Deuxième Commission: les États Membres débattent de la coopération Sud-Sud et des activités opérationnelles de développement du système de l’ONU

12 octobre 2011
AG/EF/3310

Deuxième Commission: les États Membres débattent de la coopération Sud-Sud et des activités opérationnelles de développement du système de l’ONU

12/10/2011
Assemblée générale
AG/EF/3310
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission

9e & 10e séances – matin & après-midi

DEUXIÈME COMMISSION: LES ÉTATS MEMBRES DÉBATTENT DE LA COOPÉRATION SUD-SUD

ET DES ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DE DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME DE L’ONU

La Commission économique et financière (Deuxième Commission) a tenu aujourd’hui un débat sur les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies et sur la coopération Sud-Sud.  De nombreuses délégations ont déclaré que la coopération Sud-Sud prenait de l’ampleur, mais qu’elle ne doit en aucun cas être perçue comme pouvant remplacer la coopération entre les pays industrialisés et les États du Sud en développement. 

La coopération Sud-Sud vient compléter celle qui existait déjà et ses actions doivent être soutenues par les programmes menés par la coopération Nord-Sud et la coopération triangulaire, ont souligné plusieurs délégations.  Concernant la mise en œuvre des programmes de développement relevant des activités opérationnelles des fonds, programmes et agences de l’ONU, elles se sont inquiétées de la baisse continue des ressources qui leur sont allouées.  La réduction du quota des fonds provenant du budget régulier de l’Organisation dans le financement des activités menées sur le de terrain par l’ONU a été déploré par les délégations.

Dans le cadre des débats sur les activités opérationnelles de développement, la Commission était saisie d’un rapport* du Secrétaire général.  Présenté par le Sous-Secrétaire général des Nations Unies à la coordination des politiques et aux affaires inteorganisations, M. Thomas Stelzer, ce rapport relève que parmi les fonds utilisés par l’ONU pour ses interventions sur le terrain, environ 65% ont servi à financer des activités de développement à long terme, et 35% des activités d’aide humanitaire.  Un second rapport** du Secrétaire général, consacré à la coopération Sud-Sud, a été présenté par M. Yiping Zhou, Directeur de l’Unité spéciale de la coopération Sud-Sud au Programme des Nations Unies pour le développement.  Dans ce rapport, le Secrétaire général constate que les pays émergents sont non seulement devenus les principaux moteurs de la croissance économique mondiale et de la relance, mais qu’ils contribuent aussi à améliorer la situation économique de pays plus pauvres.  

La coopération Sud-Sud, de l’avis de nombreux États Membres, gagne de plus en plus en importance.  En 2030, a indiqué la délégation du Maroc, la coopération Sud-Sud devrait représenter 57% du produit intérieur brut (PIB) mondial.  Le représentant du Népal, s’exprimant au nom des pays les moins avancés (PMA), a relevé que la coopération Sud-Sud va jouer un rôle important dans la promotion et la construction des capacités de production des PMA.  Pour le représentant de la Chine, la coopération Sud-Sud est une manière pour les pays en développement d’utiliser leurs avantages comparatifs et de s’aider les uns les autres. 

L’examen des activités opérationnelles de développement des Nations Unies a permis aux délégations d’exprimer de nombreuses inquiétudes et de faire des suggestions pour son amélioration.  Le déséquilibre, toujours grandissant entre les ressources budgétaires prévisionnelles, en baisse, et les contributions volontaires, qui sont en hausse, s’accroit et remet constamment en question le principe de la neutralité des activités de développement onusiennes, ont noté des intervenants.

Face à cette situation, le représentant de l’Argentine, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que les activités de terrain sont directement dépendantes de la régularité des fonds et du caractère approprié et prévisible des financements.  Le délégué d’Antigua-et-Barbuda, s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a rappelé que la CARICOM a relevé que les financements non prévisionnels ne sont pas seulement imprévisibles, mais qu’ils augmentent considérablement les coûts des activités opérationnelles, ce qui constitue un obstacle pour l’efficience des activités menées par les Nations Unies, notamment au niveau des pays. 

Quant au représentant des États-Unis, qui a rappelé que son pays est le plus gros contributeur au budget de l’ONU, il a estimé que « les Nations Unies ne peuvent pas se permettre de poursuivre leurs activités sur la même cadence ».  Il a cité à ce titre le besoin de s’assurer « que chaque dollar envoyé aux Nations Unies soit utilisé de la manière la plus efficace, effective et professionnelle », et a demandé que les coûts de fonctionnement des agences des Nations Unies soient revus à la baisse.  Il a, en outre, souligné qu’à l’heure actuelle, un système de développement des Nations Unies reposant sur la bonne volonté d’une dizaine de pays donateurs n’est plus viable. 

Les travaux de la Deuxième Commission étaient dirigés par le Vice-président, M. Vandy Bitrus Yohanna.

La Deuxième Commission tiendra sa prochaine réunion demain, jeudi 13 octobre à 10 heures.  Elle examinera le point de son ordre du jour relatif au suivi et à la mise en œuvre des recommandations de la Conférence intergouvernementale de 2002 sur le financement du développement et de la Conférence d’examen de 2008 du Consensus de Monterrey.

A/66/79-E/2011/107

** A/66/229

ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DE DÉVELOPPEMENT

Rapport du Secrétaire général sur l’Analyse du financement des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies pour 2009 (A/66/79)

Ce rapport constate qu’il n’y a pas de réelle augmentation des contributions par rapport à 2008, avec un montant total des contributions aux activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies d’environ 21,9 milliards de dollars en 2009, ce qui représente environ 18% du montant total de l’aide publique au développement (APD), hors allègement de la dette.

