L’Assemblée générale suspend le droit de siéger au conseil des droits de l’homme de la Jamahiriya arabe libyenne

1 mars 2011
AG/11050

L’Assemblée générale suspend le droit de siéger au conseil des droits de l’homme de la Jamahiriya arabe libyenne

1/03/2011
Assemblée générale
AG/11050
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SUSPEND LE DROIT DE SIÉGER AU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME DE LA JAMAHIRIYA ARABE LIBYENNE


« Le monde s’est exprimé d’une seule voix », a déclaré le Secrétaire général, exigeant un « arrêt immédiat » des violences contre les civils


L’Assemblée générale, « profondément préoccupée par la situation qui règne dans la Jamahiriya arabe libyenne sur le plan des droits de l’homme », a suspendu, cet après-midi, la Jamahiriya arabe libyenne de son droit de siéger au Conseil des droits de l’homme.  


« Le monde s’était exprimé d’une seule voix », a déclaré le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon.  « Nous exigeons un arrêt immédiat de la violence contre les civils et le plein respect de leurs droits et libertés fondamentales, y compris la liberté d’association pacifique et la liberté d’expression », a-t-il ajouté.


« La crédibilité de la communauté internationale, de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l’homme est en jeu lorsqu’il s’agit de faire respecter les droits de l’homme et de punir les violations », a fait observer, pour sa part, le Président de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss. 


L’Assemblée générale, dans sa résolution*, adoptée sans vote, a ainsi pris acte de la recommandation qui lui avait été faite par le Conseil des droits de l’homme.


Le 25 février, lors d’une session extraordinaire, le Conseil des droits de l’homme avait en effet demandé à l’Assemblée générale, « au regard des violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme commises par les autorités libyennes », d’envisager la suspension de la Jamahiriya arabe libyenne en tant que membre du Conseil. 


Il lui avait également recommandé de dépêcher d’urgence une commission internationale d’enquête indépendante, chargée d’enquêter sur toutes les allégations de violations du droit international relatif aux droits de l’homme en Libye.


Le Secrétaire général a également indiqué qu’il nommerait dans quelques jours un Envoyé spécial, qui travaillera en étroite collaboration avec les gouvernements régionaux et la communauté internationale en vue de coordonner une réponse humanitaire « rapide et efficace ».


« De la Tunisie à l’Égypte, du Bahreïn au Yémen et au-delà, les peuples de la région exigent de nouveaux droits et de nouvelles libertés », a en outre affirmé M. Ban, estimant que la communauté internationale devait rester « ferme ».  Mais, dans le même temps, « il est important qu’au moment où ces États s’efforcent de changer leur avenir, la communauté internationale reconnaisse que le changement doit venir de l’intérieur ».


La trentaine de délégations qui se sont exprimées à l’occasion de cette décision historique de l’Assemblée générale ont condamné la répression exercée par le régime libyen contre sa propre population, réclamant une cessation immédiate de ces violences.


S’exprimant au nom du Groupe des États d’Afrique, le représentant de Maurice a affirmé que les  aspirations du peuple libyen étaient légitimes et devaient être respectées.  « Chaque État Membre a le devoir de protéger tous les droits de l’homme, mais ceux qui siègent au sein du Conseil des droits de l’homme ont une responsabilité supplémentaire à cet égard », a-t-il souligné. 


Loin de s’apparenter à une punition du peuple libyen, cette décision de l’Assemblée générale lui envoie au contraire un « message très fort de solidarité », a expliqué la Hongrie, qui intervenait au nom de l’Union européenne.  « La réintégration de la Libye au sein du Conseil des droits de l’homme pourra d’ailleurs être envisagée, à la lumière de l’évolution de la situation sur le terrain », a-t-il assuré.  


De son côté, le représentant du Venezuela a estimé que le peuple libyen devait désormais défendre ses droits « sans ingérence de forces étrangères ».  La résolution que vient d’adopter l’Assemblée générale, a déclaré son délégué, « ne doit pas être interprétée comme portant atteinte à l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Jamahiriya arabe libyenne ».


