Réunion de haut niveau: l’Assemblée générale célèbre le dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban

22 septembre 2011
AG/11149

Réunion de haut niveau: l’Assemblée générale célèbre le dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban

22/09/2011
Assemblée générale
AG/11149
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-sixième session

14e & 17e séances plénières

Matin, après-midi & soir

RÉUNION DE HAUT NIVEAU: L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CÉLÈBRE LE DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ADOPTION DE LA DÉCLARATION ET DU PROGRAMME D’ACTION DE DURBAN

Par une déclaration politique, les États réaffirment que ces textes fondent

la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée

L’Assemblée générale a tenu, ce matin, une Réunion de haut niveau pour la célébration du dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, au cours de laquelle elle a adopté sans vote la déclaration politique* intitulée « Unis contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée ».

Les chefs d’État et de gouvernement et représentants des États, réunis à New York à l’occasion de cette Réunion de haut niveau, qui s’est tenue en marge du débat général de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, ont adopté une déclaration politique brève et concise visant à mobiliser les volontés politiques.

Par cette déclaration, les États réaffirment « que la Déclaration et le Programme d’action de Durban, adoptés en 2001, et le document final de la Conférence d’examen de Durban, adopté en 2009, constituent l’orientation globale des Nations Unies permettant de fonder solidement la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée ».

S’ils saluent les progrès réalisés depuis 2001 dans de nombreuses régions du monde, les chefs d’État et de gouvernement et représentants des États constatent néanmoins que ce fléau, « notamment dans ses nouvelles formes et manifestations, persiste encore partout dans le monde, et que d’innombrables êtres humains continuent jusqu’à ce jour d’en être les victimes ».     

Par cette déclaration, les participants proclament également leur volonté résolue de faire de leur combat ainsi que de la protection des victimes « une grande priorité » pour leur pays. 

« Nous nous réunissons aujourd’hui pour réaffirmer que les peuples et les nations du monde forment une famille, riche dans sa diversité » a déclaré, à l’ouverture de la séance plénière, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, Président de l’Assemblée générale.  Après l’adoption de la déclaration, il a exhorté les dirigeants à « parler d’une seule voix » et à intensifier leur collaboration pour combattre le racisme et les autres formes de discrimination.

« Travaillons en harmonie pour promouvoir l’harmonie », a renchéri M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies.  Il a regretté que, 10 ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, il n’y ait toujours pas de pays qui puisse prétendre être exempt de discrimination et d’intolérance.

Pour sa part, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Navanethem Pillay, a constaté un fossé entre les engagements pris et les actions concrètes des États.

Le chef d’État sud-africain, M. Jacob Zuma, a exhorté la communauté internationale à réaffirmer sa forte conviction que le racisme et la discrimination raciale sont une négation de la Charte des Nations Unies.

L’Assemblée a ensuite entendu un intervenant pour chaque groupe régional, puis la représentante d’une organisation non gouvernementale.

Tous ont pris note des efforts entrepris depuis 10 ans avant de réaffirmer leur engagement à poursuivre la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban afin de combattre les fléaux qui perdurent dans tous les pays.

Par sa résolution 65/240 du 24 décembre 2010, l’Assemblée générale avait décidé de tenir une Réunion au niveau des chefs d’État ou de gouvernement sur le thème: « Victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée: reconnaissance, justice et développement ».

Deux tables rondes portant sur ce thème général ont été organisées.  La première a été coprésidée, le matin, par M. Barnabas Sibusiso Dlamini, Premier Ministre du Swaziland et par M. Arvin Boolell, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international de Maurice.

La seconde table ronde a été coprésidée, l’après-midi, par M. Mohamed Mouldi Kefi, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie et par M. Ricardo Bucio, Président du Conseil national de prévention de la discrimination du Mexique.

Dans sa déclaration de clôture, le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, a remercié les cofacilitateurs, Mme Isabelle Picco, de Monaco, et M. Tommo Monthe, du Cameroun, pour leur remarquable leadership dans l’organisation de cette Réunion de haut niveau.  Il s’est dit fermement convaincu que les principes d’égalité et de non-discrimination sont essentiels pour l’harmonie sociale, la promotion de la bonne gouvernance et de l’état de droit, le développement durable et un partage équitable des ressources.  C’est pourquoi, a-t-il souligné, il est crucial pour la dignité et le développement de la population mondiale que nous continuions à combattre le racisme.

* A/66/L.2

RÉUNION DE HAUT NIVEAU DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE POUR LA CÉLÉBRATION DU DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ADOPTION DE LA DÉCLARATION ET DU PROGRAMME D’ACTION DE DURBAN

Application intégrale et suivi de la Déclaration et du Programme d’action de Durban: Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale pour la célébration du dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban: projet de résolution (A/66/L.2)

Déclarations liminaires

« Nous nous réunissons aujourd’hui pour réaffirmer que les peuples et les nations du monde forment une famille, riche dans sa diversité », a déclaré M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale.  C’est en célébrant cette diversité, et à travers la promotion de la tolérance, que nous pourrons construire un monde plus pacifique, basé sur les principes fondamentaux de l’égalité, de la confiance et du respect mutuel.  Cette Réunion de haut niveau est l’occasion pour les dirigeants de parler d’une seule voix sur l’un des défis majeurs du XXIe siècle: le fléau du racisme et de la xénophobie dans le monde entier, a poursuivi le Président de l’Assemblée générale.  C’est aussi l’occasion de réaffirmer leur engagement à mettre en œuvre pleinement et effectivement la Déclaration et le Programme d’action de Durban adoptés par consensus en 2001.

