La réforme du secteur de la sécurité demeure au centre des objectifs de stabilisation prioritaires en Guinée-Bissau, souligne le Représentant spécial devant le Conseil de sécurité

5 mars 2010
CS/9874

La réforme du secteur de la sécurité demeure au centre des objectifs de stabilisation prioritaires en Guinée-Bissau, souligne le Représentant spécial devant le Conseil de sécurité

05/03/2010
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité

6281e séance – matin


LA RÉFORME DU SECTEUR DE LA SÉCURITÉ DEMEURE AU CENTRE DES OBJECTIFS DE STABILISATION PRIORITAIRES

EN GUINÉE-BISSAU, SOULIGNE LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ


« L’année 2010 pourrait marquer un tournant pour la Guinée-Bissau », a estimé ce matin devant le Conseil de sécurité le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Guinée-Bissau, qui a déclaré que ce pays avait connu ces derniers mois une période de relative stabilité politique, marquée par les efforts d’un gouvernement qui devra cependant poursuivre la réforme du secteur de la défense et de la sécurité et le rétablissement de l’état de droit sur son territoire.


Venu présenter le tout premier rapport* en date du Secrétaire général sur les activités du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS), qui a succédé le 1er janvier 2010 au Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS), M. Joseph Mutaboba a tout d’abord rappelé que le 11 février dernier, le Président de la Guinée-Bissau, M. Malam Bacai Sanha, avait nommé au Conseil d’État l’ex-Président Mohamed Yalà et leader de l’opposition du parti du renouveau social (PRS), un geste « positif » de nature à contribuer, selon lui, au rapprochement des principaux partis politiques.


En outre, a-t-il poursuivi, à la demande de ce même parti, deux commissions parlementaires ont été établies par l’Assemblée nationale afin d’entamer la révision de la Constitution et de la législation du gouvernement local, ainsi qu’une commission technique chargée de préparer le processus de dialogue national.


Dans le domaine de la coopération régionale, les Ministres de la défense de la Guinée-Bissau et du Sénégal se sont entretenus le 12 février à Dakar et ont conclu un accord pour réviser et mettre à jour l’Accord bilatéral de coopération en matière de sécurité et de défense que ces deux pays avaient signé en 1975.


Concernant la Commission d’enquête, la police judiciaire a présenté en février au Bureau du Procureur général deux rapports sur les assassinats du Président Vieira et du Chef d’état-major des forces armées, le général Tagmé Na Waié, en vue d’un examen approfondi, a noté le Représentant spécial.  Au début du mois de février, le système des Nations Unies a finalisé un Cadre conjoint pour la paix et le développement en Guinée-Bissau, assorti de marqueurs spécifiques destinés à évaluer les progrès accomplis par le pays dans la consolidation de la paix.


La situation économique et sociale a été récemment marquée par une vague de grèves lancées, fin février, à l’initiative des deux principaux syndicats d’enseignants en réaction à l’échec supposé du Gouvernement à tenir les engagements qui lui incombaient en vertu d’un accord sur les salaires et les conditions de travail.  M. Mutaboba a toutefois salué le Gouvernement pour la rigueur de ses réformes fiscales et administratives et pour la mise à jour, « pour la première fois depuis 2004 », du versement des traitements aux fonctionnaires.


La Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix (CCP) et Représentante permanente du Brésil, Mme Maria Luiza Ribeiro Viotti, a de son côté jugé très encourageant le fait que le budget 2010 a été adopté en temps opportun, pour la première fois depuis des années.


À la lumière de ces développements encourageants, M. Mutaboba a jugé, comme Mme Ribeiro Viotti, que la Guinée-Bissau devrait saisir sans hésiter la « chance sans précédent » qui se présente à elle, en mettant l’accent sur la réforme du secteur de la défense et de la sécurité.  À cet égard, il a informé les membres du Conseil de sécurité que l’équipe des Nations Unies spécialisée dans la réforme du secteur de la sécurité serait entièrement déployée d’ici à la fin mars.


Le renforcement de l’état de droit et de la sécurité en Guinée-Bissau est d’autant plus important dans la mesure où l’Afrique de l’Ouest est caractérisée par une volatilité, qu’illustrent tentatives de coups d’état et conflits interethniques et confessionnels, mais aussi trafic des stupéfiants, exploitation illégale de ressources naturelles et pêche illégale en Afrique de l’Ouest, a prévenu le Représentant spécial.  L’amélioration de l’application des lois par les agences gouvernementales, en particulier en ce qui concerne la lutte contre le trafic des stupéfiants, demeure une priorité, a insisté la Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix.


Mme Ribeiro Viotti, qui a rappelé que le Comité directeur national de Guinée-Bissau avait achevé le premier examen du Cadre stratégique pour la consolidation de la paix dans le pays, a déclaré que l’une des tâches les plus importantes qui attendent la Guinée-Bissau est « le lancement d’un fonds de pension destiné à financer le programme de réforme du secteur de la sécurité », que la Commission de consolidation de la paix devrait être en mesure de soutenir.


Mme Ribeiro Viotti a également jugé important de combiner ces efforts en faveur du renforcement de la sécurité avec des mesures visant à créer des emplois, en particulier pour les jeunes, et à relancer la croissance économique.  « Il faut intensifier l’appui aux efforts concertés en matière de renforcement de la stabilité et de promotion du développement », a-t-elle ajouté, avant d’inviter l’ensemble des parties concernées, y compris la Commission de consolidation de la paix, à réaffirmer leur engagement en faveur de ce processus en Guinée-Bissau.


Intervenant à l’issue de ces deux exposés, le représentant de la Guinée-Bissau a indiqué que son pays « revenait de loin ».  Saluant lui aussi les progrès « substantiels » accomplis jusqu’à présent, M. Alfredo Lopes Cabral a noté qu’il ressortait du rapport du Secrétaire général la détermination de son gouvernement à pratiquer « une gestion rigoureuse des deniers publics et des recettes fiscales », qui a notamment permis de régler les arriérés des traitements des fonctionnaires publics.


Il a tout particulièrement souligné les efforts déployés par le Président et son gouvernement pour tendre la main aux autres formations politiques et privilégier l’inclusion, comme en témoigne la nomination de l’ex-Président, M. Mohamed Yalà , au Conseil d’État.  M. Lopes Cabral a annoncé que « toutes les parties prenantes œuvraient à l’organisation d’une conférence nationale sur la réconciliation qui doit refléter les préoccupations de la population et permettre à toutes les composantes de la société de prendre part au dialogue ».


Des efforts sont entrepris pour la réforme du secteur de la défense et de la sécurité, a-t-il assuré, remerciant la communauté internationale, et en particulier l’Union européenne, de son concours précieux et souhaitant que l’élan en faveur de son pays soit maintenu.  Conscient que la lutte contre le trafic des stupéfiants passe, avant tout, par la mise en place d’une réforme du secteur de justice et de la police judiciaire, le représentant de la Guinée-Bissau s’est félicité de la coopération des autres pays de l’Afrique de l’Ouest à cet égard.


* S/2010/106


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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