La Deuxième Commission achève son débat général en exhortant les donateurs à ne pas prendre prétexte de la crise pour rompre les engagements pris en faveur des PMA

5 octobre 2011
AG/EF/3307

La Deuxième Commission achève son débat général en exhortant les donateurs à ne pas prendre prétexte de la crise pour rompre les engagements pris en faveur des PMA

05/10/2011
Assemblée générale
AG/EF/3307
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission                                       

5e et 6e séances – matin & après-midi                       

LA DEUXIÈME COMMISSION ACHÈVE SON DÉBAT GÉNÉRAL EN EXHORTANT LES DONATEURS À NE PAS

PRENDRE PRÉTEXTE DE LA CRISE POUR ROMPRE LES ENGAGEMENTS PRIS EN FAVEUR DES PMA

La Commission économique et financière (Deuxième Commission) a achevé aujourd’hui son débat général.  Face à la crise économique et financière actuelle de nombreuses délégations ont exhorté les pays donateurs à respecter les promesses et engagements pris en ce qui concerne l’aide publique au développement, dont le montant avait été fixé à 0,7% du PIB des États industrialisés, dont 0,22% devait être versé aux pays les moins avancés.  Les participants au débat ont également réaffirmé le rôle central de la coopération Sud-Sud, qui doit être perçue comme un complément indispensable à la coopération Nord-Sud.

La plupart des intervenants de la journée ont tenu à rappeler que les pays les moins avancés (PMA) ne peuvent se développer sans le soutien promis par les pays développés.  Le représentant de l’Iran s’est dit inquiet du fait qu’à 4 ans de la date butoir de 2015, échéance fixée pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les bailleurs de fonds ne respectent pas toujours leurs promesses en matière d’aide.  Il a prévenu que la crise actuelle ne doit pas servir d’excuse aux pays donateurs pour ne pas respecter leurs engagements en matière d’aide et de financement du développement.  Abondant dans le même sens, le représentant de l’Algérie a noté que « les mesures de restrictions budgétaires prises dans les pays industrialisés les ont conduit à réduire leur aide publique au développement ».  Le représentant de l’Afrique du Sud a, quant à lui, demandé qu’en matière d’aide au développement, la communauté internationale aille au-delà des simples promesses et tienne les engagements qu’elle prend envers les nations les plus défavorisées.

Dans le cadre des solutions pouvant mener au développement, plusieurs délégations ont reconnu que la coopération entre les pays du Sud est une voie à prendre en compte.  Le représentant d’El Salvador a dit que son pays accordait une grande importance à la promotion de mécanismes de solidarité aux niveaux régional et sous-régional.  Pour sa part, la délégation du Kazakhstan a appelé les États à donner un contenu concret à la réforme du système commercial multilatéral et à promouvoir une meilleure coopération entre les pays, en particulier dans le cadre de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.

La Deuxième Commission reprend ses travaux lundi, le 10 octobre à 10 heures.  Elle examinera le point de son programme de travail relatif aux questions de politique macroéconomique.

Suite du débat général

M. DAVID GOVRIN (Israël) a relevé que depuis sa création il ya une cinquantaine d’années, l’agence israélienne pour la coopération au développement international, Mashav, a travaillé dans 130 pays en développement.  Le Mashav, a-t-il noté, a des activités orientées vers des thématiques majeures telles que le développement rural, l’autonomisation des femmes et l’éducation.  Rappelant que le tiers de la population mondiale vit sur des terres arides, y compris en Israël, il a souligné que son pays fait face à une grave dégradation des terres qui apparaît comme un phénomène mondial.  Il a souligné qu’Israël a une certaine expérience dans la lutte contre la désertification et compte jouer un rôle de chef de file dans ce combat au niveau international.  M. Govrin a indiqué que l’agence Mashav a réorienté ses actions vers l’Afrique, avec des programmes en Éthiopie et au Kenya pour lutter contre la famine.  Dans le cadre de la préparation de la Conférence Rio+20, Israël, a reconnu le représentant, a mis sur pied une équipe pluridisciplinaire et a mis en place un Groupe d’experts sur l’utilisation de l’agriculture verte pour stimuler la croissance économique et éliminer la pauvreté.  Ce Groupe se réunira du 25 au 27 octobre prochain afin de  sensibiliser la communauté internationale sur l’importance de l’agriculture verte.  Dans ce cadre, Israël va proposer une résolution sur la biotechnologie au service du développement, a annoncé le représentant.  Il a ajouté que l’agriculture verte peut offrir des solutions pour faire face aux changements climatiques.

