Le Conseil de sécurité continuera de travailler à une « solution plus prévisible et plus durable » au financement des missions de maintien de la paix de l’Union africaine

22 octobre 2010
CS/10067

Le Conseil de sécurité continuera de travailler à une « solution plus prévisible et plus durable » au financement des missions de maintien de la paix de l’Union africaine

22/10/2010
Conseil de sécurité
CS/10067
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6409e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CONTINUERA DE TRAVAILLER À UNE « SOLUTION PLUS PRÉVISIBLE ET PLUS DURABLE »

AU FINANCEMENT DES MISSIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX DE L’UNION AFRICAINE

Dans une déclaration de son Président, le Conseil de sécurité s’est dit, aujourd’hui, « fermement résolu à continuer de travailler, conformément aux responsabilités que lui assigne la Charte des Nations Unies, à une solution plus prévisible et plus durable »aux difficultés de financement que doit surmonter l’Union africaine pour entreprendre des opérations de maintien de la paix.

Le Conseil examinait la question de l’appui aux opérations de maintien de la paix de l’Union africaine sous la présidence du Vice-Premier Ministre et Ministre pour la Communauté d’Afrique de l’Est de l’Ouganda, M. Eriya Kategaya.  Ce dernier a estimé que des progrès avaient été enregistrés pour renforcer le partenariat stratégique entre les Nations Unies et l’Union africaine, mais, comme la plupart des 25 orateurs qui ont ensuite participé au débat, il a estimé que le principal problème en suspens consistait à trouver un financement prévisible, viable et souple aux opérations de maintien de la paix menées par l’Union africaine dans le cadre d’un mandat des Nations Unies.  Faisant remarquer que le Conseil avait reconnu cette nécessité dans sa résolution 1809 (2009), le Ministre a ajouté qu’il était désormais nécessaire de la traduire en réalité.

Dans sa déclaration, le Conseil réaffirme sa résolution 1809 (2009) et « rappelle qu’il incombe aux organisations régionales de s’assurer les ressources humaines, financières, logistiques et autres dont elles ont besoin, à l’aide des contributions de leurs membres et des concours de leurs partenaires », comme il l’avait déjà dit dans la déclaration présidentielle du 18 mars 2009. 

Le Conseil, qui considère qu’en déployant des opérations de maintien de la paix autorisées par lui, l’Union africaine « contribue au maintien de la paix et de la sécurité internationales d’une manière qui correspond bien aux dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies », « constate que l’Union africaine poursuit l’action engagée pour renforcer ses capacités institutionnelles en vue de pouvoir programmer, gérer et déployer efficacement ses opérations de maintien de la paix » et l’invite à « tâcher de mettre en œuvre un cadre stratégique global de renforcement à long terme des capacités, en consultation avec l’ONU et ses autres partenaires internationaux ».

Le Conseil dit également attendre avec intérêt le rapport que le Secrétaire général a annoncé pour définir dans la conception stratégique du Secrétariat de la coopération ONU-Union africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité.

Cette coopération n’a pas encore atteint son plein potentiel, a fait observer le Secrétaire général, qui a fait état des mesures de renforcement qu’il détaille dans son nouveau rapport.  Il a aussi rappelé que le débat de l’an dernier sur le « rapport Prodi  » avait permis de mettre l’accent sur les difficultés auxquelles l’Union africaine était confrontée.  Pour M. Ban Ki-moon, les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine doivent bénéficier du même appui que celles des Nations Unies, de même qu’elles doivent faire preuve du même niveau de professionnalisme. 

« Nous avons besoin d’un partenariat renforcé et innovant pour relever les défis d’aujourd’hui et nous doter des capacités qui nous permettront d’appréhender les incertitudes de demain », a insisté, pour sa part, le Commissaire pour la paix et la sécurité de la Commission de l’Union africaine, M. Ramtane Lamamra.  Il a estimé que « l’appui aux organisations régionales dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales fait partie intégrante de l’effort de sécurité collective que les États Membres se sont engagés à fournir en vertu de la Charte des Nations Unies ».

Comme le cadre actuel ne permet pas une prévisibilité à long terme, il faut absolument que le Conseil de sécurité fasse sienne une option financière qui garantisse la prévisibilité, la viabilité et la souplesse du financement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine, a renchéri le Ministre des affaires étrangères du Nigéria, M. Henry Odein Ajumogobia, qui a rappelé que le « rapport Prodi » avait déjà identifié les différentes solutions possibles.

Au lendemain d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la Somalie, le soutien apporté par les Nations Unies à la Mission de l’Union africaine dans ce pays, l’AMISOM a souvent été cité en exemple, à la fois, des bienfaits et des insuffisances du partenariat.  L’appui logistique de l’ONU a permis d’améliorer l’efficacité de l’AMISOM et les conditions de vie de ses membres mais est resté insuffisant pour permettre aux normes de l’AMISOM d’atteindre le niveau de celles des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a ainsi fait observer la représentante du Brésil.  Elle a par ailleurs souligné les problèmes liés à la procédure actuelle par laquelle le Conseil de sécurité doit examiner au cas par cas le budget d’une opération de maintien de la paix avant de le soumettre à l’Assemblée générale.

Le représentant de l’Éthiopie a repris l’idée d’un recours aux contributions mises en recouvrement des Nations Unies, ce qu’a exclu le représentant de la France, qui a estimé que cette option « pose des difficultés sérieuses » car il est essentiel pour l’ONU « de conserver la responsabilité première des opérations qu’elles financent ».  Le représentant a plaidé pour la recherche de financements « prévisibles et pérennes s’inspirant de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique de l’Union européenne ».  Cette dernière a été mise en avant comme une « source majeure de financement prévisible, viable et souple pour les opérations de paix dirigées par l’Afrique », par le représentant de l’Union européenne.

Enfin, le représentant du Portugal a fait observer que le partenariat ONU-Union africaine devrait fonctionner dans les deux sens, en permettant par exemple de renforcer les capacités des Nations Unies en matière de diplomatie préventive et de médiation.  L’idée d’une répartition claire des rôles en fonction des avantages comparatifs de chaque organisation a été abordée par plusieurs délégations.  Ainsi, le Brésil a estimé que l’Union africaine avait parfois été plus consciente que les Nations Unies de la nécessité d’adopter une approche intégrée entre prévention, médiation et maintien de la paix.

PAIX ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Rapport du Secrétaire général sur l’ appui de l’Organisation des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par le Conseil de sécurité ( A/65/510–S/2010/514)

Ce rapport est présenté suite à la demande exprimée par le Conseil de sécurité dans la déclaration de son Président du 26 octobre 2009.  Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, y analyse d’abord l’évolution de la relation stratégique entre les Nations Unies et l’Union africaine, puis décrit les relations opérationnelles entre les deux organisations, notamment les initiatives prises pour renforcer les capacités institutionnelles.  Dans une troisième partie, il énumère les principaux défis que pose le financement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine.

Notant que, « dans l’immédiat et à moyen terme, c’est la question de la prévisibilité du financement qui reste sans réponse », le Secrétaire général déclare qu’il « faut trouver un mécanisme de financement plus prévisible et plus durable, en ce qui concerne surtout la réalisation par l’Union africaine des objectifs de l’Architecture africaine de paix et de sécurité ».  Il explique que, face aux « nouvelles réalités politiques du terrain » et « devant le poids financier que représente le maintien de la paix en pleine crise mondiale », l’ONU a engagé une réflexion sur les moyens de rendre ses opérations de maintien de la paix plus efficaces.  Pour M. Ban, « au moment de passer de la phase du maintien à celle de l’édification de la paix dans certains pays africains, il nous faut tracer à neuf le périmètre de notre aide, de notre soutien et de nos fonctions ».

Le Secrétaire général annonce donc que, « après l’examen à mi-parcours du programme décennal de création de capacités de l’Union africaine -qui sera publié en novembre prochain- , après que l’Union africaine aura évalué les progrès de la Force africaine en attente et après la mise en fonction de l’Architecture de paix et de sécurité en Afrique, et la création à Addis-Abeba du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU), et après analyse commune des leçons à tirer de nos partenariats dans le maintien de la paix, l’ONU redéfinira les modalités du soutien qu’elle apporte et de la coopération qu’elle prête à l’Union africaine en matière de sécurité ». 