Le Secrétaire général y constate aussi une baisse du financement des activités d’aide humanitaire, compensée par une augmentation du financement des activités de développement.  Environ 65% des fonds ont servi à financer des activités de développement à long terme, et 35% des activités d’aide humanitaire.  Les contributions aux activités liées au développement ont augmenté de 8,1% en valeur réelle en 2009.  En revanche, les fonds consacrés à l’aide humanitaire, plus instables, ont diminué de 7,8%.

Le rapport fait état de tendances positives sur le long terme.  Entre 1994 et 2009, les contributions aux activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies ont augmenté à un rythme plus rapide à la fois que le volume total de l’aide publique au développement et que celui de l’APD provenant des États membres du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (CAD/OCDE).  Les flux de l’APD ont atteint en 2009 un montant total (hors allègement de la dette) de 124 milliards de dollars.

La base de financement des activités opérationnelles de développement s’est considérablement élargie entre 1994 et 2009, et la part des organisations multilatérales (hors Commission européenne) et des sources privées dans le volume total des contributions est passée de 7 à 19%.  Le volume absolu des contributions directes des pays du CAD/OCDE a augmenté de 141% en termes réels entre 1994 et 2009, mais leur part totale dans l’ensemble du financement des activités opérationnelles a diminué, passant de 76 à 63%, constate M. Ban Ki-moon.

Parmi les autres faits saillants relevés par le Secrétaire général dans ce rapport: en 2009, 33% des contributions directes des pays du CAD/OCDE au système multilatéral ont transité par les organismes des Nations Unies s’occupant de développement, ce qui fait du système des Nations Unies le principal partenaire multilatéral des pays du CAD.

Le Secrétaire général émet dans ce rapport une série de recommandations au Conseil économique et social (ECOSOC).  Il lui suggère notamment d’attirer l’attention des conseils d’administration des fonds et des programmes ainsi que des organes directeurs des institutions spécialisées sur les conclusions du présent rapport, notamment celles qui concernent la prévisibilité, la fiabilité et la stabilité du financement des activités opérationnelles de développement.

Rapport du Secrétaire général sur l’état de la coopération Sud-Sud (A/66/229)

Le présent rapport est présenté en application de la résolution 64/221, dans laquelle l’Assemblée générale priait le Secrétaire général de lui présenter, à sa soixante-sixième session, un rapport complet sur l’état de la coopération Sud-Sud.  Les données présentées dans le rapport, qui porte sur la période 2009-2011 consécutive à la crise économique de 2008-2009, montrent un Sud plus résistant, où l’approfondissement et l’institutionnalisation de l’intégration ont resserré les liens économiques, politiques et sociaux. 

Le rapport note qu’au cours de la période 2008-2009, des pays tels que l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine et l’Inde ont fait montre d’une résilience remarquable vis-à-vis de la crise économique, et sont apparus comme les locomotives de la croissance dans une géographie redessinée.  Selon le Secrétaire général, les économistes ont observé que les pays émergents étaient non seulement devenus les principaux moteurs de la croissance économique mondiale et de la relance, mais qu’ils contribuaient aussi à améliorer la situation économique de pays plus pauvres.  En effet, poursuit M. Ban Ki-moon, l’augmentation de la demande de biens et de services sur leur marché intérieur est pour beaucoup dans la forte expansion des échanges commerciaux et des investissements Sud-Sud.

Le rapport souligne que ces dernières années, les relations entre les différents acteurs de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire se sont intensifiées.  Aux échelons mondial, interrégional, régional et national, les gouvernements se sont employés à consolider les fondements juridiques de la coopération, tandis que les organismes multilatéraux continuaient de servir d’intermédiaires entre les pays développés et les pays en développement, y compris en travaillant avec les acteurs locaux, affirme le Secrétaire général.

Le rapport indique qu’afin de maintenir la dynamique et de renforcer l’impact et les contributions de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, en vue d’un développement humain plus inclusif, équitable et durable, la communauté internationale de développement doit continuer à trouver les moyens de transformer les défis auxquels est confronté le monde du Sud en possibilités à exploiter, afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015, ainsi que les autres objectifs de développement arrêtés par la communauté internationale au-delà de 2015.  Le Secrétaire général recommande aussi qu’afin de mieux répondre aux besoins et priorités de développement des États Membres, le système multilatéral doit disposer de définitions opérationnelles et plus précises d’indicateurs de performance qui lui permettront de mesurer à la fois l’ampleur et l’impact de la coopération Sud-Sud et triangulaire aux niveaux bilatéral, régional, interrégional et mondial.  Il préconise enfin que le système des Nations Unies continue à améliorer la cohérence et la coordination globales de son soutien à la coopération Sud-Sud et triangulaire.  Le système des Nations Unies, poursuit-il, doit continuer à fournir un soutien financier à la coopération Sud-Sud, afin d’élargir la diffusion des bonnes pratiques et des solutions donnant de bons résultats en matière de développement, et transposer à plus grande échelle les programmes réussis, afin d’accroître l’efficacité globale pour un développement plus inclusif et durable.

Débat général

M. MARCELO SUAREZ SALVIA (Argentine), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a insisté sur l’importance des activités opérationnelles pour le développement du système des Nations Unies et a rappelé que celles-ci sont directement dépendantes de la régularité et du montant approprié et prévisible des financements nécessaires et prévus.  Il a noté, à ce titre, le déséquilibre entre les ressources de base versées au budget régulier de l’ONU et de ses fonds et programmes et les autres ressources, qui ont un impact sur la cohérence du système de développement des Nations Unies.  Il a aussi déploré la tendance croissante des partenaires du développement à utiliser des financements ciblés et sélectifs, et a appelé tous les acteurs du développement à rester fidèles aux caractéristiques fondamentales des activités opérationnelles pour le développement des Nations Unies, à savoir notamment le principe de neutralité. 

