Conférence de presse sur le programme de l’UNODC pour combattre le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest

16 décembre 2010
Conférence de presse

Conférence de presse sur le programme de l’UNODC pour combattre le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest

16/12/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE PROGRAMME DE L’UNODC POUR COMBATTRE LE TRAFIC DE DROGUES ET LA CRIMINALITÉ ORGANISÉE EN AFRIQUE DE L’OUEST

Après le lancement, ce matin, d’un programme régional destiné à freiner le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest, une région qui est devenue une plaque tournante du trafic de la cocaïne venant d’Amérique latine et destinée à l’Europe, M. Yuri Fedotov, Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), et M. Saïd Djinnit, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest (UNOWA), ont, au cours d’une conférence de presse organisée au Siège de l’ONU, à New York, confirmé l’urgence de mener une action contre ce phénomène.

« Depuis longtemps, l’UNODC met en garde la communauté internationale contre la menace que constituent le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest », a rappelé M. Fedotov.  Étant un emplacement géographique stratégique du fait de la longueur de ses côtes, de ses frontières poreuses et de sa situation à mi-chemin entre l’Amérique latine et l’Europe, données qui s’ajoutent à la pauvreté et à la corruption, cette région est un point de transit majeur pour des centaines de trafiquants de cocaïne, a-t-il expliqué.

Outre la cocaïne, M. Fedotov a mentionné le trafic de médicaments contrefaits, la vente au marché noir de cigarettes, le déversement de déchets toxiques, le trafic de ressources naturelles, notamment le pétrole, le trafic d’êtres humains, l’exploitation d’enfants, le travail forcé et l’exploitation sexuelle comme maux affectant l’Afrique de l’Ouest.  « Au cours des dernières années, il a été démontré que ce trafic était le résultat de changements dans le mode opératoire des structures criminelles.  En outre, l’utilisation des drogues augmente dans la région, que ce soit l’héroïne, la cocaïne et autres drogues injectables qui contribuent à la progression du VIH », a souligné le responsable de l’UNODC.  Il a aussi signalé l’augmentation du nombre de groupes terroristes qui trouvent refuge dans la bande sahélienne ouest-africaine.

« Depuis quelques années l’Afrique de l’Ouest est la cible de réseaux de trafic de drogues qui affectent la région dans son ensemble, ce qui exige donc qu’une réponse soit apportée à ce problème au niveau régional », a confirmé M. Djinnit, expliquant que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait réagi rapidement en adoptant un Plan régional d’action pour combattre le trafic de drogues et la criminalité organisée.  C’est à l’issue d’une conférence ministérielle de la CEDEAO, tenue en 2008, qu’une déclaration politique et un plan d’action régional de lutte contre le trafic de drogues et le crime organisé en Afrique de l’Ouest ont été adoptés, a-t-il précisé.

Ce plan a pour but de renforcer les capacités des pays de la région, afin de pallier leur manque de ressources.  L’objectif visé est aussi de forger une alliance solide et efficace non seulement en Afrique de l’Ouest comme région de transit, mais aussi avec les pays d’origine et les pays de destination de la drogue.

M. Fedotov a expliqué que la mise en œuvre du Plan d’action régional de la CEDEAO devait se traduire par des programmes concrets menés par l’UNODC.  Il a saisi cette occasion pour lancer un appel à la communauté internationale afin qu’elle contribue aux actions de l’UNODC dans cette région, notamment en fournissant des ressources financières suffisantes permettant de réagir face à la criminalité organisée.

« Le Programme régional de réponse pour l’Afrique de l’Ouest lancé ce matin, par l’UNODC, est le fruit tant de notre expertise et de notre analyse, que de la collaboration avec les États de la région et la communauté des donateurs, s’est félicité », M. Fedotov.  « Couvrant 16 pays, le Programme répond aux besoins des États de la CEDEAO en se basant sur le principe de la responsabilité partagée.  Il se concentre sur la consolidation de la paix, sur la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que sur le renforcement des institutions et des capacités aux niveaux nationaux et régionaux ».

« Ce Programme offre un cadre souple et complet de coopération entre les pays de la CEDEAO, l’UNODC, le Département des opérations de maintien de la paix, le Département des affaires politiques, l’UNOWA, la Commission de consolidation de la paix, Interpol, l’Organisation mondiale des douanes, l’Organisation mondiale des migrations et d’autres partenaires », a-t-il indiqué.

M. Fedotov a conclu son intervention en expliquant que la réponse à la criminalité organisée et au trafic de drogues devait être intégrée à l’agenda de développement et de sécurité.  « Aider l’Afrique de l’Ouest à gérer les problèmes de drogues et de criminalité contribue non seulement à la stabilité de la région mais aussi à la sécurité internationale », a-t-il fait observer.

Interrogé sur les pays qui sont les plus affectés par le trafic de drogues, M. Fedotov a répondu que l’UNODC ne pouvait pas donner des notes aux pays dans ce domaine mais devait simplement essayer de les aider à combattre ce fléau.  Si tous les pays de la région sont touchés, a ajouté M. Djinnit, certains le sont davantage du fait qu’ils traversent des situations de crise.  La Guinée-Bissau est un exemple de pays où des efforts supplémentaires sont nécessaires pour mettre en œuvre le Programme, a indiqué M. Fedotov.  Certains membres de l’armée de ce pays sont impliqués dans le trafic de drogues, a expliqué M. Djinnit.

Répondant à d’autres questions, M. Fedotov a indiqué que la plupart du personnel local de l’UNODC est recruté dans les pays qui reçoivent ses services, sur la base de contrats temporaires.  « J’ai moi-même un contrat pour deux ans », a-t-il déclaré.

Pour ce qui est du sort réservé aux drogués, il a appelé à ne pas les considérer comme des criminels, mais a plutôt recommandé que l’on assure leur accès au traitement médical et qu’on fasse preuve de compassion à leur égard.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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