Le Conseil de sécurité examine les efforts déployés par la MINUSTAH pour aider Haïti à se redresser et à tenir des élections

13 septembre 2010
CS/10026

Le Conseil de sécurité examine les efforts déployés par la MINUSTAH pour aider Haïti à se redresser et à tenir des élections

13/09/2010
Conseil de sécurité
CS/10026
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6382e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LES EFFORTS DÉPLOYÉS PAR LA MINUSTAH

POUR AIDER HAÏTI À SE REDRESSER ET À TENIR DES ÉLECTIONS


Les délégations soulignent l’importance des élections présidentielle

et législatives de la mi-novembre, étape essentielle de la consolidation démocratique


Les élections présidentielle et législatives qui auront lieu en Haïti le 28 novembre prochain représentent « une étape importante dans le processus de consolidation démocratique », a souligné ce matin devant le Conseil de sécurité M. Edmond Mulet, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).  M. Léo Mérorès, Représentant permanent d’Haïti auprès des Nations Unies, a assuré que tout serait mis en œuvre par son gouvernement pour organiser des élections crédibles et transparentes. 


La MINUSTAH a contribué à l’émergence d’un consensus politique sur ces élections organisées par le Gouvernement d’Haïti, s’est réjoui M. Mulet, qui a aussi félicité les 66 partis et coalitions politiques qui participeront aux divers scrutins.  Il a expliqué que la Mission et ses partenaires sur le terrain fournissent un appui logistique et de sécurité.


Huit mois après le tremblement de terre qui a affecté Haïti et y cause encore à ce jour 1,3 million de déplacés, les 24 délégations qui examinaient ce matin au Conseil de sécurité le rapport* du Secrétaire général sur la MINUSTAH ont soutenu les efforts de la Mission, du Gouvernement haïtien et de la communauté internationale, qui vont dans le sens du renforcement de l’état de droit.  Haïti aborde maintenant une période de changement qui sera déterminante pour sa stabilité future, souligne M. Ban Ki-moon dans ce rapport.


Au cours de la période des cinq derniers mois que couvre ce rapport, la MINUSTAH a renforcé ses capacités, en recrutant du personnel civil supplémentaire et en déployant les militaires et le personnel de police supplémentaires autorisés par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 1908 (2010) et 1927 (2010).  Outre le soutien aux élections, la Mission a pris des mesures pour protéger les groupes vulnérables, notamment les femmes et les enfants déplacés, indique le Secrétaire général dans ce document.


Les besoins humanitaires immédiats des déplacés ayant été largement comblés depuis le 12 janvier, les problèmes les plus importants qui se posent actuellement en Haïti sont la violence sexuelle et sexiste dans les camps de déplacés, l’éviction forcée de personnes déplacées et les conséquences du trafic de drogues et d’armes.  Cela entraîne des conditions de sécurité précaires dans le pays, a précisé M. Mulet, qui a aussi parlé de la menace posée par les ouragans.


Les différentes délégations participant au débat se sont félicitées de l’aide apportée par la MINUSTAH au Gouvernement haïtien pour faire face à ces défis, comme le soutien apporté au contrôle des frontières pour parer au trafic de drogues.  M. Mulet a également mentionné un plan de contingence qui a été préparé pour faire face à la saison cyclonique qui entre dans sa période critique.


Afin de lutter contre la violence faite aux femmes, la Mission a mis sur pied une « unité multidisciplinaire de camps de déplacés » qui fournit un appui à la Police nationale d’Haïti.  Beaucoup de délégations ont aussi apprécié le plan opérationnel sur ces questions mis en place par l’ONU.


Au vu de tout ce qu’il reste à accomplir, plusieurs délégations, notamment celles des États-Unis, de la Chine, du Japon et de l’Autriche, ont indiqué qu’elles partageaient l’avis du Secrétaire général selon lequel il faudra maintenir les effectifs de militaires et de police de la MINUSTAH à leur niveau actuel, jusqu’à ce qu’une évaluation des conditions de sécurité soit effectuée, ce qui aura lieu après l’entrée en fonctions du nouveau président et du nouveau gouvernement d’Haïti.


Le Gouvernement haïtien n’en reste pas moins l’acteur principal de la reconstruction, a tenu à souligner le représentant de la Fédération de Russie, se félicitant à cet égard de la création de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, qui est coprésidée par le Premier Ministre haïtien, M. Jean-Max Bellerive et l’ancien Président américain Bill Clinton.  Même si moins de 10% des contributions annoncées devraient passer par le Fonds pour la reconstruction, cette Commission a approuvé 29 projets pour un montant total de 1,66 milliard de dollars, a précisé M. Mulet.  La mise en place de cette Commission a permis de coordonner les efforts de reconstruction du pays, a souligné le représentant de l’Uruguay, qui s’exprimait au nom du Groupe des amis d’Haïti.


Quelques États Membres de l’ONU prenant part au débat du Conseil ont annoncé ou précisé leur contribution financière à la reconstruction d’Haïti.  Le Nigéria a ainsi précisé qu’il allait prochainement verser un chèque de 5 millions de dollars.  Le représentant du Canada a quant à lui rappelé qu’Haïti était le premier bénéficiaire de l’aide canadienne.  De son côté, le représentant d’Haïti, M. Mérorès, s’est inquiété de constater que seulement 18% des sommes promises ont été versées jusqu’à présent.


*     S/2010/446


LA SITUATION CONCERNANT HAÏTI


Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (S/2010/446)


Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, dans ce rapport, rend compte des principaux événements survenus en Haïti entre le 22 avril 2010, date de son rapport (S/2010/200 et Corr.1), et le 31 août 2010.  Au cours de cette période, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), dont le mandat actuel expire le 15 octobre 2010, a renforcé ses capacités, en recrutant du personnel civil supplémentaire et en déployant les militaires et le personnel de police supplémentaires autorisés par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 1908 (2010) et 1927 (2010).  Parallèlement, elle s’est efforcée de faire face aux difficultés, prenant des mesures pour protéger les groupes vulnérables et se préparant à apporter son appui pour les élections.


