Quatrième Commission: des délégations appellent à une nouvelle décennie de l’élimination du colonialisme

8 octobre 2010
CPSD/454

Quatrième Commission: des délégations appellent à une nouvelle décennie de l’élimination du colonialisme

08/10/2010
Assemblée générale
CPSD/454
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission

6e séance – après-midi


QUATRIÈME COMMISSION: DES DÉLÉGATIONS APPELLENT À UNE NOUVELLE DÉCENNIE DE L’ÉLIMINATION DU COLONIALISME


La majorité des intervenants mettent l’accent sur la nécessité d’une solution mutuellement acceptable au Sahara occidental


Poursuivant devant la Commission des questions politiques spéciales leur débat sur la Déclaration aux pays et aux peuples coloniaux adoptée il y a 50 ans, un grand nombre de participants ont regretté le fait que 16 territoires n’ont pas encore exercé leur autodétermination.  Ils ont appelé à une nouvelle décennie de l’élimination du colonialisme qui démarrerait l’année prochaine.  Les pays africains ont loué les avancées rapides dans le passé du processus de décolonisation sur leur continent et noté que le Sahara occidental y était aujourd’hui la seule colonie.


Plusieurs délégations ont, cet après-midi, devant la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission), mis l’accent sur la nécessité de trouver une solution politique, définitive et mutuellement acceptable à la situation qui prévaut au Sahara occidental.  Les intervenants ont réaffirmé le droit à l’autodétermination des Sahraouis.  Elles ont appuyé les efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Christopher Ross, en ce sens, et engagé les parties à faire preuve de l’esprit de compromis nécessaire pour que puissent être engagées des discussions de fond.  Un grand nombre a apporté son adhésion ou tout au moins jugé intéressante la proposition marocaine d’un régime d’autonomie négocié.


Nous considérons cette initiative comme une voie appropriée pour le règlement de ce différend qui oppose le Front POLISARIO au Royaume du Maroc, a ainsi affirmé le Burkina Faso.  Cette proposition « réaliste et raisonnable » offre une dynamique nouvelle, a estimé le représentant du Sénégal.  Pour le Lesotho, une solution pacifique passe par un Sahara indépendant.


La Quatrième Commission poursuivra son débat général, lundi 11 octobre, à partir de 10 heures.  Elle commencera à se prononcer sur les projets de résolutions relatifs à l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.


QUESTIONS RELATIVES À LA DÉCOLONISATION


Débat général


M. WILFRIED I. EMVULA (Namibie), au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a déclaré que celle-ci appuyait pleinement les efforts du Comité spécial des Vingt-Quatre.  S’agissant de la question du Sahara occidental, il a rappelé que l’Assemblée générale avait toujours soutenu le droit à l’autodétermination des Sahraouis.  Par conséquent, la SADC appelle au respect de ce droit a dit le représentant, qui a souligné que l’option d’un référendum sous contrôle des Nations Unies a la faveur de la SADC.  Poursuivant sur ce dossier, il a également fait part de ses préoccupations relatives à l’absence de progrès dans les questions clefs en 2010, comme l’indique le rapport du Secrétaire général du 17 août 2010.  Évoquant les graves violations des droits de l’homme du peuple sahraoui, le représentant a demandé que le Conseil de sécurité élargisse le mandat de la MINURSO aux questions liées au suivi et au respect des droits de l’homme et que le HCR soit plus impliqué sur le terrain.


M. MOTLATSI RAMAFOLE (Lesotho) a rappelé la situation coloniale qui a prévalu dans son pays.  Il a estimé que le temps était venu pour les 16 derniers territoires non autonomes de jouir de leur droit inaliénable à l’autodétermination.  La colonisation, a-t-il ajouté, ne peut pas et ne doit pas être une option.  Elle n’a pas de place dans le monde d’aujourd’hui et ne sert qu’à exacerber les antagonismes et les rébellions, a-t-il estimé.  Le continent africain a énormément souffert de la colonisation, a-t-il souligné.  Il a, à cet égard, déploré qu’une dernière colonie demeure, avec le Sahara occidental.  Il a déploré le conflit continu entre le Maroc et le Sahara occidental.  Le Gouvernement du Lesotho souhaite une solution politique, juste et durable, qui passe par un Sahara occidental indépendant.  Le représentant a conclu en mettant l’accent sur la noble responsabilité de la communauté internationale de parvenir à la décolonisation.


