L’Assemblée générale proclame la « Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionelle » et réfléchit aux moyens d’améliorer l’efficacité de l’ECOSOC

20 octobre 2010
AG/11013

L’Assemblée générale proclame la « Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionelle » et réfléchit aux moyens d’améliorer l’efficacité de l’ECOSOC

20/10/2010
Assemblée générale
AG/11013
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Assemblée générale                                         

Soixante-quatrième session                                 

34e séance plénière – matin

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PROCLAME LA « SEMAINE MONDIALE DE L’HARMONIE INTERCONFESSIONELLE » ET RÉFLÉCHIT AUX MOYENS D’AMÉLIORER L’EFFICACITÉ DE L’ECOSOC

Avant de proclamer la première semaine de février, « Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle »*, l’Assemblée générale a examiné, ce matin, le rapport annuel du Conseil économique et social (ECOSOC), qui a été l’occasion pour les États Membres de multiplier les propositions pour améliorer encore l’efficacité de cette enceinte.

« Les religions doivent faire partie des solutions et non pas des problèmes », a souligné le Prince Ghazi Bin Mohammad de la Jordanie, en présentant la résolution sur la « Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle ».

Dans ce texte, l’Assemblée « engagetous les États à appuyer de leur plein gré, au cours de ladite semaine, la diffusion, auprès des églises, mosquées, synagogues, temples et autres lieux de culte de la planète, du message d’harmonie interconfessionnelle et de bonne volonté fondé sur l’amour de Dieu et du prochain, ou sur l’amour du bien et du prochain, selon leurs traditions ou convictions religieuses respectives ».

Le représentant de la Jordanie a relevé « les commentaires subtils » de la Belgique qui, au nom de l’Union européenne, a expliqué son vote tout comme la Turquie, avant une déclaration du Saint-Siège.

S’agissant du rapport de l’ECOSOC, le représentant belge s’est félicité, comme les autres 14 délégations, des progrès dans la mise en œuvre de la résolution 61/16 sur le renforcement de l’ECOSOC, dont l’Examen ministériel annuel (EMA)  et le Forum pour la coopération en matière de développement (FCD).  Il a toutefois estimé qu’il reste beaucoup à faire. 

Le représentant de l’Union européenne a reproché au segment général de l’ECOSOC d’être surchargé et de donner lieu à des débats « superficiels et hâtifs ».  Il a dénoncé les doubles emplois avec l’ordre du jour des Deuxième et Troisième Commissions et a appelé à une meilleure discipline dans la présentation des projets de résolution. 

Il est urgent, a-t-il ajouté, que le Comité des organisations non gouvernementales (ONG) respecte plus strictement les principes directeurs relatifs à l’octroi d’un statut consultatif auprès de l’ECOSOC.  Lorsque ses organes subsidiaires ne sont pas à la hauteur des normes « de transparence, d’inclusion, d’objectivité et bonne foi », a commenté le représentant du Liechtenstein, l’ECOSOC doit rectifier les décisions prises.  Il a également appelé à plus de transparence et d’inclusion dans le travail du Comité d’experts chargé de la coopération internationale en matière fiscale.

À l’instar de la Ministre des affaires étrangères de l’Inde, plusieurs délégations, dont celle du Yémen au nom du Groupe des 77 et de la Chine, ont insisté sur l’importance qu’il y a à ce que les activités opérationnelles de développement menées par le système de l’ONU reconnaissent la primauté des stratégies nationales et respectent le principe d’appropriation nationale. 

Une salve est venue du représentant du Brésil qui a rappelé au Conseil des chefs de secrétariat (CCS) à son obligation d’aligner les activités sur les mandats et priorités dûment définis par les processus intergouvernementaux.  Il faut, a-t-il estimé, des mesures additionnelles pour améliorer le contrôle des actions entreprises par les fonds, les programmes et institutions spécialisées des Nations Unies, y compris les institutions de Bretton Woods. 