Sous la direction de son Gouvernement et avec l’appui de la communauté internationale, Haïti a réussi à éviter le ressac de la catastrophe, qui aurait pu être fait d’épidémies et de troubles sociaux.  Il n’en reste pas moins que, des centaines de milliers de personnes allant probablement rester dans des camps ou des abris improvisés pendant les 12 prochains mois, la situation politique, sociale et économique restera fragile.  Le rapport mentionne aussi les difficultés posées par l’évacuation des décombres et estime vital que la reconstruction progresse.


Haïti aborde maintenant une période de changement qui sera déterminante pour sa stabilité future, avertit le Secrétaire général.  Le problème le plus immédiat, en dehors de la reconstruction, est l’organisation des élections présidentielle et législatives qui doivent être crédibles et régulières, afin que le nouveau président et le nouveau gouvernement disposent d’un mandat clair et incontesté pour diriger la reconstruction.  La communauté internationale se doit d’honorer son engagement d’apporter son appui au déroulement des élections, notamment en envoyant suffisamment d’observateurs pour que le processus inspire confiance.


La MINUSTAH, qui a déjà apporté un appui au Gouvernement haïtien et au Conseil électoral provisoire (CEP) sur les plans technique, logistique et de la sécurité dans le cadre de la préparation des élections, continuera d’apporter un appui inébranlable, même pendant la période qui suivra les élections.  Il faut pour cela que les effectifs de militaires et les effectifs de police soient maintenus à leur niveau actuel, jusqu’à ce qu’une évaluation des conditions de sécurité soit effectuée, après l’entrée en fonctions du nouveau président et du nouveau gouvernement.


Les autres tâches importantes à accomplir sur le plan politique sont notamment l’achèvement de la réforme constitutionnelle lancée par le Gouvernement du Président Préval, qui vise à simplifier le cycle électoral et à accroître la participation économique de la diaspora.


En ce qui concerne la réinstallation des personnes déplacées dans des habitations permanentes, dans de bonnes conditions de durabilité, il faudra que les décideurs règlent les questions complexes touchant aux terres, à la propriété et aux droits des loueurs et des locataires.  Il faudra aussi trouver un équilibre entre la fourniture de services essentiels à la population déplacée et la nécessité d’inciter ceux qui vivent dans les camps à rejoindre leur localité ou leur quartier d’origine.  Le Secrétaire général relève cependant que la majorité des déplacés sont des citadins généralement pauvres qui vivaient déjà dans des conditions comparables à celles des camps, voire pires.


Il faudra aussi s’efforcer, dans le processus de décentralisation prévu par le plan d’action du Gouvernement, de renverser l’afflux de ruraux dans les villes causé par l’effondrement du secteur agricole dans les années 80.  Le Secrétaire général juge donc nécessaire d’avoir une stratégie claire, réfléchie et globale pour la réinstallation des victimes du tremblement de terre et les pauvres citadins.  Selon le Gouvernement haïtien, il reste 1,3 million de déplacés dans le pays, répartis entre quelque 1 300 camps improvisés.


La protection des populations déplacées et des groupes vulnérables, notamment des femmes et des enfants, est une des premières priorités de la MINUSTAH et de ses partenaires internationaux.  Certains progrès ont certes été accomplis depuis avril, mais il reste beaucoup à faire, note le Secrétaire général.


M. Ban soulève aussi le problème du transfert de drogue acheminée par Haïti, qui risque d’entraver toute action menée par le Gouvernement ou la communauté internationale pour parvenir à la stabilité politique.  La quantité de cocaïne passant par le pays en route pour les États-Unis, déjà importante avant le mois de janvier, aurait augmenté depuis, du fait de l’affaiblissement de l’autorité de l’État causé par le tremblement de terre.  L’argent de la drogue a en outre eu un effet corrosif sur les institutions chargées de faire respecter l’état de droit.


Pour appuyer la lutte menée par le Gouvernement contre le trafic de drogues, les militaires et la police de la MINUSTAH, agissant de concert avec la Police nationale et les autorités chargées de l’immigration et des douanes, apportent une aide accrue en matière de gestion des frontières, notamment en intensifiant le patrouillage sur terre et sur mer et la surveillance aérienne.  Il faut néanmoins faire davantage pour lutter collectivement contre ces activités illicites, avec notamment une assistance accrue des partenaires d’Haïti.


M. Ban souligne aussi les efforts déployés et la générosité manifestée par la communauté internationale, particulièrement les voisins d’Haïti, pour aider à reconstruire Haïti.  Le Secrétaire général se félicite de la création de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, tout en avertissant qu’on s’attend à ce que moins de 10% des sommes annoncées passent par le Fonds.  Il estime pourtant que l’aide apportée à Haïti aidera mieux le Gouvernement si elle passe par la Commission plutôt que par des arrangements bilatéraux.


Enfin, le Secrétaire général note que le savoir-faire logistique et technique que le Conseil de sécurité a autorisé la MINUSTAH à fournir aux autorités haïtiennes ne sont que des palliatifs en attendant que de nouvelles structures soient en place pour appuyer les capacités d’Haïti.  Les donateurs et les autres fournisseurs d’aide internationaux ne doivent pas oublier la magnitude du tremblement de terre de janvier.  Il faudra aussi que le Gouvernement haïtien sache prendre les décisions voulues et que la communauté internationale continue de l’appuyer.


Déclarations


M. EDMOND MULET, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), s’est réjoui de la décision du Gouvernement d’Haïti de convoquer les citoyens aux urnes le 28 novembre prochain, pour des élections qui représentent une étape importante dans le processus de consolidation démocratique.  Il est donc primordial que celles-ci soient crédibles et légitimes, afin de mener à la formation d’un gouvernement et d’une assemblée nationale disposant de mandats clairs et incontestés, a-t-il noté, soulignant aussi l’importance d’une participation aussi large que possible de la population.  La MINUSTAH a contribué à l’émergence d’un consensus politique sur ces élections, s’est réjoui M. Mulet, qui a aussi félicité les 66 partis et coalitions politiques qui y participeront.  Il a expliqué que la MINUSTAH, en collaboration avec l’Organisation des États américains (OEA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ses autres partenaires sur le terrain, fera sa part en fournissant un appui logistique et de sécurité, et en coordonnant l’assistance électorale internationale.


