Sommet sur les Objectifs du millénaire pour le développement: la communauté internationale se remobilise pour que la date butoir de 2015 soit tenue

20 septembre 2010
AG/10987-DEV/2813

Sommet sur les Objectifs du millénaire pour le développement: la communauté internationale se remobilise pour que la date butoir de 2015 soit tenue

20/09/2010
Assemblée générale
AG/10987 DEV/2813
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

Réunion plénière de haut niveau sur les OMD

3e & 4e séances plénières – matin & après-midi

SOMMET SUR LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT: LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE SE REMOBILISE POUR QUE LA DATE BUTOIR DE 2015 SOIT TENUE

Le Secrétaire général annonce le lancement d’une Stratégie mondiale pour la santé des mères et des enfants

« Je lancerai mercredi une Stratégie mondiale pour la santé des mères et des enfants, qui est notre meilleure chance d’obtenir des effets multiplicateurs pour la réalisation de tous les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), sans exception », a annoncé ce matin le Secrétaire général à l’ouverture du Sommet qu’il a lui-même convoqué, du 20 au 22 septembre, en vue d’imprimer un nouvel élan à la réalisation de ces Objectifs d’ici à 2015 et en faire ce que le Président de la Commission européenne, M. José Manuel Durão Barroso, a appelé « les Réussites du Millénaire pour le développement ».

À cinq ans de l’échéance que s’est fixée la communauté internationale, pas moins de 207 orateurs au total –Chefs d’État et de gouvernement, dirigeants d’organisations et d’institutions financières internationales et observateurs- ont répondu à l’invitation que leur a faite M. Ban Ki-moon pour venir débattre des moyens de consolider les progrès accomplis afin de réduire l’extrême pauvreté et la faim; assurer l'éducation primaire pour tous; promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes; réduire la mortalité infantile; améliorer la santé maternelle; combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies; préserver l’environnement, et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Pour y parvenir, a affirmé M. Ban Ki-moon, des investissements réfléchis dans l’infrastructure, dans les petites exploitations agricoles, les services sociaux - et surtout dans l’amélioration de la vie des femmes et des filles, sont indispensables.  « La fidélité aux buts que nous nous sommes assignés passe aussi par un commerce véritablement équitable et par le lancement d’initiatives sur les changements climatiques », a-t-il poursuivi avant d’évoquer la lutte contre l’inégalité, que ce soit entre les pays, ou au sein même des pays, et ceci, même dans ceux où des progrès impressionnants ont été enregistrés.

Un rapport phare du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), intitulé « Progrès pour les enfants: atteindre les OMD avec équité », et récemment publié, constate en effet avec inquiétude que, même dans les pays où des progrès ont été observés, l’écart entre les enfants des milieux les plus riches et ceux des familles les plus pauvres se creuse*.

Le Président de la France, M. Nicolas Sarkozy, a clairement prévenu des risques encourus si la communauté internationale se réfugie derrière l’« excuse » de la crise économique et financière pour ne pas libérer les ressources exigées par l’urgence de la situation, en particulier en Afrique, où un million d’enfants succombent chaque année au paludisme.  Comme l’a fait observer le Président de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss, c’est en Afrique subsaharienne que le retard est le plus important, en particulier s’agissant des domaines de la lutte contre la faim et de la réduction de la mortalité infantile et de la promotion de la santé maternelle.

Annonçant que la France, premier donateur européen auprès du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme avec 300 millions d’euros par an, allait augmenter son enveloppe de 30%, M. Sarkozy a vigoureusement plaidé pour l’utilisation conjointe des fonds publics et des ressources issues du secteur privé.  Selon lui, il ne sera pas possible de rattraper le retard accumulé sans mobiliser des sources innovantes de financement, comme par exemple l’imposition d’une taxe sur les transactions financières internationales.

De nombreux chefs d’État et de gouvernement de pays en développement, comme ceux du Kenya ou du Népal, ont demandé aux pays développés de porter l’aide publique au développement (APD) à hauteur de 0,7% comme cela avait été agréé, et aux institutions financières internationales de jouer pleinement leur rôle.  Le Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), M. Dominique Strauss-Kahn, a déclaré que cet organisme était prêt à assumer ses responsabilités, « comme il l’a prouvé ces deux dernières années en accordant des prêts sans intérêt aux pays les plus démunis et en réajustant les conditions d’octroi de l’aide financière, que beaucoup d’États jugeaient trop restrictives ».

Le Président d’Israël, M. Shimon Peres, a estimé pour sa part que la maîtrise des sciences et de la technologie devait être mise au service de la production alimentaire, et qu’une union sacrée devait naître au sein de la communauté internationale contre la « terreur ».  « Un monde qui a faim ne sera jamais en paix; et un monde qui vit dans la terreur ne sera jamais gouvernable », a ajouté M. Peres.  Le Roi Abdullah II Bin Al Hussein, de la Jordanie voisine, a indiqué que si les programmes de développement peuvent favoriser la paix, leur succès à long terme dépend aussi de la paix elle-même.  « Les amis du développement doivent être aussi les amis de la paix », a dit le souverain jordanien.

Le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), M. Hamidon Ali, le Président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick; le Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Pascal Lamy; le Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), M. Supachai Panitchpakdi; et l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Helen Clark ont également pris part à cette Réunion plénière de haut niveau coprésidée par le Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss, et son prédécesseur, M. Ali Abdulassam Treki.

La Réunion plénière de haut niveau se poursuivra demain, mardi 21 septembre, à partir de 9 heures.

*     Voir conférence de presse en date du 7 septembre

APPLICATION ET SUIVI INTÉGRÉS ET COORDONNÉS DES TEXTES ISSUS DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES DANS LES DOMAINES ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DANS LES DOMAINES CONNEXES; ET SUITE DONNÉE AUX TEXTES ISSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE: PROJET DE RÉSOLUTION (A/65/L.1)

Déclarations liminaires

M. JOSEPH DEISS, Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a ouvert son intervention en citant cette phrase tirée de la Constitution de son pays, la Suisse: « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ».  Ce précepte exprime, par excellence, le principe selon lequel la solidarité est le fondement de toute communauté et reconnaît qu’il y a un devoir moral à se soucier du bien-être de l’autre, a souligné M. Deiss.  « Ceci résume bien ce que la communauté internationale s’est engagée à faire avec les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) », a-t-il estimé.

En 2000, lors du Sommet des OMD, nous avons adopté le programme le plus ambitieux jamais lancé pour lutter contre la pauvreté, a rappelé le Président de l’Assemblée.  Nous avons exprimé par là que tous les peuples des Nations Unies forment une seule communauté et qu’il n’y a pas de droit à l’indifférence devant la misère et la souffrance de l’autre, a-t-il insisté.  M. Deiss a donc appelé chaque individu, en tant que Chef d’État ou de Gouvernement, et en tant que Membre des Nations Unies, à réitérer l’engagement pris lors du Sommet du Millénaire et à proclamer la nécessité de créer les conditions nécessaires pour faire aboutir les OMD d’ici à la date butoir de 2015.

Les rapports du Secrétaire général et la documentation des différentes entités onusiennes le montrent bien: le bilan est mitigé, a fait remarquer le Président de l’Assemblée.  Les progrès sont bien réels sur certains plans: globalement, la pauvreté a reculé.  Mais il y a des régions, comme l’Afrique subsaharienne, où le retard s’accumule.  Il y a également des domaines, comme ceux de la lutte contre la faim, de l’amélioration de la mortalité infantile et de la santé maternelle en particulier, où des efforts supplémentaires sont nécessaires, a-t-il préconisé.  M. Deiss a fait observer en outre que la crise économique et financière avait fragilisé les acquis, mais que les décennies de forte croissance qui l’ont précédée avaient révélé le fort potentiel de l’économie mondiale.  Il faut être confiant, a-t-il jugé, « nous avons le savoir-faire et les moyens de réussir.  Nous pouvons donc le faire ».

Mais pour cela, il faut l’engagement des donateurs et des bénéficiaires dans le sens d’un authentique partenariat.  Ce partenariat doit s’étendre à la société civile et au secteur privé.  Si nous voulons réussir, nous devons le faire ensemble, a poursuivi le Président.  Selon lui, ce Sommet sur les OMD s’ouvre sous d’excellents auspices.  « Le document qui sera adopté à cette occasion est basé sur un large consensus et donne une base pour orienter notre action jusqu’en 2015 », a estimé M. Deiss.  Il a souhaité qu’à l’issue de ce Sommet, la communauté internationale lance un message fort quant à sa volonté de réaliser les OMD.  « Nous devons, nous voulons et nous pouvons le faire.  Nous n’avons pas le droit d’échouer.  Le monde nous regarde, ne le décevons pas », a conclu M. Deiss.

M. ALI ABDULASSAM TREKI, Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, et Coprésident de la Réunion plénière de haut niveau, s’est déclaré particulièrement fier de souligner qu’au cours des derniers mois, dans l’élan de la préparation de ce Sommet, un consensus international fort s’est forgé sur la réalisation complète et rapide des Objectifs du Millénaire pour le développement.  L’intensité des discussions pendant de nombreux mois de négociations a montré l’importance que tous les pays attachaient aux OMD, a-t-il affirmé.  Des désaccords et des divergences de vues peuvent apparaître sur la façon de réaliser ces Objectifs, mais toutes les parties sont d’accord, a-t-il ajouté, sur l’importance de ne pas abandonner les pauvres au bord de la route.  M. Treki a rappelé que le dialogue et la consultation, le travail avec tous les partenaires, dans un esprit d’ouverture, de transparence et d’inclusivité, de respect des « petits États » comme des « grands pays » constituaient les piliers de l’Assemblée générale.  M. Treki a précisé que le maintien de ces principes avait représenté un élément central de sa présidence sous laquelle cet accord a été obtenu, de même que le consensus sur la cohérence de l’ensemble du système de l’ONU, la création d’ONU-Femmes et la revitalisation de l’Assemblée générale.  Ces réalisations montrent, selon lui, que les Nations Unies demeurent fortes et essentielles pour promouvoir des normes de vie élevées, le plein-emploi et des conditions de progrès économique et social et de développement, comme cela est défini dans la Charte des Nations Unies.

Le Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale a néanmoins déclaré que pour améliorer les vies de centaines de millions de personnes grâce à de meilleurs soins de santé, un meilleur accès à l’éducation, à l’eau et à l’assainissement, grâce à l’autonomisation des femmes et des filles, et grâce à des programmes visant à préserver et protéger l’environnement, des centaines de milliards de dollars étaient nécessaires.  M. Treki a notamment mis l’accent sur le problème d’une mauvaise utilisation des ressources et sur celui que posent les flux de financement illégaux.  Il a estimé que seule une bonne gouvernance pouvait permettre d’obtenir des résultats dans les prestations d’aide sociale publique.  Mais, a-t-il dit, les améliorations voulues en matière de gouvernance et d’élaboration des politiques dépendent également de l’appropriation nationale et de la responsabilité des États.  Ces conditions doivent être soutenues, et non pas sapées, par la communauté internationale.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que la communauté internationale était réunie aujourd’hui parce qu’il y a 10 ans, elle s’était promis de n’épargner aucun effort pour mettre l’humanité entière hors du besoin.  Il a indiqué que des progrès décisifs avaient été accomplis.  Une nouvelle façon de voir les choses est apparue, par exemple, des partenariats inédits entre le secteur public et le secteur privé sont nés.  Une augmentation spectaculaire du nombre d’enfants scolarisés a été constatée, ainsi que l’accès d’un plus grand nombre de personnes à l’eau potable.  Les progrès accomplis se sont traduits aussi par une lutte plus efficace contre la maladie, une meilleure diffusion des technologies mobiles ou vertes et des succès en matière de développement plus nombreux que jamais.  Mais, a souligné le Secrétaire général, nous devons protéger ces acquis, dont beaucoup sont encore fragiles.  Le temps passe, et il reste encore beaucoup à faire, a-t-il prévenu.

« Quelle est la question que nous nous posons? ».  C’est celle de la fidélité, a-t-il répondu.  Il nous faut rester fidèles à notre identité de communauté internationale fondée sur la solidarité, fidèles à l’engagement pris de mettre fin aux conditions déshumanisantes qui vont de pair avec l’extrême pauvreté.  Pour cela, a affirmé M. Ban, il faut des investissements réfléchis dans l’infrastructure, dans les petites exploitations agricoles, les services sociaux –et surtout dans l’amélioration de la vie des femmes et des filles.  Mercredi, a-t-il annoncé, « je lancerai une Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants, qui est notre meilleure chance d’obtenir des effets multiplicateurs pour tous les objectifs, et ceci, sans exception ».  La fidélité aux buts que nous nous sommes assignés passe aussi par un commerce véritablement équitable et des initiatives sur les changements climatiques.  « Remettre la prise de décisions difficiles à de futures conférences et aux générations à venir ne fait qu’accroître les coûts », a souligné le Secrétaire général.  La fidélité passe aussi par la lutte contre l’inégalité, que ce soit entre les pays, ou au sein des pays, même dans ceux où des progrès impressionnants ont été enregistrés.  Elle passe enfin par l’abandon des idées reçues.  La reprise après la crise économique ne doit pas entraîner un retour aux manières de faire erronées et injustes qui nous ont menés à la crise, a fait observer M. Ban, qui s’est dit convaincu que les Objectifs du Millénaire pour le développement étaient réalisables.  « Ma récente visite dans des villages pilotes du Malawi et du Bénin m’en a convaincu », a-t-il indiqué.  Il a en conclusion vivement engagé la communauté internationale à faire des OMD ses propres objectifs: « Diffusons un vigoureux message d’espoir; tenons les promesses que nous avons faites », a conclu Ban Ki-moon.

M. HAMIDON ALI, Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a insisté sur le rôle essentiel de l’ECOSOC dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  « Nous espérons que ce rôle sera encore renforcé », a-t-il ajouté.  M. Ali a déclaré que nous célébrons cette année le deuxième Forum économique, qui se déroule dans des circonstances particulières.  Ce Forum est capable de jouer un rôle important dans le cadre des OMD et ce jusqu’à 2015, a estimé Hamidon Ali.  Le Président de l’ECOSOC a prôné que le Forum se réunisse tous les ans au lieu de le faire tous les deux ans comme c’est le cas actuellement.  Il a aussi rappelé la solidarité de l’ECOSOC avec le peuple d’Haïti après le tremblement de terre de janvier 2010.  M. Ali a également souligné l’importance du rôle de la société civile dans la réalisation des OMD.  Il a estimé que l’ECOSOC avait réussi à jouer un rôle de relais de la société civile auprès de la communauté internationale et de ses décideurs.  « À ce titre, il est donc important de renforcer le rôle de l’ECOSOC », a-t-il conclu.

M. ROBERT ZOELLICK, Président de la Banque mondiale, a déclaré que les progrès observés durant les dernières années en matière de développement avaient été ralentis et même remis en cause du fait des crises alimentaire, financière et énergétique qui ont frappé l’économie mondiale.  Parce que les Objectifs du Millénaire sont une composante essentielle du travail de la Banque mondiale, la Banque est engagée plus que jamais à soutenir les États pour leur permettre d’accroître l’accès à la santé, la scolarisation, l’énergie, l’alimentation et l’emploi.  Il s’agit de défis quotidiens, a dit M. Zoellick.  Il faut travailler avec nos partenaires pour atteindre des objectifs quantifiables, et nous devons investir dans ce qui donne des résultats, a préconisé M. Zoellick.  Nous avons, par exemple, vacciné 311 millions de personnes et facilité l’accès à la scolarisation à 13 millions de jeunes filles.  Mais il ne suffit pas de construire des dispensaires s’il n’y a pas de routes pour s’y rendre, de construire des écoles si les élèves doivent étudier dans l’obscurité du fait du manque d’électricité.  Il faut traiter les États les plus démunis comme des clients et non comme des cas d’études ou des sujets d’expériences théoriques, a conclu M. Zoellick.  

M. DOMINIQUE STRAUSS-KAHN, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a exprimé son sentiment d’urgence devant la situation actuelle.  Les crises économique, alimentaire et énergétique nous ont fait perdre l’élan acquis pendant la décennie précédente, précipitant 70 millions de personnes de plus dans la pauvreté d’ici à 2020, tandis que bien d’autres connaîtront le chômage, a déploré M. Strauss-Khan.  La réalisation des OMD dépendra d’un rétablissement de l’équilibre en faveur d’une croissance mondiale durable, a-t-il estimé.  Des mesures concertées peuvent déboucher sur des résultats positifs, a-t-il assuré.  Les économies avancées doivent contribuer à cette relance en faisant preuve de générosité, mais les pays en développement peuvent s’aider eux-mêmes avec le soutien des institutions financières internationales, a-t-il fait remarquer.  Bien entendu, a indiqué M. Strauss-Kahn, le FMI est prêt à assumer ses responsabilités, comme il l’a prouvé ces deux dernières années en accordant des prêts sans intérêt aux pays les plus démunis et en réajustant les conditions d’octroi de l’aide financière, que beaucoup d’États jugeaient trop restrictives.  Les Nations Unies et le FMI ont des objectifs communs qui ont pris forme dans un monde en ruines, a-t-il ensuite affirmé.  Pour le Directeur général du FMI, « nous ne pouvons plus commettre les erreurs du passé et nous devons veiller à l’avènement d’un monde juste et prospère.  Aujourd’hui se présente l’occasion de prendre un nouveau départ en faveur d’un monde libéré de la pauvreté », a-t-il conclu.