M. RAO WU (Chine) a rappelé les progrès enregistrés dans le processus de décolonisation depuis l’adoption, par les Nations Unies, de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.  Cependant il existe toujours deux millions de personnes qui vivent dans des territoires coloniaux et il est essentiel que la communauté internationale se mobilise pour leur permettre de jouir de leur droit à l’autodétermination, a souligné M. Rao.  Dans cet esprit, la Chine est favorable à la proclamation d’une troisième décennie de l’élimination du colonialisme.


M. MOHAMMAD REZA BAK SAHRAEI (République islamique d’Iran) a rappelé qu’à l’approche de la fin de la deuxième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme, 16 territoires n’avaient toujours pas exercé leur droit à l’autodétermination.  La mise en œuvre du mandat de l’ONU sur cette question requiert les efforts conjoints de la communauté internationale, des Puissances administrantes et des peuples des territoires non autonomes.  À cet égard, les Puissances administrantes ont une tâche importante et exigeante car elles sont responsables des progrès politiques, économiques, sociaux et éducatifs des populations des territoires non autonomes.


Le représentant iranien a réitéré le plein soutien de sa délégation aux activités et au travail considérable qui est réalisé par le Comité spécial de la décolonisation, ainsi qu’au processus placé sous les auspices de l’ONU.  Il a également loué le rôle du Département des affaires politiques et du Département de l’information publique, qui fournissent une aide technique et des conseils et contribuent à communiquer des informations pertinentes sur les activités de l’ONU dans le domaine de la décolonisation aux niveaux local, régional et international.  Le représentant a souligné que l’Iran appuyait l’adoption d’une troisième décennie internationale et émis le souhait que celle-ci puisse voir la fin du fléau de la colonisation.


M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a remarqué qu’alors que la deuxième Décennie de l’élimination du colonialisme s’achève, celui-ci se poursuit.  Les conditions nécessaires ne sont toujours pas réunies dans les territoires non autonomes pour l’autodétermination.  À cet égard, il a estimé que le rôle du Comité de la décolonisation est essentiel.  Le Pakistan soutient les recommandations relatives à une troisième décennie internationale de l’élimination du colonialisme.


La volonté politique de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité est essentielle, a-t-il dit.  Les efforts doivent être concertés et il faut éviter de travailler de manière sélective, ce qui saperait la crédibilité de l’ONU.  La négation du droit à l’autodétermination exacerbe les conflits et menace la paix et la sécurité, a-t-il noté.  Il a illustré son propos en citant la négation du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.  Il a, par ailleurs, rappelé qu’en Asie du Sud, le droit inaliénable à l’autodétermination du peuple du Jammu-et-Cachemire est reconnu par un certain nombre de résolutions du Conseil de sécurité.  À cet égard, le Pakistan incite l’Inde à trouver une solution pacifique au différend sur le Jammu-et-Cachemire.  Cette solution doit être acceptable par toutes les parties.  Le Pakistan pense également qu’un règlement juste du Sahara occidental est indispensable et qu’il faut que les parties au conflit trouvent une solution juste et durable à la dispute, a-t-il dit en conclusion.