M. Suarez Salvia a suggéré qu’il ne devrait pas y avoir de restrictions posées aux gouvernements en ce qui concerne la définition de leurs propres priorités de développement et leur liberté de choisir leurs partenaires de développement.  Le représentant a aussi exhorté les partenaires au développement à mettre en œuvre le Document final de Nairobi et a demandé qu’un soutien concret soit apporté à la coopération Sud-Sud via le système des Nations Unies.  Le représentant s’est, en outre, dit préoccupé par la tendance croissance chez les partenaires des pays développés à « redessiner » les caractéristiques et les modalités de concertation entre pays développés et en développement, et il a rejeté « totalement » toutes tentatives de ce genre, car au final « la coopération Sud-Sud n’est qu’un complément et non un substitut des formes traditionnelles de coopération, dont la coopération Nord-Sud ».  Il a réitéré le besoin de s’assurer que les pays en développement obtiennent les financements dont ils ont besoin.

M. SHANKER BAIRAGI (Népal), s’exprimant au nom des pays les moins avancés (PMA), a relevé que le Plan d’action d’Istanbul, découlant de la récente quatrième Conférence des Nations unies sur les PMA (Conférence PMA IV) tenue en mai dernier à Istanbul, est le document idoine qui concentre les besoins et aspirations de développement des PMA pour la prochaine décennie.  À ce propos, il a salué la récente décision du Groupe des Nations Unies pour le développement, d’intégrer ce Plan d’action dans ses programmes, et il a invité les autres agences des Nations Unies à faire la même chose.  Le représentant a exprimé l’inquiétude des PMA face à la baisse du pourcentage des fonds prévisionnels consacrés aux activités opérationnelles du développement.  Ces fonds ont en effet connu une baisse de 27%, a-t-il regretté.  Il a ajouté que les financements non prévisionnels devraient être intégrés dans les planifications des bureaux de pays des Nations Unies.  M. Bairagi a ensuite souhaité que les mécanismes innovants de financement du développement soient mis en place, tels que le Fonds d'affectation spéciale multidonateurs, ou l’Initiative « Une ONU » qui consiste à mettre en commun les différents programmes des agences des Nations Unies au niveau des pays.

Au sujet de la coopération Sud-Sud, le représentant a estimé qu’elle offre un potentiel de transformation du paysage mondial du développement.  Il a rappelé que la coopération Sud-Sud doit être perçue comme un complément à la coopération Nord-Sud, et ne devrait donc pas être perçue comme un substitut à cette dernière.  Il a également noté que la coopération Sud-Sud va jouer un rôle important dans la promotion et la construction des capacités de production des PMA.  Il a enfin souhaité que les Nations Unies s’engagent dans la coordination et le soutien à la coopération Sud-Sud.  Et ceci à travers des programmes conjoints innovants.  Il a insisté sur le besoin de renforcer les mécanismes institutionnels ayant un rapport avec la coopération Sud-Sud, notamment l’Unité spéciale sur la coopération Sud-Sud.

M. YUSRA KHAN (Indonésie), S’exprimant au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a relevé que les débats portant sur les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies se tiennent dans un contexte d’émergence de nouveaux acteurs au plan mondial, ainsi de nouvelles approches du développement.  M. Khan a souligné qu’il est désormais nécessaire d’aider aussi besoin d’aider les pays à revenu intermédiaire.  Il a souligné le besoin d’une action urgente du système des Nations Unies face au problème des financements pour le développement, les ressources versées devenant très fragmentées et fluctuantes.  « Le système de développement des Nations Unies devrait faire d’avantage d’efforts collectifs pour intégrer de manière concrète des modalités stratégiques et pluriannuelles de financement afin d’en améliorer la stabilité », a dit M. Khan. 

Il a appelé les partenaires développés à honorer leur engagement à augmenter le financement des activités opérationnelles pour le développement des Nations Unies et à réduire le déséquilibre croissant entre les ressources de base et les autres ressources.  Il a aussi rappelé que la réalisation des objectifs définis au niveau international, tels que les Objectifs du Millénaire pour le développement, ne tient pas seulement à une mise en œuvre au niveau des États, mais aussi à la manière dont l’ONU apporte un soutien via ses activités opérationnelles.  Par conséquent, il est essentiel de renforcer ces dernières, a indiqué le représentant, qui a aussi insisté sur l’importance d’une réforme des Nations Unies et sur l’amélioration du soutien des Nations Unies à la coopération triangulaire et Sud-Sud.  Concernant celle-ci, il a rappelé qu’elle ne pouvait en aucun cas se substituer à la coopération Nord-Sud, et il a accueilli favorablement l’adoption, par de nombreux partenaires, de modalités relatives à la coopération Sud-Sud et triangulaire.

M. CONROD HUNTE (Antigua-et-Barbuda), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a rappelé que la CARICOM a toujours souhaité que les activités opérationnelles de développement des Nations Unies disposent de fonds adéquats, substantiels et prévisibles.  À ce propos, a-t-il poursuivi, une assistance au développement venant des Nations Unies, de qualité et suffisante, et menée dans un cadre prévisible, apparait comme de première importance.  Il a ajouté que les financements non prévisionnels ne sont pas seulement non prévisibles, mais qu’ils augmentent considérablement les coûts des activités opérationnelles, ce qui constitue un obstacle pour l’efficience des activités menées par les Nations Unies, notamment au niveau des pays.  M. Hunte a indiqué que les activités opérationnelles de développement devraient prendre en compte le besoin de renforcer les capacités dans les pays en développement. 

