Afghanistan: le Conseil de sécurité salue les progrès réalisés en 2010 vers l’autonomie et la stabilité du pays

22 December 2010
CS/10142

Afghanistan: le Conseil de sécurité salue les progrès réalisés en 2010 vers l’autonomie et la stabilité du pays

22/12/2010
Conseil de sécurité
CS/10142
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6464e séance - matin

A FGHANISTAN: LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SALUE LES PROGRÈS RÉALISÉS EN 2010 VERS L’AUTONOMIE ET LA STABILITÉ DU PAYS

« La réforme du cadre électoral est inévitable pour donner aux Afghans les moyens de régler politiquement les questions en suspens », estime le Chef de la MANUA

Le Conseil de sécurité a fait, ce matin, le point sur la situation en Afghanistan, en soulignant les progrès réalisés en 2010 dans le cadre du Processus de Kaboul qui devrait permettre à terme aux Afghans « d’assumer la pleine responsabilité de leur gouvernement, de leur sécurité et de leur développement économique ».

Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), qui présentait le rapport trimestriel de M. Ban Ki-moon, a ainsi salué la tenue, le 18 septembre dernier et « en dépit des menaces », d’élections parlementaires « marquées par une forte participation de femmes ».

Pour M. Staffan de Mistura, après ces élections qui constituent une étape supplémentaire sur la voie de la démocratisation du pays, « la réforme du cadre électoral est maintenant inévitable pour prévenir les problèmes rencontrés dans l’organisation et la tenue des derniers scrutins et pour donner aux Afghans les moyens de régler politiquement les questions en suspens ».  Il a annoncé, à ce propos, que le Président Hamid Karzai inaugurera le nouveau Parlement afghan à la fin du mois de janvier 2011.

Il a par ailleurs reconnu que l’amélioration de la situation en matière de droits de l’homme et la réconciliation interafghane doivent passer par un dialogue plus actif, le Haut Conseil pour la paix récemment établi par le Président Karzai devant oeuvrer « pour restaurer la confiance entre toutes les composantes ethniques et politiques du pays ».  « Le dialogue national ne pourra résister dans le temps que si les acteurs régionaux sont impliqués », a-t-il également estimé.

Les membres du Conseil de sécurité, réagissant à l’exposé fait par M. de Mistura, ont insisté sur le rôle d’appui de la MANUA concernant le volet civil du processus de transition démocratique et, par conséquent, sur la nécessité de lui fournir des ressources adaptées à son mandat.

Soulignant également les résultats du Sommet de l’OTAN qui s’était tenu à Lisbonne le 20 novembre, les membres du Conseil, et en particulier le représentant de la France, ont reconnu que l’effort de la communauté internationale s’inscrivait désormais « dans une stratégie de transfert de l’ensemble des responsabilités en matière de sécurité aux Afghans d’ici à 2014 ».

Le représentant de la France, M. Martin Briens, a demandé que ce processus soit mené sur la base de critères de sécurité et de gouvernance et qu’il tienne compte des conditions sur le terrain.

La Représentante permanente adjointe des États-Unis a tenu à préciser que la stratégie adoptée à Lisbonne était une « stratégie d’amélioration et non pas une stratégie de sortie ».  Mme Rosemary DiCarlo a assuré également que « les États-Unis appuieraient les efforts de réintégration de ceux qui manifestent la volonté de faire à nouveau partie de la société afghane ».  Considérant que les forces afghanes et internationales sont en train de « retirer aux Taliban le contrôle de plus en plus de régions », Mme DiCarlo a déclaré que « 2011 serait une année critique pour affermir les progrès en matière de développement économique mais aussi en ce qui concerne le sort des femmes afghanes ».

Concernant la lutte contre la drogue, le représentant de la Fédération de Russie, M. Vitaly Churkin, s’est félicité de ce que le rapport du Secrétaire général, qui note qu’en 2010 la culture du pavot en Afghanistan est restée au même niveau qu’en 2009, « s’attarde sur ce problème ».  Insistant sur la nécessité de renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants à travers « tout le pays », il a prôné la destruction des récoltes et des laboratoires et demandé l’inscription des « barons de la drogue » sur la liste des sanctions imposées par le Conseil de sécurité.

Le représentant de l’Allemagne a, de son côté, confirmé que Bonn accueillerait à la fin de 2011 une conférence internationale sur l’Afghanistan.  « Cet évènement devrait être l’occasion d’évaluer les progrès réalisés d’ici là dans la mise en œuvre du Processus de Kaboul », a estimé M. Miguel Berger, avant de recommander au Conseil de sécurité d’entamer des discussions sur le rôle futur de la MANUA « dès le début de 2011 ».  « L’Allemagne, qui deviendra membre du Conseil le mois prochain, entend participer pleinement à cet examen », a-t-il assuré.

Le représentant de l’Inde, dont le pays siègera également au sein du Conseil à partir du 1er janvier 2011, a estimé que l’Afghanistan pourrait servir d’axe régional pour le commerce et la communication entre l’Asie centrale, l’Asie de l’Ouest et l’Asie du Sud.  M. Hardeep Singh Puri a ensuite fait état d’un programme de renforcement des infrastructures de 1,3 milliard de dollars ainsi que le lancement conjoint d’initiatives visant à créer des emplois.

Les délégations, à commencer par celle de l’Afghanistan, ont rendu un hommage unanime aux efforts « inlassables » de Richard Holbrooke –l’Envoyé spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan et ancien Représentant permanent auprès de l’ONU, décédé le 13 décembre– en faveur de la paix et de la stabilité en Afghanistan.

LA SITUATION EN AFGHANISTAN

Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (S/2010/630)

Ce rapport du Secrétaire général fait le point sur les activités menées par l’ONU dans le pays, y compris celles de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), ainsi que de la situation sur place depuis le 14 septembre 2010. 

S’agissant des élections législatives -qui ont eu lieu comme prévu le 18 septembre 2010- le Secrétaire général note qu’en dépit de menaces et d’actes de violence de la part des Taliban et d’autres groupes armés illégaux, environ 4,3 millions d’Afghans ont pu y participer, sur les quelque 12 millions habilités à voter.  Il indique que l’annonce des résultats finaux certifiés, initialement prévue pour le 30 octobre, n’a eu lieu que le 24 novembre et que ceux-ci ont entraîné un changement majeur de la représentation ethnique dans la Wolesi Jirga (Chambre des représentants), où les Pashtounes ont perdu plus de 20 sièges.

« La MANUA, l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, la Turquie et la Fédération de Russie ont accueilli avec satisfaction la certification des résultats finaux et exprimé leur soutien aux activités des organes électoraux indépendants », souligne M. Ban Ki-moon, qui assure que, de l’avis général, « ces élections, conduites par les Afghans, constituent une nette amélioration sur le plan technique par rapport aux scrutins précédents ».