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a souligné que la cadence accélérée de la mondialisation et des processus économiques appellent un changement de paradigme dans les programmes et activités des Nations Unies.  « Il faut trouver des solutions à la crise économique actuelle », a-t-elle plaidé, ajoutant que « le Conseil économique et social (ECOSOC) peut changer la donne et jouer un rôle de coordination cruciale en ce sens ».  La représentante a aussi souhaité une action immédiate en faveur de la création d’un mécanisme de gestion mondiale de l’économie, suggérant une réforme des accords de Bretton Woods, la mise en place de réserves de change significatives ou encore un contrôle plus strict des spéculations sur les marchés financiers.  Elle a aussi appelé à une réforme du système commercial multilatéral en vue d’une meilleure coopération entre les pays, en particulier dans le cadre de la coopération Sud-Sud. 

Évoquant les Objectifs du Millénaire pour le développement, Mme Aitimova a noté que certains objectifs ne seraient pas atteints à l’échéance de 2015.  « Des programmes de travail devront être adaptés à la réalité et aux ressources actuelles », a-t-elle préconisé.  Elle a aussi évoqué les efforts de son pays en faveur de la protection de l’environnement.  Dans le cadre de la Conférence Rio+20, le Kazakhstan est prêt à participer aux efforts multilatéraux pour promouvoir un développement durable, a dit la représentante.

M. LE HOAI TRUNG (Viet Nam) a indiqué que face aux défis majeurs que se posent à l’économie internationale et pour faire face à des situations d’urgence comme la famine qui affecte la corne de l’Afrique, il serait important que des mesures coordonnées soient mises en œuvre sur les plans national, régional et international.  Il a également suggéré la réforme de l’architecture financière et monétaire internationale afin de la rendre plus cohérente, plus représentative et à même de répondre aux défis qui l’interpellent.  Le représentant a aussi souhaité que les trois piliers du développement durable: économique, environnemental et social, soient pleinement intégrés dans les stratégies de développement, et il a, en outre, invité la communauté internationale à soutenir les efforts des pays en développement qui font face aux catastrophes naturelles dues aux changements climatiques.  Le représentant du Viet Nam a présenté un tableau positif des efforts déployés par son pays dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le Viet Nam, a-t-il précisé, a réduit la pauvreté de moitié depuis l’année 2002, l’éducation primaire universelle est visible dans le pays, et l’autonomisation des femmes gagne de plus en plus de terrain. 

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a relevé que l’économie mondiale allait sans doute connaitre une nouvelle récession qui va se traduire par une situation aggravée pour les pays en développement, ce qui mettrait en péril la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  « Les mesures de restrictions budgétaires des pays industrialisés ont conduit à réduire leur aide publique au développement, et tout porte à croire que cela va devenir une situation durable », a averti le représentant, concluant que le rôle de l’ONU doit être renforcé dans l’élaboration de la gouvernance économique mondiale.

Les engagements contractés par les partenaires développés doivent faire l’objet d’une mise en œuvre intégrale dans les délais impartis, a aussi souligné le représentant, rappelant que seuls quelques pays en développement disposent de ressources suffisantes pour assurer leur développement sans dépendre d’un financement extérieur.  M. Benmehidi a plaidé en ce sens pour la mise en place de sources alternatives de financement du développement.  Évoquant la Conférence Rio+20, le représentant de l’Algérie a dit que son pays s’engage à travailler en faveur de mesures adéquates pouvant favoriser la réalisation des objectifs de développement durable.  Concernant la désertification, la sécheresse et la dégradation des terres, le représentant a appelé à une participation accrue des secteurs scientifiques pour aboutir à l’objectif de 0% de taux de dégradation des terres.

M. JONG CHOI MUN (République populaire démocratique de Corée) a indiqué qu’en plus des crises économique et financière que connaît le monde, il y a aussi une crise de sécurité.  M. Jong a déclaré que la mise en place d’un environnement de paix est primordiale dans le cadre de la promotion du développement durable.  Il a précisé que la croissance économique, le développement social et la protection de l’environnement ne peuvent être dissociés de la recherche de la paix.  Le représentant a ensuite prôné le dialogue comme moyen de régler les conflits, au lieu, a-t-il relevé, d’utiliser des méthodes coercitives telles que des sanctions et l’usage de la force.  Il a également souhaité que la coopération entre nations soient empreinte de respect mutuel et de reconnaissance des différences de système économique et social qui existent entre différents États, car, a-t-il ajouté, il n’y a pas de méthode universelle pour atteindre le développement durable.  Le représentant a, en outre, invité les Nations Unies à jouer un rôle plus important pour la résolution des problèmes auxquels le monde fait face.

