Conseil de sécurité: Mme Catherine Ashton souligne l’engagement de l’Union européenne en faveur d’un « partenariat actif » avec les Nations Unies

4 mai 2010
CS/9918

Conseil de sécurité: Mme Catherine Ashton souligne l’engagement de l’Union européenne en faveur d’un « partenariat actif » avec les Nations Unies

4/05/2010
Conseil de sécurité
CS/9918
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6306e séance – après-midi

CONSEIL DE SÉCURITÉ: MME CATHERINE ASHTON SOULIGNE L’ENGAGEMENT DE L’UNION EUROPÉENNE EN FAVEUR D’UN « PARTENARIAT ACTIF » AVEC LES NATIONS UNIES

Moins de six mois après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, a souligné, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, l’engagement de l’Union européenne en faveur d’un « partenariat actif » avec les Nations Unies dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Mme Ashton, qui s’exprimait dans le cadre d’un débat sur la « coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales aux fins du maintien de la paix et de la sécurité internationales », a indiqué que l’objectif essentiel de la politique étrangère de l’Union européenne était le « développement d’un système multilatéral efficace au centre duquel se trouve une ONU forte ».

Les Nations Unies et l’Union européenne, a-t-elle dit, doivent « promouvoir les idéaux qui avaient inspiré les générations antérieures: paix, justice, droits de l’homme ».  Il faut, a-t-elle souligné, « défendre les causes de la sécurité, des droits de l’homme et du développement durable sur un front unique ».

Mme Aston a expliqué aux membres du Conseil de sécurité que le Traité de Lisbonne, qui constitue une « étape historique », à la fois « pour les Européens et les non-Européens », offrait l’opportunité de « renforcer l’impact international de l’Union européenne et sa vision stratégique ».  Signé le 13 décembre 2007 entre les 27 États membres de l’Union européenne, le Traité de Lisbonne est entré en vigueur le 1er décembre 2009. 

Évoquant les progrès vers la création d’un Service d’action extérieure européen, elle a appelé les États Membres des Nations Unies à soutenir les efforts de l’Union européenne afin que ses représentants puissent « agir efficacement » dans le cadre des Nations Unies et « maximiser sa contribution dans la réalisation des objectifs communs de l’Organisation ».

L’Union européenne va être désormais en mesure de parler à ses partenaires – dont les Nations Unies - d’une « seule voix », a estimé le Ministre autrichien des affaires européennes et internationales, M. Michael Spindelegger.  Le Ministre a, de même, mis l’accent sur la volonté de l’Union européenne de traduire les résolutions du Conseil de sécurité dans ses propres actions, citant, à cet égard, des mesures sur la protection des civils dans les conflits armés et la question des femmes, la paix et la sécurité.

Le représentant de la France, qui, à l’instar de plusieurs homologues, a rappelé les différentes opérations auxquelles participe l’Union européenne, que ce soit en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie, a estimé qu’avec le Traité de Lisbonne, l’Union européenne était aujourd’hui « mieux outillée pour faire entendre sa voix ». 

Le délégué de la Chine a jugé, pour sa part, qu’avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et le renforcement du processus d’intégration de l’Union européenne, les Nations Unies et le Conseil de sécurité auraient une « approche plus pragmatique et efficace » dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales. 

Le représentant du Nigéria a constaté que le dialogue entre l’Union européenne et l'Union africaine avait « beaucoup progressé », notamment dans les domaines de la bonne gouvernance, du développement, de la sécurité alimentaire, de l’environnement, de l’intégration régionale et du commerce.  Ce dialogue, a-t-il dit, « doit être renforcé ».  Son homologue de l’Ouganda a mis l’accent sur le partenariat entre l’Union européenne et l’Union africaine ainsi que sur l’appui de l’Union européenne à la Facilité de soutien à la paix pour l'Afrique.

COOPÉRATION ENTRE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET LES ORGANISATIONS RÉGIONALES ET SOUS-RÉGIONALES AUX FINS DU MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Union européenne

Exposé

Mme CATHERINE ASHTON, Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a dressé un tableau de la coopération, qu’elle a jugé croissante, entre l’Union européenne et les Nations Unies.  L’Union européenne accorde, a-t-elle dit, une grande importance à son partenariat avec les Nations Unies.  L’objectif essentiel de la politique étrangère de l’Union européenne est le développement d’un système multilatéral efficace au centre duquel se trouve une ONU forte, a-t-elle dit.  Les Nations Unies et l’Union européenne, a souligné Mme Ashton, doivent promouvoir les idéaux qui avaient inspiré les générations antérieures: paix, justice, droits de l’homme.  Elle s’est dite convaincue que les problèmes complexes appelaient des solutions globales.  Il faut, a-t-elle souligné, défendre les causes de la sécurité, des droits de l’homme et du développement durable sur un front unique.