Concernant la situation sur le plan de la sécurité, le Chef de l’ONU relève qu’au cours de la période considérée, le nombre d’incidents de sécurité a augmenté de 66% par rapport à la même période en 2009.  « On a compté en moyenne trois attentats-suicides par semaine, dirigés principalement contre les soldats des forces internationales, la police et des responsables gouvernementaux », précise-t-il, déplorant le fait que parmi les objectifs civils, le complexe de l’ONU regroupant plusieurs organismes à Hérat ait été la cible, le 23 octobre, du troisième attentat-suicide dirigé contre l’ONU au cours des trois dernières années.

Pour ce qui est de la transition vers l’exercice par le Gouvernement afghan des responsabilités en matière de sécurité,le Secrétaire général note qu’à la réunion des chefs d’État et de gouvernement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), tenue le 20 novembre 2010 en marge du Sommet del’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Lisbonne, le cadre de transition a été entériné.  « Ce processus définit clairement la voie à suivre pour la transition, en se fondant sur la preuve, province par province, que les institutions afghanes sont en mesure d’assurer la responsabilité de la sécurité et de la gouvernance, parallèlement au retrait des forces de combat internationales », précise M. Ban.

Au plan de la réintégration, le Secrétaire général indique que le Haut Conseil pour la paix a été officiellement inauguré par le Président Karzai, le 7 octobre.  « Le 20 octobre, le Haut Conseil a demandé à toutes les parties au conflit de renoncer à la violence et d’engager des entretiens, et à l’ONU de jouer un rôle dans le processus en faisant davantage pour renforcer l’appui fourni et les engagements pris au niveau mondial en faveur du processus de paix et de stabilité en Afghanistan », précise-t-il.

Pour ce qui est de la coopération régionale, M. Ban salue la ratification, le 6 octobre, de l’Accord sur le commerce de transit entre l’Afghanistan et le Pakistan, « qui régularisera les échanges commerciaux d’une valeur d’environ 2 milliards de dollars entre les deux pays et permettra aux marchandises afghanes de transiter par le Pakistan en vue de leur vente sur les marchés régionaux et mondiaux ».

Dans ses observations, le Secrétaire général rappelle que le Processus de Kaboul est la feuille de route dont le Gouvernement afghan et ses partenaires internationaux sont convenus pour mettre en place les conditions qui permettront aux Afghans d’assumer la pleine responsabilité de leur Gouvernement, de leur sécurité et de leur développement économique.  Cette transition, qui vise à confier aux Afghans l’ensemble des responsabilités, et le renforcement des moyens permettant de répondre concrètement aux besoins de la population afghane, nécessiteront un partenariat solide entre le Gouvernement et la communauté internationale », note-t-il également.  Le Secrétaire général insiste sur le fait que le partenariat entre la communauté internationale et le Gouvernement doit être souple et s’adapter aux besoins et aux conditions sur le terrain

Sur la lutte contre la drogue, le Secrétaire général fait état d’une étude de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), publiée en septembre et qui révèle que la culture du pavot en Afghanistan est restée au même niveau qu’en 2009, mais que la production d’opium a diminué de moitié en 2010.  « Selon les conclusions préliminaires de l’étude, le pavot continue d’être cultivé principalement dans les provinces peu sûres du sud et de l’ouest du pays », précise-t-il. 

Concernant les droits de l’homme, le Secrétaire général note que les civils ont continué à être les premières victimes de l’intensification du conflit armé, le nombre de tués ou blessés ayant augmenté de 20% au cours des 10 premiers mois de 2010 par rapport à la même période en 2009.  « La sécurité de notre personnel demeure une préoccupation majeure pour l’Organisation et l’attaque du mois d’octobre contre le complexe de l’ONU à Hérat a servi à rappeler les dangers auxquels ce personnel doit faire face », confie enfin M. Ban.  À cet égard, il remercie le Gouvernement koweïtien d’avoir mis à disposition sur son territoire un bureau d’appui qui a permis à la MANUA de redéployer une partie du personnel d’appui, et le Gouvernement néerlandais d’avoir mis à disposition le complexe qu’il a construit dans le centre de Kaboul.

Déclarations

M. STAFFAN DE MISTURA, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), après avoir rendu hommage à l’Envoyé spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, décédé le 13 décembre, a présenté brièvement le rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan.  Concernant la situation en matière de sécurité, il a assuré que les activités des forces afghanes et de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) continuaient de s’intensifier dans le bon sens.  « Nous aurons besoin de leur vigilance dans les prochains mois, car nous nous attendons à un environnement sécuritaire tendu ».  Évoquant ensuite la tenue du Sommet de l’OTAN à Lisbonne en novembre dernier, il a estimé que cette réunion avait permis de clarifier la situation et de réaffirmer que tous les participants étaient attachés à ce que le transfert des responsabilités au Gouvernement afghan en matière de sécurité soit couronné de succès.  « Selon la formule utilisée à Lisbonne, la communauté internationale accompagnera les autorités afghanes pour qu’elles puissent être droites dans leurs bottes mais pas seules », a ajouté M. de Mistura.  Il a indiqué que la communauté internationale devrait également continuer à aider le Gouvernement afghan à renforcer ses capacités de contrôle sur l’ensemble du territoire.  L’un des principaux objectifs de la MANUA en 2011 est d’assurer une meilleure cohérence de l’aide internationale, en la réalignant sur les priorités budgétaires fixées par le Gouvernement, a-t-il précisé.

Pour ce qui est de droits de l’homme, le Chef de la MANUA a indiqué que la Mission continuerait d’établir des rapports objectifs « pour aider tout le monde à comprendre que la protection de ces droits est d’abord importante pour les Afghans eux-mêmes, qui sont les premières victimes des violences ».  M. de Mistura a abordé les élections parlementaires, « qui se sont tenues comme prévu le 18 septembre dernier et qui ont été marquées, de manière positive, par une forte participation des femmes ».  « Il n’existe pas de solution militaire durable en Afghanistan », a également insisté le Représentant spécial, appelant le Haut Conseil pour la paix, récemment établi, à « accroître la promotion du dialogue en vue de restaurer la confiance entre toutes les composantes ethniques et politiques du pays ».  Soulignant que le dialogue national ne pourra résister dans le temps que si les acteurs régionaux sont impliqués, il a annoncé la tenue d’une nouvelle Conférence de l’ONU sur l’Afghanistan à Bonn, l’année prochaine.  « Le Président Karzai inaugurera le nouveau Parlement afghan à la fin du mois de janvier 2011  », a-t-il ajouté.  « Une réforme électorale est inévitable pour éviter les problèmes rencontrés dans l’organisation et la tenue des derniers scrutins », a souligné M. de Mistura, rappelant qu’il faut donner aux Afghans les moyens de régler politiquement les problèmes qui subsistent.

      M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a déclaré que l’année écoulée avait été historique pour son pays, marquée par la Conférence de Londres, la Jirga de paix, la Conférence de Kaboul, les élections parlementaires de l’automne et le Sommet de l’OTAN à Lisbonne.  Ces événements ont permis de réaffirmer les engagements de leurs partenaires de l’Afghanistan tout en réengageant le peuple afghan dans l’ensemble des efforts de paix et de sécurité, en accroissant la collaboration régionale et en tendant la main à l’opposition armée, a-t-il estimé.  Le représentant a déclaré que le Sommet de Lisbonne avait permis de lancer trois messages clefs: au peuple afghan, que la communauté internationale ne les abandonnera pas et restera engagée à long terme; aux terroristes et extrémistes, qu’ils échoueront dans leurs tentatives de renvoyer le paix aux jours de la tyrannie et de l’oppression; et, enfin, aux pays de la région, que la coopération régionale est essentielle et que les voisins de l’Afghanistan ont un rôle à jouer en ce sens et ont un intérêt à la sécurité et à la stabilité de l’Afghanistan.

