L’Assemblée adopte des textes sur la santé et la politique étrangère, le mémorial permanent sur les victimes de l’esclavage et la culture de la paix

12 décembre 2011
AG/11193

L’Assemblée adopte des textes sur la santé et la politique étrangère, le mémorial permanent sur les victimes de l’esclavage et la culture de la paix

12/12/2011
Assemblée générale
AG/11193
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-sixième session

83e séance plénière - matin

L’ASSEMBLÉE ADOPTE DES TEXTES SUR LA SANTÉ ET LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE, LE MÉMORIAL PERMANENT SUR LES VICTIMES

DE L’ESCLAVAGE ET LA CULTURE DE LA PAIX

Après avoir reporté au 22 décembre la fin de ses travaux, l’Assemblée générale a adopté aujourd’hui sans vote trois résolutions sur la santé et la politique étrangère, le mémorial permanent en souvenir des victimes de l’esclavage et la culture de la paix.  Elle a aussi élu des membres du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix (CCP), du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et du Comité des conférences.

La résolution sur la santé et la politique étrangère* inviteles États Membres à adopter une approche multisectorielle et insiste sur l’urgence qu’il y a à traiter les déterminants sociaux dans un ultime effort pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), à protéger le développement économique et social et à prendre conscience de l’importance d’instaurer des systèmes de santé nationaux qui offrent une couverture universelle. 

La résolution comprend des paragraphes spécifiques sur la santé et l’environnement dans lesquels l’Assemblée souligne qu’il est indispensable d’encourager la recherche sur les facteurs de risques environnementaux et d’identifier les nouveaux risques.  S’agissant de la santé et des catastrophes naturelles, elle soulignequ’il est important de renforcer l’état de préparation des systèmes de santé aux situations d’urgence.  Le représentant de l’Iran a expliqué sa position.

Les quatre autres délégations qui ont pris la parole à savoir l’Australie, le Liban, Israël et le Japon ont souligné que les deux Déclarations politiques, l’une sur le VIH/sida et l’autre sur les maladies non transmissibles, adoptées cette année, illustrent les liens reconnus entre santé et prospérité.  

Dans une autre résolution sur le mémorial permanent en souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves**l’Assemblée rappellequ’il a été créé un Fonds d’affectation spéciale pour le mémorial permanent et souligne la nécessité d’y verser régulièrement des contributions volontaires.  Elle sefélicitedu lancement récent du concours international pour la conception du mémorial et encourage toutes les régions du monde à y présenter des projets.

Ce mémorial sera une source d’inspiration et un symbole de l’insoumission de l’esprit humain, ainsi que de sa capacité à triompher des pires formes d’oppression, a assuré le représentant du Guyana qui a présenté la résolution.  Le fait qu’il soit placé au Siège de l’ONU, à New York, rappellera que tous les peuples ont un droit inaliénable à la liberté, a déclaré celui des États-Unis.

Le représentant américain participait ainsi à un débat au cours duquel se sont aussi exprimés la République-Unie de Tanzanie, au nom du Groupe des États d’Afrique, la Jamaïque, Cuba, l’Australie, le Brésil, Israël, le Luxembourg et l’Inde qui a versé 260 000 dollars au Fonds d’affectation spéciale.  Ce dernier a reçu jusqu’ici près d’un million de dollars alors qu’il en faut 4,5 millions.

L’éducation et le devoir de mémoire sont également au cœur de la résolution sur la culture de la paix*** adoptée par l’Assemblée, qui exhorte les autorités compétentes à dispenser aux enfants, dans les écoles, une éducation qui fasse une place à la compréhension de l’autre, à la tolérance, à la citoyenneté agissante, aux droits de l’homme et à la promotion d’une culture de paix.  Elle encourage aussi les médias, en particulier les médias grand public, à promouvoir une culture de paix et de non-violence. 

Si notre ordre mondial se base sur une culture de paix, nous pourrons réaliser tous nos objectifs de développement, y compris les Objectifs du Millénaire pour le développement, a assuré le représentant du Bangladesh qui a présenté la résolution.  Abondant dans ce sens, son homologue de la Fédération de Russie a expliqué sa position. 