Créé par l’Assemblée générale, en vertu de sa résolution A/RES/60/251 en date du 15 mars 2006, le Conseil des droits de l’homme est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 États qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde.  


L’Assemblée générale est autorisée, par la même résolution, à suspendre le droit de siéger d’un de ses membres qui aurait commis des violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme.


* A/65/L.60


 
APPLICATION DES RÉSOLUTIONS DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES: PROJET DE RÉSOLUTION A/65/L.60


Déclarations


M. JOSEPH DEISS, Président de l’Assemblée générale, a déclaré que les États Membres étaient réunis aujourd’hui pour examiner une question grave, à savoir la suspension du droit de la Jamahiriya arabe libyenne à siéger au sein du Conseil des droits de l’homme.  Il a affirmé que les évènements qui ont secoué le monde arabe au cours de ces dernières semaines nous ont rappelé qu’il ne pouvait y avoir de sécurité, ni de développement sans le respect des droits de l’homme.  La crédibilité de la communauté internationale, de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l’homme est en jeu lorsqu’il s’agit de faire respecter les droits de l’homme et de punir les violations, a prévenu le Président.  « Hier, à l’occasion de sa 16e session, je me suis adressé au Conseil des droits de l’homme, auquel j’ai rappelé l’importance de renforcer la protection et la promotion des droits de l’homme en donnant l’exemple, en faisant respecter les normes les plus élevées et refusant le deux poids, deux mesures » a-t-il dit.  La tenue d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme sur la Jamahiriya arabe libyenne vendredi dernier, qui a débouché sur l’adoption d’une résolution à l’unanimité, a adressé un premier signal fort.  Aujourd’hui, c’est au tour de l’Assemblée générale d’assumer sa responsabilité en montrant son unité et sa détermination à promouvoir les valeurs fondamentales de la Charte des Nations Unies.  C’est notre devoir vis-à-vis des hommes et des femmes qui luttent pour que leurs droits soient respectés.  C’est pourquoi, M. Deiss a émis l’espoir que le débat de cet après-midi serait l’occasion de faire de l’Assemblée générale un instrument au service de la paix, de la sécurité et de la prospérité.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a saisi l’occasion de cette séance pour informer l’Assemblée générale des derniers événements en Libye.  L’Assemblée générale se réunit sur une crise marquée par des violences, une crise humanitaire croissante et une situation politique qui pourrait rapidement se détériorer.  Faisant référence à la dernière réunion d’urgence du Conseil de sécurité, ce week-end, et des déclarations fortes de nombreux dirigeants et organisations internationales, telles que la Ligue des États arabes, l’Union africaine, l’Organisation de la Conférence islamique ou l’Union européenne, le Secrétaire général a déclaré que le monde s’était exprimé d’une seule voix.  « Nous exigeons un arrêt immédiat de la violence contre les civils et le plein respect de leurs droits fondamentaux des droits de l’homme, y compris la liberté d’association pacifique et la liberté de parole », a-t-il affirmé.


M. Ban s’est félicité de la recommandation du Conseil des droits de l’homme d’envisager la suspension du pays en tant que membre du Conseil tant que les violences se poursuivent, de même que sa décision de dépêcher une commission internationale d’enquête indépendante, chargée d’enquêter sur toutes les violations alléguées du droit international relatif aux droits de l’homme en Libye.  Il a en outre salué la décision du Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour connaître de la situation en Libye.


Toutes ces actions, a-t-il dit, adressent un message fort et important, un message qui a de grandes conséquences à l’intérieur de la région et au-delà selon lequel il n’y a pas d’impunité.  Les auteurs de crimes contre l’humanité seront sanctionnés et les principes fondamentaux de justice et de responsabilité prévaudront, a-t-il précisé.  Le Secrétaire général a engagé vivement l’Assemblée générale à agir avec la même détermination.