Malheureusement, en dépit des progrès réalisés depuis 10 ans, les cas de xénophobie, de racisme et d’intolérance ont augmenté, a déploré M. Al-Nasser.  On trouve des attitudes racistes et des discours de haine dans beaucoup de pays et Internet peut servir à les véhiculer.  Le Président de l’Assemblée générale a encouragé tous les pays à intensifier leurs efforts afin de réduire le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.  Il appartient aux États de prendre les mesures législatives nécessaires pour empêcher de telles pratiques discriminatoires et pour rendre justice aux victimes.  Les gouvernements, la société civile et les milieux des affaires doivent travailler en collaboration pour renforcer la prise de conscience et l’éducation et combattre les préjudices ainsi que les stéréotypes négatifs.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a regretté que 10 ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, il n’y ait toujours pas de pays qui puisse prétendre être exempt de discrimination et d’intolérance.  Certes, des progrès ont été réalisés.  « Nous sommes mieux préparés à juger les crimes graves tels que le génocide, l’apartheid, le nettoyage ethnique et les formes contemporaines de racisme », a reconnu le Secrétaire général.  « Nous sommes aussi mieux en mesure de détecter les formes insidieuses de racisme, les préjugés institutionnalisés qui peuvent être aussi destructeurs que les comportements agressifs ».  L’intolérance a toutefois augmenté dans de nombreuses parties du monde au cours de la dernière décennie, a insisté M. Ban.  La résurgence et la persistance d’attitudes aussi inhumaines indiquent que l’on n’a pas encore fait suffisamment pour endiguer cette tendance.

Le Secrétaire général a rappelé aux États Membres qu’ils étaient saisis d’un plan d’action mondial pour combattre la discrimination contre les Africains et les personnes de d’ascendance africaine, les Asiatiques et les personnes de d’ascendance asiatique, les peuples autochtones, les migrants, les réfugiés, les minorités, les Roms et autres.  Il faut combattre l’antisémitisme, l’islamophobie ainsi que la discrimination contre les chrétiens, a-t-il souligné.  « Les partis pris basés sur l’identité religieuse n’ont pas leur place dans notre monde », a déclaré le Secrétaire général.  Il faut également lutter contre la discrimination basée sur le sexe ou l’orientation sexuelle.  L’ignorance et l’intolérance font partie des causes profondes des conflits.  Le racisme et la discrimination font obstacle au développement, a poursuivi M. Ban.  Il a dénoncé le « cercle vicieux » par lequel la discrimination entraîne la privation et la pauvreté aggrave la discrimination.  Les temps économiques difficiles ne font qu’exacerber la situation, a-t-il fait remarquer.  Le Secrétaire général a dit qu’il fallait résister aux politiciens qui jouent sur la peur des gens et utilisent les stéréotypes pour être élus.  « Travaillons en harmonie pour promouvoir l’harmonie », a-t-il conclu.

Mme NAVANETHEM PILLAY, Haut-Commissairedes Nations Unies aux droits de l’homme, a indiqué que le parcours menant à cette commémoration a été empreint de défis, en raison des questions complexes et sensibles qui y sont débattues.  Elle a réaffirmé que la Déclaration et le Programme d’action de Durban fournissent un cadre global efficace pour s’attaquer au fléau que représente le racisme.  Ces deux éléments placent la victime au centre de nos efforts contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.

L’une des autres composantes de la Déclaration et du Programme d’action de Durban est que ces documents ne rappellent pas seulement aux États leurs obligations en matière de droits de l’homme, mais ils détaillent également les actions que les gouvernements, en partenariat avec les institutions et la société civile nationales, doivent mettre en en place sur leurs territoires.  Cependant, nous constatons aujourd’hui l’existence d’un fossé entre les engagements pris et les actions mises concrètement en œuvre par les États, a regretté Mme Pillay, en reconnaissant que certains pays avaient néanmoins accompli des progrès dans cette lutte, en adoptant par exemple de nouvelles lois.  C’est dans ce contexte qu’elle a d’ailleurs souligné que des cadres juridiques solides pour assurer la protection des droits et le soutien des victimes sont essentiels.  Mme Pillay a ensuite plaidé pour la revitalisation des efforts aux niveaux national, régional, et mondial afin de mettre fin au fléau du racisme.  Le chemin qui mène à un monde libre de racisme n’est pas aisé, a-t-elle fait remarquer, en soulignant que la lutte contre la discrimination demande une planification minutieuse et requiert engagement et persistance.

M. JACOB ZUMA, Président de l’Afrique du Sud, a estimé que cette commémoration du dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban constitue le testament de la réussite de l’humanité contre le fléau qu’est le racisme et la discrimination raciale.  Il s’agit aussi du succès de la communauté internationale, a-t-il ajouté, en rappelant qu’en Afrique aujourd’hui, les signes du colonialisme, de l’occupation et de l’apartheid sont encore visibles.  La Déclaration et le Programme d’action ont été adoptés de façon unanime, a t-il rappelé, en soulignant que ces documents fournissent une évaluation générale de la situation concernant le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée et demandent aux États Membres de les mettre en œuvre pour y faire face. 

Le racisme et la discrimination raciale continuent d’être une attaque brutale à la dignité humaine avec des impacts à long terne sur les victimes, a dit le Président Zuma, avant d’exhorter la communauté internationale à réaffirmer sa forte conviction que le fléau demeure une négation aux principes de la Charte des Nations Unies.  « Nous invitons le monde à ne pas garder le silence devant cette noble bataille contre le racisme », a déclaré le Chef de l’État sud-africain, en reconnaissant que « beaucoup reste encore à faire ».

