De retour de mission en Afrique, le Conseil de sécurité souligne l’importance que les référendums aient lieu dans les temps et s’inquiète des violences au Darfour

14 octobre 2010
CS/10052

De retour de mission en Afrique, le Conseil de sécurité souligne l’importance que les référendums aient lieu dans les temps et s’inquiète des violences au Darfour

14/10/2010
Conseil de sécurité
CS/10052
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Conseil de sécurité

6397e séance – matin


DE RETOUR DE MISSION EN AFRIQUE, LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SOULIGNE L’IMPORTANCE QUE LES RÉFÉRENDUMS

AIENT LIEU DANS LES TEMPS ET S’INQUIÈTE DES VIOLENCES AU DARFOUR


Le Conseil de sécurité a entendu, ce matin, les exposés des Représentants permanents des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Ouganda qui ont conduit conjointement la mission du Conseil en Afrique, du 4 au 10 octobre 2010. 


La délégation du Conseil a notamment effectué des visites au Sud-Soudan et au Darfour pour réaffirmer son soutien à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  À quatre mois des référendums sur l’autodétermination du Sud-Soudan et le statut de la zone d’Abyei, les trois chefs de la délégation du Conseil ont souligné la nécessité que la consultation, clef de voûte de l’Accord de paix global de 2005, ait lieu dans les temps et que ses résultats soient totalement acceptés par l’ensemble des parties.  Ils ont également exprimé leurs vives préoccupations concernant la persistance des violences dont sont victimes les civils et le personnel humanitaire au Darfour.


La représentante des États-Unis, Mme Susan Rice, a d’abord décrit la partie de la visite du Conseil faite au Sud-Soudan, en précisant qu’elle était destinée à montrer que le Conseil « est uni dans sa volonté de voir que le référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan se déroulera à la date prévue dans le cadre d’un processus électoral crédible et que ses résultats, quels qu’ils soient, seront respectés ».  Le Conseil voulait également souligner que la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) doit avoir un accès libre et qu’elle peut continuer à contribuer à l’amélioration de la situation économique au lendemain du scrutin, a ajouté Mme Rice.


La représentante des États-Unis a également décrit la rencontre que la mission du Conseil a eue à Juba avec le Président du Sud-Soudan, M.Salva Kiir Mayardit, « qui a affirmé au Conseil que la population attend avec impatience le référendum ».  M. Kiir a aussi fait part de ses craintes que le Nord se prépare à la guerre et a proposé la création d’une zone tampon démilitarisée de 16 km (10 miles) de part et d’autre de la limite entre le Nord-Soudan et le Sud-Soudan, a-t-elle dit.  Mme Rice a précisé qu’il avait assuré les membres du Conseil que, si le référendum au Sud-Soudan n’avait pas lieu, le Sud ne ferait pas de déclaration unilatérale d’indépendance mais organiserait, au contraire, pour la population locale son propre référendum. 


La représentante des États-Unis a aussi mentionné les autres personnes et organisations que la mission du Conseil de sécurité a rencontrées lors de sa visite à Juba.  Les membres du Conseil, a-t-elle ajouté, ont effectué une visite dans un centre de formation de la police qui, selon elle, « témoigne de l’engagement des autorités du Sud-Soudan à renforcer les capacités et institutions locales ».  Mme Rice a précisé qu’en raison de difficultés techniques de leur avion, les membres du Conseil de sécurité n’avaient pu se rendre en dehors de Juba pour une visite de terrain.  Elle a conclu en estimant qu’il y avait au Sud-Soudan à la fois espoir et crainte: la population attend la date du référendum mais elle craint qu’il n’apporte pas de réponse et qu’un conflit violent ne reprenne, a-t-elle expliqué.


Pour sa part, le représentant du Royaume-Uni, M. Mark Lyall Grant, est revenu sur les réunions que la délégation du Conseil a tenues au Darfour et à Khartoum. 