M. Ban a ensuite fait état des dernières informations en provenance de la Libye, lesquelles, a-t-il dit, sont loin d’être rassurantes.  Il s’est déclaré gravement préoccupé par les pertes en vies humaines, la poursuite de la répression de la population et les incitations claires à la violence proférées par le colonel Qadhafi et ses partisans.  Il a souligné que le nombre de morts dépassera probablement 1 000, comme cela avait été indiqué vendredi devant le Conseil de sécurité.


En ces circonstances difficiles et imprévisibles, il est fondamental que la communauté internationale reste unie, a commenté le Secrétaire général, précisant avoir eu, hier à Washington, des consultations sur ce sujet avec le Président des États-Unis, M. Barack Obama, et qu’il ferait de même dans les prochains jours avec d’autres dirigeants mondiaux et régionaux.


M. Ban a ainsi mis l’accent sur la nécessité d’assurer une véritable protection du peuple de Libye, d’abord pour que cesse la violence, puis pour faire face à une situation humanitaire d’urgence.  Il faut des actions concrètes sur le terrain, a-t-il assuré.  Des actions concrètes sur le terrain sont indispensables pour fournir aux Libyens une assistance humanitaire et médicale.  Le temps est fondamental, car, a-t-il dit, des milliers de vies sont en jeu. 


Dans les jours à venir, des équipes d’évaluation des Nations Unies seront déployées en vue d’organiser la réponse humanitaire, a-t-il annoncé.  De même, il réunira les chefs des institutions et programmes humanitaires des Nations Unies, ainsi que d’autres groupes internationaux ou régionaux, notamment la Ligue des États arabes, l’Union africaine ou l’Organisation de la Conférence islamique.  M. Ban a également indiqué qu’il nommerait dans quelques jours un Envoyé spécial, qui travaillera en étroite collaboration avec les gouvernements régionaux et la communauté internationale en vue de coordonner une réaction rapide et efficace.


La transition vers un nouveau système démocratique de gouvernance devrait commencer maintenant, a déclaré M. Ban.  De la Tunisie à l’Égypte, du Bahreïn au Yémen et au-delà, les peuples de la région exigent de nouveaux droits et de nouvelles libertés, a-t-il poursuivi, estimant que la communauté internationale doit rester ferme.  Mais, dans le même temps, il est important, a-t-il estimé, qu’au moment ou ces États s’efforcent de changer leur avenir, la communauté internationale reconnaisse que le changement doit venir de l’intérieur.  Le Secrétaire général a ainsi mis l’accent sur la nécessité pour les Libyens de prendre en main leur avenir et d’assurer eux-mêmes le leadership du pays, en phase avec les aspirations populaires à la dignité et à la justice.  L’ONU se tient prête, a-t-il déclaré, à assister à leur demande, et de toutes les façons possibles, les peuples de la région et leur gouvernement.


Présentant le projet de résolution, M. NAWAF SALAM (Liban) a rappelé que le Conseil de sécurité avait adopté, le 26 février, la résolution 1970 pour aider à mettre fin aux violences en Jamahiriya arabe libyenne.  « Nous espérons  que le projet présenté aujourd’hui à l’Assemblée lui permettra de donner effet à la recommandation du Conseil des droits de l’homme, qui demande la suspension de la Jamahiriya arabe libyenne de siéger à ce Conseil ».  Les pays coauteurs de ce texte soulignent bien le caractère « exceptionnel » et « temporaire » de la mesure adoptée aujourd’hui, puisqu’un mécanisme est prévu pour faire une évaluation de la situation des droits de l’homme en Libye, a souligné le représentant.



Explications de position avant l’adoption


Prenant la parole au nom du Groupe des États d’Afrique, le représentant de Maurice a déclaré que sa délégation était profondément préoccupée par la situation qui prévaut en Libye et c’est pourquoi, elle appuie le projet de résolution dont est saisi l’Assemblée générale.  Le Groupe des États d’Afrique, a-t-il ajouté, réaffirme que les aspirations du peuple libyen sont légitimes et doivent être respectées.  La communauté internationale doit maintenant envoyer un message très fort aux responsables de la violence contre le peuple libyen.  Chaque État Membre a le devoir de protéger tous les droits de l’homme, mais ceux qui siègent au sein du Conseil des droits de l’homme ont une responsabilité supplémentaire à cet égard, a estimé le représentant.  Le Groupe des États d’Afrique souhaite, avant de conclure, que l’Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme puissent revoir éventuellement leur décision à la lumière de l’évolution des droits de l’homme en Libye.


