L’Assemblée insiste sur le lien entre lutte contre le VIH/sida et réalisation des OMD, dont l’égalité entre les sexes, la baisse de la mortalité infantile et la santé maternelle

9 juin 2010
AG/10946

L’Assemblée insiste sur le lien entre lutte contre le VIH/sida et réalisation des OMD, dont l’égalité entre les sexes, la baisse de la mortalité infantile et la santé maternelle

9/6/2010
Assemblée générale
AG/10946
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-quatrième session

91e séance plénière – matin & après-midi


L’ASSEMBLÉE INSISTE SUR LE LIEN ENTRE LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA ET RÉALISATION DES OMD, DONT L’ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, LA BAISSE DE LA MORTALITÉ INFANTILE ET LA SANTÉ MATERNELLE


L’Assemblée générale, qui procédait aujourd’hui, en présence de la Vice-Secrétaire générale, à son examen annuel des progrès enregistrés dans la mise en œuvre de la Déclaration d’engagement de 2001 et de la Déclaration politique de 2006 sur la lutte contre le VIH/sida, a établit un lien très clair entre cette lutte et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier les OMD 3, 4 et 5 relatifs à l’égalité entre les sexes, à la baisse de la mortalité infantile et à la santé maternelle.


Dans le rapport* dont l’Assemblée générale a pris note**, le Secrétaire général indique que les OMD ne seront pas facilement atteints en l’absence d’une action efficace s’agissant de l’OMD 6 relatif à la lutte contre le VIH.  On ne pourra réaliser l’OMD 1 sur la pauvreté et la faim, s’explique-t-il, sans réduire le nombre d’infections et fournir des traitements aux personnes infectées pour qu’elles puissent mener une vie saine et productive.  En s’assurant que la prochaine génération d’enfants naisse à l’abri du VIH/sida, on favorise la réalisation de l’OMD 4 sur la réduction de la mortalité infantile.  Les programmes de lutte contre le VIH contribuent à renforcer les systèmes de santé nationaux et des systèmes de santé plus performants améliorent la santé maternelle -OMD 5- et réduisent le nombre de maladies infectieuses- OMD 6-.


À l’inverse, poursuit le Secrétaire général, de nombreux bénéfices découlant de la réalisation des OMD améliorent les effets et la viabilité des programmes et politiques relatifs au VIH.  En Afrique subsaharienne, les femmes représentent plus de 60% des personnes vivant avec le VIH et les efforts faits au niveau international pour promouvoir l’égalité des sexes –OMD 3- jouent un rôle essentiel dans la réduction de la vulnérabilité des femmes et des filles à l’infection, de même que les initiatives en faveur de l’éducation universelle –OMD 2-.  Les stratégies pour promouvoir la sécurité alimentaire –OMD 1- atténuent l’impact de l’épidémie et améliorent l’efficacité de la thérapie antirétrovirale. 


Comme le Secrétaire général, la quarantaine de délégations, qui se sont exprimées, ont regretté qu’en dépit de ces synergies naturelles, on ne se soit pas suffisamment employé à renforcer au maximum cette dynamique.  À cinq années à peine de la date butoir pour la réalisation des OMD, il est temps d’inverser cette tendance, ont dit ces délégations, en saluant le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) pour avoir mis en en œuvre un plan stratégique intitulé « Une action conjointe en vue de résultats : cadre de résultats d’ONUSIDA, 2009-2011 » qui porte essentiellement sur 10 domaines prioritaires.


La lutte mondiale contre le VIH/sida a été efficace ces dernières années mais l’épidémie continue de gagner du terrain.  Il faut donc, ont prôné les délégations, redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs fixés, notamment l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et aux services d’accompagnement. 


Le VIH est toujours la première cause de mortalité parmi les femmes en âge de procréer dans le monde.  Si le représentant de l’Afrique du Sud dont le pays abrite 17% des personnes vivant avec le VIH/sida dans le monde, a fait part du « nouveau sentiment d’urgence » qui anime les efforts nationaux, la représentante de la Norvège a souligné que les causes structurelles de l’inégalité entre les sexes sont intimement liées au VIH.  Il faut, a-t-elle plaidé, émanciper les femmes et leur reconnaître le droit de décider de leur corps et de leur sexualité.


