Réunion de haut niveau sur la jeunesse: les participants invitent à responsabiliser les jeunes tout en tirant parti de leur dynamisme pour faire avancer le développement

25 Juillet 2011
AG/11117

Réunion de haut niveau sur la jeunesse: les participants invitent à responsabiliser les jeunes tout en tirant parti de leur dynamisme pour faire avancer le développement

25/07/2011
Assemblée générale
AG/11117
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

110e séance plénière - matin et après-midi

RÉUNION DE HAUT NIVEAU SUR LA JEUNESSE: LES PARTICIPANTS INVITENT À RESPONSABILISER LES

JEUNES TOUT EN TIRANT PARTI DE LEUR DYNAMISME POUR FAIRE AVANCER LE DÉVELOPPEMENT

« Il faut travailler avec les jeunes et pour les jeunes », a été, en résumé, le message des travaux de la première journée de la Réunion de haut niveau sur la jeunesse, qui s’ouvrait aujourd’hui à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York.  Plus de 500 jeunes se sont déplacés pour participer à cette Réunion, qui se tient les 25 et 26 juillet 2011 dans le cadre de l’Année internationale de la jeunesse dont le thème est « dialogue et compréhension mutuelle ».

En début de séance, les participants ont observé une minute de silence en soutien au Gouvernement et au peuple norvégiens, à la suite de la tragédie qui les a endeuillés vendredi dernier.  Parmi les 700 jeunes qui s’étaient réunis le 22 juillet sur l’île d’Utøya, où s’est déroulée une partie du drame qui a endeuillé le pays, les personnes assassinées faisaient partie de l’avenir de la politique en Norvège, a indiqué le représentant de ce pays qui a reçu les condoléances de chaque intervenant.

Aujourd’hui, à travers le monde, les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent plus d’un milliard de filles et de garçons, soit « 18% de la population mondiale, dont 87% vivent dans les pays en développement », a indiqué le Ministre des affaires de la jeunesse de l’Inde.  « Il est temps de nous engager réellement pour améliorer le sort des jeunes dans le monde, notamment celui des plus marginalisés », a déclaré avec fermeté un représentant brésilien de l’Alliance universelle des unions chrétiennes de jeunes gens.

Ouvrant la Réunion de haut niveau, le Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss, a noté que, malgré les avancées réalisées dans la mise en œuvre des objectifs de développement agréés au niveau mondial, de nombreux jeunes vivent dans des zones où la pauvreté reste encore un défi majeur à relever.  Les jeunes n’ont bien souvent qu’un accès difficile aux services sociaux de base, à une éducation, à une formation professionnelle ainsi et à des soins de santé de qualité, a-t-il observé.

Ces constatations ont aussi été celles des participants à la première table ronde, tenue ce matin.  Ils ont notamment plaidé pour une meilleure coopération en vue de donner une formation aux jeunes qui soit mieux adaptée aux besoins du marché du travail.  Les taux de chômage chez les jeunes sont de 3 à 6 fois supérieurs à ceux des adultes, et les emplois qui leur sont attribués sont en général mal payés et dangereux, a indiqué le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général a invité les États Membres à répondre à l’appel légitime des jeunes pour la dignité et le travail décent.  Il leur a demandé d’investir dans la jeunesse « qui est synonyme de plus de richesses pour tous ».

Au cours de la matinée, les intervenants ont relevé les qualités propres à la jeunesse, telles que le dynamisme, l’audace, le dévouement aux idéaux de paix, d’amitié et d’ouverture à l’autre.  « L’expérience nous a montré aussi comment les jeunes participent à la lutte contre le VIH/sida et comment ils peuvent contribuer à faire une différence dans le combat contre la faim et la pauvreté », a noté M. Deiss.

Beaucoup d’intervenants ont aussi souligné l’attirance des jeunes pour les nouvelles technologies, notamment les réseaux sociaux, « autant de facteurs d’inclusion et d’intégration sociale », a relevé le Président de l’Assemblée générale.  « Les jeunes sont prêts à adopter des modes de vie alternatifs, plus verts et plus durables », a-t-il aussi constaté.  À cet égard, M. Ban Ki-moon a insisté pour que les jeunes jouent un rôle central dans la réponse aux effets des changements climatiques, en insufflant plus d’énergie au programme de travail de la Conférence Rio+20.

