Stratégie de Maurice: M. Ban Ki-moon demande une augmentation de l’aide en faveur des petits États insulaires en développement

24 septembre 2010
AG/10998-ENV/DEV/1161

Stratégie de Maurice: M. Ban Ki-moon demande une augmentation de l’aide en faveur des petits États insulaires en développement

24/09/2010
Assemblée générale
AG/10998
ENV/DEV/1161
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Assemblée générale

Soixante-cinquième session

13e séance plénière - matin


STRATÉGIE DE MAURICE: M. BAN KI-MOON DEMANDE UNE AUGMENTATION DE L’AIDE

EN FAVEUR DES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DÉVELOPPEMENT


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a ouvert, ce matin, la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur l’examen quinquennal de la Stratégie de Maurice en plaidant pour une augmentation de l’aide en faveur des petits États insulaires en développement (PEID), dont les vulnérabilités, a-t-il dit, sont « uniques et particulières ». 


Les États Membres procèdent jusqu’à demain à une évaluation approfondie des progrès réalisés, des enseignements tirés de l’expérience et des obstacles rencontrés dans l’application de la Stratégie de Maurice, adoptée il y a cinq ans, tout en s’attachant à trouver les moyens de réduire encore la vulnérabilité des petits États insulaires en développement.


La Stratégie de Maurice constitue « la feuille de route en matière de développement durable pour les petits États insulaires », a déclaré le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, dans son discours d’ouverture de cette Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale de deux jours, qui doit s’achever par l’adoption d’un document final*.


M. Ban a souligné que les PEID, dans l’ensemble, ne bénéficiaient toujours pas d’un accès suffisant au financement pour entreprendre les « changements spectaculaires » exigés par leur situation et pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Il est donc nécessaire, selon lui, « non seulement d’augmenter l’assistance financière à leur égard, mais aussi de simplifier et d’harmoniser les mécanismes financiers, en particulier pendant et après les catastrophes naturelles, comme celle que nous avons observée en Haïti ».  Le Secrétaire général a également jugé qu’il était temps d’intégrer les stratégies d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques dans les plans et politiques gouvernementaux.


Dans sonrapport, qui constitue une synthèse générale, à l’adresse des États Membres, des examens quinquennaux préparatoires nationaux et régionaux de la Stratégie de Maurice, M. Ban indique que les petits États insulaires en développement ont fait moins de progrès que les autres, ou ont parfois même régressé, en matière de réduction de la pauvreté et d’endettement tolérable.


« De fait, nombre d’avancées obtenues à grand peine sont menacées par les changements climatiques et les catastrophes naturelles, ainsi que par les crises mondiales récentes, qu’il s’agisse des crises de l’alimentation et de l’énergie ou de la crise financière. »


« Bien que des progrès majeurs aient été accomplis dans les PEID pour préserver l’environnement, un des Objectifs du Millénaire pour le développement, l’éradication de la pauvreté extrême, n’a pas encore été atteint », a ainsi relevé le Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss (Suisse). 


Au cours des deux prochains jours, progrès et lacunes seront passés en revue, a-t-il dit, souhaitant que « les discussions conduisent à renforcer la volonté politique de la communauté internationale de réduire les vulnérabilités des PEID et d’établir avec eux un partenariat ».


Lors du débat qui a suivi, auquel ont pris part une quinzaine d’orateurs, dont sept chefs d’État et de gouvernement, l’accent a été mis sur la nécessité d’intégrer les vulnérabilités spécifiques des PEID dans l’agenda multilatéral et les programmes de développement.


Au nom des petits États insulaires en développement du Pacifique, le Président de Nauru, M. Marcus Stephen, a estimé qu’en l’absence d’objectifs clairs, la Stratégie de Maurice ne saurait être très efficace.  « La plupart des petits États insulaires en développement du Pacifique n’atteindront pas l’objectif lié à la baisse de la pauvreté et certains pays verront même la pauvreté s’aggraver », a-t-il dit, regrettant que la « vision de la Barbade » ne se soit « pas encore concrétisée ».