Le représentant a regretté qu’en des moments de croissance mondiale solide, l’aide publique au développement (APD) n’ait jamais atteint le niveau escompté, c’est–à-dire 0,7% du produit national brut des pays industrialisés.  La CARICOM, a souligné le représentant, insiste sur l’importance de la coopération Sud-Sud, y compris dans le cadre des activités opérationnelles de développement.  Il a rappelé également que la coopération Sud-Sud est un complément à la coopération Nord-Sud, mais ne la remplace pas.  Il a enfin souhaité que les fonds non utilisés des Nations Unies soient reversés vers les activités de développement.

Mme MARIA NILAUSTARP (Danemark), s’exprimant au nom des pays nordiques, a rappelé l’importance des activités opérationnelles des Nations Unies, qui ont représenté 23 milliards de dollars en 2010.  En dépit de progrès visibles, le système de développement des Nations Unies reste toutefois complexe et fragmenté, et trois questions devraient être résolues, a-t-elle indiqué.  La représentante a cité la question de l’efficience et de l’efficacité de ces activités et a dit souhaiter, à ce titre, que l’Examen quadriennal complet accorde une attention particulière à l’évaluation indépendante des programmes pilotes menés dans le cadre du concept « Unis dans l’action ».  Elle a ensuite évoqué les modalités de la gestion des situations postconflit et le financement des activités de développement de l’ONU, qui doit être plus prévisible et plus régulier.

M. CHRIS STOKES (Australie) s’exprimant au nom du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (Groupe CANZ), a souhaité la vulgarisation de l’approche « Une ONU », qui vise à fournir une assistance aux pays à travers un programme commun mené par les différentes agences des Nations Unies.  Il a estimé que cette approche permet aux Nations Unies de soutenir les pays bénéficiaires dans leur volonté de se développer.  Il a souhaité que la Conférence sur l’approche « Une ONU », qui va se tenir au mois de novembre prochain en Uruguay, soit l’occasion de faire un bilan de cette initiative, et de voir comment la renforcer.  Le représentant a également rappelé que les agences et programmes des Nations Unies devraient discuter avec les États Membres des financements prévisionnels, afin de résoudre le problème de la baisse de cette source de financement des activités opérationnelles de développement.

M. DENIS PIMINOV (Fédération de Russie) a souligné l’importance de la prévisibilité et de la régularité sur le long terme des financements destinés aux activités de développement de l’ONU.  Ces fonds sont la base qui permet à ces activités de s’aligner sur les valeurs des Nations Unies, a-t-il rappelé.  Il s’est dit préoccupé du sous-financement de cette aide au développement et a souhaité une approche pragmatique pour parvenir à un équilibre entre les ressources de base et les autres ressources.  Il est important de parvenir à un consensus entre États Membres en ce sens, a souligné le représentant, selon qui les formes traditionnelles de financement peuvent être complétées, mais non entièrement remplacées, par des formes alternatives de financement du développement.  Concernant la réforme actuelle des activités opérationnelles, il a dit que l’examen de ces activités était une étape clef qui permettrait la réforme en tant que telle.  Il a aussi souligné la hausse des contributions des pays émergents au financement des aides aux pays en développement et s’est réjoui des progrès de la coopération Sud-Sud.  Il a, en outre, constaté une contribution positive du Corps commun d’inspection dans le cadre de son examen des activités des Nations Unies.

M. GOBALAKRISHNAN NAGAPAN (Malaisie) s’est félicité des développements positifs de la coopération Sud-Sud, qui est passée à une phase concrète dans ses activités.  Il a souligné que cette coopération était un élément vital de la coopération internationale pour le développement, et s’est inquiété de la croissance des inégalités au sein des pays du Sud, au point que certains ne seront peut-être pas en mesure d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement à l’horizon 2015.  Il a noté que le partage d’expertises et d’expériences était un moyen d’améliorer encore la coopération Sud-Sud, à l’instar de l’initiative lancée par la Malaisie à travers son Programme de coopération technique, qui a bénéficié à 138 pays à ce jour.  Il a aussi souhaité promouvoir davantage la coopération Sud-Sud et a mis en exergue les initiatives de la Malaisie dans ce domaine.

M. PIO WENNUBST (Suisse) a rappelé que l’Examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies (TCPR) de 2007 avait permis de formuler des instructions claires.  Le consensus qui s’en est dégagé a permis d’améliorer l’efficacité des activités onusiennes et d’obtenir de meilleurs résultats dans le domaine du développement, a-t-il dit.  Le représentant de la Suisse a souhaité que les délégations profitent du temps qui reste avant le prochain examen quadriennal complet (2013-2016) pour trouver les moyens de continuer à améliorer le travail des Nations Unies. 

L’autorité des coordonnateurs résidents du système de l’ONU doit être renforcée afin que ces derniers puissent exercer une autorité légale et financière sur les équipes de pays de l’ONU, a estimé M. Wennubst.  Le rapport du Secrétaire général affirme que le système opérationnel de l’ONU serait incapable de faire preuve d’autorité, de coordination et de flexibilité dans les contextes fragiles et de postcrises, a relevé le représentant.  Il a souhaité que le système onusien soit en mesure de nommer les personnes les plus compétentes aux postes adéquats et de leur donner les moyens de s’acquitter de leurs tâches.  Le délégué a également noté que la structure globale du financement des activités de développement onusiennes n’incitait pas à améliorer la coordination du système et de son efficacité et a souhaité qu’un dialogue constructif soit mené sur la masse critique de financement nécessaire pour que chaque fonds et programme de l’ONU fonctionne correctement. 