M. Tanin a estimé que, « malgré des attaques suicides et des incidents isolés », la sécurité s’était globalement améliorée dans le pays, ajoutant que, pour la première fois depuis deux ans, les forces afghanes et celles de la FIAS avaient commencé à reprendre l’initiative.  Il a estimé que ces succès avaient des effets directs sur la perception de la population et que, dans des villages du sud du pays, la population reconnaît les progrès réalisés et commence à discuter avec les autorités locales et les forces de sécurité afghanes.  Dans ce contexte, il faut continuer de mettre l’accent sur la fourniture de services de base à la population, et aussi d’éviter les pertes civiles lors des opérations militaires, a insisté le représentant.  M. Tanin a en outre mis l’accent sur la nécessité de mettre fin aux sanctuaires dont disposent les terroristes « dans la région », sans quoi, a-t-il averti, les efforts réalisés en Afghanistan même resteront vains.

Les élections de l’automne dernier ont montré une nouvelle fois l’engagement du peuple afghan en faveur du processus démocratique, a déclaré le représentant.  Personne n’espérait des élections parfaite, a-t-il ajouté, en expliquant que les circonstances dans lesquelles le scrutin a pris place avait « ouvert la voie à des irrégularités, y compris la fermeture de bureaux de vote, ainsi qu’à l’annulation de nombreux votes par les organes électoraux ».  Comme cela avait été annoncé, le Parlement nouvellement élu se réunira en janvier 2011, a assuré M. Tanin.  Le représentant a ensuite mis l’accent sur l’importance de la coopération régionale, rappelant que son pays se trouvait dans une position unique, et pouvait servir de centre économique pour toute la région.  Après avoir souligné l’importance des relations de haut niveau que l’Afghanistan maintenait avec le Pakistan à la fois en matière de lutte contre le terrorisme, de sécurité et de développement économique, M. Tanin a qualifié d’événement historique le sommet, qui s’était tenu le 11 décembre à Ashqabat, entre l’Afghanistan, le Turkménistan, le Pakistan et l’Inde.

Alors que le pays s’engage dans un processus de transition, de réintégration et de réconciliation nationale, les Taliban doivent être prêts à s’engager sincèrement dans les pourparlers de paix, a déclaré M. Tanin.  Mais pour cela, a-t-il ajouté, ils doivent déposer les armes, renoncer à la violence et choisir le chemin de la paix.  Le représentant a fait remarquer que les progrès réalisés par son pays en matière de sécurité, de développement et de gouvernance étaient reconnus.  Il a mis l’accent sur les mesures prises en matière de bonne gouvernance, de transparence et de redevabilité.  L’évaluation la plus importante de la situation en Afghanistan est celle qui est faite par le peuple afghan lui-même, a affirmé M. Tanin, qui a fait observer que des études récentes montraient que la majorité des Afghans continuent d’évaluer positivement les efforts de leur Gouvernement, soutiennent sa politique de réconciliation et considèrent que le pays s’engage dans la bonne direction.  Alors que la transition commence, les rôles de la communauté internationale et de l’Afghanistan sont clairs, a poursuivi M. Tanin.  Le succès des quatre années à venir, a-t-il souligné, dépendra de la force de ce partenariat, qui ne doit pas se limiter à la sécurité, mais doit aussi porter sur le développement et la gouvernance.

M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a condamné l’attaque perpétrée le mois dernier contre les installations de la MANUA et salué le courage de son personnel, « qui a tout le soutien de l’ONU ».  La situation en Afghanistan reste très préoccupante, mais la communauté internationale et les autorités sont sur la bonne voie, a-t-il ajouté, soulignant l’importance des conférences et réunions qui se sont tenues en 2010 et qui ont donné lieu au lancement d’un processus de transition vers l’autonomie du pays.  Le représentant s’est également félicité de ce que le Gouvernement reste déterminé à faire avancer le Processus de Kaboul, « lequel doit être progressif et évoluer en fonction des besoins, priorités et conditions fixées par lui ».  « La MANUA a un rôle important à jouer pour contribuer au volet civil de la transition », a-t-il estimé, demandant que le Représentant spécial et la MANUA puissent s’appuyer sur des ressources adaptées à cette tâche.  « La Turquie joue un rôle actif pour faciliter la coopération régionale », a-t-il également rappelé, notant que son pays avait accueilli à ce jour quatre conférences sur la coopération économique pour l’Afghanistan.  « Le 24 décembre, nous tiendrons un nouveau sommet sur ce thème pour continuer de diversifier la coopération régionale en faveur du développement du pays », a-t-il annoncé.

Mme MIRSADA ČOLAKOVIĆ (Bosnie-Herzégovine), réaffirmant l’appui de sa délégation à la mise en œuvre du Processus de Kaboul, s’est dite encouragée par la présentation par le Gouvernement afghan d’un cadre d’évaluation des progrès de chacun de ses 22 programmes prioritaires.  Elle s’est félicitée de l’inauguration, le 7 octobre dernier, par le Président Karzai d’un Haut Conseil pour la paix et de la décision de la MANUA de créer une capacité d’appui technique à ce Haut Conseil.  Elle s’est dite encouragée par le fait que le Gouvernement afghan ait atteint ses objectifs concernant les effectifs de l’armée et de la police nationales.  Elle a salué également les progrès considérables permettant d’assurer l’accès à la justice, notant notamment la création de bureaux d’aide juridique dans plusieurs provinces.  Elle a fait sien l’avis du Secrétaire général selon lequel l’alignement des conseils provinciaux de développement présidés par les gouverneurs, des donateurs et des autres partenaires d’exécution sur ces mécanismes dirigés par le Gouvernement sera primordial pour le développement futur.

Par ailleurs, la représentante a salué l’amélioration de la coopération régionale entre l’Afghanistan et les pays voisins, citant notamment la ratification, le 6 octobre, par le Pakistan de l’Accord sur le commerce de transit entre l’Afghanistan et le Pakistan, qui représente une étape importante pour le développement économique de l’Afghanistan.  Elle a remercié la Turquie pour son rôle de facilitateur au niveau régional, en espérant que la quatrième Conférence régionale de coopération économique concernant l’Afghanistan, qui s’était tenue à Istanbul du 2 au 4 novembre,  produira des résultats concrets sur le terrain.  Sa délégation est toutefois préoccupée par la détérioration de la situation en matière de droits de l’homme en Afghanistan et, en particulier, par la recrudescence des attaques ciblant la population civile, a-t-elle dit avant de conclure.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que le processus de Kaboul se trouvait à un tournant avec une situation politique et militaire qui reste tendue dans tout le pays.  Il a estimé que la menace principale était représentée par les Taliban et Al-Qaida.  Il a pris note des succès enregistrés par la présence militaire internationale dans le sud du pays, tout en faisant observer que les violences s’intensifiaient dans l’Est et le Nord.  Les gains obtenus, a-t-il ajouté, n’étaient pas assurés à long terme.  Le retrait de la FIAS ne pourra avoir lieu que lorsque son mandat, fixé par le Conseil de sécurité, sera rempli, a indiqué le représentant.  Cela suppose la formation des Forces armées afghanes et un retour à la sécurité, a-t-il dit.  M. Churkin a assuré que sa délégation appuyait le processus afghan de réconciliation nationale, tout en rappelant que cela supposait le renoncement des groupes insurgés à la violence.

