Près de 90 orateurs s'expriment au Conseil de sécurité à l’occasion du dixième anniversaire de la résolution 1325 sur « les femmes, la paix et la sécurité »

26 octobre 2010
CS/10071

Près de 90 orateurs s'expriment au Conseil de sécurité à l’occasion du dixième anniversaire de la résolution 1325 sur « les femmes, la paix et la sécurité »

26/10/2010
Conseil de sécurité
CS/10071
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6411e séance – matin et après-midi

PRÈS DE 90 ORATEURS S’EXPRIMENT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ À L’OCCASION DU DIXIÈME ANNIVERSAIRE

DE LA RÉSOLUTION 1325 SUR « LES FEMMES, LA PAIX ET LA SÉCURITÉ »

Le Conseil appuie l’adoption d’un ensemble d’indicateurs

présentés par le Secrétaire général pour suivre l’application de la résolution

Près de 90 orateurs se sont exprimés aujourd’hui au débat public organisé au Conseil de sécurité pour le dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité.  À l’occasion de cette séance, le Conseil a adopté une déclaration présidentielle, dans laquelle il « appuie l’adoption, y compris par les organismes compétents des Nations Unies, de l’ensemble d’indicateurs », présentée par le Secrétaire général, afin d’en faire « le cadre initial du suivi de l’application de la résolution 1325 (2000) ».  Le Conseil invite en outre les États Membres à tenir compte de ces 26 indicateurs lorsqu’ils appliquent sa résolution 1325 (2000) et ses résolutions pertinentes ultérieures.

Par ailleurs, le Conseil « exprime son intention de convoquer dans cinq ans une réunion d’examen de haut niveau chargée d’évaluer les progrès accomplis » dans l’application de la résolution, de renouveler les engagements qui ont été pris et de trouver des réponses aux obstacles et aux contraintes qui entravent son application.

Le Conseil se dit « conscient de la nécessité d’assurer une application cohérente de la résolution 1325 (2000) dans ses propres travaux » et de suivre les progrès accomplis dans cette application.  À cette fin, il demande au Secrétaire général de veiller à ce que les rapports et exposés sur des pays ou des sujets pertinents présentent des informations sur les questions concernant les femmes et la paix et la sécurité et ce, en utilisant l’ensemble d’indicateurs.

En outre, le Conseil prie le Secrétaire général de continuer à lui présenter chaque année un rapport sur l’application de la résolution 1325 (2000) et de lui proposer, dans son prochain rapport annuel, un cadre stratégique visant à orienter l’application de la résolution pendant la nouvelle décennie.  Ce rapport devra comprendre des objectifs et des indicateurs, tenir compte des processus pertinents au sein du Secrétariat et recommander des réformes des politiques et des institutions de l’ONU propres à faciliter une meilleure réponse de l’Organisation aux questions concernant les femmes et la paix et la sécurité.

Une douzaine d’États Membres étaient représentés au niveau ministériel au débat, qui était présidé par le Vice-Premier Ministre et Ministre pour la Communauté de l’Afrique de l’Est de l’Ouganda, M. Eriya Kategaya.  Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a adressé un message vidéo enregistré aux participants de la réunion, et son rapport a été présenté par Mme Michelle Bachelet, Secrétaire générale adjointe chargée de l’entité ONU-Femmes.  Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy, et le Président du Conseil économique et social, M. Hamidon Ali, ont également pris la parole.

M. Ban a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures appropriées pour mettre fin à l’impunité dont bénéficient trop souvent les auteurs de crimes sexuels commis pendant les conflits.  Après avoir rappelé que l’élimination des stéréotypes sexistes est indispensable pour améliorer la participation des femmes à toutes les étapes des processus de paix et de la prise de décisions politiques, il a déclaré que l’ONU devait donner l’exemple et a fait observer qu’il avait lui-même nommé 11 représentantes spéciales ou sous-secrétaires générales dans les opérations de maintien de la paix et les missions politiques spéciales. 

Mme Bachelet a estimé que la création de son entité reflétait un engagement exceptionnel des États Membres en faveur de l’égalité des sexes.  Elle a également noté l’engagement croissant du Conseil de sécurité, illustré par l’adoption de ses résolutions 1820 (2008), 1888(2009) et 1889(2009).

La plupart des intervenants ont soutenu l’ensemble d’indicateurs présentés par le Secrétaire général.  Au nom du « Groupe des amis des femmes, de la paix et de la sécurité », réseau informel regroupant une quarantaine d’États Membres et présidé par son pays, la Ministre de la coopération internationale du Canada a demandé au Conseil de sécurité de les avaliser et de les mettre en pratique.  À l’image des États-Unis, plusieurs États Membres ont annoncé leur utilisation dans le cadre de leurs propres plans d’action pour l’application de la résolution.

Les intervenants ont mis l’accent sur les activités nationales ou régionales pour encourager la participation des femmes aux efforts de paix et de sécurité, rappelant qu’aucun État ne pouvait se dispenser des talents de la moitié de sa population. Plusieurs délégations ont insisté sur le rôle stabilisateur des femmes, notamment celle du Rwanda, qui a insisté sur leur rôle dans la réconciliation après le génocide de 1994.

De nombreuses délégations se sont par ailleurs prononcées contre toute amnistie pour les crimes sexuels de masse, en particulier quand le viol est utilisé comme arme de guerre. Au nom du Réseau pour la sécurité humaine, le représentant du Costa Rica a exhorté le Conseil de sécurité à redoubler d’efforts pour prévenir de tels crimes, y compris par l’envoi d’opérations de maintien de la paix, et pour combattre l’impunité dont jouissent leurs auteurs. 

M. Le Roy a indiqué que le Département des opérations de maintien de la paix travaillait, avec le Bureau de la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, à l’élaboration d’un agenda élargi visant à accroître la participation des femmes aux activités de protection des civils.  Le Département, a-t-il assuré, continuera à encourager la féminisation des troupes et du personnel de police des Nations Unies et à sensibiliser toutes ses composantes aux enjeux de la résolution 1325. La Ministre de la défense de la Norvège, qui a noté que tous les commandants des forces des opérations de maintien de la paix des Nations Unies étaient des hommes, a demandé que cet état de fait change.  Dans le même sens, des délégations aussi variées que celle de l’Argentine, de l’Afrique du Sud ou de la Finlande ont mis en avant les mesures prises par leur pays pour renforcer la présence des femmes dans les opérations de maintien de la paix. 

LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ

Déclarations

M. ERIYA KATEGAYA, Vice-Premier Ministre et Ministre pour la Communauté d’Afrique de l’Est de l’Ouganda, a salué les efforts réalisés en faveur des femmes depuis l’adoption de la résolution 1325, tout en regrettant que les conflits continuaient de causer des souffrances intolérables aux femmes et aux filles.  « C’est pourquoi, nous devons aujourd’hui aller au-delà de nos engagements antérieurs », a-t-il déclaré.

M. Kategaya a assuré que le Gouvernement de l’Ouganda avait pour politique de favoriser l’autonomisation des femmes, y compris en leur confiant un accès à l’éducation primaire et secondaire et à leur confier des postes gouvernementaux et de responsabilité.  Le plan d’action national, adopté en 2008 par l’Ouganda, définit les mesures prioritaires à prendre à court et moyen termes, a-t-il indiqué.  M. Kategaya a cité notamment un programme de sensibilisation aux violences sexuelles qui a été établi dans le cadre de la formation des forces de l’ordre.  Il s’est dit convaincu que les femmes pouvaient jouer un rôle important en faveur d’une paix et d’une sécurité durables.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, dans un message vidéo, a rappelé que la résolution 1325 du Conseil de sécurité avait reconnu pour la première fois le rôle des femmes dans la paix et la sécurité, en tant qu’agents de changement.  Ce texte a ouvert la voie à l’intégration de la perspective de la parité entre les sexes dans les travaux de l’ONU en vue de mieux restaurer, maintenir et bâtir la paix, a ajouté le Secrétaire général.  Soulignant que les États Membres, le système des Nations Unies mais aussi la société civile contribuent ensemble à l’application de la résolution 1325, M. Ban a toutefois reconnu que la décennie écoulée a été marquée par la répétition persistante des abus.  Plusieurs de mes rapports au Conseil de sécurité sur le maintien de la paix recensent la généralisation du viol, les abus physiques, les cas d’extorsion et autres violations des droits et de l’intégrité physique des femmes et des enfants pendant et après les conflits, a-t-il ensuite constaté. 

Après avoir évoqué les « épouvantables » viols de masse commis récemment en République démocratique du Congo (RDC), « qui ont rappelé les défis auxquels nous faisons face et l’importance vitale de pleinement mettre en œuvre la résolution 1325 », M. Ban a appelé le Conseil de sécurité à endosser les indicateurs, présentés une première fois en avril, et affinés depuis cette date.  Il a précisé que les indicateurs permettront d’identifier les progrès et de fournir au Conseil une information systématique et comparable en vue de mieux gérer les efforts communs et accroître la responsabilisation.  La série d’indicateurs est considérée par les États Membres et la société civile comme l’un des moyens additionnels les plus constructifs pour améliorer la mise en œuvre de la résolution 1325, a également souligné le Secrétaire général, « qui ne sera jamais appliquée avec succès tant que des crimes sexuels seront perpétrés pendant les conflits ». 

M. Ban a appelé le Conseil de sécurité à prendre les mesures appropriées pour mettre fin à l’impunité, tout en reconnaissant le rôle important des femmes dans les secteurs de la sécurité et de la justice, où leur implication doit être davantage soutenue.  Après avoir répété que l’élimination des stéréotypes sexistes est indispensable pour intensifier la participation des femmes à toutes les étapes des processus de paix et de la prise de décisions politiques, il a mis l’accent sur la création d’ONU-Femmes.  Il a notamment indiqué que cette nouvelle entité permettra de fournir aux États Membres une meilleure assistance pour appréhender toutes les questions liées à la parité entre les sexes et améliorer réellement la condition des femmes.  Le Secrétaire général a en outre considéré que l’ONU doit donner l’exemple et c’est pourquoi, a-t-il dit, il a nommé 11 représentantes spéciales ou sous-secrétaires générales dans les opérations de maintien de la paix et les missions politiques spéciales ». 

Mme MICHELLE BACHELET, Secrétaire générale adjointe de l’entité des Nations Unies chargée de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation « ONU-Femmes », qui s’adressait au Conseil de sécurité pour la première fois depuis sa prise de fonctions, s’est félicitée de cette réunion de haut niveau célébrant le dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325.  Elle a présenté le rapport du Secrétaire général, estimant que les recommandations qu’il contient, si elles sont acceptées, offriront au Conseil de sécurité des outils permettant d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 1325 et des résolutions pertinentes qui ont été prises par la suite, ainsi qu’un cadre d’action pour le travail du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

Mme Bachelet a rappelé que les Nations Unies avaient investi dans la formation, la mise en œuvre d’un plan d’action et de politiques pour garantir l’accès des femmes aux ressources, à la justice, et leur donner l’opportunité de participer aux prises de décisions.  Elle a fait observer que la majorité des rapports du Secrétaire général incluaient désormais des mesures prises pour la promotion des femmes, notamment pour veiller à assurer leur participation dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  Des plans d’action ont été élaborés à l’échelle de l’ONU, alors que de nombreux États Membres ont adopté leur propre plan d’action national pour mettre en œuvre  la résolution 1325.  Mme Bachelet a aussi constaté une augmentation considérable de la participation des femmes aux processus de prise de décisions dans les pays sortant d’un conflit, souvent grâce à des mesures constitutionnelles ou législatives.  Elle a aussi rappelé le rôle essentiel que joue la société civile, y compris dans les pays comme l’Afghanistan.

Mme Bachelet a rappelé que le Conseil de sécurité lui-même continuait de jouer un rôle actif, en intégrant dans ses délibérations le rôle des femmes dans la paix et la sécurité.  Elle a cité l’adoption des résolutions 1820 (2008), 1888 (2009) et 1889 (2009), lesquelles montrent, a-t-elle dit, un engagement croissant qui s’est traduit notamment par la nomination d’un Représentant spécial du Secrétaire général pour la violence sexuelle dans les conflits armés et par l’appel lancé par le Conseil en faveur de l’établissement d’indicateurs.  Mme Bachelet a déclaré que les viols en masse, commis l’été dernier, en République démocratique du Congo ne pouvaient continuer en toute impunité.  Ils sont un affront à l’humanité et incitent encore plus à mettre en œuvre la résolution 1325, a-t-telle déclaré, avant d’exposer les suggestions présentées par le Secrétaire général dans son rapport et relatives aux poursuites et jugements des auteurs de tels actes.

Il reste encore beaucoup à faire, a déclaré Mme Bachelet, qui a estimé que les mesures prises avaient encore un impact insuffisant.  Elle a estimé que la création d’« ONU-Femmes » reflétait un engagement exceptionnel des États Membres en faveur de l’égalité des sexes.  Mme Bachelet a estimé qu’il faudrait désormais un leadership déterminé.  « ONU-Femmes » appuiera les efforts en faveur de la protection des femmes pendant les conflits et leur promotion et leur participation et utilisera ses ressources pour travailler avec l’ensemble du système des Nations Unies et les autres parties prenantes, a affirmé la Secrétaire générale adjointe.  Les femmes peuvent faire beaucoup pour la paix mais elles doivent pour cela compter sur chacun d’entre nous, a conclu Mme Bachelet.

M. ALAIN LE ROY, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a mis l’accent sur la nécessité de continuer à encourager la participation plus active des acteurs de terrain engagés dans la mise en œuvre da la résolution 1325.  L’expertise en matière de parité entre les sexes, intégrée aux missions de maintien de la paix, et le déploiement d’experts dans les pays sortant d’un conflit sont à saluer, a-t-il ajouté, en soulignant qu’il était nécessaire de renforcer la coordination des efforts sur place.  M. Le Roy a indiqué que le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, aux côtés d’autres partenaires des Nations Unies, travaillaient à l’élaboration d’un agenda élargi en vue d’accroître la participation des femmes aux activités de protection des civils. 

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a ensuite mis en exergue les priorités pour améliorer la stratégie future en vue d’assurer la mise en œuvre efficace de la résolution 1325.  Il a d’abord souligné l’importance d’assurer un financement adapté aux enjeux de la résolution, avant de mettre l’accent sur la nécessité de renforcer les capacités de développement des femmes dans leur propre pays.  « Nous devons, a-t-il dit, faciliter la participation des femmes aux processus politiques nationaux.  En outre, nous devons travailler de manière plus étroite avec les femmes vivant dans les communautés afin de mieux prendre en compte leurs besoins en matière de protection », a déclaré M. Le Roy.  Avant de conclure, il a assuré que le DOMP continuerait à féminiser les troupes et le personnel de police des Nations Unies et à sensibiliser toutes ses composantes aux enjeux de la résolution 1325.

M. HAMIDON ALI (Malaisie), Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a déclaré que l’ECOSOC examinait chaque année la manière dont le système des Nations Unies intègre la question de la parité entre les sexes dans ses activités, y compris dans le domaine de la paix et la sécurité.  Au fil des ans, l’ECOSOC a défendu une approche globale de la paix et de du développement, a-t-il assuré.  Il a ainsi expliqué que le Groupe spécial de l’ECOSOC sur Haïti avait formulé des propositions concernant le rôle des femmes dans le processus de reconstruction.  Il a proposé une répartition des tâches entre les divers organes des Nations Unies, proposant notamment que l’ECOSOC assure le suivi des indicateurs sur les violences à l’encontre des femmes.  Il a précisé qu’en 2011, l’ECOSOC se concentrera sur l’intégration de l’égalité entre les hommes et les femmes à l’échelle du système des Nations Unies.  Il a proposé l’organisation d’une manifestation conjointe avec la Commission de consolidation de la paix sur le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.

Mme THELMA AWORI, Groupe consultatif de la société civile des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, a souligné que la série d’indicateurs établis par le Secrétaire général permettaient de créer un système visant à renforcer la coopération entre les différentes composantes pertinentes de l’ONU et entre les États Membres.  « Nous demandons que le Conseil de sécurité appuie l’application de ces indicateurs », a-t-elle ajouté.  Le plan d’action du Secrétaire général sur la participation des femmes à la consolidation de la paix constitue, a-t-elle estimé, l’une des réponses les plus pragmatiques pour éliminer les obstacles qui risquent de ralentir l’action de l’ONU dans le domaine de la sécurité humaine.  Mme Awori a en outre considéré que la création d’ONU-Femmes devrait renforcer de manière considérable les capacités nationales pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Les États Membres doivent assurer un financement adapté pour faire de la nouvelle entité le fer de lance de l’ONU en matière de paix et de sécurité, a-t-elle dit.  Mme Awori a assuré que la société civile; qui est en première ligne sur le terrain, continuerait de sensibiliser les populations et leurs dirigeants à l’ampleur et à la profondeur de la problématique des femmes et de la sécurité. 

