Intervenant lors du Dialogue de haut niveau de l’Assemblée générale, la Vice-Secrétaire générale décrit l’éventail de plus en plus large de risques pour les ressources mondiales en eau

22 mars 2010
DSG/SM/496-AG/10926

Intervenant lors du Dialogue de haut niveau de l’Assemblée générale, la Vice-Secrétaire générale décrit l’éventail de plus en plus large de risques pour les ressources mondiales en eau

22/03/2010
Vice-Secrétaire générale
DSG/SM/496 AG/10926
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

INTERVENANT LORS DU DIALOGUE DE HAUT NIVEAU DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, LA VICE-SECRÉTAIRE GÉNÉRALE

DÉCRIT L’ÉVENTAIL DE PLUS EN PLUS LARGE DE RISQUES POUR LES RESSOURCES MONDIALES EN EAU

On trouvera ci-après les observations faites par la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Asha-Rose Migiro, lors du Dialogue interactif de haut niveau de l’Assemblée générale sur l’eau tenu à New York ce jour, le 22 mars:

C’est pour moi un grand plaisir de prendre la parole à l’occasion du Dialogue interactif de haut niveau sur l’eau.

La gestion durable des ressources en eau est vitale pour la croissance économique, la préservation des écosystèmes essentiels et la réalisation de tous les objectifs du Millénaire pour le développement.  Elle est fondamentale pour la santé publique, la sécurité alimentaire et la stabilité des sociétés.  L’examen à mi-parcours de la Décennie internationale d’action « L’eau, source de vie » offre aux États Membres l’occasion de faire le bilan des réalisations obtenues avec l’appui du système des Nations Unies et de déterminer la voie à suivre.  D’après le rapport le plus récent du Programme commun de surveillance de l’eau et de l’assainissement, 2,6 milliards de personnes ne disposent pas d’un assainissement adéquat.

Il est indispensable que les personnes puissent accéder à l’eau potable et à un assainissement adéquat si l’on veut qu’elles échappent à la pauvreté.  Sept personnes sur 10 pour lesquelles l’assainissement laisse à désirer vivent dans les zones rurales et le nombre des citadins qui ne disposent pas d’un assainissement adéquat s’accroîtra à mesure de l’urbanisation.  Bien que 1,3 milliard de personnes aient pu bénéficier d’infrastructures d’assainissement améliorées depuis 1990, l’Objectif du Millénaire relatif à l’assainissement ne sera vraisemblablement pas atteint, faute d’avoir pu desservir un milliard supplémentaire de personnes. 

Les statistiques concernant l’eau potable sont légèrement meilleures.  D’après le dernier rapport du Programme commun de surveillance, le monde est sur la bonne voie pour atteindre l’Objectif du Millénaire relatif à l’eau potable.  Toutefois, les personnes qui n’ont pas accès à une source améliorée d’eau potable, sont cinq fois plus nombreuses dans les zones rurales que dans les villes.  Trente-sept pour cent des personnes qui ne disposent pas d’une source améliorée d’eau potable vivent en Afrique subsaharienne.  En outre, si l’on reconnaît que les femmes, principales utilisatrices des points d’eau, connaissent le mieux les sources d’eau locales, ce n’est que rarement qu’elles sont associées, comme il se doit, à la prise de décisions concernant l’eau. 

Le thème de la Journée mondiale de l’eau retenu pour cette année, « De l’eau propre pour un monde sain », montre bien que les ressources en eau sont en danger, tant sur le plan de la qualité que sur celui de la quantité.  Il est essentiel de prévenir la pollution, de traiter les eaux polluées et de restaurer l’équilibre des écosystèmes, si nous voulons préserver cette ressource précieuse.  Il est encore plus difficile de relever ce défi en raison des changements climatiques, qui s’accompagnent de sécheresses et d’inondations plus graves et plus fréquentes. 

À mesure que les précipitations deviennent de plus en plus imprévisibles et que les glaciers reculent, les ressources en eau se dégraderont en qualité et en quantité.  Il est essentiel de renforcer la capacité de faire face à des phénomènes extrêmes.  Telle est l’une des priorités du Groupe consultatif de haut niveau du Secrétaire général sur le financement de la lutte contre les changements climatiques, lancé le mois dernier.  Le Cadre d’action de Hyogo contient également un ensemble de mesures adoptées à l’échelon international en vue de réduire les risques de catastrophe et constitue un mécanisme important d’adaptation aux changements climatiques. 

Dans de nombreux pays en développement, la pénurie d’eau se fait déjà fortement sentir.  Pour pouvoir faire face à la variabilité accrue des ressources en eau, il faudra disposer de davantage de réservoirs, naturels ou artificiels.  Il faudra également que les pays fassent preuve de coopération.  L’histoire montre déjà que c’est la coopération et non pas le conflit qui est l’intervention la plus commune en cas de problèmes transfrontières en matière de gestion de l’eau.

Il n’en reste pas moins que les changements climatiques, la croissance démographique et l’évolution de la consommation et de la production créent de nouveaux défis en matière de gestion équitable et pacifique des ressources en eau partagées.  Les zones humides, telles que lacs et plaines alluviales, et leurs bassins versants sont souvent partagés entre pays.  Elles fournissent des services précieux pour l’écosystème – depuis les denrées alimentaires jusqu’à la réduction des incidences des inondations et de la pollution.  Les bassins et les aquifères transfrontières relient les populations de différents pays et contribuent aux revenus et aux moyens d’existence de centaines de millions de personnes dans le monde entier.  Ils créent une interdépendance hydrologique, sociale et économique entre sociétés.

La gestion des ressources en eau transfrontières doit être adaptée aux caractéristiques d’un bassin donné.  Elle doit refléter une gamme de besoins environnementaux, hydrologiques, politiques, économiques, sociaux et culturels.  Et elle doit être coordonnée avec d’autres politiques relatives aux ressources naturelles et des politiques sectorielles, telles que la gestion des sols et l’aménagement du territoire.

L’échange de données et le contrôle et la gestion conjoints –ou du moins harmonisés– entre pays riverains peuvent permettre une gestion transfrontière efficace de l’eau.  La participation du public est, elle aussi, fondamentale.  Elle peut améliorer la transparence dans la prise de décisions.  Elle peut également favoriser la compréhension et l’adhésion et faciliter l’acceptation et l’application des décisions et des politiques. 

Je prie instamment toutes les délégations de rechercher des solutions hardies et globales à la gestion des ressources en eau dans leurs interventions.  Alors que les pays mettent en œuvre la deuxième moitié de la Décennie « L’eau, source de vie », je vous garantis que le Secrétariat de l’ONU sera à vos côtés et appuiera vos politiques en réalisant des analyses, en facilitant l’action intergouvernementale et en mettant en œuvre toutes ses activités de développement. 

Je souhaite que vos travaux soient productifs et couronnés de succès.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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