La situation sécuritaire en Haïti demeure généralement calme, bien que fragile, a poursuivi M. Mulet.  Malgré la hausse de la criminalité depuis le 12 janvier, le nombre d’incidents est comparable à celui de 2009, a-t-il précisé.  Il a cependant expliqué que la faiblesse des institutions, conjuguée à la présence des camps de déplacés, à la résurgence des activités de gangs et à l’instabilité qui caractérise les périodes électorales en Haïti, contribuent à créer un environnement sécuritaire volatile.  Il s’est préoccupé notamment de la situation dans les camps, où les groupes vulnérables sont susceptibles d’être victimes de violences sexuelles et sexistes.  C’est pourquoi la MINUSTAH a mis sur pied une unité multidisciplinaire de camps de déplacés qui fournit un appui à la Police nationale d’Haïti.  Il est toutefois impossible d’assurer une couverture sécuritaire complète des 1 300 camps, a-t-il averti.


Concernant la population de personnes déplacées, qui est évaluée à 1,3 million d’individus, M. Mulet a indiqué que le rythme de leur retour demeure lent, et que la reconstruction est freinée par la présence de débris et l’absence de cadastre.  Il faut trouver un certain équilibre entre l’apport de services d’urgence aux populations déplacées et l’exigence d’encourager leur retour dans leur communauté d’origine, ce qui passera par la fourniture d’abris adéquats et de services de base, a noté le Représentant spécial du Secrétaire général.  M. Mulet a aussi mentionné le problème de l’éviction forcée de personnes déplacées, et a appelé à une protection des droits de ces victimes par un moratoire officiel.  Les besoins humanitaires immédiats des déplacés ont été largement comblés depuis le 12 janvier, a ajouté le Représentant spécial.  Les Nations Unies et leurs partenaires prévoient de construire 139 000 abris transitoires en matériaux solides pour la mi-2011, a-t-il précisé.  La MINUSTAH et l’Équipe de pays des Nations Unies ont aussi appuyé les autorités haïtiennes pour préparer une réponse à la saison cyclonique, a dit M. Mulet.  Il a aussi mentionné la création de la Commission présidentielle de relocalisation.


M. Mulet a encore mentionné les travaux de la Commission, coprésidée par le Premier Ministre haïtien Jean-Max Bellerive et l’ancien Président américain Bill Clinton.  Cette Commission a approuvé dernièrement 29 projets pour un total de 1,66 milliard de dollars, 8 d’entre eux étant présentés par les Nations Unies qui doivent mobiliser plus de 200 millions de dollars pour leur mise en œuvre.  M. Mulet a aussi précisé que 506 millions de dollars, soit 18,9% des promesses de fonds annoncées pour 2010, ont été déboursés.  Pour apporter au Gouvernement haïtien un appui logistique et des compétences techniques, la MINUSTAH propose de lui fournir un appui ponctuel afin de permettre à l’assistance des bailleurs de fonds de se matérialiser.  Un plan a donc été développé pour fournir des locaux temporaires, notamment au Ministère de la justice et de la sécurité publique.  Le coût de l’appui logistique est estimé à 7,9 millions de dollars pour la période budgétaire en cours.


Si l’appui de la MINUSTAH au Conseil électoral provisoire (CEP) a permis jusqu’à maintenant de respecter le calendrier électoral, a poursuivi M. Mulet, celui-ci est très serré, et le CEP doit continuer de veiller à ce que les élections se tiennent bien le 28 novembre.  Les prochaines étapes seront le lancement de la campagne électorale le 27 septembre et l’affichage de la liste électorale.  M. Mulet a attiré l’attention sur la complexité du processus d’enregistrement des électeurs ayant perdu leur carte d’identité, ce qui représente une part importante de la population déplacée.  Le Représentant spécial a donc prié l’Office national d’identification et ses partenaires de redoubler d’efforts afin de permettre aux victimes du séisme d’exercer leurs droits constitutionnels.


Sur le plan humanitaire, l’Office international pour les migrations (OIM) a complété l’enregistrement d’environ 1,25 million de personnes déplacées, a indiqué M. Mulet, et près de 12 000 abris transitoires ont été construits.  En outre, a-t-il ajouté, un plan de contingence pour la saison cyclonique a été préparé, y compris le prépositionnement de matériaux et de nourriture à destination de 600 000 personnes.  S’agissant de la protection des personnes vulnérables, l’ONU a mis en place en Haïti un plan opérationnel pour traiter les problèmes de violence sexuelle et basée sur le genre.  Une campagne d’information publique a été lancée, tandis que l’Unité de camps de placés, forte de 200 policiers UNPOL, continue d’assurer une présence permanente dans 6 camps à haut risque, où vivent plus de 135 000 personnes, et ses effectifs patrouillent quotidiennement 70 autres camps prioritaires préidentifiés, a précisé le Représentant spécial.  Enfin, en matière de justice, de modestes progrès ont été faits ces dernières semaines, mais il faudra consolider ces efforts pour rétablir l’état de droit dans le pays.


En conclusion, M. Mulet a expliqué qu’en dépit de la dévastation causée par le séisme du 12 janvier dernier, Haïti n’avait pas connu une deuxième vague de désastres épidémiques ou de troubles sociaux.  Toutefois, a-t-il prévenu, ce succès relatif demeure précaire.  L’État haïtien est confronté à des défis à court et à long termes tels que l’organisation des élections; le maintien de l’ordre dans les camps; la reconstruction et les difficultés posées par les débris; et la relocalisation des déplacés, qui dépend largement de la disponibilité d’abris transitoires et permanents.  Pour relever ces défis, Haïti devra compter sur le leadership décisif de son Gouvernement et sur l’appui de la communauté internationale.  Des élections dont les résultats seront acceptés par tous les Haïtiens représentent une étape importante dans cette direction, a conclu Edmond Mulet.