M. RAHAMTALLA MOHAMED OSMAN ELNOR, Sous-Secrétairedu Ministère des affaires étrangères du Soudan, s’exprimant au nom du Groupe des États d’Afrique, s’est dit encouragé par les gouvernements qui, depuis l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, ont pris des mesures législatives et administratives pour lutter efficacement contre le racisme, la discrimination raciale, la protection des droits des migrants et des minorités raciales, nationales ou ethniques, et pour combattre l’incitation à la haine basée sur la religion ou la croyance.  En dépit des efforts réalisés par la communauté internationale, les gouvernements et les autorités locales, le fléau du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée persiste, a déploré M. Osman.  Ce fléau entraîne des violations des droits de l’homme, des souffrances, des inégalités et de la violence.  Il s’est dit préoccupé par la diminution des libertés civiles.

Le Groupe des États d’Afrique considère que cette Réunion de haut niveau offre une occasion unique pour bâtir de nouveau un consensus international ferme et renouveler l’engagement à lutter contre le racisme.  Pour faire face aux défis, il faut transformer les engagements en actions concrètes permettant de mettre en œuvre la Déclaration et le Programme d’action de Durban, ainsi que le Document final de la Conférence d’examen de Durban qui forment la base juridique internationale du combat contre le racisme.  Le Groupe des États d’Afrique se réjouit que les États participant à la Réunion de haut niveau adopteront, par consensus, le projet de résolution qui exprime l’unité de la communauté internationale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, a poursuivi M. Osman.  La Déclaration et le Programme d’action de Durban  abordent les problèmes du racisme avec une approche orientée sur les victimes.  Des recommandations spécifiques visent à combattre la discrimination contre les Africains et les personnes d’ascendance africaine, les Asiatiques et les personnes d’ascendance asiatique, les peuples autochtones, les migrants, les réfugiés, les minorités, les Roms et autres groupes.  M. Osman a réitéré que l’esclavage et le commerce des esclaves, y compris la traite transatlantique des esclaves, les nouvelles formes d’esclavage telles que la traite des personnes, l’apartheid et le colonialisme « ne doivent jamais être oubliés ».

M. RADEN MOHAMMAD MARTY MULIANA NATALEGAWA, Ministre des affaires étrangères d’Indonésie, s’exprimant au nom des États d’Asie et du Pacifique, a déclaré que le message adressé par la Conférence de Durban, il y a 10 ans, était clair.  « La lutte contre le racisme est une bataille pour les droits de l’homme, la dignité et l’éradication de la pauvreté », a-t-il précisé.  

Une décennie est passée et nous devons maintenant nous demander si nous avons réellement unifié nos efforts pour répondre aux victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, a poursuivi M. Natalegawa.  Il s’est dit très préoccupé par la persistance du racisme et l’émergence de nouvelles formes de discrimination.  L’histoire est remplie de maux infligés par le manque de respect du principe de l’égalité des êtres humains, comme l’ont montré le colonialisme, l’esclavage, le génocide, l’apartheid, la purification ethnique et autres atrocités.

Le Ministre indonésien des affaires étrangères s’est dit convaincu que la mobilisation de la volonté politique nécessaire, aux niveaux national, régional et international, pour mettre en œuvre effectivement la Déclaration et le Programme d’action de Durban, le Document final de la Conférence d’examen de Durban, ainsi que leurs processus de suivi, permettra de lutter contre ces fléaux dans toutes les aspects de la vie et dans toutes les parties du monde, y compris celles qui sont sous occupation étrangère.  

Mme SIMONA MIRELA MICULESCU (Roumanie), s’exprimant au nom des États d’Europe de l’Est, a fait remarquer qu’aucun pays ne connaissait de situation parfaite et qu’aucune société n’était à l’abri des critiques.  « Nos engagements à combattre le racisme ne peuvent être accomplis qu’à travers des actions concertées aux niveaux local, national, régional et international », a-t-elle rappelé. 

Mme Miculescu a fait valoir que tous les États d’Europe de l’Est restaient déterminés à soutenir la lutte mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, et à prendre les mesures qui s’imposent pour garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Il faut agir maintenant, a-t-elle dit.  « Malgré toute notre rhétorique et nos bonnes intentions, beaucoup de personnes continuent malheureusement d’être victimes du racisme ».  « Nous avons les moyens de répondre aux actes d’incitation à la violence, à la haine et à la ségrégation ».  La représentante a noté, avec regret, que non seulement la ratification universelle de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, mais aussi sa pleine mise en œuvre, se faisaient attendre.  Mme Miculescu a rappelé le rôle primordial que jouent les gouvernements dans la lutte contre le racisme.  Elle a également salué le rôle clef du système des Nations Unies et engagé la société civile et les médias à compléter leurs efforts dans ce combat.

M. KENNETH BAUGH, Ministre délégué et Ministre de affaires étrangères de Jamaïque, au nom du Groupe d’Amérique latine et des Caraïbes, a indiqué que dans sa région, certains États avaient déjà adopté des plans nationaux et de nouvelles lois visant à garantir l’intégration de groupes vulnérables dans la société, et de façon générale, à faire respecter les droits de tous les individus.  Il a ensuite réaffirmé l’engagement des États de la région à poursuivre leur action en faveur de la lutte contre le racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée.  En dépit des progrès réalisés à ce jour, la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, n’a pas été effective, a-t-il néanmoins noté, en disant espérer que la Réunion de haut niveau servira de catalyseur pour réaliser des progrès en la matière.  Les États Membres de la région ont participé activement aux travaux de Durban et continueront à être des acteurs clefs de sa concrétisation.