Il faut s’attaquer aux perceptions et aux expressions de la masculinité qui compromettent la jouissance de ce droit et combattre la violence fondée sur le sexe et les pratiques traditionnelles qui rendent les femmes vulnérables au VIH.  La représentante norvégienne a jugé « essentielle » l’approche contenue dans le projet de Plan d’action de la Réunion de haut niveau sur les OMD, prévue en septembre 2010, avant qu’en 2011, l’Assemblée ne procède à l’examen approfondi des progrès réalisés dans la lutte contre le VIH/sida. 


*   A/64/735

** A/64/L.54/Rev.1



MISE EN ŒUVRE DE LA DÉCLARATION D’ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA ET DE LA DÉCLARATION POLITIQUE SUR LE VIH/SIDA


Déclarations liminaires


M. JARMO VELI TAPIO VIINANEN, Vice-Président de l’Assemblée générale, a souhaité que la réunion de ce jour se penche non seulement sur les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH/sida mais aussi sur l’avenir.  Nous devons aussi préparer le Sommet de haut niveau sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui se tiendra en septembre, a-t-il dit.  Le VIH cause plus de morts parmi les femmes en âge de procréer que toute autre maladie, a-t-il signalé, soulignant combien l’épidémie entrave les efforts menés pour réaliser les OMD.  Le Vice-Président s’est félicité de ce que plus de 100 pays aient établi des cibles ambitieuses pour arriver à l’accès universel à la prévention et au traitement.  La réunion d’aujourd’hui devrait permettre de réaffirmer l’importance de la prévention et de renforcer la détermination et les efforts des gouvernements dans ce sens.  Le temps n’est pas de notre côté, a-t-il ajouté, relevant que près de la moitié des infections touche les enfants et les jeunes, affectant ainsi les générations futures.


Donnant lecture du message du Secrétaire général des Nations Unies, Mme ASHA-ROSE MIGIRO, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, a prévenu que la crise financière, les effets des conflits et les catastrophes naturelles épuisent les ressources nécessaires.  Les défis sociaux et juridiques auxquels sont confrontés les droits de l’homme empêchent une réponse efficace dans plusieurs pays.  Les individus les plus vulnérables sont poussés dans la marginalité au lieu d’être pleinement engagés.  L’accès universel, a aussi prévenu la Vice-Secrétaire générale, signifie plus l’accès aux traitements.  Il implique aussi un effort supplémentaire pour atteindre les marginalisés et les pénalisés, a-t-elle souligné.  Elle s’est dite inquiète de voir que certains pays sacrifient leur réponse au VIH/sida au profit d’autres efforts de développement moins controversés, alors que l’on sait que les traitements et les programmes de prévention affectent la santé de l’ensemble d’une population. 


On ne sait pas assez, a-t-elle dit pour illustrer ses propos, que le VIH/sida est une des principales causes de décès parmi les femmes en âge d’enfanter.  Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont indivisibles.  Le rapport dont vous êtes saisi, a-t-elle dit aux délégations, vise à renforcer la relation entre la réponse au VIH/sida et la réalisation des OMD. Elle a formé le vœu que le Sommet de septembre sera l’occasion de renforcer encore ce lien.  Le coût peut être élevé mais le coût de l’inaction est encore plus grand, a-t-elle ajouté.


Déclarations


M. RAYMOND SERGE BALÉ (République du Congo), au nom du Groupe des États d’Afrique, a invité à prendre la mesure du chemin parcouru depuis l’engagement des pays en développement lors de la réunion de haut niveau sur les OMD, en 2008.  Le Sommet de haut niveau de septembre prochain devrait donner l’occasion de discuter de la pandémie du VIH/sida qui demeure un réel problème de santé publique et un sérieux handicap pour le développement.  Dans le cas de l’Afrique, les statistiques dressent un bilan fort préoccupant, a-t-il noté. 