Son homologue du Bélarus a suggéré l’inscription d’un sondage périodique auprès des gouvernements sur l’impact réel de l’appui fourni par le système des Nations Unies.  Il a également invité l’Assemblée générale à réfléchir au renforcement du FCD qui ne doit pas, comme a prévenu le représentant du Yémen, être détourné pour servir d’autres agendas concoctés en dehors du cadre des Nations Unies.

Le représentant du Brésil a jugé que le rôle du FCD pourrait être renforcé en augmentant le nombre de ses réunions et en les sanctionnant par un document négocié.  Cette position a été rejetée par le représentant des États-Unis pour qui la périodicité actuelle des réunions offre assez de temps à une réflexion approfondie, ce qui ne serait pas le cas d’une réunion annuelle.

Avant d’entamer ce débat, les délégations ont entendu le Président de l’ECOSOC, qui était venu présenter le rapport annuel de cet organe, annoncer que le prochain Examen ministériel annuel de l’ECOSOC serait consacré à l’éducation.

Sur la recommandation du Comité des conférences, l’Assemblée générale a décidé d’autoriser le Tribunal d’appel des Nations Unies à se réunir pendant la partie principale de sa soixante-cinquième session.

Elle poursuivra ses travaux lundi 25 octobre, à partir de 10 heures, avec l’élection de 18 membres de l’ECOSOC.

* A/64/L.5

RAPPORT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

Application et suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées par les Nations Unies dans les domaines économique et social et dans les domaines connexes

Outre le rapport du Conseil économique et social (A/65/3), l’Assemblée générale était saisie de la note du Secrétaire général sur le Prix des Nations Unies en matière de population pour 2009 (A/65/216) qui indique qu’en 2010, le Prix a été décerné à M. William Henry (Bill) Gates III et à Mme Melinda French Gates, des États-Unis d’Amérique, pour avoir « redessiné les contours de l’action philanthropique », et fait de la Fondation Bill et Melinda Gates la plus grande fondation à gestion privée au monde.  Le Prix a aussi été décerné au Forum asiatique de parlementaires sur la population et le développement (AFPPD) pour avoir conféré aux parlements de la région de l’Asie et du Pacifique un rôle plus important dans la réalisation des objectifs de la Conférence internationale sur la population et le développement.

Rapport du Secrétaire général sur le « rôle du Conseil économique et social dans l’application et le suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, compte tenu des dispositions des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale, y compris la résolution 61/16 » (A/65/84–E/2010/90)

Le présent rapport se présente comme une actualisation du rapport de 2009 (A/64/87-E/2009/89) du Secrétaire général, qui fournissait une évaluation approfondie des liens entre les différentes parties de l’architecture intégrée de suivi.

Il donne des exemples d’initiatives récentes en matière de suivi intégré des conférences, décrit les efforts entrepris il y a peu pour rationaliser le programme de travail de la session de fond du Conseil afin d’éviter à la fois les chevauchements et les doubles emplois entre les débats et fait des propositions pour poursuivre la rationalisation.

Le rapport souligne que, compte tenu de l’important examen de fond intégré qui intervient à présent dans le cadre de l’Examen ministériel annuel (EMA), il convient, pour l’avenir, de reconsidérer le rapport annuel sur le suivi intégré.  Le Conseil souhaitera peut-être réexaminer la périodicité du rapport et les points qui y sont abordés à l’occasion de l’examen par l’Assemblée générale, à sa soixante-cinquième session, de la résolution 61/16 sur le renforcement du Conseil économique et social.

Le Secrétaire général recommande également aux États Membres de désigner le Conseil en tant que mécanisme intergouvernemental chargé d’examiner la mise en œuvre des résultats de la Réunion plénière de haut niveau de 2010 sur les OMD, et de se pencher sur la question de savoir s’il convient que le Forum pour la coopération en matière de développement (FCD) se tienne tous les ans plutôt que tous les deux ans.

Il recommande également que les réunions régionales de préparation des examens ministériels annuels soient tenues dans les cinq régions, pour faire ressortir les questions qui revêtent une importance particulière pour ces régions.  Il engage par ailleurs les États Membres à assurer la promotion de la manifestation spéciale informelle du Conseil économique et social sur le thème de la philanthropie de manière à accélérer les progrès vers la réalisation des OMD.