Le Ministre a, par ailleurs, souligné la nécessité de protéger les droits des peuples et des travailleurs migrants.  Les stéréotypes et les discriminations sur la base de la religion doivent aussi être pris en compte par la communauté internationale, a-t-il dit, en invitant les États Membres à prendre des mesures en ce sens au niveau national.  La réussite de la lutte entamée exige de prendre en compte les causes du racisme.  Mais, il nous faut aussi développer des mesures de prévention, a souhaité M. Baugh, en insistant également sur l’importance d’un financement approprié et d’une coopération internationale, indispensables pour aborder toutes les questions relatives à la discrimination raciale.  Avant de conclure, il s’est félicité de la décision de l’Assemble générale de construire un Mémorialpermanent en hommage aux victimes de l’esclavage et de la traite négrière transatlantique.

Mme ISABELLE PICCO (Monaco), s’exprimant au nom des États d’Europe occidentale et autres États, a pris note des progrès notables déjà accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban.  « Il nous incombe, à tous, la responsabilité de promouvoir la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, fléaux qui perdurent dans tous nos pays et menacent les fondements de nos sociétés démocratiques que sont l’état de droit et le respect des droits de l’homme ».  Bien que certains États du Groupe aient décidé de ne pas participer à l’événement d’aujourd’hui, et malgré le fait que certains États ne participent pas à ce processus, Mme Picco a réaffirmé l’engagement à poursuivre aux niveaux international, régional et national, la mise en œuvre des mesures efficaces pour combattre ces fléaux, mettre fin à l’impunité et intégrer la promotion de l’égalité des chances au sein de toutes les politiques gouvernementales.  La représentante a attaché la plus grande importance à l’éducation, la formation et la prévention car elles permettent une meilleure appréhension des phénomènes à combattre et promeuvent la richesse de nos différences et le respect de notre diversité.

« Aujourd’hui, je m’exprime au nom de tous ceux qui ont été marginalisés, exclus, violés et à qui leurs droits fondamentaux ont été ignorés », a déclaré Mme SARAH WHITE, du Centre pour les droits de l’homme des travailleurs du Mississipi.  « Il y a 10 ans, à la Conférence de Durban, a-t-elle rappelé, j’ai raconté l’histoire de notre lutte quotidienne pour nos droits dans l’État du Mississipi et, particulièrement, la bataille des pêcheurs des poissons-chats, face à des chefs d’entreprise peu soucieux de la santé de leurs travailleurs.  J’ai évoqué également les violences sexuelles quotidiennes vécues par les femmes sur le lieu du travail.  Nous subissions ces discriminations à cause de notre couleur de peau et de notre classe sociale, a-t-elle dit.  « Je suis ici pour vous dire que nous nous sommes levés et nous nous sommes battus pour nos droits et notre justice », a souligné Mme White.  Bien que nous ayons gagné des batailles, le combat continue, car des actes d’intimidation et des injures à caractère racial sont commis chaque jour, a-t-elle précisé, avant d’ajouter que la lutte contre le racisme et la discrimination doit être permanente et la communauté internationale doit, plus que jamais, accentuer son action.

Thème: «  victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée: considération, justice et développement »

Table ronde 1

Cette table ronde était coprésidée par M. Barnabas Sibusiso Dlamini, Premier Ministre du Royaume du Swaziland et M. Arvin Boolell, G.O.S.K., Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international de Maurice

M. BARNABAS SIBUSISO DLAMINI, Premier Ministre du Swaziland, Coprésident de la table ronde, a souligné que la Déclaration et le Programme d’action de Durban, ainsi que le Document final de la Conférence d’examen de Durban, constituaient le cadre le plus complet pour lutter contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.  Après avoir condamné toutes les formes de racisme, il a fait notamment remarquer qu’Internet devenait « un forum pour le racisme qui vise les nouvelles générations ».  M. Dlamini a appuyé l’édification d’un mémorial permanent, au Siège des Nations Unies à New York, pour honorer les victimes de l’esclavage et du commerce transatlantique des esclaves.  Il a ensuite souligné l’importance d’éduquer et d’informer.

Également Coprésident de la table ronde, M. ARVIN BOOLELL, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international de Maurice, a réitéré que la Déclaration et le Programme d’action de Durban formaient un cadre important devant inspirer les gouvernements.  « Nous sommes ici pour servir nos concitoyens et remplir nos engagements », a-t-il dit.  M. Boolell a appelé les États à ratifier ou adhérer à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et de trouver de nouvelles pistes pour gagner ce combat.  « Il faut parler, a-t-il dit, mais il faut surtout agir ».

M. ANWAR KEMAL, Président du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, a déclaré que la Déclaration et le Programme d’action de Durban complétaient de manière positive le travail du Comité.  La Conférence d’examen de Durban a réaffirmé l’importance de la Convention et appelé à sa ratification universelle.  « Nous sommes encore loin de l’universalité », a-t-il toutefois regretté.  La discrimination existe dans nos sociétés de manière évidente et de manière occulte dans la vie quotidienne et à l’encontre de groupes vulnérables.  Une cinquantaine d’États Membres seulement ont ratifié l’article 14 de la Convention qui habilite les victimes à soumettre des communications individuelles au Comité.  « La Convention est un document vivant, un outil pour faire face aux situations nouvelles ».  La crise économique et financière risque toutefois d’aboutir à la réduction de programmes indispensables pour combattre le racisme, a averti M. Kemal.

Mme EDNA MARIA SANTOS ROLAND, membre du Groupe d’experts éminents sur la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, a rappelé que ces documents avaient reconnu que l’esclavage et le commerce des esclaves constituaient un crime contre l’humanité.  Il a été reconnu que le racisme se manifestait de façons différentes et que certains groupes étaient tout particulièrement victimes de l’intolérance et de la discrimination.  Des mécanismes spéciaux ont été créés pour mettre en œuvre la Déclaration, et des réseaux ont été créés dans la société civile. « La Déclaration de Durban reconnaît le droit des habitants d’ascendance africaine à habiter dans leurs terres ancestrales, notamment en Amérique latine », a insisté Mme Roland.   L’ONU doit adopter, a-t-elle estimé, une décennie pour les peuples d’ascendance africaine.  « Il faut créer des instances nationales pour combattre le racisme et réaffirmer notre volonté de mettre en place un ordre social international dans lequel tous les droits de l’homme seraient réalisés sans discrimination », a-t-elle préconisé.