Invitée d’honneur de la matinée, Mme Alek Wek, mannequin international, qui est une « source d’inspiration », selon les mots du Secrétaire général, a fait référence à son pays natal, le Soudan du Sud, avant d’expliquer que sa destinée aurait pu être tout autre si elle n’avait pas été à la fois soutenue et responsabilisée par ses parents.

Le Secrétaire général a également rendu hommage à Mohamed Bouazizi, un jeune de 27 ans, dont l’immolation est l’étincelle qui, à partir de la Tunisie, aura contribué à la chute de deux régimes d’autocratie.

Au cours de la deuxième table ronde, tenue dans l’après-midi et coprésidée par le Vice-Premier Ministre du Luxembourg et le Ministre de la jeunesse et des sports de la Bulgarie, les panélistes et les participants ont engagé les gouvernements à aller au-delà de la rhétorique et à adopter des mesures concrètes.  Ils ont suggéré d’établir des partenariats pour intégrer les jeunes au développement de leurs pays respectifs et leur permettre ainsi de devenir « non pas les dirigeants de demain, mais ceux d’aujourd’hui ».

« Il faut aider les jeunes à être des décideurs, et pas uniquement des consommateurs », a renchéri le représentant de la Jordanie.  Certaines délégations, comme celles de la Suisse et de l’Italie, ont proposé de revoir à la baisse l’âge minimum légal pour voter.

La Réunion de haut niveau se poursuivra en séance plénière demain, mardi 26 juillet, à partir de 10 heures.

RÉUNION DE HAUT NIVEAU SUR LA JEUNESSE

Après avoir exprimé ses condoléances au Gouvernement et au peuple norvégiens, à la suite de la tragédie qui les a endeuillés vendredi dernier, le Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, M. JOSEPH DEISS, a demandé aux participants à la Réunion de haut niveau d’observer une minute de silence.

Le représentant de la Norvège a rappelé que 700 jeunes s’étaient réunis vendredi dernier, pour exercer leur droit de parole dans la vie politique, « poussés par leur foi en la démocratie ».  Cette attaque terroriste semble être l’acte d’un seul homme, de nationalité norvégienne.  Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière que le pays n’ait jamais connue depuis la Deuxième Guerre mondiale, a-t-il précisé.  Il a expliqué que les personnes tuées faisaient partie de l’avenir de la politique en Norvège.  Il a conclu en exprimant la détermination de son pays à défendre la démocratie, l’ouverture et davantage d’humanité.

Ouvrant ensuite la Réunion de haut niveau, le Président de l’Assemblée générale a indiqué que plus de 500 jeunes se sont déplacés du monde entier pour l’occasion.  Aujourd’hui, les jeunes de 15 à 24 ans représentent plus d’un milliard de filles et de garçons, dont la grande majorité vit dans les pays en développement, a indiqué M. Deiss.  Malgré les avancées réalisées dans les objectifs de développement, a-t-il ajouté, de nombreux jeunes vivent dans des zones où la pauvreté reste encore un défi majeur, comme en Somalie.  Les jeunes n’ont bien souvent qu’un accès difficile aux services sociaux de base, à une éducation et à une formation professionnelle ainsi qu’à des soins de santé de qualité, a-t-il ajouté.

Le Président a rappelé que l’Assemblée générale a adopté, en décembre 2009, la résolution proclamant l’année commençant le 12 août 2010 comme l’Année internationale de la jeunesse.  Cette Année a été placée sous le thème du « dialogue et de la compréhension mutuelle », en vue de promouvoir des idéaux de paix, de respect des droits de l’homme et de solidarité entre générations, cultures, religions et civilisations.  Les événements récents dans le monde arabe nous ont montré à quel point les jeunes sont des acteurs majeurs dans nos sociétés, a observé M. Deiss, soulignant qu’ils sont mus par des idéaux de paix, d’amitié et d’ouverture à l’autre et à ses différences et qu’ils sont « souvent plus tolérants que leurs aînés ».