M. PASCAL LAMY, Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce  (OMC), a déclaré que c’est une volonté forte de la communauté internationale qui a permis de lancer, il y a 10 ans,  les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  « Vouloir, c’est pouvoir », a-t-il poursuivi.  Le moment est propice de se demander en quoi l’OMC a contribué à la réalisation des OMD.  Dans le cas de l’OMC, il s’agit principalement de l’Objectif 8, a indiqué M. Lamy.  Cet objectif vise notamment à établir un système commercial ouvert.  L’OMC, qui œuvre pour réguler et réduire les inégalités dans les échanges commerciaux, vise donc la réalisation de cet objectif qui préconise la création d’un système commercial multilatéral ouvert, réglementé, prévisible et non discriminatoire qui puisse être un puissant moteur de croissance économique et de développement.

M. Lamy a estimé que les avantages de l’ouverture des échanges sont importants et se manifestent dans la structure de la croissance des pays qui ont procédé à l’ouverture de leurs frontières au commerce.  Les échanges  permettent d’intensifier les investissements et de développer l’ouverture des économies et la prospection sociale.  « Les régions qui échangent le plus connaissent la meilleure croissance économique et donc une réduction de la pauvreté », a-t-il remarqué.  Il a noté que les échanges commerciaux, ainsi qu’un système ouvert, constituent le meilleur rempart contre la volonté de protectionnisme en période de crise.  « C’est parce que le système commercial multilatéral est ouvert que le pire de la crise a été évité », a-t-il souligné.

« Le développement du commerce mondial constitue le moyen de sortir plus rapidement de la récession », a constaté le Directeur général de l’OMC.  Le volume des échanges mondiaux devrait atteindre cette année une hausse de 13,5%, dont 17% pour les pays en développement et de 11%  pour les pays développés, a indiqué le Directeur général de l’OMC.  M. Lamy a estimé qu’il fallait faire mieux.  D’une part, en matière de régulation, en concluant le Cycle de négociations commerciales de Doha, avec notamment la promesse de mieux réguler les subventions agricoles versées aux producteurs de coton dans certains pays.  D’autre part, en poursuivant l’objectif de l’aide au commerce pour les pays les plus pauvres, en les intégrant au commerce international.  M. Lamy a constaté que malgré l’importance de la crise, il ne faut pas se détourner des objectifs convenus.  Les OMD peuvent être atteints de façon simultanée, a-t-il indiqué.  Il a conclu en estimant que l’OMC est un bon élève dans ce cadre OMD.

M. SUPACHAI PANITCHPAKDI, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a mis l’accent sur la nécessité de régler, comme s’efforce de le faire la CNUCED par l’établissement d’un cadre de politiques, les causes structurelles de l’absence de développement.  Il a affirmé que les efforts visant à réaliser les OMD seront difficiles à mener dans de nombreux pays sans une augmentation significative des investissements publics.  De même, a-t-il ajouté, des politiques sectorielles sont nécessaires pour alléger la pauvreté.  Par exemple, a-t-il précisé, il convient d’accorder une attention plus grande à l’amélioration de la production agricole dans les pays où l’insécurité alimentaire continue d’être un problème récurrent.  Supachai Panitchpakdi a également estimé qu’outre des dépenses gouvernementales ciblées et un rôle stratégique accru de l’État, la mobilisation du secteur privé était essentielle pour mobiliser et effectuer des investissements à long terme productifs.

Le Secrétaire général de la CNUCED a aussi mis l’accent sur la nécessité d’augmenter l’aide publique au développement (APD) et de résister à la tentation pour les pays riches de procéder à des ajustements de leur montant d’aide pour faire face à la crise économique et financière, ce qui aurait des conséquences défavorables sur la dette et le commerce des pays en développement.  Enfin, a-t-il dit, une plus grande attention doit être accordée au problème de l’inégalité, qui augmente partout, alors même que le monde devient plus riche.  M. Panitchpakdi a ainsi souligné la nécessité de repositionner les OMD dans un cadre de développement plus large qui insiste sur les investissements productifs.

Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), s’exprimant en qualité de Présidente du Groupe des Nations unies pour le développement, a mis l’accent sur la nécessité d’avoir la détermination nécessaire pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Les conflits et les crises des dernières années ne rendent pas notre tâche facile, mais les Objectifs peuvent être atteints, a dit Mme Clark. Nous devons tirer parti de nos compétences et investir nos ressources là ou elles donneront des résultats.  Il faut appuyer les processus en cours dans les États et  encourager le respect des droits des individus et de l’état de droit, a-t-elle préconisé.  Il nous faut nous concentrer sur les plus pauvres, investir davantage dans les droits des femmes et des filles, ainsi que dans l’assainissement et l’eau potable.

Si des programmes fonctionnent bien, la question est de savoir comment les étendre au  reste du monde, a fait remarquer l’Administratrice du PNUD.  Il nous faut ainsi parvenir à un accord commercial qui profite aux plus pauvres, a-t-elle préconisé.  En conclusion; les OMD nous rassemblent tous.  Établissons les priorités et définissons ce que chacun doit faire, a recommandé Helen Clark.  Nous pouvons faire de la promesse faite il y a dix ans une réalité, a-t-elle souligné.

Déclarations

M. PORFIRIO LOBO SOSA, Président de la République du Honduras, a rappelé qu’il y a 10 ans, les chefs d’État et de gouvernement ont reconnu que la mise en œuvre des programmes de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) était une responsabilité collective.  Dix ans après, nous devons réaffirmer ces engagements pour le respect de la liberté de tous les hommes et femmes de la planète, ainsi que pour l’égalité de leurs droits, la solidarité envers les plus démunis, la tolérance et le respect des différentes cultures, le respect de la nature, et la responsabilité collective des gouvernements pour le développement économique et social.  M. Lobo Sosa a déclaré qu’il fallait étendre les bénéfices de la croissance économique mondiale à un milliard de personne qui vivent toujours dans une extrême pauvreté.  « La réalisation des OMD va à cet égard dans la bonne direction », a-t-il poursuivi.  Il se dit en accord avec M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, sur le fait que ces objectifs sont réalisables.  Mais, il faut redoubler d’efforts dans cette responsabilité collective.  La crise économique a montré que les efforts à accomplir ne sont pas uniquement de la responsabilité des pays en développement, mais de tous les pays de la planète, a dit M. Lobo Sosa.

Le Président du Honduras a insisté sur l’engagement de son pays dans le cadre du Centre pour le développement global, aux côtés de la République démocratique populaire lao, de l’Éthiopie, de l’Ouganda, du Burkina Faso, du Népal, du Cambodge et du Ghana.  « Il faut intensifier nos efforts dans les années à venir afin d’atteindre la réalisation des huit objectifs composant les OMD », a rappelé M. Lobo Sosa.  Le Gouvernement du Honduras s’est notamment investi en faveur de la réduction de la mortalité infantile et maternelle.  Face aux défis que nous devons affronter dans le cadre des OMD, « il est temps de réaffirmer notre action envers les plus pauvres, d’accentuer la solidarité, et de construire un monde tolérant, qui soit en harmonie avec des libertés individuelles et collectives », a-t-il conclu.

M. NICOLAS SARKOZY, Président de la République française, a rappelé qu’il y a 10 ans, le monde s’était engagé en faveur de la réalisation, d’ici à 2015, des OMD.  Des progrès ont été accomplis, a-t-il fait observer, mais il reste encore beaucoup à faire pour tenir cette promesse dans les délais que la communauté internationale s’était fixés.  La question est maintenant de savoir si nous nous donnerons les moyens d’y parvenir ou si nous allons nous réfugier derrière l’excuse de la crise économique et financière pour ne pas le faire, a dit M. Sarkozy.  Pour sa part, a rappelé le Président, la France a fait son choix.  Sa contribution annuelle de 300 millions d’euros au Fonds des Nations Unies de lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose fait d’elle le premier donateur européen à cet organisme.  La France, a annoncé M. Nicolas Sarkozy, a décidé d’augmenter sa contribution de 20% au cours des trois prochaines années.  Nous n’avons pas le droit de faire moins, a-t-il insisté, avant d’appeler l’ensemble des pays développés à faire davantage, en particulier pour l’Afrique, un continent où un million d’enfants meurent chaque année du paludisme. 

« La question n’est pas de faire des discours, mais de décider et d’agir », a souligné le Président de la République française, pour qui il ne sera pas possible d’y arriver avec les seuls fonds publics.  Il faut leur associer les contributions du secteur privé, a-t-il préconisé.  C’est pourquoi, a dit M. Sarkozy, « en tant que futur Président du G-20 et du G-8, je me rendrai au Sommet de l’Union africaine fin janvier à Addis-Abeba pour y défendre l’idée développée par Bernard Kouchner, qui plaide en faveur des financements innovants.  Au nom de quoi ne demanderions nous pas au monde de la finance de participer au financement des OMD en prélevant une taxe infime sur les revenus qu’il génère? », a demandé M. Sarkozy.  Nous ne serons pas au rendez-vous de 2015 s’il n’y a pas d’avancée majeure en ce domaine, a jugé le Président de la France.  Cette idée est essentielle et elle engage notre crédibilité.  Imaginer des financements innovants et faire toute sa place à l’Afrique dans la nouvelle gouvernance mondiale sont des impératifs.  « Nous sommes au XXIe siècle et nous ne pouvons pas continuer à recourir à la gouvernance du XXe siècle », a fait remarquer M. Sarkozy.  Ne retombons pas dans les mauvaises habitudes et dans le « train-train quotidien » et « gagnons le respect de tous les peuples du monde », a-t-il ajouté en conclusion.

M. ISLAM KARIMOV, Président de la République d’Ouzbékistan, a jugé urgent de trouver des voies alternatives pour la paix et à la stabilité en Afghanistan.  Il a estimé que la création d’un « Groupe de contact 6+3 », proposée par son pays dès 2008 pourrait jouer un rôle significatif dans ce sens.  Il a indiqué que cette proposition se basait sur le fait que les problèmes de l’Afghanistan doivent être réglés par les Afghans eux-mêmes.  Il a estimé que le plus important objectif de ce Groupe serait de proposer un programme de cessation des opérations militaires en Afghanistan et de trouver un compromis sur les questions clefs et sur les contradictions qui divisent le pays.  Il a mis l’accent sur l’importance de programmes économiques et sociaux et de la lutte contre la pauvreté, la construction d’infrastructures et l’aide humanitaire.  Il a jugé indispensable de respecter les traditions centenaires de l’Afghanistan, dont les valeurs et coutumes de l’islam sont partagées par le peuple de l’Afghanistan.  Il a déclaré que la coalition internationale des forces de maintien de la paix présente en Afghanistan doit appuyer ces objectifs. 

S’agissant des événements tragiques qui ont eu lieu au Kirghizistan en juin 2010, il a estimé qu’ils constituaient une menace sérieuse à la stabilité de l’Asie centrale.  Il a rappelé que le renversement en avril 2010 d’un pouvoir présidentiel kirghize qui s’était discrédité, avait entrainé la mort de centaines de personnes.  Il s’est inquiété que de nombreux Kirghizes, dont des membres de la minorité ouzbèke, sont devenus des otages dans le sud du pays, qui a été le lieu d’incidents interethniques en raison de manipulations menées par une tierce partie.  Il a fustigé des tentatives d’entrainer l’Ouzbékistan dans cette engrenage interethnique.  Il a mentionné les efforts de son pays pour que cette tension interethnique ne traverse pas la frontière et se propage en Ouzbékistan.  Il a rappelé que les Ouzbèks et Kirghizes vivaient en parfaite harmonie depuis des siècles.  Il a indiqué que l’Ouzbékistan accueillait 100 000 réfugiés, en souhaitant une aide internationale humanitaire pour le Kirghizistan.  Il a demandé que les Nations Unies mettent en place une enquête internationale indépendante sur les pogroms, meurtres et violences commis entre le 11 et 14 juin 2010 dans le sud du Kirghizistan, dans le souci de voir jugés les commanditaires de ces actes et lancé le processus de réconciliation.     

Par ailleurs, M. Karimov a mis l’accent sur nécessité de la protection de l’environnement en citant la tragédie de la mer d’Aral, dont le volume a été divisé par 13 en 40 ans et dont la minéralisation a mis fin à toute vie aquatique.  Il a déclaré qu’il était urgent de mettre un terme à l’assèchement de la mer d’Aral dans l’intérêt de la diversité biologique et du développement économique et social de millions de gens qui vivent dans la région d’Asie centrale.  S’agissant de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il a déclaré que l’Ouzbékistan avait multiplié par 14 le niveau du salaire moyen national depuis son accession à l’indépendance il y a 19 ans.  Les dépenses sociales ont été multipliées par 5 alors que 50% du budget sont consacrés aux questions sociales, a-t-il précisé.  82,5% de la population ont accès à l’eau potable et 83,5% ont accès au gaz naturel.  La mortalité maternelle a été divisée par deux et la mortalité infantile par trois, tandis que l’espérance de vie est passée de 67 à 73 ans, a ajouté M. Karimov.  Il s’est félicité que son pays ait atteint un taux de croissance économique proche de 10% depuis 2008, en qualifiant l’Ouzbékistan de « modèle de démocratie » en transition vers une économie de marché orientée vers la protection sociale.

Le Roi MSWATI III, Chef d’État du Royaume du Swaziland, a déclaré que malgré des progrès certains, son pays rencontrait des obstacles considérables dans son effort pour éradiquer la pauvreté et créer des meilleures conditions de vie.  L’éradication de la pauvreté extrême, a-t-il reconnu, passe par le développement agricole.  Le Swaziland a besoin de davantage de ressources pour construire les barrages et les systèmes d’irrigation nécessaires.

L’éducation étant au sommet des priorités nationales, le Swaziland, a dit le Roi, se réjouit d’annoncer qu’il a instauré la gratuité de l’éducation primaire dans le but de parvenir à l’accès universel en 2015.  Le pays a également augmenté son budget pour les enfants orphelins et vulnérables afin d’assurer leur éducation. 

En matière de santé publique, la tuberculose, le VIH/sida et d’autres obstacles continuent de contrarier les progrès nécessaires pour atteindre l’OMD relatif à la santé maternelle.  Le Roi Mswati a cependant attiré l’attention sur le fait que le Swaziland a atteint son objectif en matière de lutte contre le paludisme.  Il a enfin mis l’accent sur le problème de l’accès aux ressources, rendu difficile dans le contexte de la crise économique et financière actuelle.  Cependant, a-t-il affirmé, ces divers obstacles ne sauraient empêcher la réalisation des « nobles objectifs », a conclu le Roi, en estimant que les OMD représentent véritablement un engagement mondial sans précédent.  

M. EVO MORALES AYMA, Président de l’État plurinational de Bolivie, a déclaré que la répartition injuste de la richesse accroit la pauvreté.  Si les politiques qui sont responsables de ce genre de déséquilibre ne changent pas, les pauvres seront constamment condamnés à leur sort, génération après génération, a relevé M. Morales.  « On parle uniquement des effets de la pauvreté.  Mais, on ne parle pas de ses causes », a-t-il fait remarquer.  Pour le Président de la Bolivie, il est essentiel d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Pour atteindre ces Objectifs, les pays du Sud ne doivent pas continuer à dépendre des pays du Nord, a-t-il préconisé.  Il a évoqué le montant de 891 milliards de dollars qui ont été transférés des pays en développement vers les pays développés, en 2008.  Le même type de montant a été enregistré en 2009.  Ces sommes sont huit fois supérieures aux montants de l’aide au développement, a souligné M. Morales.  « Dans ce contexte, comment freiner le pillage des ressources du Sud par le Nord, et comment freiner la montée de la pauvreté dans le Sud? », s’est-il interrogé.