M. MICHAEL SPINDELEGGER, Ministre des affaires étrangères de l’Autriche, a estimé qu’au cours de la dernière décennie, les progrès en faveur de la mise en œuvre de la résolution 1325 avaient été lents et inégaux.  L’impact réel de la résolution doit encore se faire sentir sur le terrain dans de nombreuses régions du monde et les femmes sont encore trop peu souvent présentes à la table des discussions qui ont trait à la paix ou à la reconstruction après les conflits alors que ces décisions affectent directement leur vie, a-t-il regretté.  Le représentant a fait remarquer que le Conseil de sécurité disposait d’une série d’outils pour permettre la mise en œuvre de cette résolution.  « Nous devons nous préparer à les utiliser et à traduire les mots dans la pratique de manière consistante », a-t-il déclaré.  À cet effet, M. Spindelegger a insisté sur la nécessité d’obtenir davantage d’informations sur les progrès réalisés par les États, ainsi que sur les mesures qui ont été prises et couronnées de succès.  Il a salué la mise en place d’indicateurs exhaustifs, ainsi que le soutien qu’ils ont reçu ce jour par le Conseil, car ces indicateurs permettront d’obtenir des données quantitatives et qualitatives sur des questions importantes, notamment la fréquence des actes de violence sexuelle et le nombre de femmes qui participent aux processus de paix.  Il a estimé que la mise en place d’un groupe d’experts informel permettrait également au Conseil de mieux évaluer les informations concernant la situation des femmes et des filles dans les conflits à travers le monde. 

Le Ministre autrichien des affaires étrangères a ensuite fait part des efforts passés, présents ou à venir entrepris par son gouvernement en vue de la mise en œuvre de la résolution 1325 tant aux niveaux national qu’international.  L’Autriche a été l’un des premiers pays à développer un plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution et s’attèle également à transcrire dans sa législation pénale les crimes reconnus comme crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide par le Statut de la Cour pénale internationale, notamment les viols et violences sexuelles dont sont victimes les femmes, a-t-il précisé.  Réaffirmant l’engagement de l’Autriche en faveur de la résolution 1325, il a expliqué que le soutien de son gouvernement continuerait aussi à s’exprimer par l’intermédiaire d’un appui fort au nouvel organe ONU-Femmes, par une coopération multilatérale accrue, ainsi que par un engagement renforcé de l’Autriche sur cette question dans le cadre des opérations de maintien de la paix.  

Mme HILLARY RODHAM CLINTON, Secrétaire d’État des États-Unis, a déclaré que le Conseil de sécurité avait promis, dans sa résolution 1325, que les femmes seraient promues comme agents de la paix et de la réconciliation et non pas seulement considérées comme des victimes des conflits.  Aujourd’hui, il s’agit de présenter des mesures spécifiques, a ajouté la Secrétaire d’État, qui a estimé que la seule manière de parvenir à réduire le nombre de conflits et de mettre fin aux viols collectifs utilisés comme arme de guerre, c’est de veiller à la participation de tous aux processus de paix, y compris les femmes.  C’est là une nécessité de sécurité à l’échelle mondiale, a-t-elle insisté, car la promotion des femmes contribue à la stabilité, à la paix mondiale et au développement. 

La stratégie nationale de sécurité du Président des États-Unis, M. Barack Obama, stipule que les pays sont plus pacifiques et plus prospères là où les femmes sont traitées sur un pied d’égalité, a déclaré Mme Clinton.  Dans le cadre de leur politique étrangère, les États-Unis, a-t-elle assuré, accordent aux femmes une importance essentielle.  Elle a ainsi rappelé que son pays avait appuyé la participation des femmes à tous les niveaux en Afghanistan, ou encore que l’Armée américaine avait formé 600 femmes soldats de la Namibie, qui avaient ensuite été déployées au Tchad.  À l’avenir, chaque projet de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) sera l’objet d’une étude sur son impact sur la promotion des femmes, a précisé Mme Clinton.

Les viols commis en masse l’été dernier en République démocratique du Congo et l’incapacité de la communauté internationale à y faire face nous montrent le chemin qui reste à parcourir, a déclaré Mme Clinton, qui a indiqué que son pays avait pris une série de mesures pour lutter contre l’impunité.  Pour faire davantage, les États-Unis, a annoncé Mme Clinton, vont consacrer 44 millions de dollars à des initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes, dont 17 millions pour des groupes de femmes de la société civile en Afghanistan où, a-t-elle ajouté, les femmes craignent que la quête légitime de la paix sacrifie leurs droits.  Elle a par ailleurs annoncé 40 millions de dollars pour des projets concernant l’accès à l’eau potable dans les pays en conflit, afin que les femmes n’aient pas à aller chercher de l’eau trop loin au risque d’être agressées.  Elle a également mentionné une initiative mondiale en faveur de cuisines propres.  Mme Clinton a annoncé en outre que son pays allait adopter les indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général dans son rapport dans le cadre du plan d’action national des États-Unis pour la mise en œuvre de la résolution 1325.  Elle a conclu en souhaitant que le bilan qui sera fait dans cinq ans de l’état d’application de la résolution 1325 puisse faire état de nouveaux progrès concrets.

Mme MAKIKO KIKUTA, Vice-Ministre des affaires étrangères du Japon, a rappelé que l’essence de la résolution 1325, c’est-à-dire la paix durable, ne pouvait être réalisée sans la participation des femmes.  Les États Membres, le système des Nations Unies et la société civile ont uni leurs efforts en faveur de la paix en soulignant la protection et la participation des femmes dans les processus de paix, a-t-elle indiqué.  Les défis à relever dans ce domaine restent importants car les femmes et les enfants demeurent les premières victimes des conflits armés, a-t-elle déploré.  Elle a indiqué que son pays attachait une importance particulière à la mise en place d’indicateurs développés pour aider les États Membres à identifier précisément les besoins et les efforts à mettre en place pour réaliser les objectifs de la résolution.  Ces indicateurs doivent être appliqués globalement et permettre une vision préventive des conflits, ainsi qu’un signal d’alerte lorsqu’un conflit est sur le point d’éclater, a-t-elle précisé. 

S’agissant de la mise en œuvre de stratégies de maintien de la paix, la représentante a souligné que la manière dont la communauté internationale, y compris l’ONU, fournit son assistance a une conséquence considérable.  À cet effet, elle a estimé qu’il était important de formuler des stratégies axées sur l’égalité entre les sexes de manière spécifique pour chaque pays.  La représentante a aussi émis l’espoir qu’ONU-Femmes assume un rôle central dans la mise en œuvre de la résolution 1325, soulignant que son pays a présenté sa candidature pour siéger au sein du Conseil d’administration de la nouvelle entité.  Elle a ensuite insisté sur le lien entre paix, sécurité et développement économique et social, convaincu que les femmes doivent être associées et participer activement au processus de reconstruction, au développement et à la formulation des stratégies postconflit.  À cet égard, elle a tenu à souligner que le Japon avait notamment porté assistance dans ces domaines à des groupes de femmes en Afghanistan, en Afrique et au Timor-Leste.

Mme LAURA CARRERA, Chef de la Commission nationale pour prévenir et éradiquer la violence à l’égard des femmes du Mexique, a salué la création, au cours de ces 10 dernières années, d’un cadre juridique solide pour protéger les femmes dans les conflits armés.  Le non-respect des normes de droit international au niveau international constitue un obstacle à la mise en œuvre des mesures prises à ce jour, a-t-elle estimé.  Mme Carrera a appelé les États Membres à s’unir pour faire de la pleine mise en œuvre da la résolution 1325 un élément de paix durable.  Il faut accroître la participation des femmes dans les processus de décision politique et les processus de paix afin qu’elles contribuent au changement et deviennent des acteurs à part entière de la reconstruction de leur pays, a-t-elle dit.  Après avoir souligné la nécessité de renforcer la coopération internationale, la complémentarité des efforts des institutions de l’ONU pertinentes et le rôle des alliés stratégiques que sont les représentants de la société civile, Mme Carrera a considéré que la série d’indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général seraient utiles « pour planifier cette action commune élargie et jeter les bases d’une action plus cohérente au service de la mise en œuvre de la résolution ».  « Ensemble, nous devons faire la différence sur le terrain », a-t-elle déclaré.

Mme MIRSADA ČOLAKOVIĆ (Bosnie-Herzégovine) a estimé que la création d’« ONU-Femmes » et la nomination de la Représentante spéciale pour les violences sexuelles dans les situations de conflits armés représentaient des étapes importantes dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  Elle a estimé que les indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général constituaient un instrument utile pour les États Membres.  Elle a souligné que le recours au viol comme arme de guerre était inacceptable et a insisté sur la nécessité de lutter contre l’impunité.  Elle a regretté que les violences sexuelles se poursuivent souvent après le retour à la paix du fait d’une certaine indifférence et de systèmes de justice peu efficaces dans les pays qui sortent d’un conflit.  C’est pourquoi la participation des femmes, a-t-elle dit, est nécessaire à tous les échelons des processus de paix et de prise de décisions.

La représentante a présenté les mesures prises par la Bosnie-Herzégovine pour intégrer la dimension sexospécifique dans ses politiques nationales et a rappelé que son pays avait été l’un des premiers pays de la région a adopté un plan d’action pour mettre en œuvre la résolution 1325.  Elle a cité l’augmentation de la proportion des femmes dans les effectifs de la police ou de la justice, en précisant que tous les programmes adoptés étaient accompagnés d’indicateurs pour assurer leur suivi.  Mme Čolaković a rappelé que, malgré les progrès effectués, il restait beaucoup à faire sur le terrain.  Le Conseil de sécurité doit utiliser tous les outils à sa disposition pour assurer une bonne application de la résolution 1325, a-t-elle insisté.  Les États doivent adopter des mesures concrètes et assurer le suivi de leur mise en œuvre, a-t-elle ajouté.  Il s’agit avant tout d’une question de volonté politique, a-t-elle rappelé, avant de conclure que la Bosnie-Herzégovine avait cette volonté.

M. GÉRARD ARAUD (France) a d’abord présenté le plan national de la France pour la mise en œuvre de la résolution 1325, soulignant notamment que ses objectifs étaient de protéger les femmes contre les violences par le biais de la mobilisation de leurs droits fondamentaux.  Il a également souligné l’importance d’intensifier la participation des femmes à la gestion des situations de conflit et de post-conflit, en augmentant leur implication aux missions de maintien de la paix et en soutenant les efforts de la société civile.  La France soutient pleinement le mandat de la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit et appelle à accélérer la nomination de conseillers pour la protection des femmes au sein des opérations de maintien de la paix, a-t-il ajouté.  Le représentant a ensuite estimé que les indicateurs de suivi de la résolution 1325 étaient un instrument utile pour les États Membres.  Ils pourront servir pour une réponse précoce, pour anticiper les crises et éviter qu’elles ne dégénèrent en conflit armé, a-t-il précisé.  Le représentant a en outre attiré l’attention sur la situation en Guinée, « où l’annonce du report de l’élection présidentielle et les incidents rapportés au cours des derniers jours sont préoccupants, y compris pour les femmes, si l’on se rappelle de ce qui s’est passé le 28 septembre 2009 et les jours qui ont suivi dans ce pays. 

M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a déclaré que depuis l’adoption de la résolution 1325, des progrès avaient été réalisés dans la protection des femmes et des filles, ainsi que de leurs droits, dans les situations de conflit.  On a aussi mieux compris la nécessité de garantir l’autonomisation des femmes comme élément de la paix et de la sécurité internationales, a noté le représentant, qui a rendu hommage par ailleurs au travail de la société civile et, en particulier, des organisations de femmes.  Pourtant, beaucoup reste à faire pour mettre pleinement en œuvre la résolution 1325, a déclaré M. Apakan, qui a noté qu’il subsiste au sein du système des Nations Unies des obstacles institutionnels au renforcement de la participation des femmes.  Il s’est dit convaincu qu’« ONU-Femmes » permettrait de mieux coordonner les efforts du système des Nations Unies  et renforcerait le travail du Conseil de sécurité sur la question des femmes et la paix et la sécurité.  Pour mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexuelles et sexistes dans les conflits, il faut adopter des sanctions ciblées, a déclaré le représentant, qui a par ailleurs jugé extrêmement utile l’ensemble d’indicateurs de suivi proposé par le Secrétaire général dans son rapport.  Il a par ailleurs souhaité que la communauté internationale examine régulièrement la mise en œuvre du troisième Objectif du Millénaire pour le développement, relatif aux femmes.

Mme JOY OGWU (Nigéria) a salué les efforts importants déployés par la communauté internationale ces dernières années pour mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Le Gouvernement fait de l’autonomisation et de la protection des femmes l’une des priorités de son action à tous les niveaux, a-t-elle assuré.  Le Nigéria compte à ce jour huit femmes ministres dans son gouvernement et près de 300 femmes juges.  Le Nigéria est le premier pays fournisseur de contingents de femmes militaires ou officiers de police pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU, a-t-elle rappelé, soulignant que ces femmes jouent un rôle clef pour entrer en contact avec les communautés locales et mieux répondre aux problèmes liés aux abus sexuels dans les pays où elles sont déployées.  Tout échec dans la mise en œuvre de la résolution 1325 est forcément collectif, a estimé la représentante, qui a fait remarquer que les lenteurs et les lacunes « trahissent presque toujours une sous-représentation des femmes dans les processus de paix et de sécurité ».  Elle a ensuite estimé que l’approche adoptée actuellement par l’ONU en matière de parité entre les sexes ne pouvait qu’être renforcée par l’adoption des indicateurs proposés par le Secrétaire général.  « Ces indicateurs doivent servir pour dépasser le morcellement actuel et mettre en place une action en faveur des femmes plus cohérente à l’échelle du système des Nations Unies », a-t-elle considéré.  Le Conseil de sécurité doit être informé plus régulièrement des obstacles persistants dans la mise en œuvre de la résolution 1325, a-t-elle estimé. 

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a déclaré que l’adoption de la résolution 1325 avait changé la vision du Conseil de sécurité sur les conflits armés et sur le rôle des femmes dans les conflits, à la fois comme victimes et comme agents de prévention des conflits et de paix.  Aucune société ne peut résoudre ses problèmes en négligeant les talents de la moitié de sa population, a-t-il affirmé.  Le représentant a rappelé que l’ONU a fusionné les organes chargés de la question pour créer « ONU-Femmes » et qu’à ce jour, 22 États Membres avaient adopté des plans nationaux pour l’application de la résolution 1325.  Il a cependant regretté que les viols commis en masse en République démocratique du Congo rappellent l’importance des défis auxquels il faudrait faire face.  Le représentant s’est toutefois félicité de l’arrestation de deux personnes mises en cause dans ces viols.  Le représentant s’est en outre félicité de la proposition du Secrétaire général concernant les indicateurs de suivi car, a-t-il déclaré, le Conseil ou les Nations Unies ne disposaient jusqu’alors pas des outils pour suivre l’application de leurs travaux.  Le représentant a aussi rappelé que trop peu de femmes étaient associées aux processus de paix et s’est félicité du plan d’action en sept points du Secrétaire général sur le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.  Le représentant a également estimé qu’il faudrait faire davantage pour appliquer pleinement la résolution 1325, notamment de manière concrète sur le terrain.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a estimé que les indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général représentaient un outil important d’information concernant l’impact des conflits armés sur les conditions de vie des femmes.  Ils seront également fort utiles pour déterminer le rôle que doivent tenir les femmes dans le domaine en friche de la consolidation de la paix, a-t-elle ajouté.  Pour la représentante, une partie de ces indicateurs peut avoir une application globale et élargie, afin d’appuyer notamment la conduite des enquêtes en cours sur les allégations d’abus et d’exploitation sexuelle qui auraient été commis par des Casques bleus.  Elle a ensuite considéré que les indicateurs étaient « un moyen et non pas une fin », les gouvernements concernés devant être plus engagés dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  À cet égard, les plans nationaux sont des véhicules importants dans la mesure où leur réalisation implique de fait de nombreux acteurs clefs, dont la société civile.  La représentante a estimé que si l’on doit répondre efficacement aux besoins des femmes dans les situations de conflit et assurer leur participation active aux processus de paix, elles doivent également jouer un rôle dans la vie politique et le développement économique du pays.  À cette fin, les efforts déployés par l’ONU pour le maintien et la consolidation de la paix contribuent à renforcer le rôle des femmes en tant qu’agents de paix, a-t-elle dit. 

M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET (Gabon) s’est félicité que de nombreux pays aient adopté des plans d’action pour mettre en œuvre les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité visant à assurer une plus grande implication des femmes dans la recherche de solutions aux problèmes de paix et de sécurité.  Pour sa part, le Gabon a pris des mesures concrètes qui permettent aujourd’hui à de nombreuses femmes d’assumer d’importantes responsabilités dans tous les corps d’armée et de police, a indiqué son représentant, précisant que c’est désormais une femme qui assume la lourde charge de conduire l’action de son gouvernement dans les domaines de la défense et de la sécurité.  Beaucoup reste encore à faire afin d’appliquer la résolution 1325 dans son intégralité, a-t-il estimé.  Rappelant que les auteurs de violences à l’égard des femmes et des filles se rendaient coupables de violations flagrantes des droits de l’homme et devraient être traduits en justice, il a exhorté le Conseil de sécurité à veiller –par le biais de ses Comités des sanctions– au respect scrupuleux du droit international humanitaire dans les situations de conflits armés et au renforcement des capacités des États dans le domaine de la justice pénale pour mettre fin à l’impunité. 

Le véritable enjeu est de transformer la vision stratégique déclinée dans la résolution 1325 en réalité concrète, a-t-il poursuivi.  Citant le rapport du Secrétaire général, qui indique que plusieurs indicateurs ne pourront être opérationnels qu’après deux ans, le représentant a exhorté M. Ban Ki-moon à poursuivre ses consultations avec les États Membres et les groupes régionaux sur les modalités pratiques de ces indicateurs.  Il a également souhaité que la nouvelle entité ONU-Femmes puisse permettre une meilleure coordination et une action plus efficace de l’Organisation dans la mise en œuvre de la résolution 1325 au cours de la prochaine décennie.   