Débat commun

Présentant l’édition 2010 du rapport du Conseil économique et social (ECOSOC), son Président, M. HAMIDON ALI, a indiqué que le travail entrepris cette année par l’ECOSOC devait être vu dans le contexte des efforts déployés pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). 

Il a rappelé que l’Examen ministériel annuel (EMA) de l’ECOSOC a été consacré à l’égalité entre les sexes et a coïncidé avec la création de l’ONU-Femmes.  Il a précisé que la Déclaration ministérielle, adoptée à l’issue du segment de haut niveau, identifie des stratégies pour une mise en œuvre efficace des engagements internationaux pris en matière de parité.

M. Ali a ensuite indiqué que la complexité du climat économique et financier a conféré un cachet particulier au Forum pour la coopération en matière de développement (FCD), lequel avait envoyé un message politique clair à la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur les OMD, quant à l’importance de maintenir et d’améliorer la coopération en matière de développement. 

Le Président de l’ECOSOC a ajouté que le Forum avait été appelé à encourager la participation du plus grand nombre aux discussions sur l’efficacité de l’aide et la responsabilité mutuelle et à promouvoir des relations plus équilibrées en matière d’aide grâce à des systèmes nationaux de gestion des fonds plus robustes. 

Le Forum a aussi conclu que l’agenda de l’efficacité de l’aide doit être élargi à la question des conditionnalités ou de la souplesse pour combattre les chocs exogènes.

Le Président a ensuite passé en revue les grandes lignes des segments de la coordination, des activités opérationnelles et des affaires humanitaires.  Il a relevé qu’un nombre importants d’appels engageaient l’ONU à maintenir « l’esprit de réforme », en assurant l’efficacité et l’efficience de son travail au niveau des pays.

M. Ali s’est par ailleurs félicité des progrès importants réalisés pour renforcer le travail de l’ECOSOC dans le domaine de la paix et du développement.  Il a notamment évoqué la tenue d’un dialogue politique spécial sur le rôle des femmes dans les pays à situation spéciale, ainsi que la manifestation spéciale conjointe de l’ECOSOC et de la Commission de consolidation de la paix (CCP).

« Haïti demeure au centre du travail de l’ECOSOC », a poursuivi M. Ali, qui a précisé que l’organe a prorogé le mandat du Groupe consultatif spécial pour Haïti, pour une nouvelle période de deux ans et a demandé à ce dernier de présenter des rapports deux fois par an.  M. Ali a ensuite annoncé que le prochain Examen ministériel annuel serait consacré à l’éducation.

M. KAMAL HASSAN ALI, Secrétaire d’État aux affaires étrangères du Soudan, a appelé les Nations Unies et leur système de développement à renforcer les capacités des pays en développement.  Le Soudan, a-t-il dit, a besoin d’élargir l’assiette des partenaires pour répondre aux défis qui se présentent.  Il a exprimé le souhait de voir une hausse de l’aide publique au développement (APD) et un allègement des mesures protectionnistes dans les pays développés.  Nous souhaitons un système commercial équitable et une réforme des institutions de Bretton Woods, a-t-il insisté en se déclarant inquiet pour les pays les moins avancés (PMA) d’autant plus que leur Décennie internationale arrive à sa fin.

Au Soudan, la recherche de la stabilité a toujours été un objectif historique qui a été atteint avec l’Accord de paix global mettant fin au plus long conflit en Afrique, a déclaré M. Ali, qui a sollicité un appui aux efforts de paix et à l’organisation d’un référendum juste et équitable.  Le Soudan, a-t-il affirmé en conclusion, a réalisé des progrès tangibles, notamment pour alléger la situation des plus vulnérables.  Il a vu de nombreuses évolutions positives en matière d’éducation, notamment l’éducation des filles, ainsi que dans l’autonomisation des femmes, la lutte contre les mutilations génitales et les violences contre les femmes dans les conflits.