Les jeunes sont des adeptes enthousiastes des nouvelles technologies et de la nouveauté en général, autant de facteurs d’inclusion et d’intégration sociale, a relevé M. Deiss.  Les jeunes sont prêts à adopter des modes de vie alternatifs, plus verts et plus durables.  L’expérience nous a montré aussi comment les jeunes participent à la lutte contre le sida, comment ils peuvent contribuer à faire une différence dans le combat contre la faim et la pauvreté.

« Nous devons mieux tirer parti de cette énergie et de cet enthousiasme des jeunes », a-t-il plaidé, invitant à créer les conditions qui permettent aux jeunes d’exercer pleinement leurs droits, de s’épanouir et de satisfaire leurs aspirations.  « Nous devons travailler pour les jeunes et avec les jeunes. »

Le Président a souhaité que l’Année de la jeunesse laisse, à travers la déclaration finale qui sera adoptée à l’issue de cette Réunion, un héritage à la hauteur de ces ambitions.  Il a appelé au renforcement des partenariats entre les gouvernements, les organisations dirigées par les jeunes et les autres partenaires de la société civile et du secteur privé.  Il a aussi appelé les États Membres à s’engager pour mettre en œuvre les politiques et les programmes en ligne avec les objectifs de la déclaration.  En ce qui concerne les entités des Nations Unies, il les a invitées à renforcer leur coordination dans ce domaine.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a tout d’abord fait part de son choc après les attaques commises en Norvège et a condamné cette violence dans les termes les plus fermes.  Il a fait part de sa tristesse, notamment parce que « cet assassin avait pris pour cible des jeunes mus par l’avenir de leur pays ».  Cet acte, a-t-il ajouté, va à l’encontre de l’objectif de cette Réunion.

Tournant ensuite son attention aux autres participants de cette Réunion, il fait valoir que Mme Alek Wek était une source d’inspiration, d’autant plus que son destin aurait pu être entièrement différent.  Se référent à la naissance du Soudan du Sud, son pays natal, il a affirmé que ce pays aurait besoin de l’appui de l’ensemble de la communauté internationale.  Il a également évoqué le sort des jeunes qui vivent dans les favelas du Brésil sans grandes perspectives d’avenir.  Les taux de chômage chez les jeunes sont de 3 à 6 fois supérieurs que pour les adultes, et les emplois mal payés et dangereux sont la norme.

En Tunisie, a-t-il enchaîné, les jeunes se sont trouvés au cœur du souffle qui a changé le Moyen-Orient.  Il a notamment évoqué l’immolation de Mohamed Bouazizi, un jeune de 27 ans, « lassé par l’avenir et la vie ».  Son destin était tragique, mais l’étincelle qu’il a allumée a permis de faire tomber deux régimes autocrates, a-t-il commenté. 

Pour le Secrétaire général, la « génération Facebook » a montré sa détermination à changer le monde et sa capacité à le faire bouger.  Les jeunes, a-t-il ajouté, s’élèvent pour dénoncer la discrimination sur la base de la l’orientation sexuelle et du sexe.  Ils prônent un mode de développement et comprennent bien à quel point il faut transcender nos différences religieuses et culturelles pour le bien commun.

Nous devons travailler pour eux et avec eux afin de créer le monde qu’ils souhaitent, a enchaîné le Secrétaire général.  Il faut répondre à leur appel légitime de dignité et de travail décent.  S’ils ne voient pas un avenir positif, a prévenu M. Ban, ils risquent de se retrouver sur la pente glissante de l’échelle sociale.  Il a appelé les États Membres à « investir dans notre jeunesse qui est synonyme de plus de richesses pour tous ».

Le Secrétaire général a affirmé que l’ONU faisait tout son possible pour impliquer les jeunes dans ses décisions.  « En faisons-nous assez? », a-t-il lancé aux jeunes qui participaient à cette Réunion et qui ont répondu « non ».  « Pouvons-nous en faire davantage? », a-t-il enchaîné, suite à quoi l’auditorium a retenti d’un « oui » assourdissant.

M. Ban a ensuite prévenu que la Conférence Rio+20 était une de ses priorités les plus importantes.  Le développement durable, a-t-il affirmé, doit être une question déterminante pour notre époque.  C’est la seule manière de répondre aux effets des changements climatiques.  Le Secrétaire général a souligné que les jeunes avaient un rôle central à jouer afin d’insuffler plus d’énergie au Programme de Rio+20.