Mme Ashton a rappelé que les États membres de l’Union européenne constituaient les plus importants contributeurs au budget ordinaire et à ceux des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  Mais ce partenariat va bien au-delà de l’argent, a-t-elle ajouté, notant que l’Union européenne soutenait vigoureusement les Nations Unies sur les plans politique et opérationnel.  Elle a précisé que l’Union européenne et les Nations Unies travaillaient en commun sur le théâtre d’opérations de huit crises majeures en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.  L’Union européenne fait rapport au Conseil de sécurité sur trois de ces opérations.

La Haut-Représentante de l’Union européenne a affirmé qu’elle s’exprimait à un moment particulier de l’évolution de l’Union européenne.  Le Traité de Lisbonne est désormais en vigueur, a-t-elle dit, évoquant une étape historique, tant pour les Européens eux-mêmes que pour les non-Européens.  Ce Traité, a-t-elle expliqué, offre l’opportunité de renforcer l’impact international de l’Union européenne et sa vision stratégique.  Mme Ashton a ainsi fait état des progrès visant à la création d’un Service d’action extérieure européen, lequel sera placé sous son autorité, et qui intègrera des diplomates des institutions européennes et des États Membres.  Il dirigera également les délégations de l’Union européenne à travers le monde, a-t-elle poursuivi, appelant tous les États Membres des Nations Unies à soutenir les efforts de l’Union européenne afin que ses représentants puissent agir efficacement dans le cadre des Nations Unies et maximiser sa contribution dans la réalisation des objectifs communs de l’Organisation.

Mme Ashton a déclaré que dans de nombreuses zones de crises, les représentants spéciaux du Secrétaire général et l’Union européenne travaillaient main dans la main.  La médiation et l’appui à la médiation sont désormais des éléments de coopération croissante entre les Nations Unies et l’Union européenne, a-t-elle dit.  La Haut-Représentante de l’Union européenne a, en particulier, souligné que l’une des priorités les plus importantes de l’Union européenne était d’aider les partenaires africains dans le développement de leurs capacités dans les domaines de la prévention des conflits, de la gestion des crises et de la consolidation de la paix.  Elle a ainsi mentionné la création d’un instrument financier spécifique, la Facilité de soutien à la paix pour l'Afrique.

Mme Ashton a aussi fait état de la collaboration étroite de l’Union européenne avec les Nations Unies dans les domaines de la stabilisation et du développement à long terme, évoquant à cet égard l’intervention rapide de l’Union européenne après le tremblement de terre en Haïti.  Elle a par ailleurs souligné le soutien vigoureux de l’Union européenne, dans le cadre de la lutte contre l’impunité, à la Cour pénale internationale (CPI).

La Haut-Représentante a conclu son intervention en assurant que l’Union européenne était fermement engagée en faveur d’un partenariat actif avec les Nations Unies pour promouvoir la paix, protéger les personnes vulnérables et aider les peuples à vivre dans la sécurité et la dignité.

Déclarations

M. MICHAEL SPINDELEGGER, Ministre des affaires européennes et internationales de l’Autriche, a déclaré que l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne en décembre 2009 a apporté des changements significatifs pour l’Union européenne, notamment en ce qui concerne la politique étrangère et de sécurité.  Avec le renforcement du Bureau du Haut-Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, l’Union européenne sera en mesure de parler à ses partenaires – dont les Nations Unies - d’une seule voix. Il a rappelé que le Traité de l’Union européenne stipule que les actions de l’Union européenne sur la scène internationale doivent être guidées par les principes de la Charte de l’ONU.  Il a indiqué que le Conseil de sécurité avait, par sa déclaration présidentielle adoptée, sous la présidence de la Chine, en janvier 2010, réaffirmé l’importance de la contribution des organisations régionales et sous-régionales pour le règlement pacifique des conflits et la diplomatie préventive.  Le Ministre a souligné que la coopération entre l’ONU et l’Union européenne était cruciale dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales.  Il a déclaré que l’Union européenne était engagée dans 13 opérations militaires et missions civiles, l’Autriche étant impliquée dans six d’entre elles.  Il a ajouté que l’Union européenne appuyait toutes les opérations de maintien de la paix de l’ONU, citant notamment les efforts de lutte contre la piraterie en Somalie.  Il a également cité la nouvelle mission de formation de l’ONU en Ouganda qui vise à soutenir le gouvernement fédéral de transition somalien par la formation de 2 000 agents de sécurité somaliens.  Il a insisté sur l’implication de l’Union européenne au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine, en Afghanistan et en Guinée-Bissau.  