M. JOÃO LUCAS QUENTAL NOVAES DE ALMEIDA (Brésil) a estimé que les activités opérationnelles de développement du système des Mations Unies devraient être orientées en particulier vers la lutte contre la faim et la pauvreté, et ceci en accord avec les programmes nationaux de développement.  Il a ajouté que ces activités devraient cibler les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, particulièrement les PMA.  Il a ensuite indiqué que les ressources destinées aux activités opérationnelles pour le développement devraient être allouées dans un processus objectif et transparent, basé sur des critères clairs définis par les États Membres.  Le représentant a noté avec regret les « incohérences » existant entre les financements prévisionnels et les investissements volontaires et a invité les Nations Unies à résoudre cette situation qui crée des dépenses administratives inutiles.  Il a ensuite invités les donateurs à contribuer davantage aux activités opérationnelles de développement, afin de permettre aux pays en développement de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Parlant de la coopération Sud-Sud, le représentant a soutenu son développement, en précisant qu’elle est un complément à la coopération Nord-Sud.  Il a souhaité que les Nations Unies s’impliquent dans le processus de la coopération Sud-Sud en adaptant leurs méthodes et procédures aux mécanismes propres à la coopération Sud-Sud.  Le représentant a rappelé que le Brésil est de plus en plus impliqué dans la coopération Sud-Sud, et il a indiqué que son pays a conclu environ 400 accords de coopération avec les pays en développement pour la période 2003-2009.  Le Brésil a notamment accordé des remises de dette à hauteur de 1,25 milliard de dollars en faveur des pays d’Afrique et d’Amérique latine, a précisé M. Quental Novaes De Almeida.

M. JAIRO RODRIGUEZ HERNÁNDEZ (Cuba) a relevé que la crise économique mondiale représentait le principal frein au financement des activités opérationnelles des Nations Unies mais qu’en aucun cas cette crise ne devait être un prétexte pour que les pays développés n’honorent pas leurs engagements en matière de financement.  Il a aussi jugé urgent le besoin de rééquilibrer les ressources de base et les autres ressources, car ce déséquilibre est l’une des raisons principales à l’incohérence des activités opérationnelles.   

M. VADIM PISAREVICH (Bélarus) a rappelé que la communauté internationale se trouve à quatre ans de la fin de l’échéance de 2015, qui est l’année butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a relevé que pour atteindre les objectifs de développement, les pays industrialisés, autant que les Nations Unies, ont un rôle majeur à jouer.  À ce propos, il a regretté l’incohérence existant entre les financements prévisionnels et les financements non prévisionnels.  Il a ensuite souhaité que les Nations Unies renforcent leur coopération avec les pays à revenu intermédiaire, et il a salué la coopération entre l’ONU et le Bélarus, qui se traduit notamment par la mise en œuvre du document de coopération entre le Bélarus et les Nations Unies pour la période 2011-2015.

Mme ROJAS (Pérou) a vanté les progrès et les avancées concrètes de la coopération Sud-Sud.  Elle a noté une intégration de plus en plus approfondie entre pays du Sud en ce qui concerne leurs économies et a noté une hausse des demandes d’aides multilatérales au niveau régional.  Elle a évoqué l’échange d’informations et d’expertises comme étant l’un des domaines prioritaires de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.  La représentante du Pérou a toutefois noté le besoin d’améliorer les financements disponibles, et a suggéré le rôle que peuvent jouer les pays à revenu intermédiaire dans les activités opérationnelles des Nations Unies pour le développement.  L’aide reçue par les pays à revenu intermédiaire peut leur permettre d’aider en retour les pays en développement les plus défavorisés, a-t-elle souligné.

M. WANG MIN (Chine) a estimé que des ressources suffisantes, stables et prévisibles étaient le fondement des activités opérationnelles des Nations Unies.  Toutefois, il a regretté que l’actuelle tendance à la baisse du financement du développement et le déséquilibre existant dans la structure des ressources aient sérieusement sapé la cohérence et l’efficacité du système de développement des Nations Unies.  Pour répondre à ce problème, les pays développés doivent honorer les engagements qu’ils ont pris concernant l’aide publique au développement (APD), a-t-il préconisé.  Il a invité les parties concernées à prendre les mesures nécessaires pour améliorer le système de financement des activités opérationnelles des Nations Unies pour le développement. 

Les pays les moins avancés sont parmi les pays les plus vulnérables dans le système économique mondial, a indiqué M. Wang.  Avec leurs faibles fondations économiques et capacités de développement, ces pays rencontrent de nombreuses difficultés, a-t-il ajouté.  Il a rappelé que le Document final du Programme d’action d’Istanbul identifie clairement les domaines prioritaires pour le développement des PMA, ainsi que les actions spécifiques à prendre.  La communauté internationale, a-t-il également dit, doit répondre à ses engagements.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération Sud-Sud.  C’est une manière pour les pays en développement d’utiliser leurs avantages comparatifs et de s’aider les uns les autres, a-t-il souligné.  En dépit des défis auxquels la Chine est confronté dans son développement, a dit le délégué, mon pays salue la coopération qu’elle mène avec d’autres pays en développement et est prêt à l’élargir.