L’Assemblée générale a en outre élu la Croatie et El Salvador au Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix pour un mandat de 2 ans, à compter du 1er  janvier 2012. 

Par ailleurs, l’Assemblée a complété la composition du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en y désignant Fidji pour un mandat de 4 ans, à compter du 1er  janvier 2012.  

Sur recommandation du Président du Groupe des États d’Asie-Pacifique, les Philippines ont été nommées au Comité des conférences, pour une période de 3 ans, à compter du 1er  janvier 2012.  Un siège pour ce Groupe, ainsi qu’un siège pour le Groupe de l’Amérique latine et des Caraïbes, restent vacants.

Demain, à partir de 10 heures, l’Assemblée générale reprendra son vote sur le cinquième et dernier siège vacant à la Cour internationale de Justice (CIJ).  Un vote concordant et simultané de l’Assemblée et du Conseil de sécurité est requis.  Or, lors des deux journées de vote organisées les 10 et 22 novembre dernier, l’Assemblée a systématiquement élu Mme Julia Sebutinde, de l’Ouganda, alors que le Conseil a accordé la majorité de ses voix à M. Abdul G. Koroma, de la Sierra Leone.

*     A/66/L.24

**   A/66/L.25

*** A/66/L.23

SUIVI DE LA COMMÉMORATION DU BICENTENAIRE DE L’ABOLITION DE LA TRAITE TRANSATLANTIQUE DES ESCLAVE

Rapport du Secrétaire général sur le Mémorial permanent en souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves: état du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour les partenariats - Mémorial permanent (A/66/162)

Dans ce rapport, le Secrétaire général indique qu’au 30 juin 2011, un montant total de 990 654 dollars avait été enregistré au titre des fonds versés au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour les partenariats – Mémorial permanent (dont 944 645 dollars au titre des contributions volontaires des États Membres, 28 057 dollars au titre des dons privés et 17 952 dollars au titre des intérêts créditeurs).

Le rapport contient en annexe le détail des contributions versées par les États Membres.

Rapport du Secrétaire général sur le Programme d’action éducative sur la traite transatlantique des esclaves et l’esclavage (A/66/382)

Dans ce rapport, le Secrétaire général indique que le Département de l’information a travaillé en étroite collaboration avec les États Membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et le Groupe des États d’Afrique pour organiser la célébration, le 25 mars 2011, de la quatrième Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

Cette année, le thème de la Journée, « The Living Legacy of 30 Million Untold Stories » (l’héritage vivant de 30 millions d’histoires non contées), a évoqué la mémoire de quelque 30 millions d’Africains déracinés par le système esclavagiste, dont les histoires personnelles en tant qu’esclaves n’ont pas été racontées dans leur totalité.

Le Secrétaire général estime qu’il importe de dépeindre de façon plus constructive, dans l’histoire et la littérature, l’apport en matière de savoir-faire de ces esclaves africains aux patries qu’ils ont été contraints d’adopter, et leur contribution décisive au développement économique des pays du continent américain et de l’économie mondiale, au XVIIIe  siècle.

Au titre de sa stratégie de communication et de sensibilisation, le Département de l’information s’est appuyé sur son réseau de centres d’information pour diffuser le message de la commémoration à l’échelle internationale et a aidé à mener des activités en partenariat avec des organisations de la société civile résolues à mieux faire prendre conscience des dangers du racisme et de la discrimination raciale, ainsi que de la perpétuation de l’héritage issu de l’esclavage et de la traite des esclaves.