M. KYAW TIN (Myanmar) a souligné les problèmes économiques persistants qui se posent aux pays en développement depuis le début de la crise financière en 2008, et a appelé à une gestion multilatérale des problèmes économiques pour aider à résoudre ces difficultés.  Les pays en développement, a-t-il poursuivi, sont frappés de plein fouet par les changements climatiques, et il est urgent de mettre en œuvre des mesures de coopération technologique et d’aide financière en leur faveur.  En ce sens, le représentant a jugé urgent de s’engager sur une nouvelle voie pour le développement durable pour tous, voyant dans la Conférence Rio+20 une occasion historique.

M. Kyaw Tin a, en outre, appelé à la prise de mesures d’appui pour améliorer les conditions de vie des populations les plus pauvres qui vivent dans les pays les moins avancés.  Il a aussi souligné les mesures prises par son pays en termes de réduction de la pauvreté et de la promotion du développement rural, à travers des programmes qui ont trait aux Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le taux de pauvreté au Myanmar est ainsi passé de 32% à 26% ces dernières années, mais plus doit être fait afin de parvenir aux OMD, a dit M. Tin.  Il a aussi déploré que des sanctions unilatérales soient imposées au Myanmar.

M. LIZWI NKOMBELA (Afrique du Sud) a indiqué que la Conférence Rio+20, qui aura lieu en juin 2012 au Brésil, sera un moment important pour la poursuite des idéaux du développement durable et pour la prospérité du monde.  Il a noté que le succès de cette Conférence sera fonction de la volonté des délégations à atteindre un compromis.  Relevant que les États d’Afrique, autant que la plupart des pays les moins avancés, ont des attentes telles que la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha et la supervision du fonctionnement des instances financières internationales, il a souhaité que la communauté internationale fasse mieux que de faire des promesses et qu’elle s’engage véritablement dans le soutien aux pays en développement.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a souligné qu’un contexte international favorable était une condition nécessaire aux pays en développement pour leur permettre d’aller vers plus de prospérité.  « Les Nations Unies doivent garder leur centralité dans le système de coopération internationale et leur aptitude à mobiliser l’appui aux pays en développement », a-t-il dit.  Les pays en développement doivent à ce titre être pris en compte dans tout processus de décision, a plaidé le représentant.  Il a, en outre, souligné que la crise économique ne peut être utilisée comme une excuse pour justifier le non-respect des engagements souscrits par les pays développés en matière d’aide au développement.  Il a appelé à une plus forte mobilisation internationale sur les problèmes de sécurité alimentaire, rappelant notamment que les changements climatiques mettent en péril la survie même des pays les plus vulnérables, comme les petits États insulaires en développement.  La promotion de l’économie verte, vers laquelle tend la Conférence Rio+20, exige un transfert de technologie vers les pays en développement, a aussi noté le représentant.

M. HENRY TACHIE-MENSON (Ghana) a affirmé que l’impact de la crise économique et financière mondiale fait voir le besoin de réformer l’architecture économique et financière mondiale.  Il a estimé que les changements climatiques apparaissent comme le défi majeur à relever dans la promotion du développement durable.  Précisant que les changements climatiques ont conduit à la désertification et aux inondations, entre autres, il a indiqué que les défis posés par la désertification et la dégradation des sols sont plus cruciaux en Afrique.  Au Ghana, a dit le représentant, 60% de la superficie du pays sont composés de savanes désertiques, avec en plus, une faible pluviosité et la baisse de la fertilité des sols, responsables de la baisse de la production agricole.  M. Tachie-Menson a appelé à la mise en place d’un panel scientifique intergouvernemental sur les sols, afin de proposer des solutions aux gouvernements des pays qui font face à la désertification.  Il a ensuite souhaité que la Conférence Rio+20 accorde une place importante aux questions telles que la désertification, l’agriculture, la foresterie et la sécurité alimentaire qui apparaissent comme des points essentiels de l’économie verte.  Cela permettrait de sauver des milliards de vie, a-t-il déclaré.