Le Premier Ministre de la Grenade et Président de l’Alliance des petits États insulaires, M. Tillman Thomas, a souligné que le manque de capacités avait limité l’accès des PEID aux mécanismes financiers internationaux, tels que le Fonds pour l’environnement mondial.


Le Premier Ministre du Japon, M. Naoto Kan, a invité tous les pays du monde à mettre en pratique le concept de sécurité humaine, au cœur de la coopération et du dialogue avec les PEID, afin que ces derniers puissent connaître un développement durable et que leurs populations soient en mesure de vivre dans la dignité. 


Cette séance plénière a été suivie, dans l’après-midi, d’une table ronde sur le thème « Réduire la vulnérabilité et renforcer la résilience des petits États insulaires en développement ».


Le Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement, adopté à la Barbade en 1994, mettait en lumière les difficultés particulières qui ont gravement entravé le développement socioéconomique de ces pays.  Le Programme d’action de la Barbade a traduit Action 21 en mesures concrètes visant à permettre aux petits États insulaires en développement de parvenir à un développement durable.


Adoptée en 2005, la Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement énonce des mesures dans 19 domaines prioritaires, y compris les thèmes initialement proposés dans le Programme d’action de la Barbade.


La Réunion de haut niveau se poursuivra demain, à partir de 10 heures.


*     A/65/L.2

**    A/65/115


SUIVI ET APPLICATION DE LA STRATÉGIE DE MAURICE POUR LA POURSUITE DE LA MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME D’ACTION POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE DES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DEVELOPPEMENT: RÉUNION DE HAUT NIVEAU CHARGÉE D’EXAMINER L’APPLICATION DE LA STRATÉGIE DE MAURICE POUR LA POURSUITE DE LA MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME D’ACTION POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE DES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DEVELOPPEMENT: PROJET DE RÉSOLUTION A/65/L.2


Déclarations


M. JOSEPH DEISS, Président de l’Assemblée générale, a déclaré qu’au sein de la famille des Nations Unies, les pays les plus vulnérables méritaient une attention particulière.  Le cinquième examen de la Stratégie de Maurice a indiqué que les économies des petits États insulaires en développement étaient fortement dépendantes des pêcheries et du tourisme.  La distance géographique qui les sépare des ressources dont ils ont besoin et leur petite taille ont considérablement freiné leur développement, sans parler des crises environnementales.  Les catastrophes naturelles les ont affectés de manière disproportionnée, a poursuivi M. Deiss, qui a rappelé que la montée du niveau des océans constituait une menace pour les récifs coralliens. 


Tout cela ne peut laisser indifférent, a souligné M. Deiss, comme en témoigne la réaction des États Membres Nations Unies qui ont adopté le Programme d’action de la Barbade en 1994 et la Stratégie de Maurice en 2005.  Bien que des progrès majeurs aient été accomplis dans les PEID pour préserver l’environnement, un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), l’éradication de la pauvreté extrême, n’a pas encore été atteint, a relevé le Président de l’Assemblée générale.  Il a déclaré qu’au cours des deux prochains jours, progrès et lacunes seraient passés en revue, souhaitant que les discussions conduisent à renforcer la volonté politique de la communauté internationale de réduire les vulnérabilités des PEID et d’établir avec eux un partenariat.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, a rappelé que la Stratégie de Maurice, adoptée en 2005, constituait la feuille de route en matière de développement durable pour les petits États insulaires, avec 19 domaines prioritaires clairement identifiés.  « Nous sommes réunis aujourd’hui pour évaluer les progrès accomplis dans sa mise en œuvre, ainsi que les lacunes qui doivent être comblées le plus rapidement possible », a-t-il déclaré.  Les petits États insulaires en développement (PEID) se caractérisent par des vulnérabilités uniques et particulières dont ils sont l’objet et reconnues de longue date par la communauté internationale, a rappelé le Secrétaire général.  Elles découlent de la taille de leur territoire, de leur isolement, de leurs ressources limitées et des restrictions qui s’imposent à eux pour développer des économies d’échelle, sans compter leur exposition élevée aux menaces environnementales.  En outre, au cours des cinq dernières années, ces États ont souffert, comme tous les autres, de l’impact des crises financière, alimentaire et énergétique, a poursuivi M. Ban.  Les changements climatiques ont eu par ailleurs un impact important sur leurs industries touristiques et sur leurs pêcheries, ainsi que sur leur biodiversité.