M. LÉO MÉRORÈS (Haïti) a assuré le Conseil de sécurité que tout serait mis en œuvre par le Gouvernement d’Haïti pour organiser des élections présidentielles crédibles et transparentes.  Le travail de reconstruction dépendra en effet de la légitimité du prochain gouvernement démocratiquement élu, a reconnu le représentant.  Il s’est félicité de ce que la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti ait approuvé un certain nombre de projets, en dépit d’un déficit initial de ressources.  M. Mérorès a donc lancé un appel à la communauté des donateurs pour qu’elle fasse preuve d’une générosité continue à l’égard de son pays, tout en l’assurant de la gestion transparente des fonds destinés à la reconstruction.


M. Mérorès a rappelé que la situation sécuritaire était toujours précaire, avec 1,3 million de personnes déplacées à la suite du séisme de janvier.  Le chantier de la reconstruction est donc urgent, a-t-il souligné, indiquant que son impact sur la sécurité ne saurait être négligé.  C’est la raison pour laquelle il est important de veiller à ce que les sommes promises soient décaissées dans les meilleurs délais, a souligné le représentant.  Il a affirmé au Conseil de sécurité que son gouvernement ne souhaitait rien d’autre que préparer le terrain pour celui qui lui succèdera afin de faciliter la transition dans les efforts de reconstruction.  Mais il s’est inquiété de constater que seulement 18% des sommes promises ont été versées jusqu’à présent.  « De son côté, mon gouvernement fait tout son possible pour veiller à une gestion transparente des fonds », a insisté le représentant haïtien en conclusion.


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a relevé les progrès accomplis en vue de la tenue des élections en novembre prochain, malgré une situation encore fragile en Haïti.  Elle a salué les efforts menés par la MINUSTAH pour aider la Police nationale haïtienne en vue de créer un environnement sûr et stable dans le pays.  Préoccupée par ailleurs par la situation des personnes déplacées qui se trouvent dans les camps et de l’ampleur de la violence sexuelle et sexiste qui y sévit, elle a indiqué que sa délégation appréciait les efforts déployés par la Mission pour faire face à ce problème.  Elle a aussi salué l’approche adoptée par la Mission, qui est davantage centrée sur les communautés, appelant à tenir davantage compte des femmes dans le processus de reconstruction.  Rappelant que les trafics de drogues et d’arme sont des facteurs négatifs dans la reconstruction, elle a demandé à la MINUSTAH d’examiner ses capacités en ce qui concerne la lutte active contre ce fléau.  En ce qui concerne la réduction des forces de la Mission, elle a averti qu’il fallait, avant de la mettre en œuvre, tenir compte de l’évolution de la situation sécuritaire sur le terrain.  Les États-Unis veulent doubler leur contingent dans les mois à venir, a-t-elle enfin annoncé.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a souligné l’importance d’un « leadership vigoureux » de la part du prochain gouvernement dans l’effort de reconstruction d’Haïti.  Selon elle, le niveau actuel des contingents autorisés de la MINUSTAH doit être maintenu pour assurer la sécurité des personnes en situation vulnérable, en particulier des femmes et des enfants vivant dans les camps de personnes déplacées.  Cette tâche sera facilitée par le renforcement des capacités de la police et de l’armée haïtienne, a-t-elle souligné.  Huit mois après la tragédie, il est rassurant de constater que des progrès ont été accomplis.  Mais le redressement est loin d’être achevé, a estimé la représentante, pour qui trois domaines doivent être privilégiés: le retrait des débris, l’identification et la préparation des terres pour la réinstallation et la mise en œuvre immédiate des projets de reconstruction.  Il faut maintenant veiller à leur financement adéquat, a dit Mme Ribeiro Viotti.  La mise en place de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et du Fonds pour la reconstruction d’Haïti ont été des étapes importantes, mais elle s’est dite inquiète de constater que moins de 10% de l’aide annoncée sera versée au Fonds.  Il est donc crucial que les sommes promises soient rapidement décaissées, a souligné la délégation en conclusion.


M. MARTIN BRIENS (France) a estimé que le dispositif de la MINUSTAH, dont le personnel travaille sans relâche, jouait un rôle essentiel en Haïti.  Il est essentiel que les élections se déroulent dans les meilleures conditions possibles pour permettre aux dirigeants haïtiens de mener à bien le projet de reconstruction du pays, a-t-il poursuivi.  Il a noté que la MINUSTAH fournissait un appui important à ce processus et qu’elle continuait à renforcer l’état de droit.  Cette mission illustre la complexité des mandats donnés aux opérations de maintien de la paix, a-t-il souligné.  Mais la MINUSTAH devra disposer de ressources suffisantes, a-t-il averti, notamment en ce qui concerne les effectifs de police.  Le représentant a ensuite appelé à une bonne coordination des différents acteurs sur le terrain.  Il a noté que la Conférence de New York, qui s’est tenue en mars dernier, avait ouvert de bonnes perspectives dans ce domaine.  Il a salué le travail de la Commission intérimaire pour la reconstruction et a demandé que tous les engagements des donateurs soient tenus, tout en veillant à informer ceux-ci de l’évolution de la situation.  Il a aussi invité à combler les besoins des personnes déplacées.


Le représentant a ensuite affirmé que la France contribuait à la reconstruction d’Haïti à hauteur de 326 millions de dollars, pour la période 2010-2011, ainsi qu’en apportant une aide dans les domaines de l’enseignement, de la gouvernance et de la police.  La France, a-t-il dit, contribue aussi au renforcement de l’état de droit, notamment en participant à la formation des juges.  En outre, la France a déployé 140 gendarmes et policiers sur le terrain, a-t-il ajouté, mentionnant aussi la fourniture de 110 véhicules pour la police et les pompiers et le déploiement de contingents de génie militaire pour le déblaiement des débris.