Face à cette situation, les dirigeants africains s’emploient à mettre en œuvre les engagements contenus dans la Déclaration d’Abuja et le Plan d’action de 2000 pour faire reculer le paludisme, ainsi que dans la Déclaration d’Abuja et le Plan d’action de 2001 sur le VIH/sida, la tuberculose et les maladies connexes.  Le représentant a aussi expliqué que les pays africains ont reconnu la nécessité d’inclure la problématique du VIH/sida comme une question transversale dans le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) et de prendre d’autres initiatives, telles que AIDS Watch Africa (AWA), la Commission pour le VIH/sida ou encore la Gouvernance en Afrique (GHA), a indiqué M. Balé.


À travers ces initiatives, l’Afrique s’engage à réaliser l’objectif d’accès universel à la prévention, aux soins, au traitement et aux services d’accompagnement, ce qui constitue une étape primordiale dans la lutte contre le VIH à l’échelon mondial, a poursuivi le représentant. 


M. Balé a souligné que la pandémie du VIH/sida demeure encore une urgence qui requiert des moyens considérables.  Or les différentes crises qui ont éclaté dans le monde ces dernières années, notamment la crise financière et économique mondiale, ont entamé la croissance des économies africaines et affecté significativement la capacité des pays africains d’atteindre les OMD. 


Le Groupe des États d’Afrique soutient la plupart des recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général et reste convaincu que le développement d’une synergie et d’une cohérence des interventions de l’ensemble de la communauté internationale est le gage de réussite dans la lutte contre le VIH/sida.


Intervenant au nom de l’Union européenne, M. JUAN ANTONIO YÁNEZ-BARNUEVO (Espagne) a déclaré que l’Union européenne (UE) se félicite des efforts visant à sortir la question du VIH/sida de son isolement et de connecter fermement la réponse en la matière au cadre plus large des OMD.  Le représentant s’est dit préoccupé par certains faits relevés dans le rapport du Secrétaire général, en particulier la discrimination dont sont victimes certains porteurs ou malades du VIH/sida.  Il a rappelé que les inégalités entre les sexes, la violence sexiste et les abus représentaient les principaux vecteurs de l’épidémie de VIH/sida.  La promotion de l’OMD 3 sur l’égalité entre les sexes et le renforcement des capacités des femmes et des filles à se défendre contre le VIH/sida constituent une réponse efficace contre l’épidémie, a-t-il estimé. 


Le représentant a aussi regretté que le rapport ne s’attarde pas suffisamment sur les outils de prévention du VIH/sida comme les préservatifs masculins et féminins.  Il a souligné l’importance d’informations sur les capacités de production, la sélection, le prix et l’accès aux préservatifs féminins.  Il a aussi souligné l’appel aux gouvernements nationaux et aux donateurs pour qu’ils intensifient leurs efforts dans une prévention fondée sur « Connais ton épidémie-connais ta réponse ».


Il a poursuivi en appelant à une intégration renforcée des programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs dans les programmes sur le VIH/sida.  Il a insisté sur la nécessité de supprimer les obstacles juridiques et autres à une prévention efficace.  L’Union européenne, a-t-il encore dit, souligne aussi la nécessité de concentrer sur les jeunes gens, en particulier les jeunes filles et les jeunes femmes, les enfants infectés et affectés par le VIH/sida, dans la planification des programmes ainsi que dans le processus de prise de décisions. 


Après avoir passé en revue la politique européenne, le représentant a souligné l’importance de la XVIIIème Conférence internationale qui se tiendra à Vienne du 18 au 23 juillet 2010 sur le thème « Des droits ici et maintenant ».   Il a aussi estimé que le prochain Sommet de New York devrait être l’occasion de renforcer les liens, les réponses et les efforts pour réaliser les OMD. 


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili), s’exprimant au nom du Groupe de Rio, a estimé que pour assurer l’accès universel aux traitements, les pays du Groupe doivent continuer à recourir aux mécanismes de coopération internationale, y compris la coopération sud-sud mais aussi à des instruments novateurs pour réduire les coûts des antirétroviraux.  Nous devons aussi, a-t-il ajouté, élargir l’accès aux antirétroviraux de seconde et de troisième lignes et réduire leur coût.  La formation du personnel de santé, le transfert de technologies et la production de médicaments à des prix abordables, sûrs, efficaces et de bonne qualité sont de la plus grande importante. 