Il a également appelé les États Membres à intégrer davantage de jeunes gens au sein de leur délégation, avançant qu’ils pourront ainsi mieux comprendre les perspectives et les points de vue des jeunes.  Selon le Secrétaire général, le programme des jeunes délégués est une occasion importante pour permettre aux jeunes de se présenter sur la scène internationale.  « Nous avons besoin des jeunes à nos côtés.  Profitons de leur créativité et de leur idéalisme pour le bien de tous, mais surtout des jeunes eux-mêmes ».

Mme ALEK WEK, Mannequin de renommée internationale, a indiqué qu’avec sa famille, elle avait dû quitter le Soudan du Sud, son pays natal, à l’âge de 12 ans.  Arrivée ensuite à Londres en tant que réfugiée, elle n’a pas vu sa mère pendant deux ans, ce qui était « très dur », a-t-elle avoué, malgré les bons souvenirs de son enfance au Soudan du Sud, qui ont contribué à la construction de sa personnalité.  Mon père, a-t-elle dit, m’a inculqué le principe selon lequel il faut tout faire pour devenir soi-même.  Elle s’est dite convaincue que les enfants ne sont pas l’avenir mais « le présent », invitant les États Membres à investir dans l’éducation.  Il ne faut pas seulement éduquer les jeunes, il faut aussi les prendre par la main.

M. ROMULO DANTAS, Secrétaire pour le renforcement de la capacité d’action des jeunes à l’Alliance universelle des unions chrétiennes de jeunes gens, a évoqué Sao Paulo, sa ville d’origine, « une des plus violentes au monde », faisant notamment référence au sort de ses camarades, dont nombre sont morts ou dont la vie semble être sans perspective.  Il a exprimé les craintes de certains jeunes par rapport à leur orientation sexuelle, au respect du droit de la fille à disposer de son corps et au ravage de la violence et de la guerre, sans parler du VIH/sida et de l’analphabétisme.

M. Dantas a affirmé qu’il sera impossible de trouver des solutions à la situation des jeunes tant qu’il n’y aura pas de réel partenariat entre les différentes parties prenantes.  Il a souligné à quel point le dialogue était indispensable et a estimé qu’il était temps de « nous engager réellement pour améliorer le sort des jeunes dans le monde, notamment celui des plus marginalisés.  Soyons partenaires et faisons preuve de confiance mutuelle plus que par le passé », a-t-il affirmé.

Le représentant a expliqué que son organisation avait pour rôle d’autonomiser les jeunes et leur permettait d’être de véritables acteurs du changement.  Il a notamment encouragé les États Membres à consacrer plus de ressources aux jeunes.  Nous sommes très actifs, alors rendez les choses moins bureaucratiques ».

M. Dantas a attiré l’attention sur la situation des jeunes marginalisés.  Rien ne peut se faire pour les jeunes sans la participation des jeunes, a-t-il prévenu, en concluant son discours par quelques vers chantés.

Table ronde thématique 1 : « Renforcement de la coopération internationale en faveur de la jeunesse et amélioration du dialogue, de la compréhension mutuelle et de la participation active des jeunes, en tant qu’éléments indispensables des mesures à prendre pour réaliser l’insertion sociale, parvenir au plein emploi et éliminer la pauvreté »

Axée sur l’insertion sociale des jeunes, notamment par le biais de l’emploi, cette première table ronde a été l’occasion de souligner l’importance d’une éducation et d’une formation professionnelle qui soient de meilleure qualité et plus adaptées au marché du travail.  Les intervenants à la discussion ont également plaidé en faveur d’un meilleur accès des jeunes aux services de santé reproductive et à l’éducation sexuelle.

Les jeunes constituent 18% de la population mondiale, dont 87% vivent dans les pays en développement, a indiqué le Ministre des affaires de la jeunesse de l’Inde, M. AJAY MAKEN, qui coprésidait la table ronde.  En Inde, a-t-il précisé, 70% de la population ont moins de 35 ans, ce qui fait de l’Inde le pays où il y a le plus de jeunes au monde.  Il a souligné l’importance du dialogue avec les jeunes dans le renforcement des démocraties, notant avec satisfaction que chaque pays a pris des mesures importantes en ce sens.  Mais les jeunes se heurtent souvent au problème de la migration internationale, a-t-il dit, invitant les participants à débattre de cette question.