M. NAWAF SALAM (Liban) a souligné que les femmes jouaient un rôle crucial pour rétablir le tissu social des pays sortant d’un conflit et pour « surmonter les blessures de la guerre ».  La réforme du secteur de la sécurité et le respect de l’état de droit doivent être assurés dans le souci d’améliorer la condition des femmes, a-t-il ajouté, soulignant que les sociétés post-conflit doivent être davantage assistées dans ces domaines dès les premières phases de reconstruction.  Le représentant a ensuite déploré que dans les processus de paix récents, les femmes ont seulement représenté 8% des participants et moins de 3% des signataires.  Cela met en danger les perspectives de paix à long terme, a-t-il prévenu, répétant que les femmes sont des partenaires cruciaux pour la paix ainsi que dans les domaines clefs que sont la reprise économique, la cohésion sociale et la légitimité politique.  M. Salam a également estimé que les donateurs devraient jouer un rôle accru pour appuyer les efforts en faveur de l’éducation des filles et de la formation des femmes en vue d’assurer leur autonomisation, notamment par le biais de l’accès à la propriété foncière et au microcrédit.  Il a conclu en estimant que la mise en œuvre de la résolution 1325 devrait être plus cohérente, la série d’indicateurs de suivi établis par le Secrétaire général représentant, à cet égard, un instrument important pour l’avenir.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que la résolution 1325 inspirait les activités du Conseil de sécurité mais a constaté que les femmes étaient toujours victimes, notamment de violences sexuelles, comme la situation en République démocratique du Congo l’a montré.  En même temps, l’approche du rôle des femmes dans la paix et la sécurité ne doit pas reposer uniquement sur des cas isolés, a déclaré le représentant, qui a estimé que les situations de crise très diversifiées dont souffrent les femmes supposent qu’on y accorde une large attention non seulement au Conseil de sécurité mais aussi dans tous les organes des Nations Unies, en évitant les doublons mais aussi tout déséquilibre au profit du Conseil de sécurité.  Le représentant a estimé que les indicateurs présentés par le Secrétaire général dans son rapport devraient être mis à l’épreuve de la réalité et qu’il faudrait donc examiner leur efficacité.  Le recours à ces indicateurs ne devrait se faire que dans le cadre de la résolution 1325, a-t-il précisé.  M. Churkin a en outre mis l’accent sur les mesures encore à prendre, y compris au sein du système des Nations Unies.  Cette question doit être examinée en fonction de la spécificité de chaque situation, a-t-il ajouté.

M. WANG MIN (Chine) a déclaré que la communauté internationale avait beaucoup à faire pour garantir la pleine mise en œuvre de la résolution 1325.  Il faut faire en sorte que les femmes soient protégées face aux conflits armés, s’attaquer aux causes mêmes de ces conflits, et recourir davantage à la diplomatie préventive et à la médiation, a-t-il affirmé.  Pendant ou après un conflit, il incombe en premier lieu aux États d’assurer la protection de leurs citoyens, donc des femmes et des filles.  Le représentant a aussi condamné le recours aux violences sexuelles comme arme de guerre et a appuyé les institutions des Nations Unies qui viennent en aide aux victimes.  Il faut aussi garantir la participation des femmes au processus politique de consolidation de la paix, de reconstruction et de réconciliation nationale, a poursuivi le représentant.  Il a aussi demandé qu’on tienne compte des besoins spécifiques des femmes.  Avant de conclure, il a souhaité que les entités pertinentes des Nations Unies coopèrent mieux dans le cadre de leur mandat respectif, a estimé le représentant.

Mme BEVERLEY J. ODA, Ministre de la coopération internationale du Canada, s’est d’ailleurs exprimée au nom du Groupe des amis des femmes, de la paix et de la sécurité, réseau informel que préside son pays et auquel participent une quarantaine d’États Membres intéressés.  Le Groupe accueille favorablement les recommandations du Secrétaire général et sa liste détaillée d’indicateurs pour assurer le suivi de la résolution 1325 et demande au Conseil de sécurité de les avaliser et de les mettre en pratique. Le Groupe demande aussi au Conseil de se pencher systématiquement sur les problèmes existant et d’accélérer l’application de la résolution 1325.  En tant que représentante du Canada, Mme Oda a ensuite demandé au Conseil de sécurité  de faire en sorte que les indicateurs soient mis à l’essai sur le terrain au plus tôt et a dit attendre avec intérêt l’examen par le Conseil de sécurité des données collectées grâce à ces indicateurs.  Elle a estimé que les informations obtenues permettraient ensuite de mettre au point des mandats plus clairs pour la protection dans les opérations de maintien de la paix.  Elle a appuyé les activités d’UNIFEM et le Département des affaires politiques pour augmenter la participation des femmes aux processus de prises de décision.

Mme Oda s’est également dite satisfaite des efforts concrets du Secrétaire général pour améliorer la participation des femmes dans la consolidation de la paix et a appuyé son plan d’action en sept points. Elle a appuyé les efforts de la Représentante spéciale du Secrétaire général sur les violences sexuelles dans les conflits armés, Mme Margot Wallström, et s’est félicitée de la jurisprudence des cours et tribunaux internationaux qui considèrent que les violences sexuelles peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. Elle a invité les États à agir pour lutter contre l’impunité de ces crimes et a dit appuyer les efforts du Mécanisme d’intervention rapide au service de la justice.  Mme Oda a enfin rappelé que le Canada avait lancé, le 5 octobre, son propre plan d’action pour la mise en œuvre de la résolution 1325 et a présenté un certain nombre de mesures prévues par ce plan, notamment des modules de formation pour le personnel canadien affecté dans des opérations de maintien de la paix ou des pays fragiles ou en conflit. De même, le Canada va veiller à ce que les partenaires humanitaires non gouvernementaux fournissant une aide humanitaire canadienne disposent d’un code de déontologie interne en matière d’exploitation sexuelle et de sévices sexuels, a-t-elle expliqué

Mme MARIA ROSARIA CARFAGNA, Ministre de l’égalité des chances de l’Italie, a déclaré que le principal objectif du Plan d’action national était de renforcer la participation des femmes dans les opérations de maintien de la paix et dans les organes de prise de décisions de ces opérations.  Elle a ajouté que les statistiques nationales montraient que les femmes sont aujourd’hui recrutées à tous les niveaux de l’appareil militaire italien.  La Ministre a ensuite insisté sur la nécessité de privilégier une approche axée sur la parité entre les sexes dans le domaine de la consolidation de la paix, « en collectant des données ventilées par sexe et en répertoriant les facteurs discriminants qui, dans certains cas, continuent de tenir les femmes éloignées des efforts de paix et de reconstruction ».  « Notre plan d’action prend également en compte la protection des droits des femmes dans les sociétés postconflit où le personnel de l’ONU qui y est déployé, a souligné Mme Carfagna, doit être formé à la problématique des femmes, de la paix et de la sécurité de la résolution 1325 afin d’assister efficacement les femmes et filles les plus vulnérables ».  En conclusion, la Ministre a préconisé l’ouverture d’installations temporaires pour accueillir et assister les victimes de violences sexuelles en temps de guerre.

Mme MARY WHITE, Ministre de l’intégration, de l’égalité et des droits de l’homme d’Irlande, a axé sa déclaration sur l’initiative lancée par son pays pour recueillir au Timor-Leste, au Libéria et en Irlande des informations sur l’impact des conflits armés sur les femmes et les filles.  Tous les entretiens que nous avons menés portaient sur les trois piliers de la résolution 1325, à savoir la participation, la protection et l’intégration de la perspective sexospécifique dans les processus de décision politique touchant à la médiation, la lutte contre la violence sexuelle et l’application des normes du droit international humanitaire, a-t-elle précisé.  La représentante a souhaité que les recommandations incluses dans le rapport final de l’Initiative, et dont elle a remis hier une version à Mme Michelle Bachelet, la responsable d’ONU-Femmes, constituera une valeur ajoutée à l’étude de l’expérience que les femmes ont vécue au cours d’un conflit. 

Mme White a souligné qu’il était urgent de lutter contre la culture de l’impunité, dont « la perpétuation alimente la violence sexuelle pendant et après les conflits ».  « Écoutons les femmes puis agissons, a-t-elle lancé, plaidant pour l’établissement de mécanismes efficaces permettant de traduire en justice, rapidement et sans concession, les auteurs de crimes sexuels.  Se référant de nouveau aux résultats de l’initiative, Mme White a insisté qu’il faudrait que les hommes et les femmes travaillent côte à côte à l’amélioration de la situation des femmes.  La portée et la pertinence de la résolution 1325 dépend du degré d’implication des hommes et des garçons dans les activités de sensibilisation et de prévention qu’elle prévoit, a-t-elle dit.  Avant de conclure, la Ministre a annoncé que son pays contribuerait à hauteur d’un million de dollars pour assurer l’entrée en fonctions d’ONU-Femmes. 

Mme FATOU MASS JOBE-NJIE, Ministre de la culture et du tourisme de la Gambie, a souligné les efforts actifs menés par son gouvernement et la société civile pour mettre pleinement en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Aucun pays n’est assuré d’une paix absolue et c’est dans cet esprit, a-t-elle ajouté, que la Gambie continue de s’appuyer sur ses courroies traditionnelles que sont le Conseil des anciens et les organisations religieuses et communautaires, soucieuses de parvenir à l’égalité entre les sexes.  La Ministre a assuré que ces institutions aidaient depuis longtemps à renforcer la paix, à prévenir les conflits et à porter secours aux réfugiés, y compris au niveau régional.  Indiquant que son gouvernement était sur le point de finaliser son plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325, elle a appelé les organisations régionales et internationales ainsi que les agences partenaires de l’ONU, à appuyer davantage les pays en développement dans la mise en œuvre de ladite résolution.  Au cours de la prochaine décennie, les gouvernements devront maintenir l’élan actuel en assurant l’autonomisation des femmes par le biais d’une féminisation plus volontaire de leur budget, a-t-elle préconisé. 

Mme VABAH GAYFLOR, Ministre du genre et du développement du Libéria, a présenté le Plan d’action national libérien pour l’application de la résolution 1325, lancé en mars 2009.  Elle a expliqué que ce plan d’action vient compléter d’autres initiatives comme la stratégie nationale de réduction de la pauvreté et les programmes conjoints entre le Libéria et l’ONU qui sont déjà en place.  Elle a expliqué que le plan d’action reposait sur quatre piliers -protection, prévention, participation et autonomisation, et promotion-, chaque pilier comprenant un certain nombre de questions stratégiques et de domaines prioritaires, avec des objectifs à atteindre et des indicateurs de suivi.  La représentante a ensuite énuméré les mesures politiques, juridiques ou institutionnelles prises pour assurer la mise en œuvre de son plan d’action, ainsi que les difficultés rencontrées qui réduisent la portée de son application.  Elle a enfin énoncé une série de mesures concrètes que son pays allait prendre avant la fin de 2011 pour mieux mettre en œuvre la résolution 1325.  La représentante a en outre apporté son soutien aux indicateurs présentés par le Secrétaire général  ainsi que l’élaboration d’un cadre de collection de données.  Elle a conclu en affirmant qu’il y avait dans son pays une volonté politique forte de mettre en œuvre la résolution 1325.

Mme ANNE HOLMLUND, Ministre de l’intérieur de la Finlande, a estimé que les 10 années écoulées avaient permis de faire des progrès dans la protection et la promotion des femmes mais qu’il ne faudrait pas se limiter à ce qui a été accompli.  Elle a souhaité que la prochaine décennie soit marquée par davantage de stratégie et d’action systématiques, une meilleure redevabilité et des progrès mesurables.  Elle a estimé que les recommandations du Secrétaire général et les indicateurs de suivi qu’il propose fournissaient les outils de la redevabilité et que son plan d’action en sept points constituait un bon cadre pour l’action systématique.  Elle a encouragé les Nations Unies dans leur ensemble à en faire un plein usage, et le Conseil de sécurité à les endosser, ajoutant que la Finlande les inclurait dans son Plan d’action national pour l’application de la résolution 1325 lors de sa révision l’année prochaine.

La Ministre a ensuite passé en revue les mesures prises par la Finlande pour assurer la protection et la promotion des femmes dans le domaine de la paix et de la sécurité.  Elle a ainsi expliqué que son pays intègre la dimension de la promotion de la femme  à tous les stades du processus de paix dans ses programmes d’assistance.  La Finlande le fait notamment dans le cadre de ses programmes pour le renforcement des capacités de l’Union africaine.  Elle a déclaré que la participation égale des femmes dans les opérations de maintien de la paix était essentielle, citant en exemple le rôle positif des femmes dans les équipes de reconstruction provinciale en Afghanistan.  Le Plan d’action national de la Finlande prévoit une augmentation du nombre des femmes dans les postes tant militaires que civils des opérations de maintien de la paix.  Mme Holmlund a estimé que les Nations Unies doivent augmenter davantage le nombre des femmes dans les postes à responsabilité afin de donner l’exemple, tout en indiquant que son pays envisageait de présenter de nouvelles candidatures.  Elle a également insisté sur le rôle de la société civile dans la mise en œuvre de la résolution 1325, expliquant que son pays apportait son soutien financier à diverses ONG travaillant dans des domaines liés à la question des femmes et la paix et la sécurité, comme Femmes Africa Solidarité dans la région des Grands Lacs.

La Ministre a ensuite mis l’accent sur la lutte contre l’impunité, estimant qu’il ne devrait jamais y avoir d’amnistie pour les crimes les plus graves, y compris les crimes sexuels ou sexistes qui, a-t-elle rappelé, sont susceptibles de constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité.  La Finlande soutient pleinement le travail de la Cour pénale internationale (CPI) dans ce domaine, a-t-elle ajouté.  Elle a également mis l’accent sur le mécanisme de  réponse judiciaire rapide, facilité multilatérale qui permet de déployer rapidement des équipes spécialisées dans la justice pénale et les activités associées.  Elle a enfin insisté sur la nécessité de réformer les secteurs nationaux de justice et de sécurité, ainsi que l’état de droit, tout en assurant une réparation pour les victimes.  Elle a rappelé que son pays apportait un soutien financier au Fonds d’affectation spéciale de la CPI pour les victimes et aux mesures des Nations Unies allant dans ce sens.

Mme GRETE FAREMO, Ministre de la défense de la Norvège, a noté d’emblée que les commandants des forces des opérations de maintien de la paix des Nations Unies étaient des hommes.  Il est grand temps de modifier cette tendance, a-t-elle dit, en soulignant qu’il était impératif de mieux communiquer sur les priorités établies par la résolution 1325.  Elle a souligné qu’il faudrait renforcer la protection des femmes et œuvrer à leur participation plus active dans la vie politique, économique et sociale, y compris dans les processus de paix et les services de sécurité  « Nous ne pouvons pas tout simplement nous permettre d’ignorer la moitié des talents d’une société », a rappelé Mme Faremo, qui a appelé le Conseil de sécurité à jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre de toutes les résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité.  Le Conseil doit approuver l’ensemble des indicateurs proposés par le Secrétaire général et faire de la poursuite des auteurs de violences sexuelles l’une de ses priorités, a poursuivi la Ministre.  Elle a jugé que l’ONU-Femmes était une entité de choix pour appuyer un tel effort.  Avant de conclure, Mme Faremo a annoncé que la Norvège contribuerait en 2011 à hauteur de 30 millions de dollars aux efforts d’autonomisation des femmes, menés sous l’égide des Nations Unies. 

M. ANDRAZ ZIDAR, Ministre des affaires étrangères de la Slovénie, a estimé que la question complexe des femmes, de la paix et de la sécurité doit être appréhendée de manière holistique.  Saluant la pertinence des indicateurs proposés par le Secrétaire général dans son rapport, Mme Zidar a également appuyé la recommandation visant l’établissement d’un groupe de travail chargé d’examiner les progrès dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  À cet égard, elle a estimé que le Conseil de sécurité devrait tenir compte des vues de ce groupe de travail, lorsqu’il sera établi, pour éliminer les obstacles persistants.  Des mesures fortes doivent être prises d’urgence pour mettre fin à l’impunité des auteurs de crimes sexuels pendant et après les conflits et, dans ce cadre, le Conseil doit faire de la lutte contre ce fléau une priorité reflétée directement dans le mandat de ses Comités des sanctions, a également déclaré la Ministre slovène des affaires étrangères.  « Nous avons tous la responsabilité de mettre pleinement en œuvre la résolution 1325 », a-t-elle insisté, en estimant que les plans d’action nationaux étaient les moyens les plus efficaces dont disposaient les États Membres de s’acquitter de leurs engagements.  