Le représentant a aussi souligné l’importance de solutions spécifiques aux pays à revenus intermédiaires, la problématique étant plus compliquée quand il faut gérer en même temps la pauvreté et les inégalités.  Il a donc espéré que les donateurs respecteront leurs engagements pris au titre de l’aide publique au développement (APD).  Nous les invitons aussi à faire des contributions généreuses au Fonds de lutte contre le VIH/sida, a-t-il ajouté.


À son tour, il a estimé que la réunion de haut niveau prévue en septembre sera l’occasion de souligner, une nouvelle fois le lien entre la lutte contre le VIH/sida et les OMD, a conclu M. Errázuriz.  Une réponse efficace contre le VIH/sida doit aller au-delà du secteur de la santé puisque la transmission est facilitée par les vulnérabilités, les inégalités, l’exclusion sociale et la discrimination. 


Intervenant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. GEORGE WILFRED TALBOT (Guyana) a indiqué que la région du CARICOM, qui continuait à être frappée par une forte prévalence du taux de VIH/sida, avait fait des efforts significatifs en matière d’accès aux traitements puisque le pourcentage de personnes ayant accès au traitement est passé de 10 à 51% entre 2004 et 2008.  Conscients de la nécessité de renforcer les efforts, le représentant a appelé les États membres à respecter leurs engagements en matière d’APD et à faire des contributions généreuses au Fonds pour la lutte contre le VIH/sida.  Reconnaissant aussi le lien entre VIH/sida et OMD, le représentant a insisté sur l’importance de l’éducation, du rôle des femmes et des enfants et d’un personnel de santé qualifié. 


Il a promis que, par le biais du Partenariat pan-caribéen contre le VIH/sida (PANCAP), les pays de la CARICOM entendent collaborer avec les entités régionales et nationales pour renforcer les programmes en faveur des populations les plus à risques; promouvoir les politiques et les législations pour traiter de la discrimination contre les personnes affectées par le VIH/sida; intensifier les négociations pour la réduction du coût des médicaments et renforcer les liens avec les partenaires au développement.  Le représentant a conclu en souhaitant que le Sommet mondial de septembre 2010 sur les OMD soit l’occasion de renouveler et de renforcer la volonté politique et de lancer l’examen des progrès accomplis, en prévision de la Conférence prévue en 2011.   


M. LE LUONG MINH (Viet Nam), au nom de l’Association des États d’Asie du Sud-Est (ANASE), a indiqué que dans sa région, l’accent est mis sur le leadership national, l’appropriation, la vision politique et l’engagement pour un financement durable, une coordination multisectorielle et un partenariat avec la société.  Le représentant a souligné l’importance de traiter de la dimension genre de l’épidémie et renforcer la réponse en faveur des enfants vulnérables.  Tout en combattant le VIH/sida, les membres de l’ANASE traitent aussi de la pauvreté, de l’égalité d’accès à la santé et de la prévention par des campagnes d’éducation et d’information, et de la législation nécessaire à la protection des personnes affectées. 


Intervenant au nom du Forum des Iles du Pacifique, M. GARY QUINLAN (Australie) a jugé important l’appel du Secrétaire général pour la vigilance sur les modes de transmission dans chaque pays et la souplesse dans les approches nationales.  Cela est d’autant plus nécessaire dans le Pacifique, a-t-il dit, que la diversité dans et entre les pays et les communautés exige une diversité d’approches.  La Commission du Pacifique sur le VIH/sida a identifié la cause principale de l’épidémie que sont les relations non protégées et le fait que les femmes représentent la majorité des cas.  Le plus grand défi de la région, a-t-il estimé, est la prévention.  La nouvelle Stratégie qui met l’accent sur les maladies sexuellement transmissibles (MST) part du postulat que la réponse au VIH/sida doit être fermement liée à la santé sexuelle et reproductive et à la santé maternelle et infantile.  Les MST peuvent être évitées de la même manière que le VIH peut l’être; simplement et de manière peu coûteuse.  Un dollar investi dans la prévention égale huit dollars investis dans le traitement, a-t-il dit avant d’insister sur les partenariats avec les entreprises et les ONG, la recherche et le leadership.