Le Secrétaire général s’est félicité de constater que les plans et les politiques de ces États reflètent désormais les principes clefs du développement tels qu’énoncés dans la Stratégie de Maurice.  Plusieurs pays ont entrepris des réformes économiques en vue de renforcer leur résilience à l’impact de la mondialisation.  Le renforcement des cadres institutionnels régionaux a été observé dans plusieurs sous-régions.  Si certains exportateurs de produits de base situés dans des pays insulaires ont réussi à se ménager des opportunités, la croissance à l’export des îles qui disposent de peu de ressources reste trop faible.  Les PEID manquent toujours d’un accès suffisant au financement dont ils ont besoin pour entreprendre les changements spectaculaires exigés par leur situation, a fait observer M. Ban.  Il est donc nécessaire, non seulement d’augmenter l’assistance financière à leur égard, mais aussi de simplifier et d’harmoniser les mécanismes financiers, en particulier pendant et après les catastrophes naturelles, comme celle que nous avons observée en Haïti.  Il est également temps d’intégrer les stratégies d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques dans les plans et politiques gouvernementaux, a également préconisé le Secrétaire général.


M. MARCUS STEPHEN, Président de Nauru, qui s’exprimait au nom des petits États insulaires en développement du Pacifique, a félicité les États ayant connu des progrès en matière de développement durable ainsi que les partenaires qui les ont soutenus.  Néanmoins, le Président a estimé qu’en l’absence d’objectifs clairs, la Stratégie de Maurice ne saurait être très efficace.  Il a constaté que certains pays avaient évolué dans la réalisation des OMD.  Mais, a-t-il ajouté, la plupart des petits États insulaires en développement du Pacifique n’atteindront pas l’objectif lié à la baisse de la pauvreté et certains pays verront même la pauvreté s’aggraver.  Le Président de Nauru a regretté que la vision de la Barbade ne se soit pas encore concrétisée.


Concernant les obstacles aux progrès des petits États insulaires en développement du Pacifique, M. Stephen a mis en cause une mauvaise compréhension par la communauté internationale des spécificités de ces petits États insulaires. Il a ainsi cité, entre autres, l’éloignement des grands marchés internationaux, l’insuffisance de ressources, la vulnérabilité aux changements climatiques, la hausse du niveau de la mer. 


Le Président a exhorté ensuite la communauté internationale à trouver des solutions aux problèmes climatiques lors de la prochaine Conférence de Cancún, au Mexique, afin de sauver les petits États insulaires menacés de disparition.  Le Président de Nauru a ensuite rappelé les engagements des pays riches dans le cadre de l’aide publique au développement et a cité le Secrétaire général des Nations Unies, pour qui il ne faut pas équilibrer les budgets sur le dos des pauvres. 


Le Chef de l’État a également invité le Conseil de sécurité à se pencher sur le problème des changements climatiques qui menacent les PEID.  Il a souhaité que le Secrétaire général vienne sur place dans le Pacifique toucher du doigt les réalités de ces pays.


