L’Assemblée adopte sa toute première résolution sur la médiation et réclame d’ici à la fin 2012 la création d’un mécanisme de suivi des engagements liés au NEPAD

22 juin 2011
AG/11104

L’Assemblée adopte sa toute première résolution sur la médiation et réclame d’ici à la fin 2012 la création d’un mécanisme de suivi des engagements liés au NEPAD

22/06/2011
Assemblée générale
AG/11104
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Assemblée générale

Soixante-cinquième session

102e séance plénière - matin

L’ASSEMBLÉE ADOPTE SA TOUTE PREMIÈRE RÉSOLUTION SUR LA MÉDIATION ET RÉCLAME D’ICI

À LA FIN 2012 LA CRÉATION D’UN MÉCANISME DE SUIVI DES ENGAGEMENTS LIÉS AU NEPAD

L’Assemblée générale a adopté* ce matin sans vote sa toute première résolution sur la médiation, « instrument prometteur et économique », dans laquelle elle invite les États Membres à « optimiser le recours à la médiation et autres instruments mentionnés au Chapitre VI de la Charte des Nations Unies pour le règlement pacifique des différends et la prévention et le règlement des conflits ».

L’Assemblée a ensuite adopté, toujours sans vote, une résolution** sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), dans laquelle elle réclame la création d’ici à la fin 2012 d’un mécanisme de suivi sur les engagements pris à ce titre.  Par ailleurs, elle a fait de la République de Moldova, un membre du Comité des conférences pour un mandat qui commencera immédiatement et qui s’achèvera le 31 décembre 2012.

Dans la résolution intitulée « Renforcement du rôle de la médiation dans le règlement pacifique des différends et dans la prévention et le règlement des conflits », qui a été présentée par la Finlande et la Turquie, l’Assemblée générale constate, dans le préambule, « l’intérêt croissant que suscite la médiation et le recours accru à celle-ci en tant qu’instrument prometteur et économique ». 

Elle encourage donc les États Membres à recourir aux capacités de médiation de l’ONU et appuie les efforts du Secrétaire général pour tenir à jour une liste de « spécialistes de la médiation bien formés, impartiaux, expérimentés et d’origines géographiques diverses à tous les niveaux ».

Dans ce contexte, elle encourage aussile Secrétaire général à nommer des femmes aux postes de chef médiateur ou médiateur principal et à veiller à ce que tous les processus des Nations Unies aient des compétences adéquates en ce qui concerne l’égalité des sexes.

L’Assemblée générale prie en outre le Secrétaire général d’élaborer des principes directeurs pour rendre la médiation plus efficace, responsable et crédible, ce qui exige, reconnaît-elle, le consentement des parties au différend ou au conflit en cause, l’impartialité des médiateurs, le respect par ceux-ci des mandats adoptés et le respect de la souveraineté nationale. 

Les délégations n’ont pas manqué d’évoquer le caractère historique de cette résolution, conscientes du fait que, comme l’a souligné le représentant de la Finlande, la médiation ne bénéficie ni de l’attention politique ni des ressources qu’elle mérite.

Le représentant de l’Union européenne a renchéri, en soulignant l’interdépendance croissante d’un monde où les conflits ou différends nationaux ou régionaux ont des répercussions directes ou indirectes « sur nous tous ». 

Il a espéré que la résolution réussira à combler le fossé prévention et alerte précoce dont les capacités ont été mises sur pied à l’échelle régionale.  Pour ce faire, a estimé le représentant de la Suisse, il faudrait aider les médiateurs à renforcer leurs connaissances et interactions en vue de combattre un milieu actuellement « plus compétitif que collaborateur ».  Son homologue de la Norvège s’est félicité des dispositions relatives aux femmes.

Expliquant sa position sur la résolution, le représentant de Cuba a avancé qu’aucun mécanisme de résolution de conflit ne pourrait être efficace « tant que certains États continueront de faire usage, ou de menacer de faire usage de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ».

Il a engagé le Conseil de sécurité à recourir davantage au Chapitre VI de la Charte, au lieu d’user de manière « excessive et précipitée » du Chapitre VII, qui, a-t-il souligné, est une mesure de dernier recours.

Le représentant de l’Arménie a jugé inacceptables les limites imposées, dans le préambule de la résolution, au principe d’autodétermination des peuples qui ne concerne pas seulement les peuples vivant « sous domination coloniale ou occupation étrangère ».  Cet alinéa ne devrait pas servir de précédent.

Le représentant de l’Argentine a espéré que la promotion de la médiation contribuera à trouver une solution à la question des îles Malvinas, tandis que celui du Venezuela a tranché: « on ne peut pas instaurer la paix en ayant recours à une guerre menée sous le prétexte de protéger une population ».

Lourde d’un dispositif de 53 paragraphes sur les mesures prises par l’Afrique et par la communauté internationale, la résolution relative au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a été présentée par l’Argentine, au nom du Groupe des 77 et de la Chine.

L’Assemblée générale prie son Président de poursuivre les consultations sur la nature, le champ d’application, les priorités et les dispositifs institutionnels d’un mécanisme de suivi des engagements ayant trait au développement de l’Afrique, afin qu’il soit opérationnel d’ici à la fin de la soixante-sixième session.

Dans cette résolution, l’Assemblée constate en effet « avec une vive inquiétude »que l’Afrique est parmi les plus touchés par les conséquences de la crise financière et économique mondiale et estime que même si l’on assiste à une relance de la croissance, il est indispensable de soutenir la reprise économique qui est fragile et inégale.

Elle se déclare préoccupée par la part trop réduite de l’Afrique dans les échanges commerciaux internationaux, qui ne dépasse pas 2%, et s’inquiète que l’aide publique au développement (APD) consacrée à l’Afrique n’augmentera probablement que de1% par an en termes réels, contre 13% en moyenne au cours des trois dernières années. 

L’engagement pris de doubler l’aide en faveur de l’Afrique à l’horizon 2010, lors du Sommet du G-8, en 2005, n’a pas été entièrement respecté, s’inquiète l’Assemblée qui réaffirme un autre engagement, celui de créer un mécanisme de suivi. 

La prochaine réunion de l’Assemblée générale aura lieu cet après-midi à partir de 15 heures.

A/65/L.79

 ** A/65/L.69/Rev.1

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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