Mme BATHABILE DLAMINI, Vice-Ministre du développement social de l’Afrique du Sud, a assuré qu’en Afrique, les femmes sont toujours prêtes à jouer un rôle dans le règlement des conflits par le biais d’initiatives de promotion des droits de l’homme et de renforcement de l’état de droit.  Rappelant qu’en 2009, l’Union africaine avait proclamé la Décennie des femmes africaines pour la période 2010-2020, elle a souligné les efforts entrepris par son pays dans la facilitation du dialogue entre les Sud-Africaines et « leurs sœurs victimes de la guerre, les femmes du Burundi en particulier ».  Elle a ajouté qu’une autre initiative, la Table de paix des femmes d’Afrique du Sud, fonctionnait depuis 2007 comme une plateforme réunissant les femmes soldats et la société civile autour des enjeux de consolidation de la paix à travers le continent.  L’Afrique du Sud est fière aujourd’hui d’être l’un des premiers pays contributeurs de Casques bleus femmes, a poursuivi Mme Dlamini.  Après avoir recommandé que la violence sexuelle fasse partie des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) « afin de mieux lutter contre l’impunité », la Ministre sud-africaine a jugé que le secteur de la sécurité des pays postconflit devait être réformé pour améliorer la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.

M. FRANK BELFRAGE, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la Suède, a expliqué que son pays avait présenté son premier plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325, il y a quatre ans, et préparait actuellement son deuxième.  La résolution 1325 est au cœur de notre gestion des crises, de notre assistance humanitaire et de notre coopération au développement, a-t-il expliqué, avant d’annoncer la nomination prochaine d’un ambassadeur spécialement chargé de la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a expliqué que la Suède soutenait, par le biais du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), diverses associations de promotion des femmes au Soudan.  De même, la Suède soutient les activités d’UNIFEM en Afghanistan, y compris pour appuyer le plan national d’action de l’Afghanistan en faveur des femmes.  La Suède contribue au renforcement de la dimension sexospécifique dans la gestion de crises au sein de l’Union européenne.  M. Belfrage a en outre appuyé la mise en place d’un cadre unique de suivi de la résolution 1325 utilisant les indicateurs présentés par le Secrétaire général.

La Suède est reconnaissante envers la société civile et les groupes de femmes pour leur travail en faveur de la résolution des conflits, a déclaré le Secrétaire d’État, qui a incité « ONU-Femmes » à jouer un rôle de chef de file au sein du système des Nations Unies pour garantir l’intégration des travaux de ces groupes dans ceux des Nations Unies.  Il a appuyé la nomination des femmes à des postes de représentante spéciale du Secrétaire général, s’est félicité des efforts entrepris pour nommer davantage de femmes à des postes de médiation et a rendu hommage au travail de la Représentante spéciale pour les violences sexuelles dans les conflits armés, Mme Margot Wallström.  Il a en outre assuré que la Suède favorisait le recours à des femmes policières dans les opérations de maintien de la paix.

Mme ALOYSEA INYUMBA, Sénatrice du Rwanda, a expliqué que son pays avait officiellement lancé, le 17 mai dernier, un plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325, pour la période 2009-2012, après un processus de consultation participatif, et qui met l’accent sur le rôle considérable joué par les femmes rwandaises dans la paix, la sécurité, la justice et la réconciliation après le génocide de 1994.  Mme Inyumba a expliqué que le plan d’action reposait sur cinq éléments prioritaires.  Le premier porte sur la prévention de la violence et des conflits, sous un angle juridique.  Le deuxième porte sur la protection des victimes et la réhabilitation de leur dignité.  Mme Inyumba a expliqué que les violences sexuelles contre les femmes rwandaises étaient considérées par les Forces de défense rwandaises comme un élément clef des menaces à la sécurité.  Elle a précisé que la réponse aux violences sexuelles était désormais un élément central de la formation dans les écoles militaires ainsi que dans la préparation des unités destinées à participer aux opérations de maintien de la paix.  En outre, la participation de contingents de femmes militaires ou officiers de police rwandaises dans des opérations de maintien de la paix, comme au Soudan, a permis de mieux sensibiliser les populations locales, a poursuivi la Sénatrice, qui a précisé que ces femmes avaient pris au Darfour des mesures concrètes, par exemple en fournissant aux femmes des camps des fours à cuire plus efficaces qui réduisent leurs déplacements dans des zones dangereuses à la recherche de bois de cuisson.

Le troisième élément du plan d’action suggère des activités pour renforcer la participation des femmes dans les organes de décision en matière de paix et de sécurité à hauteur d’au moins 30%, comme prévu par la Constitution, a déclaré Mme Inyumba, qui a en outre rappelé qu’avec 56% de femmes, le Parlement rwandais avait la plus forte représentante féminine au monde.  Le quatrième élément du plan d’action comprend des activités de consolidation de la paix dans le contexte de la reconstruction sociale après le génocide et met l’accent sur le dialogue communautaire, domaine dans lequel les femmes sont appelées à jouer un rôle important.  Le cinquième et dernier élément prévoit des mesures de coordination, de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du plan, a encore expliqué la Sénatrice, qui a conclu en affirmant la ferme volonté du Rwanda de jouer son rôle aux plans régional et international en faveur de la pleine application de la résolution 1325.

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a notamment demandé au Conseil de sécurité d’appuyer les indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général dans son rapport « afin de faciliter la mise en œuvre de la résolution 1325 ».  Les informations que fourniront ces indicateurs doivent être intégrées dans le travail quotidien du Conseil, a-t-il précisé, ajoutant que, compte tenu de son expertise, « l’ONU-Femmes sera, demain, l’institution la mieux placée pour mener les analyses de fond sur l’état de l’application de ladite résolution ».  Le représentant a insisté sur la nécessité que le Conseil aborde la problématique des femmes, de la paix et de la sécurité dans toutes les discussions sur le maintien de la paix et les sanctions.  M. McLay a ensuite évoqué la situation dans la région du Pacifique, « où les femmes jouent traditionnellement un rôle décisif dans le maintien de la paix, comme l’ont montré les exemples de Bougainville, des îles Salomon, de Fiji et de Timor-Leste ».  Il a également assuré que les programmes d’aide de la Nouvelle-Zélande identifiaient les femmes et les filles comme des groupes vulnérables à protéger en priorité de la violence sexuelle et des abus.  « Toutes nos initiatives régionales soulignent la nécessité de mettre en œuvre la résolution 1325, a-t-il souligné, rappelant qu’en Afghanistan, nos équipes logistiques chargées d’accompagner la reconstruction de la province de Bamyan s’appuient sur la participation des femmes des communautés ».

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a d’abord salué les importants progrès enregistrés dans l’application de la résolution 1325 avant d’ajouter que les violations des droits des femmes étaient trop souvent la norme dans les conflits ainsi que dans les situations postconflit. Le représentant a souligné qu’il était important de ne plus traiter les femmes comme des victimes mais de tenir compte plutôt de leur rôle crucial pour la cohésion sociale et la reconstruction des sociétés déchirées par des conflits.  Le représentant a ensuite indiqué les objectifs stratégiques retenus par le Plan d’action national portugais adopté en août 2009, au premier rang desquels la participation accrue des femmes à tous les niveaux des processus de maintien de la paix, la promotion et la protection des droits des femmes dans les zones de conflit, la diffusion du savoir concernant les thématiques liées aux femmes, à la paix et à la sécurité et enfin le renforcement de la participation de la société civile dans la mise en œuvre de la résolution 1325.

M. PETER WITTIG (Allemagne) a rappelé que la protection des femmes et leur participation active à la société étaient les deux faces d’une même médaille, avant de souligner leur rôle prépondérant dans le maintien et la consolidation de la paix.  Il a salué, à cet égard, le plan d’action du Secrétaire général contenu dans son rapport sur la mise en œuvre de la résolution 1889.  S’agissant de la mise en œuvre de la résolution 1325, l’Allemagne a défini les domaines d’intervention prioritaires suivants: la nomination de davantage de femmes aux postes les plus élevés des institutions nationales, régionales et internationales; un soutien financier et technique accru aux campagnes de sensibilisation des Nations Unies sur l’égalité entre les sexes l’intégration d’une perspective sexospécifique dans la négociation et l’application des accords de paix; une attention accrue portée aux besoins spécifiques des femmes combattantes lors des phases de démobilisation et de réintégration civile.

Le représentant a ensuite souligné l’importance du partenariat entre les Nations Unies et les États Membres, citant à titre d’exemple les séminaires financés par l’Allemagne et tenus sous l’égide du Département des opérations de maintien de la paix au cours desquels des femmes policiers du monde entier peuvent partager leurs expériences sur la prévention des crimes dont elles sont principalement la cible.  Soulignant l’importance d’une coopération plus étroite entre les différentes entités des Nations Unies pour assurer une utilisation optimale des ressources, M. Wittig a conclu en appelant à la mise en place d’un mécanisme de suivi permettant d’enregistrer les progrès réalisés sur le terrain vers l’amélioration de la condition des femmes, la nouvelle entité « ONU-Femmes » pouvant jouer, dans ce cadre, un rôle crucial.  

M. OCTAVIO ERRÃZURIZ (Chili) a regretté que la participation des femmes aux négociations de paix ne se situe qu’à hauteur de 10%.  C’est pourquoi, il a soutenu vigoureusement la participation des femmes dans les processus de paix.  Pour sa part, le Chili a lancé un Plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325, axé sur la participation des femmes aux efforts de paix et de sécurité.  Bien que le Ministère des affaires étrangères porte la responsabilité première de l’exécution de ce Plan au niveau international, le Chili a entrepris d’en appliquer les dispositions à l’échelle nationale.  Ce plan d’action a notamment donné lieu à la création d’un observatoire au sein duquel les agences publiques et organes de la société civile veillent ensemble à assure la pleine participation des femmes aux processus de paix, a indiqué le représentant.  M. Errazuriz a, en conclusion, plaidé en faveur d’un élargissement de la coopération Sud-Sud pour appuyer la mise en œuvre de la résolution 1325.

Mme MARY E. FLORES (Honduras) a salué le « travail visionnaire » du Conseil de sécurité et des ses membres pour mettre en œuvre  la résolution 1325, s’est félicité de la création d’« ONU-Femmes » ainsi que de la nomination par le Secrétaire général de plusieurs femmes à des postes de hautes responsabilités au sein du système des Nations Unies.  Elle a rendu hommage à la résilience des femmes et à leur capacité innée de négociation et de médiation, y compris au sein de la famille.  Cette capacité se développe aussi dans les conflits, a-t-elle affirmé, parlant de « thérapie du cœur ».  Rappelant que son pays était une petite nation « dont l’histoire peut s’écrire dans une larme », la représentante a rendu hommage à toutes les femmes, souvent inconnues, mais « héroïnes de la paix » qui, dans la douleur et la difficulté, soutiennent leur famille, parfois en migrant pour trouver du travail.

M. CARSTEN STAUR (Danemark) a réaffirmé que son pays était engagé à appuyer les efforts de consolidation de la paix des Nations Unies.  « Nous saluons à cet égard la création d’ONU-Femmes et la nomination à sa tête de Mme Michelle Bachelet », a-t-il ajouté, en se déclarant convaincu que la nouvelle entité jouera un rôle déterminant pour coordonner l’action des Nations Unies en faveur de l’autonomisation des femmes.  Il a assuré que le Danemark demeurait pleinement investi dans l’application de la résolution 1325.  Son gouvernement, a indiqué M. Staur, s’attache à présent à mettre en œuvre un second plan d’action national.  Le plan d’action national pour la période 2008-2013 met davantage l’accent sur la nécessité d’utiliser au maximum le potentiel des femmes dans les processus de consolidation de la paix en cours au niveau des pays, a-t-il précisé.  Il a annoncé que les 29 et 30 octobre, Copenhague accueillera une conférence internationale sur le rôle des femmes dans le domaine de la sécurité internationale.  Le but principal de cette conférence est de réfléchir aux moyens pratiques d’améliorer le rôle des femmes dans les processus économiques, militaires et politiques en vue d’instaurer la paix et la sécurité de manière durable, a-t-il ajouté. 

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a fait remarquer que le rôle des femmes dans les négociations de médiation reste marginalisé.  Dans les 24 processus de paix qui ont été menés au cours des deux dernières décennies, les femmes ont représenté moins de 8% des équipes de négociation et seulement 3% des signataires d’accords de paix, a-t-elleprécisé.  C’est pour cette raison que sa délégation appuie l’engagement du Secrétaire général pour accélérer les efforts visant à faire participer plus activement les femmes dans les négociations de paix et appelle à consacrer des ressources suffisantes à la formation aux questions liées à la parité entre les sexes.  Mme Aitimova s’est dite préoccupée par l’incidence de la violence sexuelle dans les différentes phases de conflit et de reconstruction postconflit.  Sur les 300 accords de paix signés depuis la fin de la guerre froide, seulement 18 d’entre eux ont mentionné la violence sexuelle et sexiste, a-t-elle noté, avant de soutenir la proposition de Mme Margot Wallström, Représentante spéciale sur ces questions, de créer des postes dans ce domaine.  Le Kazakhstan attend beaucoup de la nouvelle entité ONU-Femmes, a-t-elle ajouté, pour assurer une meilleure cohérence des activités en faveur des femmes à l’échelle du système des Nations Unies.  Ellea aussi soutenu les mesures recommandées par le Département des opérations de maintien de la paix en vue d’assurer 20% de femmes dans les contingents militaires et de police des opérations de maintien de la paix d’ici à 2014.

M. NOJIBUR RAHMAN (Bangladesh) a rappelé que les femmes occupaient les plus hauts postes politiques du pays et que la Constitution garantissait l’égalité entre hommes et femmes sans discrimination fondée sur la religion, l’appartenance ethnique ou le sexe.  Le Gouvernement a, par ailleurs, adopté une politique en faveur de la promotion des femmes et un plan d’action national, et créé un comité chargé de la mise en œuvre du développement des femmes, que préside le Ministre des affaires de la femme et de l’enfant.  Grâce à ce dispositif, la scolarisation des filles dans les cycles primaire et secondaire excède désormais celle des garçons, s’est félicité M. Rahman.  En outre, a-t-il poursuivi, son gouvernement a promulgué des lois pour protéger les femmes des violences domestiques et entrepris un certain nombre de projets visant à renforcer les capacités des femmes.  Il a précisé qu’un système de quotas permet aux femmes d’avoir une représentation adéquate au Parlement du Bangladesh.

M. STEFAN BARRIGA (Liechtenstein) s’est déclaré convaincu que la promotion de l’agenda « Femmes, paix et sécurité » était intrinsèquement liée à la manière dont le Conseil de sécurité reçoit et analyse les informations relatives à sa mise en œuvre.  C’est la raison pour laquelle il a salué le Conseil d’avoir approuvé les 26 indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général, à l’aune desquels cette mise en œuvre doit être mesurée.  Pour sa part, le Liechtenstein s’est associé à la Suisse pour soutenir le projet « Femmes-Paix » de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, qui a publié un annuaire sur la question des femmes, de la paix et de la sécurité.  Le représentant a expliqué que cet annuaire, qui s’inspire des meilleures pratiques existantes, est destiné à aider le Conseil de sécurité à tenir compte des éléments pertinents de la résolution 1325 au moment de l’élaboration des mandats des opérations de maintien de la paix.  Le représentant a, par ailleurs, promis le soutien de son gouvernement au Fonds d’affectation spéciale pour les victimes de la Cour pénale internationale (CPI).  Ce fonds, a-t-il dit, met l’accent sur les victimes de violences sexuelles et autres violences basées sur le sexe.  D’une manière plus générale, M. Wenaweser a assuré que le travail de la CPI était pertinent en ce qui concerne la mise en œuvre et le suivi de la résolution 1325 et a regretté que le rapport du Secrétaire général ne fasse pas mention de cette contribution.

Mme TIINA INTELMANN (Estonie) a indiqué que le plan d’action national de l’Estonie, adopté la semaine dernière, incluait notamment des mesures visant à augmenter la participation des femmes aux missions civiles et militaires ainsi qu’à accroître la part des femmes nommées à des postes dans les domaines liés à la paix et à la sécurité.  La représentante a ensuite souhaité le développement d’une grille d’évaluation stratégique, pourvue d’indicateurs et d’objectifs concrets, afin d’évaluer de manière systématique la mise en œuvre de la résolution 1325, ainsi que la mise en place d’un groupe de travail qui en assurerait le suivi spécifique.

Mme Intelmann a assuré du soutien de sa délégation aux initiatives visant à inclure la violence sexuelle comme élément d’examen prioritaire dans les résolutions définissant le mandat des Comités des sanctions du Conseil de sécurité.  Ces résolutions devraient en outre inclure la violence sexuelle comme critère de désignation des individus devant faire l’objet de sanctions.

M. PAUL SEGER (Suisse) a expliqué qu’il portait un châle blanc rapporté de sa visite au Burundi en hommage au rôle des femmes de ce pays dans le processus de paix, précisant que les membres d’une organisation de femmes de Bujumbura avaient décidé, pendant les élections au Burundi, de porter un tel châle blanc en public pour manifester leur volonté de paix.

Tout en se félicitant de la proposition du Secrétaire général concernant la série d’indicateurs de suivi de la mise en œuvre de la résolution 1325, le représentant a souligné l'importance d'un leadership politique de la part du Conseil et d'un cadre unique et complet pour assurer la mise en œuvre de la résolution 1325.  La nouvelle entité ONU-Femmes pourrait contribuer à cet objectif par la création d'un « bureau 1325 ».

Le représentant a ensuite souligné combien les évènements récents en République démocratique du Congo rappelaient à la communauté internationale l'urgence de mettre fin à l'utilisation du viol comme méthode de guerre, y compris par des sanctions ciblées contre les parties belligérantes commettant des viols, comme le prévoit la Résolution 1820.  En conclusion, M. Seger a indiqué que la Suisse, conjointement avec le Liechtenstein et avec la coopération des organisations non gouvernementales, veillait à ce que le Conseil de sécurité intègre systématiquement les aspects de la résolution 1325 dans son travail thématique ainsi que dans l'examen des situations par pays.