M. Julio CÉsar Arriola RAMÍREZ (Paraguay) a déclaré que son pays reste préoccupé par la question des Îles Malvinas et le respect des droits de la République d’Argentine.  Soulignant la position du Marché commun du Sud (MERCOSUR), il a insisté sur l’importance de trouver une solution, entre l’Argentine et le Royaume-Uni, sur le problème de la souveraineté en conformité avec les résolutions des Nations Unies et de l’Organisation des États américains (OEA).  C’est aussi le cas des Îles de Géorgie du Sud et les Îles Sandwich du Sud, a-t-il ajouté.  M. Arriola Ramírez a aussi estimé que la prétention d’inclure ces archipels comme des territoires auxquels on peut appliquer le régime d’association d’outre-mer de l’Union européenne est incompatible avec l’existence d’un différend de souveraineté les concernant.  À cet égard, il a insisté sur le développement de relations bilatérales productives entre l’Argentine et le Royaume-Uni.


M. ROBERT GUBA AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) s’est aligné sur la déclaration du Groupe des 77 et la Chine.  Après avoir souligné que beaucoup reste à faire dans les 16 territoires non autonomes, et tout en ayant à l’esprit leurs caractéristiques individuelles et uniques, il a mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue ouvert et inclusif entre toutes les parties, y compris les Nations Unies, dans le processus conduisant à la détermination du futur statut de ces territoires.  Il a salué le travail du Département de l’information et du Département des affaires politiques des Nations Unies, ainsi que l’assistance continue aux territoires non souverains par certaines agences spécialisées, en particulier le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  Dans la région du Pacifique, il a fait état des progrès significatifs accomplis en Nouvelle-Calédonie et aux Tokélaou, et a félicité les puissances qui les administrent, la France et la Nouvelle-Zélande respectivement, pour leur appui et leur rôle constructif.  Il a également exhorté toutes les parties à l’Accord de Nouméa du 5 mai 1988 de poursuivre le dialogue dans un esprit d’harmonie.  Partant du succès du séminaire régional du Comité spécial sur la décolonisation tenu à Nouméa en mai 2010, il a fortement appuyé l’idée de tenir les futurs séminaires du Comité dans chacun des territoires non autonomes.


Il s’est également félicité du processus d’examen constitutionnel en cours dans les Samoa américaines et a souhaité qu’il se poursuive.  M. Aisi a enfin joint sa voix à celles appelant le Comité à recommander l’adoption, à l’unanimité, du projet de résolution relatif à une troisième décennie de l’élimination du colonialisme.


Alors que l’Assemblée générale s’apprête à célébrer en décembre prochain le cinquantième anniversaire sur « la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux », M. PAUL BADJI (Sénégal) a déploré que 16 territoires ne soient toujours pas autonomes.  Il a, par ailleurs, mis l’accent sur la situation qui prévaut au Sahara occidental et a affirmé que le Sénégal appuyait l’initiative proposée par le Maroc, visant à lui accorder une large autonomie.  Cette proposition « réaliste et raisonnable », a-t-il dit, semble être la seule dynamique nouvelle qui offrira une solution politique, définitive et mutuellement acceptable de la question du Sahara occidental.


Il a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur d’une solution qui permettra des rapports fraternels entre tous les pays de la Région du Maghreb et du continent africain.  M. Badji a salué la nomination en janvier 2009 de Christopher Ross, Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental.  Ce dernier, a-t-il dit, a mené des consultations approfondies sur les différentes positions des parties et sur les moyens de faire évoluer le processus de négociations vers une phase plus intensive et axée sur les questions de fond en vue de favoriser un cinquième cycle de pourparlers directs.  Il a invité les parties au conflit à faire preuve de réalisme et à poursuivre de « bonne foi » les négociations entreprises, et ce, compte tenu des efforts déjà réalisés depuis 2006.