Les jeunes migrants recherchent de meilleures conditions de vie ou veulent élargir leur horizon, a expliqué sur ce point l’autre coprésident de la table ronde, le Directeur de l’Institut national de la jeunesse du Mexique, M. MIGUEL ANGEL CARREON SANCHEZ.  Si les centres de recherche et d’éducation à la haute technologie reçoivent chaque année des millions de jeunes étrangers, les jeunes qui en sortent ne trouvent cependant pas toujours un emploi à la hauteur de leurs attentes, a-t-il remarqué, en invitant les États et la communauté internationale à renforcer les efforts d’insertion déployés à leur égard.  En Amérique latine et dans les Caraïbes, une personne sur trois a entre 12 et 29 ans, a-t-il également indiqué.

« Les jeunes ont beaucoup changé depuis les 10 dernières années, avec l’arrivée notamment de la parabole de la télévision par satellite et d’Internet », a observé le Ministre de la jeunesse et des sports du Maroc, qui a parlé de la naissance d’un véritable « village planétaire ».  Dans son pays, a-t-il expliqué, soit les enfants quittent l’école très jeune, vers l’âge de 15 ans, pour suivre une formation professionnelle technique et obtenir un travail de type manuel, soit ils poursuivent leurs études très longtemps, jusqu’à 28 ou 30 ans.  Ces derniers, qui sont très actifs sur les réseaux sociaux, restent cependant souvent célibataires et vivent chez leurs parents, a-t-il remarqué, notant pourtant leur désir de quitter le foyer familial et d’obtenir un emploi plus rapidement.  Le Ministre de la jeunesse et des sports du Maroc a rappelé les changements politiques importants ayant eu lieu récemment au Maroc, qui ont conduit à l’adoption d’une nouvelle Constitution et bientôt à la tenue d’élections législatives.  À cette occasion, il a espéré que l’âge minimum limite des parlementaires serait rabaissé à 35 ans.

Le Ministre de l’Inde a, lui aussi, rappelé le problème de la pénurie de travailleurs qualifiés, qui touche différentes régions du monde.  En Inde, a-t-il assuré, nous faisons notre possible pour que les jeunes soient formés et puissent trouver un emploi.  L’objectif est d’améliorer le niveau de qualification de plus de 500 millions de personnes d’ici à 2022, a-t-il précisé.

Intervenant en qualité d’expert, M. BABATUNDE OSOTIMEHIN, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a souligné l’importance de placer les adolescentes et les jeunes femmes au cœur des activités de développement.  Tout jeune a droit à une éducation, notamment sexuelle, et à un accès aux services de santé, a-t-il dit, relevant en particulier l’importance de la santé procréative.  Les jeunes filles doivent être mieux protégées contre le VIH/sida et contre les grossesses précoces, a-t-il indiqué, car cela leur permet de jouer un rôle plus actif dans la société.  Les jeunes doivent aussi participer à l’économie verte, a-t-il ajouté.  Il faut, en outre, former les jeunes et leur permettre de choisir le nombre d’enfants qu’ils veulent avoir, a dit M. Osotimehin, en lançant un avertissement contre une croissance démographique trop rapide.

De son côté, Mme GEETA RAO GUPTA, Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a invité à ne pas oublier « la cohorte des adolescents », c’est-à-dire le groupe des 15 à 18 ans, qui font face à des problèmes particuliers.  Ces jeunes doivent se voir garantir les droits de l’homme, notamment le droit de vivre dans un monde libre et sans violence.  Nous ne pouvons plus continuer à compter uniquement sur les ministères de la jeunesse pour les encadrer, a-t-elle dit.  Elle a donc invité les États Membres à intégrer les programmes pour les jeunes dans les activités de tous les ministères et dans tous les secteurs.  Mme Gupta a regretté le manque de données plus détaillées sur ce groupe de la population, avant d’appeler à investir dans le renforcement des capacités des jeunes.  Les formations doivent être adaptées aux marchés du travail et à la demande, a-t-elle également estimé.  Mme Gupta a enfin mentionné les activités menées par l’UNICEF pour permettre aux jeunes de participer à la marche de la société dans laquelle ils vivent.

