Au cours d’une conférence de presse, Ban Ki-moon appelle Laurent Gbagbo à céder à son « successeur élu » le fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire

17 décembre 2010
Conférence de presse

Au cours d’une conférence de presse, Ban Ki-moon appelle Laurent Gbagbo à céder à son « successeur élu » le fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire

17/12/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

AU COURS D’UNE CONFÉRENCE DE PRESSE, BAN KI-MOON APPELLE LAURENT GBAGBO À CÉDER À SON « SUCCESSEUR ÉLU » LE FAUTEUIL PRÉSIDENTIEL EN CÔTE D’IVOIRE

« J’appelle Laurent Gbagbo à céder le pouvoir et à supprimer tout obstacle à l’accession de son successeur élu aux fonctions présidentielles », a déclaré ce matin, le Secrétaire général de l’ONU, à l’ouverture de sa dernière conférence de presse de l’année.

Ban Ki-moon, qui a promis de se prononcer au début de l’année prochaine sur son éventuelle candidature à un second mandat, a parlé aujourd’hui des troubles en Côte d’Ivoire, de l’épidémie de choléra en Haïti et des résultats de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui vient de s’achever à Cancún.

« Toute autre issue que celle-ci serait une parodie de démocratie et de l’état de droit », a ajouté M. Ban Ki-moon, qui a rappelé que les résultats des élections ivoiriennes avaient désigné un « vainqueur incontestable ». 

Les tentatives d’entraver les opérations des Nations Unies ou d’assiéger l’Hôtel du Golf, où se trouve actuellement le Président élu Alassane Ouattara, seront jugées inacceptables, a-t-il prévenu, ajoutant que « la moindre attaque contre les forces des Nations Unies équivaudrait à une attaque contre la communauté internationale ».

Après avoir assuré que les responsables de pertes de vie seraient tenus pour responsables de leurs actes, M. Ban a déclaré qu’il était crucial pour les deux parties de s’abstenir de provocations ou d’escalade de la violence.  La réponse apportée jusqu’à présent par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA) révèle un continent uni dans sa détermination à respecter l’ordre constitutionnel et la volonté du peuple.

Le Secrétaire général a indiqué qu’il avait discuté ce matin même avec son Représentant spécial en Côte d’Ivoire, M.  Choi Young-jin, qui a relayé auprès des deux parties ses appels à l’apaisement.  M. Choi s’est également entretenu avec les Présidents de l’UA et de la CEDEAO. 

S’il n’a pas voulu dévoilé les détails de leurs conversations, M. Ban Ki-moon s’est dit confiant que le calme allait revenir à Abidjan et que l’ordre constitutionnel serait respecté.  Dans l’intervalle, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) continuera de s’acquitter de son mandat et protègera la population civile, a-t-il souligné.

S’attardant ensuite sur la situation en Haïti, le Secrétaire général a annoncé, à l’issue de consultations avec la Directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Mme Margaret Chan, la création prochaine d’un panel scientifique indépendant chargé d’enquêter sur l’origine de l’épidémie de choléra qui sévit actuellement dans le pays.

Composé d’épidémiologistes et de microbiologistes de réputation internationale, ce groupe d’experts disposera d’un accès sans entrave à tous les locaux et personnels de l’ONU pour répondre aux « préoccupations légitimes » sur l’origine exacte de l’épidémie, sujette à de nombreuses spéculations, a expliqué M. Ban, qui a souligné l’importance de la stratégie de réponse au choléra mise en place par les Nations Unies et dont le financement stagne à 21% des fonds demandés.

Le Secrétaire général n’a pas été en mesure de préciser la date à laquelle ce panel serait opérationnel, ni celle à laquelle ses conclusions lui seront adressées.  Il a estimé qu’il ne fallait pas préjuger des résultats de l’enquête avant qu’ils ne soient connus, un appel qu’il a renouvelé dans le cas du Tribunal spécial pour le Liban, dont le rapport définitif devrait être rendu public sous peu. 

Le Secrétaire général s’est dit préoccupé par les fraudes qui auraient été commises lors du premier tour en Haïti.  Après avoir réitéré l’attachement des Nations Unies à des élections présidentielles libres et équitables reflétant la volonté du peuple haïtien, il a exhorté tous les candidats et leurs partisans à rester calmes et à s’abstenir de toute violence.

Quant à la Conférence de Cancún sur le changement climatique, M. Ban a reconnu que si l’accord conclu n’était pas parfait, il n’en représentait pas moins un pas dans la bonne direction, avec un ensemble de mesures relatives à l’adaptation, au financement, à la technologie et à la déforestation.  Il a rappelé qu’à cette occasion, il s’était fermement réengagé en faveur d’un accord ambitieux sur le successeur du Protocole de Kyoto.

S’agissant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le Secrétaire général a exprimé sa préoccupation face au regain de tensions avec la République de Corée; les dernières attaques de Pyongyang contre son voisin constituant la crise la plus grave entre les deux pays « depuis la fin de la guerre ».

Le Secrétaire général a avoué regretter de n’avoir jamais pu établir de communication directe « au plus haut niveau » du Gouvernement de la RPDC.

S’il s’est félicité du déroulement sans heurt des préparatifs du référendum au Sud-Soudan, qui se tiendra le 9 janvier prochain, il s’est dit en revanche préoccupé par les affrontements qui se sont produits récemment au Darfour.  Il a rappelé qu’il ne serait pas possible de mettre en œuvre un accord de paix sans la participation de toutes les parties au conflit.

M. Ban a promis qu’il y aurait quelque chose sur une éventuelle candidature à un second mandat au début de l’année prochaine.  Il a déclaré qu’il souhaitait se concentrer pour l’instant sur les tâches les plus urgentes, dans un contexte où les ressources se raréfient et où la demande vis-à-vis des Nations Unies ne cesse de croître.  « Cela exige de notre part de redoubler d’attention pour être plus réactifs et plus persévérants dans un cadre institutionnel transparent et comptable de ses actes », a-t-il souligné.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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