M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a réitéré l’engagement de son pays à réaliser l’objectif de consacrer 0,7% de son PIB à l’APD d’ici 2013.  Il a jugé nécessaire de redynamiser les efforts de prévention par la promotion de l’égalité entre les sexes.  Nous en savons plus, a-t-il insisté, sur le lien genre, violence et HIV; la violence fondée sur le sexe et les inégalités entre les sexes étant des facteurs importants de l’épidémie.  L’émancipation de la femme doit donc être au cœur de l’ordre du jour international pour le développement. 


Insistant sur l’importance des services de santé maternelle et infantile, le représentant a appelé les pays du G8 à honorer leurs engagements financiers en ce qui concerne l’appui aux systèmes de santé dans le monde.  Nous devons trouver des mécanismes de financement et des partenariats innovants pour améliorer la fourniture de l’aide et faire baisser le prix des médicaments, a poursuivi le représentant.  Il a voulu le renforcement des mesures liées à la transmission de la mère à l’enfant, à l’accès aux préservatifs, à la planification familiale et aux causes sous-jacentes de l’épidémie.  Les pays touchés et les donateurs doivent mettre l’accent sur les droits de l’homme et l’aide aux personnes marginalisées et à haut risque.


Mme MOIRA MÉNDEZ ROMERO(Venezuela) a estimé que l’épidémie du VIH/sida était non seulement un problème de santé publique mais aussi un problème économique et social de grande ampleur.  Elle a rappelé que le Venezuela était engagé à garantir un accès universel à la santé pour tous les Vénézuéliens, y compris aux antirétroviraux.  Elle a mis l’accent sur les efforts de son pays en matière de prévention, en se félicitant d’une meilleure coordination entre tous les acteurs directement ou indirectement concernés.  Le financement public du secteur de la santé est une obligation au Venezuela, a-t-elle dit en soulignant le fait que le programme national de lutte contre le VIH/sida contient un chapitre important sur la prévention et à l’éducation.  Elle a, à son tour, reconnu le lien entre la lutte contre le VIH/sida et la réalisation des OMD.  


Mme NOMONDE XUNDU (Afrique du Sud) a réitéré la conviction de son pays que le VIH/sida est un problème de développement qui doit être traité comme tel. Commentant les informations relatives à son pays contenues dans le rapport du Secrétaire général, elle a rappelé que sur une population de 49 millions d’habitants, l’Afrique du Sud compte 5,7 millions qui vivent avec le VIH, soit 17% de la population mondiale infectée par le VIH.  En Afrique du Sud, l’incidence de la tuberculose est également la plus élevée dans le monde, a-t-elle dit, avant de décrire la réponse multisectorielle privilégiée par son pays.  Pour appuyer ces objectifs « ambitieux », a-t-elle expliqué, le Gouvernement s’est engagé à débloquer une somme d’un milliard de dollars en 2010, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année dernière. 


Toutefois, a-t-elle prévenu, la nouvelle budgétisation du programme liés aux antirétroviraux indique que l’aide extérieure devra être augmentée.  Rappelant que le thème de la réponse nationale est « Je suis responsable, nous sommes responsables, l’Afrique prend ses responsabilités », la représentante a insisté sur le « nouveau sentiment d’urgence » qui anime les efforts dans le pays. 


Mme ISABELLE PICCO (Monaco) a précisé que son pays a ses actions sur la prévention et la lutte contre le VIH/sida dans ses programmes de coopération notamment en Afrique car des mesures concrètes doivent être prises non seulement dans le domaine de la santé mais aussi du développement.  La représentante a présenté l’action de l’Association Fight Aids Monaco, présidée par la Princesse Stéphanie, qui aide les gens touchés par le virus et souffrant d’isolement et de conditions de vie difficile. « La Maison de vie », projet unique en Europe dont la construction devrait être achevée d’ici peu, a été créée pour héberger les personnes atteintes du VIH afin de les aider à reprendre confiance malgré leur séropositivité, a-t-elle ajouté, avant de rappeler que la Princesse Stéphanie est aussi Ambassadrice itinérante d’ONUSIDA.  Insistant sur la prévention, elle a indiqué, entre autres initiatives, que le « Jungle Fight » est un programme de Radio Monaco, qui compte parmi les animateurs la Princesse Stéphanie et répond aux multiples questions des auditeurs.  