Intervenant à son tour, M. ARMANDO EMILIO GUEBEZA, Président du Mozambique, a déclaré que la protection des droits de l’homme et des victimes du racisme constituait une grande priorité pour son pays.  Le Mozambique est un État de droit démocratique fondé sur le pluralisme et les droits fondamentaux des citoyens.  En vue de mettre en œuvre la Convention sur l’élimination de la discrimination raciale, le Gouvernement a créé un comité national pour aider les réfugiés.  Le Président a estimé que l’ONU devait continuer à défendre ses programmes de lutte contre la pauvreté et les changements climatique et à veiller à l’élimination des facteurs qui poussent à la migration.  Les Nations Unies sont l’instance idoine pour réaffirmer notre volonté d’éliminer toutes les politiques discriminatoires à l’encontre des migrants.  Dans le cadre des engagements en matière des droits de l’homme, le Mozambique continuera de participer activement aux travaux du Conseil des droits de l’homme.

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et des réformes institutionnelles de Belgique, M. STEVEN VANACKERE, a espéré que le dialogue entre les États permettra de surmonter les divergences.  Le racisme et l’intolérance ne connaissant pas de frontières, il a dit qu’il n’était « pas d’accord avec ceux qui veulent limiter le concept de discrimination raciale à certains continents et à des personnes de certaines origines ».  Toutes les formes de discrimination doivent être combattues.  En Europe, a souligné le Vice-Ministre, la législation sur l’égalité  hommes-femmes a mis des décennies à se mettre en place.  « Les lois belges sont les plus avancées d’Europe » pour condamner le racisme et la discrimination raciale.  Pour la Belgique, qui a joué un rôle important dans les processus de Durban en 2001 et 2009, cette lutte ne doit pas être entravée par des considérations politiques.

Pour sa part, le Vice-Premier Ministre d’Irlande, M. EAMON GILMORE, a estimé que l’ONU devait mener la voie pour créer des sociétés exemptes de racisme et de discrimination raciale.  Quant aux États, ils doivent prévoir des garanties efficaces dans leurs systèmes législatifs.  Le Ministre s’est dit préoccupé par l’antisémitisme, l’islamophobie, et l’antichristianisme.  Il a annoncé qu’un expert indépendant de l’Irlande participerait aux travaux du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale.  L’Irlande, en tant que membre, a été l’objet d’un examen du Comité.  Elle condamne le racisme sous toutes ses formes et continue de promouvoir une société tolérante et inclusive.  Elle a créé un plan d’action qui démontre son engagement politique à cet égard et propose de mettre en commun des informations de bonne pratique pour protéger les victimes. 

Le Ministre des affaires étrangères du Zimbabwe, M. ROBERT GABRIEL MUGABE, a déclaré quant à lui que le Zimbabwe était « un pays tolérant et épris de paix », victime du racisme depuis près d’un siècle.  Il a évoqué l’oppression du passé et du joug colonial et les obstacles au développement.

Le monde était témoin des injustices commises contre des peuples sur la base de leur race ou de leur identité, a déclaré, M. EDWARD GOMEZ, Ministre de la justice et Procureur général de la Gambie.  Les victimes aspirent à la reconnaissance pour sortir de la marginalisation et de la discrimination.  « Les conséquences du commerce transatlantique de l’esclavage sont toujours parmi nous », a dit le Ministre.  Les États doivent faire plus protéger les migrants et contribuer au développement de leurs communautés.  La Gambie mérite son surnom de « côte souriante de l’Afrique », car elle promeut l’harmonie sociale, la tolérance et le dialogue entre les religions. 

Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Botswana a noté que cette célébration coïncidait avec l’Année des populations d’ascendance africaine.  Le Botswana rejette la discrimination raciale sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations.  Par sa vision nationale, le pays est engagé à créer « une nation morale et tolérante marquée par la compassion ».  Le Ministre s’est félicité de l’assistance que l’ONU apporte aux États dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban.

Le Ministre des affaires étrangères de Cuba a déclaré que Durban avait « soldé une dette à l’égard de millions de victimes historiques de ces abominables pratiques ».  Il a déploré le manque de progrès dans l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Durban.  En Europe et en Amérique du Nord, a-t-il souligné, on voit monter le racisme et proliférer des thèses néofascistes au milieu d’une crise économique galopante.  Des lois antiterroristes facilitent l’arbitraire et Internet est de plus en plus utilisé pour inciter à la haine, à la discrimination et à la violence.  Il faut établir « un nouvel ordre économique international fondé sur l’équité, la solidarité et la justice sociale » si l’on veut combattre les causes profondes du racisme.

Le Ministre des affaires étrangères de la République islamique d’Iran, M. ALIAKBAR SALEHI, a évoqué des siècles d’humiliation de souffrance et d’injustice avec l’esclavage,  le colonialisme, l’apartheid.  Il s’est par contre félicité de voir les sociétés civiles et les organisations non gouvernementales  participer activement à la lutte contre le racisme et pour la promotion des droits humains.  La responsabilité de maintenir les acquis de Durban et de combler les lacunes incombe aux États.  Le Ministre a déploré le boycott de cette Réunion et la tentative de diluer la Déclaration finale, ainsi que « le comportement hypocrite de ceux qui se déclarent les champions des droits de l’homme ».