M. SEIF ALI IDD (République-Unie de Tanzanie) a constaté à regret que le Sahara occidental restait le seul pays sur le continent africain qui doive encore obtenir son indépendance.  Pour lui, il est urgent de mettre un terme à ce triste chapitre de l’histoire du continent.  La République-Unie de Tanzanie appuie la position exprimée par la déclaration de la session spéciale de l’Union africaine en faveur de la tenue d’un référendum au Sahara occidental de manière à permettre au peuple sahraoui de librement décider de son avenir.  Le représentant a également rendu hommage au cycle de négociations, qui ont eu lieu sur cette question sous les auspices des Nations Unies au cours de l’année passée, et a invité les parties à poursuivre les négociations sans conditions préalables.  Il a demandé que le Conseil de sécurité inclue le suivi des droits de l’homme dans le mandat de la MINURSO.


Mme BERNADETTE CAVANAGH (Nouvelle-Zélande) a déclaré que sa délégation accueillait favorablement le projet de résolution sur la question des Tokélaou, à la fois en tant que Puissante administrante de ce territoire et en tant que pays favorable au principe de l’autodétermination.  Elle a rappelé qu’au cours des cinq dernières années, les habitants des Tokélaou s’étaient prononcés au cours de deux referendums, mais que dans les deux cas l’électorat n’avait pas atteint la majorité nécessaire fixée par les Tokélaouans pour changer de statu et passer de celui de territoire à celui de gouvernement autonome en libre association avec la Nouvelle-Zélande.  Cela peut sembler surprenant, a remarqué la déléguée, cependant il s’agit bien là d’une issue possible d’un tel référendum d’autodétermination.  Reconnaissant l’importance de l’autodétermination, elle a cependant insisté sur le fait que le développement l’est tout autant voire plus, en particulier pour les petits états insulaires à économie vulnérable comme Tokélaou.  Ce constat est à la base de la relation établie entre la Nouvelle-Zélande et le leadership des Tokélaou depuis 2008, a expliqué la représentante, avant de préciser qu’à ce jour, son pays assure les besoins essentiels de cet archipel.


Rappelant l’importance de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, M. JOSÉ LUIS CANCELA (Uruguay) a déploré que 16 territoires ne soient toujours pas autonomes.  Le représentant a indiqué qu’il reconnaissait la souveraineté de l’Argentine sur les Îles Malvinas, Géorgie et Sandwich du Sud, qui, selon lui, font partie intégrante du territoire argentin et sont occupées de manière illégitime.  Il faut, a-t-il dit, mettre fin à la situation coloniale qui prévaut aux Malvinas.  Il a appelé les deux Gouvernements concernés à reprendre leurs négociations pour parvenir à un règlement juste, pacifique et durable à ce conflit de souveraineté.  S’agissant de la question relative au Sahara occidental, le représentant a estimé qu’il était essentiel de continuer à appuyer le Secrétaire général et son Envoyé personnel pour que les discussions entre le Royaume du Maroc et le Front POLISARIO reprennent au plus tôt.  Il a souhaité que le Sahara occidental puisse exercer son droit à l’autodétermination.


M. THOMAS ADOUMASSE (Bénin) a salué la clarté du rapport du Secrétaire général sur la situation au Sahara occidental, à savoir une situation qui évolue en dents de scie.  Il appartient aux parties, selon lui, de faire bon usage des opportunités historiques que les efforts des Nations Unies leur offrent.  Il a noté avec préoccupation les accusations mutuelles de violations des droits de l’homme des Sahraouis, appelant la communauté internationale à renforcer son appui aux institutions qui assistent les populations sahraouies.  Le Bénin soutient les efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour faciliter les prochaines consultations informelles entre les parties, tout en souhaitant qu’elles connaissent des avancées significatives sur les aspects cruciaux du règlement de ce conflit qui n’a que trop duré.


Pour le Bénin, l’intérêt supérieur des populations doit peser de tout son poids dans la balance et motiver toutes les parties à faire preuve de réalisme pour opter pour un règlement négocié sous l’égide de la communauté internationale.  Au regard des menaces nouvelles auxquelles la communauté internationale est confrontée dans la région du Sahara, il importe d’expérimenter les voies de sortie qui permettent de maîtriser rapidement ces menaces qui sont de nature à porter préjudice à la stabilité de la région.  Pour le représentant, la proposition marocaine d’un statut d’autonomie mérite qu’on lui accorde toute l’attention requise et que l’on examine les modalités de son aménagement à la satisfaction de toutes les parties pour permettre la réunification des familles sahraouies.  À cet égard, il a salué la disponibilité manifestée par l’Algérie à collaborer avec les parties sur tout accord auquel celles-ci pourraient parvenir concernant les mesures de confiance et les questions des droits de l’homme.


