Conférence de presse du Représentant spécial par intérim du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Haïti

1 février 2010
Conférence de presse

Conférence de presse du Représentant spécial par intérim du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Haïti

01/02/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU REPRÉSENTANT SPÉCIAL PAR INTÉRIM DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

SUR L’ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN HAÏTI

À l’occasion d’une vidéoconférence organisée au Siège de l’ONU, Edmond Mulet, Représentant spécial par intérim du Secrétaire général pour Haïti, a fait le point sur la situation humanitaire en Haïti, en insistant en particulier sur la distribution de vivres, la pénurie de tentes, la situation des personnes déplacées et l’approche de la saison des pluies.  Sa Conseillère, Michèle Montas, et la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général pour Haïti, Kim Boduc, participaient également à cette conférence de presse.

Il a également indiqué que, selon le dernier bilan officiel, 92 membres du personnel de l’ONU avaient trouvé la mort lors du tremblement de terre du 12 janvier dernier, 30 autres avaient été blessés et sept étaient toujours portés disparus.

L’ONU a réussi à distribuer des sacs de 50 kg de riz à 100 000 personnes à partir de neuf centres de distribution, a-t-il dit, précisant que 19 centres devraient être opérationnels dans les prochaines 24 heures. 

Travaillant de pair avec des organisations communautaires, l’ONU espère fournir, d’ici à la fin du mois, de quoi permettre à deux millions de personnes de se nourrir pendant 15 jours, a assuré le Représentant spécial par intérim.

Il a ajouté que le Programme alimentaire mondial (PAM) et certaines des 900 ONG qui travaillent actuellement dans le pays avaient réussi à subvenir aux besoins de plus de 600 000 personnes.

En outre, 30 000 personnes participent actuellement au programme « travail contre rémunération » établi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ce qui leur permet de toucher cinq dollars par jour pour des tâches liées au déblaiement des routes et aux efforts locaux de reconstruction.

« Notre tâche est énorme et multidimensionnelle », a notamment déclaré M. Mulet.  « Malgré ses pertes, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) opère très bien, et je suis confiant que chaque jour, nous serons en mesure de nous acquitter de notre tâche et de faire encore mieux »,

a-t-il ajouté.

M. Mulet a signalé que les mouvements de population rendaient la distribution de vivres plus difficile, et que la rotation des distributions présentait un défi particulier.  Mme Boduc a précisé qu’outre les 593 centres publics officiellement recensés, il existait des milliers de camps de fortune éparpillés dans la capitale sinistrée.  De nombreux Haïtiens refusaient de les quitter pour se rendre dans des centres plus centralisés, ce qui ne facilite pas la distribution de vivres, a-t-elle dit.

« Il nous faudrait dépêcher, chaque jour, des camions vers des milliers de sites afin de nourrir toute la population, et ce, sans compter les problèmes d’approvisionnement en carburant », a expliqué Mme Boduc qui a insisté sur l’importance d’encourager les responsables des collectivités locales à créer davantage de centres de distribution.

M. Mulet a par ailleurs indiqué que l’ONU prévoyait de construire des camps qui pourraient accueillir environ 30 000 personnes chacun, tout en offrant un cadre plus humain.

« Nous aidons également le Gouvernement d’Haïti à rétablir des structures physiques à partir desquelles il pourra travailler », a ajouté M. Mulet, tout en précisant que des tentes et des structures préfabriquées étaient en train d’être installées à proximité du Palais national afin d’y héberger le Président.  Il a également indiqué que le Gouvernement américain avait fait don des locaux de son ancienne ambassade, un des rares bâtiments du fronton de mer qui est resté intact après le tremblement de terre, au Gouvernement haïtien pour permettre au Premier Ministre et à d’autres membres du Gouvernement d’y installer leurs bureaux.

Pour sa part, Mme Boduc a longuement insisté sur la pénurie de tentes que connaît actuellement le pays, faisant remarquer que la saison des pluies était toute proche.

« Notre préoccupation principale est liée au manque de tentes pour des milliers de personnes déplacées.  Cela présente un défi notable, d’autant plus que nous n’avons pas encore été en mesure de préparer les sites d’évacuations nécessaires pour parer à l’approche de la saison des pluies », a-t-elle notamment expliqué.

Elle a précisé qu’Haïti avait besoin d’environ 200 000 tentes et qu’un fournisseur chinois s’était engagé à en fabriquer 100 000 mais qu’il faudrait compter six semaines avant qu’elles n’arrivent dans le pays. 

Entre 400 000 et 500 000 personnes auraient quitté la capitale pour se rendre vers des lieux plus sûrs, a estimé M. Mulet, qui a fait remarquer que ces importants déplacements permettraient de décentraliser les institutions et activités de Port-au-Prince où se trouvait concentré le pouvoir politique et économique du pays.

« Le Gouvernement haïtien espère lui aussi transformer cette tragédie en une opportunité en parvenant, notamment, à décentraliser les activités du pays à moyen et long termes en créant des emplois et des opportunités en matière d’agriculture aux personnes déplacées pour les encourager à rester dans les provinces du pays où elles se sont installées », a-t-il expliqué.

M. Mulet a également évoqué le problème des personnes qui avaient été amputées, estimant qu’entre 5 000 et 6 000personnes avaient perdu un ou plusieurs membres, à la suite des blessures subies pendant le tremblement de terre.  « C’est une réalité qui existera toujours et c’est pourquoi, nous réclamons l’appui de la communauté internationale afin de mettre en place des cliniques dispensant les soins appropriés et un appui psychologique aux victimes », a-t-il dit. 

Répondant à plusieurs questions sur l’enlèvement d’enfants, M. Mulet a indiqué que la MINUSTAH travaillait avec la Brigade de protection des mineurs pour appuyer son déploiement vers différents points de passage frontalier ainsi que dans les principaux aéroports du pays pour prévenir tout trafic d’êtres humains.

M. Mulet a également indiqué que la situation demeurait calme à Cité Soleil et d’autres quartiers, malgré l’évasion de chefs de gangs emprisonnés avant le tremblement de terre.  Il a précisé que 24 d’entres eux avaient été arrêtés, alors qu’ils cherchaient à traverser la frontière pour se rendre en République dominicaine.

Le Représentant spécial par intérim a par ailleurs signalé que la République de Corée et le Japon avaient dépêché une unité d’ingénieurs sur place, tandis que le Brésil prévoyait d’envoyer huit bataillons et une compagnie de police militaire dans le pays.  De son côté, la Banque mondiale aide le Gouvernement haïtien à renforcer son leadership et à identifier ses domaines prioritaires, notamment dans le cadre des préparatifs de la conférence qui se tiendra à New York, les 22 et 23 mars et au cours de laquelle elle présentera un plan pour la reconstruction d’Haïti.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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