Conférence de presse sur le lancement du rapport 2010 intitulé « l’éducation prise pour cible » et publié par l’UNESCO

12 février 2010
Conférence de presse

Conférence de presse sur le lancement du rapport 2010 intitulé « l’éducation prise pour cible » et publié par l’UNESCO

12/02/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

C ONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE LANCEMENT DU RAPPORT 2010 INTITULÉ « L’ÉDUCATION PRISE POUR CIBLE » ET PUBLIÉ PAR L’UNESCO

M. Brendan O’Malley, auteur du rapport « L’éducation prise pour cible 2010 », publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a signalé aujourd’hui, à l’occasion d’une conférence de presse organisée au Siège de l’ONU à New York, une augmentation dramatique du nombre d’attaques prenant pour cibles des écoles, des étudiants, des enseignants et autres personnes travaillant dans le domaine de l’éducation.

« Nous constatons une intensification dramatique des attaques perpétrées contre les écoles et du nombre de morts dans les pays en conflit ou se trouvant en situation postconflit.  Rien qu’en Afghanistan, le nombre d’écoles attaquées est passé de 242 en 2007 à 670 en 2008, et 439 enseignants ont trouvé la mort entre 2006 et 2009 », a-t-il notamment indiqué.

M. O’Malley, qui était accompagné de Mme Radhika Coomaraswamy, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, a également signalé, entre autres faits alarmants, qu’en Inde, des rebelles maoïstes avaient fait sauter 2 069 établissements scolaires, que 99 enseignants avaient trouvé la mort en Colombie, et que 300 écoles avaient été endommagées à Gaza au cours du conflit de décembre 2008 à janvier 2009.

Outre ces cas précis, M. O’Malley a également signalé des cas de torture, d’enlèvement, d’emprisonnement, de violence sexuelle et d’endoctrinement, et ce dans des pays aussi divers que les Philippines, Haïti, la République démocratique du Congo, l’Iraq, le Zimbabwe ou encore l’Iran. 

« Le syndicat enseignant n’est pas épargné par ces agressions, pas plus que le personnel humanitaire », a-t-il ajouté.

Brendan O’Malley a par ailleurs indiqué que l’occupation des établissements par des groupes armés les transformait en cible quand se produisent des attaques aériennes.

« L’UNESCO est indignée par le fait que l’on entrave l’obtention d’une éducation de base des enfants et des civils innocents par l’usage brut de la force », a déclaré pour sa part M. Mark Richmond, Directeur de la Division de la coordination des priorités des Nations Unies en matière d’éducation de l’UNESCO et modérateur de cette conférence de presse.  « Sans éducation, la stabilité sociale devient impossible et le développement irréalisable. » 

Pour tenter d’expliquer ce phénomène, M. O’Malley a indiqué que certains rebelles voyaient dans les écoles un symbole du pouvoir gouvernemental.  Dans d’autres parties du monde, a-t-il expliqué, les écoles sont prises pour cible par des groupes qui sont opposés à l’éducation des filles, ou qui pensent lutter contre une imposition perçue de valeurs occidentales, ou encore contre ce qu’ils estiment être des tentatives d’assimilation.  

Attaquer les écoles, a poursuivi l’auteur du rapport, permet également à certains groupes de se procurer des ressources, que ce soit en travailleurs, combattants ou esclaves sexuels.  Il a notamment signalé qu’au Pakistan, des écoliers étaient recrutés « en masse » pour commettre des attentats-suicide.

Au titre des mesures de prévention à mettre en place, Mme Coomaraswamy a insisté en premier lieu sur l’implication de la communauté locale dans la lutte contre les phénomènes dénoncés par le rapport.  « En Afghanistan, » a-t-elle notamment expliqué, « les écoles construites avec l’implication de la communauté sont moins susceptibles d’être prises pour cible ».

M. O’Malley a, quant à lui, notamment signalé que 161 écoles avaient pu rouvrir leurs portes en Afghanistan suite à l’établissement d’un compromis entre le Ministère de l’éducation, les Taliban et la population locale.

La Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés a par ailleurs relevé que le droit international humanitaire n’accorde pas le même niveau de protection aux écoles qu’aux hôpitaux ou aux lieux de culte.  « Le droit international devrait criminaliser les attaques lancées contre les lieux d’éducation », a renchéri M. O’Malley.

Ce dernier a également réclamé la création d’un système international de suivi capable de tirer la sonnette d’alarme et de mettre les pays sur la sellette pour toute attaque perpétrée contre les systèmes d’éducation, et ce au même titre que les condamnations prévues dans les cas de recrutement d’enfants soldats.

Il a de même engagé la Cour pénale internationale (CPI) à se saisir des cas les plus graves d’attaques contre l’éducation, en Inde, au Pakistan, en Afghanistan et en Thaïlande notamment, où des dirigeants connus sont à l’origine d’un grand nombre d’entre elles.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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