M. HASAN KLEIB (Indonésie) a mis l’accent sur le passé colonial et la lutte pour la décolonisation de son pays.  L’Indonésie considère que la décolonisation doit passer par un processus politique, a-t-il dit.  Il a rappelé que son pays était membre du Comité spécial des Vingt-Quatre et qu’à cet égard il déplorait que 16 territoires ne soient toujours pas autonomes.  Il a indiqué que le combat contre le colonialisme restait un défi.  Par ailleurs, il a souhaité qu’au cours de la troisième décennie de l’élimination du colonialisme, les États Membres parviennent à une solution pour la décolonisation des derniers territoires non autonomes.


M. SAID MOHAMED OUSSEIN (Comores) a souligné que l’Afrique avait besoin de paix et de sécurité pour relever les défis auxquels elle est confrontée.  Au Sahara occidental, la force des armes et l’intransigeance doivent faire place à la négociation car le statu quo n’est ni viable ni possible.  Pour le représentant, il faut trouver une solution constructive, car il y va de l’intérêt de toute la région.  À ce propos, il a estimé que l’initiative d’autonomie, proposée en 2007 par le Maroc, représentait une option concrète, sérieuse, viable et sage dont la réalisation garantirait la stabilité de toute la région.  Il a appelé les parties impliquées à transcender leurs divergences et à s’engager dans un dialogue franc et constructif.


M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a indiqué que son pays continuait à accorder un grand intérêt à la question de la décolonisation.  Il a salué les efforts inlassables déployés par l’ONU qui ont permis à de nombreux territoires d’exercer leur droit à l’autodétermination.  À la fin de la deuxième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme, ces efforts doivent se poursuivre et s’intensifier, notamment au bénéfice des 16 derniers territoires non autonomes, a jugé le représentant.  Selon lui, la coordination et la concertation permanente entre les peuples des territoires et les puissances occupantes ou administrantes doivent se poursuivre afin de permettre des résultats décisifs.  Il a exhorté la communauté internationale à appuyer les efforts de développement socioéconomique de ces territoires.


Le représentant a noté l’intérêt et l’attention de la communauté internationale en faveur du Sahara occidental et la nécessité de trouver une solution politique juste et acceptable par toutes les parties.  Il a salué les efforts déployés par le Secrétaire général et son Envoyé personnel, M. Christopher Ross.  Le statu quo, selon lui n’est ni viable, ni profitable à aucune des parties, a-t-il estimé.  Le Burkina Faso appuie « l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara » comme étant une voie appropriée pour le règlement de ce différend, a-t-il dit.  Il a invité les parties à reprendre des négociations axées sur les questions et que ces dernières fassent des compromis afin de surmonter les difficultés et les divergences relatives à toute négociation.


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a réitéré l’engagement de son pays à contribuer à l’éradication du colonialisme, et a félicité le Comité spécial des Vingt-Quatre, « principal artisan du succès obtenu en matière de décolonisation », pour le travail accompli.  S’agissant de la question du Sahara occidental, il a plaidé en faveur d’un règlement pacifique du différend, dans le cadre de la légalité prévue par les Nations Unies.  La Guinée salue, à cet égard, la proposition d’autonomie présentée en 2007 par le Maroc, qui favorise, selon le représentant, la relance du processus de négociations.  Elle se félicite de la reconnaissance unanime par le Conseil de sécurité « des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement ».  La Guinée reste convaincue qu’il n’y a pas d’autres alternatives crédibles et raisonnables à l’approche actuelle des Nations Unies pour trouver une solution pacifique à ce différend qui soit mutuellement acceptable et qui assure l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.  Elle exhorte les parties à faire preuve d’esprit de compromis, de volonté résolue d’aller de l’avant.


