La riposte au VIH/sida passe par l’amélioration de la condition des femmes et des filles dans les sociétés

9 juin 2011
AG/11092

La riposte au VIH/sida passe par l’amélioration de la condition des femmes et des filles dans les sociétés

09/06/2011
Assemblée générale
AG/11092
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

Table ronde sur le VIH/sida

Après-midi

LA RIPOSTE AU VIH/SIDA PASSE PAR L’AMÉLIORATION DE LA CONDITION DES FEMMES ET DES FILLES DANS LES SOCIÉTÉS

Une table ronde présidée par M. Hanno Pevkur, Ministre des affaires sociales de l’Estonie, s’est tenue cet après-midi sur le thème « Les femmes, les filles et le VIH ».

Organisée dans le cadre de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale, qui a lieu à New York du 8 au 10 juin 2011, cette table ronde est venue rappeler que l’inégalité entre les sexes et les violences sexuelles compromettent la capacité des femmes et des filles à se protéger contre le VIH et favorisent donc la propagation de l’épidémie.

« En 30 ans, nous avons appris que le VIH n’est pas seulement un problème médical.  C’est aussi un problème social », a dit M. Pevkur, soulignant l’impact renforcé du virus sur les femmes.

Pour lutter contre ce fléau, « le mot clef est l’éducation », tant des femmes que des hommes.  Ce message du Ministre de l’Estonie a trouvé un écho tout au long du débat. 

Les intervenants ont pris fait et cause pour l’autonomisation des femmes.  Ils ont reconnu qu’il fallait tenir compte des besoins des femmes tout au long de leur vie.

L’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive ainsi que les droits de l’homme, la sécurité et la dignité des femmes ont également été des thèmes récurrents.

« Le VIH/sida est une maladie transmise par les hommes mais dont souffrent les femmes », a déclaré le Ministre de la santé de l’Afrique du Sud, pour qui les relations de pouvoir sont une cause de propagation.  « Le VIH/sida modifie au quotidien la vie de la population », et c’est la raison pour laquelle l’Afrique du Sud a complètement revu son système de santé de base.

Le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a souligné que, sur 7 milliards de personnes dans le monde, un milliard de jeunes femmes, dont 90% vivant dans les pays en développement, sont susceptibles de contracter le VIH/sida.  

En Afrique subsaharienne, 22,5 millions de personnes, dont 60% de femmes, vivent avec le VIH/sida, a précisé la représentante de la société civile du Swaziland.  Les femmes africaines ont besoin d’un cadre juridique protecteur.  Elles doivent participer à tous les processus de prise de décisions.  « Nous sommes capables de changer les sociétés si vous nous faites confiance », a renchéri la représentante du Zimbabwe.

Il s’agit d’un combat politique que les femmes doivent mener, a encouragé le représentant de la Norvège.

« Les mots ne sont pas suffisants », a dit en écho le Premier Ministre de Saint-Martin, « il faut s’engager pour que les rêves se réalisent et que le statut des femmes et fillettes dans la société change ». 

La représentante du Brésil a déploré le déficit de volonté politique lorsqu’il s’agit de parler des femmes pendant tout leur cycle de vie et pas seulement au niveau de la reproduction.  Comme elle, la représentante du Libéria a dit qu’il fallait voir dans les femmes « autre chose que des mères de famille ».

La Présidente de l’International Women Health Coalition a prôné une éducation sexuelle complète pour que les jeunes puissent mener une vie saine.

À cet égard, le représentant du Royaume-Uni a reconnu qu’il fallait commencer par s’intéresser à la forte vulnérabilité des adolescentes et avoir une politique très large en matière de prévention, via notamment l’éducation secondaire.

« Les femmes doivent pouvoir prendre des décisions délibérées pour leur vie sexuelle et reproductive », a insisté la représentante du Pérou.  Elle a proposé que les différents acteurs de la société travaillent en collaboration avec les médias et les organisations religieuses qui ont une influence considérable sur la vie des personnes.

« Les femmes doivent être propriétaires de leurs corps », a poursuivi dans le même élan la représentante du Mexique, où le nombre d’adolescentes enceintes a beaucoup augmenté au cours des 10 dernières années.

Au Kenya, où « le sida est considéré comme une catastrophe nationale », le Gouvernement essaie de toucher le plus de femmes possibles.  En Zambie, le Gouvernement s’efforce d’améliorer la situation économique et sociale des femmes et de protéger les victimes de violences sexistes.

Sur ce dernier sujet, une étude réalisée au Swaziland a révélé qu’une femme sur trois avait connu une forme de violence sexuelle alors qu’elle était enfant.

« Pendant des siècles, les femmes ont été exploitées sexuellement en Inde », a reconnu le représentant de ce pays qui compte 500 millions de femmes.  L’Inde ne ménage pas ses efforts dans le domaine de l’autonomisation des femmes, notamment sur les questions des castes et des mariages forcés, mais elle doit encore progresser.

Le représentant du FNUAP a conclu qu’il fallait « créer une nouvelle avant-garde d’activistes féminines de la société civile » pour donner aux femmes et aux filles les moyens nécessaires pour connaître et revendiquer leurs droits, et, ainsi, mieux combattre le VIH/sida.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.