M. Morales a rappelé l’importance de débloquer des moyens au profit des populations du Sud.  Il a notamment cité l’exemple du sport comme manière de canaliser la jeunesse afin de l’éloigner de la perversion.  « Le sport est un bon exemple de politique de développent au profit des populations », a-t-il poursuivi.  Dans le cadre de la réalisation des OMD, le Président de la Bolivie a mis en avant quatre mesures.  Il s’agit d’une part de nationaliser l’exploitation des ressources naturelles en la restituant au secteur public.  La deuxième mesure devrait être de mieux réguler les investissements étrangers.  « Nous voulons des partenaires, pas de nouveaux maîtres », a-t-il ajouté.  Le troisième point concerne les services de base aux populations, qui doivent être un droit absolu.  C’est le cas de l’eau, de l’énergie, de la lumière, de la communication, ou du sport.  « En privatisant, on porte atteinte aux droits humains », a-t-il poursuivi.  M. Morales a remercié l’ONU d’avoir reconnu l’eau comme un bien public et l’accès à cette ressource comme un droit.  Enfin, il faut que les pays du Sud retirent leurs réserves de devises des banques des pays développés, a préconisé Evo Morales Ayma.  Il a proposé l’idée de créer une « Banque du Sud », unissant les pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie, et la Chine.

Il a estimé qu’il fallait éviter d’avoir recours au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale.  Il a cité l’exemple de son pays qui lorsqu’il était soumis aux règles du FMI et de la Banque mondial n’était pas capable de relever son économie.  Depuis que la Bolivie s’est retirée de ces institutions, les choses vont beaucoup mieux.  « Les politiques d’ajustement structurel assujettissent les pays du Sud sur le plan politique, économique et social », a-t-il constaté.  Le Président de la Bolivie a déclaré que la mortalité infantile a diminué de 40% depuis que son pays a récupéré le contrôle de ses ressources.  Il a aussi expliqué que l’analphabétisme a diminué en Bolivie grâce à une coopération Sud-Sud avec Cuba et le Venezuela.  « Il faut donc réfléchir à la manière de mettre fin a la mauvaise répartition des richesses », a conclu M. Morales rappelant que les 40% les plus pauvres ne possèdent que 5% des ressources de la planète alors que les 25% des plus riches se sont emparés de 60% des  richesses mondiales. 

M. MWAI KIBAKI, Président de la République du Kenya, a rappelé qu’à cinq ans de la date butoir de 2015, le Sommet qui s’ouvre aujourd’hui constituait une occasion unique de réévaluer les progrès accomplis pour réaliser les OMD.  Évoquant le cas de son pays, il a indiqué que le Kenya avait enregistré une croissance économique considérable, celle-ci étant passée de 0,5% en 2002 à 7% en 2007.  Cependant, a-t-il précisé, notre taux de croissance économique s’est ralenti au cours des deux dernières années en raison des crises économique, financière, énergétique et alimentaire, sans compter les difficultés inhérentes aux changements climatiques.  Il s’est toutefois déclaré optimiste, annonçant l’adoption d’une nouvelle Constitution alignée sur les aspirations de son peuple et d’un nouveau plan de relance économique appelé « Vision 2030 ».  Il est prévu que l’allocation budgétaire, désormais plus élevée pour les comtés, aura un impact majeur sur l’amélioration des services de santé et des services éducatifs, tout en créant des emplois et en réduisant les niveaux de pauvreté au niveau communautaire, a dit le Président du Kenya.  M. Kibaki s’est félicité du niveau de scolarisation élevé dans son pays, qui était de 93% en 2009.  S’agissant de la situation des femmes, la nouvelle Constitution du Kenya prévoit de réserver 30% des sièges du Parlement et des postes d’autorité locale aux femmes.  Des mesures diverses ont été prises pour faire décroître la mortalité infantile et maternelle, a ajouté le Président.

M. Kibaki a ensuite évoqué la question des changements climatiques, des catastrophes naturelles et de la dégradation des écosystèmes, phénomènes qui continuent de miner les efforts déployés en vue de réaliser les OMD, en particulier dans les pays en développement.  Soucieux de cet impact, le Kenya a décidé d’intégrer ces problématiques dans ses politiques gouvernementales, afin de veiller à ce que des mesures robustes d’adaptation et d’atténuation des effets de ces phénomènes soient prises pour renforcer la résilience des communautés.  Après avoir regretté l’impasse dans laquelle se trouve actuellement l’Agenda du développement de Doha, le Président kényan a souligné qu’une partie importante des ressources initialement destinées par les États à la réalisation des OMD avaient été principalement consacrées à l’effacement de la dette extérieure.  C’est la raison pour laquelle il a proposé que la viabilité de la dette soit définie en fonction de la capacité d’un État à réaliser les OMD d’ici à 2015.  Dans ce contexte, M. Kibaki a appelé en conclusion les pays développés à honorer les promesses de contribution qu’ils ont faites lors du Sommet du G-8 en juillet 2005.

M. SHIMON PERES, Président de l’État d’Israël, a déclaré qu’il s’exprimait « au nom d’un petit État » et d’un peuple peu nombreux.  Il a rappelé qu’en dépit du « meurtre » d’un tiers de son peuple, celui-ci avait survécu, « seul », avant de « survivre aux sept attaques dont il a été victime depuis la Shoah », « toujours seul ».  Sans jamais perdre espoir, Israël s’est développé par la science et s’est convaincu que son avenir était entre ses propres mains, qu’un peuple pouvait faire fructifier ses terres, comme la terre peut nourrir un peuple en retour.  En dépit des guerres, a poursuivi le Président israélien, nous avons fait la paix avec l’Égypte et la Jordanie et les litiges territoriaux avec le Liban ont pris fin, comme l’ont reconnu les Nations Unies.  Nous avons décidé de quitter Gaza de notre propre initiative et négocions, en ce moment même, avec les Palestiniens en vue de parvenir à une solution à deux États, a dit M. Peres.  « Un État juif, Israël, et un État arabe, la Palestine.  Il n’y a aucune autre alternative pacifique, et je crois que nous allons réussir.  Nous sommes prêts à entamer des négociations directes avec la Syrie », a d’autre part annoncé le Président d’Israël.

Rappelant ensuite l’engagement de son pays en faveur des OMD, M. Peres a rappelé que grâce aux progrès scientifiques et technologiques accomplis par Israël, un fermier israélien était désormais capable de produire assez pour subvenir aux besoins de 120 personnes, contre 15 par le passé.  En outre, Israël a mis en place une éducation obligatoire gratuite de l’âge de 5 à 18 ans, mettant ainsi fin à l’analphabétisme et créant le taux le plus élevé de scientifiques dans le monde au kilomètre carré, s’est encore félicité Shimon Peres.  Je suis persuadé que notre expérience est applicable à d’autres pays.  L’autre jour, a-t-il affirmé, le dirigeant officiel de l’Iran a déclaré qu’il n’y avait pas d’avenir pour Israël au Moyen-Orient.  Je suis au contraire persuadé qu’il y a de la place pour tout le monde au Moyen-Orient, pour chaque nation, et pour chaque religion, a assuré M. Pérès.  Il a, en conclusion, appelé les participants à ce Sommet à répondre à ces deux défis d’envergure que sont la maîtrise de la science et celle de la technologie, qui doivent être mises au service de la production alimentaire, et l’union sacrée de la communauté internationale contre la « terreur ».  « Un monde qui a faim ne sera jamais en paix; un monde qui vit dans la terreur ne sera jamais gouvernable », a ajouté le Président israélien.

M. ÁLVARO COLOM CABALLEROS, Président de la République du Guatemala, a reconnu que les progrès accomplis par son pays restent insuffisants pour atteindre les objectifs minimums agrées internationalement en matière de développement.  Il s’est félicité que 29 indicateurs de développement sur 49 reflètent une tendance positive vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) au Guatemala. Mais il a relevé les progrès trop lents en ce qui concerne 15 autres indicateurs, et même une régression possible sur les 5 derniers.  Parmi ces indicateurs, trois sont liés à la promotion de l’environnement durable, et le manque de progrès sur ces indicateurs cause, notamment, une augmentation des cas de malnutrition chez les enfants, a-t-il précisé.  Le Président du Guatemala a également mentionné l’inégalité des progrès accomplis sur le plan géographique, reconnaissant la nécessité d’investir davantage dans les populations autochtones.  « Mon gouvernement cherche à consolider les progrès réalisés tout en se concentrant sur ceux où les avancées ont été les plus lentes », a ajouté M. Caballeros.  Il a précisé que le Guatemala s’efforce d’améliorer ses capacités à mesurer les résultats atteints.

Le Président du Guatemala a ensuite mentionné les programmes nationaux visant à atteindre les OMD, comme ceux sur les transferts monétaires, sur la politique de gratuité des services publics de santé et d’éducation, ainsi que le programme de versements de subventions de solidarité.  Grâce à ces actions, le Guatemala enregistre la croissance la plus forte que le pays a connue au cours des 15 dernières années dans les domaines de la scolarisation des filles et des garçons au niveau primaire, et de l’accès à l’éducation au niveau secondaire.  Nous avons pu également étendre la fourniture de services de soins prénataux et de maternité destinés aux femmes, ainsi que le contrôle et le traitement médical des maladies infantiles, a précisé M. Caballeros.  Il a en outre expliqué la vision de son Gouvernement en matière de lutte contre la malnutrition, dont la mise en œuvre est soutenue par la communauté internationale.  Enfin, le Président a indiqué vouloir professionnaliser la fonction publique de son pays et résoudre le problème des restrictions fiscales auquel fait face le secteur public guatémaltèque.

Pour le Roi ABDULLAH II BIN AL HUSSEIN, Chef d’État du Royaume hachémite de Jordanie, la réunion de cette semaine doit donner un nouvel élan à la réalisation des OMD d’ici à 2015.  Cela, a-t-il dit, est possible dans la mesure où toute percée dans un domaine vient renforcer les autres.  Insistant sur l’importance d’intégrer ce travail dans les stratégies nationales et internationales, le Roi Abdullah II a cependant souligné que les acquis ne seront consolidés que si les conditions nécessaires au développement existent à savoir la paix, les partenariats et les opportunités.  Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, le monde a appris qu’il n’y a pas de solution « unique et transposable » dans tous les pays.  Il a souligné que les pays développés se devaient de favoriser les progrès à l’échelle mondiale étant donné qu’ils ont les outils nécessaires.  « Leur engagement est essentiel en ces temps de crise économique, non seulement pour venir en aide aux plus pauvres mais aussi pour soutenir ceux qui mettent en place de bonnes politiques », s’est-il expliqué.

Le Roi de Jordanie a ensuite indiqué que dans son pays, les partenariats public-privé contribuent depuis longtemps au succès de la stratégie de développement, ce qui se traduit notamment par le fait que la Jordanie est en passe de réaliser la plupart des OMD, en particulier l’Objectif 2 relatif à l’accès universel à l’éducation primaire.  L’obstacle majeur au développement de la région reste, pour le Roi Abdullah II, l’absence de paix.  Si les programmes de développement peuvent favoriser la paix, leur succès à long terme ne dépend pas moins de la paix précisément, a-t-il rappelé.  C’est la raison pour laquelle, a-t-il déclaré, « les amis du développement doivent être aussi les amis de la paix ».  Le Roi Abdullah II a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne un accord de paix global au Moyen-Orient, ce qui ne peut se faire, selon lui, sans un règlement du conflit israélo-palestinien fondé sur la solution de deux États.

M. LYONCHOEN JIGMI YOEZER THINLEY, Premier Ministre du Royaume du Bhoutan, a indiqué que son pays était sur la bonne voie pour réaliser la plupart des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), d’ici à 2015, comme convenu.  Il a expliqué que le Bhoutan avait atteint quatre Objectifs essentiels, à savoir le développement socioéconomique durable et équitable, la préservation de l’environnement, la promotion de la culture et la bonne gouvernance.  La réalisation de ces Objectifs n’aurait pas été possible sans l’attachement du Bhoutan à la notion de « recherche du bonheur », a-t-il ajouté.  À cet égard, il a souhaité que l’idée de « recherche du bonheur » figure au nombre des OMD.  L’inscription d’un neuvième objectif à atteindre montrerait que la communauté internationale est concernée par la réalisation des Objectifs, mais est également attachée à l’amélioration de la qualité de vie dans la réalisation des OMD. 

Le Premier Ministre s’est, par ailleurs, dit convaincu que le Sommet des OMD allait susciter un élan de la part de la communauté internationale pour s’assurer que les gouvernements qui risquent d’échouer dans la réalisation de leurs Objectifs d’ici à 2015 continuent d’être appuyés et de disposer des ressources financières et techniques dont ils ont besoin.  Il a jugé que la poursuite inlassable de la croissance, dans un monde où les ressources naturelles s’amenuisent, n’était plus durable.  Les récentes catastrophes naturelles ont montré la capacité limitée de la nature à tolérer de tels abus, a-t-il ajouté.  

M. JOSÉ LUIS RODRIGUEZ ZAPATERO, Président du Gouvernement d’Espagne, a déclaré que 10 ans après le lancement des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il fallait remercier les Nations Unies pour cette initiative.  « Une décennie plus tard, nous avons avancé, même si ces efforts restent insuffisants.  Il est néanmoins possible d’atteindre les Objectifs d’ici à cinq ans », a-t-il ajouté.  Dans ce contexte, M. Zapatero a rappelé que l’Espagne a doublé son aide publique au développement.  L’Espagne est devenue un donateur important pour les Nation Unies, notamment en matière de sécurité alimentaire, ou d’égalité des sexes.

« Les OMD ne sont pas une fin en eux-mêmes, mais un moyen », a estimé le Président du Gouvernement espagnol.  Il a rappelé l’importance d’atteindre ces Objectifs dans cinq ans.  Il a formulé deux conditions pour les réaliser.  Le premier axe est la poursuite du versement de l’aide au développement au niveau convenu, et ce, malgré la crise.  La crise ne doit pas freiner la marche vers le développement, a dit M. Zapatero.  À ce titre, malgré le contexte économique difficile, l’Espagne va encore augmenter son aide au développement, a-t-il promis.  La seconde condition à remplir, a estimé M. Zapatero, est d’aller au-delà de l’échelon national en matière de contribution.  Il a insisté pour que tous les gouvernements s’engagent à mettre en place une taxe sur les transactions financières internationales.  « Le système financier, qui a été traversé par une forte crise, a été sauvé pas les États.  Du coup, les pays doivent demander cette réforme du système financier international, en taxant les transactions financières », a-t-il insisté.  L’Espagne s’est engagée à faire avancer cette proposition au sein du G-20, de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

M. IGOR LUKŠIĆ, Vice-Premier Ministre du Monténégro, a souligné l’importance d’une philosophie du développement mettant l’accent sur la coopération et l’interdépendance des États et entités.  Les OMD se prêtent bien aux spécificités et conditions de chaque nation, a-t-il ajouté, en estimant que les résultats des réformes engagées dans son pays sont déjà visibles.  M. Lukšić a annoncé que le Monténégro aura, en 2015, réussi à atteindre presque tous les Objectifs du Millénaire.  Cependant, a-t-il précisé, nous avons encore des obligations importantes afin de faire progresser davantage ce qui a été accompli.

Les obstacles majeurs au développement à long terme du Monténégro, a-t-il expliqué, sont ceux liés aux disparités économiques, sociales et culturelles dans la région, ainsi qu’à l’exclusion sociale.  Compte tenu de l’impact négatif de la crise économique et financière dans le monde, il est essentiel de stimuler la croissance économique, de continuer les réformes structurelles et de promouvoir un secteur privé dynamique, a estimé le Vice-Premier Ministre qui a prévenu que cela nécessitera un investissement supplémentaire et considérable dans les domaines de l’éducation, des sciences et de la recherche.

Le Monténégro, a-t-il conclu, soutient pleinement l’engagement de l’Union européenne et des pays développés à augmenter et à améliorer l’aide aux pays en développement, ainsi que l’engagement à accorder une attention particulière aux régions qui ont pris le plus de retard, telles que l’Afrique subsaharienne et les pays les moins avancés. 

M. VICTOR BODIU, Ministre d’État de la République de Moldova, a souligné que son pays est déterminé à atteindre ses objectifs nationaux de développement d’ici à 2015 même si la République de Moldova se redresse à peine de la crise économique mondiale et des graves inondations de juillet dernier.  Le Gouvernement de la Moldova possède la vision et la détermination nécessaire à cette fin, a affirmé M. Bodiu.  La République de Moldova est parvenue à arrêter l’augmentation de l’extrême pauvreté, et même à inverser la tendance, grâce à la mise en place d’un programme d’aide sociale basé sur les besoins et à un système d’assurance maladie obligatoire pour les plus vulnérables, a expliqué M. Bodiu.  La mortalité infantile et maternelle a été réduite.  Des résultats positifs ont également été enregistrés en ce qui concerne l’égalité des sexes, la lutte contre la traite des personnes et la violence conjugale, ainsi que la représentation des femmes dans le processus de décision.