Le représentant a estimé que la tenue des élections parlementaires avait constitué un pas important vers la stabilisation du pays.  Il a ensuite insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants en Afghanistan et il s’est félicité de ce que le rapport du Secrétaire général y consacre une attention accrue.  Il a constaté une baisse de la récolte de pavot à opium mais pas du trafic des opiacés.  Il a dit craindre qu’il soit de plus en plus attrayant pour les trafiquants d’investir dans ces cultures.  C’est pourquoi il faut détruire les récoltes et les laboratoires, a déclaré M. Churkin, qui a aussi demandé l’inscription sur la liste des personnes soumises à des sanctions des « barons de la drogue ».  La Fédération de Russie apporte un soutien considérable à la présence militaire internationale en Afghanistan par le biais des conditions de transit offertes à l’OTAN, a déclaré M. Churkin, qui a aussi fait état des efforts de formation de son pays en faveur des forces de sécurité afghanes, y compris en armes légères et en hélicoptères.  La Fédération de Russie est en outre prête à réhabiliter certaines d’infrastructures mises en place à l’époque soviétique, a-t-il ajouté.

M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a reconnu les progrès réalisés actuellement au plan politique et dit attendre avec impatience l’inauguration du nouveau Parlement afghan, en janvier 2011.  Après avoir condamné, à son tour, l’attentat du mois d’octobre contre des installations de l’ONU, il a exhorté les autorités à axer leurs efforts sur la réforme électorale à long terme.  « Cette réforme doit être menée par les autorités afghanes elles-mêmes, qui pourront cependant compter sur l’appui des nouvelles équipes spécialisées de la MANUA dont l’arrivée dans le pays aura lieu prochainement. »  Le transfert des responsabilités au Gouvernement afghan en matière de sécurité, qui doit être achevé en 2014, devrait être fondé sur la preuve, province par province, que les institutions sont en mesure d’assurer la responsabilité de la sécurité et de la gouvernance, « parallèlement au retrait des forces de combat internationales », a insisté le représentant.    M. Parham a salué l’approche adoptée par la MANUA pour appuyer le volet civil de la transition, avant de demander que les Forces nationales de sécurité et la FIAS fassent plus pour réduire les attaques des insurgés ciblant les civils.

M. TSUNEO NISHIDA (Japon) s’est félicité de la certification définitive des élections afghanes, dans la cadre d’un processus dirigé par les Afghans eux-mêmes.  Certes, il y a eu des irrégularités et de la fraude, a reconnu le représentant.  Il a cependant tenu à rendre hommage au peuple afghan pour sa participation, ainsi qu’aux deux commissions électorales nationales.  Il a souhaité que le Gouvernement afghan engage une réforme électorale à plus long terme, pour se doter à l’avenir d’élections plus libres et transparentes.  Le représentant s’est félicité des résultats du Sommet de l’OTAN à Lisbonne, estimant qu’il avait offert les conditions pour la sécurité en Afghanistan au-delà de 2014.  Il a rappelé que le Parlement japonais avait adopté un budget supplémentaire afin de mobiliser 540 millions de dollars de plus pour l’assistance en Afghanistan.  Il a assuré que son pays souhaitait contribuer au renforcement des capacités du Gouvernement afghan.  En ce sens, le Japon envisage d’envoyer du personnel médical sur le terrain pour former les médecins militaires afghans.  M. Nishida a estimé que la Conférence de Kaboul avait permis de lancer un processus essentiel pour le développement futur du pays.  Il a appelé le Gouvernement afghan à lutter sérieusement contre la corruption.  Le processus de réintégration et de réconciliation, a-t-il estimé, devrait être mené par le Gouvernement afghan avec l’appui de la communauté internationale.  M. Nishida a apporté son plein soutien à la MANUA et a affirmé que, même après la fin du mandat de son pays au sein du Conseil de sécurité à la fin de l’année, le Japon continuera à contribuer aux efforts entrepris en faveur de l’Afghanistan.

M. WANG MIN (Chine) a estimé que la tenue des élections parlementaires représentait un pas supplémentaire vers l’appropriation par les Afghans de leur gouvernement et des institutions politiques.  Il est dans l’intérêt de la communauté internationale de parvenir à instaurer une paix durable et à reconstruire le pays, a-t-il ajouté, en assurant que la Chine continuerait à appuyer les capacités nationales pour permettre au Gouvernement afghan d’exercer son autorité sur tout le territoire.  S’agissant du Processus de Kaboul, le représentant a estimé que le transfert des responsabilités au Gouvernement afghan en matière de sécurité et de développement économique doit se faire de manière progressive et s’appuyer sur un dialogue constructif avec toutes les composantes politiques et ethniques.  La communauté internationale doit, dans ce cadre, respecter les priorités fixées par le Gouvernement afghan et accompagner activement les activités de la MANUA, en particulier celles concernant la coordination de l’aide internationale au développement, a conclu le représentant.

M. WANGMIN ONEMOLA (Nigéria) s’est félicité de la tenue des élections parlementaires en Afghanistan, malgré de nombreuses difficultés.  La certification des résultats définitifs, a-t-il estimé, a renforcé la crédibilité des institutions électorales pour l’avenir.  Il a encouragé la Commission électorale indépendante et la Commission nationale des plaintes à profiter des débats qui se déroulent actuellement au sein des Nations Unies pour renforcer davantage leurs capacités.  Il s’est félicité de ce que le nouveau Parlement afghan, issu des élections, soit inauguré en janvier 2011.  Le représentant s’est félicité également de la mise en place par le Président Karzai du Conseil pour la paix.  Par ailleurs, le représentant a condamné les violences contre les civils et contre le personnel des Nations Unies.  Il a souligné qu’il était vital de renforcer les capacités des forces nationales de sécurité afghanes dans la perspective du départ des forces combattantes internationales en 2014.  Les attaques récentes ne doivent pas mettre à mal les efforts en cours pour établir la paix dans le pays et dans toute la région, a poursuivi M. Onemola, qui s’est félicité du renforcement des relations entre l’Afghanistan et les pays voisins.  Il a souhaité également un renforcement de la lutte contre la corruption, ainsi qu’une augmentation de l’aide humanitaire internationale.