Sur la base des expériences du Tchad, de la République démocratique du Congo, de la Somalie et du Soudan, « et au titre du renforcement des relations stratégiques entre les deux institutions », le Secrétaire général annonce en outre son intention de « présenter dans six mois un rapport dans lequel il définira la conception stratégique du Secrétariat de la coopération ONU-UA dans le domaine de la paix et de la sécurité ».  Il ajoute qu’il y « exposera les modèles de plus en plus divers qui se proposent pour l’organisation du maintien de la paix en Afrique » et fait observer que, si les moyens militaires « font peut-être partie des solutions à envisager, ce n’est pas un simple déploiement de force armée qui donnera de la pérennité à la paix en Afrique ».  Il faut disposer de stratégies à long terme, aux niveaux continental, national et surtout local, pour seconder les dirigeants politiques soucieux de bonne gouvernance effective et renforcer les capacités qui permettront d’obtenir une stabilité essentielle, ajoute le Secrétaire général.  Il juge à cet égard encourageant que les dirigeants africains soient « de plus en plus résolus à collaborer avec l’ONU pour profiter « au moindre signe de difficulté » de ses mécanismes de prévention des conflits et de diplomatie préventive.

Dans le cadre de l’évolution de la relation stratégique entre l’ONU et l’Union africaine, le Secrétaire général écrit que le Conseil de sécurité des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine « continuent à collaborer étroitement » et rappelle que les membres des deux organes ont tenu leur quatrième réunion consultative conjointe à New York , le 9 juillet dernier.  Pour M. Ban, « témoigne également des progrès du partenariat entre les deux Conseils la fréquence accrue avec laquelle des dirigeants de l’Union africaine contactent le Conseil de sécurité et des représentants spéciaux du Secrétaire général de l’ONU contactent le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ».  Le Secrétaire général suggère par ailleurs la création d’un « mécanisme de préparation et de suivi » des échanges annuels entre les deux Conseils, ainsi que celle d’un groupe de travail d’experts originaires de divers États Membres, qui les aiderait à examiner et analyser régulièrement les questions d’intérêt mutuel qui figurent à l’ordre du jour de chacun des deux organes.

M. Ban fait en outre état d’une « coopération de plus en plus étroite » entre le Secrétariat des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine en matière de paix et de sécurité.  Il précise toutefois que « c’est des orientations et des directives que sauront donner les organes délibérants des Nations Unies que dépend le succès du Secrétariat » en tant que partenaire stratégique de la Commission de l’Union africaine. 

Le Secrétaire général rappelle aussi que, pour « intégrer et rationaliser les rapports entre la présence du Secrétariat de l’ONU à Addis-Abeba et l’Union africaine », a été créé le 1er juillet 2010 un Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) à la tête duquel il a nommé M. Zachary Mubouri-Muita, qui a rang de Sous-Secrétaire général.  Enfin, M. Ban précise que, le 25 septembre, les Nations Unies et l’Union africaine ont inauguré une « équipe spéciale conjointe sur la paix et la sécurité », qui doit se réunir deux fois par an.

Informations de base sur les Nations Unies et les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine

Le 16 avril 2008, sous la présidence de l’Afrique du Sud, le Conseil de sécurité a tenu un premier débat sur le renforcement des relations entre les Nations Unies et les organisations régionales.  À l’issue de cette réunion, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1809 (2008)  par laquelle il « reconnaît qu’il faut rendre plus prévisible, durable et souple le financement des organisations régionales lorsqu’elles entreprennent des missions de maintien de la paix sous mandat des Nations Unies » et « accueillefavorablement la proposition du Secrétaire général tendant à charger, dans les trois prochains mois, un groupe d’experts Union africaine-ONU de haut niveau » pour réfléchir aux modalités d’appui aux opérations de maintien de la paix confiées à des organisations régionales, « en particulier pour ce qui est du financement, de l’équipement et de la logistique de lancement », et pour « étudier soigneusement les enseignements tirés des entreprises passées et présentes de maintien de la paix menées par l’Union africaine ».

Dirigé par l’ancien Président du Conseil italien, M. Romano Prodi, le Groupe d’experts a rendu son rapport, en décembre 2008.  Connu sous le nom de « rapport Prodi », il recommande de créer deux nouveaux mécanismes de financement afin de rendre plus prévisible, plus durable et plus souple le financement des opérations de maintien de la paix entreprises par l’Union africaine sous mandat des Nations Unies.

Le premier permettrait de financer des opérations de maintien de la paix spécifiques à l’aide de contributions mises en recouvrement par l’ONU. Cet appui serait décidé « au cas par cas, pour une période ne dépassant pas six mois, pour des opérations de maintien de la paix menées par l’Union africaine et autorisées par le Conseil de sécurité ».  Il serait versé principalement, dans un premier temps du moins, en nature.

Le deuxième mécanisme, un fonds d’affectation spéciale multidonateurs, alimenté par des contributions volontaires, servirait à financer, d’une manière générale, le renforcement des capacités de prévention et de règlement des conflits et le renforcement des institutions.  Il serait conçu de manière à attirer les donateurs existants et de nouveaux donateurs et serait à terme pris en main par l’Afrique.

Le 18 mars 2009, à l’issue d’une réunion du Conseil de sécuritélors de laquelle la proposition tendant à faire financer certaines opérations de maintien de la paix de l’Union africaine par les contributions obligatoires des États Membres des Nations Unies s’est heurtée à de vives réserves, le Conseil a, dans une déclaration présidentielle, prié le Secrétaire général de lui soumettre, au plus tard le 18 septembre 2009, un « rapport sur les moyens pratiques de soutenir efficacement l’Union africaine lorsqu’elle mène des opérations de maintien de la paix autorisées par l’ONU ».  Le Conseil demandait, en outre, au Secrétaire général que son rapport soit « assorti d’une évaluation détaillée des recommandations figurant dans le rapport du Groupe d’experts, en particulier les recommandations se rapportant au financement », ainsi que celles concernant la création d’une équipe commune Union africaine-ONU.

Le 26 octobre 2009, après avoir examiné le nouveau rapport du Secrétaire général, le Conseil de sécurité a, dans une déclaration présidentielle, exprimé son « intention de maintenir à l’examen  toutes les options de financement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par lui ».  Par ailleurs, réaffirmant qu’il incombe aux organisations régionales de mobiliser les ressources humaines, financières, logistiques et autres dont elles ont besoin, notamment en levant des contributions auprès de leurs membres et en s’assurant de l’appui de donateurs, le Conseil se félicitait de l’appui fourni par ces derniers à l’Architecture africaine de paix et de sécurité par le biais de mécanismes spécifiques comme la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique.

Déclarations

M. ERIYA KATEGAYA, Vice-Premier Ministre et Ministre pour la Communauté d’Afrique de l’Est de l’Ouganda, a ouvert la séance en déclarant que des progrès avaient été enregistrés pour renforcer le partenariat stratégique entre les Nations Unies et l’Union africaine, ajoutant que le rapport du Secrétaire général identifiait les domaines dans lesquels les deux Organisations avaient progressé. 

Dans sa résolution 1809 (2009), le Conseil de sécurité reconnaît la nécessité de renforcer la prévisibilité et la viabilité du financement des opérations de maintien de la paix menées par les organisations régionales dans le cadre d’un mandat des Nations Unies, a rappelé le Ministre.  Pour M. Kategaya, il s’agit avant tout de fournir un appui logistique à ces opérations.  Rappelant que les contributions volontaires n’étaient jamais permanentes ou prévisibles, il a ajouté que des délibérations et débats avaient déjà été organisés autour de la mise en place d’un financement plus prévisible, et qu’il était désormais nécessaire de les traduire en réalité.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a estimé que le débat de ce jour constituait une importante occasion de d’assurer un suivi des discussions de l’an passé sur les moyens de renforcer le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine et, en particulier, les capacités de maintien de la paix de l’Union africaine.  Le travail effectué par les organisations régionales en application du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies est indispensable, a-t-il ajouté.