Le Ministre a souligné que la République de Moldova exécute un plan national d’accélération de la mise en œuvre des OMD dont les priorités sont: l’amélioration de l’éducation et de la santé dans les écoles, l’élargissement du réseau de protection sociale, l’augmentation des programmes de développement durable,  l’optimisation des infrastructures scolaires et hospitalières avec une meilleure prise en charge des groupes vulnérables, le combat contre le VIH/sida  et la tuberculose, et l’amélioration des infrastructures sanitaires.  Toutefois, a indiqué M. Bodiu, la migration a un impact négatif sur le processus de développement en République de Moldova.  Les écarts considérables qui subsistent entre riches et pauvres, populations rurales et urbaines, hommes et femmes, jeunes et adultes sont autant d’entraves sur la voie du développement, a-t-il souligné. 

Mme MICHELINE CALMY-REY, Ministre des affaires étrangères de la Suisse, a remarqué qu’en dépit du succès enregistré dans de nombreux domaines, les progrès effectués dans la réduction de la pauvreté, de l’accès à l’éducation et à l’eau potable et dans l’égalité des sexes restent très insuffisants.  Nous n’avons pas atteint ce que nous voulions atteindre, a-t-elle dit.  La majorité des pays et régions les plus en retard dans la réalisation des Objectifs sont caractérisés par la fragilité de leurs structures étatiques, par des conflits et par la persistance de la violence armée.  Des mesures adaptées à ces situations doivent donc être mises en œuvre, a préconisé la Ministre suisse.

Le développement durable exige un partenariat fondé sur la réciprocité, et dans ce cadre les donateurs doivent soutenir les efforts des pays pauvres d’une manière transparente et en accord avec leurs politiques nationales, a préconisé Mme Calmy-Rey.  Les autorités des pays concernés ont la responsabilité d’assurer des politiques efficaces et démocratiques.  Le respect des droits de l’homme, la non-discrimination, le droit de participer à la vie politique, économique et sociale du pays sont absolument fondamentaux, a-t-elle insisté.  Nous nous sommes peut-être trop penchés sur les symptômes et pas assez sur les causes de la pauvreté, a poursuivi Mme Calmy-Rey.  Le développement est bien plus que l’acte d’aider ceux qui sont dans la détresse; c’est créer les bases économiques permettant d’améliorer le bien-être de tous sur la durée.  L’adaptation aux changements climatiques, un sujet qui n’était pas au centre de nos débats en l’an 2000, occupe désormais une place prépondérante dans notre travail.  Des efforts accrus doivent être faits pour stabiliser la concentration des gaz à effet de serre et réaliser les objectifs liés à la lutte contre les changements climatiques.  La transition vers une économie verte est plus que jamais nécessaire et urgente, a dit Mme Calmy-Rey.  La Suisse continuera à s’engager pleinement afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire, a-t-elle assuré.  La communauté internationale doit parler plus ouvertement et directement des causes de la stagnation des efforts de développement et définir ses objectifs en conséquence, a conclu la représentante de la Suisse. 

M. BHIM BAHADUR RAWAL, Ministre des affaires intérieures du Népal, a déclaré que les OMD étaient pleinement intégrés dans les politiques de développement et les programmes sociaux du Népal.  Si des progrès indéniables ont été accomplis en ce qui concerne les OMD no 1, 4, 5 et 7, des efforts supplémentaires doivent être déployés pour réaliser les Objectifs no 2 et 3, a-t-il cependant reconnu.  Des pays comme le mien, qui sont dans la catégorie des pays en développement privés de littoral et des pays les moins avancés (PMA), font face à des difficultés particulières, a souligné le Ministre, pour qui la communauté internationale devrait faire de ces deux groupes de pays une priorité, notamment concernant la mobilisation des ressources et leur distribution.  Dans ce contexte, M. Rawal a appelé les pays développés à tenir leurs engagements en matière d’augmentation de l’aide publique au développement, qui doit devenir plus prévisible et transparente.  De la même manière, a ajouté le Ministre, il existe un besoin de plus grande cohérence dans les politiques économiques internationales, pour permettre aux PMA de profiter des apports de la mondialisation.  Cela passe par l’application des mesures prévues à cet effet, dans le respect de l’appropriation nationale par les nations, qui doivent être maîtresses de leurs propres processus de développement, a préconisé M. Rawal.

M. KASIT PIROMYA, Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande, a souligné la bonne gouvernance, qui est une condition importante pour que les personnes bénéficient des stratégies de développement de façon équitable.  Il est aussi important de reconnaître la participation de la société civile, qui peut jouer un rôle vital en garantissant une bonne gouvernance à tous les niveaux, a-t-il souligné.  « Tout programme de développement doit être axé sur les personnes », a dit le Ministre des affaires étrangères thaïlandais.  En matière de sécurité humaine, la Thaïlande a mis en œuvre plusieurs mesures sociales telles qu’un filet de sécurité sociale ainsi qu’une politique de santé publique touchant toutes les couches de sa population.  En matière de développement humain, nous nous sommes concentrés sur l’éducation et l’apprentissage technique et nous avons réformé le système éducatif, a déclaré M. Piromya.

Il est essentiel d’améliorer la coopération internationale afin d’assurer que les pays en développement continuent de suivre les tendances les plus favorables au développement et pour qu’ils puissent atteindre leurs objectifs.  La coopération internationale, qu’elle soit Nord-Sud, Sud-Sud, ou trilatérale, doit mettre l’accent sur la demande afin de garantir que l’aide correspond pleinement aux besoins.  « Il est important non seulement d’atteindre les Objectifs du Millénaire, mais aussi de s’assurer de la durabilité du processus de développement », a dit M. Piromya.  Nous devons penser à atteindre les Objectifs d’une façon plus stratégique, en érigeant certains objectifs, tels que la réduction de la pauvreté extrême et celle de la faim, comme cibles prioritaires. Parvenir à ces objectifs en premier lieu pourrait bien rendre les autres objectifs plus faciles à atteindre, a conclu le représentant de la Thaïlande. 

M. ONYEBUCHI CHUKWU, Ministre de la santé de la République fédérale du Nigéria, s’exprimant au nom du Président Goodluck Ebele Jonathan, a déclaré que, depuis 2000, le Nigéria a fortement introduit les Objectifs du Millénaire pour le développement dans ses programmes de développement nationaux.  « Les programmes engagés ont permis de faire des gains depuis 2005 », a-t-il remarqué.  Le Gouvernement nigérian a développé plusieurs initiatives pour réduire la pauvreté et améliorer les services publics à travers le pays.  Ces programmes ont notamment favorisé la mise en place d’une éducation gratuite.  Des transferts financiers ont aussi permis de développer une meilleure protection sociale des personnes les plus vulnérables.  « L’idée est de placer le Nigéria au vingtième rang des économies du monde d’ici à 2020 », a-t-il affirmé.

Le Ministre de la santé du Nigéria a indiqué que son pays a fait de nombreux progrès, dans la réalisation de chaque OMD, même si beaucoup de choses restent à faire.  Il s’est félicité de l’augmentation de la croissance économique du pays avec 6,5% de croissance moyenne ces cinq dernières années.  Des progrès ont aussi été enregistrés dans le domaine de l’agriculture, en matière d’éducation, et dans la réduction de la mortalité maternelle.  Il en est de même dans la lutte contre le VIH/sida, ainsi qu’en matière de sauvegarde de l’environnement, a indiqué M. Chukwu qui s’est dit satisfait des progrès accomplis sur le plan macroéconomique avec notamment la réduction de la dette du Nigéria.  Il a cependant regretté que les échanges commerciaux restent inéquitables, ce qui constitue une contrainte majeure aux exportations et au développement économique des pays en développement.  « Les progrès réalisés comportent également de nombreux défis », a souligné M. Chukwu.  La volonté du Nigéria est d’intensifier ses efforts d’ici à 2015 dans la perspective de la réalisation des OMD.  Dans cette perspective, le Gouvernement du Nigéria insiste sur les positions prises par l’Union africaine à Kampala et sur les discussions sur les OMD tenues à Kigali sous les auspices de Paul Kagamé, Président du Rwanda, a dit M. Chukwu. 

Mme PATTI LONDONO, Vice-Ministre des affaires multilatérales de la Colombie, a indiqué que dans son pays, les OMD faisaient partie intégrante des politiques gouvernementales, comme en témoigne une expérience pilote menée dans le nord du pays, où, grâce notamment à un investissement de 40 millions de dollars, il a été possible de transformer les conditions de vie de 100 000 habitants d’une région rurale.  « Une stratégie d’ensemble a donc été mise au point par notre gouvernement pour appliquer les recettes de ce succès à d’autres régions de la Colombie », a annoncé la Vice-Ministre, qui s’est dite convaincue que cette méthodologie pouvait permettre de répondre simultanément aux défis de la santé, de l’alimentation et de l’éducation, et de réaliser les OMD dans les délais fixés par la communauté internationale.

M. KHALID ABDALRAZAQ AL NAFISEE (Arabie saoudite) a mis l’accent, dans son intervention, sur la complémentarité qui existe entre les Objectifs du Millénaire et le développement durable, et a préconisé une harmonie entre les partenariats au niveau local et à l’échelle internationale.  La réalisation des OMD nécessite un renforcement des infrastructures, a aussi déclaré le représentant.  Les progrès à accomplir  passent par quatre éléments: une participation accrue de la femme, la lutte contre le chômage, le développement de l’information et de la communication, et le soutien à la préservation de l’environnement.

S’agissant des OMD, M. Al Nafisee a déclaré que son pays avait déjà dépassé tous les seuils de réalisation des objectifs choisis, et ce, avant la date butoir de 2015.  Des progrès importants ont été faits dans les secteurs tels que l’élimination de la pauvreté extrême, l’éducation, et la participation à égalité des femmes aux efforts de développement social et économique.  L’Arabie saoudite, a poursuivi le représentant, est un des donateurs principaux dans le domaine de l’aide internationale, et la somme qu’elle consacre à cette activité dépasse le taux prescrit par les Nations Unies, car elle atteint 1,5% du PIB du pays. Or le taux prescrit est de 0,7% du PIB.  L’assistance saoudienne inclut les dons et prêts, ainsi que l’aide d’urgence et l’annulation des dettes.

M. IVO JOSIPOVIĆ, Président de la République de Croatie, a déclaré que malgré les réussites « notables » réalisées au cours des 10 dernières années, les progrès accomplis en matière d’Objectifs du Millénaire pour le développement n’avaient été que « partiels et sporadiques ».  Il a également estimé que les crises économique, financière, alimentaire et énergétique actuelles, couplées aux effets néfastes des changements climatiques, avaient compromis le niveau actuel de progrès réalisés.  « Nous ne devons épargner aucun effort pour empêcher la crise économique mondiale de devenir une crise du développement », a-t-il déclaré.  Il a également engagé les États Membres à s’assurer que la crise mondiale actuelle ne menace pas les droits de l’homme fondamentaux.

Poursuivant, le Président croate a ensuite évoqué les problèmes liés à l’emploi et au travail décent pour tous.  Il a affirmé que la Croatie demeurait pleinement engagée pour assurer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement aux niveaux national et international. Il a ainsi expliqué que son pays avait récemment préparé deux rapports sur la mise en œuvre des OMD, précisant notamment que son pays vise à utiliser les OMD comme un « moteur additionnel » pour stimuler un développement global et durable.  M. Josipović a ensuite évoqué les effets néfastes que la guerre des Balkans avait eus sur son pays et a indiqué que malgré la croissance économique réalisée au cours de ces dernières années en Croatie, le problème du chômage y demeurait notable.  Le Chef d’État croate a par ailleurs indiqué que son pays s’attachait aussi à protéger l’environnement, qui est une condition sine qua non, selon lui, pour créer un nouveau cycle de développement durable.  Il a également indiqué que la Croatie était devenue un pays donateur et accordait, à ce titre, une attention particulière au développement de la société civile, à la réconciliation et à la reconstruction postconflit.  Le Président croate a ensuite invité les États Membres à n’épargner aucun effort pour trouver des solutions « viables, durables et peu onéreuses » pour tous, tout en prévenant le déclin de leurs économies et l’appauvrissement de leurs sociétés respectives.  « La voie à suivre sera tracée par les pays qui, malgré les pressions fiscales actuelles, auront pu maintenir leur niveau d’aide financière internationale pour le développement » a-t-il affirmé.

SHEIKH HAMAD BIN KHALIFA AL-THANI, Émir de l’État du Qatar, a fait remarquer que le retard accusé dans les négociations du Cycle de Doha a été une grande déception pour les pays en développement.  Les États Membres devraient se concentrer sur la création d’un système commercial multilatéral ouvert, équitable et non discriminatoire, a-t-il recommandé.  Le Qatar a réalisé la plupart des Objectifs du Millénaire pour le développement et se trouve en bonne voie pour les atteindre tous d’ici à 2015, a déclaré l’Émir.  L’État qatari a garanti une éducation de base gratuite à différents groupes de la société, sans discrimination entre les hommes et les femmes.  Il a éliminé les disparités entre les sexes dans l’enseignement et l’accès à l’emploi.  Le Qatar se situe parmi les pays les plus avancés en ce qui concerne la réduction de la mortalité infantile et la promotion de la santé maternelle, grâce à l’accès universel à l’assurance maladie, a dit l’Émir.

Le plan « Vision nationale 2030 » du Qatar repose sur quatre piliers qui concernent tous des Objectifs du Millénaire pour le développement: le développement humain, le développement social, le développement économique et le développement environnemental, a expliqué M. Khalifa Al-Thani.  Le Qatar a souligné sa volonté d’allouer 15% de son PIB à l’aide au développement des pays les moins avancés (PMA), a indiqué l’Émir.  Notre pays a également cherché à mettre en place un partenariat global à travers la ratification de plusieurs textes internationaux et régionaux portant sur les questions internationales de développement, et a soutenu des initiatives de coopération avec les pays en développement pour offrir aux jeunes des emplois décents et productifs.  L’Émir a rappelé par ailleurs que son pays avait annoncé en février dernier la création d’une banque pour le développement du Darfour, avec un capital de 2 milliards de dollars.

Le Roi MOHAMMED VI, Chef d’État du Royaume du Maroc, a souligné l’occasion propice qui se présente pour procéder à une évaluation objective des progrès réalisés, 10 ans après la Déclaration du Millénaire.  Il a estimé que les pays avancés et les pays en développement devaient assumer une responsabilité partagée, les premiers devant honorer leurs engagements concernant le financement du développement, les autres ayant l’obligation de placer les OMD au centre de leurs politiques nationales.  Le Maroc a lancé en 2005 l’Initiative nationale pour le développement humain, a-t-il indiqué, en suivant une démarche concertée et inclusive, fondée sur la participation  démocratique et la gouvernance de proximité.  Grâce à cette Initiative et à des réformes profondes, le Maroc a réalisé des avancées significatives dans la concrétisation des OMD, surtout en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, la précarité et la marginalisation, ainsi que l’amélioration des conditions de vie en milieu urbain et rural, a indiqué Mohammed VI.  Le Roi du Maroc a également signalé la mise en place de régimes d’assurance maladie obligatoire et d’assurance médicale pour les personnes démunies.   Le Royaume du Maroc a réalisé en outre des progrès remarquables en matière de parité et d’équité entre les genres et dans les domaines de la famille, de la santé, de l’enseignement et de l’emploi, ainsi que pour ce qui concerne le renforcement de la représentation politique de la femme, a ajouté le Roi.  Il a aussi indiqué que la généralisation de l’enseignement primaire a permis d’assurer la scolarisation de 93% des enfants âgés de 6 à 11 ans.  Il a encore signalé les progrès accomplis en matière de préservation de l’environnement et de lutte contre les changements climatiques, citant le plan pilote d’énergie solaire et un projet d’énergie éolienne qui permettront au pays de satisfaire 42% de ses besoins énergétiques en 2020. 

Rappelant qu’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, le Roi du Maroc a noté que cette triste réalité s’inscrit en rupture avec l’essence même des systèmes démocratiques et avec l’esprit des traités internationaux.  Le Maroc inscrit le développement humain et la réalisation des OMD au cœur d’une politique de coopération Sud-Sud, aussi concrète que novatrice, surtout en direction des pays africains frères, a-t-il indiqué.  Il importe d’amorcer dès à présent un effort de réflexion prospective et d’anticipation par rapport à la période d’après 2015, a-t-il suggéré, le but étant d’assurer la pérennité des actions et de mieux se préparer à relever les nouveaux défis.  Le Roi Mohammed VI a donc appelé à œuvrer ensemble pour la consolidation d’un modèle harmonieux et solidaire de développement humain et durable, dans le cadre d’une gouvernance mondiale aussi équitable qu’efficiente.

M. EMOMALI RAHMON, Président de la République du Tadjikistan, a souligné que l’impact négatif des changements climatiques rendait d’autant plus important les efforts concertés de la communauté internationale pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Rappelant que son pays comptait parmi les huit pays pilotes ciblés pour la mise en œuvre des OMD, le Président a expliqué que le Tadjikistan avait adopté une stratégie nationale de développement jusqu’à 2015 qui lui avait permis de réduire sensiblement la pauvreté.  Il a expliqué que la moitié du budget national était allouée au secteur social, à l’éducation et à la santé, avant d’évoquer ensuite les entraves que pose, dans le domaine social, la réduction du taux de la croissance réelle du pays.  M. Rahmon a par ailleurs qualifié d’essentielle la réforme du système financier international.  Une attention particulière doit être accordée à la création de conditions externes favorables et au renforcement de partenariats mondiaux, a-t-il estimé, tout en soulignant que les mesures prises ne devraient pas constituer une charge supplémentaire pour la dette extérieure des pays.

