacités de lecture de 100 millions d’enfants de l’enseignement primaire, à améliorer les programmes tertiaires de développement, ainsi que l’accès à l’éducation de 15 millions affectés par les crises et les conflits d’ici à 2015.  Depuis 1995, les États-Unis ont également fourni environ 780 millions de dollars à des projets de lutte contre les pires formes de travail des enfants, confirmant ainsi, comme cela avait été réaffirmé lors de l’Examen ministériel du Conseil économique et social (ECOSOC) sur l’éducation, en juillet dernier, que tous les enfants, garçons et filles, doivent avoir accès à une éducation de qualité, et que l’éducation doit correspondre à un marché de l’emploi qui connaît un changement rapide.  


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