Le représentant du Gabon a réaffirmé que son pays respectait les droits de l’homme et les libertés fondamentales.  Le Gabon appuie le projet de résolution, mais ne se porte pas coauteur, a-t-il indiqué.


Le représentant du Venezuela a profondément regretté les récents évènements en Jamahiriya arabe libyenne.  Le Venezuela, a-t-il rappelé, est historiquement lié au monde arabe: le peuple vénézuélien est solidaire avec le peuple libyen dans la lutte pour la réalisation de ses aspirations nationales et son droit à l’autodétermination.  Le peuple libyen doit maintenant défendre ses droits sans ingérence de forces étrangères, a-t-il dit.  « Nous connaissons les efforts réalisés par les pays amis pour éviter que la résolution 1970 du Conseil de sécurité ne se transforme en instrument de guerre ».  C’est pourquoi le projet de résolution dont est saisi l’Assemblée générale ne doit pas être interprété comme portant atteinte à l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Jamahiriya arabe libyenne, a poursuivi le représentant.  Selon l’Agence France-Presse, le Pentagone a annoncé que l’armée américaine était en train de positionner des forces autour de la Libye, alors même que la résolution du Conseil de sécurité ne fait aucune mention du recours à la force, a-t-il fait remarquer.  Le représentant a dénoncé l’intention des États-Unis de mobiliser une force navale en vue d’intervenir dans le pays, ce que le Venezuela rejette.  « Nous sommes certains que le peuple libyen rejettera l’occupation militaire de leur pays par une force étrangère, a-t-il dit, en déplorant la politique des « deux poids, deux mesures » que les pays impérialistes appliquent en matière de respect des droits de l’homme.  La mort d’un Libyen est tout aussi douloureuse que celle que subissent les peuples victimes des puissances impérialistes.  Qui paye aujourd’hui pour les morts iraquiens et palestiniens? a-t-il demandé en conclusion.


Explications de position après l’adoption


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a reconnu que la suspension de la Libye du Conseil des droits de l’homme était une mesure sévère, tout en soulignant que les dirigeants libyens l’avaient voulue.  Les États-Unis, a-t-elle dit, sont épouvantés par la situation en Libye.  Par de telles violations des droits de l’homme, le dirigeant libyen, a-t-elle ajouté, a perdu toute légitimité de gouverner.  Il doit partir, et doit partir maintenant, a-t-elle déclaré.  C’est un régime qui n’a pas été à la hauteur de sa responsabilité de protéger sa propre population, a souligné la représentante des États-Unis.  Elle a, par ailleurs,

rejeté totalement les déformations, selon elle, terribles et arbitraires faites par la délégation vénézuélienne, concernant la position américaine.  Elle a jugé honteux qu’un État Membre se serve de cette situation pour répandre des mensonges et encourager la crainte et la haine, a-t-elle commenté. 


M. CSABA KORÖSI (Hongrie), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a indiqué que la suspension de la Libye en tant que membre du Conseil des droits de l’homme constituait la réponse appropriée pour faire face à la situation qui prévaut actuellement en Libye, et dont l’extrême gravité a été reconnue par de nombreux acteurs internationaux comme l’Union africaine, la Ligue des États arabes et l’Union européenne elle-même.  Il a rappelé qu’en devenant membre du Conseil en mai dernier, la Libye s’était formellement engagée à promouvoir les normes les plus élevées en matière de promotion et de protection des droits de l’homme.  Les violations les plus flagrantes y ont cours aujourd’hui.  En suspendant la Libye, l’Assemblée générale ne fait qu’utiliser les instruments mis à sa disposition par l’acte constitutif du Conseil.