Un autre panéliste, M. FAKO MOHRS, du Forum européen de la jeunesse, organisation basée en Allemagne, a fait valoir que les jeunes sont prêts à coopérer à la promotion du développement.  Il a estimé que l’éducation est un instrument indispensable pour assurer la cohésion de la société.  En tant qu’organisation de jeunes, nous sommes prêts à vous aider dans le cadre de la Conférence Rio+20, notamment au niveau de l’élaboration de programmes de formation et d’études, afin qu’ils répondent mieux aux exigences du marché du travail, a-t-il annoncé.  Le taux de chômage des jeunes est trois fois plus élevé que pour le reste de la population, a-t-il rappelé à cet égard.

De son côté, Mme LEILA YASMIN MUCARSEL, de « CIVICUS » (Alliance mondiale pour la participation citoyenne, de l’Argentine), a noté que, 25 ans après la première Année internationale de la jeunesse, la question de la jeunesse a été introduite dans de nombreux programmes nationaux.  En outre, des services spéciaux concernant les jeunes ont été créés.  Mais il est encore difficile de faire accéder les jeunes au marché de l’emploi, à une éducation de qualité, aux services de santé reproductive et à l’éducation sexuelle, a-t-elle regretté.  Appelant les gouvernements à renforcer leurs efforts dans ces domaines, elle a aussi reconnu que les jeunes font partie de la solution à mettre en œuvre, en tant que citoyens.  De son avis, les gouvernements doivent notamment renforcer leurs institutions dédiées aux jeunes.  Ceux-ci peuvent jouer un rôle central pour un monde plus juste, a-t-elle conclu.

Au cours du débat interactif qui a suivi, le maire de Genève, âgé de 33 ans, représentant la Suisse, a reconnu que « donner la parole aux jeunes, c’est prendre des risques », mais c’est aussi l’occasion de prendre des décisions concrètes et d’agir sur le terrain.  Il a notamment proposé d’utiliser les villes et les communes, premier échelon de la démocratie, pour octroyer le droit de vote aux citoyens qui sont plus jeunes que l’âge de la majorité légale, afin de les faire participer plus tôt à la vie publique.

Le représentant de l’Algérie a espéré que les jeunes des pays en développement se verraient donner plus d’espoir au cours des années à venir, grâce à une plus grande autonomisation.  Il a mentionné la Déclaration de Malabo sur la jeunesse, adoptée par l’Union africaine, espérant que sa mise en œuvre aurait pour effet de renforcer la dynamique économique qui a permis au continent africain d’émerger en tant que nouveau pôle de croissance de l’économie mondiale.

Plaidant aussi en faveur d’une plus grande autonomisation des jeunes, le représentant des États-Unis a signalé l’existence d’un site Internet, www.findyouthinfo.org, qui donne des informations sur les jeunes dans le monde et sur les stratégies visant à les impliquer dans des activités civiques, ainsi que des informations portant sur les violences perpétrées à leur égard.

D’autres délégations ont expliqué ce que faisaient leurs gouvernements pour favoriser le dialogue avec les jeunes et les aider à mieux s’intégrer socialement, comme celle du Mozambique, pays qui a adopté des réglementations garantissant un meilleur accès à l’éducation des jeunes.  Le représentant du Suriname a, quant à lui, indiqué que son pays est connu pour son fort taux de participation des jeunes dans les prises de décisions nationales.  Un représentant de la jeunesse égyptienne a apporté son témoignage direct concernant les fruits du volontarisme des jeunes, grâce auquel beaucoup de changements ont eu lieu en Égypte.

Une jeune Américaine, membre de la Nation navajo, a plaidé quant à elle en faveur d’une meilleure représentation des jeunes autochtones.  Elle a aussi souligné les problèmes particuliers dont souffrent les jeunes Navajos, comme un fort taux de diabète.  Les jeunes handicapés représentent 180 millions de personnes, a indiqué pour sa part le représentant de ce groupe.  Il a expliqué les difficultés que rencontrent les jeunes aveugles en matière d’éducation dans tous les domaines.