M. WAEL M. ATTIYA (Egypte) a souligné la nécessité de renforcer les capacités des pays en développement, notamment des pays à faibles revenus, pour mettre en œuvre leurs programmes nationaux de lutte contre le VIH/sida.  Il faut que cette assistance ne soit assortie d’aucune conditionnalité, a-t-il insisté en souhaitant que ladite assistance tienne compte des spécificités culturelles des pays bénéficiaires.  Il a noté qu’il fallait mobiliser 9,5 milliards de dollars supplémentaires pour réaliser les objectifs mondiaux en matière de lutte conte le VIH/sida d’ici fin 2010. Il a souligné l’importance de la coopération Sud-Sud, pour compléter et non pas remplacer la coopération Nord-Sud. Il a souhaité que l’accès universel aux antirétroviraux devienne une réalité pour que nous puissions réaliser l’OMD 6 sur la lutte contre le VIH/sida, à la date prévue et dans tous les États sans exception. 


M. JOHN MCNEE (Canada) a souligné que les piliers des efforts de son pays sont la protection de la dignité et des droits des personnes atteintes du VIH/sida ou à risque, et la promotion de l’égalité entre les sexes pour contrer la féminisation de la maladie.  Le représentant a indiqué que son pays étudie actuellement de nouveaux programmes de recherche avec pour objectif de traiter les questions complexes des comorbidités et de la vieillesse auxquelles sont confrontées les personnes atteintes du VIH/sida.  Il a mis l’accent sur les partenariats entre le secteur public, le secteur privé et la société civile, avant de rappeler que son pays a versé, entre 2006 et 2009, plus de 650 millions de dollars au titre de l’aide financière destinée à renforcer les systèmes de santé et à augmenter l’accès aux traitements dans les pays en développement.  Il a argué que des investissements stratégiques et des initiatives novatrices contribueront à réduire la transmission du VIH et à améliorer la qualité de vie des personnes infectées et affectées.


M. PEDRO NUÑEZ MOSQUERA (Cuba) a exhorté la communauté internationale à agir en faveur des 9,5 millions de personnes qui ont besoin d’un accès immédiat aux médicaments dans les pays en développement.  Alors que les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 49% au cours de la dernière décennie, atteignant un chiffre record de 1 531 milliards, les engagements en matière d’aide au développement ne sont toujours pas respectés, a regretté le représentant.  Il a noté que les pays de l’OCDE ne seront pas en mesure de verser les 21 milliards de dollars promis au titre de l’APD en 2010.  L’accès aux soins de santé est un droit de l’homme inaliénable, a-t-il plaidé, avant de souligner l’efficacité du Programme multisectoriel cubain de prévention et de lutte contre le VIH/sida qui garantit la gratuité des soins de santé.  Sur les 11 208 cas diagnostiqués à Cuba depuis 1986, 4 528 personnes ont contracté le sida.  Tous ont eu accès aux soins nécessaires, a-t-il affirmé.  Les victimes du VIH/sida n’ont pas besoin de promesses mais d’actions concrètes, a-t-il insisté, en rappelant que 30 millions de personnes, dont 3 millions d’enfants étaient porteurs du VIH/sida à travers le monde.   


M. NICOLAS DE RIVIÈRE (France) a souligné que son pays s’est fortement investie dans la lutte contre le VIH/sida.  La France a contribué au Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose à hauteur de 2,5 milliards de dollars depuis sa création, ce qui en fait le deuxième donateur mondial.  La France figure en outre parmi les créateurs d’UNITAID, qui joue un rôle crucial dans l’amélioration de l’accès aux traitements et dans la collecte de fonds par le moyen de financements innovants.  Depuis 2006, les contributions à UNITAID via la taxe sur les billets d’avion s’élèvent à 655 millions de dollars, a-t-il fait valoir. 