M. AMAN HASSEN (Éthiopie) a souligné les résultats mitigés obtenus dans le financement des activités opérationnelles de l’ONU en 2009, citant néanmoins des résultats encourageants, notamment en ce qui concerne l’élargissement de la base des contributeurs au financement.  Mais il a tiré la sonnette d’alarme s’agissant du déséquilibre qui s’accentue entre les ressources budgétaires de base et les autres ressources, qui est « une cause majeure de l’incohérence du système des Nations Unies ».  À ce titre, le représentant a plaidé pour un système de financement fonctionnant « correctement » et fondé sur un cadre pluriannuel de contributions qui lui assure une prévisibilité et une certaine régularité.  Le représentant de l’Éthiopie a aussi rappelé l’engagement de son pays à mettre en œuvre le Programme « Unis dans l’action ».

M. TAUHEDUL ISLAM (Bangladesh) a rappelé qu’en accord avec le Programme d’action d’Accra, consécutif au troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui a eu lieu à Accra, au Ghana, en 2008, les Nations Unies devraient s’investir dans les activités d’assistance au développement dans le respect des priorités des pays qui en sont bénéficiaires.  Il a regretté que malgré l’augmentation des fonds destinés aux activités opérationnelles de développement, ces financements n’atteignent même pas le tiers des promesses de contribution.  Le représentant a souhaité que l’ONU s’attaque à l’incohérence qui existe dans le financement de ses activités entre les ressources prévisionnelles et celles non prévisionnelles, au lieu, a-t-il précisé, de servir juste d’organe de mise ne route de projets opérationnels.

Mme YOO HYERAN (République de Corée) a salué l’augmentation du nombre d’activités opérationnelles des Nations Unies en 2010, après un ralentissement au cours de l’année 2009.  Elle a regretté que le marasme économique mondial ait conduit à une baisse des financements prévisionnels, et elle a relevé que la République de Corée a contribué aux activités opérationnelles de développement des Nations Unies en 2010 à hauteur de 90 millions de dollars, un montant qui devrait augmenter au courant des prochaines années, a-t-elle précisé.  Mme Yoo a, de ce fait, souligné l’augmentation des contributions de la République de Corée en direction des agences telles que le Programme des Nations Unies pour le développement et le Programme alimentaire mondial (PAM).  La représentante a indiqué que la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire prennent de plus en plus d’importance dans le cadre des efforts internationaux de développement.  Elle a salué l’initiative prise par les Nations Unies de renforcer leur soutien à la coopération Sud-Sud, et elle a souhaité une plus grande coordination de la part de l’ONU à cet effet.  Elle a également émis le vœu que le Forum de haut niveau l’efficacité de l’aide, qui se tient le mois prochain à Busan, en République de Corée, soit l’occasion pour la communauté internationale, de soutenir la coopération Sud-Sud.

M. OLEKSANDR NAKONECHNYI(Ukraine) a indiqué que son pays appuyait pleinement les mesures prises dans le cadre de l’ONU pour développer la coopération technique et la mobilisation de fonds en faveur du développement, afin d’accroître l’efficacité, la production et la durabilité des activités opérationnelles du système des Nations Unies.  Il s’est félicité des efforts accomplis pour assurer l’harmonisation et la simplification des activités de développement des Nations Unies ainsi que pour améliorer le système des Coordonnateurs résidents du système de l’ONU.  Il a toutefois estimé que davantage d’attention devrait être portée aux questions se posent à la mobilisation des ressources en vue d’inverser le déséquilibre croissant entre les financements du budget de base et les financements volontaires pour améliorer la prévisibilité, la fiabilité et la stabilité des flux de financement des activités opérationnelles de développement.  Concernant le Programme des Nations Unies pour le développement, le représentant a mis l’accent sur la coopération entre son pays et ce programme qui, a-t-il dit, a prouvé son rôle en tant que conseiller fiable pour le Gouvernement de l’Ukraine

Préoccupée par le financement des activités opérationnelles des Nations Unies, Mme BENEDICT LUKWIYA (Ouganda) a jugé que la crédibilité et l’efficacité de l’aide au développement de l’ONU dépend des besoins des pays en développement et du rôle et de la capacité de l’Organisation à appuyer les politiques nationales fixés par les pays eux-mêmes.  Respectant le principe de l’appropriation nationale, les activités opérationnelles de développement des Nations Unies au niveau des pays doivent répondre aux agendas de développement fixés par ces pays, a-t-elle ajouté.  Elle a rappelé que le financement des activités opérationnelles des Nations Unies pour le développement reste une exigence cruciale.  À cet égard, Mme Lukwiya a noté que les contributions des pays en développement avaient augmenté de 75% entre 2005 et 2009.  Cependant le déséquilibre croissant entre les financements versés dans le budget de base et les autres est un sujet de préoccupation pour les pays en développement, a-t-elle ajouté. 

S’agissant de la coopération Sud-Sud, la représentante a salué les efforts déployés par l’ONU et des autres organisations multilatérales pour inciter à la mise en place de partenariats plus inclusifs tout en y augmentant la participation des pays en développement.  L’un des domaines où la coopération Sud-Sud est en expansion concerne les investissements étrangers, a-t-elle noté avec satisfaction, ajoutant que de nombreuses sociétés transnationales du Sud ont investi dans des PMA, ce qui un impact important et positif dans l’économie de ces pays.  L’Ouganda pense que la coopération Sud-Sud tient la promesse de transformer les défis rencontrés dans le Sud en opportunités pour la croissance et le développement durable, a dit Mme Lukwiya en conclusion.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) s’est félicité du développement de la coopération Sud-Sud et de son rôle dans la coopération internationale pour le développement, surtout au vu de l’environnement économique actuel.  La coopération Sud-Sud connaît un élan sans précédent, entre échanges accrus entre pays du Sud, nouveaux acteurs dans le privé et le secteur philanthropique, nouvelles initiatives entre pays en développement et nouveaux cadres de commerce et d’investissement, s’est-il félicité.  En 2030, la coopération Sud-Sud devrait ainsi représenter 57% du PIB mondial, a souligné le représentant du Maroc.  Il a aussi relevé l’importance de l’intégration régionale et sous-régionale, qui est un vecteur de développement et un catalyseur de synergies et de complémentarités, et a souhaité à ce titre que les Nations Unies jouent un rôle plus significatif en accompagnant ces processus d’intégration régionale.  Il a aussi noté que l’ONU devrait veiller à une meilleure répartition des effets de la coopération Sud-Sud, en remédiant à l’augmentation des disparités entre pays en développement.  Le représentant du Maroc a indiqué que son pays fait une priorité de la coopération Sud-Sud et triangulaire, ceci au travers d’initiatives avec des pays africains dans l’éducation, la santé, l’énergie, les infrastructures, l’enseignement supérieur ou encore la sécurité alimentaire.  Au-delà de cette coopération Sud-Sud, le Maroc tient à souligner que l’aide publique au développement en provenant des pays développés demeure cruciale et que « tous les efforts doivent être déployés pour en augmenter le volume », a dit le représentant.   