En outre, le Ministre autrichien des affaires européennes et internationales a mis l’accent sur la volonté de l’Union européenne de traduire les résolutions du Conseil de sécurité dans ses propres actions.  À cet égard, il a cité des mesures sur la protection des civils dans les conflits armés et la question des femmes, paix et sécurité.  Il a cité la Mission de surveillance de l’Union européenne en Géorgie et la Mission de police (EUPOL) en République démocratique du Congo.  Le Ministre a indiqué qu’une des leçons tirées des opérations militaires et civiles de l’Union européenne était d’intégrer les aspects liés aux droits de l’homme et à la parité entre les sexes dès les phases de conception des missions pour assurer leur succès.  Il a indiqué que l’Union européenne avait adopté différents instruments relatifs à la mise en œuvre de la résolution 1612 sur les enfants et les conflits armés, et la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, dans le contexte de la politique commune de sécurité et de défense.  Un autre exemple de l’engagement de l’Union européenne dans les négociations multilatérales est la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), a-t-il dit en soulignant la contribution substantielle de l’Union européenne dans la coopération nucléaire.  Le Traité de Lisbonne, a-t-il dit, a simplifié la représentation internationale de l’Union européenne en précisant que le Service de l’action extérieure aidera à renforcer la cohérence et l’efficacité de la direction stratégique et la coopération de l’Union européenne avec ses partenaires internationaux, en particulier l’ONU.

M. GÉRARD ARAUD (France) a affirmé que l’Union européenne était largement impliquée dans le fonctionnement des Nations Unies.  Sur le plan financier, a-t-il rappelé, l’Union européenne contribue ainsi à hauteur de 40% du budget des Nations Unies.  L’Union européenne est également fortement impliquée depuis plusieurs années dans la gestion des crises avec le lancement de plusieurs opérations militaires et civiles placées sous l’autorité du Conseil de sécurité.  Après avoir énoncé les différentes opérations auxquelles participe l’Union européenne, que ce soit en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie, le représentant de la France a souligné qu’avec le Traité de Lisbonne, l’Union européenne était mieux outillée pour faire entendre sa voix sur la scène internationale, en particulier au sein des Nations Unies.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité d’un renforcement de la coopération entre l’Union européenne et les Nations Unies, notamment en amont des crises et dans les processus de consolidation de la paix.  Cette coopération est d’autant plus nécessaire, a-t-il dit, qu’il faut aujourd’hui mobiliser l’ensemble des instruments disponibles, qu’ils soient politiques, militaires ou civils.  La France ne ménagera pas ses efforts pour renforcer ces liens entre l’Union européenne et les Nations Unies, a conclu M. Araud. 

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a déclaré que l’intervention de Mme Catherine Ashton marquait un changement important dans les relations entre les Nations Unies et l’Union européenne. Grâce au Traité de Lisbonne, a-t-il dit, l’Union européenne devient un partenaire plus efficace des Nations Unies et des autres organisations régionales.  Il a rappelé que l’Union européenne était devenue une force pour la stabilité de la région des Balkans, du Caucase et en Afrique du Nord.  « Nous continuons à nous intéresser à l’Afrique », a-t-il ajouté.  M. Lyall Grant a, par ailleurs, souligné l’importance du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, qui répond aux intérêts communs de l’ONU et des organisations régionales.  L’Union européenne, a-t-il dit, est un partenaire de l’ONU.  Le Royaume-Uni, a-t-il assuré, partage des objectifs communs tels que la lutte contre la pauvreté, les changements climatiques ou encore la prolifération nucléaire.

Le représentant a précisé que l’Union européenne et ses États Membres fournissaient près de 40% du budget des Nations Unies et plus de deux tiers de l’aide au développement.  L’Union européenne, a-t-il souligné, a lancé à ce jour plus de 20 missions, déployé des juges, des travailleurs humanitaires et des policiers sur plusieurs continents.  Elle est actuellement présente dans huit situations de conflit, a-t-il ajouté.  Le représentant a également mis l’accent sur l’étroite coopération entre l’Union européenne et l’ONU, notamment dans les Balkans, au Kosovo, en République démocratique du Congo (RDC) ou encore en Afghanistan avec la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).  Le représentant a indiqué que la relation étroite qui existe entre l’Union européenne, les Nations Unies et les organisations régionales, contribuait à assurer une diplomatie préventive et d’instaurer la paix. 

