Violences sexuelles en RDC: encouragée par les récentes arrestations, la Représentante spéciale plaide pour une intensification de la lutte contre l’impunité

14 octobre 2010
CS/10055

Violences sexuelles en RDC: encouragée par les récentes arrestations, la Représentante spéciale plaide pour une intensification de la lutte contre l’impunité

14/10/2010
Conseil de sécurité
CS/10055
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6400e séance – après-midi


VIOLENCES SEXUELLES EN RDC: ENCOURAGÉE PAR LES RÉCENTES ARRESTATIONS, LA REPRÉSENTANTE

SPÉCIALE PLAIDE POUR UNE INTENSIFICATION DE LA LUTTE CONTRE L’IMPUNITÉ


La Représentante spéciale chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits armés, Mme Margot Wallström, a alerté, cet après-midi, le Conseil de sécurité sur la situation en République démocratique du Congo (RDC).  De retour d’une visite qu’elle a effectuée dans le pays du 27 septembre au 6 octobre, notamment dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, Mme Wallström a axé son exposé sur la région de Walikale, où ont été perpétrés récemment des viols massifs. 


« Un rat mort vaut mieux que le corps d’une femme », lui avait dit une jeune victime de viol très bouleversée, lorsqu’elle s’était rendue à Walikale.  Après avoir égrené les atrocités commises dans la région, dont les viols de femmes âgées « qui ont laissé des communautés entières sous le choc », elle a assuré que les femmes qu’elle avait rencontrées ne réclamaient qu’une chose: « la paix ».  « Mais nous ne pouvons pas attendre que la paix apporte le calme dans la vie de ces femmes.  Nous devons, dès à présent, insister sur le fait que partout où la violence sexuelle est planifiée et orchestrée en tant que tactique de guerre, nous devons y faire obstacle », a-t-elle lancé. 


La Représentante spéciale a ainsi souligné que dès qu’elle avait pris connaissance des viols massifs commis dans la région de Walikale, elle avait demandé au Conseil de sécurité de « s’assurer que les auteurs de ces actes et leurs commanditaires ne puissent s’échapper dans la nuit ». 


Elle s’est alors félicitée de l’arrestation, cette semaine à Paris, de Callixte Mbarushimana, le secrétaire exécutif des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), « l’un des groupes rebelles impliqués dans les atrocités ».  Également cette semaine, a-t-elle dit, des Casques bleus ont arrêté le lieutenant colonel Sadoke Kokunda Mayele, qui a été identifié par des victimes comme l’un des meneurs du groupe rebelle Maï Maï Cheka, l’une des milices présumées coupables des viols massifs de Walikale.  « J’exhorte le Gouvernement de la République démocratique du Congo à assurer que le procès de M. Mayele serve d’exemple et à engager rapidement une enquête complète sur ces viols », a-t-elle demandé.


Poursuivant son exposé, Margot Wallström a estimé que la menace de sanctions du Conseil de sécurité contre des auteurs de violences sexuelles ne doit pas être sous-estimée car, a-t-elle fait remarquer, cela « a fait la différence dans l’affaire Mayele ».  « Par conséquent, je réitère mon appel au Conseil de mettre davantage l’accent sur les crimes sexuels dans les travaux du Comité des sanctions concernant la RDC, ce dernier devant ajouter à sa Liste le lieutenant des FDLR, M. Serafim », a-t-elle dit. 


La Représentante spéciale a souligné qu’il faudrait « profiter de l’élan actuel créé par les récentes arrestations pour aller plus loin dans la lutte contre l’impunité ».  « Les arrestations doivent servir de signal aux auteurs de violence sexuelle partout dans le monde », a-t-elle considéré, en insistant pour qu’ils soient exclus de toutes les mesures d’amnistie. 


« En RDC, les portes de la politique et de la gouvernance doivent leur être fermées », a renchéri Mme Wallström.


Parmi les mesures à prendre dans les régions les plus affectées, elle a notamment préconisé le déploiement d’unités de la Police nationale dans la région de Walikale « afin d’assurer la protection d’une équipe d’enquête qui doit être rapidement dépêchée sur place par l’Auditeur militaire du Nord-Kivu ».  « J’ai aussi demandé que les Casques bleus continuent de faire rapport sur les cas de viols et autres exactions et de partager leurs informations avec les sections civiles de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) », a également souligné Mme Wallström.


Il est en outre indispensable, a-t-elle dit, que les investigations prennent en compte la convoitise que suscitent les ressources minérales dans la région de Walikale, qu’elle a qualifiées de « l’une des causes profondes du conflit et des violences sexuelles ». 


Concernant le renforcement de la MONUSCO, la Représentante spéciale a demandé au Conseil de sécurité de faire en sorte que son mandat soit appuyé par des ressources financières adéquates et que les États Membres les plus influents la soutiennent politiquement.  « Nous avons mis au défi nos Casques bleus d’adopter une posture plus robuste pour protéger les civils et cela doit aller de pair avec une posture politique, elle-même plus robuste », a-t-elle rappelé.  Avant de conclure, Mme Wallström a appelé toutes les institutions concernées du système des Nations Unies à mettre en œuvre la Stratégie globale pour combattre la violence sexuelle en RDC, dans le cadre du Groupe sur la violence sexuelle de la MONUSCO.  Ce Groupe, a-t-elle souligné, doit disposer de ressources humaines adéquates pour lui permettre de s’acquitter efficacement de son mandat.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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