M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET (Gabon) a exhorté le Gouvernement d’Haïti et les partis retenus pour les échéances électorales à s’impliquer pleinement dans l’aboutissement du processus de réforme constitutionnelle en cours.  Il a indiqué que son pays appuyait la coordination actuelle entre la MINUSTAH, le Gouvernement et la société civile dans la préparation de ces consultations électorales.  Sur le plan sécuritaire, il s’est dit préoccupé par les violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants et par la recrudescence de la criminalité en bandes organisées, liée en partie à l’évasion des prisonniers.  Le représentant du Gabon a dit que sa délégation soutenait le maintien des effectifs militaires et de police de la MINUSTAH à leur niveau actuel pour assurer un appui aux forces de sécurité et de défense haïtiennes.  Enfin, s’agissant du relèvement et de la reconstruction d’Haïti, il a encouragé les donateurs à tenir leurs engagements.


M. GUILLERMO PUENTE (Mexique) s’est félicité de la capacité des Nations Unies à réagir et à prendre les mesures qui s’imposaient pour venir en aide à Haïti, notamment en renforçant et en élargissant le mandat de MINUSTAH.  La Mission continue d’y jouer un rôle fondamental dans la consolidation des institutions démocratiques, a-t-il souligné, ce qui est d’autant plus nécessaire à l’approche des élections présidentielles.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de garantir la crédibilité et la légitimité de ce processus électoral, qui sera déterminant dans le maintien d’une relation de confiance avec la communauté des donateurs.  Les capacités de la police nationale haïtienne doivent être renforcées à cet effet, à l’instar de ce que recommande le Secrétaire général dans son rapport, a-t-il préconisé.  Le représentant s’est dit également conscient de la nécessité pour Haïti de rétablir la confiance de la population haïtienne dans ses institutions.


M. RAFF BUKUN-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) a noté que les conférences de donateurs ont aidé à créer des conditions favorables à la tenue d’élections d’ici à la fin de 2010.  Il a toutefois relevé les sérieux problèmes de sécurité qui se posent dans le pays.  La MINUSTAH a un rôle vital à jouer pour appuyer le processus électoral, a-t-il dit, saluant aussi le rôle du Représentant spécial du Secrétaire général dans le  renforcement de la confiance dans ce processus.  L’existence d’un grand nombre de camps de personnes déplacées et la violence sexuelle et sexiste sont des éléments qui sapent la confiance, a-t-il relevé, citant aussi le problème du trafic de drogues qui touche Haïti.  La communauté internationale doit aider les autorités gouvernementales à renforcer ses capacités pour lutter contre ces fléaux, a-t-il souhaité, demandant notamment que soit assuré un meilleur contrôle aux frontières.  En ce qui concerne les besoins humanitaires, il a noté qu’ils restent immenses.  Il s’est par ailleurs félicité des efforts de collaboration des partenaires internationaux pour aider le Gouvernement haïtien à améliorer la gouvernance.  Il a enfin salué le rôle joué par la Commission intérimaire de reconstruction d’Haïti et demandé un décaissement rapide des fonds promis lors de la Conférence de New York de mars dernier.  Dans les prochains jours, le Nigéria va adresser un chèque de 5 millions de dollars à la reconstruction d’Haïti, conformément à sa promesse, a-t-il annoncé.  Le représentant a enfin appuyé la prorogation du mandat de la MINUSTAH pour une année supplémentaire.


M. WANG MIN (Chine) a déclaré que la reconstruction d’Haïti représentait une tâche de longue haleine, ce qui exige une assistance de long terme de la part de la communauté internationale.  L’ONU devra également renforcer sa coopération avec les organismes compétents, notamment avec la Commission de consolidation de la paix (CCP) qui devra intervenir lorsque la situation le permettra, a indiqué le représentant.  Il a dit soutenir les idées développées par le Secrétaire général dans son rapport.  S’agissant de la situation sécuritaire notamment, il s’est déclaré favorable au maintien des effectifs de militaires et des effectifs de police à leur niveau actuel, jusqu’à ce qu’une évaluation des conditions de sécurité soit effectuée, après l’entrée en fonctions du nouveau Gouvernement.


M. VITALY I. CHURKIN (Fédération de Russie) a noté que la situation sécuritaire en Haïti restait calme mais précaire.  Les conditions de vie difficiles, les bandes organisées et la faiblesse des institutions judiciaires sont des éléments favorisant cette instabilité, a-t-il remarqué.  D’un autre côté, il s’est réjoui que de grands désordres et des épidémies aient pu être évités, relevant aussi les progrès accomplis dans le processus électoral.  La MINUSTAH joue un rôle important dans ce domaine, a-t-il d’ailleurs relevé.  Il a aussi constaté que les besoins humanitaires urgents avaient été comblés dans la grande majorité, tout en s’inquiétant du grand nombre de personnes déplacées qui restent dans les camps. 


Le représentant s’est ensuite réjoui que le Gouvernement soit l’acteur principal de la reconstruction, citant à cet égard la création de la Commission intérimaire pour la reconstruction.  Il a aussi rappelé le problème que posait le trafic de drogues en Haïti et appuyé les mesures prises par la MINUSTAH pour aider à renforcer le contrôle aux frontières.  Il a enfin espéré que la Mission et l’Équipe de pays prépareront un programme-cadre sur l’aide à fournir à Haïti pour l’avenir.  Il faudra faire une évaluation générale de la situation pour préparer la réduction de personnel, a-t-il dit.  Il a enfin souhaité que le soutien apporté à ce pays soit poursuivi jusqu’à la reconstruction.