M. DAVID ANTHONY WINDSOR (Australie) a déclaré que le succès du processus de décolonisation avait, au fil du temps, rendu obsolète une bonne partie du système des Nations Unies, à l’image du Conseil de tutelle, qui n’existe plus que par le nom d’une salle de réunion dans le bâtiment historique des Nations Unies.  Cela ne signifie pas pour autant que les Nations Unies n’aient pas encore des responsabilités à assumer et, à cet égard, l’Australie a toujours voté en faveur des résolutions présentées par le Comité spécial de la décolonisation.  Le représentant a rappelé que son pays avait des relations étroites et de longue date avec certains territoires non autonomes de la région du Pacifique, et notamment des relations officielles avec la Nouvelle-Calédonie depuis 70 ans.  L’Australie soutient l’Accord de Nouméa et le processus en cours en vue d’une plus grande autonomie de ce territoire, a poursuivi M. Windsor, qui a salué le rôle « très constructif » de la France au sein du C24.


M. Windsor a rappelé que chacun des territoires non autonomes était unique en termes d’histoire, de culture, de situation politique ou encore de défis pour l’avenir.  Il n’existe donc pas pour eux de solution générale, et c’est en outre à chacun des peuples de ces territoires de décider de son avenir, a-t-il ajouté.  En même temps, beaucoup des territoires inscrits à l’ordre du jour de la Commission sont de petits États insulaires qui sont confrontés au même défi des changements climatiques, a fait observer M. Windsor.  Le soutien aux petits territoires du Pacifique, qui comptent parmi les plus exposés à cette grande menace pour la planète tout en en étant les moins responsables, est une des priorités de l’Australie, qui souhaite que la communauté internationale travaille de manière constructive à l’occasion de la prochaine conférence sur les changements climatiques de Cancún.


Mme MARIANNE ODETTE BIBALOU (Gabon) s’est félicitée du fait que la médiation de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Christopher Ross, ait permis de « renouer les fils du dialogue ».  Elle a estimé que, malgré l’impasse actuelle et la persistance de divergences de vues entre les parties, le différend avait connu des « développements appréciables » notamment à travers l’initiative marocaine d’autonomie, à laquelle elle a rappelé la « pleine adhésion » de son pays, et les différends rounds de négociations.  Elle a qualifié « d’opportunité prometteuse » la perspective d’une nouvelle réunion informelle ce mois-ci sous les auspices de M. Ross, et a invité la communauté internationale à lui apporter tout son soutien.  De manière plus générale, elle a invité la communauté internationale et plus encore les pays de la région à s’investir fortement dans le règlement des différends.  Le Gabon estime que le statu quo actuel n’est pas acceptable à long terme et qu’il est urgent de parvenir à une solution définitive.


Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a regretté qu’à la fin de la deuxième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme, il existe toujours 16 territoires non autonomes.  Elle a félicité le Comité spécial des Vingt-Quatre pour les progrès importants réalisés en termes de décolonisation depuis l’adoption de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance à tous les pays et peuples coloniaux.  À l’avenir, elle a souhaité qu’il y ait une meilleure coopération avec les puissances administrantes dans le cadre des travaux du Comité spécial des Vingt-Quatre.  Par ailleurs, elle a appuyé la proposition du Comité spécial des Vingt-Quatre de proclamer 2011-2020, la troisième décennie internationale de l’élimination du colonialisme.  Abordant la situation de Porto Rico, elle a dénoncé que ce peuple vit toujours sous le joug colonial et a salué sa lutte pour son autodétermination et pour faire partie intégrante de l’Amérique latine.  La puissance coloniale doit mettre sur pied un processus qui permette à ces 8 millions de Portoricains d’exercer leur droit à l’autodétermination et d’obtenir l’indépendance de leur pays, a-t-elle exigé.  Par ailleurs, elle a rappelé que le Nicaragua apporte son appui total à l’Argentine au sujet des Îles Malvinas.  Elle a exhorté les deux parties à négocier et à tenir compte de l’intérêt de la population de ces Îles.  Le Nicaragua est également solidaire de la cause du peuple sahraoui et de sa lutte pour  l’autodétermination.


