Conférence de presse de M. Robert Vos, Directeur de la Division de l’analyse des politiques de développement du Département des affaires économiques et sociales

1 décembre 2010
Conférence de presse

Conférence de presse de M. Robert Vos, Directeur de la Division de l’analyse des politiques de développement du Département des affaires économiques et sociales

01/12/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE DE M. ROBERT VOS, DIRECTEUR DE LA DIVISION DE L’ANALYSE DES POLITIQUES DE DÉVELOPPEMENT DU DÉPARTEMENT DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES


La reprise de l’économie mondiale perd de son élan au cours du second semestre 2010 en raison notamment d’un arrêt précoce des incitations fiscales et d’une moindre coordination internationale, mais plus encore d’un secteur de l’emploi faible, a déclaré ce matin M. Robert Vos, Directeur de la Division de l’analyse des politiques de développement du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DAES).


Lors d’une conférence de presse, organisée au Siège de l’ONU à New York à l’occasion du prélancement du rapport intitulé « Situation et perspectives de l’économie mondiale 2011 », M. Vos a ajouté que tous les indicateurs montrent que la croissance mondiale sera moindre dans les deux années à venir qu’en 2010, de 3,1% en 2011 et de 3,5% en 2012, ce qui est beaucoup trop faible pour recréer les emplois perdus pendant la crise.


Le document présenté aujourd’hui constitue en fait le chapitre premier d’un rapport, établi par le DAES en collaboration avec la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et les cinq commissions économiques régionales des Nations Unies, qui devrait être publié en janvier 2011 et qui présentera des analyses plus détaillées et des synthèses régionales.


Le rapport montre que le chemin de la reprise sera long et difficile et que les faiblesses persistantes des économies des pays développés limiteront la croissance des pays en développement, alors que c’est cette dernière, et notamment celle des grandes économies émergentes -Brésil, Fédération de Russie, Inde et Chine- qui tire la croissance mondiale.  M. Vos a indiqué qu’il faudrait peut-être quatre ans pour que l’économie mondiale retrouve son niveau d’avant la crise.


Le rapport mentionne certes une amélioration de la situation générale, mais il en pointe aussi les limites et les faiblesses; le commerce reprend, mais à un rythme modéré; les cours des matières premières rebondissent, mais restent extrêmement changeants; et enfin, les flux de capitaux retournent vers les économies émergentes, mais créent leurs propres problèmes et sont eux aussi très incertains.  Le rapport décrit aussi toute une série de risques et d’incertitudes qui, s’ils se concrétisent, pourraient porter de nouveaux coups à la reprise, hypothèse dans laquelle une récession « en W » menace clairement l’Europe, et dans une moindre mesure le Japon et les États-Unis, dont la croissance devrait plutôt stagner.  


Le premier des risques cités, qualifié de « talon d’Achille de la reprise », est le maintien d’un chômage élevé, qui résulte notamment de l’arrêt précoce des incitations fiscales.  Le rapport rappelle qu’en 2007 et à la fin de 2009, au moins 30 millions d’emplois ont été détruits dans le monde du fait de la crise financière.  Alors que les gouvernements adoptent des politiques d’austérité fiscale, ajoute-t-il, les perspectives de reprise de l’emploi sont encore plus faibles.  En Europe, le chômage ne devrait décroître qu’à un « rythme d’escargot », prévoit le rapport, qui estime que le niveau élevé du chômage va réduire la consommation des ménages et, par conséquent, limiter davantage la croissance.


Le rapport mentionne également comme faiblesses la fragilité financière, la crise de la dette et le risque de la « guerre des monnaies ».  Il estime que la politique d’injection de monnaie pour relancer la croissance n’aura que peu d’effet tant que le système financier mondial ne sera pas assaini et n’orientera pas ce flux de capitaux vers des investissements productifs.  Actuellement, le risque est au contraire de provoquer des flux de capitaux dans des économies en développement au risque de provoquer des bulles spéculatives et de l’inflation.  En outre, une telle politique accroît le désordre monétaire.


Face à ces risques, le rapport présente cinq défis.  Il prône de nouvelles incitations fiscales, coordonnées entre les principales économies, alors que la tendance actuelle à prendre des mesures fiscales rigoureuses dans plusieurs économies développées risque au contraire de créer une spirale d’ajustement aux effets désastreux au plan mondial.  Il propose de restructurer ces incitations fiscales pour les orienter vers des investissements directs et créateurs d’emplois, qui réduisent les inégalités et renforcent la capacité de production durable.  Le rapport fixe aussi comme objectif de créer une plus grande synergie entres les incitations fiscales et monétaires et de mieux soutenir les efforts de régulation financière.  Il demande des transferts suffisants vers les pays à faible revenu afin d’investir davantage dans le développement.  Enfin, le rapport préconise un renforcement des structures de coopération internationale, en regrettant que l’esprit de coopération manifesté au début de la crise « s’affaiblisse au moment même où il est le plus nécessaire ».  M. Vos a ainsi souhaité que le G-20 parvienne dans les mois qui viennent à trouver un terrain d’entente pour une meilleure coordination.


Le document « World Economic Situation and Prospects 2011, Global outlook », est disponible, en anglais, sur le site du DAES à l’adresse suivante:http://www.un.org/esa/policy/wess/wesp2011files/wesp2011_prerelease1.pdf


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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