M. ABDULLAH M. ALSAIDI (Yémen) au nom du Groupe des 77 et de la Chine, s’est réjoui que les réunions annuelles du printemps aient permis le renforcement du lien entre les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods, comme le veut le Consensus de Monterrey.  Le représentant a d’ailleurs réitéré son appel à la réforme des structures de gouvernance de ces institutions, pour qu’elles représentent de manière plus juste et plus équitable les pays en développement et fassent preuve de plus de transparence et de crédibilité dans la nomination de leurs hauts fonctionnaires.  Il a souligné, dans ce cadre, « l’indiscutable légitimité » de l’ONU comme enceinte de discussion sur la gouvernance économique mondiale.  M. Alsaidi a voulu que le FCD ne soit pas détourné pour servir d’autres agendas concoctés en dehors du cadre des Nations Unies.  Il s’est dit inquiet du manque de progrès dans la mise en œuvre du Programme d’action sur les PMA, étalé sur une Décennie qui touche déjà à sa fin.  Il a appelé au renforcement, s’agissant des activités opérationnelles, du partenariat pour le développement fondé sur la primauté des stratégies nationales et le principe d’appropriation nationale.  Il a conclu en se félicitant une nouvelle fois du nouveau format de la réunion de printemps qui représente une « rupture appréciée » s’agissant du processus pour le financement du développement.

M. CHRISTOPHE DE BASSOMPIERRE (Belgique), au nom de l’Union européenne (UE), s’est réjoui des progrès enregistrés dans le processus de revitalisation de l’ECOSOC, en estimant cependant qu’il faut encore améliorer certains aspects de son travail.  En définitive, a-t-il dit, la pertinence du Conseil dépend de notre volonté à le rendre utile.  L’autosatisfaction n’étant jamais bonne conseillère, a prévenu le représentant.  S’agissant du segment sur la coordination, il a estimé qu’il fallait peut-être réfléchir à son identité et à son rôle au regard, en particulier, du segment général.  Ce dernier, a-t-il reproché, est trop surchargé et donne lieu bien souvent à des débats superficiels et hâtifs sur des questions qui mériteraient une attention plu soutenue.  Il donne aussi lieu, a-t-il reproché, à des reprises de session qui ont tendance à faire double emploi avec l’ordre du jour d’autres organes et avec les Deuxième et Troisième Commissions.  Le représentant a aussi invité l’ECOSOC à rendre plus substantiel son lien avec la Commission de consolidation de la paix.

En conclusion, M. de Bassompierre a estimé qu’une meilleure discipline dans la présentation des projets de résolution contribuerait à alléger le fardeau du segment général.  Il a aussi jugé urgent que le Comité des organisations non gouvernementales ONG respecte plus strictement les principes directeurs relatifs à l’octroi d’un statut consultatif auprès de l’ECOSOC.

Mme PRENEET KAUR, Ministre d’État des affaires étrangères de l’Inde, a engagé les États Membres à créer des modèles de travail qui garantissent des flux synergétiques de ressources, une évaluation et une planification coordonnées et une approche holistique des programmes internationaux de développement.  Il faut cependant se rappeler qu’en la matière, les priorités nationales des pays doivent toujours avoir la primauté, a-t-elle néanmoins ajouté.  Pour que les politiques internationales servent réellement le développement, il faut qu’elles tiennent compte des préoccupations des pays en développement, a insisté la Ministre.  Malheureusement, a-t-elle déploré, les structures institutionnelles actuelles ne le permettent pas. 

La Ministre a donc plaidé pour que les pays en développement aient leur place au sein des institutions de Bretton Woods.  En l’occurrence, l’ONU a un rôle important à jouer mais elle a besoin d’une réforme, a-t-elle ajouté, en estimant que la première de ces réformes devrait être l’élargissement des deux catégories de membres du Conseil de sécurité.  Se félicitant également des progrès dans la revitalisation de l’Assemblée générale, la représentante a appelé les États Membres à rendre l’ECOSOC encore plus pertinent que ce qu’envisage la Charte de l’ONU et les résolutions qui ont suivi.