Loin de s’apparenter à une punition du peuple libyen, cette décision lui envoie au contraire un message très fort de solidarité, a poursuivi le représentant. La réintégration de la Libye au sein du Conseil des droits de l’homme pourra d’ailleurs être envisagée, à la lumière de l’évolution de la situation sur le terrain.  M. Korösi a indiqué en conclusion que beaucoup restait à faire pour protéger la population libyenne et évacuer tous les ressortissants étrangers et pour que les auteurs des crimes commis en Libye soient traduits en justice. Saluant l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1970 du 26 février, le représentant a indiqué que c’était au tour aujourd’hui de l’Assemblée générale d’envoyer au monde un message fort sur la situation actuelle en Libye.


Le représentant du Mexique a jugé essentiel de préserver l’intégrité du Conseil des droits de l’homme en suspendant la Jamahiriya arabe libyenne de la participation de ses travaux tant que la situation actuelle en matière de droits de l’homme ne s’améliorera pas et que l’état de droit dans le pays ne sera pas rétabli.


Le représentant du Liban s’est dit, quant à lui, honoré d’avoir contribué à l’élaboration du projet de résolution.  Il a rappelé que le Liban, qui avait connu des guerres et des violences pendant de longues années, s’est doté  d’une Constitution qui attache une importance particulière au respect des droits de l’homme.


Le représentant des Philippines s’est inquiété de ce que la situation des droits de l’homme en Jamahiriya arabe libyenne puisse avoir un impact sur les pays de la région et au-delà.  Les États Membres doivent, a-t-il dit, ouvrir leurs frontières aux réfugiés en provenance de Libye.  Il s’est dit préoccupé, en particulier par le sort des 26 000 ressortissants philippins qui se trouvent actuellement dans ce pays.


M. JOHN MCNEE(Canada) s’est dit effrayé par les images montrant la répression violente exercée par le régime libyen.  Maintenir la Libye au sein du Conseil des droits de l’homme aurait été un affront pour le peuple libyen qui se bat pour la liberté, a-t-il notamment déclaré, en se félicitant de la décision rapide que vient de prendre l’Assemblée générale.


Mme THILMEEZA HUSSAIN (Maldives) a qualifié d’historique la recommandation du Conseil des droits de l’homme de suspendre le droit de la Libye de siéger au sein de ce Conseil, à la suite des flagrantes violations des droits de l’homme commises par ses dirigeants. Cette recommandation, ainsi que l’imposition de sanctions décidées contre le régime par le Conseil de sécurité, bien qu’étant des mesures importantes, ne suffisent cependant pas pour mettre fin aux violences qui se produisent actuellement dans le pays, a-t-elle estimé. « Des décisions fermes doivent être prises contre les responsables de violations des droits de personnes innocentes », a-t-elle insisté.  Les violations commises en Lybie pourraient constituer des crimes contre l’humanité, a en outre soutenu la déléguée. « Le dictateur Libyen n’a aucune intention de s’acquitter de sa responsabilité première de protéger son peuple », a-t-elle dit.  C’est pourquoi, il revient à la communauté internationale d’intervenir, a conclu Mme Hussain.


M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a affirmé que la répression violente exercée par le régime libyen constituait un des épisodes les plus honteux de ces dernières années.  Il est urgent de cesser la violence, a-t-il dit, en condamnant les violations qui sont actuellement commises par le régime de Muammar Qadhafi.  Les aspirations du peuple libyen sont légitimes.  Pour parvenir à la réconciliation nationale, il est nécessaire d’établir les responsabilités, a-t-il souligné.


