Parvenir à « zéro nouvelle infection » c’est repenser la prévention du sida dans son caractère muldimensionnel et adaptable aux différents contextes

8 juin 2011
AG/11089

Parvenir à « zéro nouvelle infection » c’est repenser la prévention du sida dans son caractère muldimensionnel et adaptable aux différents contextes

08/06/2011
Assemblée générale
AG/11089
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

Table ronde sur le VIH/sida

après-midi

PARVENIR À « ZÉRO NOUVELLE INFECTION » C’EST REPENSER LA PRÉVENTION DU SIDA DANS SON CARACTÈRE MULDIMENSIONNEL ET ADAPTABLE AUX DIFFÉRENTS CONTEXTES

Une table ronde, présidée par Mme Marie-Josée Jacobs, Ministre de la coopération et de l’action humanitaire du Luxembourg, s’est tenue cet après-midi sur le thème « Comment atteindre l’objectif « zéro nouvelle infection »?  Les participants ont adhéré aux propos de la Ministre luxembourgeoise selon lesquels « il faut repenser la prévention » qui doit être multidimensionnelle et adaptée aux différents contextes.  

Organisée dans le cadre de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur le VIH/sida, qui a lieu à New York du 8 au 10 juin 2011, cette table ronde fait partie de l’effort collectif pour décider de l’orientation future de la riposte mondiale, a rappelé la Ministre.

Plus de 30 ans après la découverte du premier cas de VIH/sida, « l’épidémie frappe toujours ».  De mortelle, la maladie est devenue chronique et des efforts supplémentaires doivent être déployés sur tous les fronts pour en venir à bout.

La majorité des intervenants ont partagé le point de vue de la Ministre luxembourgeoise selon lequel « il faut repenser la prévention » afin de réduire radicalement le nombre de nouveaux cas d’infection.

En 2010, le Programme commun des Nations Unies (ONUSIDA) a défini sa nouvelle ambition – un monde sans nouveaux cas d’infection, sans discrimination et sans décès dû au sida.

La Ministre luxembourgeoise a souligné que la prévention était une question de santé publique qui appelle un financement conséquent à long terme.  « Il est inadmissible que des choix doivent être faits entre prévention et renforcement des systèmes de santé ».  La prévention doit être multidimensionnelle et adaptée aux contextes.

Un grand nombre de participants ont estimé, comme elle, que l’éducation des jeunes était un vecteur fondamental pour la prévention.  Les préservatifs sont, à cet égard, perçus comme la pierre angulaire de la prévention.

Les intervenants ont été nombreux à condamner la stigmatisation et la discrimination qui font peser un double fardeau sur les groupes vulnérables, en particulier les consommateurs de drogues, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les prostitués ou les détenus.

Le représentant du Ministère de la santé du Brésil a parlé de la manière dont son pays fait face à l’épidémie, grâce à une combinaison de solutions techniques et à un engagement politique très fort.

Malgré les succès de ces dernières années, les chiffres à l’échelle mondiale pour ce qui est de la prévalence du VIH et des taux de mortalité sont inacceptables, a-t-il jugé.  « Nous ne pouvons pas attendre une autre période de 30 ans pour réfléchir à la manière dont nous pouvons éliminer le VIH/sida ».

Il faut, a-t-il dit, identifier clairement les besoins pour éliminer « les barrières visibles et invisibles » qui entravent la prévention.

Dans le même ordre d’idées, l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a reconnu que la stigmatisation et la discrimination constituaient des obstacles majeurs à la prévention et au traitement.

« Il faut des dirigeants à tous les niveaux pour faire sortir le VIH/sida de l’ombre », a-t-elle insisté.  Le PNUD a créé une commission sur le sida et le droit pour réfléchir aux meilleures réactions à l’épidémie.  Il faut tendre la main aux groupes marginalisés.

« Il y aura 21 000 nouvelles infections de plus dans le monde à la fin de la réunion de haut niveau », a alerté le représentant de la société civile.

Selon lui, trop de barrières juridiques érigent la transmission du VIH/sida en infraction pénale.  Parvenir à zéro infection, c’est possible avec des cadres juridiques et politiques qui protègent les populations à risque et défendent le droit de tous à l’accès à la prévention et au traitement.  Il faut apprendre aux jeunes « comment négocier la sécurité des relations sexuelles » et, en particulier, utiliser des préservatifs.

Le représentant du Swaziland a indiqué que son pays avait relevé la barre en vue de financer l’accès universel aux traitements antirétroviraux et engagé une campagne de circoncision en ciblant 150 000 hommes de 15 à 49 ans.  Le Swaziland s’efforce de changer les comportements avec des campagnes de communication.

Pour la représentante de la Suisse, la prévention doit prendre en compte les risques accrus encourus par les groupes de population à risque, non pas pour les criminaliser mais pour les faire sortir de l’ombre.  Elle a mis l’accent sur les mesures prises en Suisse pour endiguer le VIH/sida chez les consommateurs de drogues qui ont permis de réduire la prévalence du VIH/sida et sur la prise en charge médico-sociale dans la prévention, le traitement et la réduction des risques.

Le Secrétaire général de l’Union interparlementaire a proposé « d’investir dans le leadership parlementaire ».  Il a prôné davantage de responsabilisation à travers les mécanismes parlementaires, sachant qu’il faut amender et adopter de meilleures lois dans la plupart des pays pour combattre la discrimination et la stigmatisation.

Une jeune femme, droguée à l’âge de 12 ans, a parlé de la prévention parmi les jeunes toxicomanes.  On risque d’ignorer la réalité de ceux qui utilisent les drogues pour s’évader, s’amuser ou combattre la faim, si l’on s’en tient à des approches purement punitives.  Elle a jugé urgent de « lever les restrictions arbitraires d’âge pour avoir accès à des services de prévention conviviaux ».

Il faut centrer les efforts d’éducation sur les jeunes femmes, a dit la représentante d’un service de recherche d’Afrique du Sud, avant que la représentante de la Suède ne plaide pour un recours accru aux médias sociaux.

Dans les catégories à éduquer, la représentante de l’Indonésie a ajouté celle des hommes migrants qui sont des travailleurs sexuels dont il faut « parler franchement ». Pour arriver à zéro nouvelle infection, « il faut agir avec les groupes vulnérables dans un langage qui leur soit compréhensible » et les traiter avec amour et dignité, a plaidé le représentant de l’Australie.

De manière plus concrète, le représentant du Congoa argué que « les gens acceptent de se faire dépister s’ils ont l’assurance de recevoir un traitement dans le cas où ils sont séropositifs ». Dans ce cadre, a voulu la représentante du Bénin, il faut expliquer aux médecins traditionnels qu’ils « ne peuvent pas guérir le sida ».

« La question est de savoir si nous avons la volonté de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination qui empêchent les populations vulnérables de jouir des droits de l’homme », a estimé le représentant du Bureau de la Haut Commissaire aux droits de l’homme.

« La question des droits des parents à l’éducation de leurs enfants » doit être posée, a tempéré la représentante du Saint-Siège.  La stratégie de l’ONUSIDA doit tenir compte de tous les points de vue, a acquiescé son homologue du Soudan.

Pour sortir le sida de l’ombre, « il faut appeler un chat un chat et faire face aux réalités », a conclu l’Administratrice du PNUD.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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