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a estimé que lorsque ses organes subsidiaires ne sont pas à la hauteur des normes de transparence, d’inclusion, d’objectivité et de bonne foi dans l’application du Règlement intérieur, l’ECOSOC doit prendre la décision de rectifier les décisions prises, comme il l’a déjà fait avec le Comité des ONG.  Le Conseil, a poursuivi le représentant, doit aussi entreprendre des réformes structurelles dans certains domaines.  Il a émis l’espoir que le rapport du Secrétaire général sur le renforcement des arrangements institutionnels pour la promotion de la coopération internationale en matière fiscale reflètera les vues de plusieurs États Membres selon lesquels le travail du Comité d’experts chargé de cette coopération doit être plus transparent et plus inclusif.

M. Wenaweser a également parlé du mandat de l’ECOSOC de renforcer la coordination des activités humanitaires entreprises, à l’échelle du système des Nations Unies.  Le Conseil peut contribuer davantage à la cohérence sur le terrain sans pour autant verser dans « celui, trop célèbre, des désaccords politiques », a estimé le représentant.  Il a aussi appelé le Conseil à faire plus pour renforcer sa complémentarité avec les autres organes principaux de l’ONU dont le Conseil de sécurité et le Conseil des droits de l’homme.

Mme MARY ELIZABETH FLORES (Honduras) a estimé que la réticence de certains pays riches à honorer leurs engagements renforce les effets dévastateurs d’une crise financière due à la spéculation et aux pratiques immorales, sur les marchés fragiles des populations les plus vulnérables.  Les inégalités du commerce international obligent « les pays du maïs et de la tortilla » à vendre au rabais la sueur de leur front et à payer cher les produits des pays industrialisés, a-t-elle insisté.  Ce n’est pas la pluie, mais une averse qui nous tombe dessus lorsqu’on ajoute des subventions, des quotas et autres obstacles à nos exportations, tous plus ingénieux les uns que les autres, s’est-elle emportée.  La production totale des 500 000 familles qui produisent du café au Honduras ne suffirait pas, a dénoncé la représentante, à payer la dette du pays aux cartels du pétrole qui ne cessent d’augmenter leurs prix. 

À ces maux, a ajouté la représentante, il faut ajouter les dégâts cycliques des changements climatiques, dont ceux de l’ouragan aux « proportions bibliques » qui a secoué le pays, il y a quelques années.  Dans une « économie sans cash », son gouvernement était fier de consacrer des ressources aux investissements dans le social.  Nous ne devons pas laisser la pauvreté détruire le potentiel de l’avenir, a-t-elle lancé.  Nous n’acceptons plus les excuses.  Nous devons presser le pas, a-t-elle conclu en saluant les engagements renouvelés lors de la Réunion de haut niveau sur les OMD. 

M. LIBRAN N. CARACTULAN (Philippines) a appuyé les appels au renforcement du FCD afin que son expérience puisse servir les activités de développement.  Il s’est attardé sur ce que l’ECOSOC a produit dans les domaines de l’aide humanitaire, des changements climatiques, de la biodiversité et du développement durable, en général.  Les Philippines, qui subissent fréquemment des catastrophes naturelles, espèrent que les discussions de l’ECOSOC viseront à laisser un bon héritage aux futures générations.  Le représentant avait commencé sa déclaration en attirant l’attention de l’Assemblée générale sur l’adoption, en 2009, de la « Magna Carta » pour les femmes.

M. GONZALO GUTIÉRREZ (Pérou) a réclamé davantage d’engagement afin de réaliser les OMD et de sortir de la crise.  Il a souhaité le renforcement des politiques d’emploi et a estimé qu’une attention accrue devait être accordée aux pays à revenu intermédiaire.  Il a estimé que les efforts tendant à développer un dialogue constructif sur une nouvelle architecture financière internationale étaient particulièrement importants.  Le point de vue des plus petits pays, qui forment la majorité des États du globe, devra être dûment pris en compte, a-t-il insisté.  Le représentant a également réclamé la bonne conclusion des pourparlers de Doha, avant de souligner l’importance qu’il y a à financer la recherche scientifique et technologique.  S’agissant des changements climatiques, il a estimé que la question de l’adaptation devait figurer au centre des programmes de financement du développement.