Le développement de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) est essentiel pour une approche à long terme de la prévention et de la résolution des conflits sur le continent, a souligné le Secrétaire générale.  L’Union africaine et les organisations sous-régionales, a-t-il fait observer, ont fait de grands efforts de prévention, de médiation ou de résolution des conflits et leur personnel en a souvent payé le prix fort.

Le Secrétaire général a rappelé que le débat de l’an dernier ainsi que le « rapport Prodi » avaient permis de mettre l’accent sur les difficultés auxquelles l’Union africaine est confrontée dans le cadre des opérations de maintien de la paix autorisées par le Conseil de sécurité, avant de préciser que son nouveau rapport présentait une actualisation des mesures prises par  les Nations Unies pour aider l’Union africaine à surmonter ces difficultés.  Il a aussi rappelé que, durant ces dernières années, les Nations Unies et l’Union africaine avaient tissé de nombreux partenariats qui avaient eux-mêmes contribué à renforcer les relations entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi qu’entre le Secrétariat des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine.

Ces relations n’ont pas encore atteint leur plein potentiel, a fait observer le Secrétaire général. Il a ensuite rappelé la création le 1er  juillet dernier du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU), dirigé par le Sous-Secrétaire général Zachary Muburi-Muita, et a exprimé l’espoir que cet organe permettra d’adopter une approche stratégique cohérente.  Il a également rappelé qu’il avait inauguré en septembre dernier la première réunion de l’« Équipe spéciale conjointe sur la paix et la sécurité », qui doit permettre aux deux Organisations d’améliorer leur réaction en cas de crise, afin de prévenir les conflits plutôt que de simplement y répondre. Le Secrétaire général a noté qu’actuellement, a lieu un examen approfondi du Programme décennal de renforcement des capacités de l’Union africaine, ajoutant qu’il présentera à ce sujet un rapport lors de la présente session de l’Assemblée générale. .

Toutefois, a ajouté M. Ban, l’Union africaine continue de faire face à des difficultés financières dans le cadre de ses opérations de maintien de la paix, comme l’illustre clairement la situation en Somalie ou au Darfour.  « Nous devons trouver des solutions souples, viables et prévisibles pour fournir les ressources nécessaires à l’Union africaine quand elle lance des opérations de maintien de la paix autorisées par le Conseil de sécurité en application du Chapitre VIII de la Charte, a poursuivi le Secrétaire général, qui a estimé que les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine doivent bénéficier du même appui que celles des Nations Unies, par exemple en matière de remboursement.

Les troupes des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine doivent aussi faire preuve du même niveau de professionnalisme que celles des Nations Unies, a poursuivi M. Ban, qui a expliqué que le Secrétariat avait travaillé avec l’Union africaine pour définir des lignes directrices, renforcer les capacités de protection des civils et limiter le nombre de victimes civiles.  Le Secrétaire général a annoncé qu’il présenterait, « dans les mois à venir », un rapport qui présentera sa conception stratégique de la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité ».  « Nous devons travailler ensemble à trouver des mécanismes efficaces pour une approche à long terme de la prévention et la résolution des conflits et un système fiable pour le maintien de la paix », a déclaré le Secrétaire général, qui a souligné qu’il faudrait tirer les enseignements de la coopération existante et en « tirer les enseignements pour notre coopération avec d’autres organisations régionales ».

M. RAMTANE LAMAMRA, Commissaire pour la paix et la sécurité de la Commission de l’Union africaine (UA), a d’abord mis en exergue le haut degré de coopération entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.  « Le fait que ces deux organes aient institutionnalisé leur réunion consultative annuelle est une indication de plus que la réalisation d’une paix durable en Afrique nécessite une harmonisation des positions », a-t-il ajouté.

L’ensemble des mesures prises pour appuyer  l’AMISOM depuis son déploiement démontre qu’une approche innovante pour répondre aux défis du maintien de la paix est nécessaire.  S’agissant de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), il s’est félicité de ce que les efforts mutuels aient permis à cette opération, « financée et gérée par les Nations Unies », de faire la différence sur le terrain en répondant de manière souple et pragmatique à des réalités politiques complexes. 

Le représentant de l’Union africaine a ensuite attiré l’attention sur les nombreux défis actuels mettant à l’épreuve la solidité du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine, une réalité qui exige, selon lui, « une mobilisation accrue de la part de toutes les parties prenantes ».  Plaidant pour une action conjointe axée sur les résultats, il s’est dit confiant que le Groupe d’étude commun fournira en temps voulu les instruments requis pour assurer le meilleur suivi possible aux recommandations formulées lors des réunions de coordination.  « Il est aussi important d’intensifier les consultations entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, en organisant par exemple davantage de missions communes sur le terrain », a-t-il suggéré. 

M. Lamamra a ensuite abordé la question du financement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par l’ONU.  « Pour aider à stabiliser des environnements fragiles, fournir un appui aux forces de paix et créer les conditions d’une paix durable et d’un relèvement à long terme, nous avons besoin de plus de ressources et de capacités logistiques », a-t-il ainsi souligné.  « Au Burundi et au Soudan hier, en Somalie aujourd’hui, l’Union africaine a montré que son approche en matière de déploiement sur le terrain était pertinente », a-t-il souligné, avant de répéter que le manque de moyens sapait l’efficacité de cette action et retardait la réalisation des objectifs de l’Union, en particulier en matière de protection des civils.  Le Commissaire pour la paix et la sécurité a réitéré son appel au Conseil de sécurité et « aux Nations Unies en général » pour qu’ils appréhendent sans tarder la question de l’appui aux opérations de paix de l’Union africaine en se basant sur les dispositifs d’appui initial et d’appui renforcé de l’ONU à l’AMISOM et à la Mission de l’Union africaine au Soudan.  « L’appui aux organisations régionales dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales fait partie intégrante de l’effort de sécurité collective que les États Membres se sont engagés à fournir en vertu de la Charte des Nations Unies », a rappelé M. Lamamra.  Il a ajouté que la réalisation de la paix en Afrique, où se déroulent actuellement le plus grand nombre de conflits, exigeait une réponse adaptée des organes mondiaux de paix et de sécurité.  « Nous avons besoin d’un partenariat renforcé et innovant pour relever les défis d’aujourd’hui et nous doter des capacités qui nous permettront d’appréhender les incertitudes de demain », a-t-il insisté. 

M. HENRY ODEIN AJUMOGOBIA, Ministre des affaires étrangères du Nigéria, a rappelé que les conflits en Afrique avaient des causes multiples auxquelles il faudrait répondre de manière globale.  « Nous devons avoir une vision stratégique de nos objectifs », a ajouté le Ministre, qui a estimé que le maintien de la paix en Afrique était une composante intégrante du maintien de la paix et de la sécurité internationales pour lequel le Conseil de sécurité assume la responsabilité principale.  Quand l’Afrique de l’Ouest mène une opération de maintien de la paix autorisée par les Nations Unies, elle assume une double responsabilité: pour le peuple africain et pour l’humanité dans son ensemble, représentée par les idéaux de l’ONU, a affirmé le Ministre.  M. Ajumogobia a affirmé que son pays avait tiré de son expérience en matière de maintien de la paix au Libéria et en Sierra Leone une « myriade d’expériences ».  Il a estimé que l’Union africaine et les organisations régionales avaient acquis une capacité croissante à organiser des opérations de maintien de la paix.  En même temps,  l’Union africaine est un simple rouage de notre système collectif de sécurité, a ajouté le Ministre.  Ses moyens, a-t-il dit, sont bien insuffisants pour répondre efficacement à toutes les sollicitations, au risque d’apparaître comme un système qui échoue et de décourager ainsi les partenaires potentiels. 