Mme ANNE NAMAKAU MUTELO (Namibie) s’est dite préoccupée par le fait que les contributions aux activités opérationnelles de développement n’aient pas enregistré de croissance réelle en 2009, par rapport à 2008.  Ces contributions ont représenté seulement 18% de l’aide totale au développement, hors allègement de la dette, a-t-elle déploré.  De même, les financements associés à l’aide humanitaire ont reculé de 7,8%, là où les catastrophes naturelles se sont quant à elles multipliées et amplifiées d’une façon alarmante.  La représentante de la Namibie s’est aussi dite préoccupée par le déséquilibre croissant entre les ressources budgétaires de base et les autres ressources, avec une répartition respective de 27% d’un coté contre 73% de l’autre pour le financement des activités opérationnelles en 2009, et sachant que les ressources sont soumises à plusieurs restrictions concernant leur affectation finale.  La représentante a, par conséquent, appelé le système des Nations Unies à observer de façon rigoureuse ses objectifs de cohérence, d’efficacité et d’efficience pour ses activités opérationnelles, et à examiner les implications d’un tel déséquilibre entre les sources de versement des ressources de financement des programmes.  Mme Mutelo a indiqué qu’elle attendait avec impatience les débats à venir lors de l’Examen quadriennal complet des activités opérationnelles pour le développement, prévu en 2012, et elle a demandé aux partenaires du développement de s’acquitter de leurs engagements en versant des financements plus sûrs et plus prévisibles. 

M. JOSEPH TORSELLA (États-Unis) a exprimé son soutien aux activités opérationnelles pour le développement des Nations Unies, rappelant que son pays était le plus gros contributeur et le partenaire principal des agences des Nations Unies.  Il a formulé quatre propositions destinées à améliorer la confiance dans les activités opérationnelles des Nations Unies, citant en premier lieu la transparence et la responsabilité, un point perçu comme prioritaire par les États-Unis.  Il a applaudi l’annonce récente faite par Mme Carman Lapointe, Secrétaire générale adjointe aux services de contrôle interne, de rendre publics des rapports d’audit interne de l’ONU.

Le représentant a aussi proposé de recentrer les débats de l’Assemblée générale sur les performances et les résultats des activités opérationnelles, soulignant que les agences de l’ONU ont souvent du mal à saisir et à communiquer sur leurs résultats.  Il a aussi plaidé pour une baisse des dépenses de l’ONU, car avec le contexte de crise économique, « les Nations Unies ne peuvent pas se permettre de poursuivre sur le même train habituel d’activités ».  Il a, cité à ce titre, le besoin de s’assurer « que chaque dollar envoyé aux Nations Unies est utilisé de la manière la plus efficace, effective et professionnelle », et a demandé une baisse des coûts de fonctionnement des agences des Nations Unies.  Il a dans ce contexte estimé que « le système des Nations Unies dans son ensemble devrait en finir avec la pratique dispendieuse et inutile des voyages en première et classe affaire ». 

M. Torsella a, en outre, estimé qu’il fallait dépasser le clivage traditionnel Nord-Sud et prendre en compte la participation de nouveaux États dans le développement, car à l’heure actuelle, un système de développement ONU reposant sur 10 donateurs est dépassé et n’est plus tenable.  Il a enfin suggéré de « maximiser la coopération entre agences des Nations Unies pour des résultats de terrain plus efficaces ».  À cet égard, le représentant a notamment demandé des évaluations systématiques des programmes « Unis dans l’action » afin d’en « valider » les actions.

M. JAKKRIT SRIVALI (Thaïlande) a relevé que la Thaïlande accorde une importance particulière à la coopération Sud-Sud et à la coopération triangulaire.  La Thaïlande, a-t-il indiqué, s’est engagée à promouvoir la coopération Sud-Sud dans les domaines techniques.  En 2010, a-t-il précisé, la Thaïlande à consacré 50 millions de dollars à l’assistance en direction des PMA.  Le représentant a poursuivi son intervention en saluant la coopération qui a lieu au sein de la région de l’Asie du Sud-Est, avec comme ambition d’améliorer la vie des 700 millions de personnes qui y vivent.  Il a également souhaité que le rôle des coordonnateurs résidents du système des Nations Unies soit renforcé, afin de mieux répondre aux besoins des pays dans lesquels ils interviennent.  Il a, en outre, suggéré la mise en place, par les Nations Unies, de centres d’excellence dans les  pays, dans le cadre de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.