Le Président Rahmon a estimé que la question de l’accès universel à l’énergie devrait bénéficier de la même attention prioritaire que les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a notamment évoqué les énergies renouvelables, le transfert de technologies et l’amélioration de l’efficacité énergétique, expliquant ensuite que son pays accordait une attention particulière à l’énergie hydroélectrique.  Concernant la question de l’eau, il a fait remarquer que le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, les maladies d’origine hydriques et la désertification menaçaient la subsistance d’un nombre important d’habitants de la planète.  Il a ensuite passé en revue les recommandations contenues dans la Déclaration de Douchanbé, lesquelles permettraient, selon lui, de contribuer à la mise en œuvre du Programme d’action pour la réalisation des OMD.  Les nouveaux défis que connaît notre planète méritent la pleine attention de la communauté internationale, a-t-il dit, plaidant pour un renforcement du partenariat mondial.

M. ABDULLAH GÜL, Président de la République turque, a souligné la nécessité d’accorder une importance égale à tous les Objectifs du Millénaire pour le développement et souhaité un engagement politique renforcé.  Le Président turc a assuré que son pays était sur la bonne voie pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  La Turquie a intégré les OMD dans ses plans de développement national, a indiqué M. Gül.  Des programmes sociaux ambitieux ont été mis en place pour améliorer les conditions de vie des couches les plus vulnérables de la société.  Le pays devrait pouvoir atteindre l’objectif d’une scolarisation primaire universelle grâce aux paiements directs versés aux mères pour promouvoir l’inscription des filles à l’école.  Par ailleurs, a poursuivi le Président turc, des progrès significatifs ont été enregistrés en ce qui concerne la santé maternelle et infantile.  Grâce à un nouveau système de sécurité sociale, les citoyens turcs ont désormais accès à une couverture maladie universelle.

M. Gül a rappelé que son pays a accueilli une réunion d’examen régional consacrée aux Objectifs du Millénaire pour le développement à Istanbul, en juin dernier, en coopération avec le Programme des Nations Unies pour le développement et la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe.  La Turquie est également prête à appuyer le partenariat mondial pour le développement en se concentrant surtout sur les pays les moins avancés (PMA) a indiqué Abdullah Gül.  L’aide générale turque au développement dépasse 1,5 milliard de dollars par an.  Ainsi, la Turquie se réjouit-elle d’accueillir la quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA (PMA IV) en 2011, a dit le Président turc.

M. CHOUMMALY SAYASONE, Président de la République démocratique populaire lao, a invité les États à saisir l’occasion de ce Sommet pour échanger leurs vues sur les meilleures pratiques et les leçons apprises, afin d’adopter des mesures concrètes permettant d’accélérer la réalisation des OMD au cours des cinq prochaines années.  Le Gouvernement lao a adopté en 2003 une Stratégie nationale de croissance et d’élimination de la pauvreté, qui s’est inscrite dans son Plan de développement économique et social 2006-2010.  Grâce à la mise en œuvre des plans quinquennaux de développement, la République démocratique populaire lao a pu atteindre une croissance économique de 6,2% entre 2001 et 2005 et espère une croissance de 7% pour 2006-2010, ce qui lui permettrait de progresser sur la voie de la réalisation des OMD, a indiqué le Président.  Il s’est ainsi réjoui que le taux de pauvreté soit passé de 48% en 1990 à 26% en 2009.  Il a également signalé l’augmentation de la scolarisation dans le primaire, qui est passée de 58% en 1991 à 84% en 2005.  En outre, le Président lao s’est félicité de la chute du taux de mortalité maternelle, de 650 pour mille en 1995, à 405 pour mille en 2005, et du taux de mortalité infantile, passé de 104 à 70 pour mille entre ces mêmes dates.  La condition des femmes s’est par ailleurs améliorée, a-t-il indiqué, soulignant qu’elles représentent maintenant 25% des parlementaires lao.

Malgré ces accomplissements, la République démocratique populaire lao doit encore relever de nombreux défis, a poursuivi le Président.  En tant que pays vulnérable du groupe des PMA, elle a aussi été touchée par les crises économique et financière, auxquelles se sont ajoutés les effets des changements climatiques.  Nous devons donc redoubler d’efforts et mobiliser des ressources, tant nationales qu’internationales, pour progresser dans des domaines cruciaux comme le développement des capacités humaines, l’amélioration du système d’enseignement, des infrastructures et de tout ce qui touche aux transports et aux communications.  Le Président a enfin rendu hommage à la communauté internationale, particulièrement les pays donateurs et les organisations internationales, pour leur soutien indéfectible à l’égard de son pays au fil des ans.

M. BINGU WA MUTHARIKA, Président de la République du Malawi, a affirmé que son pays serait en mesure de réaliser, à divers degrés, les huit OMD, grâce à la Stratégie nationale de croissance et de développement.  Il a expliqué que cette Stratégie était axée sur neuf domaines prioritaires, dont l’agriculture et la santé alimentaire, l’irrigation d’une ceinture verte et le développement hydrique, le développement de transports et d’infrastructures, l’éducation, le développement énergétique, minier et industriel, ainsi que les changements climatiques, les jeunes, la santé publique et le VIH/sida.  Il a indiqué qu’avec la mise en place du Fonds pour le développement rural du Malawi, la pauvreté extrême avait reculé de 15% entre 2000 et 2009.  Le Président du Malawi a également expliqué que le taux de mortalité d’enfants de moins de 5 ans était passé de 189 à 122 décès pour mille pendant cette même période.  Il s’est également dit confiant que le Malawi sera en mesure de réduire le taux de propagation du VIH/sida, du paludisme et d’autres maladies, faisant observer que le taux de prévalence du VIH/sida était passé de 24% en 2000 à 12% en 2009.  À ce rythme, en 2015, le taux de prévalence sera de 6%, a-t-il affirmé.

Passant à la question de l’environnement, M. Mutharika a indiqué que son Gouvernement œuvrait pour empêcher que la surface forestière du pays ne chute en dessous de 33%.  Il a également assuré que le secteur des télécommunications connaissait une croissance rapide et que d’ici à 2015, 34% de la population du pays seraient connectés au réseau de téléphonie mobile.  Pour ce qui est de l’éducation, le Président a indiqué que le taux d’inscription scolaire peinait à dépasser les 83% et que le Gouvernement continuait d’augmenter le nombre d’établissements de formation pour les enseignants, de construire des écoles et d’améliorer les programmes de cantines scolaires.  Il a également indiqué que de nouveaux centres de soins avaient été construits dans le pays, notamment en zones rurales.  Poursuivant, M. Mutharika a fait savoir qu’un nombre de plus en plus important de femmes au Malawi occupaient des postes à responsabilités, notamment ceux de vice-président et de procureur général du pays.

M. GURBANGULY BERDIMUHAMEDOV, Président du Turkménistan, a déclaré que son pays s’apprêtait à célébrer cette année le quinzième anniversaire de sa neutralité, qui se traduit par sa participation active au processus international pour le maintien de la paix et la coopération économique.  Le Turkménistan accorde une importance stratégique fondamentale aux questions énergétiques et à ses projets de construction des gazoducs Turkménistan-Iran et Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde.  L’accès égal aux sources d’énergie et à ses vecteurs revêt une importance mondiale, a insisté le Président.  Les Objectifs du Millénaire pour le développement s’inscrivent dans les plans nationaux pour le développement du Turkménistan et ont défini la contribution de ce pays sur la scène internationale, a poursuivi M. Berdimuhamedov.  Le développement des infrastructures de transport et de communication, a-t-il assuré, a beaucoup d’avenir et devrait permettre l’intégration réussie des pays de la région d’Asie centrale et de la mer Caspienne dans le développement économique mondial.

Le Président a ensuite souligné la nécessité de résoudre les graves problèmes écologiques de la région.  Il faut sauver la mer d’Aral et préserver la richesse de la mer Caspienne.  À cette fin, il a proposé la création d’un groupe international d’experts pour préparer un document juridique sur la préservation de la mer d’Aral.  L’utilisation rationnelle des ressources en eau influence la dynamique de développement économique et social des pays de la région.  Compte tenu de la réalité du développement régional, le Turkménistan souhaite la création d’un mécanisme de dialogue à l’échelle régionale et propose de mettre en place un forum de haut niveau sur la sécurité, la paix et la coopération dans les pays d’Asie centrale et de la mer Caspienne, dont la première réunion pourrait avoir lieu à Ashgabat.  Le Président a conclu son intervention en proposant un projet de construction d’un chemin de fer pour relier son pays à l’Afghanistan.

M. BORIS TADIĆ, Président de République de Serbie, a assuré être conscient des efforts importants menés par les pays en développement pour remplir leurs obligations.  En ce qui concerne la Serbie, il s’est dit confiant qu’elle atteindrait les huit Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015.  Il a mentionné la Stratégie de réduction de la pauvreté nécessaire à son pays pour atteindre sa cible stratégique d’entrer dans l’Union européenne.  Les fonds publics ont été mieux utilisés et une plus grande transparence a été pratiquée en luttant contre la corruption et la criminalité organisée, a-t-il expliqué.  Le Gouvernement de la Serbie a également pris des mesures pour que les prix des denrées alimentaires de base ne soient pas manipulés par les spéculateurs, a-t-il poursuivi.

Le Président serbe a indiqué, en outre, avoir étendu la couverture sociale et pris des mesures en faveur de l’égalité des chances et de l’autonomisation des femmes et des minorités.  Des investissements importants ont été faits dans le secteur de la santé, de l’éducation et de la famille, a-t-il ajouté.  Le taux de pauvreté a été divisé par deux en seulement cinq ans, même si, a-t-il reconnu, la pauvreté chez les enfants reste encore un grand problème en Serbie.

M. Tadić a ensuite fait état des efforts menés pour arriver à un environnement durable, grâce à des mécanismes financiers adoptés aux plans national et régional.  Il a cité notamment l’Initiative de Belgrade pour le renforcement de la coopération sous-régionale dans le domaine des changements climatiques par le biais de la recherche et de l’observation systémique, de l’éducation, de la formation, de la sensibilisation du public et du renforcement des capacités.  Soulignant l’importance pour son pays de se doter d’infrastructures respectueuses de l’environnement, il a toutefois fait remarquer le coût souvent difficile à payer.  Selon lui, la solution passe par des réformes politiques élargies.  La seule façon efficace pour l’humanité de résoudre les nombreux problèmes de la civilisation moderne est, pour chaque pays, d’investir dans la science, l’innovation et l’éducation, en synergie avec la politique et l’économie, a-t-il observé.  M. Tadić a conclu son intervention en assurant vouloir faire preuve de solidarité avec le monde en développement afin d’assurer la santé et la prospérité pour toute l’humanité.

M. MOMPATI MERAFHE, Vice-Président de la République du Botswana, a relevé qu’un nombre important de pays en développement accusaient un retard notable en matière de réalisation des OMD.  Il a expliqué que le Gouvernement de son pays avait récemment dressé une feuille de route pour améliorer la vie de ses citoyens et qu’un Plan de développement national avait été lancé pour la période 2010-2016.  Il a notamment indiqué que le taux de pauvreté extrême était passé de 47% en 1993 à 23% en 2009, et qu’un nombre plus important de personnes vulnérables avaient accès à des services d’éducation et de soins, tandis qu’un programme spécial facilitait la participation des pauvres au processus de croissance du pays.  M. Merafhe a également indiqué que des « progrès remarquables » avaient été réalisés en matière de santé, notamment pour ce qui est des accouchements et de la lutte contre le VIH/sida.  Plus de 90% des séropositifs ont maintenant accès des médicaments rétroviraux, tandis que le nombre de nourrissons infestés a enregistré une chute notable, s’est-il félicité.

Malgré une pénurie notable en eau, a poursuivi le Vice-Président, le Gouvernement du Botswana a réussi à assurer à 90% de la population un accès à l’eau.  M. Merafhe a ensuite fait état des graves menaces que posent les changements climatiques et a expliqué que le Botswana avait créé un Comité national du changement climatique qui est chargé d’examiner les politiques lancées dans ce domaine au niveau national.  Il a par ailleurs engagé les États Membres à accorder une attention particulière aux États à revenu intermédiaire, aux pays en développement sans littoral et aux petits États insulaires en développement.

M. JOSÉ RAMOS-HORTA, Président de la République démocratique du Timor-Leste, a remarqué que les pays émergeant de conflit sont les plus éloignés de la réalisation des OMD, soulignant que le Timor-Leste fait partie de ce groupe de pays fragiles.  Il a donc appelé à placer la consolidation de la paix au premier plan dans les engagements internationaux.  Dans mon pays, nous avons lutté pour l’autodétermination, a-t-il rappelé.  Notre indépendance a été retrouvée il y a moins de 10 ans.  Pour y arriver, nous avons repris à notre compte des idées importées et profité du savoir-faire international, en le combinant avec le savoir-faire local.  La nation timoraise a consolidé le secteur de la sécurité et créé des institutions comme la Commission contre la corruption, a-t-il ajouté.  Le Président a également expliqué que son Gouvernement a lancé des réformes agressives dans le domaine des finances publiques et adopté des politiques d’aide sociale qui bénéficient notamment aux personnes âgées.

M. Ramos-Horta a rappelé que 8 milliards de dollars avaient été alloués au Timor-Leste par la communauté internationale entre 1999 et 2006-2007.  Pourtant, entre 2000 et 2006, la pauvreté a augmenté, a-t-il regretté.  Le Président timorais s’est cependant réjoui que, depuis 2007, le Gouvernement ait pu renverser cette tendance, en utilisant les deniers de l’État pour la réduction de la pauvreté et la promotion de la croissance.  La pauvreté a ainsi diminué de 9%, a-t-il signalé.  Il a rappelé que le Timor-Leste a été considéré comme l’une des 10 économies s’améliorant le plus au cours de la période 2008-2009.  M. Ramos-Horta a encore mentionné l’augmentation du revenu par habitant, passé de 398 dollars en 2007 à 499 dollars en 2008.  En outre, a-t-il noté, 30% du budget de l’État sont consacrés à la santé publique et à l’éducation de base pour les 10 prochaines années.  En ce qui concerne le taux de mortalité infantile, le Timor-Leste a atteint l’Objectif fixé pour 2015, grâce au dépistage et aux soins contre la tuberculose.  Le taux de scolarisation, qui était de 65% en 2007, est passé à 83% en 2009-2010, a dit le Président timorais.  Il a enfin signalé le lancement d’un programme devant accélérer la réalisation des OMD, qui sera mis en route l’année prochaine, et dont l’objet est de financer le travail des communautés locales dans 442 villages.

M. NGUYEN MINH TRIET, Président de la République socialiste du Viet Nam, a déclaré que son pays a déjà réalisé un certain nombre d’Objectifs du Millénaire pour le développement et devrait atteindre ces Objectifs d’ici à 2015.  Des progrès notables ont été accomplis pour réduire la pauvreté, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité des sexes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH/sida et d’autres pandémies.  Le Viet Nam se heurte toutefois à un éventail de difficultés, a-t-il fait remarquer.  L’infrastructure du pays reste sous-développée et les conditions de vie de la population, en particulier des communautés vivant dans les zones montagneuses et dans les régions ravagées par la guerre et des victimes de l’agent orange/dioxine.

La réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a déploré M. Minh Triet, a été sapée par un unilatéralisme accru et par le recours à la force.  Le Viet Nam soutient des solutions globales et des mesures spécifiques pour chaque Objectif, sachant que la paix et la stabilité sont des conditions sine qua non du développement.  C’est pourquoi, il est essentiel de rechercher activement des solutions justes aux conflits et de créer des conditions internationales propices à l’aide fournie aux pays en développement pour renforcer leur capacité de gestion.  Pour pérenniser les progrès dans toutes les régions, il faudrait atteindre des objectifs plus ambitieux, a-t-il dit avant de conclure.