« Nous devons utiliser notre autorité politique pour veiller à ce qu’un appui approprié soit fourni pour renforcer les capacités régionales », a plaidé le Ministre. « Sans une relation vraiment stratégique et une vision claire, nos investissements en faveur de la paix resteront à court terme et sur une base ponctuelle », a-t-il averti.  Le Ministre a estimé que les Nations Unies et l’Union africaine pouvaient réellement réaliser un partenariat stratégique.  Le partenariat qui a été établi entre le Secrétariat des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine représente un excellent point de départ, a-t-il ajouté, en faisant référence à la création en septembre de l’équipe spéciale.  Le financement des opérations de maintien de la paix représente un défi, a déclaré le Ministre, qui a rappelé que le « rapport Prodi » avait identifié les différentes solutions possibles.  Comme le cadre actuel ne permet pas une prévisibilité à long terme, il faut absolument que le Conseil de sécurité fasse sienne une option financière qui garantisse la prévisibilité, la viabilité et la souplesse du financement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par les Nations Unies, a-t-il insisté.  L’Union africaine est toujours une institution en transition qui en est encore au stade du renforcement de ses institutions, a plaidé le Ministre, qui a dit apprécier considérablement les échanges d’informations et le partage des connaissances avec les Nations Unies.  Il a estimé que les missions hybrides comme la MINUAD apportaient un enseignement important à l’Union africaine.  En même temps, a-t-il fait observer, le développement des capacités du personnel de maintien de la paix, aussi utile soit-il, ne peut se substituer à l’appui logistique, à la formation et à un équipement adéquat.  Il s’est dit encouragé par les initiatives prises dans ce sens, y compris la perspective de donner à l’Union africaine un accès à la base logistique des Nations Unies de Brindisi.  Le Ministre a par ailleurs encouragé l’Union africaine à poursuivre sa réforme institutionnelle et à développer une feuille de route à long terme pour le renforcement de ses propres capacités.  Il a encouragé le Secrétaire général à poursuivre ses efforts pour trouver un financement viable pour l’AMISOM à un niveau identique à celui des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

M. LI BAODONG (Chine) a déclaré que la situation en matière de paix et de sécurité en Afrique continuait de s’améliorer mais demeurait fragile dans de nombreux points chauds du continent.  La situation est rendue plus problématique par la montée de nouveaux périls tels que le terrorisme, la piraterie et la criminalité transfrontière organisée, a-t-il ajouté.  Le représentant a souligné que, dans ce contexte, l’Union africaine joue un rôle de plus en plus important dans le règlement des conflits en Afrique, les capacités et le financement de ses opérations de la paix étant toutefois « trop limités ».  « Nous devons, en nous appuyant sur les recommandations du Secrétaire général dans son rapport, renforcer la coopération stratégique entre l’ONU et l’Union africaine », a également noté le représentant.  Après avoir salué la création, le 1er juillet 2010, du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) et l’augmentation des contacts entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en vue d’« assurer une meilleure efficacité des efforts de médiation et de prévention des conflits et d’accélérer les réformes de la sécurité », il a répété que l’ONU « doit aider l’Union africaine à obtenir un financement fiable ».  Les solutions d’appui actuelles ne sont plus suffisantes pour répondre à des défis complexes, a-t-il jugé, appelant les États Membres à se pencher de manière approfondie sur les recommandations du Secrétaire général en faveur d’un mécanisme  prévisible et stable des capacités de paix de l’Union africaine. 

M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a estimé qu’il était crucial de renforcer la coopération entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine tout en s’assurant de la complémentarité de leurs efforts, comme l’ont montré l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) et la Mission d’observation militaire de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), deux missions qui ont mis à profit les avantages respectifs des deux organes.   Le Secrétariat des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine pour la paix et la sécurité doivent également s’assurer du caractère réaliste des repères et des calendriers. Il est essentiel de renforcer la capacité institutionnelle de l’Union africaine pour lui permettre de planifier, déployer et gérer les opérations de maintien de la paix avec succès.  Il est également important que l’Union africaine assume pleinement la responsabilité et le commandement de ce processus, a insisté M. Barbalić.  Malgré les progrès accomplis au cours des dernières années dans la mise en place d’une Architecture africaine de paix et de sécurité, le délégué de la Bosnie-Herzégovine s’est dit préoccupé par le financement flexible et opportun de ces activités.  Il a ainsi salué la décision de l’Union africaine et de ses membres de prendre davantage en charge les opérations de maintien de la paix en élargissant la base de financement et de mobilisation de ses ressources, et en lançant des réformes dans les domaines des ressources humaines, du budget et de la gestion financière.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a fait observer que le Conseil de sécurité n’était pas le seul protagoniste dans les opérations de maintien de la paix en Afrique, mais que l’Union africaine et les organisations régionales jouaient un rôle de plus en plus important.  Il a salué la volonté des pays africains d’assumer le maintien de la paix sur leur continent, en estimant qu’il faudrait utiliser de manière rationnelle le potentiel des organisations régionales avec l’aide du Conseil de sécurité, en application du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, afin de permettre à l’ONU de se concentrer sur d’autres problèmes.  Il a constaté que la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine se développe et a estimé que la création du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) permettrait de renforcer davantage cette collaboration.

L’appui technique, financier et matériel que les Nations Unies peuvent apporter à l’Union africaine nécessite une approche rationnelle, a déclaré le représentant, qui a jugé nécessaire de poursuivre les consultations sur la question.  Concernant spécifiquement la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), M. Churkin a souligné la nécessité d’examiner les possibilités d’appui en fonction de la situation sur place, comme il en avait été discuté hier au Conseil de sécurité.  Il a recommandé la mise en place par l’Union africaine d’une véritable Architecture africaine de paix et de sécurité, ce qui suppose, a-t-il ajouté, une formation au maintien de la paix et la mise en place de forces permanentes.  La communauté internationale doit bien entendu y participer, a déclaré M. Churkin, qui a assuré que son pays apportait sa contribution, y compris par des actions de formation au maintien de la paix.  La Fédération de Russie soutient le projet de déclaration présidentielle, a-t-il indiqué avant de conclure.

M. ERTUĞRUL APAKAN(Turquie) a souligné, à son tour, la nécessité de renforcer les partenariats stratégiques de l’ONU avec l’Union africaine dans les domaines de la prévention des conflits, du maintien et de la consolidation de la paix.  L’Union africaine dispose d’avantages comparatifs qui doivent être mieux utilisés pour lui permettre d’affirmer son rôle d’auxiliaire du maintien de la paix et de la sécurité sur le continent, a-t-il ajouté.  Le représentant a salué les efforts conjoints de l’ONU et de l’Union africaine menés ces dernières années dans le secteur clef de la médiation, dans plusieurs pays africains.  Il s’agit maintenant de faire en sorte que ces efforts et autres mesures fassent la différence, a-t-il estimé, en indiquant que son pays avait pris note des conclusions du Secrétaire général sur « les modes de financement prévisibles, souples et durables en vue d’appuyer les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par l’ONU ».  Nous sommes effectivement d’avis qu’un mécanisme plus viable doit être identifié pour donner à l’Union africaine les moyens de réaliser ses objectifs, le Conseil de sécurité devant être disposé à utiliser à cette fin les contributions mises en recouvrement des États Membres, a-t-il dit.  Le représentant a fait observer qu’un appui solide pouvait être un moyen d’investir sur le développement à long terme des pays africains.

M. TSUNEO NISHIDA (Japon) s’est félicité des résultats tangibles obtenus depuis quelques années par les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et des organisations régionales du continent.  Si l’Union africaine s’acquitte de son rôle unique et utilise ses compétences et avantages comparatifs en matière de prévention, médiation ou maintien de la paix, toute la communauté internationale en bénéficiera, a-t-il estimé.  Le Japon, a-t-il dit, appuie le renforcement du partenariat entre l’Union africaine et les Nations Unies et s’est félicité de la tendance actuelle en ce sens.

Concernant le renforcement des capacités, M. Nishida a jugé essentiel d’appuyer les pays africains qui fournissent des contingents et a rappelé que le Japon  y contribue par le biais de divers programmes et fonds.  Les Nations Unies ont, quant à elles, un rôle important à jouer en matière de protection des civils, a poursuivi le représentant, qui a souhaité davantage d’investissements dans ce domaine.  Le représentant a reconnu l’importance d’assurer des fonds prévisibles, viables et souples, et a ajouté que son pays continuerait de participer aux discussions sur cette question.  M. Nishida a assuré que sa délégation examinera les moyens de renforcer le soutien à l’AMISOM.  Il s’est en outre félicité des nouveaux partenariats et des réformes en cours au sein de l’Union africaine, notamment en matière de gestion financière.  Avant de conclure, il a estimé qu’il faudrait utiliser avec sagesse les leçons tirées des opérations de l’Union africaine, notamment de l’AMISOM. 