M. JAKKRIT SRIVALI (Thaïlande) s’est inquiété des conséquences de la crise économique et financière qui sévit dans les pays développés sur le reste de la planète, ainsi que de l’impact de la flambée des prix des produits alimentaires.  Il a cité les mesures prises par son pays pour protéger son développement et avancer en direction des Objectifs du Millénaire pour le développement.  « Il faut veiller à ce que la mondialisation aille dans le sens d’un développement durable », a déclaré le représentant, appelant à ce titre à une plus grande coordination entre les Nations Unies et les autres institutions internationales comme le G-20.  M. Srivali a aussi plaidé en faveur d’une conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha dans les meilleurs délais.

La population mondiale comptera bientôt 7 milliards de personnes et l’offre alimentaire devrait augmenter de façon conséquente, a-t-il noté.  En tant que grand exportateur de denrées alimentaires, la Thaïlande appuie les démarches des Nations Unies pour augmenter la productivité agricole des pays en développement, a dit M. Srivali en rappelant que son pays estime que le développement durable doit être au cœur des préoccupations de la communauté internationale.

M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie) a souligné que la question du commerce international revêt une importance majeure pour les pays en développement.  Il a, de ce fait, regretté le blocage du Cycle de négociations commerciales de Doha.  Dans le cadre de la préparation de la Conférence Rio+20, le représentant a émis le vœu que cette rencontre internationale soit l’occasion de réexaminer les engagements pris en faveur du développement durable, de l’éradication de la pauvreté et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a, en outre, souhaité que la communauté internationale trouve des solutions adéquates aux problèmes des changements climatiques et de la désertification.  S’exprimant ensuite en tant que Président du Conseil économique et social des Nations Unies, M. Kapambwe s’est félicité de l’organisation, en ce mois d’octobre, en collaboration avec la Deuxième Commission, de deux évènements portant respectivement sur la crise mondiale actuelle et le poids de la dette, et sur l’investissement pour la création d’emplois.

M. WALTER SCHULDT (Équateur) a noté que les pays en développement n’avaient pas les ressources nécessaires pour faire face seuls aux défis que pose la crise économique et financière.  « Dans la perspective de garantir à ces pays un environnement viable, allant de la santé publique au développement durable, un effort international est nécessaire, d’autant plus que nous vivons dans un monde qui est de plus en plus un village planétaire », a relevé M. Schuldt.  Ce dernier a, par ailleurs, jugé que la réforme globale du système financier international, en dépit des efforts annoncés, était dans un état de léthargie: « rien n’a vraiment changé », a-t-il constaté.

Le représentant de l’Équateur a invité la Commission à adopter des résolutions fonctionnelles, précises et créatives, en vue d’une nouvelle architecture financière internationale et pour garantir l’aide au développement.  Des mécanismes novateurs de financement du développement viendraient s’ajouter à ceux existants, a-t-il souhaité.  Concernant la lutte contre le changement climatique, il a aussi dit espérer « des résultats encourageants » lors de la prochaine Conférence de Durban, notamment en termes d’engagements des pays à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone.  « Il faut passer de la parole aux actes sur le plan de la lutte contre le changement climatique », a-t-il dit, soulignant l’implication de l’Équateur au niveau régional en termes de dialogue et d’échanges d’expérience sur la question.

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a relevé que les défis internationaux majeurs ne peuvent être résolus que par le renforcement de la coopération internationale.  Il a rappelé qu’en 2001, l’Afghanistan était un pays isolé sur la scène internationale du fait des orientations terroristes du précédent régime des Taliban.  Il a noté que le défi de l’insécurité et les questions liées à des situations postconflit doivent faire l’objet de plus d’attention de la part de la communauté internationale.  Il a ensuite souhaité que son pays, qui a souscrit aux Objectifs du Millénaire pour le développement en 2002, puisse être accompagné dans les efforts qu’il déploie pour réaliser les OMD à l’horizon 2020.  Plus de 80% des Afghans sont tributaires de l’agriculture pour leur survie, a indiqué le représentant, en invitant la Deuxième Commission à accorder une place majeure aux questions agricoles, ainsi qu’aux enjeux que posent les changements climatiques qui ont des impacts négatifs sur l’agriculture.