Mme LUNA (Mexique) a jugé inéluctable la poursuite de la hausse de la coopération Sud-Sud, laquelle nécessitera des financements spécifiques.  Le Mexique a toujours prouvé son engagement envers les modalités de cette coopération, a dit la représentante, qui a ajouté que le système des Nations Unies doit poursuivre sa réforme.  Elle a exprimé le soutien de son pays aux programmes « Unis dans l’action ».  Le Mexique, a-t-elle aussi rappelé, a signé un accord avec le Programme des Nations Unies pour le développement, jetant les bases d’une coopération avec cette agence des Nations Unies.  La représentante du Mexique, par ailleurs, suggéré une augmentation du nombre de partenariats conclus avec le secteur privé dans le cadre des activités de développement et un renforcement de la coopération entre les secteurs public et privé.

M. OLADELE KOLE ADEBOLA (Nigéria) a noté que les activités de développement devraient être menées pour le bénéfice des pays récipiendaires, qu’elles devraient se faire à leur demande et conformément à leurs propres intérêts, politiques et priorités.  Les partenaires du développement devraient reconnaître la souveraineté des pays en développement et aligner leurs programmes d’aide sur les stratégies nationales de développement choisies par ces États, a-t-il insisté.  Concernant la coopération Sud-Sud, M. Adebola a estimé qu’elle était une spécificité historique et contextuelle propre aux pays en développement et qu’elle devrait faire l’objet d’une promotion distincte.  Le représentant a rappelé que le Nigéria jouait un rôle pivot en Afrique en matière de coopération Sud-Sud, citant notamment la création en 1976 d’un fonds d’aide régionale au développement doté initialement de 432 millions de dollars.  Il a aussi plaidé en faveur d’échanges d’expertises accrus et pour une meilleure transparence et plus de responsabilité dans la coopération Sud-Sud

Mme VU THI BICH DUNG (Viet Nam) a indiqué que le Gouvernement du Viet Nam a mis en place un partenariat avec les Nations Unies et les donateurs pour le soutien des programmes prioritaires nationaux de développement couvrant la période 2012-2020.  Ce plan, a-t-elle reconnu, a été arrêté de manière consensuelle, afin d’éviter des activités dispersées ou menées sans coordination.  La représentante a souhaité que les activités opérationnelles des Nations Unies adoptent l’approche « Une ONU » qui apparait plus cohérente dans la mise en place des activités opérationnelles.  Elle a également souhaité que les donateurs soutiennent davantage les activités de développement du système des Nations Unies et les programmes nationaux dans les pays en développement.

M. NOZOMU YAMASHITA (Japon) s’est félicité de l’élargissement de la base de contributions pour les financements destinés aux activités opérationnelles de développement des Nations Unies.  Le Japon continuera de participer à tous les processus d’examen et d’évaluation du système, a-t-il assuré.  Il a attiré l’attention sur l’importance de voir quels étaient les résultats de terrain obtenus à travers les activités opérationnelles et a recommandé de ne pas seulement s’en tenir à la lecture de chiffres et de statistiques.  Concernant la coopération Sud-Sud et triangulaire, il a dit que le Japon prend note de la croissance de ces échanges et a relevé la participation à une douzaine de programmes en Asie, en Afrique et en Amérique latine, citant à cet égard l’apport japonais à un projet de développement de l’agriculture au Mozambique.  Concernant l’efficacité des programmes de développement, il a souligné l’importance de prendre en compte les réalités de terrain.

Mme AMBER BARTH, Organisation internationale du travail (OIT), a indiqué que l’OIT a organisé une exposition sur le développement et la coopération Sud-Sud en 2010.  Dans le même contexte, a noté Mme Barth, l’OIT, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement, a mis en place un projet intitulé « Coopération Sud-Sud et triangulaire pour la mise en place de programmes nationaux de protection sociale tenant compte de l’approche genre ».  Ce projet vise à permettre aux pays du Sud qui ont des programmes de protection sociale efficaces, de soutenir des PMA qui souhaitent mettre en place des politiques de protection sociale.

M. SETHURAMIAH L.N.RAO, Partenaires dans le domaine de la population et du développement, a relevé que l’année 2011 va entrer dans l’histoire comme celle pendant laquelle le monde a atteint 7 milliards d’habitants.  Selon les prévisions récentes des Nations Unies, a dit le représentant, ce chiffre devrait atteindre 9,3 milliards en 2050.  Il a salué la mise en place, dans la plupart des pays en développement, de programmes et de politiques de population en rapport avec les réalités nationales.  Il a, en outre, souhaité que le potentiel que véhicule la coopération Sud-Sud soit utilisé pour la promotion du développement, notamment la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

S’exprimant au nom de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), M. GEORGE ASSAF a noté l’essor de la coopération Sud-Sud dans le contexte économique actuel, citant le dynamisme des échanges commerciaux en Asie en ce qui concerne le secteur des biens manufacturés, dont la croissance est supérieure à celle des échanges de biens manufacturés dans le monde en général et entre pays du Nord.  La coopération Sud-Sud joue un rôle majeur dans l’accélération des échanges industriels, du commerce et de la réduction de la pauvreté, a-t-il souligné.  Mais elle fait face aujourd’hui à de nouveaux défis, comme ceux posés par le transfert de technologie, a-t-il relevé.  M. Assaf a souligné que cette coopération ne doit et ne peut pas se substituer à la coopération Nord-Sud, mais plutôt la compléter.  L’ONUDI est très engagée dans la promotion de la coopération Sud-Sud, dans la perspective d’un développement industriel durable, a rappelé le représentant, qui a cité comme exemples les aides à la stratégie industrielle, l’évaluation des meilleurs pratiques d’entreprises, la promotion de l’investissement ou encore le renforcement des capacités que promeut l’ONUDI.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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