De son côté, un représentant sénégalais de l’organisation Afrique Action a demandé une plus grande participation des jeunes aux activités menées par les Nations Unies, plaidant pour une institutionnalisation des programmes pour la jeunesse au sein de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social (ECOSOC). 

Table ronde thématique 2: « Obstacles au développement des jeunes et possibilités qui s’offrent en matière d’élimination de la pauvreté, de création d’emplois et de réalisation d’un développement durable »

Cette table ronde était coprésidée par M. JEAN ASSELBORN, Vice-Premier Ministre du Luxembourg, et M. CLÉMENT KOFI HUMADO, Ministre de la jeunesse et des sports de la Bulgarie.  Ils étaient accompagnés de Mme IRINA BOKOVA, Directrice générale de l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO); M. SHA ZUKANG, Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et sociales, M. AHMAD AL HINDAWI, de l’organisation Leaders of Tomorrow, de la Jordanie, et Mlle MONIQUE COLEMAN, première porte-parole des jeunes pour les Nations Unies.

D’une manière générale, les panélistes et les participants ont engagé les gouvernements à aller au-delà de la rhétorique, à adopter des mesures concrètes et à établir des partenariats pour intégrer les jeunes au développement de leurs pays respectifs, tout en leur permettant ainsi de devenir « non pas les dirigeants de demain, mais ceux d’aujourd’hui ».

« Depuis le début de la crise économique et financière, le taux moyen de chômage chez les jeunes a augmenté de 7%, et même quand ils ont un emploi, les jeunes sont exposés à des conditions de travail que l’on résume souvent par le terme diplomatique de « précaires », a dit d’emblée M. ASSELBORN, qui a également évoqué les discriminations dont souffrent les jeunes femmes dans le monde du travail.  « Nous sommes encore loin de l’égalité des sexes en ce qui concerne l’éducation et l’emploi », a-t-il notamment noté.

Une représentante de l’Association mondiale des filles guides et des filles scoutes a cité les mérites de l’enseignement informel dispensé par des organisations comme la sienne et elle a estimé que ce type d’éducation et de formation méritait davantage d’appui de la part des États Membres.

Réagissant à ce commentaire, le représentant de la Suisse a indiqué que si beaucoup de jeunes étaient dotés de compétences techniques, nombre d’entre eux n’avaient cependant pas suffisamment « d’intelligence sociale », notamment la capacité de travailler en groupe.  Ce genre d’enseignement se fait souvent de manière informelle, a-t-il observé.  Il a également souligné la nécessité pour chaque jeune d’aboutir à un processus éducatif ou de formation certifiée et de trouver des passerelles entre la voie de l’apprentissage et la voie académique ou universitaire. 

« On ne parle plus simplement d’éducation, mais plutôt d’éducation de qualité », a commenté pour sa part Mme BOKOVA, évoquant notamment l’importance des formations professionnelles et la nécessité pour les jeunes et les autres professionnels d’être en conformité avec les exigences du marché du travail.

Le représentant du Japon a parlé des mérites du bénévolat, tandis que son homologue de la Jordanie a estimé que l’éducation et la formation professionnelle doivent se faire en parallèle.  De son côté, la représentante des États-Unis a prôné la création de réseaux mondiaux de jeunes afin qu’ils puissent s’épauler mutuellement.

Allant plus loin, une représentante de la société civile originaire de Fidji a réclamé l’imposition de quotas de jeunes sur le marché du travail et ailleurs, observant que leur participation dans diverses sphères de la société remettait souvent en cause de vieilles traditions.  « Il faut aider les jeunes à être des décideurs et pas uniquement des consommateurs », a préconisé pour sa part le représentant de la Jordanie.

Abondant dans ce sens, le représentant de l’Italie a lancé un appel pour que l’âge minimum pour voter soit en général revu à la baisse, tandis que son homologue du Guatemala a réclamé le respect du principe d’égalité des chances.  Le représentant de la Belgique a souligné l’importance de prêter une attention particulière aux changements climatiques et d’intégrer par ailleurs des jeunes dans les délégations des États Membres.  « Êtes-vous prêts à nous inclure à la table des négociations sur un pied d’égalité? », a demandé à ce sujet le jeune délégué de Suriname.