M. JEAN-FRANCIS ZINSOU (Bénin) a relevé que « malgré les efforts déployés par les gouvernements et leurs partenaires au développement, aujourd’hui encore, plus de deux tiers des 800 millions de personnes habitants dans les pays les moins avancés vivent dans la pauvreté ».  Il a ajouté que la prévision de voir la croissance globale des revenus par habitant atteindre 2,7% en Afrique en 2011, ne peut malheureusement pas permettre d’y réduire la pauvreté.  Les pays en développement, notamment les PMA, ont plus que jamais besoin du transfert de technologie moderne, a rappelé le représentant.  Il a ajouté que le Plan d’action adopté à l’issue de la Conférence d’Istanbul sur les PMA suggère « d’accorder plus d’importance aux investissements productifs ainsi qu’aux politiques, suivant le modèle de la responsabilité partagée, mais différenciée ».  M. Zinsou a déclaré que les PMA apparaissent comme les « principaux perdants de l’actuel blocage du Cycle de négociations commerciales de Doha », et il a, en outre, appelé au renforcement de la coopération technologique pour aider les pays en développement à faire face aux effets des changements climatiques.  Le représentant a appelé de ces vœux l’avènement de l’économie verte, précisant néanmoins que tout doit être fait pour éviter d’instituer, à travers l’économie verte, de nouveaux obstacles à l’industrialisation des pays pauvres.

M. HECTOR ENRIQUE JAIME CALDERÓN (El Salvador) a noté que la mondialisation avait produit des effets de dominos à travers le monde que l’on observe dans la crise que traversent les pays développés et dans la fragilisation des économies des pays en développement.  Ces crises ont eu un impact sur la mobilisation des ressources qui auraient dû être affectés à des secteurs prioritaires comme l’éducation et la santé publique, a déploré le représentant.  En vue de la baisse attendue de l’aide au développement venant des pays développés, El Salvador accorde une grande importance à la promotion de mécanismes de solidarité aux niveaux régional et sous-régional, a dit M. Calderón.  Le représentant a aussi fait part de l’appui de son pays aux processus de réflexion visant à réformer l’architecture économique et financière au niveau international, et a parlé de voir s’établir « une union renforcée » entre les Nations Unies et les institutions existantes comme la Banque mondiale et le FMI.  Concernant les pays à revenu intermédiaire, El Salvador réitère son soutien aux initiatives visant à soutenir le développement de ces économies, a dit M. Calderón.

M. DANIELE D. BODINI (Saint-Marin) a parlé des risques de nouvelle récession prolongée à l’encontre des pays en développement, causés par la crise actuelle qui frappe les pays développés.  « Nous devons répartir de manière efficiente nos ressources collectives, qui sont peu abondantes, au moment où la population mondiale ne fait qu’augmenter », a-t-il poursuivi.  Le représentant a plaidé pour une réforme immédiate du système économique mondial et s’est inquiété que le montant consolidé de la dette mondiale risque de provoquer « une inflation mondiale explosive », qui pourrait provoquer « le chaos » et frapper durement les classes moyennes.  Les succès engrangés ces dernières années dans les grandes économies développées risquent de disparaître, a-t-il averti, avant de suggérer la mise en place de meilleures mesures de contrôle pour éviter la spéculation sur les monnaies et sur les cours des matières premières.  Si la situation actuelle perdure, nous risquons de connaître un bouleversement économique mondial, et il sera alors trop tard pour agir, a prévenu le représentant.

Mme ELENE AGLADZE (Géorgie) a relevé que la Conférence Rio+20 pourrait être le lieu de passage vers une économie plus verte.  Elle a affirmé que la Géorgie s’est déjà engagée vers l’économie verte avec 85% de l’énergie électrique du pays provenant de sources hydroélectriques.  Elle a ajouté qu’avec la construction d’un nouveau barrage électrique, la Géorgie devrait passer à une consommation électrique entièrement tirée de l’hydroélectricité, et pourrait de ce fait, accroître son statut de pays exportateur d’énergie électrique.  Dans le même contexte, a noté Mme Agladze, le Gouvernement de Géorgie promeut l’utilisation de voitures électriques, et a lancé un programme de renouvellement de son parc automobile dans cette optique.

M. PALITHA KOHONA (Sri Lanka) a souligné que de nombreux pays luttent pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement car ils ont été rendus vulnérables en raison de l’environnement économique international de plus en plus volatile.  L’accès des populations à la nourriture reste un défi majeur, a-t-il souligné, alors que les plus pauvres consacrent encore 60% à 80% de leur budget à l’alimentation.  Le secteur agricole devrait par conséquent être une priorité, dans la perspective d’aider les fermiers à augmenter leur production au moyen d’engrais, de financements et de transferts de savoir-faire.  Par ailleurs, les récentes catastrophes naturelles nous ont montré que les populations restent dans des situations très incertaines, a relevé le représentant, qui a pris note de la volonté des pays du G-20 de répondre aux questions relatives à la sécurité alimentaire.