Déclarations

M. OMBENI SEFUE (République-Unie de Tanzanie), qui s’est exprimé au nom du Groupe des États d’Afrique, a mis l’accent sur la décision prise par l’Assemblée générale en 2006 de célébrer chaque 25 mars « la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ».  Il a rappelé les souffrances endurées par les 30 millions d’esclaves et a estimé que davantage d’efforts doivent être déployés pour promouvoir les programmes de recherche, d’éducation et de sensibilisation sur ce sujet.  Ainsi, l’édification d’un Mémorial permanent en souvenir des victimes de l’esclavage est une composante importante de cet effort, a ajouté M. Sefue, qui a salué les contributions de plusieurs pays au Fonds d’affectation.  Le Groupe des États d’Afrique demeure attaché à ce projet, a-t-il souligné.

M. RAYMOND WOLFE (Jamaïque) a estimé que l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves, « un des crimes contre l’humanité les plus graves », n’avait pas encore atteint « le seuil de l’aveu et de la rédemption ».  Il a expliqué que l’histoire et les leçons tirées de l’esclavage étaient inclues dans le programme scolaire de la Jamaïque, de même que des activités de commémoration.  Il s’est félicité des récentes contributions au Fonds d’affectation spéciale, précisant qu’elles se chiffraient à un peu plus d’un million de dollars.

Intervenant ensuite en sa capacité de Président du Comité du Mémorial permanent, M. Wolfe a indiqué qu’un site Internet avait été créé au début de l’année ainsi qu’une page sur Facebook intitulée « UN slavery memorial ».  Il a aussi indiqué que la chanteuse Melba Moore avait été nommée Ambassadrice de bonne volonté et qu’après la signature d’un mémorandum d’accord, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) avait pu lancer, le 30 septembre, la première étape du concours pour la création du Mémorial.

M. OSCAR LEÓN GONZÁLEZ (Cuba) a rappelé que les Cubains étaient fiers de leurs racines africaines, héritées de la traite d’1,3 million d’Africains, majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne.  Notre richesse culturelle est l’expression de l’héritage des peuples africains, de leurs connaissances, de leurs traditions, de leurs langues, de leurs croyances religieuses, de leur musique et de leur esprit de rébellion, a-t-il dit. 

Tant que l’ordre politique et économique actuel injuste persistera, l’Afrique continuera d’être marginalisée, a-t-il dénoncé, estimant que les puissances coloniales ne pouvaient pas se défausser de leur passé et de leurs responsabilités.  Il a rappelé le poids de la dette sur l’Afrique, jugeant que cette dernière continuait de financer l’opulence des pays riches.  Par conséquent, l’organisation d’activités annuelles aux Nations Unies pour commémorer la traite transatlantique, ainsi que la construction d’un Mémorial est « le moins que l’ONU puisse faire », a conclu M. Leon.

M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a estimé qu’un Mémorial permanent serait un hommage durable pour tous ceux qui sont morts et ont été les victimes de la traite négrière.  Ce Mémorial est également un symbole des obligations qui incombent à chacun de se rappeler cette partie obscure de notre histoire, a-t-il ajouté.  Le racisme et le trafic des êtres humains constituent toujours une menace et quelque 26 millions de personnes sont toujours esclaves.  À cet égard, M. Quinlan a jugé indispensable d’éduquer les générations actuelles et futures au sujet de la traite transatlantique des esclaves et l’esclavage.  L’Australie attache une importance particulière à cette question dans ses programmes scolaires. 

Mettant l’accent sur l’histoire de son pays, le représentant a déploré la maltraitance infligée pendant très longtemps aux premiers autochtones australiens.  À cet égard, il a rappelé que le Premier Ministre a, au début de l’année 2008, présenté des excuses nationales historiques, a indiqué M. Quinlan, qui a annoncé que son pays portait à 150 000 dollars sa contribution au Fonds d’affectation spéciale.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a indiqué que lors d’une visite en Afrique, la Présidente du Brésil a mis l’accent sur les contributions inestimables des descendants africains au développement économique, social et politique de la société brésilienne.  Nous sommes fiers de cet héritage, a précisé la représentante, ajoutant que depuis 2003, le Brésil a ouvert 19 nouvelles ambassades en Afrique et est aujourd’hui le quatrième partenaire commercial du continent.