À l’instar du représentant des Philippines, le Ministre du Ghana a prôné la création d’emplois verts, estimant par ailleurs que des efforts étaient nécessaires pour créer des emplois destinés aux jeunes afin de leur permettre de contribuer eux aussi à l’élimination de la pauvreté.  « Mais la triste réalité est que dans de nombreux pays d’Afrique et d’ailleurs, la croissance économique n’est pas assez rapide pour pouvoir donner un emploi aux jeunes », a cependant observé une représentante du secteur privé.

Consciente de ce problème, la représentante d’Haïti a engagé les gouvernements à appuyer les activités entrepreneuriales des jeunes et à leur octroyer des crédits afin de leur permettre de suivre des études universitaires.

Évoquant pour sa part la tenue prochaine et les enjeux de la Conférence Rio+20, M. SHA ZUKANG a souligné qu’il était important de respecter le droit des jeunes à hériter d’une planète en bonne santé et d’assurer un développement durable afin de pouvoir leur assurer un avenir.  « Il faut créer les conditions nécessaires leur permettant de jouer le rôle de moteur du changement qui leur revient.  Un développement durable, a-t-il affirmé, c’est l’intégration des jeunes dans l’environnement économique et social ».

M. AL HINDAWI, quant à lui, a appelé les gouvernements à créer un environnement propice à la participation des jeunes en révisant les lois nationales afin de les rendre plus favorables à cette classe d’âge.  Les organisations de jeunes qui « montrent comment fonctionne la démocratie sur le terrain » doivent bénéficier d’un financement direct du budget de l’État et l’éducation informelle doit être davantage appuyée, a estimé ce panéliste qui a par ailleurs appelé l’ONU à établir un mécanisme de coordination plus important pour les jeunes, voire même à créer une institution qui leur soit spécialement destinée.

« Il faut travailler avec les jeunes en les considérant comme un atout et non pas comme un problème », a-t-il notamment estimé, tandis que Mlle COLEMAN appelait les entreprises du secteur privé à faire preuve de responsabilité sociale.

Les répercussions des conflits sur les jeunes ont également été évoquées à plusieurs reprises au cours de cette table ronde.  « Les conflits ont fait qu’on n’entend plus la voix des jeunes, d’où l’importance d’adopter des politiques pour aider les jeunes à sortir du cycle de la violence et des crises récurrentes », a notamment estimé un représentant de la société civile originaire du Liban, tandis que Mme BOKOVA attirait l’attention sur le fait que 28 millions d’enfants sont privés d’éducation à cause des conflits, mais que seulement 2% de l’aide humanitaire destinée aux zones de conflit est consacrée à l’éducation.

Le Ministre de la défense de l’Australie a estimé que les jeunes victimes de conflit avaient une perspective précieuse à offrir aux efforts d’édification de la paix et de reconstruction.  « Leur participation permettrait d’établir une paix plus juste et plus durable », a affirmé la représentante de l’Arménie.

Le représentant de la Mongolie a évoqué, de son côté, les répercussions de l’exode rural sur la cellule familiale et les dissolutions de mariages qui en résultent souvent.  Il a notamment appelé à une meilleure gestion des flux migratoires internationaux afin de permettre aux jeunes d’y participer sans souffrir des effets néfastes du phénomène.  « L’Europe, a renchéri M. ASSELBORN, se doit de mettre sur pied une politique d’immigration qui tienne la route. »

La représentante de la République de Corée a indiqué, quant à elle, que son pays connaissait une augmentation du nombre de fugues chez les jeunes, et elle a estimé qu’il fallait faire davantage pour enrayer la violence domestique.

Enfin, l’Observateur permanent du Saint-Siège a fait lecture d’une déclaration de la Coalition de jeunes qui souligne l’importance de la famille, du droit à la vie, ainsi que celle de lutter contre la traite des personnes, entre autres.

La Charte africaine de la jeunesse a par ailleurs été citée en mérite à plusieurs reprises au cours de cette table ronde.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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