M. TSUNEO NISHIDA (Japon) a estimé que la stabilité politique constituait une composante essentielle de la stabilisation globale d’Haïti, les élections étant indispensables à la réalisation de cette stabilité.  Ainsi, a-t-il souligné, les élections doivent avoir lieu de manière juste, transparente et sûre, avec une large participation du peuple haïtien.  Le représentant a encouragé la MINUSTAH, en collaboration avec la communauté internationale, à fournir au Gouvernement d’Haïti l’appui nécessaire dans les domaines technique, logistique et sécuritaire.  Il a félicité la MINUSTAH et les pays contributeurs de troupes et de police pour leur succès dans le maintien d’une situation sécuritaire relativement calme en Haïti.  M. Nishida a ajouté qu’il partageait l’avis du Secrétaire général selon lequel le niveau d’effectifs actuel des contingents militaires et de police devait être maintenu jusqu'à ce que soit réalisée une évaluation de l’environnement sécuritaire après l’installation du prochain gouvernement.  Le Japon, a-t-il précisé, soutiendra la prorogation du mandat de la MINUSTAH.


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine), qui a salué les efforts et les engagements de la communauté internationale pour tenter de régler les défis qui se posent au pays et aider le peuple haïtien à bâtir un avenir prospère, a estimé néanmoins que beaucoup restait à faire en vue de faire face aux conséquences du tremblement de terre.  Le représentant a exhorté le Gouvernement d’Haïti à faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir que les prochaines élections soient justes et libres.  Seules des élections crédibles et légitimes seront en mesure de garantir la stabilité politique en cette période critique pour le pays, a-t-il estimé.  Il est essentiel, selon lui, que la MINUSTAH, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), continue à fournir un appui technique au Conseil électoral provisoire.  M. Barbalić a en outre dit accueillir avec satisfaction l’établissement de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et a jugé crucial que les donateurs poursuivent leur engagement en faveur du pays.


M. NAWAF SALAM (Liban) a lui aussi salué le rôle de la MINUSTAH, notamment pour l’apport de son soutien technique et de son expertise aux préparatifs du scrutin de novembre.  Il a cependant demandé aux pays contributeurs de troupes d’envisager le renforcement des capacités de police de la Mission à hauteur des effectifs autorisés par le Conseil de sécurité.  Cette mise à niveau sera d’autant plus importante face à la résurgence du trafic de stupéfiants et à la multiplication d’incidents sécuritaires en Haïti.  Le représentant s’est dit également inquiet de la situation qui prévaut aux abords et dans les nombreux camps de personnes déplacées.  Il a en conclusion réaffirmé l’importance du leadership du Gouvernement haïtien dans le processus de reconstruction.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a noté que, depuis le dernier débat qui a eu lieu au Conseil de sécurité sur Haïti, beaucoup de progrès ont été accomplis sur le terrain, alors que la période était à haut risque en termes de sécurité.  Il a souligné notamment les efforts de la MINUSTAH dans la promotion de l’état de droit et la protection des civils, en collaboration avec la Police nationale d’Haïti. L’augmentation des effectifs de police de la Mission a produit les effets escomptés, a-t-il constaté, notamment dans la lutte contre la violence sexuelle.  Nous sommes cependant conscients que, malgré les progrès accomplis, beaucoup reste à faire, a noté le représentant.  Il a proposé que les effectifs soient maintenus à leur niveau actuel jusqu’à une évaluation de la situation, qui devra avoir lieu après la prise de fonctions du président qui sera élu.


Le représentant de l’Autriche a insisté sur l’importance des efforts d’assistance dans le processus électoral et de protection des personnes déplacées, notamment en ce qui concerne le trafic d’êtres humains et les violences contre les enfants.  Au-delà des mesures déjà prises contre la violence sexuelle, il a souhaité que soit élaboré un paquet de mesures à mettre en œuvre.  Il a aussi soutenu la proposition de mettre en place des sous-sections de police pour traiter de ces problèmes et porter assistance aux victimes.  L’Autriche a mobilisé 17 millions de dollars pour Haïti sous forme de contributions en nature et d’aide humanitaire, a-t-il enfin indiqué, une partie de ces ressources ayant été dirigée vers le système des Nations Unies et la Croix-Rouge, et l’autre ayant été mise à la disposition des organisations humanitaires autrichiennes.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a salué le peuple et le Gouvernement d’Haïti pour sa résilience admirable, la communauté internationale pour son soutien généreux et la MINUSTAH pour son assistance.  Toutefois, a-t-il ajouté, les efforts de reconstruction ne pourront être menés à bien sans le respect de toutes les promesses de contribution faites ces derniers mois par les donateurs.  Par ailleurs, les élections présidentielle et législatives, prévues le 28 novembre, seront un jalon déterminant sur la voie du rétablissement des institutions démocratiques, a estimé le représentant ougandais.  Bien que la situation soit restée calme dans le pays, des menaces demeurent, comme celles que font peser des chefs de gang qui ont profité de la fragilité dans laquelle se trouve le pays pour réaffirmer leur emprise.  La résurgence du trafic de stupéfiants est une autre raison de renforcer la formation et l’entrainement de la police haïtienne pour rétablir la sécurité aux frontières maritimes et terrestres.


M. PHILIP JOHN PARHAM (Royaume-Uni) a souligné l’importance des plans logistiques intégrés de la Police nationale haïtienne (PNH) et de la MINUSTAH dans le processus électoral.  La priorité, pour la MINUSTAH, doit être un environnement sûr et pacifique, en vue de permettre la reconstruction, a-t-il estimé.  Il a aussi considéré que le déploiement d’un contingent supplémentaire de génie doit être fondé sur le renforcement des capacités locales, en faisant en sorte de travailler côte à côte avec le peuple haïtien.  Le représentant a également fait état de la menace que pose la saison des ouragans pour les personnes vivant dans les abris temporaires.  À cet égard, il a souhaité une appropriation du processus de protection par le peuple haïtien, relevant que celui-ci était confronté constamment à ces menaces. 


L’insuffisance en effectifs de la PNH a des conséquences sur la sécurité des femmes et des enfants, a aussi affirmé le représentant, avant d’appeler à l’élaboration d’un plan opérationnel pour la protection contre la violence sexuelle et sexiste, dont la police haïtienne assumerait la responsabilité à terme.  Il a enfin salué le rôle de la communauté internationale des donateurs dans le rétablissement de l’économie haïtienne, ainsi que l’engagement de M. Bill Clinton dans la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti.  En ce qui concerne la MINUSTAH, il faudra passer d’une composante militaire à une composante essentiellement civile, a-t-il souhaité.