M. MARTIN BRIENS (France) a déclaré que l’Union africaine apportait aux Nations Unies « la proximité avec le terrain, la connaissance intime de l’environnement régional et la conviction que le continent prend en charge sa propre sécurité, dans le respect de la Charte des Nations Unies ».  Il a ensuite fait remarquer que la France, « comme ses partenaires de l’Union européenne », est massivement engagée dans le soutien au maintien de la paix, précisant que la France prévoyait une aide de 300 millions d’euros sur les trois prochaines années en faveur de l’Architecture africaine de paix et de sécurité.  Après avoir souligné l’importance de l’appui de l’Union européenne au processus de paix en Somalie par le biais de sa nouvelle Facilité, le représentant a estimé que l’appui à la réforme des secteurs de la sécurité et la promotion de l’état de droit « doivent devenir des compétences clefs des opérations déployées par les organisations régionales et sous-régionales africaines ».  « Les modes de soutien à la paix et à la sécurité sur le continent africain ne sont pas figés et uniformes », a-t-il poursuivi, avant d’insister sur le fait que le contexte budgétaire actuel des États Membres « doit nous forcer à rechercher une plus grande efficacité des opérations de la paix tout en contrôlant plus strictement les finances ».  Soulignant qu’il était essentiel pour l’ONU « de conserver la responsabilité première des opérations qu’elles financent », le représentant a ainsi estimé que le financement, sur contributions obligatoires, d’opérations qui ne sont pas sous la direction de l’Organisation, « pose des difficultés sérieuses ».  C’est pourquoi, il a plaidé pour la recherche de financements « prévisibles et pérennes s’inspirant de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique de l’Union européenne ». 

Mme BROOKE ANDERSON (États-Unis) a déclaré que son pays approuvait pleinement le renforcement du partenariat stratégique entre les Nations Unies et l’Union africaine et s’est dite encouragée par l’amélioration des relations entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.  Elle a décrit « l’engagement profond » des États-Unis en faveur de l’Union africaine qui, a-t-elle précisé, se traduit par un appui financier de plus de 940 millions dollars depuis 2005.  Elle a cité notamment le soutien aux efforts de lutte contre le trafic de la drogue et aux opérations de maintien de la paix de l’Union africaine dans plusieurs pays, en particulier en Somalie.  Concernant ce dernier pays, Mme Anderson a estimé que les efforts de l’AMISOM avaient permis, avec le soutien des Nations Unies, de repousser les milices extrémistes. Les États-Unis poursuivront leur appui bilatéral aux pays fournisseurs de contingents de l’AMISOM, a affirmé la représentante. 

Mme Anderson a souhaité que le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) puisse renforcer l’appui du Secrétariat à l’Union africaine, notamment en matière de gestion financière.  Il faut aussi renforcer les capacités de planification et de gestion de l’Union africaine, a-t-elle ajouté.  La représentante a déclaré que son pays avait étudié les possibilités d’établir de meilleurs liens entre l’ONU et l’Union africaine pour renforcer les capacités de l’Union africaine et lui donner un accès à la base logistique des Nations Unies de Brindisi pour ses missions.  Sa délégation, a-t-elle dit, attend avec intérêt les rapports sur cette question.  La représentante a par ailleurs souhaité qu’une plus grande attention soit accordée à la protection des civils dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et s’est félicitée, en ce sens, des efforts consentis pour inclure des directives sur la protection des civils dans ces opérations.

M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET (Gabon) a déclaré que, bien qu’elle soit de plus en plus agissante, la coopération entre l’ONU et l’Union africaine « doit être renforcée dans bien des domaines ».  « Nous pensons particulièrement au financement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et à l’appui logistique à ces missions », a-t-il dit.  Pour le représentant, « les opérations d’appui et de maintien de la paix de l’Union africaine doivent disposer de ressources prévisibles et suffisantes en vue d’une plus grande efficacité sur le terrain ».  Saluant, à cet égard, la Facilité de soutien de l’Union européenne et les contributions mises en recouvrement par l’ONU, le représentant a cependant souligné qu’il était impératif pour les Nations Unies de mettre en place un financement plus souple, prévisible et durable.  « Nous soutenons la proposition du Secrétaire général de créer un fonds d’affectation spéciale permanent qui serait géré par l’Union africaine avec l’obligation de rendre des comptes aux donateurs », a-t-il fait savoir.  Le représentant du Gabon a estimé qu’il ne serait pas possible d’envisager l’avenir sécuritaire de l’Afrique sans garantir l’effectivité du déploiement de la Force africaine en attente créée par l’Union africaine.  « Il est regrettable de constater que cette force tarde à être opérationnelle faute de moyens financiers et logistiques suffisants », a-t-il dit, avant de demander à la communauté internationale d’apporter son assistance à la Force, « dont l’action permettra à l’ONU d’éviter les retards qu’elle accuse dans le déploiement rapide de ses opérations de maintien de la paix en Afrique ». 

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a déclaré, comme l’a fait observer le Secrétaire général dans son rapport, que si les besoins de l’Afrique sont de taille, sa contribution aux opérations de maintien de la paix l’est aussi.  Elle a également reconnu le rôle majeur que jouent les Africains dans la stabilisation de leur continent.  La représentante s’est félicitée de la création du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU), et a souhaité qu’il puisse servir de canal de communication et renforcer la coopération entre les deux organisations.  Elle a encouragé le Secrétaire général à continuer d’identifier des initiatives en matière de soutien aux opérations de maintien de la paix.

Le partenariat des Nations Unies et de l’Union africaine en Somalie illustre à la fois des résultats positifs et des progrès devant être accomplis, a déclaré la représentante.  L’appui logistique des Nations Unies a permis d’améliorer les conditions de vie des forces de l’AMISOM, mais il est resté insuffisant pour permettre aux normes de l’AMISOM d’atteindre le niveau de celles des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a ainsi fait observer Mme Ribeiro Viotti.  La représentante a notamment mentionné les difficultés liées à la délivrance des autorisations nécessaires pour la fourniture de matériel létal aux forces de l’AMISOM ou encore la question des soldes des militaires.  Au-delà du cas spécifique de l’AMISOM, il faut examiner la question de l’appui financier aux opérations de maintien de la paix de l’Union africaine de manière sérieuse, a déclaré Mme Ribeiro Viotti, qui a souligné les problèmes liés à la procédure actuelle par laquelle le Conseil de sécurité doit examiner au cas par cas le budget d’une opération de maintien de la paix avant de le soumettre à l’Assemblée générale.  Mme Ribeiro Viotti a par ailleurs estimé que l’Union africaine avait parfois été plus consciente que les Nations Unies de la nécessité d’adopter une approche intégrée entre prévention, médiation et maintien de la paix.  

M. NAWAF SALAM(Liban) a estimé que les organisations régionales comme l’Union africaine doivent pouvoir s’attaquer aux causes des conflits, en disposant de ressources adaptées.  L’Union africaine tient un rôle clef pour prévenir les conflits et atténuer leur impact, a-t-il ajouté, saluant à son tour le renforcement du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine, par le biais notamment de la création du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU), « qui représente un cadre supplémentaire de travail dans les domaines de la prévention et du désarmement ».  Après avoir reconnu la nécessité d’affermir l’assistance de l’ONU dans le déploiement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine, ainsi que celui de l’opérationnalisation de la Force africaine en attente, créée par l’Union africaine, le représentant du Liban a considéré que le financement prévisible de ces opérations ne pouvait pas « dépendre uniquement des contributions mises en recouvrement de façon volontaire ».  Les États Membres ne peuvent pas, par définition, garantir la pérennité d’un mode de financement non prévisible, a-t-il dit, préconisant que les recommandations formulées par le Secrétaire général soient examinées de manière approfondie.