M. VASILY KURLOVITCH (Bélarus) a indiqué que l’Examen ministériel annuel et le FCD avaient vocation à devenir les principaux fora de discussions sur les progrès enregistrés dans la réalisation des OMD et l’Agenda du développement après 2015.  À cette fin, le représentant a invité l’Assemblée générale à réfléchir au renforcement du FCD, y compris son statut institutionnel, la fréquence de ses réunions et le format de ses documents finaux.  Il a souligné l’importance d’une nouvelle architecture énergétique pour la réalisation des ODM, en plaidant pour l’échange de technologies propres et à un prix abordable.  Le représentant a également suggéré l’inscription dans l’ordre du jour du Conseil d’un point relatif à un sondage périodique auprès des gouvernements sur l’impact de l’appui fourni par le système des Nations Unies.  Il a aussi proposé la création d’un système plus souple d’interaction entre ce système, les pays récipiendaires

M. MIKHAIL Y. SAVOSTIANOV (Fédération de Russie) a rappelé que sa délégation s’était toujours exprimée en faveur du rôle des Nations Unies dans la coordination des efforts économiques et humanitaires.  Il a noté le rôle crucial de l’ECOSOC dans les préparatifs du Sommet sur les OMD, le financement du développement et la réaction de l’ONU face à la crise économique.  S’agissant de la mise en œuvre des nouvelles fonctions du Conseil, le délégué a déclaré que toute décision visant à renforcer l’ECOSOC doit avoir pour but une aide efficace aux efforts des pays Membres pour atteindre les OMD.  Ce travail nécessitera une approche coordonnée avec les priorités nationales et un contrôle intergouvernemental efficace.  M. Savostianov a évoqué le rôle important du FCD et ses démarches novatrices dans l’aide au développement.  L’examen de la mise en œuvre de la résolution 61/16 permettra à l’ECOSOC de devenir un organe plus efficace, a-t-il conclu.

M. MILOŠ KOTEREC (Slovaquie) a constaté que presque quatre ans après l’adoption de la résolution sur le renforcement de l’ECOSOC, il reste encore beaucoup à faire.  Le délégué slovaque a insisté sur le besoin de mettre davantage l’accent sur la coordination et l’intégration à l’échelle du système.  Pourquoi, a-t-il demandé, ne pas exploiter le potentiel pour une coopération plus étroite entre l’ECOSOC et le Conseil de sécurité?  De nombreux thèmes lient ces deux organes et des résultats plus visibles pourraient être atteints plus rapidement.  La Commission de consolidation de la paix est une pièce importante dans cette chaîne, a aussi remarqué le délégué.

Alors que les temps exigent une utilisation plus innovante des ressources, on peut voir la possibilité d’un autre changement pragmatique dans le travail de l’ECOSOC et notamment son débat général, a déclaré M. Koterec.  Son ordre du jour est de plus en plus chargé chaque année et de nombreux sujets font double emploi avec le travail de l’Assemblée générale et de ses commissions.  Nous devons nous opposer à cette tendance négative afin de concentrer l’expertise et l’énergie du Conseil sur des questions plus essentielles.  La Slovaquie soutient le renforcement du FCD, qui devrait évoluer en une enceinte qui apporte de nouvelles idées et des modèles novateurs, dans le domaine de la coordination.  À cet égard, le représentant a suggéré que ses réunions se tiennent à un rythme annuel.