M. HIFIKEPUNYE POHAMBA, Président de la République de Namibie, a constaté que malgré les « progrès encourageants » réalisés par nombre de pays en développement, ces progrès demeuraient inégaux et que de nombreux défis persistaient.  Il a ensuite expliqué que les OMD avaient été intégrés au sein des plans quinquennaux pour le développement de son pays et que malgré les défis posés par les crises financière, énergétique et alimentaire, ainsi que par la pandémie de VIH/sida, des progrès avaient été réalisés dans de nombreux domaines.  Il a notamment expliqué que la majorité de la population du pays avait dorénavant accès à de l’eau propre, tandis que trois quarts de la population urbaine étaient reliés à l’électricité.  Il a cité un programme établissant l’électricité dans les zones rurales, avant de préciser que le pourcentage le plus important du budget national était alloué à l’éducation.  « Nous sommes en voie de garantir l’éducation primaire universelle », s’est-il félicité, indiquant par ailleurs que l’égalité entre les sexes avait été dépassée en matière d’inscriptions scolaires.  Il a cependant indiqué que les progrès réalisés en matière de lutte contre la mortalité infantile demeuraient lents, et que la mortalité maternelle se maintenait aux alentours de 449 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Le Chef d’État a expliqué que le VIH/sida était la principale cause de décès dans son pays.  Il a toutefois assuré que des campagnes nationales de sensibilisation avaient permis de réduire de manière notable le taux de nouvelles infections, tandis que le taux d’infection au paludisme s’était vu limité, de son côté, par la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide.  M. Pohamba a également évoqué les campagnes de sensibilisation lancées pour traiter la tuberculose.  Le Président de la Namibie a ensuite signalé que l’aide publique au développement dont bénéficiait son pays avait chuté depuis que celui-ci avait été classé parmi les pays à revenu intermédiaire.  Il a engagé les institutions de Bretton Woods à établir un mécanisme spécial pour aider les pays comme le sien à avoir accès à des ressources financières pour le développement.  « Il importe de renforcer le partenariat mondial pour le développement », a-t-il souligné.

Le Prince ALBERT II, Chef d’État de la Principauté de Monaco, a rappelé qu’il y a 10 ans, il s’était fermement engagé au nom de Monaco à accorder un soutien indéfectible à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il s’est demandé comment justifier alors aujourd’hui que des femmes meurent en couches par manque de soins adéquats; ou que des enfants meurent de faim ou de maladies évitables, alors que tant de progrès techniques et scientifiques sont à notre disposition?  Cet aveu moral, a-t-il poursuivi, renforcé par la certitude que la paix et la sécurité dans le monde ne sauraient être atteintes sans garantir un développement durable pour tous, s’est traduit par le contrat politique qui lie la communauté internationale dans son ensemble.  À cinq ans d’une échéance qui sera un jugement décisif pour l’ONU, le Prince Albert II a souligné la responsabilité collective de la communauté internationale et a invité les États Membres à avoir le courage de réaffirmer les valeurs fondamentales qui régissent les relations internationales dans un monde interdépendant: liberté, égalité, solidarité; tolérance, respect de la nature et partage des responsabilités.

Réitérant l’engagement de son pays à mener une politique de coopération internationale axée sur la réalisation des OMD, il a annoncé que l’aide publique au développement monégasque atteindra l’objectif de 0,7% du PIB en 2015. Quintuplée au cours des 10 années écoulées, cette aide augmente de 25% par an, a-t-il précisé en ajoutant qu’il envisage une réflexion visant à faire de la Principauté un lieu privilégié pour la promotion des partenariats au service du développement, réunissant les divers acteurs publics et privés, tout en continuant de se mobiliser dans le cadre de l’aide d’urgence, notamment en faveur des populations vulnérables affectées par les catastrophes naturelles liées aux changements climatiques.  Le Prince Albert II a réaffirmé son engagement personnel en vue du développement de solutions innovantes et éthiques dans les domaines de la biodiversité, des changements climatiques et de la gestion durable de l’eau.  

M. MIKHEIL SAAKASHVILI, Président de la Géorgie, a souligné la nécessité pour les États d’assurer une gestion efficace des ressources destinées à la réalisation des OMD.  Il a dénoncé à cet égard la pratique de certains responsables locaux qui utilisent les fonds mis à leur disposition à des fins personnelles au lieu de les consacrer au développement.  Rappelant l’importance de la réalisation des OMD, il a averti que le monde ne peut pas être stable sans une amélioration dans le domaine de la santé.  Il a également appelé à lutter contre la traite des personnes.  Présentant la situation dans son pays, le Président a mis l’accent sur les pratiques durables à long terme qui ont été adoptées, notamment pour le développement des capacités et l’appropriation par les autorités locales.  Il a également souligné la lutte contre la corruption, rappelant que, lorsque la Déclaration du Millénaire avait été adoptée, la Géorgie était en proie à une grande corruption.  La lutte dans ce domaine a désormais été placée au centre des priorités du nouveau Gouvernement, a-t-il assuré.

Le Président de la Géorgie a ajouté que son Gouvernement a pris des mesures vigoureuses pour lutter contre la pauvreté et la faim, pour créer des emplois et réformer le régime des retraites.  Son Gouvernement, a-t-il ajouté, a également élargi la couverture sociale et réduit à 18% le taux de pauvreté.  L’éducation est un autre élément essentiel pour sortir de la pauvreté, a souligné M. Saakashvili, précisant que des écoles professionnelles avaient été mises en place dans le pays.  Des professeurs anglophones ont été invités à y enseigner, a-t-il précisé, mentionnant aussi la création d’une université.  « Nous devons aussi faire en sorte que les parties prenantes se sentent responsables et aient un sentiment d’appropriation », a-t-il dit.  Le Président a ensuite parlé de l’amélioration du système de santé, qui est maintenant plus transparent, a-t-il assuré.  Ces progrès ont notamment permis de faire avancer les efforts de lutte contre le sida et de mettre en place des mesures de la planification familiale.  Les soins obstétriques et néonataux ont permis de réduire les infections, a aussi indiqué le Président.  « La Géorgie encourage l’égalité entre les sexes et encourage les femmes à participer au Gouvernement qui désormais en compte un grand nombre.   Il a souligné les efforts de son pays pour protéger l’environnement, axés sur les investissements dans les énergies  renouvelables et propres.  Avant de conclure, il s’est dit préoccupé par la situation en Abkhazie, faisant référence au territoire occupé où le Gouvernement géorgien ne peut pas intervenir.  « Nous ne voulons pas que nos citoyens soient mis de côté », a-t-il souligné. 

M. AHMED ABDALLAH SAMBI, Président de l’Union des Comores, a déclaré que les efforts entrepris pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement ont permis des avancées dans de nombreux domaines.  Toutefois, les fléaux identifiés en 2000 n’ont toujours pas été éradiqués, a-t-il noté.  Le Président a souligné l’ampleur des défis à relever d’ici à l’an 2015.  Son pays a enregistré des succès remarquables pour certains des Objectifs en dépit de la conjoncture économique et financière, a-t-il indiqué.  Mais en raison d’un manque de ressources, les Comores ont accusé beaucoup de retard dans la réalisation d’autres objectifs.  En ce qui concerne l’éducation primaire aux Comores, tous les espoirs sont permis, s’est félicité M. Sambi.  Le taux de mortalité infantile a également diminué.  Il reste toutefois très difficile d’atteindre les cibles relatives à l’emploi et à l’environnement, en raison de problèmes de financement et de capacités institutionnelles.

Une dérive climatique d’une gravité exceptionnelle menace les petits États insulaires.  Il faut saisir l’opportunité de cette forte mobilisation pour parvenir à une position susceptible de les sauver, a plaidé M. Sambi.  La montée du niveau des eaux marines pourrait entraîner le déplacement d’une grande partie de la population des Comores, détruire ses infrastructures économiques et accroître les problèmes de l’approvisionnement en eau.  L’augmentation de la température annuelle moyenne a des effets néfastes sur le développement socioéconomique du pays et entraîne notamment une expansion du paludisme.  Le Président a appelé de ses vœux un soutien financier et technique pour mettre en valeur les ressources hydrologiques, solaires, éoliennes et géothermiques de son pays.  Enfin, le bilan mitigé de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement découle en grande partie, a-t-il estimé, d’un financement inadéquat du développement.

M. GJORGE IVANOV, Président de l’ex-République yougoslave de Macédoine, a soutenu que la lenteur des efforts déployés dans l’éradication de l’extrême pauvreté est un des défis majeurs auquel est confrontée la communauté internationale aux côtés d’autres préoccupations telles que la récurrence des conflits, la faim, l’inégalité croissante entre les États et les régions du monde, et l’augmentation des désastres naturels et d’origine humaine.  Pour y remédier, a-t-il dit, il faut poser des actes concrets et lancer des actions immédiates.  Mais une volonté politique est aussi nécessaire, a-t-il noté.  Comparée à la situation qui y prévalait il y a 10 ans, la région de l’Europe du Sud-Est a accompli des progrès tangibles dans la réalisation des OMD, a poursuivi le Président macédonien.  Mais il reste encore des progrès à faire dans les domaines de la pauvreté et du développement des partenariats, a-t-il nuancé.

En dépit du différend relatif au nom qui l’oppose à la Grèce, et des conséquences politiques et économiques qui en résultent pour son développement, la « République de Macédoine » demeure engagée à œuvrer pour la réduction de la pauvreté et l’élimination de l’exclusion sociale, a par ailleurs souligné M. Ivanov.  Il a conclu en défendant l’idée selon laquelle la clef de la réussite individuelle repose sur une éducation universelle.  C’est dans ce sens que son pays a accru ses investissements dans ce secteur, notamment à travers la mise en place du projet « un ordinateur pour chaque enfant ».

M. JENS STOLTENBERG, Premier Ministre du Royaume de Norvège, a indiqué que des millions de personnes avaient été extirpées de la pauvreté extrême, et que des millions de vies avaient pu être sauvées grâce à la vaccination et à l’amélioration des services de santé.  Il a toutefois estimé que la réalisation des OMD était à la traîne, et que les défis s’étaient accrus du fait de la crise financière internationale, des effets « dramatiques » des changements climatiques et de la crise alimentaire internationale.  Il a également relevé que de nombreux pays n’avaient pas honoré leurs engagements en matière d’APD.  Affirmant que la Norvège s’engageait à continuer d’allouer plus de 1% de son PIB à l’aide publique au développement, il a engagé les pays en développement à mobiliser leurs ressources domestiques en élargissant leur base fiscale, en luttant contre la corruption et en augmentant la transparence.  Les flux financiers illicites issus de pays en développement équivalent aujourd’hui à six fois le montant de l’ensemble de l’APD mondiale, a-t-il notamment signalé.

Poursuivant son intervention, le Premier Ministre a indiqué que la Norvège accordait une attention particulière à la réduction de la mortalité infantile et à l’amélioration de la santé maternelle, et que son pays avait triplé ses contributions à la santé mondiale depuis la signature, il y a 10 ans, de la Déclaration sur les OMD.  La santé est un élément essentiel du développement, a-t-il affirmé, pour ensuite engager les États Membres à appuyer financièrement la Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants lancée par le Secrétaire général.  Il a également estimé que les OMD ne pouvaient être dissociés des changements climatiques, des conflits armés, ni de l’autonomisation des femmes.

M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre, Ministre des affaires étrangères et Ministre des finances de l’État indépendant du Samoa, a estimé qu’il ne faudrait pas repousser la date butoir pour la réalisation des OMD, au risque d’augmenter le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.  Il a indiqué que son pays était pleinement engagé à réaliser les OMD d’ici à 2015.  Au nombre des défis auxquels est encore confronté Samoa, il a cité le problème de la pauvreté, ainsi que la nécessité d’élargir les services de soins pour enfants, et l’accès des femmes à la santé reproductive.  Il a également indiqué que l’autonomisation des femmes, notamment leur représentation au sein du Parlement, continuait d’être problématique.  La Stratégie de Maurice, dont l’examen à mi-parcours aura lieu cette semaine au Siège de l’ONU, peut constituer un cadre normatif pour les objectifs en développement des petits États insulaires en développement, a déclaré le Premier Ministre.  La Stratégie de Maurice, a-t-il dit, doit demeurer le principal instrument par l’intermédiaire duquel la communauté internationale doit aider les petits États insulaires en développement.  Poursuivant, M. Malielegaoi a indiqué que l’isolement du reste du monde présentait un obstacle sérieux pour la croissance des petits États insulaires en développement.  La mise en place d’infrastructures, notamment des télécommunications, permettra de répondre à la plupart des besoins de la région en matière de développement, a-t-il affirmé, en évoquant notamment la réduction de l’écart numérique.

M. YVES LETERME, Premier Ministre du Royaume de Belgique, a estimé que les objectifs premiers en matière de développement sont le développement humain et l’éradication de la pauvreté.  Il a donc appelé à placer l’être humain au centre du développement, en aidant les personnes à prendre conscience de leur potentiel et à décider plus librement de leur avenir.  En ce qui concerne la pauvreté, il a noté qu’elle est un facteur d’exclusion sociale et culturelle, qui empêche l’exercice des droits fondamentaux des individus.  Le Premier Ministre belge a ensuite signalé que le principal obstacle qui se pose sur la voie des Objectifs du Millénaire pour le développement est l’inégalité croissante, que ce soit entre les pays ou à l’intérieur même des pays.  M. Leterme a souligné que si certains pays progressent de manière globale, d’autres groupes de la population, comme les plus démunis, les femmes et les populations rurales, voient leur situation s’aggraver en termes relatifs voire absolus.  Les rapports des Nations Unies montrent à quel point les disparités liées au sexe résident au cœur même du problème de l’inégalité: inégalité dans la scolarisation, dans l’accès au travail décent, dans le bénéfice de soins de santé.  La résolution des inégalités et donc la priorité des priorités, a-t-il martelé, expliquant non seulement le souci d’équité mais aussi de gestion économique saine.

Le Premier Ministre a ensuite remarqué que les avancées concrètes ne dépendent pas seulement des moyens financiers, mais sont aussi et surtout une question de volonté publique et de bonne gouvernance dans chaque pays.  M. Leterme a appelé à faire participer un maximum de citoyens à la création de richesses et à créer des opportunités pour les populations pauvres.  Cela implique une gouvernance responsable qui donne la parole aux populations sur la manière dont elles sont gouvernées, a-t-il dit.  Enfin, le Premier Ministre a rappelé que la Déclaration du Millénaire exhorte à la responsabilité collective et à la création d’un partenariat mondial.  À cette fin, dans son budget 2010, la Belgique a reconfirmé l’objectif de consacrer 0,7% de son PIB à l’aide au développement.  En vue d’un financement global des programmes, le Premier Ministre a plaidé en faveur d’un accord le plus large possible sur le financement innovant, aussi bien au sein de l’Union européenne qu’à l’échelle mondiale.  Nous devons prêter attention en particulier à l’affectation de l’aide et à ses modalités, a-t-il souhaité.

M. KLAUS TSCHÜTSCHER, Chef de Gouvernement de la Principauté du Liechtenstein, a déclaré que les OMD constituent l’élément central de la plus grande campagne de l’Histoire en faveur du développement.  Il a salué le projet de document final comme une réaffirmation du consensus international assortie de mesures concrètes qui contribueront à la réalisation des OMD.  Il a ajouté que tous les efforts en ce sens se renforcent mutuellement, puisque les OMD sont étroitement liés entre eux. 

M. Tschütscher a toutefois regretté que le projet de document n’ait pas accordé l’attention requise à certains défis qui auraient dû, aux yeux de son pays, être traités comme prioritaires.  C’est le cas des conflits armés, qui représentent pourtant une menace constante à la sécurité humaine et à l’état de droit, et donc un obstacle majeur au développement, a-t-il affirmé.  La prévention et la résolution des conflits armés doivent donc être au centre de tout effort de développement durable, ce qui nécessite notamment un effort particulier pour mettre fin à l’impunité de ceux qui usent de la violence contre les civils comme d’une tactique de combat.

Aux deux tiers du parcours sur la voie des OMD, nous avons acquis beaucoup d’expérience et nous savons que les acquis demeurent fragiles s’ils ne sont pas appuyés par des efforts sérieux pour renforcer la bonne gouvernance, l’état de droit, les droits de l’homme, l’égalité des sexes et le rôle de la société civile, a déclaré le Chef de Gouvernement.  Le Liechtenstein, a-t-il affirmé, appuie des projets en ce sens, en soutenant des projets qui mettent l’accent sur l’éducation, et notamment sur l’autonomisation des femmes.  Il est aussi très conscient du problème des flux illégaux de capitaux à partir des pays en développement, problème qui doit être traité tant du côté de l’offre que de celui de la demande.  Le Liechtenstein applique pleinement les normes internationales contre le blanchiment d’argent, a-t-il précisé.

M. Tschütscher a enfin déclaré que l’aide publique au développement représentait aujourd’hui 0,6% du PNB de son pays, qui reconnaît et continuera de reconnaître le taux de 0,7% comme un objectif convenu, malgré les contraintes temporaires imposées au budget de son pays par la crise.  Le Liechtenstein est particulièrement engagé en faveur de la lutte contre les effets négatifs des changements climatiques.  Il a signé l’Accord de Copenhague et a d’ores et déjà réservé le premier cycle de fonds nouveaux et additionnels pour aider les pays en développement à faire face à ses défis, a conclu le Chef du Gouvernement.