M. TILLMAN THOMAS, Premier Ministre de la Grenade et Président de l’Alliance des petits États insulaires, a déclaré que le manque de capacités avait limité l’accès des PEID aux mécanismes financiers internationaux, tels que le Fonds pour l’environnement mondial.  C’est un fait établi que les PEID deviendront les plus grands perdants économiques et les pays avec le plus grand nombre de personnes déplacées si la température de la planète augmente de plus de 1,5ºC au-delà des niveaux préindustriels, a-t-il dit.  Le Premier Ministre a rappelé que 106 États Membres des Nations Unies soutenaient l’appel à maintenir la hausse de la température moyenne en-dessous de cette limite, et que 41 restaient indécis.  Ce qui signifie, selon lui, que plus de 147 pays sont opposés à une hausse de 2º et plus.  Et pourtant la communauté internationale ne parvient pas à s’accorder sur les conclusions d’une simple étude scientifique qui fixe à 1,5º la limite de ce qui est tolérable. 


M. Thomas a par ailleurs fait état d’une nouvelle étude qui détermine que les récifs coralliens, un des écosystèmes marins les plus importants dont disposent les États insulaires, se détériorent rapidement, en particulier dans les Caraïbes.  Le Premier Ministre s’est déclaré, en conclusion, profondément déçu du refus des Nations Unies de considérer les petits États insulaires en développement comme une catégorie spéciale de pays.


M. EDWARD NIPAKE NATAPEI TUTAFANUA’ARIKI, Premier Ministre de Vanuatu, a noté que le rapport 2009-2010 sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en Asie et dans le Pacifique faisait ressortir le fait que les États du Pacifique étaient les moins avancés en terme de réalisation des OMD et les plus vulnérables face aux changements climatiques.  Il a ajouté que le problème climatique apparaissait comme un obstacle majeur au développement de ces pays et a relevé d’autres obstacles tels que la dépendance aux énergies fossiles, les catastrophes naturelles, l’insuffisance d’infrastructures ainsi que la pêche illégale.  Tous ces défis et ces vulnérabilités, a ajouté le Premier Ministre, ont été aggravés par les récentes crises alimentaire, énergétique et financière, et continueront d’augmenter les impacts sur les changements climatiques.


Le Premier Ministre de Vanuatu a ensuite mis l’accent sur le soutien de l’ONU et des partenaires internationaux aux PEID.  Il a notamment souligné l’appui des Nations Unies et du Conseil des organisations régionales dans le Pacifique pour la préparation du présent Sommet.  Il a enfin invité la communauté internationale à tenir compte des spécificités et besoins des PEID dans les programmes de développement liés à ces derniers.


S’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. ABDULLAH M. AL-SAIDI (Yémen) a fait part de sa préoccupation devant les vulnérabilités spécifiques aux PEID, et des mesures insuffisantes prises au niveau international pour leur venir en aide.  Il a ensuite attiré l’attention des États Membres sur les difficultés rencontrées par un certain nombre d’entre eux qui ne parviendront pas à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à temps.  L’impact des crises multiples continue de se faire ressentir, de même que celui des catastrophes naturelles et des changements climatiques, a-t-il dit. 


La plupart des investissements dont les PEID ont besoin pour renforcer leur résilience, que ce soit en termes d’infrastructures aériennes et maritimes, d’adaptation aux changements climatiques et à la montée du niveau des océans, de gestion des déchets, d’énergie, de tourisme et de télécommunications, ne bénéficient pas de ressources adéquates.  Aussi le Groupe des 77 et la Chine a-t-il exhorté tous les partenaires de développement à honorer leurs promesses de contribution et à faciliter les transferts de technologie et le renforcement des capacités locales.  Les Nations Unies sont encouragées à soutenir les efforts des PEID pour mettre en œuvre le Programme d’action de la Barbade et la Stratégie de Maurice, a ajouté le représentant.


M. HEINZ FISCHER, Président de l’Autriche, a souligné l’engagement de son pays à soutenir la Stratégie de Maurice.  Il a relevé que les PEID étaient les plus vulnérables aux changements climatiques qu’ils n’avaient, du reste, pas causés.  M. Fischer a ensuite noté que la protection climatique était étroitement liée aux autres domaines de la coopération au développement.  De ce fait, l’Autriche considère le problème climatique comme transversal dans ses programmes de développement. 