M. WALTER A. FULLEMANN, Observateur permanent du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a indiqué que le CICR avait décidé, il y a une dizaine d’années, de mettre l’accent, dans tous ses programmes et activités opérationnels, sur le respect des droits des femmes et des filles.  Le Comité, a-t-il indiqué, a développé une approche multidimensionnelle afin d’identifier et de répondre à leurs vulnérabilités spécifiques dans les situations de conflit armé.  Soulignant ensuite l’importance de la prévention, l’Observateur a appelé la communauté internationale à traiter comme un crime à part entière les violences sexuelles.  Les règles élémentaires du droit international humanitaire doivent être respectées et les auteurs de crimes tenus comptables de leurs actes, a insisté M. Fullemann avant de conclure.

Mme ISABELLE PICCO (Monaco) a décrit la participation des femmes aux processus de paix comme une condition sine qua non de la consolidation de la paix et affirmé que leur participation était indispensable pour garantir une paix durable ainsi que la cohésion politique et sociale.  Elle a en outre jugé indispensable que les atrocités commises ne restent pas impunies, notamment quand il s’agit de viols massifs utilisés comme armes de guerre.  Elle a salué les efforts visant à mettre en place un cadre unique de suivi de la mise en œuvre de la résolution 1325 et a estimé que les indicateurs proposés par le Secrétaire général permettraient à l’ONU de mesurer les progrès réalisés dans des domaines importants.  Elle a également salué les efforts du Département des opérations de maintien de la paix pour renforcer la présence des femmes dans les opérations de maintien de la paix.

M. GUNNAR PÁLSSON (Islande) a estimé qu’il était vital que soit mis en place un système de suivi rigoureux de la concrétisation de la résolution 1325.  Demandant à cette fin au Conseil de sécurité d’approuver la série d’indicateurs proposés par le Secrétaire général dans son rapport, il s’est dit confiant que l’ONU-Femmes jouera, aux côtés du Conseil, un rôle important dans la supervision de la gestion et de l’application de ces indicateurs.  Le représentant a ensuite évoqué le nouveau Plan d’action national de son pays pour la mise en œuvre de la résolution 1325, précisant qu’il contient des objectifs spécifiques, des lignes directrices claires et repose sur un mécanisme de supervision transparent.  Plus que les plans précédents, celui-ci promeut la mise en œuvre des résolutions complémentaires de la résolution 1325, a-t-il aussi noté.  Il a conclu en faisant observer que l’Islande insistait lors des grandes conférences sur la nécessité de féminiser les réponses multilatérales aux conséquences des changements climatiques. 

M. BUI THE GIANG (Viet Nam) s’est félicité du rôle que joue le Conseil de sécurité en faveur des femmes et la paix et la sécurité depuis l’adoption de sa résolution 1325, ainsi que de la prise de conscience dans le monde, qui se traduit par un nombre sans précédent d’activités diverses pour promouvoir le rôle et les droits des femmes en relation avec la paix et la sécurité.  Il s’est aussi félicité du travail cordonné de nombreuses institutions et départements du système des Nations Unies pour placer au centre de leur démarche le rôle des femmes dans la paix et la sécurité.  Il s’est notamment félicité du lancement, cette année, par le Département des affaires politiques et UNIFEM d’une stratégie conjointe triennale sur les femmes et la médiation, ainsi que du plan d’action en sept points proposé par le Secrétaire général pour renforcer le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.  Il a souhaité qu’ONU-Femmes puisse jouer un rôle moteur en ce qui concerne les femmes, la paix et la sécurité, avant d’estimer que les plans d’action nationaux adoptés pour mettre en œuvre la résolution 1325 représentaient des contributions importantes. Il a souhaité que la mise en œuvre de tels plans puisse bénéficier d’un appui de la communauté internationale.

Le représentant a estimé qu’il restait beaucoup à faire pour protéger les femmes dans les situations de conflit armé et pour assurer leur participation à tous les niveaux des processus de paix.  Il est inacceptable que les femmes représentent toujours moins de 8% des négociateurs dans les processus de paix parrainés par les Nations Unies et 3% des signataires des accords de paix, a-t-il dit.  Le représentant s’est dit convaincu que les femmes peuvent jouer un rôle actif dans la consolidation de la paix et la reconstruction si les États leur en donnent les moyens, y compris financiers, politiques, économiques et institutionnels et répondent à leurs besoins spécifiques.  Il a souhaité que le plan d’action en sept points du Secrétaire général sur les femmes et la consolidation de la paix puisse effectivement être appliqué.  Il a estimé que l’ensemble d’indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général dans son rapport peuvent constituer un instrument utile pour le système des Nations Unies et ceux qui veulent les utiliser sur une base volontaire.  Il a estimé que ces indicateurs ont un caractère plus incitatif que contraignant.  Le représentant a conclu en rappelant le soutien de son pays à la résolution 1325 et le rôle qu’il a joué dans l’élaboration et l’adoption de la résolution 1889 (2009).

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a rappelé qu’il faudrait prendre en compte les besoins spécifiques des femmes et des filles après les conflits, et qu’elles étaient souvent les principales victimes des conflits. De même, il est crucial que les femmes soient engagées davantage dans les efforts de consolidation de la paix dès la première phase du processus, afin de leur assurer une meilleure participation aux efforts de développement, ce qui accroîtra les chances d’une paix durable.  Elle a estimé que le plan d’action en sept points présenté par le Secrétaire général était, dans ce contexte, un excellent outil.  Rappelant que la mise en œuvre de la résolution 1325 reste insuffisante, la représentante a salué « l’analyse très franche » présentée par le Secrétaire général dans son rapport, notamment sur l’absence d’une approche harmonisée et coordonnée s’inscrivant dans un cadre clair avec des objectifs concrets accompagnés d’un ensemble d’indicateurs de résultats.  Elle a encouragé le Secrétaire général dans sa volonté de refonte du plan d’action à l’échelle du système pour le transformer en outil de planification stratégique.  Elle a estimé qu’un rôle important devra, dans ce cadre, être dévolu à la nouvelle entité ONU-Femmes.  Mme Lucas a expliqué que le Luxembourg, dans le cadre de son plan d’action national, s’engageait à soutenir systématiquement les initiatives tendant à intégrer la dimension de parité entre les sexes dans les travaux des organisations internationales et régionales et à veiller à ce qu’elles soient prises en compte dans les situations de conflit ou post-conflit.

De même, le Luxembourg veille à prendre en compte cette dimension dans  ses projets de coopération humanitaire, afin de mieux réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement, et soutient pleinement les initiatives de paix prises par des groupes locaux de femmes.  La représentante a cité en exemple l’appui apporté par son pays dans le soutien au projet « Women and War », initiative du Comité international de la Croix Rouge (CICR).  Elle a ensuite rappelé que la résolution 1325 avait aussi demandé à toutes les parties à un conflit armé de prendre des mesures spécifiques pour protéger femmes et filles contre les violences sexuelles, et a souligné que tous les États avaient l’obligation de lutter contre l’impunité.  Les viols de masse au Nord-Kivu nous ont montré de manière brutale qu’on est loin d’avoir mis fin au recours à la violence sexuelle comme arme de guerre, a-t-elle fait observer, avant de rappeler qu’une telle violation du droit international humanitaire ne pouvait être tolérée plus longtemps.  La lutte contre l’impunité doit cesser d’être un objectif abstrait pour devenir une réalité effective et concrète, a-t-elle ajouté, en insistant sur la coopération de tous.  Mme Lucas a salué la décision du Conseil de sécurité de recommander l’adoption de l’ensemble d’indicateurs développés par le Secrétaire général et a encouragé toutes les parties prenantes à les rendre opérationnels dans les meilleurs délais.  Elle a toutefois regretté que le Conseil de sécurité n’ait pas créé un groupe de travail chargé d’examiner les progrès accomplis sur la base des rapports annuels du Secrétaire général et de formuler des recommandations sur la meilleure manière de combler les lacunes et de relever les défis pour une pleine application de la résolution 1325.

M. RAYMOND WOLFE (Jamaïque) a souligné que les femmes jamaïquaines participant aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, en dépit des conditions extrêmes dans lesquelles elles travaillent, ont eu au fil des années, « un impact très positif dans la vie des femmes et des filles dans les situations de conflit ».  Après les avoir qualifiées de « modèles exemplaires », il a estimé que la persistance de la violence à l’égard des femmes était l’un des principaux obstacles à la réalisation des OMD.  « Les femmes ont la capacité naturelle de bâtir non pas des murs mais des ponts, ce qui en fait des agents incontournables tant pour prévenir les conflits que pour reconstruire des sociétés ravagées par la guerre », a ensuite déclaré M. Wolfe.  « L’égalité entre les sexes est ainsi un moteur essentiel de gouvernance démocratique et de développement humain, a souligné le représentant, qui a estimé qu’en assurant la mise en œuvre complète de la résolution 1325, nous donnerons aux femmes l’opportunité de contribuer à la paix durable pour tous ». 

M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) a déclaré que son pays avait toujours appuyé la résolution 1325 et sa pleine mise en œuvre.  Ce texte a joué un rôle historique en assurant une protection décisive aux femmes dans les situations de conflit, a-t-il dit.  Le représentant a ensuite évoqué la campagne de Mme Suzanne Moubarak, le Mouvement international des femmes pour la paix, « qui s’efforce de promouvoir les actions régionales et internationales en faveur de l’émancipation des femmes ». L’Égypte continuera à soutenir la résolution 1325 du Conseil de sécurité et tiendra, à cette fin, une conférence internationale sur sa mise en œuvre au Caire, en novembre prochain, a-t-il également indiqué.  Le représentant a également assuré que son pays appuierait l’action d’ONU-Femmes, « unique organe des Nations Unies à même de proposer à tous les États Membres des indicateurs fiables et approuvés après examen par l’Assemblée générale ».  Par ailleurs, il a déploré que le Conseil de sécurité n’ait jamais tenu compte de la déclaration sur la protection des femmes et des enfants dans les situations d’urgence et de conflit armé adoptée par l’Assemblée en 1974.  La déclaration, en condamnant et interdisant toute attaque à la bombe contre des populations civiles, en particulier les femmes et les enfants, préparait pourtant la voie à la problématique des femmes, de la paix et de la sécurité inaugurée par la résolution 1325, a-t-il noté. 

M. DIEGO LIMERES (Argentine) a affirmé que son pays avait joué un rôle actif pour l’adoption de la résolution 1325, étant alors membre du Conseil de sécurité.  Il a expliqué comment son pays avait mis en œuvre la résolution, notamment dans les forces armées.  Il a aussi mentionné l’adoption par son pays de différentes mesures qualitatives et quantitatives pour améliorer la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix, rappelant que des femmes militaires argentines y participaient depuis 1993.  Il a rappelé que son pays avait été sélectionné en 2007 par le Département des opérations de maintien de la paix pour diriger un programme pilote régional sur la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a annoncé pour mars 2011 les résultats d’une étude réalisée sur le déploiement du contingent de Casques bleus en Haïti.  L’Argentine met en outre en place une banque de données sur la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix, a déclaré le représentant, qui s’est félicité de la nomination de Mme Bachelet à la tête d’ONU-Femmes. 

M. Piet de Klerk (Pays-Bas) a déclaré que pour mettre en œuvre la résolution 1325 (2000), qui est l’une des résolutions les moins compliquées, il faudrait insister sur la protection et la participation des femmes.  Il faudrait non seulement faire participer plus activement les femmes aux processus de paix en vue de mettre fin aux conflits mais également associer les hommes aux efforts concernant la promotion des femmes, a-t-il souligné, ajoutant que les dirigeants doivent se prononcer sur la violence sexuelle.  Décrivant les mesures prises par son pays pour assurer la mise en œuvre de la résolution, il a indiqué que les Pays-Bas appuyaient, entre autres, un programme de formation sur les violations sexuelles à l’intention des soldats de la paix et un autre sur les droits de l’homme à l’intention des forces armées de la République démocratique du Congo (RDC).  Les Pays-Bas, a-t-il également indiqué, avaient appuyé l’Initiative « Réponse rapide pour la justice ».

M. GONZALO GUTIÉRREZ (Pérou) a estimé qu’à la lumière des événements dramatiques les plus récents, notamment ceux survenus en RDC, « force est de constater que la capacité de réaction de l’ONU au cas de violence doit être renforcée ».  Le personnel civil et militaire du maintien de la paix doit être dûment formé et sensibilisé à la question de la parité entre les sexes, afin d’assurer un succès durable aux efforts de consolidation de la paix, a-t-il ajouté.  Les indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général sont une base intéressante qui permettra d’appréhender de manière globale les enjeux liés à la thématique des femmes, de la paix et de la sécurité, a également estimé le représentant, qui a souligné que « l’ONU-Femmes devrait servir d’axe de coordination pour assurer le suivi de leur mise en œuvre ». 

M. AMJAD HUSSAIN SIAL (Pakistan) a fait observer que la résolution 1325 soulignait notamment la nécessité de renforcer le rôle et la participation des femmes dans les opérations de maintien de la paix.  Rappelant que le Pakistan était « le plus important fournisseur de contingents » aux opérations de maintien de la paix, M. Sial a dit reconnaître ce rôle des femmes et s’est dit fier que des Pakistanaises aient participé comme agents ou officiers de police, médecins ou infirmières dans des opérations difficiles et dangereuses en Afrique ou dans les Balkans.  Il a déclaré que 58 Pakistanaises participaient actuellement à des opérations de maintien de la paix, dont 38 à la MINUAD, l’opération hybride Union africaine-ONU au Darfour, et a annoncé le déploiement prochain d’un autre contingent de soldats ou officiers femmes au Darfour.

Le représentant a, par ailleurs, appuyé les mesures visant à prendre en compte la parité entre les sexes dans les opérations de maintien de la paix et à nommer des conseillers chargés de cette question dans les missions.  Il a en outre souligné la nécessité de sensibiliser les Casques bleus aux questions de la parité entre les sexes et a appuyé les efforts du Département des opérations de maintien de la paix dans ce domaine.  Estimant que la protection des femmes et filles devrait rester l’un des éléments importants des mandats des opérations de maintien de la paix, il a toutefois rappelé que la responsabilité principale de cette protection incombait aux autorités nationales.

M. HAIM WAXMAN (Israël) a salué la proposition du Secrétaire général sur les indicateurs de suivi en vue d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Pour être vraiment efficaces, ces indicateurs doivent fournir des informations permettant de combler, de manière concertée, les lacunes dans l’application de ce texte, a-t-il ajouté.  Le représentant a estimé que, pour assurer une participation active des femmes dans les processus de paix et de reconstruction post-conflit, « de nombreuses sociétés vont devoir opérer une véritable évolution culturelle ».  La réalisation des objectifs de la résolution 1325, a-t-il dit, dépend étroitement de la situation des droits des femmes dans un pays donné.  Les pays qui ignorent cet état de fait auront du mal à obtenir des résultats sur le long terme, a prévenu le représentant. 

M. ADEL BEN LAGHA (Tunisie) a déclaré que son pays avait été l’un des membres à l’origine de la résolution historique 1325, pendant son mandat de deux ans au sein du Conseil de sécurité, et restait très attaché à sa pleine mise en œuvre.  Il a en outre affirmé que la promotion des femmes avait été une priorité nationale depuis l’indépendance de son pays en 1955.  Le représentant a noté une plus grande sensibilisation aux violences sexuelles dans les conflits et une prise de conscience du rôle des femmes dans les efforts de paix.  Il s’est félicité de la création du poste de représentante spéciale du Secrétaire général pour les violences sexuelles dans les conflits armés, ainsi que de la création d’ONU-Femmes.  En dépit de ces efforts, a-t-il dit, la protection des femmes reste insuffisante. 

Le représentant a souhaité que la mise en œuvre de la résolution 1325 se fasse de manière coordonnée et cohérente au sein d’un cadre précis, ajoutant qu’il appartenait aux États Membres de mettre en œuvre des plans nationaux pour la mise en œuvre de la résolution, avant de préciser que la Tunisie préparait actuellement le sien.  L’élaboration de tels plans dans les pays en développement, a-t-il fait observer, exige un financement approprié.  Il a estimé que l’autonomisation des femmes était à la fois un impératif moral et un investissement sain. 

Mme LILIÁN SILVEIRA (Uruguay) a salué la pertinence des indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général dans son rapport et qui, lorsqu’ils seront « appliqués par l’ensemble des acteurs du maintien et de la consolidation de la paix », contribueront de manière considérable au suivi et à l’évaluation des efforts consentis au titre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Elle a ajouté qu’en dépit des progrès significatifs accomplis depuis 10 ans en matière de protection des civils dans le cadre du déploiement des opérations de maintien de la paix, « des événements récents ont montré les limites des capacités de l’ONU pour assister les groupes les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants ».  Elle a ainsi appelé à la mise en œuvre de stratégies « claires et mieux coordonnées » qui exigent l’implication responsable des États hôtes des missions de la paix.