La représentante a mis l’accent sur le Sommet qui s’est tenu en 2010 entre le Brésil et la CARICOM au cours duquel il a été décidé d’encourager les études sur l’esclavage et son impact sur la formation de nos cultures.  Le Brésil, a-t-elle poursuivi, a aboli l’esclavage il y a 123 ans, même si ses conséquences se font toujours sentir aujourd’hui.  Avec l’appui de l’ONU, le pays a organisé une réunion de haut niveau pour commémorer l’Année internationale pour la commémoration des victimes de l’esclavage, a souligné la représentante.  L’un des principaux résultats de cette réunion a été la décision prise de créer un Observatoire statistique des données sur les personnes de descendance africaine en Amérique latine et aux Caraïbes et d’établir un fonds volontaire.

M. KENDRICK BRETT MEEK (États-Unis) a souligné les efforts continus de son pays visant à faire connaître l’histoire de ceux qui ont souffert et qui ont vu leur dignité piétinée, et à mettre un terme à toutes les formes actuelles d’esclavage.  Les États-Unis s’engagent à appuyer les efforts d’éducation aux horreurs de l’esclavage.  Il s’agit de « notre devoir », alors que nous tentons d’éradiquer le racisme et la discrimination, a-t-il dit.  Des programmes de sensibilisation, insistant sur la contribution précieuse des peuples d’ascendance africaine, « un héritage qui a enrichi notre nation », ont été développés dans les écoles et le monde universitaire.

Le représentant a estimé que le Mémorial permanent serait un rappel de la nécessité de lutter contre toute forme de préjugés et d’inégalités, et un hommage au courage et à la détermination de tous ceux qui se sont battus pour la liberté et la justice.  Le fait qu’il soit placé au Siège de l’ONU, à New York, rappellera que chacun a un droit inaliénable à la liberté, a-t-il insisté.

M. HAIM WAXMAN (Israël) a estimé qu’en ce jour, les États affirmaient l’importance essentielle de la mémoire.  Il a rappelé qu’Israël avait récemment versé 20000 dollars pour appuyer la construction du Mémorial permanent.  M. Waxman a également estimé que ce n’était que par le biais de l’éducation, de la commémoration et d’une « vigilance constante » que l’on pouvait faire en sorte que les tragédies du passé deviennent des leçons pour l’avenir.  À ses yeux, il est du devoir de l’ONU de faire sienne cette cause, en lançant une action décisive fondée sur une ferme conviction.

M. OLIVIER MAES (Luxembourg) a vu dans la traite transatlantique des esclaves, l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire humaine.  Des millions de personnes ont subi un sort qui dépasse de loin notre imagination, et ce sombre chapitre de notre histoire ne doit pas être passé sous silence, a-t-il affirmé.  Le représentant a estimé que cette tragédie devait être « dûment commémorée » et a fait savoir que le Luxembourg contribuait régulièrement « depuis plusieurs années » au Fonds d’affectation spéciale.  Il a encouragé tous les États à démontrer « de façon tangible » leur appui au Mémorial permanent.

M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a souligné qu’avec une contribution de 260 000 dollars, l’Inde était le plus important contributeur au Fonds d’affectation spéciale.  Il a cependant observé qu’à ce jour, le Fonds n’avait reçu qu’un million de dollars, alors que la construction du Mémorial en requerrait 4,5 millions.  La communauté internationale ne peut laisser l’idée de ce Mémorial sur la table à dessin, a-t-il lancé, en exhortant les États, « surtout ceux qui ont profité de la traite transatlantique des esclaves », à faire une contribution généreuse à cette « noble cause ». 

SANTÉ MONDIALE ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE

Note du Secrétaire général transmettant le Rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) (A/66/497)

Dans ce rapport, l’OMS décrit les activités menées par la communauté internationale pour renforcer la coordination et la cohérence, les deux domaines de la santé mondiale et de la politique étrangère.

Elle présente des exemples de collaboration des gouvernements et du système multilatéral avec un certain nombre de secteurs de la santé et souligne la nécessité persistante pour les milieux chargés de la politique étrangère de traiter les questions de santé mondiale.