M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a estimé, lui aussi, que la tenue des élections parlementaires représentait un pas en avant vers la voie de la démocratisation et la stabilité de l’Afghanistan.  « Le Gouvernement afghan doit maintenant établir le cadre idoine pour garantir, d’ici à 2014, le transfert des responsabilités en matière de sécurité », a-t-il dit.  « La MANUA sera un auxiliaire de choix durant cette période déterminante et délicate de transition », a-t-il souligné, avant de se féliciter des progrès réalisés par le peuple et le Gouvernement afghans, « qui assurent, de manière de plus en plus autonome, le développement économique du pays ».  « L’Afghanistan continuera d’avoir besoin de l’aide internationale, qui soit coordonnée et alignée sur les besoins et priorités fixés par le Gouvernement dans le cadre du Processus de Kaboul afin que tous les Afghans permettent à leur Gouvernement d’assumer sa pleine responsabilité en matière de sécurité et de développement économique », a-t-il indiqué.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a déclaré que, durant les deux années de son mandat au Conseil de sécurité, le Mexique avait deux préoccupations principales: la situation humanitaire et le nombre élevé des victimes civiles en Afghanistan.  Il a réaffirmé que sa délégation était préoccupée par l’augmentation, cette année, du nombre de victimes civiles et par le recrutement des enfants par les groupes armés dirigés par les Taliban.  La FIAS et les forces afghanes doivent, a-t-il souligné, prendre des mesures pour limiter le nombre de victimes civiles au cours de leurs opérations.  M. Heller a rappelé que la stabilité du pays ne dépendait pas seulement des initiatives militaires ou de sécurité, mais aussi d’un processus de réconciliation véritable et de la recherche des causes profondes de la violence.  L’Afghanistan doit donner la priorité à l’instauration de l’état de droit, au respect des droits de l’homme et à son développement économique.  Il n’existe pas de solution purement militaire en Afghanistan, a-t-il affirmé, avant d’exprimer sa préoccupation face aux insuffisances et aux irrégularités enregistrées lors des élections parlementaires d’octobre.  Il a insisté sur la nécessité d’une réforme électorale à long terme, avec l’appui de la MANUA.  Il a également mis l’accent sur la lutte contre la corruption et contre la criminalité transnationale organisée.  Il s’est, à cet égard, félicité de la collaboration en cours avec le Pakistan pour lutter contre le trafic de drogues.  La stratégie qui sera établie doit s’inspirer des progrès réalisés sur le terrain sans imposer un calendrier trop strict, a suggéré M. Heller.  Pour le représentant, une vision sans exclusive, comprenant également les femmes, permettra de renforcer les chances de succès du Processus de Kaboul. 

M. MARTIN BRIENS (France) a estimé qu’en dépit des problèmes rencontrés en matière de sécurité, les élections parlementaires de novembre ont permis aux Afghans de s’exprimer et aux institutions de montrer qu’elles sont capables de mener par elles-mêmes le suivi du scrutin.  Le représentant a ensuite attiré l’attention sur la nécessité d’accélérer la réforme du cadre électorale afghan, conformément à la résolution 1917.  Il n’y aura pas de réintégration réussie sans véritable réconciliation interafghane, a-t-il ajouté, saluant en ce sens la création du Haut Conseil pour la paix par le Président Karzai.  Le représentant de la France a tenu à rappeler que les efforts de paix et de réconciliation devraient être conduits dans le respect des engagements pris lors de la Conférence de Kaboul.  Seule la réintégration des ex-combattants, qui ont renoncé à la violence, qui  respectent la Constitution et sont soucieux de la protection des droits de l’homme et des femmes, doit être autorisée, a-t-il précisé.  « Notre effort s’inscrit désormais dans une stratégie de transfert de l’ensemble des responsabilités en matière de sécurité aux Afghans d’ici à 2014 », a poursuivi M. Briens, qui a souligné que « ce processus de transition va dans le sens que nous prônons depuis le Sommet de Bucarest en 2008, celui de l’afghanisation ».  « Il doit être mené sur la base de critères sécuritaires et de gouvernance, afin que le transfert soit durable et irréversible, et tenir compte des conditions sur le terrain », a-t-il insisté, en assurant que ce processus allait redéfinir graduellement les contours de l’engagement civil et militaire en Afghanistan et qu’« il était important que la MANUA s’y prépare ».

M. IBRAHIM ASSAF(Liban) a déclaré que le simple fait d’avoir pu organiser des élections parlementaires le 18 septembre dans un environnement très complexe et difficile représentait un pas positif vers la démocratie.  Certes, il y a eu des irrégularités et, dans certaines régions, l’insécurité n’a pas permis à la population de s’exprimer, a reconnu le représentant, qui a ajouté que les auteurs de violences et de fraudes devaient être punis.  M. Assaf a par ailleurs condamné les actes terroristes, les attaques contre les civils et celles contre les membres des Nations Unies.  Il faut agir de manière à permettre la participation de toutes les parties en Afghanistan, a déclaré le représentant, qui a salué les initiatives de paix.  M. Assaf a également salué les mesures visant à mettre en œuvre le Processus de Kaboul, que ce soit en matière d’appropriation nationale ou de lutte contre l’impunité ou la corruption.  Il a salué la nomination d’un envoyé spécial pour l’Afghanistan par l’OCI, et l’offre du Koweït de créer un bureau pour la MANUA.  Le représentant a aussi appelé à lutter contre le trafic de drogues.

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a estimé que les Afghans, dont un nombre élevé sont victimes des attaques perpétrées par les insurgés, méritent un appui international continu en vue de renforcer l’armée et la police nationales.  Elle a ajouté qu’il est en outre vital de poursuivre les efforts en faveur de la paix et la réconciliation nationale, « car il est évident que les seuls moyens militaires ne peuvent régler de manière durable la situation dans le pays ».  Mme Dunlop a ensuite salué la participation du Haut Conseil pour la paix et de responsables du Gouvernement afghan à la Conférence sur la justice et la réconciliation, organisée récemment par la société civile et la MANUA.  La représentante a estimé qu’une coopération plus étroite avec la société civile dans les efforts de paix, de réconciliation et de réintégration ne peut que contribuer à affermir la paix et préserver les gains obtenus ces dernières années en matière de droits de l’homme.  Avant de conclure, Mme Dunlop a préconisé la mise en place d’un mécanisme de surveillance et de communication qui serait chargé d’assurer le suivi de l’utilisation de l’aide internationale et de l’aligner sur le budget national afghan.

M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a salué les progrès accomplis par le Gouvernement afghan dans la mise en œuvre des engagements des Conférences de Kaboul et Londres, y compris l’élaboration d’un cadre d’évaluation des progrès des programmes prioritaires.  Il a indiqué que le renforcement du mécanisme du Conseil mixte de coordination et de suivi était une autre étape importante pour promouvoir la mise en œuvre du Processus de Kaboul.  Le succès de ce Processus dépend, cependant, de la capacité du Gouvernement afghan d’inclure tous les segments de la société afghane, afin d’assurer la stabilité à long terme.  Il s’est félicité de l’inauguration en octobre dernier du Haut Conseil pour la paix et l’établissement du Groupe de soutien de Saalam, au sein de la MANUA, pour soutenir les travaux de ce Conseil.  Il a exhorté le Gouvernement afghan à tenir compte des recommandations des groupes de la société civile concernant le processus de paix et la participation inclusive de tous groupes religieux et ethniques, sans oublier celle des femmes, afin de parvenir à la réconciliation nationale.