M. MOHAMAD HERY SARIPUDIN (Indonésie) a estimé que les fonctions renforcées de l’ECOSOC le mettent dans à une place stratégique pour assurer le suivi de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur les OMD.  L’Examen ministériel annuel et le FCD peuvent servir de plates-formes, a-t-il suggéré, après avoir souligné que les OMD ne seront réalisés qu’à travers un véritable partenariat dont le cadre est offert par le Consensus de Monterrey, la Déclaration de Doha et le Cycle des négociations commerciales. 

M. FREDERICK D. BARTON (États-Unis) a appuyé « pour le moment » le maintien du format actuel du FCD et la périodicité de ses réunions qui offre assez de temps pour une réflexion approfondie, ce que ne pourrait faire une réunion annuelle.  Quant au suivi de la Réunion de haut niveau sur les OMD, le représentant a rappelé que le Document final énonce clairement, dans ses paragraphes 79, 80 et 81, les modalités de ce suivi.

M. JOÃO LUCAS QUENTAL NOVAES DE ALMEIDA (Brésil) a jugé que le rôle du FCD pourrait être renforcé en augmentant le nombre de ses réunions et les sanctionnant par un document négocié.  Le représentant a aussi estimé que certaines initiatives proposées par le Conseil des chefs de secrétariat (CCS) pour gérer la crise économique et financière ne reposent ni sur une définition claire ni sur un mandat précis de la part des États Membres.  Il a cité comme exemple les initiatives liées au concept d’« économie verte » qui n’a jamais été discuté par les États Membres.  Le représentant a insisté, une nouvelle fois, sur la nécessité pour le Conseil des chefs de secrétariat d’aligner leurs activités sur les mandats et priorités définis par les processus intergouvernementaux.

M. Quental Novaes de Almeida a d’ailleurs estimé qu’il faut des mesures additionnelles pour améliorer la coordination et le contrôle des actions entreprises par les fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies, y compris les institutions de Bretton Woods.  Il a rappelé, pour conclure, que la Conférence de Monterrey était le seul sommet important des Nations Unies à n’avoir pas donné lieu à la création d’un organe intergouvernemental pour veiller à la mise en œuvre de ses recommandations.  Il a en conséquence appelé à l’établissement d’une commission technique sur le financement du développement.

Explications de position sur l’adoption de la résolution sur la Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle (A/65/L.5)

Le représentant de la Belgique, s’exprimant au nom de l’Union européenne, a dit saluer tout appel au dialogue, à la paix, à la tolérance et à la compréhension mutuelle.  Il a toutefois considéré que les religions ne sont pas « acteurs » au titre du droit international et noté que, même si elle s’associe à la disposition de la résolution relative à l’appui des États à la diffusion du message d’harmonie interconfessionnelle et de bonne volonté fondé sur l’amour de Dieu et du prochain, elle souligne, que dans son entendement, il s’agit d’un dialogue entre individus ou groupes d’individus de différentes religions, dans le plein respect des droits individuels en matière de religion. 

Il a ajouté que cette disposition ne peut être comprise comme donnant aux États un mandat pour imposer certaines croyances; certains pays ayant des dispositions séparant strictement État et religion.  Cependant, a poursuivi le délégué, nous souscrivons au respect des croyances et l’Union européenne reconnaît l’importance du dialogue interreligieux.  Elle considère néanmoins que le dialogue intrareligieux et le dialogue interculturel sont tout aussi importants.  L’Union européenne souligne le rôle de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en matière de dialogue interculturel ainsi que celui de l’Alliance des civilisations, a conclu le représentant.

Le représentant de la Jordanie a indiqué que sa délégation appuyait les « commentaires subtils » de la délégation belge, tandis que le représentant de la Turquie a indiqué que sa délégation poursuivrait ses efforts pour promouvoir la paix et la tolérance. 

Dans sa déclaration, l’observateur du Saint-Siège a dit qu’il aurait souhaité que la résolution se concentre davantage sur le dialogue interreligieux au niveau des institutions et des autorités religieuses.  Il a regretté que le texte ne distingue pas la foi personnelle de la religion institutionnelle.  J’aurais souhaité, a-t-il dit, que le titre parle de l’« interreligieux » plutôt que de l’« interconfessionnel ».

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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