L’OMS note qu’au cours des deux dernières années, du fait de l’interdépendance accrue du monde ainsi que de la nécessité d’apporter des solutions globales aux problèmes de santé et de développement, davantage d’attention a été portée aux interventions impliquant l’ensemble des acteurs publics.  En outre, les risques et les responsabilités partagés en matière de santé publique ont été reconnus.

Enfin, le rapport souligne qu’en 2011, la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles et celle sur le VIH/sida ont placé en tête des priorités internationales la nécessité de prendre des mesures multisectorielles pour s’attaquer aux facteurs de risque de maladies et aborder les questions d’interventions sanitaires préventives et curatives, ainsi que la question du système sanitaire sous-jacent.  Comme c’est aussi le cas des Objectifs du Millénaire pour le développement, ces actions nécessitent des interventions politiques et techniques dans d’autres secteurs pour endiguer et traiter efficacement les maladies importantes et les situations affectant la santé humaine.

Le rapport fait des recommandations spécifiques concernant les déterminants sociaux de la santé et estime qu’il est urgent d’agir sur ces déterminants pour donner le dernier coup de collier nécessaire pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, de protéger le développement économique et social et d’ériger des dispositifs de protection sociale, comprenant notamment un système complet de santé assurant la prestation de services de santé universels. 

Pour faire avancer les activités concernant les déterminants sociaux de la santé, il faut une gouvernance sans exclusive favorable à la responsabilisation ainsi qu’un suivi et une évaluation des résultats.  Favoriser une gouvernance forte au service de la santé mondiale nécessite un système des Nations Unies fort, et notamment une Organisation mondiale de la Santé forte.  L’augmentation du nombre d’activités faisant intervenir l’OMS et d’autres organismes des Nations Unies correspond à une démarche nouvelle visant à obtenir des résultats efficaces, mieux coordonnés et plus cohérents et multidimensionnels ainsi que des solutions à des questions spécifiques.  Soutenir davantage l’OMS et faire davantage appel à elle pour améliorer la coordination et la cohérence de l’action peuvent limiter l’éparpillement.

Comme la communauté mondiale continue d’être confrontée à des crises d’ordre budgétaire, énergétique, alimentaire, environnemental et humanitaire, il faut, pour répartir les ressources limitées, que les décideurs comprennent mieux les tendances épidémiologiques des maladies, y compris celles liées aux facteurs de risque économiques, sociaux, environnementaux ou autres, les incidences sur les résultats en matière de santé, les avantages découlant pour les autres secteurs du traitement des questions de santé et les mesures essentielles autres que sanitaires qui sont nécessaires pour faire bouger les choses.  Chaque fois que cela est possible, des analyses conjointes des interactions en matière de politique étrangère doivent être effectuées.  

Déclarations

M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a affirmé que la communauté internationale devait financer la réponse nécessaire pour assurer la mise en œuvre de la Déclaration politique sur le VIH/sida.  L’épidémie était loin d’être terminée, a-t-il prévenu, en précisant que 34 millions de personnes dans le monde étaient infectées par le virus.  À la fin de cette séance matinale de l’Assemblée,  1 000 personnes auront été infectées alors que plus de la moitié des personnes infectées n’ont pas accès à un traitement antirétroviral.  Le représentant a rappelé que la Déclaration visait à réduire de 50% les transmissions, d’ici à 2015.  L’Australie entend verser 152 millions de dollars supplémentaires aux programmes de lutte contre le VIH/sida, notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Indonésie.  Le pays versera en outre 4 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour appuyer le secteur de la santé dans les pays en développement.

M. NAWAF SALAM (Liban), qui s’est exprimé au nom du Groupe des États d’Asie-Pacifique, a mis l’accent sur le rapport de l’OMS qui reflète la coordination, la convergence et l’interdépendance croissante de la santé mondiale et de la politique étrangère.  La résolution adoptée aujourd’hui, a expliqué M. Salam, donne la priorité aux actions concrètes, notamment en encourageant le renforcement des systèmes de santé mondiale, des capacités, de la couverture de santé et du transfert des connaissances. 