Par ailleurs, le représentant a salué les travaux de la MANUA dans le domaine des droits de l’homme, en citant le rapport de la Mission sur la mise en œuvre de la loi de 2009 concernant la lutte contre les violences à l’égard des femmes.  Le représentant s’est félicité du travail des institutions électorales afghanes et espéré que la Chambre basse de l’Assemblée nationale nouvellement élue pourra entamer bientôt ses travaux législatifs.  Il s’est dit préoccupé par la situation en matière de sécurité et l’augmentation significative du nombre de victimes civiles, notamment des femmes et des enfants.  À cet égard, il a fait référence à l’enquête annuelle sur le pavot à opium menée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), tout en s’inquiétant des conséquences de cette culture dans les zones où les Taliban et Al-Qaida sont actifs.  Il a estimé que seule une approche complète, intégrant l’aspect sécuritaire, la gouvernance, la primauté du droit et des droits de l’homme, permettra de venir à bout du problème de la drogue en Afghanistan. 

M. ALFRED ALEXIS MOUNGARA MOUSSOTSI (Gabon) a noté une évolution globalement positive de la situation en Afghanistan marquée par quelques avancées aux niveaux institutionnel et politique depuis les Conférences de Londres et de Kaboul.  Il s’est félicité, en particulier, de l’excellent travail effectué par les institutions électorales qui, a-t-il dit, a permis une organisation satisfaisante des élections à la Chambre basse de l’Assemblée nationale.  Il faut maintenant que le nouveau Parlement afghan se mette au travail afin de confirmer cette trajectoire démocratique, a-t-il souhaité.  M. Moungara Moussotsi a cependant rappelé l’ampleur des défis à relever, notamment en ce qui concerne la situation en matière de sécurité.  Il a rappelé, à cet égard, les nombreux attentats terroristes ainsi que la « corruption galopante » nourrie par le trafic de stupéfiants et l’impunité.  C’est pourquoi, M. Moungara Moussotsi a exhorté le Gouvernement afghan à tout mettre en œuvre pour lutter efficacement contre ces phénomènes qui constituent une réelle menace à la paix et à la stabilité du pays.  Avant de conclure, il a souligné l’importance de renforcer la coopération régionale dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants, en améliorant les moyens de répression.

Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a rendu hommage au travail de la MANUA, avant de rappeler que le Sommet de l’OTAN à Lisbonne avait décidé de mettre en place en 2011 la transition en matière de sécurité, qui devra s’achever à la fin de 2014.  L’idée est de permettre à l’Afghanistan de devenir un État capable de se gouverner seul, avec l’aide de la communauté internationale, et de ne jamais redevenir un sanctuaire pour les Taliban, a déclaré la représentante.  Les États-Unis continueront d’accompagner le développement et la sécurité en Afghanistan en tant que partenaire stratégique, a ajouté Mme DiCarlo.  Elle a affirmé que les mesures décidées à Lisbonne en matière de sécurité représentaient la mise en place d’une « stratégie d’amélioration et non pas d’une stratégie de sortie », avant d’ajouter que les États-Unis appuieraient les efforts de réintégration de ceux qui manifestent la volonté de faire de nouveau partie de la société afghane.  Rappelant que les élections de l’automne dernier avaient été les premières élections parlementaires entièrement gérées par les institutions afghanes depuis la chute des Taliban, Mme DiCarlo a indiqué que sa délégation attendait avec intérêt l’entrée en fonctions du nouveau Parlement.

La représentante a insisté sur la nécessité de satisfaire aux besoins financiers de la MANUA et a engagé tous les États Membres à examiner avec le plus grand sérieux et à appuyer le budget de cette Mission.  Estimant que les forces afghanes et internationales avaient fait des progrès et étaient en train de « retirer aux Taliban le contrôle de plus en plus de régions », Mme DiCarlo a conclu en déclarant que 2011 serait une année critique pour préserver les gains acquis et assurer les progrès du pays, en matière de développement économique mais aussi en ce qui concerne le sort des femmes afghanes.

M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a réaffirmé que sa délégation appuyait la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) qui assure la cohérence des efforts internationaux et aide l’Afghanistan au cours de son processus de transition.  Le Gouvernement afghan et la communauté internationale doivent maintenant déployer des efforts concertés pour surmonter les obstacles à cette transition, a-t-il dit, précisant que les progrès en matière de sécurité, de gouvernance et de développement devraient aller de pair, dans le cadre d’un dialogue constructif entre les partis politiques et ethniques en Afghanistan.  Ce sont les Afghans qui doivent mener le processus de réconciliation politique, avec le soutien des partenaires régionaux, a-t-il ajouté.  Le représentant s’est félicité, à cet égard, du Programme de paix et de réintégration de l’Afghanistan, approuvé par la Conférence de Kaboul, tout en invitant à le mener en lien avec le programme de sécurité.

M. Ragaglini a souligné la nécessité de maintenir l’élan créé par le Processus de Kaboul.  Il faudrait également encourager le Gouvernement afghan à appliquer les programmes axés sur les priorités nationales, a-t-il dit.  Alors que les conditions de sécurité en Afghanistan s’améliorent progressivement, l’Italie contribue davantage au renforcement des capacités et des institutions nationales, encourageant le dialogue entre les citoyens afghans, a-t-il précisé.  Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de réformer en profondeur l’administration publique afghane et le secteur judiciaire, en mentionnant l’expertise que son pays pourrait fournir, ainsi que les efforts de l’Union européenne dans ce domaine.

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a déclaré que les objectifs de la communauté internationale à l’égard de l’Afghanistan avaient, avant tout, été de créer un environnement qui permette au Gouvernement afghan d’assumer la pleine responsabilité et la charge de sa propre destinée.  La Conférence de Londres en janvier, la Conférence de Kaboul en juillet et les élections parlementaires de septembre ont constitué des jalons importants sur cette voie, a-t-il estimé.  M. Puri s’est notamment félicité que le Processus de Kaboul soit passé de la phase de programmation à celle de la mise en œuvre.  De même, il a estimé que, la tenue des élections parlementaires, malgré les menaces que les Taliban faisaient peser, avait représenté en soi un pas important vers la consolidation du cadre démocratique en Afghanistan.  Il a souhaité que les « incertitudes » concernant les résultats puissent être résolues, ajoutant que le plus tôt serait le mieux.  Le représentant a estimé qu’il faudrait renforcer l’efficacité et, plus encore, la coordination de la présence internationale en Afghanistan et s’est félicité que la MANUA joue un rôle de coordination de plus en plus important, notamment afin de faire correspondre l’assistance des donateurs avec les programmes de reconstruction.  Il a dit souscrire pleinement à l’avis du Secrétaire général selon lequel le Gouvernement afghan et la communauté internationale devraient être guidés dans leurs actions par les réalités plutôt que par des calendriers.