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a déclaré que la priorité était à la protection et à la réinstallation des personnes déplacées.  Dans ce contexte, la MINUSTAH a un rôle déterminant à jouer, à condition toutefois que les effectifs de police et les effectifs militaires soient portés à hauteur du plafond autorisé par le Conseil de sécurité, a souligné le représentant.  La Mission doit en outre prêter assistance au Gouvernement d’Haïti dans l’organisation des élections présidentielle et législatives prévues le 28 novembre, a rappelé, à la suite des autres membres du Conseil, M. Apakan.  Si la communauté internationale a bien réagi au défi qu’a représenté le séisme, il est cependant possible de faire mieux, et tous les efforts possibles doivent maintenant être déployés en ce sens, a-t-il conclu.


M. JOSE LUIS CANCELA (Uruguay), qui s’exprimait au nom du Groupe des amis d’Haïti, a réaffirmé l’appui continu du Groupe en faveur du Gouvernement haïtien et de la population afin de reconstruire le pays, consolider la paix et la stabilité et promouvoir la reconstruction et le développement durable.  Citant le dernier rapport du Secrétaire général, le représentant a mis l’accent sur l’importance pour le pays à tenir des élections présidentielle et législatives, afin d’élire un nouveau président et gouvernement dont les mandats clairs et incontestés permettraient de mener à bien le processus de reconstruction.


M. Cancela a mis en avant le travail de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), et notamment son appui aux activités de reconstruction et de développement du pays et ce en étroite coopération avec l’équipe de pays des Nations Unies.  La mise en place de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a permis de coordonner et de superviser les efforts en vue de reconstruire le pays, a dit M. Cancela.  Il a exhorté les donateurs à poursuivre leurs efforts et à s’acquitter de leurs promesses de dons, afin de permettre au pays et au Gouvernement en place de faire face aux besoins immédiats et de poursuivre les efforts de reconstruction.  La MINUSTAH fournit un appui logistique et une expertise technique pour aider le Gouvernement haïtien à instaurer des institutions d’état de droit et à mettre en place une stratégie pour les personnes déplacées, a ajouté le représentant.  Il a souhaité que le mandat de la Mission soit prorogé.


M. PETER SCHWAIGER, délégation de l’Union européenne auprès des Nations Unies, a mis en avant le travail effectué par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti dans des « conditions extrêmement difficiles ».  La Mission, a-t-il ajouté, à travers ses différentes composantes et en coopération avec le Gouvernement haïtien a permis l’établissement de la stabilité et l’apaisement social dans le pays.  « Cela a permis de ne pas ajouter à la catastrophe du 12 janvier dernier une autre catastrophe », a poursuivi M. Schwaiger.  Il a rappelé que le pays entrait dans une période décisive et que la tenue d’élections libres et transparentes représentait le plus grand défi auquel est actuellement confronté Haïti.  À cet égard, l’Union européenne appuie les recommandations formulées par le Secrétaire général pour proroger le mandat de la Mission.  À l’issue des élections, une fois que la situation sur le terrain aura été réévaluée, la mission de la MINUSTAH devra être redéfinie, a estimé le représentant. 


M. Schwaiger a indiqué que la reconstruction d’Haïti à court et à moyen termes était un facteur déterminant pour la stabilité sociale et politique.  Ainsi, l’Union européenne s’est engagée à contribuer au Plan d’action d’Haïti à hauteur de 1,235 milliard d’euros, dont 460 millions issus de la Commission européenne, a dit le représentant.  La Commission européenne va poursuivre ses efforts et participera aux efforts de reconstruction à hauteur de 522 millions d’euros, tandis que l’Union européenne va appuyer les prochaines élections en apportant 5 millions d’euros à la tenue du scrutin, a annoncé le représentant.  « Ce n’est que si les élections se déroulent de manière légitime et transparente que les résultats seront reconnus et acceptés par tous », a-t-il expliqué.  Concernant la situation humanitaire sur le terrain, M. Schwaiger a indiqué que l’Union européenne allait poursuivre ses efforts en faveur des victimes.  Enfin, le représentant a souligné la nécessité pour les donateurs de continuer à travailler ensemble et de coordonner leurs efforts, en raison notamment du nombre élevé de contributeurs d’aide.  L’Union européenne salue et s’engage en faveur de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), a-t-il dit.


M. JOHN MCNEE (Canada) a rappelé qu’Haïti était le premier bénéficiaire de l’aide canadienne.  Cet appui s’est renforcé après le séisme qui a frappé le pays en janvier dernier, puisque le Canada a annoncé une contribution de l’ordre de 400 millions de dollars pour la reconstruction d’Haïti et a déployé du personnel supplémentaire, a-t-il dit.  M. McNee a souligné l’importance des élections présidentielle et législatives qui se tiendront le 28 novembre prochain et qui doivent permettre la désignation de dirigeants en mesure de mener avec succès la reconstruction du pays.  Il a, par ailleurs, mis l’accent sur le travail de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) et a encouragé les donateurs à poursuivre leurs efforts en partenariat avec la Commission afin notamment de faciliter la coordination et d’assurer la capacité d’absorption des fonds sur le terrain.


Le Canada, a-t-il dit, appuie la prorogation du mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), tant que l’environnement sécuritaire dans le pays n’aura pas été évalué.  Cette évaluation doit intervenir à l’issue de la mise en place du prochain gouvernement, a-t-il estimé.  Il a rappelé que la MINUSTAH avait été autorisée à fournir un soutien logistique et une expertise technique directement aux autorités haïtiennes et qu’il était nécessaire que la Mission continue à jouer ce rôle en attendant que d’autres mécanismes d’appui prennent la relève.  Enfin, le Canada a accru de façon significative ses effectifs sur le terrain et a augmenté de 10 millions de dollars l’enveloppe du Fonds pour la paix et la sécurité mondiales (FPSM) attribuée à Haïti, a dit M. McNee.


Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a déclaré qu’en dépit des progrès accomplis jusqu’à présent, l’engagement de la communauté internationale en Haïti était plus que jamais nécessaire.  Pour sa part, la Colombie a coordonné ses efforts avec le Gouvernement haïtien et les autres partenaires, ainsi qu’avec les organisations déployées sur le terrain, a indiqué la représentante.  Mon pays, a-t-elle indiqué, continue de progresser vers la concrétisation de sa proposition d’intervenir dans la localité de Cabaret, adjacente à Port-au-Prince.  S’appuyant sur l’expérience acquise dans le domaine de la gestion des catastrophes naturelles, notre proposition, a expliqué la représentante, vise à mettre en œuvre un modèle de développement intégral et multisectoriel, qui n’a pas simplement pour ambition de reconstruire les infrastructures touchées, mais aussi d’apporter des solutions durables sur les plans économique et social, ainsi qu’en matière de bonne gouvernance, de paix et de sécurité, et d’assistance aux plus démunis.  Enfin, à l’instar de tous les autres intervenants à ce débat, la représentante a souligné l’importance des échéances électorales de novembre en Haïti, qui permettront, a-t-elle espéré, de forger un leadership national fort pour la reconstruction.


M. GONZALO GUTIÉRREZ (Pérou) a relevé les difficultés qui subsistent en Haïti, notamment le problème des personnes déplacées, malgré les progrès réalisés grâce aux efforts de la MINUSTAH, du Gouvernement haïtien et d’autres agences du système de l’ONU.  Il a invité à agir de façon coordonnée pour répondre à ces problèmes, conformément à la stratégie et aux priorités nationales contenues dans le Plan national d’action pour le développement et le rétablissement d’Haïti.  Dans cet objectif, sans affaiblir les efforts menés en matière de sécurité, il faut intensifier ceux qui sont destinés au rétablissement et à la croissance économique d’Haïti, a-t-il expliqué.  Il a souligné à cet égard l’importance de mettre en place une alliance stratégique entre les secteurs public et privé haïtiens.  M. Gutiérrez a aussi appelé à soutenir le processus électoral en cours, qui est indispensable pour assurer une certaine solidité au Gouvernement.  Il a enfin appuyé le mandat de la MINUSTAH et s’est dit favorable à sa prorogation.  Le Pérou a augmenté sa contribution à cette Mission en termes de contingent, en déployant 150 hommes supplémentaires, a-t-il souligné.


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a affirmé que la participation de son pays à la MINUSTAH exprimait son engagement envers le multilatéralisme, dans une action concertée de la communauté internationale au sein des Nations unies.  Selon lui, l’un des principaux défis d’Haïti sera la tenue des élections présidentielle et législatives prévues au mois de novembre.  Leur déroulement pacifique contribuera au renforcement d’un climat de stabilité politique, a-t-il dit.  Le représentant a salué le travail important réalisé par la MINUSTAH dans tous les domaines, aussi bien dans celui de la protection des groupes vulnérables, dont les femmes et les enfants, que dans ceux de la réduction de la violence communautaire et de l’appui aux institutions d’État.  Il a ainsi manifesté le soutien du Chili au renouvellement du mandat de la MINUSTAH.  De même, le représentant chilien a mis l’accent sur la nécessité de continuer d’accorder une attention au lien entre sécurité et développement.


M. JORGE ARGUELLO (Argentine) a rappelé à quel point la situation politique et économique en Haïti demeurait complexe depuis le tremblement de terre survenu en janvier.  Il a ensuite indiqué que lors de la Conférence des donateurs de mars dernier, son pays avait promis 16 millions de dollars dans le cadre de l’engagement de l’Union des nations de l’Amérique du Sud, qui a versé au total 100 millions.  Ces fonds ont déjà été mis à disposition pour financer la mise en œuvre de projets dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la prévention des catastrophes naturelles et du renforcement des capacités du Gouvernement haïtien.  L’Argentine, a indiqué le représentant, a également promis de verser un million de dollars de plus à l’appui de projets de sécurité alimentaire et de renforcement des capacités, en coopération avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


Mme TINE MORCH SMITH (Norvège) a illustré l’engagement de son pays dans le processus de reconstruction d’Haïti en signalant qu’il était en train de constituer une équipe de fonctionnaires de police spécialisés dans la violence sexuelle et sexiste, qui travaillera au sein de la MINUSTAH.  Elle a salué à cet égard la mise en place, par les autorités haïtiennes, de sections d’assistance aux victimes de ces violences dans les postes de police.  Notant le problème de  sécurité en général, notamment à Port-au-Prince, elle a dit aussi apprécier les travaux menés dans le cadre du programme communautaire de réduction de la violence. 


La MINUSTAH prend également des mesures pour lutter contre la violence sexuelle et sexiste, en créant notamment un mécanisme de rapport et de collecte de données, a ajouté la représentante.  Mme Smith a encouragé la Mission et tout autre organe international pertinent à prendre en compte les recommandations du Haut Commissariat aux droits de l’homme, qui figurent dans sa déclaration du 11 juin 2010, notamment d’adopter une approche axée sur les droits de l’homme dans les programmes de reconstruction.  La représentante a enfin rappelé la contribution de son pays qui a déboursé 33 millions de dollars pour Haïti et invité à un soutien international plus grand à travers des donations au Fonds pour la reconstruction d’Haïti.


Le représentant d’Haïti, dans ses remarques de conclusion, a indiqué que les recommandations émises aujourd’hui seraient suivies par son gouvernement.  Plusieurs intervenants, a-t-il dit, ont relevé le problème des violences sexuelles perpétrées aux abords des camps de personnes déplacées.  Il a assuré le Conseil de la volonté de son gouvernement de mettre fin rapidement à de tels incidents en prenant les mesures appropriées.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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