SHEIKHA Hasina, Premier Ministre de la République populaire du Bangladesh, a rappelé que les Objectifs du Millénaire pour le développement, qui visent à favoriser le développement, ont été adoptés par consensus, il y a 10 ans.  « Notre gouvernement a pris les engagements pour mettre en œuvre les OMD selon le calendrier établi », à savoir d’ici à 2015.  « Nous avons l’ambition de faire du Bangladesh un pays à revenu intermédiaire », a-t-elle ajouté.  Le Bangladesh entend assurer en 2021, la date anniversaire de son indépendance, l’accès à Internet sur l’ensemble du territoire.  Le Premier Ministre du Bangladesh a néanmoins pointé certaines difficultés dans la réalisation de ces objectifs, dont les crises alimentaire et énergétique, la crise économique, la récession mondiale, ainsi que les conséquences des changements climatiques.  « Nous pouvons tout de même nous réjouir des progrès réalisés pour les huit Objectifs », a-t-elle poursuivi.  Des progrès ont ainsi été enregistrés pour réduire la consommation d’énergie, l’amélioration de l’éducation, la réduction du taux de mortalité infantile, la lutte contre la malaria, le contrôle de la tuberculose, la réduction du VIH/sida et l’amélioration de l’accès à l’eau potable.

« Le Bangladesh fait face à des défis importants », a rappelé Sheikha Hasina.  Le pays est victime de nombreuses catastrophes naturelles, dues au réchauffement climatique.  Ce qui engendre l’augmentation des « réfugiés climatiques » dans des villes surpeuplées, créant une menace dans la réalisation de l’Objectif de réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015.  Les estimations montrent qu’en cas de montée du niveau de la mer d’un mètre, un quart du territoire serait submergé, provoquant ainsi le déplacement de 30 millions de personnes.  « Il est indispensable que la communauté internationale soit sensible à ce nouveau défi », a-t-elle insisté.  Le Premier Ministre du Bangladesh a cité les propos de Mme Helen Clark, Administratrice du PNUD, qui estime que pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement en 2015, il faudrait absolument accélérer les progrès dans les cinq années à venir.  Dans le cas du Bangladesh, le pays a besoin de 22,10 milliards de dollars pour répondre aux Objectifs du Millénaire pour la période 2009-2015. 

M. MIZENGO PINGA, Premier Ministre de la République-Unie de Tanzanie, a indiqué que les progrès en faveur des OMD avaient été inégaux, tout en faisant remarquer que « l’esprit humain, s’il est pleinement mis à contribution, peut tour rendre possible ».  M. Pinga a préconisé des partenariats plus efficaces pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, comme dans le cadre de l’initiative lancée par son gouvernement pour favoriser le développement d’une agriculture verte.  Tout en allouant davantage de ressources à cette fin, le Gouvernement tanzanien lance un appel aux institutions financières internationales pour l’assister à réaliser l’Objectif lié à l’éradication de la faim et de la pauvreté, a indiqué M. Pinga.  Il a également appelé les pays développés à porter aux niveaux requis l’aide publique au développement et à continuer à faire preuve de générosité.

M. GERVAIS RUFYIKIRI, Deuxième Vice-Président de la République du Burundi, a déclaré que la réalisation de certains Objectifs du Millénaire pour le développement était possible, tandis qu’il reste un long chemin à faire pour atteindre d’autres cibles.  Malgré sa situation de pays en situation postconflit, le Burundi n’a épargné aucun effort pour être au rendez-vous des OMD, a dit M. Rufyikiri.  Ainsi, le Burundi est en bonne voie pour atteindre les Objectifs concernant la scolarisation et l’élimination des disparités entre les sexes dans l’éducation.  Des progrès importants ont également été faits en matière de lutte contre le paludisme et la tuberculose, d’accès à l’eau potable, et de santé des enfants et des mères.  Cependant, d’autres domaines n’ont pas enregistré de progrès importants, comme ceux concernant l’élimination de l’extrême pauvreté et la réduction de la propagation du VIH/sida, a conclu M. Rufyikiri.

M. GEORGES REBELO CHICOTI, Secrétaire d’État aux affaires extérieures de l’Angola, a déclaré que, 10 ans après l’adoption de la Déclaration du Millénaire, les Objectifs pour le développement étaient encore loin d’être une réalité.  « La guerre contre la pauvreté ne peut être gagnée que par la tenue de conférences et de sommets, » a-t-il dit.  M. Chikoti a préconisé plusieurs actions, dont l’augmentation de l’aide officielle au développement et la réforme de l’architecture financière internationale, qui est maintenant un besoin pressant.  Il a aussi recommandé une révision des dispositions du commerce international en vigueur, notamment dans la réduction des subventions agricoles et l’élimination des mesures tarifaires contre les produits agricoles des pays en développement.  M. Rebeki Chikoti a également appelé à une augmentation des investissements dans l’agriculture en Afrique ainsi qu’à la création d’un programme intégré de microcrédits.

M. GEORGE PAPANDREOU, Premier Ministre de la République hellénique, a déclaré que son pays était un exemple de la manière dont les problèmes surgissant dans un petit État pouvaient avoir des répercussions dans le monde entier.  La Grèce prend des « mesures douloureuses mais nous faisons de réels progrès », a-t-il ajouté, en précisant que le Gouvernement était désormais déterminé à faire changer les choses.  La Grèce n’est pas un pays pauvre, a déclaré M. Papandréou, tout en reconnaissant que la gestion de ses ressources, de son environnement, de sa capacité humaine n’a pas été assurée avec prudence et transparence, de manière durable.  C’est pourquoi, a-t-il dit, la Grèce a décidé de s’engager dans une nouvelle voie.  

La gestion des ressources de notre planète, de notre capacité humaine, de notre capital, de nos étonnantes avancées technologiques et nos connaissances communes doit également être assurée d’une manière plus responsable, a souligné M. Papandréou.  En Grèce, nous faisons face à un bien plus qu’une simple crise de la dette souveraine, a-t-il ajouté.

La Grèce a lancé des réformes radicales avec tous les concitoyens, et non malgré eux, a poursuivi M. Papandreou.  Cependant, elle ne peut le faire seule, a-t-il dit.  « Nous devons travailler ensemble dans notre monde interdépendant », a-t-il précisé.  Une fraction importante de la population dans le monde se sent démunie mais elle sait que la communauté internationale a les ressources nécessaires à l’éradication de la pauvreté, de l’analphabétisme, à la prévention des épidémies et à la protection des femmes et des enfants.  Mais, nous ne les gérons pas de manière efficace à y parvenir, a déclaré M. Papandreou, faisant remarquer que la concentration du pouvoir, du capital et des médias avait permis à des élites privilégiées de capter les processus démocratiques.

« Nous devons réformer nos institutions démocratiques, a poursuivi M. Papandréou.  Pour cela, nous avons besoin de nouveaux outils pour optimiser l’utilisation des ressources et changer les incitations financières.  Il s’est dit convaincu qu’une taxe sur les transactions financières, une taxe sur les émissions de carbone ou encore des « obligations vertes » pourraient servir à financer l’éducation, la santé et la technologie ainsi que les infrastructures écologiques dans les pays en développement.  « Au lieu d’imposer une austérité nationale, nous devons penser en termes de responsabilité mondiale », a ajouté M. »Papandreou.  Les OMD nous ont lancé le défi d’une gouvernance mondiale fondée sur la solidarité pour transformer le monde des marchés libres en un monde d’individus libres.  « Ou bien nous humaniserons la mondialisation, ou bien la mondialisation sapera l’humanité elle-même », a-t-il dit avant de conclure.

MmeReem Ebrahim Al Hashemi, Ministre d’État des Émirats arabes unis, a déclaré que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement constitue un facteur essentiel de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.  Il constitue également un moyen essentiel dans la réalisation de la prospérité et de la stabilité des peuples.  Elle a rappelé qu’il est essentiel d’atteindre les engagements d’ici à 2015.

La Ministre a fait remarquer que la récente crise économique et financière a montré que tous les intérêts des pays du monde sont liés.  La crise a souligné qu’aucun pays n’est à l’abri.  Les Émirats arabes unis estiment que la réalisation des OMD requiert un partenariat global ayant pour cadre la Déclaration du Millénaire et, en particulier, le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha.  « Malgré la crise, il est important que les pays respectent l’engagement de

consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut à l’aide publique au développement », a-t-elle ajouté.  Dans ce contexte, il est indispensable de réformer le système économique, financier et commercial international.  Elle demande ainsi aux pays développés d’adopter les politiques économiques pour encourager la production et stimuler les investissements étrangers.

Les Émirats arabes unis ont réussi à contenir les effets de la crise, évitant ainsi de réduire l’aide allouée au développement.  Mme Al Hashemi se félicite que son pays ait réussi à utiliser les revenus du pétrole pour étendre et diversifier son économie.  Elle a souligné que son pays a accru l’assistance aux pays touchés par les catastrophes naturelles ou par les conflits armés.  En 2009, les Émirats arabes unis ont donné près de 3 milliards de dollars au titre de l’aide humanitaire et de l’assistance au développement.

M. KAMEL MORJANE, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie, a noté que les prévisions des taux de croissance des économies africaines se situaient autour de 3%, soit en dessous de la moyenne requise de 7% pour atteindre les OMD dans les délais.  Fort de ce constat, il a plaidé en faveur d’un partenariat réel avec le continent africain, lançant un appel au G-8 et au G-20 pour renouveler leurs engagements à l’égard de ce continent.  Pour M. Morjane, la réalisation des OMD dans les délais exige de tous un élan de solidarité ainsi que la conjugaison des efforts, citant à titre d’exemple l’expérience de la Tunisie en matière de développement.  Cette expérience a été saluée par les Nations Unies par l’adoption d’une résolution appelant l’établissement d’un Fonds de solidarité mondial, dont l’objectif est de promouvoir le développement dans les pays pauvres.

En dépit du fait que la Tunisie soit un pays à revenu intermédiaire aux ressources naturelles modestes, elle est parvenue, en comptant sur ses propres capacités, à accomplir un développement économique notable, a souligné le Ministre.  Il a également rappelé que son pays était en bonne voie pour réaliser la plupart des OMD dans les délais.  À cet égard, le Ministre a cité les progrès réalisés notamment dans le domaine de la scolarisation, ainsi que les indicateurs ayant trait à la santé et à la démographie de son pays.  En conclusion, il a déclaré qu’en 2015 « le monde sera ce que nous avons voulu qu’il soit ».  « Il reflètera soit notre échec, soit notre succès commun dans la réalisation des OMD. »

M. MARTY M. NATALEGAWA, Ministre des affaires étrangères de l’Indonésie, a indiqué que l’élément central de la transformation constituée par le besoin de la réalisation des OMD se trouvait dans la mobilisation des ressources nationales, régionales et internationales.  Au niveau national, a-t-il expliqué, chaque gouvernement doit créer des politiques et disposer de l’espace fiscal nécessaire pour accélérer et soutenir les OMD.  C’est dans cet esprit, par exemple, que le Gouvernement indonésien a inauguré tout récemment une politique visant à garantir des soins de santé génésique gratuits à toutes les mères, ceci à l’appui de Stratégie globale pour la santé des mères et des enfants que lancera le Secrétaire général le 22 septembre.  En outre, toutes les organisations régionales peuvent contribuer à promouvoir la coordination et la coopération entre pays, a estimé M. Natalegawa.  Pour générer un tel élan, a précisé le Ministre, l’Indonésie a décidé d’organiser une réunion ministérielle spéciale pour les Objectifs du Millénaire pour le développement en Asie et dans le Pacifique.  Enfin, au niveau mondial, les coopérations Sud-Sud et triangulaire devraient être renforcées, a préconisé M. Natalegawa.

M. ELMAR MAMMADYAROV, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, a déclaré que la croissance économique sans précédent des cinq dernières années, durant lesquelles l’économie a augmenté de 20% en moyenne, a permis au pays de financer ses efforts en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.  En dépit de l’occupation militaire continue sur environ 20% du territoire par l’Arménie voisine et, par conséquent, de la présence de presque un million de réfugiés, l’Azerbaïdjan réaffirme son ferme engagement pour atteindre les OMD en 2015, a assuré M. Mammadyarov.  L’Azerbaïdjan a fait passer le taux de pauvreté de 29,3% en 2005 à 11% en 2010, a indiqué M. Mammadyarov.  L’Azerbaïdjan a également fait passer son taux de chômage de 7,06% en 2005 à 6% en 2009.  Par ailleurs, le taux de mortalité infantile a été réduit à 3,1% au cours des cinq dernières années.

M. RICARDO PATIÑO AROCA, Ministre des affaires étrangères, du commerce extérieur et de l’intégration de l’Équateur, a déclaré que son pays est particulièrement attentif à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a néanmoins marqué sa préoccupation face au fait que les questions sociales ne sont pas assez prises en compte dans les débats sur les OMD.  Il s’est inquiété de l’augmentation des dépenses militaires, alors que les dépenses dans le domaine social n’augmentent pas assez.  « Il est important de mener des actions collectives, conscientes et démocratiques, et à visage plus humain.  C’est le point de vue de l’Équateur », a-t-il ajouté.  M. Patiño Aroca a rappelé que son pays a réalisé de nombreux progrès ces dernières années.  L’Équateur a notamment réussi à réduire le niveau de pauvreté de sa population, le taux passant de 61% à 53% dans les zones rurales grâce aux dépenses sociales.  Il y a également une diminution de l’analphabétisme en Équateur.  Le pays a connu un doublement de ses dépenses publiques dans le domaine de la santé, et l’amélioration de la santé maternelle y est un fait.  Des progrès ont aussi été réalisés dans le domaine de l’environnement.  Le Ministre des affaires étrangères de l’Équateur s’est félicité de ces progrès, ajoutant qu’il est encore possible de faire mieux.  Il ne s’agit pas uniquement d’atteindre uniquement les OMD, a-t-il dit.  Il faut les dépasser pour promouvoir un véritable développement social et humain.  « C’est aux États d’agir pour la mise en place de ce nouvel ordre économique et social », a conclu M. Patiño Aroca.

M. MURRAY MCCULLY, Ministre des affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande, a déclaré qu’en dépit de ses ressources limitées, son pays avait mobilisé des ressources considérables dans la région du Pacifique, en partie en faveur de la lutte contre les changements climatiques.  Il a fait tout particulièrement état des efforts déployés par la Nouvelle-Zélande pour venir en aide à Kiribati.  Le Ministre a ensuite indiqué que son pays était un fervent partisan du Pacte de Cairns, que les pays du Forum des îles du Pacifique ont cosigné en 2009 pour harmoniser leurs efforts et leurs contributions et améliorer l’efficacité de l’aide régionale.  Sans négliger les programmes de santé et humanitaires, nous avons décidé de nous concentrer sur le développement économique durable, a précisé M. McCully.  Un des aspects caractéristiques des économies du Sud-Pacifique est leur dépendance à l’égard de l’électricité générée par des combustibles importés pour un coût généralement élevé.  C’est la raison pour laquelle la Nouvelle-Zélande a lancé un programme majeur d’investissement dans les infrastructures destinées aux énergies renouvelables, en particulier les énergies solaire et éolienne, a dit le Ministre.

M. OLDEMIRO BALI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la République du Mozambique, a indiqué que la priorité première de son gouvernement était d’assurer que les femmes enceintes au Mozambique puissent accoucher sans risquer de perdre leur vie, et que les enfants puissent atteindre sans problème l’âge de cinq ans.  « Donner la vie à un enfant ne doit pas représenter une menace ou devenir une source de souci ou tristesse pour les familles et nos femmes, » a dit M. Bali.  Il est donc important de mettre en place des programmes pour promouvoir la présence des filles à l’école, et le Mozambique a presque atteint la parité entre filles et garçons au niveau de l’école primaire.  De surcroît, depuis les premières années de l’indépendance de notre pays, les femmes et les enfants ont eu un accès gratuit aux soins de santé, a assuré le Ministre mozambicain.  Le Gouvernement du Mozambique a également établi des relations solides avec les communautés locales du pays et a pris l’initiative de former des techniciens de santé, qui bien que n’étant pas formellement des médecins, peuvent proposer des services de chirurgie tels que les césariennes, a déclaré M. Bali.