M. COLLIN BECK (Iles Salomon) a mis l’accent sur le rôle pacificateur des femmes.  Les Iles Salomon, pays parmi les moins avancés, sortent d’un conflit, a rappelé le représentant, avant de confirmer que les femmes y avaient joué un rôle apaisant.  Pour la première fois de son histoire, le pays s’est doté d’une composante féminine de police qui traite notamment des questions sexuelles, a déclaré le représentant, qui a reconnu que les défis restaient importants, notamment du fait des conséquences des changements climatiques.

Le représentant a par ailleurs déclaré que le système de gouvernance adopté par son pays -système de Westminster– ne reconnaissait pas le rôle des femmes dans le processus décisionnel dans les sociétés tribales.  Les processus décisionnels modernes ont encore réduit ce rôle, a-t-il indiqué.  Le représentant a déclaré que son pays avait lancé, l’an dernier, un plan ambitieux de mesures temporaires pour promouvoir le rôle des femmes.  Il a ajouté que ce plan n’avait pas reçu un soutien suffisant.  Il faudra davantage de concertation, a-t-il reconnu, avant d’exprimer le souhait que les Nations Unies modifient leur approche dans la mise en œuvre de la résolution 1325, qui ignore, selon lui, les différents niveaux de développement des petits États insulaires en développement du Pacifique et leurs spécificités nationales.  Il a confié avoir trop souvent l’impression que des pays, comme le sien, étaient trop petits pour que le système mondial travaille pour lui.  

M. CARLOS ENRIQUE GARCIA GONZALEZ (El Salvador) s’est félicité des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  Convaincu que les femmes doivent pleinement participer aux négociations et aux processus de paix, le représentant a souligné, à cet égard, la contribution importante de la Commission de consolidation de la paix.  Le représentant a ensuite plaidé pour l’inclusion d’une perspective sexospécifique dans les mandats des opérations de maintien de la paix.  En outre, par l’intermédiaire de l’Institut salvadorien de la femme, le Gouvernement s’efforce actuellement d’appliquer dans le pays la deuxième politique nationale en faveur des femmes.  Le représentant a estimé en conclusion que ce dixième anniversaire de la résolution 1325 représente une occasion historique d’incorporer dans le droit international les législations nationales en faveur de la protection des droits des femmes.

M. HASAN KLEIB (Indonésie) a réaffirmé que son pays appuie la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, texte qui reflète le rôle croissant des femmes dans la résolution des conflits et la consolidation de la paix.  Dix ans après son adoption, le Conseil de sécurité n’a pas relâché son attention en ce qui concerne la participation des femmes au processus de paix et dans les efforts d’élimination de la violence contre elles dans les conflits armés, a-t-il constaté.  Cependant, en dépit d’un nombre croissant d’activités pour appliquer cette résolution, les progrès restent lents et fragmentés, a regretté M. Kleib.  Il a estimé que la nouvelle entité ONU-Femmes devrait favoriser la cohérence et la coordination dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a aussi appelé à élargir les possibilités et opportunités qui peuvent être offertes aux femmes pour qu’elles participent aux différentes étapes des processus de paix.  L’adoption de la déclaration présidentielle d’aujourd’hui marque une étape importante dans le renforcement de la mise en œuvre de la résolution 1325, a estimé M. Kleib.  Il a apprécié notamment que le texte souligne la nécessité de l’établissement systématique et régulier d’un rapport sur les femmes et la sécurité.  Il a aussi souhaité que des efforts soient faits pour ajuster les méthodes de travail du système des Nations Unies, afin que celui-ci applique mieux les indicateurs existant en la matière.  M. Kleib a conclu son intervention en rappelant que la responsabilité de la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité incombe aux gouvernements, et il a lancé un appel au renforcement des capacités nationales et à la prise en compte des besoins spécifiques des différents pays en la matière.

M. GARY F. QUINLAN (Australie) a demandé, à son tour, au Conseil de sécurité d’appuyer la série d’indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général dans son rapport.  Ces indicateurs, a-t-il ajouté, devraient être mis en œuvre par toutes les composantes pertinentes des Nations Unies en vue de fournir des informations précises sur l’état de la mise en œuvre de la résolution 1325 au niveau des pays.  Après avoir annoncé que l’Australie continuerait d’appuyer, financièrement, des programmes « ambitieux » de promotion de la protection des femmes dans le contexte des crises humanitaires, M. Quinlan a estimé, lui aussi, que la création d’ONU-Femmes offrait « de réelles opportunités pour améliorer au plan mondial la condition des femmes ». 

M. RANKO VILOVIC (Croatie), rappelant que l’historique résolution 1325 avait permis de porter une attention accrue sur le rôle des femmes dans la paix et la sécurité, a invité le Conseil de sécurité à adopter rapidement les indicateurs globaux développés dans le rapport du Secrétaire général.  Les conflits armés continuent néanmoins d’avoir des conséquences dévastatrices sur les femmes, a poursuivi le représentant, notamment lorsque la violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre.  M. Vilovic a rappelé à cet égard l’emploi qui avait été fait du viol comme méthode de terreur sur le territoire croate dans les années 90.

Le représentant a en conséquence plaidé pour le renforcement du rôle du Conseil de sécurité afin d’éradiquer ces violences et souligné l’urgence qui s’attachait à ce que les auteurs de telles violences soient jugés soit par des juridictions nationales, soit par la Cour internationale de Justice. Le représentant a également encouragé les différentes entités des Nations Unies à faire une collecte plus systématique des actes de violence sexuelle commis dans les zones de conflit.  M. Vilovic a conclu en indiquant que la Croatie, sous l’égide de sa Première Ministre, Mme Kosor -première femme à occuper ce poste-, avait intégré la perspective sexospécifique dans sa politique de sécurité nationale et prévoyait l’adoption de son plan d’action national en 2011.

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a rappelé les violences et l’oppression dont les femmes afghanes avaient été les victimes dans les années 1990, ajoutant que les « ennemis des femmes » restaient encore puissants aujourd’hui, bien qu’ils ne représentent pas les traditions afghanes et interprètent à leur manière l’Islam pour justifier leurs actes.  Le représentant a affirmé que l’Afghanistan avait, depuis 2001, fait des progrès considérables pour promouvoir les femmes, ajoutant que le Gouvernement actuel s’employait à renforcer leur rôle à tous les niveaux de la vie politique, économique, sociale et culturelle, comme le démontre le plan national d’action pour les femmes d’Afghanistan.  Il a ajouté que la voix des femmes afghanes était amplifiée par une société civile de plus en plus vivante et leur présence active dans les médias.  

M. Tanin a estimé que les progrès les plus marqués avaient été réalisés dans l’éducation, la santé et la participation politique des femmes. Il a rappelé que 406 des 2 556 candidats aux dernières élections législatives étaient des femmes et que 25% des sièges leur sont garantis au sein du Parlement, estimant que ce chiffre serait sans doute dépassé.  Il a rappelé que les forces de sécurité afghanes comptaient un millier de femmes et qu’il était prévu de porter les effectifs de police féminins à 5 000 dans les cinq ans à venir.  Le représentant a affirmé que l’engagement de son pays et le soutien de la communauté internationale avaient été essentiels pour la promotion des femmes durant la dernière décennie et a jugé essentiel de veiller à ce que ces acquis puissent être maintenus et les droits des femmes protégés.  Si les pourparlers de paix actuels sont importants pour la stabilisation du pays, les droits de l’homme et les droits des femmes inscrits dans la Constitution ne sont pas négociables, a-t-il assuré, ajoutant que, dans toutes les étapes du processus de paix en cours, les droits des femmes resteraient une priorité.  Il a en outre rendu hommage au travail d’UNIFEM dans son pays.  M. Tanin a, par ailleurs, estimé que les indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général fournissaient un ensemble d’outils très utiles, ajoutant qu’il faudrait désormais réexaminer la résolution 1325 afin de renforcer le processus de suivi, traiter les lacunes et tenir compte des bonnes pratiques.

M. RYAD MANSOUR, Observateur permanent de la Palestine auprès des Nations Unies, a déclaré que « plus de 40 ans d’occupation israélienne avaient causé d’innombrables douleurs aux femmes palestiniennes ».  Cela exige que la communauté internationale, sur la base des principes et objectifs de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, entreprenne tous les efforts nécessaires pour mettre fin à cette situation tragique, a-t-il dit.  Aujourd’hui comme hier, nous devons appeler la communauté internationale à tenir Israël responsable de tous les crimes commis contre les Palestiniennes des territoires occupés et à mettre fin à cette impunité, a ajouté M. Mansour.  Il a affirmé que les violations des droits de l’homme par Israël constituaient les pires entraves à l’émancipation des femmes palestiniennes. 

M. OMBENI SEFUE (République-Unie de Tanzanie) s’est associé aux déclarations de la Namibie, faite au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe, et du Canada, au nom du Groupe des amis des femmes, de la paix et de la sécurité.  M. Sefue a souligné que les femmes devraient jouer un rôle important dans la prévention et la résolution de conflits, à la fois en tant que victimes et en tant que cibles des violences occasionnées par ceux-ci.  Il s’est dit encouragé par le fait que de plus en plus de femmes cherchent à s’engager comme partie prenante à la résolution des différends au sein de leurs communautés et a appelé au lancement d’efforts concertés pour appuyer et renforcer la participation des femmes dans tous les processus de prévention et de gestion des conflits, ainsi que dans la consolidation de la paix.  Le représentant a salué, à cet égard, les efforts des Nations Unies, de la société civile et de plusieurs dirigeants politiques dans ce domaine, et souligné l’étape importante que représente l’adoption de la résolution 1325 pour l’autonomisation des femmes dans les domaines de la paix et de la sécurité.  Sa mise en œuvre effective est, par conséquent, une nécessité, a-t-il souligné.  M. Sefue a mis en exergue le besoin d’apporter un soutien technique à cette mise en œuvre, et le besoin de fournir des financements supplémentaires à la promotion de la participation des femmes dans la prévention de conflits, notamment par l’éducation, l’entrepreneuriat et les opportunités économiques.  Il a aussi souligné le besoin d’une réforme de la justice et de la sécurité dans les pays sortant de conflits pour favoriser la participation et la protection des femmes. Il faut également traduire en justice des auteurs de violences contre les femmes, et à cet égard, la Tanzanie apporte tout son soutien à ONU-Femmes, a dit le représentant.

M. AMRIT B. RAI (Népal) a estimé que le dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325 devait être l’occasion de faire le bilan des progrès réalisés et du chemin qui reste à parcourir en matière de mise en œuvre de cette résolution décisive.  Il a  souhaité que ce débat soit l’occasion de rassembler les expériences et les différentes suggestions en matière de politiques de mise en œuvre.  Si des progrès notables ont été réalisés par le système des Nations Unies, les États Membres, la société civile et d’autres acteurs en matière de mise en œuvre de la résolution 1325, il faut noter que de nombreux domaines nécessitent encore des efforts concertés, a dit M. Rai.  Il a souhaité l’augmentation du nombre de femmes aux charges et fonctions de Représentant spécial du Secrétaire général ou autres postes de haut niveau du système des Nations Unies.  M. Rai a précisé que le Gouvernement du Népal entrait dans la dernière phase de l’élaboration d’un Plan d’action national de mise en œuvre des résolutions 1325 et 1880 du Conseil de sécurité qui s’appuie sur les cinq piliers suivants: participation, protection et prévention, promotion, secours et relèvement, et suivi et évaluation.  Par sa constitution de 2007, le Népal réserve 33% des sièges de son parlement national aux femmes, a-t-il précisé.  Il a ajouté que le Népal poursuivra sa politique de discrimination positive pour promouvoir la place de la femme au sein de son administration et au plus haut niveau de décision du secteur public.  Il a précisé que le Népal avait pris plusieurs mesures visant à lutter contre la violence à l’encontre des femmes.  Le représentant a cité, à cet égard, la mise en place dans tous les districts du pays de comités de lutte contre la violence sexiste. 

M. PETER THOMSON (Fidji), tout en constatant que l’application de la résolution 1325 avait été lente, a salué les efforts faits par le Secrétaire général pour établir des indicateurs de suivi qui permettront aux États Membres de mesurer les progrès réalisés. Il a déclaré que pour les petits États insulaires en développement, la première étape à développer était un cadre régional qui intègrerait les principes contenus dans la résolution, avec des directives claires sur son application.  En conséquence, Fidji souhaiterait que les Nations Unies soutiennent l’organisation d’une réunion régionale de haut niveau pour élaborer et adopter un plan d’action régional sur les femmes, la paix et la sécurité.  Fidji s’engage totalement à appliquer la résolution 1325, comme le montrent ses politiques qui encouragent fortement le recrutement des femmes dans ses forces de sécurité ainsi que la participation des femmes à tous les niveaux de la prise de décisions.  Il a enfin mis l’accent sur le rôle que joue FemLINKPACIFIC, une organisation non gouvernementale basée à Fidji, qui traite spécifiquement de la mise en œuvre de la résolution 1325.

M. AISI (Papouasie Nouvelle-Guinée), qui s’exprimait au nom du Forum des petits États insulaires du Pacifique, a indiqué qu’en vue de faciliter la mise en œuvre de la résolution 1325, « les pays s’efforçaient de tenir compte de leurs diversités culturelles respectives ».  Il a ensuite estimé qu’un plan d’action régional pour accélérer l’application de ladite résolution permettrait d’impliquer plus avant les femmes dans cet effort et les activités connexes.  Le représentant a également demandé à l’ONU de soutenir financièrement les petits États insulaires du Pacifique, en particulier pour faire participer les femmes de la région aux programmes et initiatives de prévention et de consolidation de la paix.

Rappelant la crise qui a frappé son pays, en 1993, M. ZACHARIE GAHUTU (Burundi) a mis l’accent sur le rôle que jouent les organisations féminines burundaises.  Lors des négociations de paix d’Arusha, les femmes burundaises se sont vues octroyer une place à la table des pourparlers, a dit le représentant.  Il a souligné que, selon certains observateurs, ce processus de négociations, qui a  démarré en 1998, a inspiré plusieurs acteurs, ce qui a certainement contribué à améliorer le texte de la résolution 1325 des Nations Unies.  Ainsi, a-t-il ajouté, l’Accord de paix signé par les protagonistes au conflit burundais, en août 2000, faisait déjà mention de la « dimension sexospécifique » à inclure dans les efforts de résolution des conflits. 

M. Gahutu a expliqué que depuis 2005, le Burundi avait essayé de donner une place importante dans la gestion des affaires publiques à la femme burundaise.  Les Burundaises occupent désormais 32,1% des sièges de l’Assemblée nationale, 44% des sièges du Sénat et 42% des portefeuilles ministériels, a-t-il indiqué.  Le représentant a précisé qu’un plan d’action, articulé sur huit axes en vue d’atteindre pleinement les objectifs de la résolution 1325, a été élaboré.  Les thèmes véhiculés à travers les axes choisis sont la participation, la prévention des conflits, la protection contre les violences faites aux femmes et aux enfants et le relèvement communautaire, a-t-il expliqué.  À l’occasion de la journée « Open Day » relative à la résolution 1325, les femmes burundaises ont recommandé au Secrétaire général des Nations Unies la constitution d’un fonds qui faciliterait le relèvement économique des femmes dans le cadre de la reconstruction postconflit au Burundi, a souligné le représentant. 

M. LIBRAN CABACTULAN (Philippines) a déclaré que son pays attachait une grande importance à l’intégration de la dimension sexospécifique dans les questions de paix et de sécurité.  Ainsi, cinq ans avant l’adoption de la résolution 1325, les Philippines avaient déjà mis en place un plan national en faveur de la parité entre les sexes, couvrant la période 1995-2025, a-t-il précisé.  Il a rappelé que le Secrétaire général avait noté, dans son rapport sur la question, que l’adoption de plans nationaux pour appliquer la résolution 1325 constituait une contribution importante des États Membres.  Dans ce contexte, M. Cabactuclan a indiqué que son pays était le premier pays asiatique à adopter, le 25 mars 2010, un plan d’action national sur les femmes, axé sur quatre priorités: la protection et la prévention de la violence contre les femmes dans les conflits armés et les situations postconflit; l’autonomisation et la participation des femmes dans tous les aspects du processus de paix; la promotion et l’intégration de la perspective du genre dans tous les aspects de la prévention, de la résolution des conflits et de la consolidation de la paix; et enfin le développement des capacités et le contrôle à assurer dans ces domaines.  Le représentant a aussi rappelé que 68 femmes philippines servaient dans les missions de maintien de la paix de l’ONU, notamment en Haïti et au Darfour.

M. JAN GRAULS (Belgique) a déclaré que la participation des femmes aux processus de paix renforçait les chances de répondre à leurs besoins et d’améliorer leur statut et leur niveau de vie.  Il a regretté que, malgré la résolution 1325, la moitié de la population mondiale soit presque toujours exclue des pourparlers sur la paix durable ou sur l’édification de la démocratie.  Pour faire de la résolution 1325 une réalité concrète, il faut que nous soyons plus comptables de nos actes et que nous renforcions nos engagements, a-t-il ajouté.  Il a appelé le Conseil de sécurité à faire siens les indicateurs du Secrétaire général et à créer sur cette base un mécanisme chargé de veiller à l’application de la résolution.  Il s’est félicité de la création de’ l’ONU-Femmes. 