M. ERTUGRUL APAKAN (Turquie) a affirmé que l’Union européenne jouait un rôle toujours plus important pour contribuer à la paix et à la sécurité dans le monde.  La nécessité d’un partenariat au niveau régional est de plus en plus ressentie, a-t-il dit, soulignant à cet égard le rôle de l’Union européenne.  Le représentant a mis l’accent sur la contribution de l’Union européenne dans les domaines de la prévention des conflits, de la gestion des crises, de la médiation, des crises humanitaires ou de l’aide au développement.  La Turquie, grâce à ses capacités civiles et de police, participe aux efforts de maintien de la paix dans plusieurs opérations en Europe ou en Afrique, a-t-il dit.  Le représentant a souligné le rôle en matière de dialogue politique que pourrait jouer son pays, candidat à l’entrée dans l’Union européenne, dans le renforcement des capacités de l’Union européenne à établir la stabilité dans le monde.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a salué l’intervention de la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton.  La Fédération de Russie s’est toujours prononcée en faveur d’une coopération plus étroite entre l’ONU et les organisations régionales, telle que prévue au Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies et qui répond aux intérêts communs de l’ONU et des organisations régionales, a-t-il ajouté.  L’Union européenne, a estimé le représentant, a établi une collaboration fructueuse avec les Nations Unies, notamment dans la prévention et le règlement des conflits.  Il a, par ailleurs, précisé que la Fédération de Russie avait plusieurs fois eu l’occasion de partager son expérience avec l’Union européenne, notamment au Tchad ou dans la lutte contre la piraterie.

Le représentant a réaffirmé que son pays souhaite la poursuite du dialogue entre l’Union européenne et la Fédération de Russie. « Nous souhaitons la création d’un instrument juridiquement contraignant pour l’espace « Euro-Atlantique », a-t-il ajouté.  Le représentant a, par ailleurs, salué l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.  En dépit de la nécessité croissante d’assurer un travail efficace entre les Nations Unies, l’Union européenne et les organisations régionales et sous-régionales, les responsabilités des Nations Unies pour assurer le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde demeurent intangibles, a déclaré le représentant avant de conclure. 

M. YUKIO TAKASU (Japon) a estimé que la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales constitue une partie intégrale et de plus en plus importante de l’architecture des Nations Unies en matière de paix et de sécurité.  Il a ensuite félicité l’Union européenne pour ses grandes contributions à la paix et à la sécurité internationales, en coopération avec l’ONU.  Le rôle complémentaire de l’Union européenne est important dans le domaine du maintien et de la consolidation de paix à travers le monde, allant des Balkans, à la Somalie, a-t-il souligné, en rappelant aussi la collaboration significative de l’Union européenne et de l’ONU, avec la mission EULEX au Kosovo et la transition de l’EUFOR vers la MINURCAT au Tchad.

Avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le Japon espère que la politique extérieure de l’Union européenne démontrera une grande cohérence et une efficacité sous la direction de la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, a-t-il poursuivi.  Son pays, a-t-il assuré, est fermement déterminé à continuer à coopérer avec l’Union européenne pour renforcer les capacités des forces de police afghanes et le soutien au Centre régional de formation contre la piraterie de Djibouti.

M. LI BAODONG (Chine) a affirmé que son pays accordait une haute importance à la coopération des Nations Unies avec les organisations régionales et sous-régionales dans le cadre du maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Il a ainsi évoqué la réunion du Conseil de sécurité du mois de janvier sur ce sujet que présidait son pays.  La Chine apprécie le rôle actif que l’Union européenne joue à cet égard, a-t-il dit, citant sa riche expérience dans le domaine de la diplomatie préventive.  Le représentant a encouragé l’Union européenne à continuer à apporter sa contribution aux Nations Unies.  Il a estimé qu’avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et le renforcement du processus d’intégration de l’Union européenne, les Nations Unies et le Conseil de sécurité auront une approche plus pragmatique et efficace dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales. 