M. GUILLERMO PUENTE(Mexique) a estimé que des progrès avaient été réalisés dans le renforcement du partenariat stratégique entre les Nations Unies et l’Union africaine.  Le niveau de coopération atteint doit encourager les deux organisations à redoubler d’efforts pour renforcer leurs synergies et visions communes, a souligné le représentant, faisant remarquer que les défis au maintien de la paix et de la sécurité internationales nécessitent le déploiement de missions beaucoup plus complexes et que les formes de menaces varient.  Sa délégation, a-t-il dit, est favorable au renforcement des capacités de l’Union africaine, notamment celui de l’Architecture africaine de paix et de sécurité.

Le succès du déploiement de toute opération de maintien de la paix exige un mandat clair, un appui et des ressources adaptés, a rappelé le représentant.  Il a souligné que la nécessité de disposer de ressources prévisibles, viables et souples était encore plus importante en Afrique du fait des faibles moyens dont dispose l’Union africaine.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité de renforcer les capacités en matière de diplomatie préventive, de médiation et de protection des civils et a souhaité que le prochain rapport du Secrétaire général présente des recommandations concrètes sur les moyens d’améliorer les opérations de maintien de la paix en Afrique. 

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a souligné la nature « cruciale » de la coopération entre l’ONU et l’Union africaine en Somalie et au Soudan.  « Toutefois, il faut reconnaître qu’à ce stade, nous établissons seulement cette relation stratégique entre les deux organisations », a-t-il précisé.  Saluant à son tour la création du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) qui, a-t-il dit, « améliorera l’implication de l’ONU dans les activités de l’Union africaine », il a appelé à travailler ensemble au développement des institutions de cette dernière.  « L’évaluation, en novembre prochain, du programme décennal de l’Union africaine sera déterminante à cette fin », a-t-il jugé.  Le représentant du Royaume-Uni a ensuite souligné l’importance de « renforcer les capacités de gestion des ressources de l’Union africaine pour lui permettre à la fois de mener efficacement ses opérations et d’établir de meilleurs partenariats entre l’Union africaine et les bailleurs de fonds ». L’aide de l’Union européenne s’élève à un milliard d’euros, a-t-il dit, faisant remarquer que cette aide constitue « un exemple de financement fiable et prévisible majeur ».  Il a réaffirmé « l’engagement à long terme du Royaume-Uni aux côtés de l’Union africaine dans les domaines de la médiation et de la formation de ses forces ».  « Nous devons maintenant élargir les sources de financement de l’Union africaine en limitant les conditions devant être remplies », a-t-il poursuivi, convaincu que le prochain rapport du Secrétaire général sur la question formera « une bonne base quant aux objectifs à atteindre et les modes de financement à privilégier pour y parvenir ». 

M. CHRISTIAN EBNER (Autriche) a jugé primordial l’appui des Nations Unies à l’Union africaine, dont l’action sur le continent complète les mesures du Conseil de sécurité et il s’est félicité du renforcement de la coopération entre les deux organisations.  Il a estimé que les échanges, quel que soit leur niveau, devraient être intensifiés.  En ce sens, la création du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) est bienvenue, a-t-il dit.  Il a également estimé qu’une coopération plus intense avec l’Union européenne, qui appuie activement l’Union africaine, serait bienvenue.

Le représentant a félicité la Commission de l’Union africaine pour son action en faveur du renforcement des capacités de maintien de la paix de l’Union africaine et a appuyé le Programme décennal des Nations Unies pour le renforcement des capacités de l’Union africaine.  En matière de financement, le représentant a estimé que toutes les options existantes devraient être examinées et a souligné qu’il était essentiel de distinguer clairement les rôles respectifs des deux organisations.  Il s’est par ailleurs félicité de la réforme engagée par l’Union africaine en matière de gestion.  Le représentant a par ailleurs insisté sur le rôle à accorder à la diplomatie préventive et à la médiation au sein de toutes les organisations, car ces activités ont un avantage comparatif important sur le rétablissement de la paix et le maintien de la paix en matière de rapport coût-efficacité.

M. PEKKA HAAVISTO (Finlande) a déclaré qu’il était d’une importance centrale pour les États africains et les partenaires internationaux de s’assurer du bon fonctionnement des opérations de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  Insistant sur l’importance de renforcer les capacités africaines, il s’est félicité de la coopération entre l’Union africaine, l’ONU et l’Union européenne dans ce domaine.  Si l’Union africaine et les organisations sous-régionales ont un rôle clef à jouer dans la gestion des crises africaines, la coopération et l’appui des partenaires internationaux sont également importants, a-t-il fait remarquer.  M. Haavisto a ensuite passé en revue les efforts déployés par la Finlande pour appuyer les initiatives lancées par l’Union européenne et l’ONU sur le terrain.  Il a notamment indiqué que son pays participait à la lutte contre la piraterie par l’intermédiaire de l’opération Atalanta de l’Union européenne.  Ces efforts auront cependant peu d’impact à moins que nous soyons en mesure d’appuyer le processus de paix en Somalie et de renforcer la présence de l’AMISOM en Somalie, a-t-il prévenu.

Le représentant a par ailleurs indiqué que la Finlande avait contribué à hauteur de 2,9 millions d’euros au programme de médiation pacifique de l’Union africaine, et plus de 700 000 dollars au travail du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan.  M. Haavisto a également estimé que les organisations non gouvernementales avaient un rôle important à jouer pour promouvoir la paix et la sécurité. Il a expliqué que la Finlande avait mis sur pied en coopération avec ACCORD, une organisation non gouvernementale sud-africaine, le Programme de coordination africaine pour l’établissement de la paix.  Pour le représentant, le renforcement de la paix et du développement est essentiel pour permettre aux États africains de mettre leurs ressources au service du développement humain et du bien-être de leurs citoyens.  M. Haavisto a par ailleurs fait savoir que pour l’année 2011, la Finlande avait augmenté son aide publique au développement (APD) de 108 millions d’euros, ce qui représente 0,58% de son PIB.

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) s’est réjoui de la multiplication des actions de coopération entre l’ONU et l’Union africaine, qui reflète le souhait de l’Algérie d’un développement sur une base égalitaire des relations entre les deux organisations.  Il a noté avec satisfaction les mesures concrètes prises en vue de développer cette coopération, citant notamment les relations entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité, ainsi que leur réunion consultative en juin dernier.  Il a souligné que l’Afrique, longtemps perçue comme le théâtre des opérations de maintien de la paix, s’était affirmée comme l’un des acteurs de ces opérations, sur fond de développement de l’Architecture africaine de paix et de sécurité en termes de vision stratégique et de capacités.  Ces efforts traduisent l’engagement clair des dirigeants africains à transformer des décisions en actions opérationnelles, a-t-il souligné. 

Toutefois, les actions de l’Union africaine sont loin d’être suffisantes, a-t-il nuancé, citant le manque de ressources et des faibles capacités face à des besoins d’action urgente et de proximité.  Le représentant a rappelé, à cet égard, la demande de l’Union africaine depuis janvier 2007, réitérée en octobre 2009, d’obtenir des Nations Unies des possibilités de financement pour ses opérations de maintien de la paix.  Il a enfin souligné que beaucoup restait encore à faire en termes de coopération entre l’ONU et l’Union africaine, concernant le partage des rôles et les modalités d’intervention.  À cet égard, le rapport que le Secrétaire général entend soumettre prochainement va apporter des lignes directrices pour cette coopération, a conclu le représentant.

M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a estimé que l’Union africaine devrait être considérée comme un partenaire à part entière du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Saluant ensuite les efforts en cours de l’ONU en matière d’appui à l’Union africaine, il a répété que « la consolidation de la coopération stratégique entre les deux organisations était absolument essentielle pour établir une paix durable à travers le continent ».  Le représentant de l’Afrique du Sud a en outre noté que l’énorme problème du financement était de nouveau soulevé dans le rapport du Secrétaire général, « qui presse les États Membres à examiner d’urgence la mise en place d’un appui financier et logistique prévisible, souple et durable des opérations de maintien de la paix menées par l’Union africaine, au nom précisément de la communauté internationale ».  Pour M. Sangqu, les réunions entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine doivent être l’occasion d’examiner de manière approfondie les options mises sur la table par le Secrétaire général et de prendre rapidement des mesures concrètes pour les mettre en œuvre. 