Il faut se garder de considérer le processus de paix comme un raccourci permettant de faciliter la transition, a averti M. Puri, qui a estimé que le non-respect des « lignes rouges » fixées lors de la Conférence de Londres, et confirmées lors de celle de Kaboul, risqueraient de ramener l’Afghanistan à sa situation de havre sûr pour les terroristes et groupes extrémistes.  La communauté internationale doit tirer les leçons des expériences passées de négociations avec des organisations fondamentalistes et extrémistes et veiller à ce que le processus de paix reste dirigé par les Afghans et soit transparent et inclusif, a ajouté le représentant.  M. Puri a rappelé que son pays soutenait les efforts de réintégration des individus qui renoncent à la violence et à la lutte armée, n’ont pas de liens avec des groupes terroristes et souhaitent respecter les valeurs de démocratie, de pluralisme et de droits de l’homme inscrites dans la Constitution afghane.

Alors que la FIAS prépare son retrait progressif d’Afghanistan, il est nécessaire de renforcer les capacités des Forces de sécurité afghanes avant la transition, a déclaré le représentant, qui s’est inquiété de l’insécurité croissante dans le Nord et l’Est du pays, tout en reconnaissant quelques progrès dans le Sud.  M. Puri a également insisté sur la nécessité de s’en prendre aux havres terroristes au-delà des frontières de l’Afghanistan.  Pour le représentant, la sécurité et la stabilisation de l’Afghanistan resteront hors de portée si on ne parvient pas à éliminer la nébuleuse terroriste formée par Al-Qaida, les Taliban, et d’autres groupes extrémistes opérant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.  Le représentant a également estimé que la stabilité et le développement économique de l’Afghanistan dépendaient beaucoup de ses voisins et de la région dans son ensemble.  Le plus grand potentiel de l’Afghanistan réside dans un rôle de « centre » commercial, énergétique et de communication entre l’Asie centrale, l’Asie de l’Ouest et l’Asie du Sud.  M. Puri a ensuite rappelé que la politique d’assistance de l’Inde à l’Afghanistan portait sur l’assistance humanitaire et le développement.  « Nous aidons les Afghans dans la limite de nos moyens », a ajouté le représentant, qui a fait état d’un programme d’assistance de 1,3 milliard de dollars portant sur les travaux d’infrastructure, de renforcement des capacités dans les domaines de la gouvernance, de la santé, de l’éducation ou encore de l’agriculture, ainsi que dans des programmes visant à créer des emplois.  Il a conclu en réitérant le soutien de sa délégation à la MANUA.

M. ESHAGH ALEHABIB (République islamique d’Iran) s’est félicité des élections parlementaires récentes.  Rappelant que neuf ans s’étaient écoulés depuis que les forces de l’OTAN avaient pénétré en Afghanistan, il a jugé difficile d’évaluer les résultats obtenus à ce jour, tout comme les perspectives d’avenir, ajoutant que les perspectives militaires récemment présentées par le Gouvernement des États-Unis « semaient le doute » sur les objectifs réels de cette guerre.  Ce qui est clair en revanche, ce sont les souffrances de la population civile, a déclaré M. Alehabib, qui s’est interrogé sur les résultats obtenus par la coalition, avant de demander comment on pouvait présenter comme une opération antiterroriste une attaque de drone comme celle qui, le 18 décembre, a tué 50 personnes parmi la population civile.

Le représentant a estimé que, plutôt que de réduire le terrorisme, les opérations militaires étrangères en Afghanistan avaient en fait provoqué une extension du conflit dans des zones jusqu’à présent calmes, y compris celles qui sont limitrophes de la République islamique d’Iran.  Il a notamment présenté l’attentat terroriste commis à Chabahar, en Iran, le 15 décembre, comme « le résultat d’une mauvaise politique de déploiement des forces militaires étrangères », qui, a-t-il ajouté, a « exacerbé la tension et la violence dans les pays voisins avec de fréquentes extensions dans le nôtre ».  Il a estimé indispensable que les forces étrangères quittent l’Afghanistan, tout en appelant à un renforcement des capacités des Forces armées afghanes.  M. Alehabib a par ailleurs estimé que le trafic de drogues en Afghanistan contribuait à subventionner le terrorisme et à saper l’autorité du Gouvernement afghan.  Il a rappelé les efforts de son pays pour lutter contre le trafic de stupéfiants.  Les pays voisins partagent les préoccupations de l’Afghanistan en matière de sécurité et devraient donc jouer un rôle plus important dans le cadre de la coopération régionale, a-t-il dit.  De même, un soutien de la communauté internationale à la coopération régionale contre le trafic de drogues pourrait jouer un rôle et a jugé bienvenu celui de la MANUA, a-t-il estimé.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a assuré que son pays « voulait une paix et une stabilité durables en Afghanistan ».  « La stabilité et le développement en Afghanistan sont une priorité nationale du Pakistan », a-t-il affirmé, en soulignant la nécessité impérieuse que plus d’un million et demi d’Afghans réfugiés au Pakistan regagnent dans la dignité leur foyer.  « La perspective de devoir accueillir indéfiniment ces réfugiés à cause de la persistance du conflit n’est pas tenable », a-t-il dit.  Le représentant a également estimé que l’Accord sur le commerce de transit entre l’Afghanistan et son pays, qui a été récemment conclu, « ne pourra porter ses fruits que si le pays redevient sûr et stable ».  « C’est également dans le contexte d’un Afghanistan sûr et stable que nos relations bilatérales et notre coopération dans le domaine de l’énergie pourront être renforcées ».  « Outre le développement économique, le Pakistan est engagé de manière résolue à construire des écoles et des établissements de santé à travers tout le pays », a également indiqué le représentant.  Avant de conclure, il a salué la contribution positive de la MANUA, demandant au Conseil de sécurité de fournir à celle-ci et à son responsable les ressources nécessaires à l’exécution de son mandat civil.

M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a indiqué qu’en 2010, son pays s’était engagé en faveur de l’assistance civile en Afghanistan à hauteur de 580 millions de dollars.  Il a expliqué que l’Allemagne consacrait son action à l’appui des programmes de réintégration ainsi qu’à la formation des forces de police afghanes en vue de préparer ces dernières aux responsabilités qu’elles devront assumer après la période de transition.  Pour M. Berger, l’année 2011 sera déterminante parce qu’il sera temps, « comme cela a été souligné de manière claire lors du Sommet de l’OTAN à Lisbonne », d’envisager pour la période après 2014 un engagement international autre que militaire.  Confirmant que Bonn accueillerait à la fin de 2011 une conférence internationale sur l’Afghanistan, le représentant a indiqué que cet évènement devrait être l’occasion d’évaluer les progrès réalisés d’ici là dans la mise en œuvre du Processus de Kaboul.  En conclusion, M. Berger a recommandé au Conseil de sécurité d’entamer des discussions sur le rôle futur de la MANUA dès le début de 2011.  L’Allemagne, qui deviendra membre du Conseil le mois prochain, entend participer pleinement à ce processus d’examen, a-t-il assuré.