La Belgique, a-t-il poursuivi, demande de nouveau au Conseil de sécurité d’imposer des sanctions ciblées et graduelles à toutes les parties à un conflit qui violent les droits des femmes, y compris les auteurs de violences sexuelles et les commandants qui couvrent ou organisent ces violences, a déclaré M. Grauls.  Pour lui, le Conseil de sécurité doit incorporer les violences sexuelles dans les mandats des comités des sanctions et en faire explicitement des critères d’inscription aux listes de personnes faisant l’objet de sanctions ciblées.

La Belgique accorde une grande importance à la mise en œuvre de la résolution 1325 mais aussi des résolutions 1820, 1888 et 1889, a déclaré le représentant, qui a rappelé qu’à l’occasion du dixième anniversaire de la résolution 1325, son pays avait organisé diverses manifestations avec l’Union européenne. Il a également mentionné d’autres activités soutenues par son pays.  Il a rappelé que la Belgique avait, il y a deux ans, adopté un plan national d’action pour la mise en œuvre de la résolution 1325, qui sera revu en 2012 avec la participation de la société civile et en tenant compte des indicateurs de l’Union européenne ainsi que de ceux adoptés aujourd’hui par le Conseil.

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a déclaré que son pays s’était engagé à protéger les femmes des risques dans les zones où les groupes illégaux sont présents.  Le programme « laboratoire de la paix », qui a été développé avec l’appui de l’Union européenne et la participation de la société civile, promeut le dialogue et la coexistence, ainsi que les mécanismes pacifiques de résistance et de protection de la population civile.  Les lignes directrices concernant les différences de conditions fondées sur le sexe chez les personnes déplacées sont basées sur trois éléments: la participation, l’état de droit et la prise en compte de questions liées à la parité entre les sexes.  La Colombie possède un cadre législatif et politique importante en matière d’égalité des sexes, a-t-elle ajouté.  Dans ce contexte, une coopération entre les États et l’Entité des Nations Unies est essentielle pour l'égalité des sexes et l'autonomisation de la femme.  En tant que membre du Groupe des amis de la résolution 1325, la Colombie réaffirme son engagement à mettre en œuvre des politiques, des plans et des programmes qui renforcent le rôle de la femme dans la consolidation de la paix, a-t-elle conclu.

M. PEDRO SERRANO, Chef de la délégation de l’Union européenne (UE) auprès des Nations Unies, a déclaré que l’Union européenne aura développé, d’ici à 2013 et dans plus de 60% des pays en conflit ou sortant d’un conflit, des stratégies locales destinées à accélérer la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a ajouté qu’en 2011, l’Union européenne s’efforcera d’accroître la participation des femmes aux initiatives de paix et de sécurité à travers des projets spécifiques destinés à appuyer la société civile et les associations de défense dans les pays troublés, a ajouté M. Serrano.  Il a fait remarquer que l’Union disposait, depuis juillet dernier, de ses propres indicateurs pour mesurer les progrès réalisés par ses États membres dans le domaine des femmes, de la paix et de la sécurité.  L’Union européenne réitère son appel au Conseil de sécurité pour qu’il redouble d’efforts afin de mettre fin à l’impunité des auteurs de crimes sexuels, y compris les dirigeants de groupes armés qui encouragent le recours à ces actes en tant qu’armes de guerre, a indiqué M. Serrano.  Il a ainsi estimé que le Conseil devrait inclure la lutte contre la violence sexuelle dans tous les mandats de ses comités de sanctions. 

M. TETE ANTONIO, Observateur permanent de l’Union africaine, a mis l’accent sur l’importance de l’égalité entre les sexes en tant que principe fondateur de l’Union africaine et a noté que l’adoption de la résolution 1325 avait coïncidé avec le début des discussions qui ont abouti à la création de l’Union africaine en 2002.  Il a rappelé les différents instruments adoptés par l’Union africaine en faveur de l’égalité des sexes, ainsi que les déclarations faites, souvent au plus haut niveau.  Il a notamment mentionné la politique sur la parité entre les sexes que l’Union africaine avait adoptée il y a deux ans.  Elle met l’accent sur le renforcement des bonnes pratiques et la politique de tolérance zéro face aux violences sexuelles et sexistes, a-t-il précisé.  L’observateur a également mis l’accent sur le rôle moteur des organisations régionales africaines, des femmes africaines et de la société civile et a rappelé que l’Union africaine avait fait de la période 2010-2020 la Décennie de la femme africaine. En janvier dernier, l’Union africaine et les institutions des Nations Unies ont lancé conjointement la campagne Africa-UNITE, qui vise à mettre fin aux violences à l’encontre des femmes.

Malgré tous les engagements de l’Union africaine en faveur de la participation des femmes aux processus de résolution des conflits et de consolidation de la paix, ceux-ci ne se sont pas traduits dans la participation des femmes  aux négociations de paix, a fait observer M. Antonio, qui a assuré que l’Union africaine était déterminé à rectifier ces insuffisances.  L’Observateur permanent a ensuite rendu hommage aux femmes africaines qui avaient apporté d’importantes contributions à plusieurs processus de paix, comme au Mozambique, en Angola ou en République démocratique du Congo, ou encore aux efforts actuels au Soudan ou en Somalie.  Il a estimé que les efforts de la communauté internationale pour appliquer la résolution 1325 avaient permis de mieux prendre conscience du rôle central de la sexospécificité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Les violences sexuelles contre les femmes pendant les conflits sont désormais bien connues et ne sont plus tolérées, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il faudrait désormais prendre des mesures concrètes, dans le cadre d’une meilleure coopération avec les Nations Unies et les organisations régionales.  L’Union africaine doit aussi s’assurer que son Architecture africaine de paix et de sécurité en cours d’élaboration reflète sa vision du rôle des femmes dans la paix et la sécurité, a déclaré M. Antonio.  L’Union africaine compte, a-t-il dit, sur le soutien du Conseil de sécurité et de la communauté internationale pour en assurer le succès.  Il a estimé que les discussions en cours sur la réforme du Conseil de sécurité offraient l’occasion de traiter de cette question par le biais d’une meilleure représentation de régions qui, comme l’Afrique, sont confrontées à de graves menaces pour la paix et la sécurité des femmes.

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a plaidé pour l’inscription de la protection des femmes et des filles comme priorité absolue aux niveaux législatif, judiciaire, réglementaire et opérationnel.  Il faut également renforcer la participation des femmes aux processus de règlement et de médiation des conflits et faire prendre conscience aux parties prenantes en les amenant à s’acquitter de leurs obligations, c’est-à-dire à assumer pleinement leurs responsabilités au titre de la résolution 1325, a indiqué le représentant.  M. Kafando a également souligné la nécessité de faire mieux connaître les enjeux de la résolution, souvent méconnue des acteurs locaux, y compris certains acteurs non étatiques qui peuvent être amenés à dialoguer avec les gouvernements.  Le représentant a également exhorté les États à adopter des plans d’action assortis d’objectifs clairs et d’un échéancier avec implication des organisations féminines dans la conception, la formulation et la mise en œuvre de ces politiques.  Le Burkina Faso a adopté en 2009 sa politique nationale sur la parité entre les sexes, élaborée de façon participative et inclusive, a-t-il également fait savoir, ajoutant qu’un plan d’action triennal 2011-2013 pour son opérationnalisation avait été validé récemment. 

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a souligné que l’Inde défendait depuis longtemps l’idée qu’une participation accrue des femmes à la prévention des conflits, aux négociations de paix et aux efforts de reconstruction postconflit, était une condition essentielle à l’instauration d’une paix durable.  Au cours de ces six dernières décennies, l’Inde aura fourni plus de 100 000 Casques bleus aux opérations de maintien de la paix, a-t-il ajouté, expliquant que les gouvernements indiens successifs avaient constamment renforcé les mesures disciplinaires pour éviter les incidents violents contre les femmes et les enfants sur le théâtre des opérations.  Le représentant n’a pas manqué de souligner que l’Inde pouvait se targuer d’avoir été le premier pays contributeur de troupes à avoir déployé un contingent de 100 femmes Casques bleus au Libéria, en 2007.  Le représentant a, par ailleurs, estimé que l’utilisation d’indicateurs doit d’abord viser à réduire la fragmentation des informations et à activer davantage les consultations entre les gouvernements.  Il est en effet toujours très difficile d’obtenir des données authentifiées, crédibles et vérifiables sur un pays ou une région affecté par un conflit, a-t-il dit.  

M. LOTFI BOUCHAARA (Maroc) a salué les efforts du Conseil de sécurité pour assurer un suivi régulier de la mise en œuvre de la résolution 1325 à travers l’approche sexospécifique qu’il utilise dans le règlement des conflits et le maintien de la paix, et l’importance accordée au rôle des femmes en matière de paix et de sécurité dans ses débats.  Il a estimé que l’adoption des résolutions 1820, 1888 et 1889 avait permis de renforcer le cadre général de la résolution 1325, notamment en ce qui concerne la lutte contre les violences sexuelles.  Sa délégation, a-t-il dit, appuie le mandat de la Représentante spéciale pour les violences sexuelles dans les situations de conflits armés, Mme Margot Wallström.

Le représentant a estimé que les indicateurs du Secrétaire général mériteraient d’être davantage approfondis.  Il a, par ailleurs, apporté son soutien au plan en sept points du Secrétaire général sur la participation des femmes à la consolidation de la paix.  Il a aussi estimé que la création d’ONU-Femmes contribuera à améliorer la coordination entre les différentes entités des Nations Unies.  Il a enfin salué le rôle de la société civile pour l’adoption, puis la mise en œuvre, de la résolution 1325 et s’est dit convaincu que cette dernière passait par une meilleure représentation des femmes dans les institutions nationales, régionales et internationales, par une meilleure coordination des acteurs et par un engagement soutenu des Nations Unies en matière de coopération et d’assistance technique.

M. WILFIERD I. EMVULA (Namibie), qui s’exprimait au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a assuré que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes était « l’un des plus anciens chevaux de bataille de la Communauté, comme le stipule clairement son Traité sur la parité entre les sexes et le développement, adopté en 2008 ».  Le Traité et ses protocoles additionnels prévoient des mesures visant l’égalité de représentation et de participation politiques des femmes d’ici à 2015, a-t-il expliqué.  Après avoir précisé que le Traité appelle les membres de la Communauté à prévenir et éliminer les violences et abus contre les femmes et les enfants en temps de guerre, le représentant a souligné « le rôle incontournable des femmes dans les processus de réconciliation et de démocratisation dans les sociétés postconflit ».

M. SERGIY KYSLYTSYA (Ukraine) a rappelé que son pays, qui avait siégé au sein du Conseil de sécurité en 2000, avait voté en faveur de la résolution 1325.  Il s’est félicité de l’ensemble d’indicateurs de suivi proposés par le Secrétaire général et a invité les États-Membres à les utiliser.  Il a estimé qu’il faudrait une stratégie cohérente pour traiter de tous les aspects de la protection et de la promotion des droits des femmes et s’est félicité de la création d’ONU-Femmes.

Le représentant a toutefois rappelé que les femmes sont souvent les principales victimes des conflits armés, étant soumises à des violences sexuelles mais aussi obligées de s’occuper de leur famille,  parfois dans des camps de réfugiés ou de déplacés.  Il a estimé que le Conseil de sécurité avait une responsabilité particulière pour appuyer la participation des femmes aux processus de paix et a regretté que celles-ci soient sous-représentées dans les négociations de paix.  L’équité, l’intégration et l’autonomisation des femmes sont aussi des moyens de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement, a déclaré le représentant.  Il a, par ailleurs, rappelé que l’Ukraine avait envoyé du personnel féminin dans les opérations de maintien de la paix, ce qui, a-t-il ajouté, contribue souvent à établir des liens de confiance avec la population.

M. CSABA KOROSI (Hongrie) a affirmé que le recours systématique à la violence sexuelle comme arme de guerre « aggrave de manière considérable » la situation pendant un conflit armé.  Ajoutant que le Gouvernement hongrois est fermement engagé dans la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité « pour lutter contre ce fléau », il a assuré que son pays mettait tout en œuvre pour féminiser ses propres politiques économiques, sociales et son action dans le domaine du développement durable.  Il a ensuite informé le Conseil de sécurité que la Hongrie était sur le point de lancer un nouveau plan d’action pour accélérer la mise en œuvre de la résolution 1325.  Pendant sa présidence de l’Union européenne, au cours du premier semestre de 2011, la Hongrie organisera plusieurs événements commémorant le dixième anniversaire de cette résolution historique, a-t-il indiqué avant de conclure.

M. EDUARDO ULIBARRI (Costa Rica) a parlé en tant que Président du Réseau pour la sécurité humaine et estimé que l’adoption de la résolution 1325 avait considérablement contribué à attirer l’attention sur la question des femmes, de la paix et de la sécurité. Il a rappelé les autres résolutions adoptées et s’est félicité de la création du poste de représentante spéciale pour les violences sexuelles dans les conflits armés et de la nomination à ce poste de Mme Margot Wallström.  Il a également salué la création d’ONU-Femmes et la nomination à sa tête de Mme Michelle Bachelet.  M. Ulibarri a toutefois noté que, malgré toutes ces mesures, les violences sexuelles contre les femmes et les filles subsistent pendant les conflits et que les méthodes pour y faire face font défaut. 

Le représentant a demandé que le Conseil de sécurité redouble d’efforts pour prévenir de tels crimes, y compris par l’envoi d’opérations de maintien de la paix, et pour combattre l’impunité dont jouissent leurs auteurs.  Il a souligné la nécessité d’établir des objectifs clairs comme la lutte contre l’impunité, l’autonomisation des femmes et le rejet des différentes formes de discrimination, la mobilisation des dirigeants politiques et la sensibilisation à l’usage du viol comme tactique des conflits armés.  En outre, le système des Nations Unies doit faire preuve d’une plus grande cohérence dans son action et améliorer sa coopération avec les organisations régionales et sous-régionales.  Il a demandé que soit reconnu le rôle essentiel de la Cour pénale internationale (CPI) pour poursuivre et juger les auteurs de violences sexuelles pendant les conflits.

Mme PAULETTE A. BETHEL (Bahamas) a notamment cité Martin Luther King Jr, pour qui « l’injustice, où qu’elle soit, représente partout une menace pour la justice ».  En extrapolant, nous pourrions dire que partout où sévissent les conflits la paix est menacée, a-t-elle ajouté.  La représentante a ensuite estimé que la reconnaissance unanime du rôle constructif des femmes à toutes les étapes des processus de paix était « un pas dans la bonne direction ».  Après avoir constaté que seulement 8% des 13 000 policiers des Nations Unies sont des femmes, elle a appelé l’Organisation « à promouvoir plus activement les bienfaits d’un déploiement accru de policières compétentes sur le théâtre des opérations ». 

Mme JOSEPHINE OJIAMBO (Kenya) a estimé que les femmes devraient être associées à tous les efforts de paix durable et de réconciliation dans les sociétés de postconflit.  Les stéréotypes qui écartent les femmes de la table des négociations doivent être éradiqués, a-t-elle ajouté, avant d’indiquer que la législation kényanne réserve aux femmes 47 sièges à l’Assemblée nationale et 16 au Sénat.  Le Kenya a parallèlement consenti des efforts pour augmenter la participation des femmes dans les opérations de maintien de la paix, a-t-elle ensuite assuré, estimant, en conclusion, que la création d’ONU-Femmes permettrait « de répondre de manière plus efficace et coordonnée aux besoins des femmes et des filles, en particulier celles touchées par les conflits armés ». 

M. DAFFA-ALLA ELHAG ALI OSMAN (Soudan) a pris note de la nécessité d’aller de l’avant et d’appliquer pleinement la résolution 1325 au cours de la prochaine décennie, notamment par l’adoption de plans d’actions nationaux.  Cela implique le renforcement des capacités des pays en développement qui ont été frappés par des conflits, a déclaré le représentant.  Il a affirmé que les femmes soudanaises avaient toujours joué un rôle de premier plan dans le pays, y compris au plan politique, ajoutant qu’un quart des parlementaires étaient des femmes.  Il a assuré que le Soudan appliquait depuis 1967 le principe de salaire égal pour un travail égal et a énuméré les postes importants détenus par des femmes.  Le représentant a également fait état de différentes mesures prises dans le domaine social ou encore pour promouvoir le rôle des femmes dans la paix et le développement. 

M. Osman a par ailleurs déclaré que son pays célèbre, depuis le 10 juin dernier, le dixième anniversaire de la résolution 1325 en coopération avec la Mission des Nations Unies au Soudan, et que diverses manifestations avaient été organisées, y compris en province. Il a aussi fait état d’ateliers de formation sur la promotion des femmes, organisés par la MINUS et la MINUAD.  Il a en outre affirmé que, pour la mise en œuvre de la résolution, le Conseil de sécurité devrait se fonder sur des données objectives et sur les rapports des États Membres, et non sur les allégations de certaines ONG.  

M. SHAVENDRA SILVA (Sri Lanka) a attiré l’attention sur le fait que la prolifération des petites armes augmentait le risque de violence interpersonnelle, y compris domestique et sociétale, qui persiste souvent après les conflits.  D’où, selon lui, la nécessité de juguler cette prolifération afin de minimiser l’exercice de la violence basée sur le genre.  Le représentant a par ailleurs fait savoir que le Sri Lanka conduirait un recensement national en 2011, ce qui permettra de « tester de nouvelles méthodes de collecte de données ventilées par sexe dans les domaines de l’éducation et de la santé ».  Les informations ainsi réunies faciliteront la définition de politiques sociales et économiques soucieuses de l’autonomisation des femmes sri-lankaises, a déclaré le représentant.  Une telle action consolidée ne pourra en effet que profiter à l’amélioration des conditions de vie de nos femmes et filles dans le contexte postconflit qui prévaut actuellement au Sri Lanka, a-t-il dit. 