M. PEDRO SERRANO, Chef par intérim de la délégation de l’Union européenne, a déclaré que les Nations Unies devraient avoir avec les organisations régionales des partenariats stratégiques et que  l’Union européenne  croyait en tels partenariats.  L’Union européenne se félicite des propositions du Secrétaire général pour renforcer le partenariat avec l’Union africaine et estime que cette coopération s’est concrètement améliorée ces dernières années.  M. Serrano s’est ainsi félicité de la création de l’Équipe spéciale conjointe sur la paix et la sécurité « Union africaine-ONU » et de l’ouverture du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) à Addis-Abeda.

L’Union européenne se félicite des efforts louables de l’Union africaine en matière de paix et sécurité, a déclaré M. Serrano, qui a rappelé que l’Union européenne appuyait directement ces missions mais aussi le renforcement progressif des piliers de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS).  Ces efforts, a-t-il précisé, sont organisés dans le cadre d’un Partenariat conjoint Union européenne-Afrique pour la paix et la sécurité et de ses plans d’actions triennaux.  Ce partenariat s’est manifesté dans le cadre d’une architecture financière d’un montant d’un milliard d’euros, a-t-il ajouté.  La Facilité de paix pour l’Afrique représente une « source majeure de financement prévisible, viable et souple pour les opérations de paix dirigées par l’Afrique », a souligné le représentant, qui a rappelé que l’Union européenne avait, à elle seule, fourni 740 millions d’euros depuis 2004, pour le renforcement des capacités et institutions ou encore d’opérations comme l’AMIS au Soudan (à hauteur de 310 millions d’euros), l’AMISOM en Somalie (143 millions) et des autres opérations en République centrafricaine et aux Comores.  M. Serrano a déclaré que le troisième Sommet Afrique-Union européenne, qui aura lieu fin novembre à Tripoli, en Libye, sera l’occasion de dresser le bilan du premier plan d’action triennal du Partenariat et devrait établir les fondations d’une future « feuille de route » sur la base d’un évaluation commune des piliers de l’AAPS, ainsi que de l’exercice AMANI Africa, qui vient juste de s’achever.  L’Union européenne, a conclu M. Serrano, est disposée à renforcer sa contribution au travail des Nations Unies en matière de coopération avec l’Union africaine, et à partager les leçons tirées, en particulier en matière de financement ou d’appui politique ou technique.

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a rappelé que les opérations de maintien de la paix n’étaient pas des activités à court terme mais durent le plus souvent de 5 à 10 ans.  C’est pourquoi les partenariats entre les Nations Unies et les organisations régionales comme l’Union africaine ou l’Union européenne, dans le cadre du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, jouent un rôle croissant, sachant qu’il faut toujours respecter la responsabilité principale du Conseil de sécurité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Pour que les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine soient un succès, l’Union africaine et les Nations Unies doivent établir un partenariat qui ne se limite pas à envisager un soutien direct de l’ONU à l’Union africaine dans le cadre de telles opérations, mais qui aide aussi l’Union africaine à développer ses propres capacités, a déclaré le représentant.  En outre, ce partenariat doit fonctionner dans les deux sens et permettre, par exemple, de renforcer les capacités politiques des Nations Unies, en particulier en matière de diplomatie préventive.  M. Moraes Cabral a fait observer que les deux organisations sont d’accord sur ce diagnostic.  Encore faut-il que tous les partenaires fassent preuve de persistance, de souplesse et d’un engagement politique, a-t-il fait remarquer.

Le représentant a rappelé que de nombreuses mesures avaient été prises depuis la publication du « rapport Prodi ».  Il s’est félicité de la mise en place de l’« équipe spéciale conjointe Union africaine- ONU sur la paix et la sécurité », de l’ouverture du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) et des consultations annuelles entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité.  Il a appuyé la  suggestion du Secrétaire général d’utiliser le Groupe de travail spécial du Conseil de sécurité pour la prévention des conflits en Afrique comme secrétariat informel des travaux entre le Secrétariat et la Commission de l’Union africaine.  En dépit de tous ces efforts en cours, il reste des défis à relever, en particulier au niveau de l’efficacité des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine, a déclaré le représentant, qui a précisé que cela concerne aussi bien les effectifs des opérations de maintien de la paix que leur financement.  Il a reconnu qu’il faudrait assurer un financement plus souple, prévisible et durable de ces opérations, avant d’ajouter qu’il faudrait également faire du pragmatisme pour résoudre ce problème.  Il a par ailleurs estimé que les organisations sous-régionales avaient aussi un rôle à jouer dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité mais qu’il faudrait, là encore, renforcer leurs capacités. 

M. SOLOMON K. MAINA (Kenya) s’est réjoui de la dynamique actuelle visant à renforcer le lien entre les Nations Unies et l’Union africaine, qui s’est notamment traduite par l’établissement en juillet dernier du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) dirigé par l’Ambassadeur Muburi-Muita.  La fusion de plusieurs bureaux des Nations Unies en une seule entité permettra de simplifier les canaux de transmission entre les Nations Unies et l’Union africaine et de remédier aux chevauchements des activités des deux organisations, a-t-il poursuivi.  L’efficacité de l’UNOAU est le signe tangible de la qualité des relations entre les Nations Unies et l’Union africaine, a-t-il dit.

Concernant la question en suspens du financement des opérations de maintien de la paix en dépit des nombreux rapports qui ont été présentés sur le sujet, le représentant a espéré que le renforcement du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine permettra de garantir le financement des opérations de maintien de la paix mandatées par l’ONU et menées par l’Union africaine, tout en en améliorant la flexibilité et la prévisibilité.

S’agissant de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), le représentant a assuré que le Kenya apportait de manière résolue son soutien à l’appel, lancé hier par le Commissaire à la paix et à la sécurité, l’Ambassadeur Ramtane Lamamra, au Conseil de sécurité afin qu’il approuve la capacité d’intervention accrue de l’AMISOM et autorise un dispositif d’appui renforcé à la Mission.  M. Maina a également souhaité que les autres points soulevés par le Commissaire trouvent un écho favorable auprès du Conseil.

M. GARY QUINLAN (Australie) a estimé qu’il était dans l’intérêt de tous que l’Union africaine soit une organisation régionale « forte et crédible et dotée des moyens nécessaires à la réponse aux nombreux défis qui se posent à travers le continent ».  « Il est important que la communauté internationale dans son ensemble reconnaisse l’apport déterminant des pays africains contributeurs de troupes à l’Union africaine », a-t-il dit, avant de souligner le soutien actif de son pays au renforcement de l’Architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine.  « En matière de protection des civils et de formation des Casques bleus, l’Australie contribue, notamment par la création d’un programme de formation en ligne « E-Learning » qui a permis à 200 000 personnes de suivre des cours ou de s’informer, a-t-il indiqué.  En outre, l’Australie effectue des versements au Fonds d’affectation volontaire à l’appui de l’AMISOM en vue de renforcer les capacités de gestion des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine, a assuré M. Quinlan.  En conclusion, il a affirmé que la réponse au problème du financement de « toutes les opérations de paix devrait être collective afin d’aider véritablement les pays sortant d’un conflit à devenir des nations prospères et stables ».

M. GRUM ABAY (Éthiopie) a affirmé que le partenariat stratégique entre les Nations Unies et l’Union africaine  était essentiel pour les synergies entre les deux organisations, et pour maximiser les avantages comparatifs de chacune.  Le rétablissement de la paix et le maintien de la paix sont devenus des responsabilités partagées dans laquelle la communauté internationale a un rôle important à jouer.  En travaillant avec les organisations régionales, elle aiderait les Nations Unies à atteindre leurs objectifs, a estimé le représentant, qui a souhaité que la mise en œuvre du Programme décennal de renforcement des capacités de l’Union africaine soit accélérée.  Investir dans le maintien de la paix en Afrique signifie autonomiser les organes régionaux chargés de la sécurité et de la stabilité futures du continent, a-t-il déclaré.