Affirmant que le problème d’énergie était aussi une préoccupation majeure pour l’Autriche, M. Fischer a exprimé le soutien que son pays apportait à la campagne du Secrétaire général de l’ONU pour assurer un accès universel à l’énergie d’ici à 2030.  Dans sa coopération avec les PEID, l’Autriche a forgé un partenariat réussi au côté de l’Italie et de la ville de Milan, a également souligné M. Fischer, précisant que celui-ci portait sur des projets d’énergie renouvelable sur le terrain, basés sur des priorités nationales.  Le Président a terminé en réaffirmant la volonté de son pays à participer aux efforts internationaux pour le développement des PEID.


M. DANNY FAURE, Vice-Président des Seychelles, a lui aussi plaidé pour que les vulnérabilités spécifiques des PEID soient intégrées dans l’agenda multilatéral et les programmes de développement.  Il est également nécessaire, selon lui, de veiller à ce que leur situation soit prise en considération dans les processus d’examen de la gouvernance internationale, notamment la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, prévue en 2012.  Pour le Vice-Président, les critères du produit intérieur brut (PIB) ou du produit national brut (PNB), qui continuent de gouverner les modalités d’attribution de l’aide internationale, disqualifient d’emblée la plupart des petits États insulaires en développement pour accéder aux sources de financement dont ils ont besoin.  M. Faure a affirmé que cela était regrettable et ne reflétait pas les défis nombreux et complexes auxquels sont confrontés les États insulaires. 


Le Vice-Président a par ailleurs préconisé l’établissement d’un centre régional d’excellence pour les changements climatiques et le développement.  M. Faure a insisté en conclusion sur le fait que l’augmentation de la température moyenne dans le monde ne devait en aucun cas dépasser les 1,5ºC sous peine de condamner à mort des pays comme le sien.


M. NAOTO KAN, Premier Ministre du Japon, a souligné que les PEID étaient victimes de nombreuses catastrophes naturelles parmi lesquelles les tsunamis, les tremblements de terre, les ouragans.  Il a mentionné le tremblement de terre qu’Haïti a connu en janvier dernier afin de noter le niveau de dommages que les petits États insulaires pouvaient connaître dans de telles situations.  Rappelant que des équipes de secours japonais s’étaient rendues promptement en Haïti pour appuyer les efforts des Nations Unies, il a affirmé que la promesse d’aide de 100 millions de dollars prévue pour la reconstruction d’Haïti par son gouvernement serait tenue.  Le Premier Ministre japonais a ensuite invité les PEID à prendre des mesures de prévention et de gestion de catastrophes aux niveaux communautaire et national en citant en exemple les directives adoptées à Kobe, au Japon, en 2005 et qui s’inspirent du Plan d’action de Hyogo.


Mettant l’accent sur la vulnérabilité des PEID aux changements climatiques, M. Kan a fait état du programme d’aide que son gouvernement a mis en place pour la période 2009-2012 afin de soutenir, à hauteur de 15 milliards de dollars, les États en développement et les PEID qui ont élaboré des politiques d’atténuation liées aux changements climatiques.  Poursuivant dans le même sens, M. Kan a annoncé la coopération du Japon avec les PEID pour la réussite de la Conférence sur le climat qui a lieu en fin d’année à Cancún, au Mexique.  Le concept de sécurité humaine est au cœur de la coopération et du dialogue avec les PEID, a affirmé le Premier Ministre japonais.  Il a invité tous les pays du monde à mettre en pratique ce concept de sécurité humaine, afin que les PEID puissent connaître un développement durable et que les populations de ces pays soient en mesure de vivre dans la dignité.  Rappelant que le Japon était lui-même constitué d’îles, M. Kan a renouvelé la volonté de son pays d’aider ses amis des PEID.


