Conférence de presse sur le rapport « peuples autochtones, pauvreté et développement » de la Banque mondiale

26 avril 2010
Conférence de presse

Conférence de presse sur le rapport « peuples autochtones, pauvreté et développement » de la Banque mondiale

26/04/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE RAPPORT « PEUPLES AUTOCHTONES, PAUVRETÉ ET DÉVELOPPEMENT » DE LA BANQUE MONDIALE

« Les peuples autochtones de tous les pays du monde forment la part la plus pauvre des populations les plus démunies, tant dans les pays développés que dans ceux en développement.  Ils constituent 5% de la population mondiale et représentent 10% des pauvres du monde entier. » 

C’est en ces termes que M. Harry Patrinos, économiste à la Banque mondiale, a présenté cet après-midi à la presse le rapport intitulé Indigenous Peoples, Poverty and Development (« Peuples autochtones, pauvreté et développement »), dont il est coauteur.

La conférence de presse se tenait au Siège de l’ONU, à New York, en marge de la neuvième session de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies. 

« Ces dernières années, nos études portaient essentiellement sur les pays d’Amérique latine; nous avons tenté avec ce rapport de proposer une radiographie plus complète en élargissant nos enquêtes à l’Asie », a d’abord expliqué M. Patrinos. 

Le conférencier a indiqué que le rapport montre que c’est en Asie que l’amélioration des conditions de vie des peuples autochtones est la plus notable.  « Chine, Inde et Viet Nam, sont les pays où les programmes ciblés ont le plus clairement bénéficié aux peuples autochtones », a-t-il dit.  « La croissance économique forte qui prévaut dans ces pays depuis une vingtaine d’années a aidé à la mise en œuvre efficace de programmes de réduction de la pauvreté comportant des mesures spéciales à destination des peuples autochtones », a-t-il ajouté. 

Pour M. Patrinos, le second enseignement du rapport, « négatif celui-là », est que les pays d’Amérique latine ne parviennent pas à sortir leurs populations autochtones de la pauvreté.  « Nous l’entendons cette année encore dans les débats de l’Instance : les peuples autochtones de ces pays, qui ont été dépossédés de leurs terres, n’ont plus pu poursuivre leur développement.  Le fait de ne plus pouvoir exploiter leurs ressources naturelles les a conduits dans une impasse que les programmes ciblés, pourtant en vigueur dans tous les pays latino-américains, ne suffisent pas à surmonter », a poursuivi Harry Patrinos.  Il a également estimé que la persistance des discriminations continue de peser sur le développement des autochtones d’Amérique latine, zone géographique où « les disparités salariales et l’accès inégal à l’éducation les empêchent toujours d’envisager un avenir meilleur ».

Répondant aux questions posées sur ce dernier point, le représentant de la Banque mondiale a signalé qu’au Mexique par exemple, «  même les écoles autochtones ne jouent pas la carte du bilinguisme et ne fonctionnent qu’en espagnol ».  Il a précisé que le rapport recommandait aux gouvernements concernés d’introduire des indicateurs qualitatifs pour évaluer au mieux l’application des programmes scolaires.  « En Bolivie, les autorités mettent l’accent sur la qualité, conscientes que les disparités salariales ne disparaitront qu’avec le renforcement de la formation éducative et professionnelle », a-t-il souligné. 

Enfin, M. Harry Patrinos a signalé que le rapport préconisait en outre aux États Membres d’intensifier la fourniture de données ventilées sur la situation des peuples autochtones.  « L’information doit être regroupée en s’inspirant des catégories des Objectifs du Millénaire pour le développement, et notamment celles ayant trait à la promotion de la santé et de l’éducation », a indiqué M. Patrinos. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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