Mme JUTTA URPILAINEN, Ministre des affaires étrangères de la Finlande, a appuyé pleinement le processus de Durban.  L’importance des droits de l’homme, de l’éducation et de la lutte contre l’impunité ne sera jamais assez soulignée.  La participation de la société civile est également cruciale pour agir.  Le Ministre a proposé d’améliorer la législation et l’application des normes internationales des droits de l’homme.  « Une approche fondée sur les droits de l’homme constitue le meilleur moyen d’avoir un développement durable. »

Prenant ensuite la parole, le Ministre des affaires étrangères et de l’immigration du Liban, M. SOMANAHALLI MALLAIAH KRISHNA, a défendu le principe d’égalité entre toutes les catégories de la société quelles que soient leurs différences.  La réparation des victimes est un premier pas vers l’égalité.  « Le Liban joue son rôle dans le monde arabe et le Moyen-Orient pour promouvoir la coexistence et l’harmonie entre les différentes confessions et les minorités ethniques », a dit le Ministre.  Le monde arabe aujourd’hui est confronté à de profondes transformations et recherche un avenir plus prometteur.  « L’intolérance et l’antisémitisme n’ont jamais existé dans le monde arabe », s’est-il défendu.  Par ailleurs, la question des réfugiés est centrale et il faut « mettre fin à l’intolérance historique dont souffrent les Palestiniens ».  Il s’est dit convaincu que le futur de la région est tributaire de la capacité des États à adopter des constitutions qui défendent les droits des minorités.

La division sociale et la stigmatisation restent des problèmes urgents dans le monde, a fait remarquer le Vice-Ministre des affaires étrangères du Kazakhstan, M. KAIRAT UMAROV.  Au Kazakhstan, les politiques sont fondées sur la paix, la confiance et la coopération; la diversité, ethnique, culturelle et sociale y constitue une richesse.  Le pays, qui a présidé en 2010 l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a mis à l’ordre du jour le dialogue entre les civilisations et la promotion du respect mutuel.  Enfin, le représentant d’Amnesty International a fait remarquer que les gouvernements qui admettent que le phénomène du racisme et de la discrimination raciale constitue un problème réel dans leur propre pays sont encore assez peu nombreux.  Il faut rendre justice aux victimes.  Lors de la prochaine réunion sur la Déclaration et le Programme d’action de Durban, la communauté internationale devrait pouvoir dire que des progrès ont été réalisés.  Ces documents ne sont pas parfaits mais ils constituent un compromis, une base sur laquelle on peut se fonder pour prendre des mesures pratiques.

Table ronde 2

Cette table ronde était coprésidée par M. Mohamed Mouldi Kefi, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie etM. Ricardo Bucio, Président du Conseil national de prévention de la discrimination du Mexique.

M. MOHAMED MOULDI KEFI, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie et Coprésident de la table ronde, a estimé que, 10 ans après la Conférence de Durban, le bilan de l’action internationale est peu positif.  Il a mentionné les progrès accomplis dans certains pays, en notant que ces acquis sont inégalement partagés sur la planète.  Les causes du racisme, telles que la pauvreté, demeurent bien vivaces et génèrent le rejet, la radicalisation et la réaction extrémiste, a-t-il dit.  Pour la Tunisie, la lutte contre le racisme exige la coopération du plus grand nombre.  La commémoration, aujourd’hui, du dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban donne l’occasion de mettre l’accent sur la nécessité de bannir l’injustice et de libérer les peuples sous occupation comme le peuple palestinien.

Également Coprésident, M. RICARDO BUCIO, Président du Conseil national de prévention de la discrimination du Mexique, a noté que la discrimination contre certains peuples, et certaines catégories de personnes, comme les personnes handicapées et les migrants, s’est considérablement étendue dans le monde.  Ces victimes doivent bénéficier de réparations, a-t-il souhaité.  Le Mexique a adopté une politique publique permettant de protéger davantage ces catégories de personnes.  La garantie de ces droits exige le renforcement des mécanismes nationaux et internationaux auxquels a souscrit le pays, a-t-il dit. 

Mme VERENE SHEPHERD, Membre du Groupe de travail sur les personnes d’ascendance africaine, a regretté le boycott mené par certains pays contre la tenue de cette Réunion de haut niveau.  Elle a mis en exergue le fait que diverses catégories de personnes continuent d’être exclues et d’être victimes de xénophobie dans le monde.  Elle a, par ailleurs, rappelé que la mission de son Groupe de travail était d’assister les victimes de discrimination raciale que sont les minorités d’ascendance africaine.  Il faut aussi évoquer les tragédies accablantes de la route de l’esclavage qui, a-t-elle dit, est un crime contre l’humanité.  Les États qui sanctionnent ce type de crimes doivent assumer leurs responsabilités, a-t-elle souligné.  « Il ne peut y avoir de paix sans droit et justice », a également ajouté Mme Shepherd, en exhortant les personnes d’ascendance africaine à poursuivre leur combat pour la dignité.

M. MOHAMED-SIAD DOUALEH, Président du Groupe de travail sur la mise en œuvre effective de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, a reconnu que les travaux de son Groupe de travail sont « un instrument qui montre l’intérêt de la communauté internationale dans la lutte contre le fléau qu’est le racisme ».  La mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban est une obligation qui s’impose à tous, particulièrement au moment où l’on note de nouvelles formes de racisme.  Le Groupe de travail, a dit son Président, continue de poursuivre le mandat qui est le sien, à savoir la mise en œuvre effective de la Déclaration et du Programme d’action de Durban.  Il a enfin attiré l’attention sur la discrimination dont sont victimes les Roms en Europe. 