M. FAISAL EBRAHIM AL-ZAYANI (Bahreïn) a déploré que 50 années se soient écoulées depuis l’adoption de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux et que 16 territoires n’ont toujours pas exercé leur droit à l’autodétermination.  Il a lancé un appel au Comité spécial des Vingt-Quatre pour que des mesures concrètes soient prises pour parvenir à l’éradication complète du colonialisme, et ce, conformément aux résolutions de l’ONU.


M. ELIAS MELAKU FELEKE (Éthiopie) a regretté que le processus de décolonisation ne soit toujours pas achevé et qu’il existe toujours 16 territoires non autonomes.  Pour y arriver, le délégué a demandé aux puissances administrantes de pleinement coopérer avec les représentants légitimes de ces territoires et avec les instances pertinentes des Nations Unies.  En tant que membre du Comité spécial des Vingt-Quatre, l’Éthiopie est décidée à faire son possible pour accélérer et finaliser le processus de décolonisation.  En attendant, le délégué a souhaité un renforcement des activités des Fonds et programmes des Nations Unies dans les territoires non autonomes en vue d’y améliorer les conditions socioéconomiques.  Parallèlement, il faudrait, selon lui, renforcer le rôle de suivi du Comité spécial des Vingt-Quatre, qui « se heurte souvent au manque de coopération des puissances administrantes ».


M. JAVIER LOAYZA BAREA (Bolivie) a rappelé l’importance de dresser un bilan de la deuxième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme.  Tous les territoires qui sont toujours soumis à la férule coloniale doivent exercer un acte d’autodétermination, a-t-il dit.  Il a réaffirmé l’appui de sa délégation au peuple portoricain et a lancé un appel pour que soit mis fin à ce processus colonial.  Cette cause doit trouver une issue dans le cadre d’une solution répondant au droit inaliénable à la libre détermination et à l’indépendance de ce peuple en accord avec le droit international, a-t-il dit.  Il a également réitéré l’appui de sa délégation aux droits de l’Argentine sur les Îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud.  La question de Malvinas est particulière, selon lui, car il ne s’agit pas d’une question d’autodétermination mais d’un principe de souveraineté.  Par ailleurs, il a indiqué que la Bolivie appuyait le dialogue ouvert entre les parties sur la question du Sahara occidental.  Il a conclu en appelant la communauté internationale à donner un rythme nouveau à ses travaux.


Mme ELDA SANTOS (Timor-Leste) a regretté que les négociations sur le Sahara occidental soient toujours dans l’impasse.  Soulignant le parallèle entre l’histoire de son pays et celle du Sahara occidental -deux mouvements indépendantistes luttant pour les droits fondamentaux de leurs peuples— elle a constaté à regret que si son peuple a pu exercer son droit à l’autodétermination dés 1999, le peuple sahraoui attend toujours ce moment.  Elle a également rappelé qu’au fil des ans, des liens s’étaient tissés entre les dirigeants timorais et sahraouis, ce dont témoigne le fait que la République arabe sahraouie démocratique a ouvert une ambassade cette année en mai à Dili.  Le Timor-Leste appuie la lutte pour l’autodétermination des Sahraouis, position qui s’aligne sur celles des

organisations régionales, en particulier de l’Union africaine; sur l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) et des Nations Unies, qui reconnaissent clairement ce droit.  Ainsi, pour la représentante, il n’y a pas d’équivoque possible sur la position légale internationale par rapport à la question du Sahara occidental.  Le statu quo n’est plus acceptable, il y va de la stabilité de la région, a conclu Mme Santos.