Mme REGINA DUNLOP (Brésil) a tout d’abord souligné l’importance de la présentation faite par la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton.  Elle a, par ailleurs, salué la présence au Conseil de sécurité du Ministre des affaires étrangères d’Autriche, M. Michael Spindelegger.  Alors que le Traité de Lisbonne lance dans une nouvelle phase le développement institutionnel de l’Union européenne, elle a espéré que cela contribuera à renforcer le partenariat entre l’Union européenne et les Nations Unies. 

Mme Dunlop a salué les efforts de l’Union européenne pour la promotion d’un dialogue politique et le renforcement des capacités nationales, notamment dans la région des Balkans, en Europe, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.  La représentante a, par ailleurs, mis l’accent sur le rôle que joue l’Union européenne dans la stabilisation de la région des Balkans, par le biais de sa Mission EULEX au Kosovo et sa Mission EUFOR en Bosnie-Herzégovine.  « Ma délégation, a-t-elle dit, attache une importance particulière au travail entrepris par l’Union européenne en matière de consolidation de la paix.  Le Brésil, qui préside la Configuration Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, apprécie la contribution apportée par l’Union européenne, a-t-elle précisé.

M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a souligné le renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, notant que cela représentait une meilleure approche et un partenariat plus efficace.  « Nous nous félicitons, a-t-il dit, de l’engagement manifesté par l’Union européenne, qui contribue de manière importante à la prévention et au règlement des conflits ainsi qu’à la consolidation de la paix ».  Il est important, a ajouté le représentant, de renforcer la coopération entre les organisations régionales et sous-régionales.  Le représentant a salué, à cet égard, le soutien de l’Union européenne en Afrique, notamment la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  Par ailleurs, M. Rugunda a mis l’accent sur le partenariat entre l’Union européenne et l’Union africaine et l’appui de l’Union européenne au Fonds pour la paix en Afrique.  Il a souhaité une meilleure coopération entre l’ONU et les organisations régionales, sous-régionales et les commissions régionales.  Il a conclu son propos en se félicitant de la volonté du Conseil de sécurité de poursuivre les discussions, avec l’Union européenne et les organisations régionales, et d’utiliser ces discussions de manière optimale.

Mme BROOKE D. ANDERSON (États-Unis) a affirmé que son pays partageait l’engagement de l’Union européenne en faveur de la diplomatie multilatérale, soulignant, comme le stipule la Charte des Nations Unies, le rôle important des organisations régionales pour prévenir, gérer et résoudre les conflits.  L’Union européenne est un partenaire capital des Nations Unies pour assurer la gestion des crises partout dans le monde, a-t-elle dit.  La représentante a ainsi cité le rôle de l’Union européenne en Afghanistan ou dans la région des Grands Lacs, en Afrique.  Elle a dit en outre apprécier les efforts visant à former les forces somaliennes pour assurer la sécurité ou combattre la piraterie au large des côtes somaliennes.  Elle a également remercié l’Union européenne d’avoir fourni une aide rapide au relèvement d’Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier dernier.  Elle a également mis l’accent sur la contribution de l’Union européenne dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et la protection des civils, en particulier les plus vulnérables comme les enfants.

Mme MIRSADA COLAKOVIC (Bosnie-Herzégovine) a souligné que l’expérience de l’Union européenne en matière de consolidation de l’État, de réforme du secteur de la sécurité et, plus largement, de promotion de la démocratie, des droits de l’homme, de la bonne gouvernance et de l’état de droit, a été très utile dans un grand nombre de ses missions et pas seulement en Europe.  La Bosnie-Herzégovine salue les efforts de maintien et de consolidation de la paix de l’Union européenne partout dans le monde, a indiqué la représentante, reconnaissant en particulier l’importance du partenariat entre l’Union européenne et l’Union africaine.  De l’avis de sa délégation, l’Union européenne a aussi beaucoup à apporter dans l’assistance aux pays dans les situations post-conflit.  Ses institutions, a estimé la représentante, peuvent contribuer aux efforts visant à instaurer une stabilité à long terme et l’amélioration de la situation économique et sociale.  Elle a souligné l’importance des missions de l’Union européenne axées sur l’état de droit, dont le mandat principal est de renforcer la législation nationale et les institutions judiciaires, lesquelles constituent des conditions indispensables à la stabilité politique et sociale et à la sécurité.  Il y a cinq ans, l’Union européenne a créé une mission militaire EUFOR/ALTEA et une mission d’état de droit EUPM en Bosnie-Herzégovine, a rappelé la déléguée, se félicitant de cette contribution aux efforts de stabilisation du pays à long terme.  La Bosnie-Herzégovine est favorable au renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, à condition d’adopter une approche souple pour utiliser les ressources de manière optimale, a-t-elle indiqué avant de conclure.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a salué l’intervention prononcée par la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton.  La coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales est indispensable pour préserver la paix et la sécurité internationales, a-t-il ajouté.  M. Heller a estimé que l’intervention des organisations régionales est essentielle pour assurer la stabilité à moyen et à long termes.  L’Union européenne est un partenaire stratégique des Nations Unies pour la promotion de la paix, notamment dans des conflits régionaux critiques, a-t-il ajouté.  Sa délégation, a-t-il dit, encourage l’Union européenne à renforcer ses relations stratégiques avec les Nations Unies et à redoubler d’efforts pour assurer une meilleure coopération technique.  L’Union européenne, a estimé le représentant du Mexique, possède les capacités nécessaires pour répondre aux conflits et pour consolider l’état de droit.  L’Union européenne doit continuer d’associer ses efforts à ceux des organisations régionales ou sous-régionales et des autres acteurs sur le terrain, a ajouté le représentant.  Il a conclu sa déclaration en réaffirmant l’engagement de son pays à travailler en étroite coopération avec les Nations Unies et l’Union européenne pour atteindre des objectifs communs. 