Le Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, M. MOURAD MEDELCI, a estimé que les efforts faits à ce jour, au plan international, n’ont toujours pas permis de mettre à fin ces fléaux que sont le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.  Face aux nouvelles formes de xénophobie, il est en outre devenu urgent de faire montre d’exemplarité dans l’action qui se doit d’être commune, a dit le Ministre qui a aussi plaidé pour la prise en compte de la nécessité de s’attaquer aux causes du racisme que sont la pauvreté et l’injustice. 

Pour sa part, le Ministre des affaires étrangères de la République fédérale du Népal, M. UPENDRA YADAV, a appelé a redoubler d’efforts pour réussir la lutte contre le racisme dans le monde, afin de promouvoir une société juste et inclusive.  Le racisme s’attaque à la dignité humaine, a-t-il dit en insistant sur la nécessité de rendre justice à ceux qui ont été victimes de racisme.  La communauté internationale doit non seulement avoir des engagements, mais aussi et surtout mener des actions fortes, a-t-il ajouté, avant de détailler les mesures juridiques prises par son pays pour garantir les normes les plus élevées des droits de l’homme et des libertés fondamentales sur son territoire.

Poursuivant la discussion, Mme LUIZA BAIRROS, Ministre au Secrétariat des politiques pour la promotion et l’égalité des races du Brésil, a souligné que malgré tous les efforts déployés dans le monde, le racisme continue d’imprégner les vies de nombreuses personnes.  Le Brésil est un pays multiculturel qui a engrangé de grands résultats dans le domaine de l’égalité des personnes et des races, a-t-elle soutenu, en s’appuyant notamment sur le fait que le pays accorde une grande importance à l’Année internationale des personnes d’ascendance africaine.  Cette année ne met pas fin à notre engagement, a-t-elle assuré.  « Nous continuerons d’agir tant que des personnes seront victimes de discrimination », a dit Mme Bairros. 

Pour sa part, M. JEFF RADEBE, Ministre de la justice et du développement constitutionnel de l’Afrique du Sud, a souligné que son pays avait mis en place, depuis 1994, de nouvelles institutions pour combattre le racisme.  Le Gouvernement a également établi des politiques de soutien aux plus pauvres.  Comme tous les États du monde, l’Afrique du Sud fait face à de terribles défis nés de la discrimination.  C’est pourquoi, nous estimons que la commémoration de ce dixième anniversaire rappelle la nécessité de coordonner les efforts collectifs en vue d’atteindre les objectifs d’un monde sans racisme, a-t-il dit.  Il faut également, dans cette optique, veiller à assurer la justice et la solidarité sociale pour tous.  Il nous faut aussi assurer le développement de la jeunesse, a-t-il ajouté.

Intervenant à son tour, le Ministre des affaires étrangères de l’Uruguay, M. LUIS ALMAGRO, a expliqué que son pays reconnaît la diversité des groupes ethniques et met en place des actions pour veiller à l’égalité entre tous, conformément à la Déclaration et au Programme d’action de Durban.  Il a été ainsi mis en place, a-t-il expliqué, des lois sur les travailleurs ruraux, et sur l’égalité entre les hommes et les femmes.  Une direction des droits de l’homme au Ministère de la justice a aussi été créée.  La question des personnes d’ascendance africaine a été largement traitée.  La Conférence de Durban a établi de nouveaux instruments pour renforcer l’action internationale, à la fois au bénéfice des gouvernements et de la société civile.  Beaucoup a été fait, a-t-il dit, en faisant remarquer qu’il restait encore beaucoup à faire. 

Prenant également la parole, le Secrétaire d’État au développement des peuples autochtones et des personnes d’ascendance africaine du Honduras, M. LUIS FRANCISCO GREEN, a présenté les efforts déployés par son pays, dans ce domaine, notamment la création d’une Journée pour les personnes d’ascendance africaine.  Le Honduras se rallie aussi aux autres pays afin inviter l’ONU à créer une institution spécialisée sur les personnes d’ascendance africaine.

Mme MARÍA FERNANDA ESPINOZA, Ministre de l’héritage de l’Équateur, a expliqué que son gouvernement avait adopté une stratégie nationale pour lutter contre le racisme et promouvoir l’égalité entre les races.  Ainsi, des mesures de politique de discrimination positive ont été mises en place, dans plusieurs régions.  En conclusion, elle a appelé tous les États à ratifier la Déclaration et le Programme d’action de Durban, et a exhorté l’ONU à créer un forum sur la question des personnes d’ascendance africaine.  La discrimination positive a été aussi au cœur des propos de la Ministre des affaires étrangères de la Colombie, Mme MARÍA ÁNGELA HOLGUÍN CUÉLLAR, qui a fait mention des mécanismes spécifiques établis au bénéfice des plus vulnérables, notamment en matière d’emploi et d’accès à la terre.  « Sans reprise des valeurs égalitaires, nous ne pourrons pas changer en matière de lutte contre le racisme », a-t-elle prévenu.

Le Pakistan a, lui aussi, adopté une politique de discrimination positive au bénéfice des femmes, a indiqué le Ministre des affaires étrangères de ce pays, M. HINA RABBANI KHAR qui a également dénoncé la pratique du profilage religieux. Il a, par ailleurs, soutenu que le terrorisme n’avait pas de lien avec la religion.  Le Premier Ministre de la République de Fidji, M. COMMODORE JOSAIA VOREQE BAINIMARAMA, a quant à lui, rappelé l’histoire coloniale raciale que son peuple a vécue.  Des politiques avaient été établies pour diviser les populations.  Le Gouvernement actuel s’attèle à effacer ces mémoires et instaurer un nouveau climat, plus rassembleur.  Fidji est convaincu que la Déclaration adoptée, aujourd’hui, offrira l’élan nécessaire pour aller vers la mise en œuvre effective de la Déclaration de Durban, a-t-il ajouté.