Cette résolution met également l’accent sur le lien entre la réalisation des objectifs en matière de santé et la promotion et la protection des droits de l’homme, la paix, la sécurité et le développement.  Enfin, il a rappelé que l’an passé l’Assemblée générale a adopté deux documents « historiques » à savoir les Déclarations politiques sur le VIH/sida et sur les maladies non transmissibles.

Mme SHULI DAVIDOVICH (Israël) a estimé qu’il incombait à chaque gouvernement d’intégrer les buts et les objectifs de la santé mondiale dans sa politique étrangère.  Le lien entre santé, prospérité et sécurité est clair, a-t-elle dit, ajoutant que la promotion de la santé mondiale permettait de réduire la pauvreté et les inégalités et de jeter les bases de la croissance et du progrès économiques.  Mme Davidovich a mis l’accent sur les défis liés à cette question, notamment le fait que les crises sanitaires ne s’arrêtent pas aux frontières d’un pays.  Israël a joué un rôle de pionnier en consacrant l’universalité des soins de santé, a-t-elle expliqué.  Ainsi, depuis plusieurs décennies, l’État d’Israël fournit son expertise, sa technologie et ses médicaments aux pays en développement. 

La représentante a cité plusieurs actions entreprises par son gouvernement.  En partenariat avec le Gouvernement d’Haïti, Israël a construit une unité d’urgence et de traumatologie à l’hôpital Justinien, à Cap-Haïtien, et ce, en plus des appuis financiers et techniques médicaux, a-t-elle souligné.  Mon pays est également engagé dans la réduction de la mortalité infantile et dans l’amélioration de la santé maternelle au Ghana.  En 2012, une unité de dialyse sera établie à Freetown, en Sierra Leone.  Israël sponsorise également, depuis plus de 50 ans, des cliniques ophtalmologiques, tandis que des ophtalmologues apportent leur expertise dans les pays en développement.  Le Gouvernement israélien reconnaît que des partenariats forts avec la société civile sont indispensables, a-t-elle ajouté. 

M. KATSUHIKO TAKAHASHI (Japon) a indiqué que son gouvernement avait fait des questions aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatifs à la santé un des principaux piliers de sa diplomatie, évoquant notamment l’organisation par le Japon, au mois de juin dernier, de la réunion de suivi sur les OMD.  Il a fait savoir que son pays avait décidé de consentir des prêts d’une somme de 5 milliards de yen pour les programmes de vaccination contre la polio au Pakistan, par l’intermédiaire de la Fondation Bill et Melinda Gates.  M. Takahashi a estimé que pour répondre aux problèmes posés par les maladies non transmissibles, il fallait partager l’expérience des pays développés dans le renforcement des systèmes de santé.  Il a également estimé, à l’instar du Secrétaire général, que la question de ces maladies devait être traitée du point de vue de la « sécurité humaine ».

Explication de position sur la résolution relative à la santé mondiale et à la politique étrangère (A/66/L.24)

Le représentant de la République islamique d’Iran a regretté la présence dans la résolution de points contraires aux traditions et à la culture de son pays.  L’Iran, a-t-il précisé, ne peut se joindre au consensus sur l’alinéa du préambule qui fait référence à la Déclaration politique sur le VIH et le sida.

Explication de position sur la résolution relative au suivi de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action en faveur d’une culture de paix (A/66/L.23)

Le représentant de la Fédération de Russie a estimé qu’à l’heure de la mondialisation, la compréhension mutuelle était un des principaux facteurs de paix.  Les doctrines basées sur les valeurs communes de l’humanité sont de plus en plus nécessaires, a-t-il dit, avant d’évoquer l’adoption par le Conseil des droits de l’homme d’une résolution sur la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales par une meilleure compréhension des valeurs traditionnelles de l’humanité.  Ces valeurs traditionnelles telles que le droit à la vie et la tolérance, ne peuvent être divisées en valeurs occidentales ou orientales, a-t-il souligné.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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