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a souligné que les droits de l’homme étaient universels, indivisibles, interdépendants et se renforçaient mutuellement.  La répression par la violence d’un mouvement populaire demandant des réformes est inacceptable, a-t-il dit, en se déclarant, en particulier, préoccupé par la situation des femmes et des enfants dans le pays.  La promotion et la défense des droits de l’homme est un des piliers de la politique intérieure et extérieure du Chili, a-t-il en outre affirmé pour expliquer la décision de son pays, également membre du Conseil des droits de l’homme, de se porter coauteur de la résolution que l’Assemblée générale vient d’adopter.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a affirmé qu’il ne faisait aucun doute que les droits les plus fondamentaux du peuple libyen étaient aujourd’hui bafoués.  Le Gouvernement de ce pays n’assume nullement la responsabilité de protéger les droits de son peuple, a-t-il insisté, avant de dire qu’il considérait la résolution adoptée aujourd’hui comme un geste de solidarité pour promouvoir et défendre les droits de l’homme dans le monde entier.


M. PEDRO NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) s’est déclaré préoccupé par les déclarations des représentants des États-Unis et de l’Union européenne et a affirmé que sa délégation s’opposait catégoriquement à une intervention militaire en Jamahiriya arabe libyenne.  Il a ensuite indiqué que sa délégation s’était dissociée du paragraphe 14 de la résolution, adoptée le 25 février par le Conseil des droits de l’homme, paragraphe qui crée selon lui un « précédent négatif » pour la coopération en matière de droits de l’homme qui sous-tend les travaux du Conseil.  Il a rappelé l’opposition historique de sa délégation à la clause de suspension du droit d’un État membre à siéger au sein du Conseil des droits de l’homme.  Il a fait observer que les promoteurs les plus enthousiastes de l’application de la clause en question étaient précisément les pays développés, pointant leur tendance « à accuser les pays du Sud tout en gardant un silence complice sur les violations des droits de l’homme commises dans les pays du Nord. »


M. PABLO ANTONIO THALASSINÓS (Panama) a condamné les violations des droits de l’homme en Libye.  Il a espéré que la mission d’enquête mise en place par le Conseil des droits de l’homme sera envoyée sur le terrain le plus rapidement possible.  Sa délégation, a-t-il dit, soutient la résolution 1970 (2011) en tant que premier mécanisme pour freiner la situation en Libye.


M. EDUARDO ULIBARRI (Costa Rica) a salué la décision historique prise par l’Assemblée générale en suspendant la Libye du Conseil des droits de l’homme.  Cette réaction face aux attaques lancées par les forces libyennes contre des civils désarmés constitue, a-t-il dit, une reconnaissance de la transcendance des droits de l’homme au sein du système et de la communauté internationale.  Il s’agit également, a-t-il ajouté, de corriger une erreur qui avait été commise en élisant la Libye au Conseil des droits de l’homme.


M. ROBERTO RODRÍGUEZ (Pérou) a condamné énergiquement la répression violente effectuée contre des manifestants qui expriment leur mécontentement et réclament des réformes dans le pays.  Cette répression doit cesser immédiatement, a-t-il affirmé.  La décision que vient d’adopter l’Assemblée générale est cohérente par rapport aux mesures qu’il convient de mettre en oeuvre à l’égard des membres qui ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités, a-t-il estimé.


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) s’est dit gravement préoccupé de la situation qui prévaut en Libye et les possibles crimes contre l’humanité qui y ont été commis. C’est pourquoi, il a salué l’envoi par le Conseil des droits de l’homme d’une commission d’enquête et la saisine du Procureur de la Cour pénale internationale par le Conseil de sécurité pour connaître de la situation en Libye. Il a souligné que ces deux décisions ont été adoptées à l’unanimité.


S’agissant de la suspension, sans précédent, d’un membre du Conseil des droits de l’homme pour violations flagrantes des droits de l’homme, M. Wenaweser a déclaré que l’Assemblée générale avait agi de manière indépendante sur ce sujet, en mettant pleinement en œuvre la résolution 60/251. L’Assemblée générale, en répondant de manière décisive à la situation en Libye, et ce dans le respect de ladite résolution, a renforcé l’autorité du Conseil des droits de l’homme, a-t-il affirmé.