La France, a poursuivi le représentant, est particulièrement à la prévention de la transmission de la mère à l’enfant.  Les engagements financiers ne suffisent pas, a-t-il prévenu, en prônant le renforcement des systèmes de santé et la garantie d’un accès aux soins équitable et universel.  Les activités de lutte contre le VIH/sida ne doivent pas rester cloisonnées car elles peuvent être profitables à d’autres pathologies, a-t-il estimé.  Le représentant a appelé au combat contre les mentalités, les obstacles sociaux et juridiques au respect des droits de l’homme, la stigmatisation et la discrimination.  Il a rappelé l’importance que son pays attache à la dépénalisation de l’homosexualité, en attirant l’attention sur la Déclaration de 2008 relative aux droits de l’homme, à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.  Il a conclu en appelant à des contributions généreuses au Fonds pour la lutte contre le VIH/sida et rappelant la responsabilité de tous les États de garantir l’accès aux traitements, aux soins et aux services d’appui.


M. CARLOS ENRIQUE GARCIA GONZALES (El Salvador) a jugé qu’il fallait se concentrer sur les meilleures stratégies de prévention du VIH/sida en mettant l’accent sur la lutte contre la transmission de la mère à l’enfant.  Le Gouvernement d’El Salvador privilégie une stratégie qui met l’accent sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation, a-t-il dit.  Il a cité la promulgation en 2009 d’un décret garantissant l’accès aux services de santé et les droits de l’homme.  Il a appelé à la lutte contre l’homophobie, avant d’estimer que la coopération entre les pays de la région doit être la pierre angulaire des efforts.  Il faut mettre sur pied des mécanismes de financement solides pour renforcer les capacités des systèmes nationaux de santé face à la lutte contre le VIH/sida. 


M. JOSHUA MWANGI MUGODO (Kenya) a expliqué que l’intensification des efforts de lutte contre le VIH/sida est fortement compromise par l’imprévisibilité des ressources financières.  Pour lutter contre la féminisation de l’épidémie, a-t-il affirmé, le Kenya promeut l’éducation des femmes et leur participation à tous les secteurs et à tous les niveaux des processus de prise de décisions.  Des programmes spécifiques ont en outre été mis en oeuvre.  Le thème principal du Plan stratégique 2009-2013 au Kenya est d’assurer l’accès universel à des services de santé de qualité.  Après avoir souligné le défi de la stigmatisation, il a mis l’accent sur d’autres obstacles dont les ressources limitées, la faiblesse des infrastructures de santé et l’absence d’accès à des produits et technologies abordables. 


Pour le représentant, la marche à suivre doit être de garantir la durabilité des interventions et l’amélioration des services, de renforcer les mesures de prévention auprès des jeunes, des travailleurs du sexe et des consommateurs de drogues injectables, d’investir dans les organisations féminines et d’accroître les investissements dans les vaccins, les préservatifs ou encore les microbicides.  Les OMD et les mesures de lutte contre le VIH/sida sont liés, a-t-il dit en regrettant que l’on n’ait pas suffisamment exploité la connexion entre les deux dynamiques.


M. ALEXANDER A. PANKIN (Fédération de Russie) a souligné la difficulté de faire face au fléau du VIH/sida lorsque l’on constate que seulement deux sur cinq personnes nouvellement infectées accèdent à un traitement antirétroviral.  Il s’est, à son tour, dit persuadé que la réalisation des objectifs fixés en matière de lutte contre le VIH/sida favorisera celle des OMD.  Il a appuyé les efforts de l’OMS, d’ONUSIDA et du Fonds de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.  Il a souligné l’engagement du G8 qui a adopté d’importantes mesures contre le VIH/sida, ces dernières années.  La Fédération de Russie, a-t-il rappelé, a contribué au Fonds mondial à hauteur de 225 millions de dollars depuis 2001 et a l’intention d’augmenter ce montant et d’élargir son aide aux pays de la région.  Il a indiqué que depuis 2008, la Fédération de Russie avait consacré 50 millions de dollars à la recherche sur un vaccin. 