Le Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Argentine, M. ALBERTO PEDRO D’ALLOTO a présenté le plan national établi pour lutter contre la discrimination.  Ce plan permet également de protéger les populations marginalisées, a-t-il précisé.  La Réunion de haut niveau d’aujourd’hui est nécessaire car elle ouvre de nouvelles perspectives, a encore souligné le Vice-Ministre, ajoutant que l’adoption sans vote de la Déclaration politique donnera un nouvel élan à la lutte contre le racisme.  Intervenant également, M. MOHAMED ABDELLAHI OULD, Commissaire aux droits de l’homme de la République islamique de la Mauritanie, a assuré que son pays respectait les obligations en matière de lutte contre le racisme.  Nous avons d’ailleurs été un des acteurs actifs à Durban en 2001, a-t-il rappelé.  Aujourd’hui, nous constatons les défis qui perdurent et cela oblige la communauté internationale à redoubler son action face à ces phénomènes que sont le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.

« Nous devons lutter contre le racisme où qu’il soit dès qu’il se manifeste », a dit le Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangéres de la Norvège, M. ESPEN BARTH EIDE.  Le 22 juillet, 77 personnes sont mortes dans notre pays, à la suite d’actes criminels commis par un xénophobe.  « Nous ne devons jamais accepter que des terroristes xénophobes nous dictent leur agenda », a-t-il tenu à souligner.  Il nous faut également dans nos réponses, en réaction au fléau du racisme, créer un meilleur environnement scolaire et veiller à lutter contre les préjugés.

Le Ministre de la culture des sport et de la famille de la Barbade, M. STEPHEN LASHLEY, a souhaité que 10 ans après Durban, la communauté internationale donne plus d’espoirs à ceux qui sont touchés par le racisme.  Il s’est félicité des progrès enregistrés dans la mise en œuvre de la Déclaration de Durban et, particulièrement, la décision d’ériger un Mémorial permanent en hommage aux victimes de l’esclavage et de la traite négrière transatlantique.  Il a, en outre, défendu la nécessité de réparer les conséquences de la période de la traite, notamment par le financement de centres d’éducation et de formation au bénéfice des descendants des personnes victimes de la traite.

La Fédération de la Russie, a expliqué son Vice-Ministreaux affaires étrangères, M. GENNADY GATILOV, s’est prononcée contre la politisation de la Conférence de Durban en 2011.  Aujourd’hui, nous avons l’occasion de réaffirmer notre détermination à lutter contre le racisme.  En Fédération de Russie, le Gouvernement s’attache à effacer les drames causés aux Russes par le nazisme, a-t-il indiqué, avant de s’inquiéter de l’émergence d’actes de xénophobie dans certains pays qui, parfois, ont souffert du nazisme.  Ces actes sont incompréhensibles pour le peuple russe qui promeut le dialogue entre les cultures comme moyen de mettre fin au racisme.

S’exprimant au nom de l’Union africaine, le Représentant permanent de la Guinée équatoriale auprès de l’ONU, M. ANATOLIO NDONG MBA, s’est félicité des initiatives menées par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en vue d’aider les pays africains à lutter contre le racisme.  Il a ensuite mis en exergue la collaboration de l’Union africaine avec d’autres entités des Nations Unies pour améliorer la situation des droits en l’homme en Afrique.  « Il nous faut non pas inventer de nouveaux droits, mais plutôt améliorer l’exercice des droits reconnus sur le continent », a-t-il précisé.  Tout comme ses prédécesseurs, le Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, M. IHAB FAWZY, a indiqué que son pays était également confronté au fléau que représente le racisme, en dépit de l’adoption de certains programmes spécifiques.  Il a souligné la nécessité de distinguer le racisme des actes de terrorisme classiques.  Le représentant du Ministre des affaires étrangères de l’Inde, M. PAVAN KAPOOR a, lui, rappelé que la discrimination est constitutionnellement interdite dans le pays, avant de noter la persistance des actes de racisme dans le monde.  « Nous devons continuer notre lutte », a-t-il soutenu.

Le Ministre des affaires étrangères du Kirghizistan, M. RUSLAN KAZABAEV, a détaillé les mesures prises pour lutter contre les relents racistes dans son pays, notamment les formations des jeunes populations à la diversité.  Il est important de veiller à la parité entre les hommes et les femmes dans la vie publique et politique, tout comme du sort des migrants, a-t-il ajouté.  Le racisme n’est pas une fatalité » a dit le Représentant permanent de la République arabe syrienne auprès de l’ONU, M. BASHAR JA’AFARI, avant de dénoncer le « système israélien d’apartheid contre les Palestiniens ».  La communauté internationale doit être ferme dans sa lutte contre le racisme, a souligné pour sa part le Représentant permanent de la Suisse auprès de l’ONU, PAUL SEGER.  Malgré les progrès accomplis dans cette lutte, beaucoup reste à faire et les gouvernements doivent saisir cette occasion pour renforcer leur détermination, a-t-il dit.  Trinité-et-Tobago, par la voix de son Ministre des affaires étrangères, M. SURUJRATTAN RAMBACHAN, s’est félicité du modèle de tolérance développé par son pays, et a invité les autres États à s’en inspirer.

Par ailleurs, les représentants du Japon, M. HIDEAKI UEDA, et du Maroc, M. OMAR HILAL, les Représentants permanents auprès de l’ONU de l’Islande, Mme GRETA GUNNARASDOTTIR, du Liechtenstein, M. CHRISTIAN WENAWESER, et de la Chine, Mme WANG MIN, ont invité tous les États à prendre des mesures internes efficaces contre le racisme, en souhaitant plus d’actions de la part de l’ensemble de la communauté internationale.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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