« Lors de notre rencontre le 7 octobre à Al-Fasher avec le Chef de la MINUAD, M. Ibrahim Gambari, ce dernier nous a confié ses inquiétudes quant à la situation en matière de sécurité dans la zone, marquée par la violence des affrontements entre groupes rebelles et les attaques prenant pour cibles la présence des Nations Unies, les civils et le personnel humanitaire », a indiqué M. Grant.  « Le soir même de notre arrivée, nous avons appris que des membres de la MINUAD avaient été enlevés », a-t-il ajouté.  M. Grant a également expliqué que les représentants d’organisations non gouvernementales (ONG) déployées au Darfour lui avaient fait part des difficultés auxquelles ils étaient confrontés pour accéder aux populations dans le besoin et mener normalement leurs activités.  


« Avant notre départ pour Khartoum, la délégation du Conseil de sécurité s’est rendue dans le camp de personnes déplacées d’Abou Shouk, où nous avons rencontré des réfugiés qui y vivaient depuis 6 ou 7 ans », a poursuivi M. Grant.  C’est en discutant avec eux que nous avons mieux compris que l’alimentation et les soins représentaient pour eux de véritables inquiétudes et que leur volonté de rentrer chez eux se heurtait au manque de sécurité et à la peur, a-t-il dit.  Le représentant du Royaume-Uni a ensuite indiqué que, de leurs côtés, les membres du Gouvernement soudanais avaient réaffirmé devant la délégation du Conseil leur engagement pour appuyer les progrès qui seront enregistrés au Darfour, « en facilitant justement le retour volontaire des réfugiés ».  Nous avons de nouveau demandé au Gouvernement du Soudan de collaborer avec l’ONU, afin de convaincre tous les rebelles à rejoindre l’Accord de paix global, a-t-il souligné.   


Concernant les réunions de la mission du Conseil à Khartoum, M. Grant a fait savoir que le Vice-Président soudanais, M. Ali Osmane Taha, avait répété ce qu’il avait dit lors de la réunion organisée à New York par le Secrétaire général le 14 septembre dernier.  « Les autorités du pays, a-t-il réitéré, restent engagés à mettre pleinement en œuvre l’Accord de paix et à assurer la tenue dans les temps des référendums, dont ils respecteront totalement les résultats. »  « La direction de la Commission chargéed’organiser le référendumd’indépendanceduSud-Soudan lancera le processus d’enregistrement le 14 novembre ».  Tout en notant que cet échéancier est très serré, l’Ambassadeur Grant a déclaré que les représentants du Sud et du Nord que la délégation a rencontrés avaient pour principal souci que l’intégrité du processus  des référendums soit assurée.


À son tour, le représentant de l’Ouganda et responsable du segment de la mission du Conseil consacré à l’Ouganda, l’Ambassadeur Ruhakana Rugunda, a indiqué que lors de la visite de la base logistique des Nations Unies à Entebbe, « les membres du Conseil avaient pu se rendre compte du degré d’appui dont bénéficient désormais les missions de l’ONU en Afrique, en particulier la MONUSCO ».  La base permet également de soutenir l’action des institutions des Nations Unies et les centres régionaux, en facilitant la prestation de services et une utilisation plus rentable des ressources, a-t-il ajouté. 


M. Rugunda a par ailleurs attiré l’attention sur la rencontre de la délégation du Conseil avec le Président de l’Ouganda, M. Yoweri Museveni.  « Le dialogue a été très franc, notamment sur la situation au Soudan, le Président Museveni estimant que l’Accord de paix global est un compromis auquel les parties sont parvenues après des années de conflit et, c’est pourquoi il doit être pleinement mis en œuvre afin que les aspirations du peuple soudanais deviennent une réalité ».  « Le Président Museveni a mis en garde contre toute tentative visant à interrompre le processus de paix qui serait, selon lui, susceptible de provoquer une reprise du conflit », a renchéri le représentant. 


Le Président Museveni, a indiqué le représentant de l’Ouganda, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, avait également déclaré que la communauté internationale doit appuyer le Gouvernement fédéral de la Somalie et que l’Union africaine (UA) continuera de soutenir le processus de paix de Djibouti, « un accord politique dans lequel se retrouve le peuple somalien ».  S’agissant de la lutte, au niveau régional, contre l’Armée de résistance du Seigneur (ARS), le représentant de l’Ouganda a assuré  que le Président Museveni avait salué la coopération entre les États pour faire face à une menace qu’il a qualifiée de « maîtrisable à court terme ».


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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