M. Kohona a souligné les progrès enregistrés par son pays en termes de lutte contre la crise alimentaire.  Il a relevé le dilemme qui se pose aux pays en développement, pressés d’avancer sur la voie du développement durable alors qu’il est difficile d’éviter les émissions de CO2.  C’est un dilemme qui peut être résolu si les pays en développement reçoivent une aide adaptée à leurs besoins, notamment d’un point de vue technologique, a dit M. Kohona.  Pour le volet environnemental, le représentant a exprimé son soutien aux négociations multilatérales sur le climat et son engagement à mettre en œuvre les piliers du développement durable.

M. ESHAGH ALHABIB (République islamique d’Iran) a regretté que tous les pays du monde aient subi les effets de la crise économique actuelle, alors que ce sont les pays développés qui en sont responsables.  Dans ce contexte, il a lancé un appel à la mise en place d’un ordre économique mondial plus juste.  Il s’est dit inquiet du fait qu’à 4 ans de la date butoir de 2015, marquant l’échéance pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, les bailleurs de fonds ne respectent pas toujours leurs promesses en matière d’aide.  Il a soutenu que la crise actuelle ne doit pas être une excuse pour les pays donateurs pour ne pas respecter leurs promesses de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement.  Il a ensuite invité la communauté internationale à accorder une importance accrue au phénomène des tempêtes de sable et de poussière qui prévaut dans certains pays comme l’Iran, des tempêtes qui représentent l’une des manifestations des changements climatiques.

Relevant la période actuelle faite d’incertitudes, M. GEORGE WILFRED TALBOT (Guyana) a noté que les défis à relever se compliquent dans les pays développés, ce alors que l’on attend de ces pays des contributions à la promotion du développement.  Les négociations commerciales du Cycle de Doha sont dans l’impasse, a-t-il poursuivi, et les petites économies sont durement touchées par la hausse des produits des denrées alimentaires, ce qui fait craindre à certains que les Objectifs du Millénaire pour le développement ne soient menacés.  La communauté internationale doit intervenir pour sauver des vies, a fait valoir le représentant, qui a évoqué la situation de crise humanitaire qui frappe la corne de l’Afrique.  En dépit de nombreux appels à l’action, la réponse mondiale est bien en deçà des besoins, a estimé le représentant.  Sur le plan environnemental, les promesses de Copenhague sur la baisse des émissions de CO2 risquent, si elles ne sont pas respectées, de faire courir à la catastrophe des petits États insulaires vulnérables, a-t-il prévenu.

Mme EBUN JUSU (Sierra Leone) a exhorté la communauté internationale à ne pas se détourner de ses précédents engagements en faveur du développement.  Elle a également rappelé que la coopération Sud-Sud ne peut remplacer la coopération Nord-Sud, mais qu’elle doit plutôt en être un complément.  Elle a souligné que la Sierra Leone reste engagée dans des efforts de promotion du développement durable et d’éradication de la pauvreté, comme cela se traduit dans le Programme pour le changement, adopté par le Gouvernement de Sierra Leone, en partenariat avec le Bureau intégré et l’équipe de pays des Nations Unies en Sierra Leone.  Elle a ensuite indiqué que les changements climatiques sapent les efforts de développement des pays africains, et elle a ajouté que la désertification pourrait, d’ici à 2025, conduire le continent à ne pouvoir nourrir que le quart de sa population.

M. PAUL EMPOLE LOSOKO EFAMBE (République démocratique du Congo) a mis en exergue la pression exercée sur les ressources naturelles pour pouvoir répondre aux besoins socioéconomiques, pression qui se fait au détriment de l’environnement.  Il a souhaité que la Conférence Rio+20 soit l’occasion pour la communauté internationale d’évaluer une action commune, ce dans le but de réorienter l’économie mondiale vers une économie plus verte créant des emplois verts, d’éradiquer la pauvreté, mais aussi de mettre en place des mécanismes pour la gestion du problème de la dette. 

Le représentant a rappelé l’engagement de son pays à préserver les forêts et a averti que son pays ne serait pas en mesure de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement dans les temps sans une aide internationale effective, qui prévoit notamment un transfert de technologie.  La République démocratique du Congo tient cette année des élections générales, qui constituent la preuve d’une bonne gouvernance et d’un retour à la paix, a-t-il souligné.  À cette occasion, le représentant a demandé un réajustement du rôle et de la vision de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), « qui devra se conformer à la réalité actuelle sur le terrain ».  En effet, la MONUSCO devra quitter progressivement le strict cadre des opérations de maintien de la paix pour accompagner le pays dans ses efforts de développement et de relance économique, a-t-il souligné.