M. JOHN McNEE (Canada) a commencé par la partie négative du bilan de l’année en Afghanistan, dans laquelle il a placé l’augmentation du nombre de victimes civiles, d’environ 20% dans les 10 premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2009.  Il a rappelé que « l’immense majorité » de victimes l’avaient été du fait des forces insurgées.  Il a aussi fait observer que la situation humanitaire continuait de se détériorer et s’est montré inquiet de la sécurité alimentaire de la population.  M. McNee a jugé essentiel que le Gouvernement afghan procure la sécurité et des services de base à sa population, tout en faisant observer que sa crédibilité et son efficacité sont obérées par une corruption persistante, en dépit des engagements pris le Gouvernement.  Il s’est en revanche montré satisfait du travail effectué par la Commission électorale indépendante et la Commission des plaintes électorales à l’occasion des élections parlementaires.  Toutes les parties doivent coopérer pour constituer un parlement qui exprimera la volonté du peuple afghan, a-t-il dit, en souhaitant que le Parlement tienne sa première réunion rapidement.

Le représentant s’est ensuite attaché aux succès obtenus dans l’année, citant en premier lieu le lancement du processus de Kaboul, qui doit guider l’Afghanistan dans sa transition vers le plein exercice de sa souveraineté.  Il a estimé que ce processus se déroulait jusqu’à présent de manière positive, tout en avertissant qu’il restait beaucoup à faire, en particulier pour finaliser les projets et programmes nationaux prioritaires.  M. McNee a en outre estimé que le Sommet de l’OTAN à Lisbonne avait permis à l’Afghanistan et à la communauté internationale d’affirmer leur volonté de transférer la responsabilité de la sécurité aux Forces de sécurité nationales afghanes en 2014, mais aussi affirmé l’attachement de l’OTAN à la sécurité à long terme du pays.  Dans cette optique, la MANUA continuera de jouer un rôle important de coordination de l’engagement international dans le pays, a estimé le représentant.  M. McNee a rappelé que son pays achèvera sa mission de combat en Afghanistan en 2011, tout en assurant qu’il continuera à contribuer dans d’autres domaines.  Il a défini les quatre priorités du Canada, à savoir investir dans l’avenir des enfants et adolescents afghans, particulièrement les filles, par des programmes d’éducation et de santé; promouvoir la sécurité, la primauté du droit et des droits de l’homme; promouvoir la diplomatie régionale; et enfin fournir de l’assistance humanitaire.  Il a rappelé que 950 membres des forces canadiennes resteraient sur place pour des missions de formation, et qu’il y aurait aussi une mission de formation de police civile.  Le Canada vise à bâtir un Afghanistan plus sûr et stable qui ne serve plus de refuge aux terroristes, a conclu M. McNee.

M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie) a indiqué qu’au cours des 18 derniers mois, son pays avait accru son engagement civil en Afghanistan de 50%.  « Notre effort est concentré dans la région d’Urugzan, où nous apportons une assistance au Gouvernement de la province en vue d’améliorer la fourniture des services de base », a-t-il précisé.  Le représentant a ajouté qu’au cours de la période 2010-2011, l’aide au développement de l’Australie s’élèverait à 106 millions de dollars, « la moitié de ce montant transitant par les systèmes gouvernementaux ».  Il a ensuite confié que son pays était conscient des difficultés auxquelles seront confrontées les parties sur la voie de la transition, prévue par le Processus de Kaboul pour permettre à tous les Afghans d’assurer à leur Gouvernement la pleine responsabilité en matière de sécurité et de développement économique.  « La transition ne signifie pas un retrait d’Afghanistan », a-t-il rappelé, car « après la reprise en main de l’autorité de l’État par le Gouvernement afghan, le pays aura besoin pendant une période indéterminée d’une aide à la formation et au développement ».  « Mon gouvernement sera présent aux côtés de l’Afghanistan, mais également de la MANUA, aussi longtemps qu’il sera nécessaire », a assuré le représentant de l’Australie. 

M. PETER SCHWAIGER, de l’Union européenne, a estimé que l’Afghanistan s’était engagé, en 2010, dans une période cruciale de transition.  Il a rendu hommage aux millions d’Afghans qui se sont rendus aux urnes pour les élections parlementaires de septembre.  Tout en saluant les efforts des commissions nationales électorales afghanes pour lutter contre la fraude et les autres irrégularités du scrutin, il a insisté sur la nécessité de lancer au plus vite une réforme électorale à long terme.  L’Union européenne est tout à fait disposée à apporter son assistance en ce sens, a précisé M. Schwaiger, qui a rappelé que l’Union européenne jugeait nécessaire d’avoir en Afghanistan un système institutionnel plus équilibré entre les différents pouvoirs. 

La détérioration continue de la situation en matière de sécurité est une préoccupation constante de l’Union européenne, a poursuivi M. Schwaiger, qui s’est alarmé des attaques contre la population civile, contre des représentants gouvernementaux et contre du personnel international.  Il a toutefois noté les progrès réalisés par les Forces armées afghanes et la police nationale.  Il a rappelé qu’il ne saurait y avoir de transition viable sans un cadre civil pour la stabilité qui assure un fonctionnement plus efficace du pays.  Après le lancement en 2010 du processus de Kaboul, a-t-il estimé, il faudrait désormais mettre l’accent sur sa mise en œuvre concrète.  L’Union européenne, pour sa part, respecte ses propres engagements et, notamment, celui de tenir mieux compte des priorités nationales définies par le Gouvernement afghan.  Il a incité le Gouvernement afghan à prendre ses responsabilités en matière de lutte contre la corruption.

L’Union européenne félicite le Gouvernement afghan pour ses efforts dans le domaine de la paix et de la réconciliation et considère comme une mesure importante la mise en place du Haut Conseil pour la paix, tout en estimant qu’on pourrait y améliorer la participation des femmes, des minorités et de la société civile, et intégrer la justice et les droits de l’homme dans le processus.  M. Schwaiger a également pris note des mesures de réconciliation prises au plan régional avec des conseils régionaux de réconciliation.  L’Union européenne continuera de soutenir un processus de paix et de réconciliation transparent et inclusif, a poursuivi le représentant, qui a également salué le rôle de la MANUA dans ce domaine, y compris par le biais du « groupe de soutien Salaam ».  M. Schwaiger a conclu en rappelant que l’engagement de l’Union européenne était très substantiel et à long terme.

Reprenant la parole, la représentante des États-Unis a déclaré que les allégations du représentant de la République islamique d’Iran selon lesquelles l’attentat-suicide du 15 décembre dernier à Chabahar résulterait d’une erreur stratégique du déploiement des forces militaires étrangères dans la région « étaient sans fondement ».  « Le Président Obama avait condamné cette attaque », a-t-elle dit.

Dans ses remarques de clôture, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan a exprimé sa profonde appréciation pour le ferme appui que les membres du Conseil de sécurité ont témoigné aujourd’hui à la MANUA et aux efforts conjoints de la Mission et du Gouvernement afghan pour améliorer la situation en Afghanistan.  « 2011 sera une année riche en défis et c’est pourquoi, l’Afghanistan et l’ONU auront besoin d’un Conseil de sécurité uni », a-t-il déclaré.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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