Mme EIRINI LEMOS-MANIATI (OTAN) a déclaré que les États Membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord étaient convenus d’une série de mesures et d’approches pour intégrer la question de la parité entre les sexes dans les programmes de partenariat de l’organisation, ajoutant que la résolution 1325 avait été pleinement intégrée dans l’approche de l’OTAN.  Rappelant que l’OTAN comptait actuellement 150 000 personnes engagées dans diverses opérations dans le monde, y compris dans des environnements où la question des femmes est sensible, la représentante a déclaré que l’OTAN avait clairement fait savoir que la participation de femmes aux opérations était essentielle pour l’établissement de relations de confiance avec la société civile.  Il est important que des femmes soient présentes, actives et prennent des décisions, y compris stratégiques et opérationnelles, a ajouté Mme Lemos-Maniati.

Mme Lemos-Maniati a déclaré que l’OTAN avait publié, en septembre 2009, une directive militaire sur l’intégration de la question de la parité entre les sexes dans les structures militaires de l’organisation et sa planification opérationnelle, qui prévoit un code de comportement strict pour tout le personnel militaire au cours des opérations.  Cette directive, a-t-elle ajouté, a abouti au déploiement des premiers conseillers militaires en question genre dans les structure de la FIAS en Afghanistan à l’automne dernier.  D’autres seront prochainement déployés au sein de la KFOR au Kosovo et au niveau du Commandement stratégique, a-t-elle ajouté.  Mme Lemos-Maniati a aussi mis l’accent sur la formation, essentielle pour modifier les esprits, affirmant que les structures de formation de l’OTAN étaient engagées dans le processus.  « Nous voulons faire encore plus », a-t-elle ajouté, en reconnaissant que l’effort devrait être constant.  Elle a déclaré que l’OTAN continuerait de travailler avec diverses organisations comme l’Union européenne, les Nations Unies ou l’OSCE ainsi qu’avec la société civile pour partager son expérience et bénéficier de meilleures pratiques.  En particulier, en Afghanistan l’OTAN encouragera les femmes à prendre la place qui leur est due dans la société, en soutenant les réseaux de femmes afghanes et en formant des femmes dans la police et l’armée afghanes.  Avant de conclure, elle a assuré que l’OTAN renforcera ses efforts pour mieux intégrer la résolution 1325 dans le travail quotidien au siège de l’Organisation.

M. OSMAN KEH KAMARA (Sierra Leone) a estimé que la participation active des femmes dans les programmes de paix et de sécurité est la clef du succès de la gouvernance démocratique.  Il a expliqué que les gouvernements locaux sierra-léonais mettaient l’accent sur l’égalité entre les sexes au niveau municipal et que depuis cinq ans, les femmes étaient plus présentes dans les secteurs de la sécurité et de la justice.  En 2008, une femme a ainsi été nommée Présidente de la Cour suprême, a ajouté le représentant.  Poursuivant, il a assuré que l’accès des femmes sierra-léonaises à la justice avait été renforcé par le biais d’un ensemble de législatif destiné à promouvoir les droits fondamentaux des femmes ainsi que la protection de ces dernières contre toutes les formes de discrimination.  « La circulation illicite d’armes légères pendant les 11 ans de guerre civile qui ont affecté notre pays a eu un effet dévastateur sur nos femmes et nos filles », a déclaré M. Kamara.  C’est pourquoi le mandat de la Commission nationale sur la loi sur les petites armes de 2010 a été orienté sur la défense du droit des femmes à la protection contre les violences fondées sur le sexe, a-t-il précisé. 

Mme MELISSA ANN MARIE BOISSIERE (Trinité-et-Tobago) a apporté son plein soutien à la résolution 1325, expliquant que ce soutien ne reposait pas seulement sur les obligations juridiques de son pays en vertu de la Charte des Nations Unies, mais aussi de ses propres lois nationales.  Elle a expliqué que Trinité-et-Tobago avait mis en place une politique fondée sur la parité entre les sexes et le développement qui cherche à mettre en valeur la contribution essentielle des femmes au développement national et à intégrer une perspective sexospécifique à tous les niveaux de la politique intérieure.  Elle a appuyé l’action des institutions spécialisées des Nations Unies et s’est dite encouragée par la création d’« ONU–Femmes ».

La représentante a expliqué que son pays avait pris des mesures pour réduire les effets négatifs sur les femmes et les filles de la violence armée dans la société et avait, notamment, adopté un manuel sur la violence domestique destiné à ses forces de police.  Elle a souligné qu’il était essentiel, pour parvenir à une paix durable, de poursuivre et juger les auteurs de violences sexuelles contre les femmes dans des situations de conflit armé.  C’est pourquoi, a-t-elle ajouté, Trinité-et-Tobago est un membre fondateur de la Cour pénale internationale (CPI) et encourage la ratification du Statut de Rome par les autres pays des Caraïbes.  Mme Boissière a par ailleurs rappelé que sa délégation avait l’intention de déposer lors de la présente session de l’Assemblée générale un projet de résolution devant la Première Commission sur le thème des « femmes, le désarmement, la non-prolifération et le contrôle des armements », qui doit permettre de mettre l’accent sur le rôle des femmes en faveur de la paix et de la sécurité internationales.

M. CHARLES T. NTWAAGAE (Botswana) a reconnu que l’établissement de la paix durable était inséparable de celui de l’égalité entre hommes et femmes.  Dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, il faut mettre l’accent sur une participation accrue des femmes au règlement des conflits et aux processus de négociation des accords de paix nationaux et internationaux, a-t-il estimé.  Pour le représentant, la pleine mise en œuvre de ladite résolution ne peut être réalisée qu’à travers la reconnaissance sans équivoque du rôle crucial des femmes à l’appui de tous les efforts de prévention des conflits, l’égalité entre les sexes devant, dans cette perspective, « être considérée comme un véritable enjeu du maintien de la paix et de la sécurité ».  Le représentant a également souligné que les femmes doivent être les premiers agents de la reconstruction des communautés au lendemain des conflits. 

M. LESLIE KOJO CHRISTIAN (Ghana) a estimé que la lenteur avec laquelle les États Membres ont mis en œuvre la résolution 1325 résultait d’un suivi inefficace, de l’absence de ressources pour mettre en œuvre la résolution, d’une mauvaise coordination et d’une vision stéréotypée de la résolution comme un outil uniquement destiné aux femmes.  Le Ghana estime, quant à lui, que la résolution 1325 permet de renforcer les traditions nationales en matière de paix et de sécurité, qui se manifestent dans le soutien du Ghana aux opérations de maintien de la paix.

Le représentant a constaté que, malgré les efforts consentis lors de la décennie écoulée, la proportion des femmes dans les processus de paix restait encore très faible.  Il a ajouté qu’il subsistait de graves lacunes dans l’analyse des situations.  L’ONU-Femmes, qui devrait entrer en fonctions le 1er janvier 2011, est confrontée à des problèmes budgétaires, a-t-il fait remarquer.  Il a souhaité que le Conseil de sécurité établisse un cadre général unique pour assurer le suivi de la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a aussi encouragé le Secrétaire général à utiliser pleinement les 26 indicateurs qu’il a proposés.  La prochaine décennie doit aller au-delà de la rhétorique et être placée sous le signe de la volonté politique et de l’action, a-t-il conclu.

M. GAREN A. NAZARIAN (Arménie) a rappelé qu’en début d’année, les représentants arméniens et azéris d’ONG s’étaient réunis pour discuter de solutions de paix destinées à mettre fin au conflit du Nargono-Karabakh.  Ce dialogue pour la paix promeut également une participation accrue des femmes arméniennes et azerbaïdjanaises à la mise en œuvre de la résolution 1325, a-t-il assuré.  Le représentant a ensuite estimé qu’il était essentiel que tous les crimes du passé, y compris les actes de violence à l’égard des groupes vulnérables, soient punis, conformément au droit international et en vue de mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces crimes.  Le représentant a ensuite indiqué qu’en tant que Président de la cinquante-quatrième session de la Commission de la condition de la femme, il avait mis l’accent sur la nécessité de protéger davantage les filles dans les conflits armés, où elles sont de plus en plus victimes de viols et de trafic d’êtres humains.  « Nous sommes convaincus que seul un règlement politique des différends peut amener la paix durable et la stabilité dans les régions affectées par l’enlisement des conflits, et, partant, contribuer à renforcer les droits des femmes et des filles », a-t-il dit. 

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité, réuni à l’occasion du dixième anniversaire de l’adoption de sa résolution 1325 (2000), réaffirme sa volonté de voir appliquer pleinement, en permanence et de façon à ce qu’elles se renforcent réciproquement ses résolutions 1325 (2000), 1612 (2005), 1674 (2006), 1820 (2008), 1882 (2009), 1888 (2009), 1889 (2009) et 1894 (2009), ainsi que toutes les déclarations pertinentes de son président.

Le Conseil accueille avec satisfaction le rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité (S/2010/498) et l’analyse qu’il présente des progrès accomplis dans l’application de la résolution 1325 (2000).

Le Conseil accueille avec satisfaction la résolution 64/289 de l’Assemblée générale portant création de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme (ONU-Femmes), qui doit être pleinement opérationnelle en janvier 2011.  Il invite ONU-Femmes à contribuer régulièrement à sa propre action concernant les femmes et la paix et la sécurité et note qu’elle jouera un rôle important en soutenant la participation des femmes à la consolidation de la paix et à la prévention de la violence sexuelle dans les conflits, y compris en assurant la coordination et la cohérence des politiques et des programmes en faveur des femmes et des filles.  Il se félicite de la nomination de Mme Michelle Bachelet à la tête d’ONU-Femmes.

Le Conseil réitère sa ferme condamnation de toutes les violations du droit international commises à l’encontre des femmes et des filles pendant et après les conflits armés, y compris les viols, les autres actes de violence sexuelle et sexiste, les meurtres et les mutilations qui contreviennent au droit international.  Il demande instamment que toutes les parties fassent cesser immédiatement et entièrement de tels actes et demande instamment aux États Membres de poursuivre en justice les responsables d’actes de cette nature.  Les efforts que les États Membres déploient pour mettre un terme à l’impunité doivent être complétés par l’offre d’une assistance et d’une indemnisation aux victimes.  À ce propos, le Conseil réaffirme son soutien aux mandats de la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit et de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, qu’il invite à continuer de mener leur action en toute transparence, coopération et coordination.

Le Conseil constate que la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves qui concernent la communauté internationale commis contre les femmes et les filles s’est renforcée grâce à l’action de la Cour pénale internationale, des tribunaux spéciaux, des tribunaux mixtes et des chambres spécialisées au sein des juridictions nationales; il prend note du bilan de la justice pénale internationale qu’a dressé la première Conférence d’examen du Statut de Rome, qui s’est tenue à Kampala du 31 mai au 11 juin 2010. Il a l’intention de renforcer l’action qu’il mène pour lutter contre l’impunité et demander compte par les moyens appropriés des crimes graves commis contre les femmes et les filles et il attire l’attention sur la gamme des mécanismes d’administration de la justice et de réconciliation qui peuvent être envisagés, dont les juridictions et les tribunaux pénaux internationaux et mixtes, les commissions Vérité et réconciliation, les programmes nationaux d’indemnisation des victimes, les réformes institutionnelles et les mécanismes traditionnels de règlement des différends.

Le Conseil est conscient des difficultés persistantes que rencontre la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) et salue les multiples efforts qui sont déployés pour les surmonter et dont rend compte le rapport du Secrétaire général, en particulier les exemples encourageants d’actions menées pour participer avec des associations féminines de la société civile à des activités de règlement des conflits et de consolidation de la paix et pour protéger les femmes et les filles contre la violence sexuelle et sexiste.

Le Conseil note avec une profonde inquiétude que les femmes et les filles sont touchées de façon disproportionnée par les conflits, et que la participation des femmes aux diverses étapes des processus de paix et à la mise en œuvre des accords de paix reste trop faible, malgré le rôle crucial qu’elles jouent dans la prévention et le règlement des conflits et le relèvement de leurs sociétés.  Il reconnaît qu’il est nécessaire de faciliter la participation pleine et effective des femmes dans ces domaines et souligne que la participation pleine et effective des femmes est très importante pour la viabilité à long terme des processus de paix.

Le Conseil se félicite des efforts faits par les États Membres afin d’appliquer la résolution 1325 (2000) au niveau national, et notamment de l’augmentation du nombre des États qui ont élaboré ou révisé des stratégies et des plans d’action nationaux, et il encourage les États Membres à poursuivre dans cette voie.

Le Conseil accueille avec satisfaction l’engagement concret qu’ont pris un certain nombre d’États Membres lors de sa réunion ministérielle du 26 octobre 2010 de redoubler d’efforts pour appliquer la résolution 1325 (2000), et il invite ces États et tous ceux qui voudraient le faire à examiner régulièrement leur application de la résolution et à lui rendre compte s’il y a lieu des progrès qu’ils ont accomplis.

Le Conseil appuie l’adoption, y compris par les organismes compétents des Nations Unies, de l’ensemble d’indicateurs présenté dans le rapport du Secrétaire général (S/2010/498) pour en faire le cadre initial du suivi de l’application de la résolution 1325 (2000) dans les situations de conflit armé et d’après conflit et dans d’autres situations relevant de l’application de cette résolution, s’il y a lieu, en tenant compte des particularités de chaque pays.

Le Conseil est conscient de la nécessité d’assurer une application cohérente de la résolution 1325 (2000) dans ses propres travaux et de suivre les progrès accomplis dans cette application.  À ce propos, il souligne l’importance de pouvoir compter sur des informations fournies rapidement et systématiquement sur les questions concernant les femmes et la paix et la sécurité et il engage le Secrétaire général à veiller à ce que les rapports et exposés sur des pays ou des sujets pertinents offrent des informations sur les questions concernant les femmes et la paix et la sécurité ainsi que sur l’application de la résolution 1325 (2000), en utilisant l’ensemble susmentionné d’indicateurs s’il y a lieu.

Le Conseil invite les États Membres à tenir compte s’il y a lieu de l’ensemble d’indicateurs présenté dans l’annexe du rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité (S/2010/498) lorsqu’ils appliquent sa résolution 1325 (2000) et ses résolutions ultérieures sur les femmes et la paix et la sécurité.

Le Conseil exige à nouveau de toutes les parties à des conflits armés qu’elles mettent immédiatement et complètement fin à toutes les formes de violence contre les femmes et les filles, notamment les actes de violence sexuelle.

Le Conseil invite les États Membres à accroître le nombre de femmes parmi les militaires et les fonctionnaires de police déployés dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et à dispenser à tous les membres des forces armées et de la police la formation voulue pour qu’ils exercent leurs responsabilités.  Il prie le Secrétaire général de poursuivre et renforcer l’action qu’il mène en vue d’appliquer la politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles imputables au personnel de maintien de la paix et au personnel humanitaire des opérations des Nations Unies.  Il prie le Secrétaire général de continuer à inclure des directives sur les moyens de combattre la violence sexuelle dans la formation dispensée aux militaires et policiers avant leur déploiement et lorsqu’ils arrivent sur le terrain, d’aider les missions à mettre au point des procédures adaptées à des situations spécifiques pour combattre la violence sexuelle sur le terrain et de prêter un appui technique aux pays fournisseurs de contingents et de forces de police pour leur permettre d’inclure dans la formation dispensée aux militaires et policiers avant leur déploiement et lorsqu’ils arrivent sur le terrain des directives sur les moyens de combattre la violence sexuelle.  Le Conseil salue le travail effectué par les conseillères pour l’égalité des sexes et les conseillères pour la protection des femmes affectées à des opérations de maintien de la paix. Il attend avec intérêt de pouvoir examiner le rapport annuel du Secrétaire général sur l’application de sa résolution 1820 (2008).

Le Conseil prie le Secrétaire général de continuer à lui présenter chaque année un rapport sur l’application de la résolution 1325 (2000).  Il le prie également de lui proposer dans son prochain rapport annuel un cadre stratégique visant à orienter l’application de la résolution pendant la nouvelle décennie, qui devra comprendre des objectifs et des indicateurs et tenir compte des processus pertinents au sein du Secrétariat.  Dans ce contexte, il prie encore le Secrétaire général de recommander dans ce rapport des réformes des politiques et des institutions de l’Organisation des Nations Unies propres à faciliter une meilleure réponse de l’Organisation aux questions concernant les femmes et la paix et la sécurité.

Le Conseil demande à nouveau aux États Membres et aux organisations internationales, régionales et sous-régionales de prendre des mesures pour élargir la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix, y compris à des postes de direction attribués par nomination ou par élection dans les institutions de gouvernance après un conflit.  Il demande instamment au Secrétaire général de nommer plus de femmes parmi les médiateurs et les représentants et envoyés spéciaux chargés de missions de bons offices en son nom.

Le Conseil exprime son intention de convoquer dans cinq ans une réunion d’examen de haut niveau chargée d’évaluer les progrès accomplis aux plans mondial, régional et national dans l’application de la résolution 1325 (2000), de renouveler les engagements qui ont été pris et de trouver des réponses aux obstacles et aux contraintes qui entravent l’application de la résolution 1325 (2000).

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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