M. PETER KENT, Ministre des affaires étrangères du Canada, a noté que les PEID vivaient une situation de vulnérabilité particulière du fait des changements climatiques, de l’élévation du niveau des océans, des désastres naturels et environnementaux et des coûts élevés des transports et de l’énergie.  Il a ensuite reconnu les efforts des PEID à œuvrer pour le développement durable et s’est félicité des progrès dans la mise en œuvre de la Stratégie de Maurice.  Mettant l’accent sur le rôle du Canada dans les efforts internationaux de développement, M. Kent a cité des contributions substantielles de son pays dans diverses initiatives de coopération telles que le Programme pilote de la Banque mondiale pour la résistance aux chocs climatiques, des programmes internationaux de lutte contre les changements climatiques, le mécanisme d’assurance de la Banque mondiale contre les risques liés aux catastrophes, l’aide au développement dans les Caraïbes et un appui important pour la reconstruction d’Haïti.


En réaffirmant le rôle majeur que l’ONU doit jouer pour aider les PEID à atteindre un développement durable, M. Kent a invité les institutions financières internationales et le secteur privé à s’y investir.  Il a évoqué le partenariat pour le développement du secteur privé de la Communauté des Caraïbes que le Canada soutient par le biais de financements destinés au secteur privé.  M. Kent en a appelé à la coopération entre la communauté internationale et le secteur privé pour concrétiser la Stratégie de Maurice et aider les PEID à se développer.


Mme STEFANIA PRESTIGIACOMO, Ministre de l’environnement, de la terre et de la mer de l’Italie, a commencé par rappeler l’injustice fondamentale que constituait le fait que les PEID soient les premiers touchés par les changements climatiques, alors qu’ils en sont les moins responsables.  Elle a ensuite indiqué que l’Italie avait soutenu des initiatives clefs à leur égard, notamment en établissant un Centre de la Communauté des Caraïbes sur les changements climatiques.  Tandis que la communauté internationale débat toujours d’un accord global qui garantirait la participation équitable de tous aux efforts d’atténuation des changements climatiques, l’Italie a lancé de son côté, il y a trois ans, un programme dans la région Pacifique destiné à mettre en œuvre des stratégies d’adaptation, a-t-elle dit.  Ce programme de coopération est devenu un modèle à succès repris ailleurs, s’est félicité la Ministre, qui a estimé en conclusion que cela tenait notamment au fait qu’il respectait pleinement le principe d’appropriation.


M. JUAN MANUEL GÓMEZ-ROBLEDO, Vice-Ministre des affaires étrangères du Mexique, s’est déclaré inquiet par le fait que la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade et de la Stratégie de Maurice soit partielle.  La seizième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra à Cancún au mois de décembre, offrira la possibilité à la communauté internationale d’accomplir des progrès substantiels dans la lutte contre ce phénomène et de parvenir à une solution multilatérale satisfaisante pour tous les États parties, a-t-il souhaité.  Le pire scénario serait de n’adopter aucun document, a-t-il prévenu, car les petits États insulaires en développement seront les premiers à en subir les conséquences.  Il a assuré qu’il n’était pas possible de repousser le moment de réaliser des avancées et que la seule pièce manquante était la volonté politique: « Le moment d’agir est venu », a-t-il lancé en conclusion.


M. KAMALESH SHARMA, Secrétaire général du Commonwealth, a rappelé que 26 des 54 États membres du Commonwealth étaient des petits États insulaires en développement.  Le Commonwealth, a-t-il dit, est venu en aide à plusieurs d’entre eux, dont Maurice, qu’il a aidé à diversifier l’économie, laquelle reposait essentiellement sur la production de sucre et le tourisme, et qu’il a ouvert à des activités telles que la commercialisation de fruits de mer, les services financiers et l’éducation à distance.  Le Commonwealth a également aidé la Barbade à aligner son système commercial sur les normes internationales en vigueur et à amener les producteurs, les entrepreneurs et les communautés à développer l’industrie touristique locale. 