M. RAFF BUKUN-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) s’est félicité des mesures concrètes mentionnées par la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité qui, a-t-il dit, cherchent à améliorer les relations déjà bonnes entre l’Union européenne et les Nations Unies, notamment dans le domaine de la gestion des crises.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la coopération dans le domaine de la gestion des crises et de l’échange d’informations.  Il faudrait, a-t-il souligné, que les efforts augmentent progressivement.  De même, conviendrait-il, d’aider les partenaires africains à développer leurs propres capacités, a estimé le représentant.  Il a en outre affirmé que le dialogue entre l’Union européenne et l'Union africaine avait beaucoup progressé, notamment dans les domaines de la bonne gouvernance, du développement, de la sécurité alimentaire, de

l’environnement, de l’intégration régionale et du commerce.  Ce dialogue, a-t-il dit, doit être renforcé.  Le représentant s’est, à cet égard, félicité de la réunion ministérielle qui s’est tenue à Luxembourg en avril 2010. 

M. ALFRED MOUNGARA MOUSSOTSI (Gabon) a souhaité qu’il y ait une interaction plus régulière et plus approfondie entre d’une part les Nations Unies, et d’autre part les organisations régionales, sous-régionales et/ou les commissions régionales.  Face aux défis qui sont de plus en plus complexes, cette coopération est nécessaire, a-t-il dit.  Le Gabon, a ajouté, le représentant, apprécie la contribution de l’Union européenne, notamment dans les Balkans, au Tchad, ou encore en Somalie.  Le représentant a souligné le rôle important de l’Union européenne qui s’emploie à lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes.  Il s’est félicité des efforts entrepris par l’Union européenne, notamment en partageant son expérience en matière de maintien de la paix et de consolidation de la paix.

M. NAWAF SALAM (Liban), rappelant l’importance du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, a souligné que la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales est essentielle aujourd’hui pour prévenir les conflits.  Le Liban, a-t-il dit, est attaché à la promotion de la paix, au respect des droits de l’homme, au développement économique et social et à l’état de droit.  Il s’est félicité de ce que ces questions clefs figurent dans l’article 10A du Traité de Lisbonne.  Il s’est, par ailleurs, félicité de l’action de l’Union européenne, dans des régions sensibles comme dans les Balkans ou en Afrique.  L’expertise de l’Union européenne et sa capacité à former le personnel de police ou des institutions judiciaires sont essentielles, a-t-il poursuivi.  Le représentant a souligné le rôle positif de l’Union européenne, membre actif du Quatuor, dans les discussions de paix engagées au Moyen-Orient.  Le Liban exhorte l’Union européenne à continuer de donner la priorité à sa politique étrangère. À cet égard, le représentant a conclu son propos en souhaitant un plein succès à Mme Catherine Ashton dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

Dans ses remarques de clôture, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a affirmé que le Traité de Lisbonne représentait une véritable possibilité pour l’Europe de mettre au point des stratégies plus cohérentes et plus efficaces.  Mme Ashton s’est félicitée qu’à l’avenir, l’Union européenne et les Nations Unies entendent renforcer leur partenariat.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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