M. URMAS PAET, Ministre des affaires étrangères de l’Estonie, a notamment établi un lien entre la réalisation des OMD et les droits de l’homme, deux notions, a-t-il dit, inextricablement liées.  Il s’est ainsi dit profondément convaincu que la promotion et la protection des droits de tous les membres d’une société renforçaient les efforts en vue de réaliser les OMD.  En outre, l’Estonie, a-t-il dit, estime que le système des Nations Unies joue un rôle central pour appuyer les gouvernements nationaux dans la réalisation des OMD.  Par ailleurs, M. Paet a estimé que la parité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes étaient des conditions essentielles à la réalisation de tous les autres OMD.  Il a précisé, à cet égard, que son pays plaidait en faveur de l’intégration de la dimension « genre » dans toutes les activités de l’ONU.  Il s’est de même félicité du consensus historique obtenu il y a quelques mois sur la création d’ONU-Femmes.  Le Ministre a, en outre, attiré l’attention des États Membres sur les liens entre les technologies de l’information et des communications et le développement.  Le développement des technologies de l’information et des communications, a-t-il dit, est un véritable moteur du progrès économique et de la modernisation.  Enfin, il a souligné l’importance de l’éducation publique dans la réalisation des OMD.  En améliorant l’éducation, on sensibilise non seulement davantage aux OMD, mais l’on renforce également l’appui à leur financement, a expliqué M. Paet.

M. ALEXIS THAMBWE MWAMBA, Ministre des affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC), a exhorté à examiner, sans complaisance, les stratégies qui ont réussi et celles qui ont échoué.  « Cinq ans seulement encore, c’est peu si le rythme plus que lent, et les tendances qui s’observent actuellement, persistent », a-t-il prévenu.  Avec des moyens d’intervention appropriés et des ressources financières suffisantes, l’ensemble des pays en développement, notamment le sien, seront en mesure de réaliser, pendant cette période, les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Rappelant que cette réalisation incombe à chaque pays au premier chef, le Ministre a également souligné les contraintes internes entravant la mise en œuvre de tels objectifs, comme le manque de données de qualité, l’écart entre les engagements et les décaissements des ressources annoncées dans le cadre de nombreuses initiatives africaines, les conflits et la crise économique et financière persistante.  Il s’est dit convaincu que les pays en développement aussi peuvent atteindre tous les Objectifs pour peu qu’ils intensifient leurs efforts, augmentent, notamment, le financement des investissements du secteur public et encouragent l’entreprenariat privé.  M. Thambwe Mwamba a souligné les efforts de son pays visant à créer un environnement propice et un climat d’investissement favorable au développement du secteur privé pour combler les déficits des investissements et attirer l’investissement étranger direct (IED), notamment par une fiscalité incitative et par la suppression des tracasseries administratives.  Le Ministre a fait observer que la bonne gouvernance a permis à la RDC d’atteindre, il y a peu, le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). 

Au niveau international, le Ministre a demandé aux membres du G-8 et aux autres partenaires du développement d’honorer l’engagement de parvenir, cette année, à réaliser au moins l’objectif de consacrer à l’APD à 0,5% de leur produit national brut et à 0,7% en 2015 au plus tard.  Il a invité ces mêmes pays à mettre en place des mesures spécifiques pour lutter contre la fuite illicite des capitaux de l’Afrique, à tenir leur promesse de 30 milliards de dollars pour aider les pays en développement à s’adapter aux changements climatiques et à supprimer les subventions agricoles et autres pratiques préjudiciables, qui compromettent la capacité des pays africains à soutenir la concurrence sur le marché mondial.   

M. HOSHYAR ZEBARI, Ministre des affaires étrangères de l’Iraq, a déclaré qu’en dépit de certains progrès, il restait encore beaucoup à faire pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Cinq ans seulement nous séparent de l’échéance de 2015 et si elle n’est pas respectée, cela contribuera à déstabiliser encore davantage le monde en développement, a-t-il dit.  En Iraq, le budget 2010 prévoit la reconstruction des infrastructures, ainsi que des projets de relance économique, a indiqué M. Zebari, qui a également annoncé des initiatives destinées à améliorer le rendement des exploitations agricoles.  « Nous réhabilitons aussi le secteur de l’éducation primaire et avons adopté des mesures de protection sociale de la femme afin d’assurer la parité à tous les niveaux », a-t-il assuré.  Le Gouvernement iraquien a également pris des mesures économiques importantes et s’est acquitté de ses obligations vis-à-vis des institutions financières internationales, a souligné le Ministre.  Les cinq prochaines années exigeront les efforts de tous les acteurs, à la fois aux niveaux national, régional et international.

M. ALVIN BERNARD, Ministre d’État de la Dominique, a appelé à la reconnaissance du statut spécial des petits États insulaires en développement, exposés plus que les autres à « un environnement commercial global hostile » et aux effets négatifs des changements climatiques.  Cela permettrait aux pays en développement de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement de manière plus durable, a-t-il dit.  M. Bernard a également souligné la nécessité que l’ONU tienne un rôle accru dans les processus bilatéraux et multilatéraux de réalisation des OMD, afin notamment d’en renforcer la transparence et la prévisibilité.  M. Bernard a ensuite mis l’accent sur les progrès accomplis par son pays dans la lutte contre la pauvreté, dont le taux est passé de 39% en 2002 à 28,8% en 2009 à la Dominique.  En 2005, a-t-il aussi noté, nous avons réalisé l’accès universel à l’éducation secondaire.  Le Ministre d’État a en outre évoqué les efforts des États de la Caraïbe pour lutter contre la pandémie de VIH/sida et les maladies chroniques non transmissibles au plan régional.  Sur ce dernier point, il a dit attendre beaucoup de la réunion de haut niveau qui se tiendra au cours de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale. 

M. ABUBAKR AL-QIRBI, Ministre des affaires étrangères du Yémen, a déclaré qu’à cinq ans de la date butoir, le Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement offre une occasion exceptionnelle pour mettre en lumière les bonnes stratégies et mieux répondre aux difficultés qui continuent de faire obstacle à la réalisation des OMD.  Il est crucial de mobiliser des ressources supplémentaires pour surmonter les défis qui subsistent.  La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour qu’aucun pays ne soit laissé pour compte en raison d’un manque de ressources, en particulier les pays moins avancés et les pays enclavés.  « Un partenariat mondial musclé doit être la pièce maîtresse de l’action internationale », a déclaré M. Al-Qirbi, qui a aussi invité la communauté internationale à tenir ses engagements.  Les crises en cours ont renversé la tendance vers la croissance économique dans de nombreux pays, a-t-il fait remarquer, en soulignant que la crise mondiale ne peut pas servir d’excuse pour abandonner les engagements pris.

Mgrpeter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical pour la justice et la paix du Saint-Siège, a déclaré que l’Église catholique souhaite collaborer avec les hommes et les femmes du monde entier, des pays développés et des pays en développement, chrétiens et non chrétiens.  C’est le pape Benoît XVI, qui m’a chargé, « en tant que fils de l’Afrique et de l’Église », de travailler sur la question des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Mgr Turkson a souligné que 10 ans après le lancement des OMD, de nombreux progrès ont été réalisés pour la réduction de la pauvreté extrême, l’amélioration de l’éducation primaire et pour l’égalité entre les hommes et les femmes, même si ces progrès sont lents ou très faibles dans certains pays.  « Il est toutefois nécessaire de maintenir et de renforcer la mobilisation politique, en continuant à faire preuve de solidarité économique et financière », a-t-il ajouté.  Dans ce contexte, le Saint-Siège insiste sur le renforcement du partenariat mondial pour le développement, en appuyant le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha sur le financement pour le développement.  Malgré la crise économique et financière internationale, il est indispensable de respecter l’engagement de consacrer 0,7% du produit intérieur brut à l’aide publique au développement.  Le Président du Conseil pontifical pour la justice du Saint-Siège a rappelé que le pape Benoît XVI, dans sa dernière encyclique, avait exprimé sa vision pour le développement en tant que vocation devant prendre une place centrale dans la charité.  Dans ce contexte, la mission fondamentale du Saint-Siège est avant tout spirituelle, a-t-il rappelé.  « L’être humain doit se trouver au centre des préoccupations dans la quête du développement », a-t-il estimé avant de conclure. 

M. TOMAS DUB, Vice-Ministre des affaires étrangères de la République tchèque, a déclaré que la tâche principale à accomplir au cours des années 2010–2015 sera de créer les mécanismes qui transformeront les engagements pris en matière de développement en réalité au niveau local.  « Nous pensons que toutes les réunions relatives aux OMD d’ici à 2015 doivent se concentrer particulièrement sur l’échange des meilleures pratiques dans chaque domaine », a dit M. Dub.  La République tchèque recommande que les initiatives visant à atteindre les OMD soient conçues du bas vers le haut, sur la base de faits et de réalités spécifiques à chaque pays et d’une approche fondée sur la communauté.

L’aide officielle au développement et les mesures pour réduire l’inflation et la dette publique ne sont pas les seules façons d’éradiquer la pauvreté.  Nous avons besoin d’une combinaison de mesures pour encourager l’emploi, la stabilisation fiscale et monétaire, la mobilisation des ressources nationales, ainsi qu’une bonne gouvernance, a dit M. Dub.  L’expérience de la République tchèque en matière de transition lui permet de contribuer valablement aux efforts menés dans ce sens en Europe de l’Est et aux Balkans de l’Ouest, a conclu M. Dub.

M. SAYYID BADR BIN HAMAD AL-BUSAIDI, Ministre d’État aux affaires étrangères d’Oman, a déclaré que, malgré des progrès en matière de réduction de la pauvreté, la scolarisation des enfants et le contrôle du paludisme et du VIH/sida, de nombreux Objectifs du Millénaire pour le développement risquent de ne pas être atteints dans plusieurs régions du monde.  Les progrès accomplis dans le monde en vue de la réalisation de ces OMD demeurent faibles, a estimé M. Al-Busaidi.

M. Max Henderson HernÁndez, Vice-Ministrede la planification du Mexique, a rappelé qu’il reste encore cinq ans pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Durant cette dernière ligne droite, la communauté internationale doit faire preuve de solidarité et de coopération, dans un contexte rendu difficile par la crise économique et financière, a-t-il dit.

M. Hernández a souligné que la réalisation des OMD constitue un engagement d’État.  Dans ce contexte, le Mexique a pris les actions décisives, sur les plans national et international, pour atteindre ces objectifs.  Pour le Gouvernement du Mexique, il s’agit de renforcer les politiques sociales et assurer des capacités nationales solides.  La stratégie du Mexique dans la réalisation des OMD est axée sur trois volets.  Tout d’abord, il faut adopter des mesures efficaces pour l’alimentation, la santé, l’éducation, le logement et les infrastructures sociales.  Deuxièmement, il faut consolider les réseaux de protection sociale.  Enfin, il faut établir des liens entre les politiques sociales et les politiques économiques.  « Le Mexique a enregistré des progrès dans les domaines de l’éducation et de la santé, notamment pour réduire les taux de mortalité infantile et maternelle et renforcer la lutte contre le VIH/sida. 

Le Vice-Ministre de la planification du Mexique a aussi insisté sur les conséquences des changements climatiques.  Le Mexique accueillera la seizième Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la sixième Rencontre des Parties au Protocole de Kyoto à Cancún, du 29 novembre au 10 décembre 2010.  Il a souligné que 2010 est une année essentielle pour montrer l’engagement de son gouvernement.  Compte tenu de l’impact négatif des changements climatiques, la communauté internationale ne peut se permettre de rester inactive, a-t-il insisté.

M. Hernández a également rappelé l’importance du partenariat Sud-Sud en matière de développement.  Il a estimé que la crise économique montre que la mondialisation exige une coopération internationale solide.  « Les pays en développement ont besoin de l’aide de la communauté internationale.  « C’est pourquoi, nous devons redoubler d’efforts dans les cinq ans à venir pour la réalisation des OMD », a-t-il conclu.

Mme CAROLINE ZIADE(Liban) a déclaré que la réunion d’aujourd’hui devait être l’occasion de marquer un engagement nouveau en faveur de la réalisation des OMD.  Elle a indiqué que le Gouvernement du Liban avait publié un rapport dans lequel il est notamment noté que le taux de scolarisation au Liban est passé de 95% en 2001-2002 à 96% en 2005-2006.  Le document fait cependant observer que des progrès restent à faire dans la recherche de la réalisation de plusieurs OMD.  Mme Ziade a affirmé que la guerre menée par Israël en 2006 contre son pays avait eu des effets dévastateurs dont le montant a été estimé à 2 milliards de dollars, ce qui a provoqué un véritable recul dans la marche du Liban vers les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Malgré tout, le Gouvernement libanais a réussi à ramener le taux de service de la dette publique à 12% en 2008, s’est félicitée la représentante.

M. JOSÉ MANUEL DURÃO BARROSO, Président de la Commission européenne, a estimé que si les pays en développement respectent leurs priorités et que les pays développés honorent leurs engagements, les Objectifs du Millénaire pour le développement deviendront « les Réussites du Millénaire pour le développement ».  Il a ensuite indiqué que l’Union européenne (UE) continuait de lutter activement contre la pauvreté, les États membres de l’Union consacrant plus de 50% de la totalité de l’aide internationale au développement.  À elle seule, la Commission a contribué à la scolarisation de 9 millions de filles et de garçons depuis 2004, et nous avons installé l’eau potable dans 31 millions de foyers, a-t-il signalé.  M. Barroso a toutefois reconnu que beaucoup restait à faire.  C’est ainsi qu’il a rappelé qu’en juin dernier, les dirigeants européens avaient convenu d’un plan ambitieux pour accélérer la réalisation des OMD dans les régions et pays en proie aux conflits, aux crises et à une gouvernance fragile.  « Ce plan réaffirme aussi notre engagement de consacrer 0,7% des PIB européens au développement d’ici à 2015 », a-t-il encore dit, jugeant que cela devrait encourager les donateurs, y compris les partenaires émergents, à revoir leurs ambitions à la hausse.  Enfin, M. Barroso a annoncé que l’UE était prête, par le biais d’une initiative, à consacrer 1 milliard d’euros pour intensifier la mise en œuvre des OMD sur lesquels les pays ont pris le plus de retard.

M. EKMELEDDIN İHSANOĞLU, Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), a constaté que les Objectifs du Millénaire pour le développement ont inspiré le programme économique de l’Organisation de la Conférence islamique dans le cadre de son Programme d’action décennal.  Les pays, qui bénéficient de ce programme, font parties des pays en développement, a-t-il précisé.  Il a estimé que la pauvreté reste le principal défi socioéconomique des pays en développement, en particulier ceux de l’Afrique au sud du Sahara et d’Asie du Sud.  Environ 22 pays des 57 membres de l’Organisation de la Conférence islamique font parties des pays les moins développés.  Dans ce contexte, l’Organisation de la Conférence islamique a mis en place une nouvelle coopération économique entre ses États membres. 

Le Secrétaire général de l’OCI a souligné que le Fonds de solidarité islamique, qui s’élève à 10 millions de dollars, se concentre sur plusieurs axes, dont la croissance économique durable, la création d’emplois, la réduction de l’analphabétisme, ainsi que l’éradication de la tuberculose, du paludisme et du VIH/sida.  Parallèlement, l’OCI a développé des projets pour la sécurité alimentaire, l’éducation, la santé, l’eau, l’autonomisation des femmes et l’activation de l’insertion des jeunes dans le monde du travail, a dit M. Ihsanoğlu.  Dans ce contexte de crise internationale, M. İhsanoğlu a aussi souligné l’importance de la réforme de l’architecture financière internationale pour que les pays les plus faibles aient le soutien dont ils ont besoin.

M. ANDERS B. JOHNSSON, Secrétaire général de l’Union interparlementaire (UIP), a rappelé que les Objectifs du Millénaire pour le développement ne seront pas atteints s’ils ne sont pas accompagnés d’un sens de la responsabilité.  La démocratie, la sécurité, le développement, les droits de l’homme et l’égalité sont inextricablement liés.  Les Objectifs du Millénaire pour le développement ne peuvent être réalisés avec succès qu’avec un large soutien politique et un sens de responsabilité nationale.  Les parlements nationaux sont les seuls lieux où les programmes nationaux peuvent être approuvés. 

Le travail de l’UIP montre des progrès palpables, a assuré M. Johnsson, précisant que des solutions ont été identifiées et que la réalisation des OMD est possible avec une ferme volonté politique. 

Mme SIMA BAHOUS, Secrétaire générale adjointe aux affaires sociales de la Ligue des États arabes, a déclaré que cette organisation avait pris l’initiative de convoquer un sommet cette année pour évaluer les progrès réalisés dans la réalisation des OMD et identifier tous les obstacles qui demeurent pour y parvenir.  Une vision commune en est ressortie, qui s’efforce d’harmoniser les mesures prises par les pays arabes.  Un deuxième sommet aura lieu en janvier 2011 en Égypte, a annoncé Mme Bahous.  Pour s’y préparer, un rapport a été présenté, qui s’attache tout particulièrement à l’impact de la crise économique et financière sur la réalisation des Objectifs.  Le rapport insiste également sur la nécessité de redoubler d’efforts pour surmonter les obstacles qui continuent de se poser, comme par exemple les questions du sous-emploi, de l’éducation, du manque d’autonomisation des femmes, et celle des conséquences de l’occupation israélienne, a précisé Mme Bahous.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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