M. SVEIN ATLE MICHELSEN (Norvège) a affirmé que par la résolution que l’Assemblée générale vient d’adopter, elle a ainsi exprimé la volonté de la communauté internationale de suspendre du Conseil des droits de l’homme un État Membre, la Libye, pour les graves violations des droits de l’homme commises ces derniers jours.  Le 25 février, a-t-il rappelé, le Conseil des droits de l’homme avait unanimement condamné les violations systématiques des droits de l’homme commises en Libye.  Aujourd’hui, c’est au tour de l’Assemblée générale d’entériner la recommandation de ce Conseil de suspendre la participation de la Libye à ses travaux.  La Norvège félicite également les 15 membres du Conseil de sécurité qui, en réagissant rapidement, ont unanimement adopté samedi dernier une résolution importante qui répondait à la « folie » des actes du régime de Muammar Al-Qadhafi.  En tant que membre du Conseil des droits de l’homme, la Norvège se félicite de l’adoption de la résolution d’aujourd’hui par laquelle l’Assemblée générale a préservé la crédibilité de ce Conseil, de même que sa propre crédibilité, a souligné le délégué.  Il a ajouté que par ce texte, la communauté internationale envoyait un message clair de soutien à ceux qui se battent pour le respect de leurs droits inaliénables.


M. TSUNEO NISHIDA (Japon) a affirmé que les auteurs des actes haineux dont sont victimes les manifestants libyens devront être traduits en justice.  Le représentant a demandé aux dirigeants libyens d’arrêter immédiatement la violence contre le peuple libyen et de mettre en oeuvre sans retard les dispositions des dernières résolutions du Conseil des droits de l’homme et du Conseil de sécurité.


M. SERGEY N. KAREV (Fédération de Russie) s’est joint au consensus sur la résolution que vient d’adopter l’Assemblée générale, tout en affirmant que cette décision ne créait pas de précédent.  Il est important de comprendre qu’il s’agit de la suspension du droit de la Jamahiriya arabe libyenne de siéger au Conseil des droits de l’homme et non de son exclusion.  Il n’y a donc pas de poste à pourvoir au sein du Conseil des droits de l’homme, a précisé le représentant.


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a déclaré que les attaques commises par le régime libyen contre son peuple relevaient de violations systématiques des droits de l’homme.  La Jamahiriya arabe libyenne devait assumer une responsabilité spéciale en siégeant au sein du Conseil des droits de l’homme, a-t-il rappelé, avant de l’exhorter à respecter les droits de son peuple.


M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) a réaffirmé que la communauté internationale avait le devoir et la responsabilité de garantir que le Gouvernement libyen assure la protection des droits et libertés fondamentaux de son peuple ainsi que sa dignité.  La résolution d’aujourd’hui permet, a-t-il dit, d’être du bon côté de l’histoire. Les États Membres sont réunis aujourd’hui pour le choix délibéré d’être du côté des victimes de ce qui s’est avéré être une « violation horrible et systématique des droits de l’homme en Libye », a également déclaré le représentant.  Il est aussi revenu sur le fait que les membres élus du Conseil des droits de l’homme se devaient de garantir les normes les plus élevées en matière de promotion et de protection des droits de l’homme, ce qui comprend notamment les libertés d’expression et de rassemblement de leurs citoyens.  En adoptant la résolution d’aujourd’hui, la communauté internationale exprime clairement et à l’unisson qu’elle n’approuve pas les abus de privilèges et l’absence de remords de la part des autorités libyennes pour les violations graves des droits de l’homme qu’elles ont commises.  Ces actes d’une gravité extrême justifient la décision de l’Assemblée générale de suspendre la Jamahiriya arabe libyenne du Conseil des droits de l’homme, tel qu’il est prévu au paragraphe 8 de la résolution 60/251, a conclu M. Ntwaagae avant d’assurer que sa délégation appuyait pleinement cette résolution.