Mme SOFIA BORGES (Timor-Leste) a regretté que son pays ne soit pas près de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement à l’échéance de 2015.  Malgré les efforts du Gouvernement, a-t-elle noté, le manque de moyens financiers a bloqué les actions menées pour atteindre cet objectif.  Elle a tout de même reconnu que de nombreux progrès ont été réalisés dans le cadre de la réalisation des OMD.  Mme Borges a rappelé qu’au Timor-Leste, 85% de la population vivent de l’agriculture.  Dans ce contexte, a-t-elle affirmé, l’éradication de la pauvreté passe par des actions au niveau de la qualité des sols qui se dégradent, surtout que la superficie du pays ne compte que 19% de terres arables.  Elle a également invité la communauté internationale à investir dans la formation et l’autonomisation des femmes et des jeunes filles, surtout, a-t-elle précisé, dans un contexte de restrictions budgétaires.  Cela pourrait permettre, a dit la représentante, de lutter efficacement contre la pauvreté, dans une région où les femmes représentent 70% des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour.

M. NIKOLAY SAHAKOV (Arménie) a demandé que la vulnérabilité de certains pays en développement puisse être mieux reconnue.  Malgré les difficultés, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement reste une priorité pour l’Arménie.  Cela va nécessiter de nombreux efforts, a dit le représentant.  Mais il s’est dit confiant dans la possibilité de réaliser ces objectifs.  Des ressources croissantes sont allouées aux OMD, a-t-il précisé, notamment en matière de développement social.  M. Sahakov a, en outre, évoqué le besoin de réformer le système financier international, et dans ce cadre, d’instaurer des relations plus étroites entre les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods. 

M. MIGUEL CAMILO RUIZ (Colombie) a relevé que son pays est divers et pluraliste disposant de nombreuses ressources naturelles.  Démontrant les atouts que son pays a en termes d’investissements, le représentant a réitéré la pertinence de la coopération Sud-Sud qui, de son avis, devrait être galvanisée.  La Colombie, a-t-il souligné, participe au processus de préparation de la Conférence Rio+20.  Il a souhaité qu’à Rio l’an prochain, des indicateurs de résultats et de réalisation des objectifs assignés soient identifiés afin de savoir clairement dans quelle voie l’humanité devra se lancer.

Mme KANIKA PHOMMACHANH(R épublique démocratique populaire lao) a évoqué les défis actuels qui pèsent sur les pays en développement et notamment sur les pays les moins avancés.  Elle a plaidé pour une coopération renforcée au sein du système des Nations Unies, y compris au niveau des fonds et programmes de l’ONU, et a souhaité une réforme du système financier mondial.  La représentante a exprimé le souhait de son pays de voir la Conférence Rio+20 apporter des réponses à la question de la mise en œuvre du développement durable.  Elle a souligné l’objectif de son pays de sortir de la catégorie des PMA d’ici à 2020.

M. ELYES LAKHAL (Tunisie) a invité la communauté internationale à soutenir le «Plan Jasmin pour le développement économique et social », qui consiste en une stratégie nationale de développement économique et social pour la période 2012-2016.  Il a regretté que 700 000 Tunisiens soient en manque d’emplois, et a souhaité que la Deuxième Commission accorde une importance majeure au problème du chômage des jeunes, qui est un problème mondial.  Il a souligné ensuite que la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse représentent de graves préoccupations pour la Tunisie.  Il a, en outre, souligné que la crise alimentaire qui sévit dans la corne de l’Afrique est également une crise morale, car, a-t-il déclaré, elle représente « un paradoxe et une disjonction entre les sociétés riches, où l’abondance des produits alimentaires à été jusqu’à donner naissance à des pathologies, et les pays pauvres où sévit une faim endémique ».  Étant à l’origine du printemps arabe, a dit le représentant, la Tunisie « exhorte la communauté internationale à prendre les mesures nécessaires afin de lever le blocus économique imposé aux peuples arabes vivant sous occupation étrangère et d’exhorter la force d’occupation à cesser son exploitation illégale des ressources naturelles de ces peuples ».