Le représentant a estimé qu’il était temps d’élaborer des principes clairs et de prendre des mesures concrètes pour faire face aux difficultés du partenariat entre Union africaine et Nations Unies, ajoutant que la MINUAD et l’AMISOM illustraient les types de coopération possibles.   Il a appuyé l’idée d’un recours aux contributions mises en recouvrement des Nations Unies pour soutenir financièrement les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par le Conseil de sécurité.  Le Conseil de sécurité doit démontrer sa résolution et sa volonté politique en fournissant les ressources nécessaires qui permettront de renforcer les capacités de l’Union africaine, a-t-il déclaré. 

M. DAFFA-ALLA ELHAG ALI OSMAN (Soudan) a rappelé que l’appui de l’ONU accordé aux organisations régionales « est consacré dans la Charte des Nations Unies ».  « Il faut financer de manière durable les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par le Conseil de sécurité », a-t-il lui aussi estimé, en soulignant qu’il était important que « la coopération directe stratégique entre le l’ONU et l’Union africaine insiste davantage sur cette question du financement durable ».  Il a également appelé les États Membres à soutenir en ce sens le Programme décennal sur le renforcement des capacités de l’Union africaine et d’augmenter le nombre d’exposés périodiques de représentants de l’Union africaine devant les membres du Conseil de sécurité.  Il s’est par ailleurs dit favorable aux recommandations du Secrétaire général visant l’amélioration de l’action commune à l’ONU et à l’Union africaine.  La priorité doit toutefois aller à la prévention des conflits, l’utilisation des outils à disposition des organisations sous-régionales et régionales en matière de médiation et de diplomatie préventive qui doit être effectuée de manière efficace et rentable, a rappelé le représentant.  Il a en outre affirmé que l’expérience de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour démontrait l’importance de l’appui financier et logistique prévisible et durable de l’ONU aux opérations de la paix menées par l’Union africaine. 

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité rappelle ses résolutions et déclarations présidentielles soulignant combien il importe que des partenariats effectifs soient mis en place entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales, et en particulier l’Union africaine, conformément à la Charte des Nations Unies et aux actes constitutifs de ces organisations.

Le Conseil de sécurité rappelle qu’en vertu de la Charte, c’est à lui qu’incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et qu’une coopération avec les organisations régionales et sous-régionales portant sur les questions de maintien de la paix et de la sécurité internationales et conforme aux dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies peut améliorer la sécurité collective.

Le Conseil de sécurité se félicite que l’Union africaine poursuive ses efforts importants et qu’elle joue, avec ses organisations sous-régionales, un rôle plus actif pour prévenir et régler par la médiation les conflits sur le continent africain, dans la ligne de ses résolutions et décisions, et prend note avec satisfaction des efforts constructifs faits dans la voie de la paix et de la sécurité en Afrique.

Le Conseil de sécurité considère qu’en déployant des opérations de maintien de la paix autorisées par lui, l’Union africaine contribue au maintien de la paix et de la sécurité internationales d’une manière qui correspond bien aux dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.

Le Conseil de sécurité rappelle la déclaration (S/PRST/2009/26) dans laquelle son président priait le Secrétaire général de lui soumettre un rapport d’étape sur l’appui fourni par l’Organisation des Nations Unies à l’Union africaine lorsque celle-ci mène des opérations de maintien de la paix autorisées par l’ONU, faisant suite à son rapport (A/64/359-S/2009/470) qui présentait un exposé détaillé des moyens par lesquels celle-ci pourrait y apporter un soutien efficace, assorti d’une évaluation des recommandations figurant dans le rapport du Groupe d’experts Union africaine-ONU (A/63/666-S/2008/813).

Le Conseil de sécurité prend note avec satisfaction du rapport d’étape du Secrétaire général sur l’appui aux opérations de maintien de la paix de l’Union africaine autorisées par l’ONU (S/2010/514).

Le Conseil de sécurité réaffirme qu’il est important et que lui-même a la ferme volonté de renforcer son partenariat avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, dans le cadre du chapitre VIII, en examinant jusqu’où va leur coopération en ce qui concerne la prévention et la résolution des conflits, le maintien et la consolidation de la paix, y compris le maintien de l’ordre constitutionnel, la promotion des droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit en Afrique, ainsi qu’il est souligné dans les communiqués de leurs membres, notamment celui du 9 juillet 2010 (S/2010/392).

Le Conseil de sécurité réaffirme la nécessité d’améliorer encore les interactions, la coordination et les consultations régulières entre l’ONU et l’Union africaine sur les questions d’intérêt commun.  Il se félicite, à ce propos, de la réunion inaugurale, le 25 septembre 2010, de l’équipe spéciale conjointe ONU-Union africaine sur la paix et la sécurité, qu’il encourage à s’attacher en priorité aux problèmes stratégiques et aux questions nationales spécifiques qui se posent sur le continent et présentent de l’intérêt pour les deux organisations.

Le Conseil de sécurité salue la mise en place, le 1er juillet 2010, du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine, qui reprend les mandats de l’ancien Bureau de liaison, de l’Équipe d’appui aux activités de paix de l’Union africaine, de l’Équipe de planification pour l’AMISOM, ainsi que les éléments de soutien du Mécanisme de coordination conjoint de la MINUAD et de l’UA, y voyant une avancée concrète dans le renforcement de la coopération entre le Secrétariat de l’ONU et la Commission de l’Union africaine.

Le Conseil de sécurité souligne combien il importe que le Programme décennal ONU-Union africaine de renforcement des capacités de l’Union africaine de 2006, qui est axé essentiellement sur la paix et la sécurité, soit mis en œuvre rapidement, en étroite consultation avec les autres partenaires internationaux, et en particulier que la Force d’intervention de l’Union africaine et le système d’alerte rapide à l’échelle du continent deviennent vite opérationnels.  Le Conseil de sécurité appuie les actions menées actuellement pour renforcer l’architecture africaine de paix et de sécurité et renouvelle son appel à la communauté internationale, et en particulier aux donateurs, pour qu’ils donnent corps aux engagements énoncés dans le document final du Sommet mondial de 2005.

Le Conseil de sécurité rappelle qu’il incombe aux organisations régionales de s’assurer les ressources humaines, financières, logistiques et autres dont elles ont besoin, à l’aide des contributions de leurs membres et des concours de leurs partenaires.  Le Conseil se félicite du précieux appui financier que ses partenaires prêtent à l’Union africaine pour ses opérations de maintien de la paix, y compris la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, et demande à tous d’accroître cet appui.

Le Conseil de sécurité réaffirme sa résolution 1809 (2008), dans laquelle il reconnaît qu’il faut rendre plus prévisible, plus durable et plus souple le financement des organisations régionales lorsqu’elles mènent des missions de maintien de la paix sous mandat des Nations Unies.

Le Conseil de sécurité relève que, dans son rapport, le Secrétaire général observe que l’Union africaine prend actuellement des mesures décisives pour renforcer ses moyens institutionnels d’entreprendre des opérations de maintien de la paix avec le soutien de l’ONU et de ses partenaires clefs, mais que l’absence de financement durable, prévisible et souple demeure pour elle l’une des grandes difficultés à surmonter.  Le Conseil de sécurité est fermement résolu à continuer de travailler, conformément aux responsabilités que lui assigne la Charte, à une solution plus prévisible et plus durable de ces difficultés de financement.

Le Conseil de sécurité constate que l’Union africaine poursuit l’action engagée pour renforcer ses capacités institutionnelles en vue de pouvoir programmer, gérer et déployer efficacement ses opérations de maintien de la paix.  À ce propos, le Conseil invite l’Union africaine à tâcher de mettre en œuvre un cadre stratégique global de renforcement à long terme des capacités, en consultation avec l’ONU et ses autres partenaires internationaux.

Le Conseil de sécurité prend note de l’intention du Secrétaire général de lui soumettre dans les six mois un rapport qui, entre autres choses, définisse la vision stratégique qu’a le Secrétariat de l’ONU de la coopération de l’Organisation avec l’Union africaine en matière de paix et de sécurité.  Le Conseil attend avec intérêt ce rapport, qui devrait prendre en considération les enseignements tirés de l’expérience des divers partenaires, au premier rang desquels la MINUAD et l’AMISOM.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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