Mme MARÍA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) s’est dit gravement préoccupée par la perte en vies humaines en Libye, pays avec lequel son propre pays entretient d’étroites relations.  Elle s’est dite préoccupée par la médiatisation dont la Jamahiriya arabe libyenne fait l’objet, et la manière dont la situation dans le pays est instrumentalisée pour justifier une intervention étrangère, ce qui ne fera qu’ajouter au chaos ou à l’instabilité ambiante.  Le Nicaragua condamne toute tentative de diviser le territoire libyen et de s’approprier ses ressources naturelles, a déclaré le représentant, qui a lancé un appel au calme et au respect du droit du peuple libyen à l’autodétermination.


M. HASAN KLEIB (Indonésie) a réaffirmé la responsabilité des peuples à tracer leur propre avenir de façon démocratique et pacifique.  Il a condamné des autorités qui ne souhaitent que faire trop faire de mal à leurs propres citoyens.  Le peuple libyen doit pouvoir retourner à une vie normale pour définir son propre avenir, a-t-il dit, estimant que les autorités libyennes devaient respecter les droits de l’homme et le droit international humanitaire.


Mme ZHANG DAN (Chine) a affirmé que son pays s’était joint au consensus, estimant toutefois que la décision de l’Assemblée générale ne devait constituer en aucun cas un précédent.


M. MOHAMMAD SARWAR MAHMOOD (Bangladesh) a espéré un retour rapide des Libyens à une vie normale.  Il a appelé les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue, compte tenu des menaces de crise humanitaire.


M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande) a appelé à mettre fin au bain de sang en Libye, tout en se déclarant préoccupé par le sort des 25 000 ressortissants thaïlandais dans le pays.


M. FRANCISCO CARRIÓN-MENA (Équateur) a condamné les violations flagrantes des droits de l’homme qui sont commises actuellement en Libye.  L’Équateur, qui s’était ralliée au consensus sur la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme, s’oppose à toute intervention militaire en Libye, a insisté le représentant.


M. PABLO SOLÓN (Bolivie) a déclaré qu’il s’était joint au consensus, parce qu’il est opposé à l’usage de la violence contre des populations civiles désarmées.  Toutefois, il est essentiel que ce consensus ne soit pas utilisé pour promouvoir une intervention militaire injustifiée en Libye, a-t-il souligné.  Le représentant a également appelé à une enquête complète sur ce qui s’est passé dans ce pays.


M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a condamné les violations graves des droits de l’homme commises par les autorités libyennes.  La Libye, a-t-il dit, doit assumer sa responsabilité de protéger sa propre population, tandis que la communauté internationale doit agir rapidement.  Il a encouragé le Conseil de sécurité à envisager d’autres mesures si l’évolution de la situation en Libye l’exigeait.


M. MERON REUBEN (Israël) a appuyé la décision de l’Assemblée générale de suspendre la Libye du Conseil des droits de l’homme.  Il a regretté que de telles décisions ne soient prises que lorsque de telles tragédies se produisent.  La Libye, a-t-il dit, n’aurait jamais dû être élue membre du Conseil des droits de l’homme. 


M. ANTONIO PEDRO MONTEIRO LIMA (Cap-Vert) s’est dit heureux de participer à cette décision importante des Nations Unies.  Notre silence eût été non seulement criminel mais aurait également constitué une faute à l’égard de l’humanité.


M. JEAN-DANIEL VIGNY (Suisse) a indiqué que sa délégation, coauteur du projet de résolution, estime que ce texte donne à l’Assemblée générale et au Conseil des droits de l’homme une crédibilité supplémentaire.



Droit de réponse


Exerçant son droit de réponse, le représentant du Venezuela a déclaré qu’il n’était pas compréhensible qu’un pays comme les États-Unis, « qui a une longue tradition de violations des droits de l’homme », puisse tenir les propos qu’il a tenus aujourd’hui.


Remarques de clôture du Président de l’Assemblée générale


M. JOSEPH DEISS, Président de l’Assemblée générale, a déclaré que l’adoption de la présente résolution par l’Assemblée générale répondait aux attentes des peuples du monde entier en matière de respect des droits de l’homme.  « Je suis fier de présider cette Assemblée générale », a-t-il affirmé avant de conclure.


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