« Les secours visent en priorité à fournir un abri à 1,2 million d’Haïtiens avant la saison des pluies », déclare le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, M. John Holmes

19 février 2010
CS/9865

« Les secours visent en priorité à fournir un abri à 1,2 million d’Haïtiens avant la saison des pluies », déclare le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, M. John Holmes

19/02/2010
Conseil de sécurité
CS/9865
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6274e séance –matin


« LES SECOURS VISENT EN PRIORITÉ À FOURNIR UN ABRI À 1,2 MILLION D’HAÏTIENS AVANT LA SAISON DES PLUIES »,

DÉCLARE LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX AFFAIRES HUMANITAIRES, M. JOHN HOLMES


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy,

appelle le Gouvernement haïtien à restructurer la gouvernance pour faire face aux défis


Le Conseil de sécurité a tenu, ce matin, une réunion sur la situation humanitaire et politique en Haïti, plus d’un mois après le séisme de magnitude 7 qui a causé la mort de 270 000 personnes et détruit les infrastructures du pays, et au lendemain du nouvel Appel éclair de fonds lancé par l’ONU pour un montant record de 1,44 milliard de dollars.


Les membres du Conseil ont entendu des exposés du Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, M. John Holmes, et du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy.  Le représentant d’Haïti a également fait une déclaration.


Dans la perspective de la conférence des donateurs qui se tiendra à New York le 31 mars prochain, les deux fonctionnaires des Nations Unies ont réaffirmé la nécessité de prolonger l’effort humanitaire international pour venir en aide à plus d’un million d’Haïtiens dépourvus d’abris sûrs alors qu’approche la saison des pluies.  Ils ont également souligné l’importance pour les forces politiques haïtiennes de s’engager rapidement dans des discussions sur le cadre futur de la gouvernance d’Haïti.


M. Holmes, de retour d’une visite en Haïti et en République dominicaine, pays limitrophe, a assuré que la situation humanitaire s’améliorait sensiblement « chaque jour ». « Le pire de l’urgence médicale est derrière nous, et environ trois millions de personnes continuent de recevoir des rations alimentaires », a-t-il ajouté.  Il a indiqué que l’accès à l’eau potable et les infrastructures de base étaient en voie d’être rétablis dans toutes les zones les plus touchées par le tremblement de terre.


« Chaque jour, des quantités toujours plus importantes de matériels de secours parviennent à Haïti et sont distribuées », a assuré M. Holmes, tout en faisant remarquer que désormais, la « première priorité » est la fourniture d’abris et de services sanitaires à grande échelle.  Il a ainsi précisé que seuls 30% des 1,2 million d’Haïtiens qui ont un besoin criant d’abris résistant à l’eau étaient actuellement aidés.  M. Holmes s’est dit également préoccupé par le sort du demi-million d’Haïtiens qui ont fui les zones les plus affectées et qui, à ce jour, n’ont reçu aucune aide.


M. Holmes a en outre attiré l’attention sur la multiplication des camps improvisés dans la capitale et à l’extérieur, en particulier les communes de Jacmel et Léogâne, épicentre du séisme.  S’il a salué le fait que la distribution de l’aide s’améliorait dans ces sites où opèrent plus de 70 organisations appuyées par des soldats canadiens, M. Holmes a cependant estimé que les camps improvisés ne pouvaient perdurer. 


« Ces camps sont surpeuplés, vulnérables aux inondations et aux incendies », a-t-il insisté, en mettant en avant la fragilité de ces installations alors que se profile la saison des pluies et des ouragans.  « Nous travaillons actuellement avec le Gouvernement haïtien à la recherche de terrains sûrs pour installer des camps susceptibles d’accueillir les sans-abris », a indiqué M. Holmes.


M. Holmes a souligné l’importance dans ce contexte du programme « travail contre rémunération » du PNUD, qui emploie actuellement 75 000 Haïtiens, pour accélérer les opérations de déblaiement destinées à dégager des zones nouvelles où seront établis des abris résistant à la pluie. 


Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a ensuite expliqué que l’appel de fonds révisé de près d’un milliard et demi de dollars lancé hier par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, et son Envoyé spécial, M. William J. Clinton, servirait à couvrir les besoins de la population en matière de santé, d’éducation et d’agriculture pour les 12 prochains mois.  « Sept cent soixante huit millions de dollars sont nécessaires pour financer la réalisation des projets de 54 organisations non gouvernementales, de 21 institutions de l’ONU et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) », a-t-il détaillé.  Il faut aider, a-t-il dit, les plus démunis sans pour autant créer une « dangereuse dépendance » à cette aide.


Le Représentant permanent d’Haïti auprès de l’ONU, M. Léo Mérorès, qui a remercié « la grande famille des nations » pour la générosité manifestée à la suite du séisme, a jugé que l’appel de fonds révisé arrivait à « point nommé », les familles d’accueil et les communautés, qui apportent un soutien aux personnes déplacées, ayant « elles aussi besoin d’aide ». 


M. Mérorès a mis l’accent sur la sécurité publique. « Si la situation en matière de sécurité reste relativement stable depuis le 12 janvier, des actes de banditisme et criminels sont à redouter dans la capitale et dans le reste du pays », a-t-il expliqué.  « De même, 4 000 évadés de prisons, pour la plupart très dangereux, courent les rues et constituent une menace potentielle pour la sécurité des personnes et des biens », a-t-il dit, indiquant que le Gouvernement haïtien était en train de les traquer et comptait sur l’aide de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), qui travaille avec la collaboration de la Police nationale pour les appréhender. 


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy, a reconnu que la situation en matière de sécurité en Haïti restait stable « mais potentiellement fragile ».  « La détérioration des conditions de vie a entraîné une augmentation de la criminalité dite opportuniste », a-t-il fait observer.  Assurant que la MINUSTAH et la Police nationale haïtienne suivaient de près les activités des gangs, M. Le Roy a prévenu que si la communauté internationale ne parvient pas à répondre aux impératifs humanitaires, tel que la nécessité de fournir des abris avant la saison des pluies, « les frustrations des Haïtiens augmenteront, ouvrant la voie à de possibles manipulations politiques ».


C’est ainsi qu’il a attiré l’attention sur l’importance pour la Mission, une fois revitalisée, d’aider la police ainsi que les systèmes judiciaire et pénitentiaire, « non seulement à retrouver leurs moyens d’avant le tremblement de terre, mais à les renforcer par le biais de la formation de nouveaux agents ». 


Concernant la gouvernance d’Haïti, M. Le Roy a relevé que les forces politiques haïtiennes et les diverses plateformes électorales avaient entamé des consultations sur les questions clefs que sont les élections et la décentralisation du Gouvernement. 


« Les partenaires du secteur privé impliqués dans l’effort humanitaire voient dans la situation actuelle une opportunité pour intensifier la modernisation de l’architecture étatique en initiant des réformes économiques et sociales », a également signalé M. Le Roy.  Il a invité le Président Préval et son Gouvernement à engager toutes les forces politiques du pays dans des discussions de fond sur les questions de gouvernance, dans la perspective de la conférence des donateurs qui aura lieu, le 31 mars prochain, à New York. 


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix n’a pas manqué d’évoquer les conséquences dramatiques de la catastrophe sur la MINUSTAH qui, « en dépit de la perte de 91 membres de son personnel, y compris le Chef de la Mission, s’est efforcée depuis le 12 janvier à faciliter les opérations de secours, assurer l’ordre public et restaurer ses propres capacités ». 


À l’issue de l’intervention de M. Le Roy, le Président du Conseil de sécurité pour le mois en cours, M. Gérard Araud, a rendu hommage au nom des membres du Conseil à l’action de la Mission dans « des conditions d’une difficulté sans précédent ».


*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.