M. AUGUSTINE UGOCHUKWU NWOSA (Nigéria) a indiqué que le droit à l’autodétermination et l’indépendance devait être exercé de manière transparente, en faisant écho à la volonté de la majorité des peuples colonisés, et ne saurait dépendre de la seule volonté des populations occupantes dont la loyauté aux puissances colonisatrices n’est plus à démontrer.  M. Nwosa a souhaité attirer l’attention des délégués sur la situation dans le Sahara occidental.  Le représentant a rappelé que son pays avait pris la tête de plusieurs pays africains en faveur de la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique.  Le Nigéria a observé avec intérêt l’évolution de la situation au Nigéria.  Nous appuyons les efforts de l’ONU pour trouver une solution durable au conflit de même que le travail de la MINURSO.


L’histoire politique de notre pays a toujours été l’occasion de manifester l’attachement du Nigéria au mouvement d’émancipation coloniale et à la lutte pour la justice, a ajouté M. Nwosa, précisant que son pays s’était engagé en faveur de nombreux processus d’indépendance et contre l’apartheid en Afrique du Sud.  S’agissant du Sahara occidental, le Nigéria souhaite que la paix puisse régner sur ce territoire pour que les réfugiés et les personnes déplacées puissent rentrer chez eux et reprendre un cours de vie normal.  En ce sens, le Nigéria soutient les efforts menés par les Nations Unies pour trouver une solution durable au conflit opposant le Sahara occidental au Royaume du Maroc, a indiqué M. Nwosa, notant que la tenue d’un référendum restait une option viable pour décider du choix à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.


Mme MALENGA OMOY CHARLOTTE (République démocratique du Congo) a expliqué qu’en ce qui concerne « l’épineuse question du Sahara occidental », son pays n’a cessé d’exhorter les parties et les États de la région à coopérer pleinement avec les Nations Unies pour progresser vers une solution politique.  À cet effet, la RDC soutient la dynamique créée par l’initiative du Royaume du Maroc pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara.  En outre, la RDC appuie l’appel lancé par le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la question du Sahara occidental, concernant l’importance du recensement des populations sahraouies et la mise en œuvre du Programme d’entretiens individuels.  De l’avis de la représentante, le Maroc a montré son sérieux et sa détermination à aller de l’avant et le processus de négociation engagé est la parfaite illustration de sa bonne foi et de son esprit de compromis pour l’émergence d’une solution politique négociée qui bénéficie de l’appui et l’adhésion de toutes les parties.  Pour pouvoir aller de l’avant, la représentante a exhorté les autres parties à se concentrer sur le processus politique et à s’engager résolument dans les négociations de fond.


Droits de réponse


      Le représentant du Royaume-Uni, en réponse à l’intervention du Paraguay, de l’Uruguay, du Nicaragua et de la Bolivie sur la question de la souveraineté des Îles Falkland, a expliqué que son pays n’avait aucun doute à ce sujet.  Il a ajouté qu’il fallait respecter la volonté des habitants de ces Îles, précisant que les rapports que le Royaume-Uni entretenait avec ses territoires étaient modernes et ouverts et respectaient pleinement la volonté de leurs peuples.  Or, a rappelé le représentant, les représentants des iles Falkland ont fait part au Comité spécial des Vingt-Quatre du fait qu’ils ne voulaient rien changer à leur statut. Il a ajouté qu’il n’y avait jamais eu de populations autochtones sur ces îles.


Exerçant son droit de réponse, le représentant de l’Argentine a indiqué que les Îles Malvinas faisaient partie intégrante du territoire national argentin et étaient occupées de manière illégitime par le Royaume-Uni.  Il a ajouté que les Nations Unies reconnaissaient un différend et que les résolutions prises invitaient l’Argentine et le Royaume-Uni à reprendre les négociations, en vue d’une solution pacifique et durable à ce conflit.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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