Toujours grâce à ses efforts, le Commonwealth a également aidé 14 États membres à obtenir des Nations Unies deux millions de mètres carrés de fonds marins supplémentaires.  M. Sharma a déclaré que les politiques et programmes des institutions financières internationales et de la communauté internationale exigeaient de prendre en compte les vulnérabilités spécifiques des PEID.  De ce point de vue, des mesures doivent être prises pour lever les barrières commerciales qui entravent leurs économies à l’exportation et un allègement de la dette est également nécessaire, a conclu le Secrétaire général du Commonwealth.


S’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes, M. KENNETH BAUGH, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Jamaïque, a souligné le lien symbiotique entre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et le Programme de la Barbade.  En effet, si les défis auxquels font face les petits États insulaires en développement ne sont pas relevés, la plupart d’entre eux ne seront pas en mesure de réaliser les OMD, a-t-il prévenu.  En raison de leurs ressources limitées, les PEID ont un besoin urgent de financements et d’investissements de la part de leurs partenaires de développement, a poursuivi M. Baugh, qui a regretté que des pays comme le sien soient considérés comme appartenant à la catégorie des pays à revenus intermédiaires, et d’être ainsi privés d’un accès à certaines aides, comme l’allègement de la dette. 


S’agissant de l’expansion des exportations, le Premier Ministre a exhorté les partenaires de développement à renforcer leurs initiatives d’« aide pour le commerce » et à conclure les négociations du Cycle de Doha.  Un défi majeur au développement durable des PEID est le changement climatique, a-t-il ensuite souligné, expliquant que, là aussi, les mesures d’adaptation et d’atténuation exigeaient un financement adéquat, un renforcement des capacités et des transferts de technologie.  M. Baugh a en outre exhorté au financement adéquat de l’unité des PEID au sein du Département des affaires économiques et sociales (DAES).


Mme CATHERINE ASHTON, Haut Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a rappelé la coopération de longue date de l’Union avec les PEID, comme en témoigne l’établissement de l’Alliance mondiale pour la lutte contre les changements climatiques.  Elle a saisi l’occasion pour réitérer l’engagement de l’Union européenne à lutter contre les changements climatiques, dont les États Membres ont inscrit dans leurs législations l’obligation de contribuer à cette lutte en réduisant de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre.  L’Union européenne, a-t-elle dit, est également disposée à porter ce seuil à 30%, mais à condition que tous les pays développés et les pays en développement assument leurs responsabilités respectives en la matière.  L’Union européenne, a ajouté Mme Ashton, est par ailleurs prête à tenir ses promesses de fournir 2,4 milliards d’euros au cours de la période 2010-2012 pour financer les activités « fast start », avec une répartition équilibrée entre atténuation et adaptation, en accordant une attention particulière aux pays les moins avancés, aux petits États insulaires et à l’Afrique.


M. FREDERICK BARTON (États-Unis) a affirmé que son pays cherchait à renforcer la résilience des PEID aux catastrophes naturelles, en particulier dans les Caraïbes et le Pacifique, où des systèmes d’alerte rapide ont été déployés.  Les États-Unis contribuent à hauteur de 300 millions de dollars par an en faveur du maintien de la biodiversité, a indiqué le représentant.  Pour sa délégation, l’avenir de ces pays réside avant tout dans la transition qu’ils peuvent opérer vers une économie « verte ».  Les États-Unis réfléchissent actuellement aux différents moyens de parvenir à cet objectif, a-t-il dit.  « Nous sommes fermement engagés aux côtés des PEID pour soutenir un régime solide, global et durable pour lutter contre les changements climatiques, au sein duquel tous les pays pourraient entreprendre leurs actions de manière transparente, y compris les pays en développement », a ajouté le représentant.  Les États-Unis, a annoncé M. Barton, verseront 100 millions de dollars pour l’année fiscale 2010 afin d’aider les PEID à s’adapter et à développer leur résistance à l’impact des changements climatiques.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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