M. MAMADI TOURÉ (Guinée) a souligné que le nouveau Gouvernement, constitué à la suite de l’élection de M. Alpha Condé à la tête du pays, a hérité d’une situation socioéconomique « catastrophique », entre « mauvaise gouvernance » et « économie complètement désarticulée ».  Il a fait état d’un bilan très sombre en ce qui concerne les finances publiques, avec notamment une banque centrale en quasi faillite, une inflation galopante, un secteur minier sinistré et un essor de la pauvreté.  L’actuel Président et son gouvernement ont entrepris de mettre en place un ensemble de mesures pour réduire la pauvreté et réformer l’agriculture, considérée comme un secteur prioritaire dans la perspective d’une autosuffisance alimentaire.  D’autres réformes sont en œuvre dans le secteur minier, le système judiciaire et financier et l’administration, a dit M. Touré.  Des négociations sont en cours avec les institutions financières en vue d’annuler la dette de la Guinée, a ajouté le représentant, qui a conclu que le Programme national de lutte contre la pauvreté et le sous-développement ne saurait être pleinement réalisé sans l’appui effectif de la communauté internationale.  Dans ce contexte, le pays a lancé un appel à la communauté des bailleurs de fonds pour une aide économique et financière.

M. RABII ALHANTOULI, Observateur permanent de la Palestine auprès des Nations Unies, a indiqué que la Palestine partage la plupart des problèmes que connaissent les PMA, et souffre, en plus, de l’occupation étrangère qu’elle subit depuis des décennies.  Il a rappelé que des rapports produits par les Nations Unies, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, présentés le mois dernier, font voir que le principal obstacle au développement de la Palestine est l’occupation militaire du pays par Israël depuis 44 ans.  Il a exhorté la communauté internationale à soutenir le vœu des Palestiniens de faire partie de la communauté des nations.

S’exprimant au nom de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Mme SHARON BRENNEN-HAYLOCK a rappelé que l’absence de sécurité alimentaire restait un frein persistant au développement et affectait environ un milliard de personnes dans le monde, un chiffre en baisse, mais encore beaucoup trop élevé.  La situation est alarmante, particulièrement dans les pays en développement qui font par ailleurs face à de nombreux défis, a dit la représentante de la FAO.  L’augmentation prévue de la population mondiale à 9 milliards d’habitants concerne principalement ces pays, qui détiennent les plus forts niveaux d’insécurité alimentaire. 

Dans ce contexte, une action urgente est nécessaire pour pouvoir répondre aux causes structurelles de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition, a dit la représentante, qui a cité la baisse des aides au secteur agricole, le problème de l’accès aux terres, ou encore une trop faible attention portée à la vulnérabilité des femmes.  Elle a souligné, par ailleurs, le besoin urgent d’augmenter les rendements et la productivité, et a attiré l’attention de la Commission sur le problème de la volatilité des prix des produits alimentaires.

Mme JANE STEWART, Organisation internationale du Travail (OIT), a indiqué que le monde compte 200 millions de demandeurs d’emplois en ce moment, parmi lesquels 81 millions sont des jeunes.  Elle a ajouté que 39% des travailleurs du monde, soit 1,2 milliard de personnes, vivent avec moins de 2 dollars par jour.  Elle a souligné que ces chiffres permettent d’illustrer la dimension humaine de la crise internationale, et le besoin de renforcer les politiques de développement et les stratégies sociales pour faire face à la nature multidimensionnelle de la crise de l’emploi.  Elle a aussi relevé que grâce aux emplois verts, et notamment au Programme mondial créé par l’Organisation internationale du travail, le monde de l’emploi est sur la voie du développement d’emplois durables et stables.

S’exprimant sur la question du changement climatique, M. ZAMBA BATJARGAL, Organisation météorologique mondiale (OMM), a souligné que la problématique des ressources en eau ne pouvait plus être exclue des réflexions sur le développement économique et la vie sociale.  Il a noté le rôle que joue l’OMM, alors que tous les pays ne sont pas toujours en mesure de produire des prévisions météorologiques de qualité.  À ce titre, le représentant a rappelé que l’OMM avait récemment lancé, en coopération avec d’autres agences de l’ONU, une initiative au niveau mondial pour des services de météorologie qui soient plus faciles d’accès.

Mme PYTRIK DIEUWKE OOSTERHOF, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a indiqué que si des mesures adéquates ne sont pas prises, le nombre de régions souffrant de la sécheresse, comme la corne de l’Afrique, va se multiplier dans les décennies à venir.  Elle a déclaré que si le monde veut véritablement réduire la faim à l’horizon 2015, l’agenda d’adaptation aux changements climatiques devrait inclure des mesures sur la sécurité alimentaire.  Elle a poursuivi en notant que moins de personnes feraient face aux crises si l’aide était plus efficiente et plus coordonnée, avec, a-t-elle souligné, un accent sur des solutions durables.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.