Mme SOCORRO ROVIROSA (Mexique) a expliqué que l’objectif de son Gouvernement est de réduire le taux de prévalence à 0,6% pour les personnes âgées de 15 à 49 ans.  Le Centre national pour la prévention et le contrôle du sida s’est donc préparé à mettre en œuvre la Stratégie nationale alors que le Gouvernement a prévu d’augmenter les achats de produits comme les préservatifs, les lubrifiants et les tests de dépistage.  Comme autre progrès, la représentante a parlé des campagnes qui visent la population carcérale et les jeunes.  Au Mexique, le Programme national de santé 2007-2012 a renforcé le soutien aux organisations de la société civile et aux personnes vivant avec le sida, par une lutte contre la discrimination et l’homophobie. 


Le Gouvernement travaille aussi à l’accès universel aux antirétroviraux, a-t-elle poursuivi, avant d’appeler ONUSIDA et les autres organismes à mieux coordonner leurs activités et à mieux répartir les ressources mobilisées.  La représentante a aussi mentionné l’utilité du nouveau Fonds qui permet un meilleur accès au financement du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.  Mais ce nouveau Fonds ne dispose que de 200 millions de dollars pour cinq ans, a-t-elle regretté.  Elle a appelé ONUSIDA et les autres partenaires à soutenir les pays à revenu intermédiaire.


M. ADE PETRANTO (Indonésie) a indiqué que l’Indonésie s’est fixée comme objectif d’atteindre d’ici 2010 un accès universel à la prévention, aux soins et aux services d’appui.  Entre 2006 et 2009, le budget consacré à la lutte contre le VIH/sida est passé de 11 à 73 millions de dollars, a-t-il aussi indiqué.  Il a également précisé qu’en 2009, 45% des personnes concernées ont eu accès aux antirétroviraux et que son pays a l’intention de se concentrer sur l’élargissement de la couverture des soins de santé, la qualité et l’efficacité de ses programmes et la prévisibilité des ressources nécessaires.  


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a indiqué que son pays avait adopté un programme national orienté sur des résultats pour la période 2006-2010.  Ce programme, a-t-elle précisé, se fonde sur une forte volonté politique et répond aux recommandations de l’ONU.  Elle a mis l’accent sur les partenariats régionaux et rappelé la tenue en mai dernier, d’une conférence régionale sur l’épidémie en Asie centrale.  Le Kazakhstan, a-t-elle souligné, a l’intention d’améliorer son système d’évaluation, ses capacités de diagnostic et ses programmes de prévention.  Elle a également souligné les efforts du Kazakhstan dans la lutte contre la discrimination des porteurs du VIH.  Elle a mis l’accent sur la promotion de l’intégration et l’appui sociaux aux victimes du VIH/sida.  Elle a regretté que de nombreux pays ne soient toujours pas sur la bonne voie dans la lutte contre le VIH/sida, en suggérant l’identification et le partage des meilleures pratiques. 


M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a reconnu l’ampleur de la tâche que la communauté internationale s’est fixée avec l’OMD 6 sur la lutte contre la VIH/sida.  Il a indiqué que le taux de prévalence restait faible dans son pays qui compte tout de même 2,46 millions de personnes infectées.  Pour nous, la lutte contre le sida a une dimension économique et environnementale.  Elle n’est pas seulement une question de santé publique, a-t-il dit, avant de souligner l’importance de l’engagement politique et de la coordination des efforts.  Il a aussi indiqué que l’Inde a collaboré avec une initiative internationale de recherche sur le vaccin contre le sida.  Il a rappelé que son pays figure au premier rang des fabricants des médicaments génériques. 


M. DANIELE D. BODINI (Saint Marin) a estimé qu’outre les 33 millions de personnes porteuses du virus, des centaines de millions de personnes étaient affectées par le VIH/sida qu’elles ont contracté auprès d’un proche. Il nous faut accroitre nos efforts en matière de traitement tout en améliorant la prévention et l’éducation en direction des jeunes, si nous ne voulons pas perdre la bataille contre le VIH/sida, a-t-il dit. Il a indiqué que Saint Marin avait mis en place des programmes de prévention et d’information sur les maladies sexuellement transmissibles.  Saint-Marin participe directement ou par le biais de fondations à divers programmes de l’UNICEF, a-t-il rappelé.


M. SHIGEKI SUMI (Japon) a estimé que la troisième Conférence sur la reconstitution du Fonds global est la meilleure occasion de pousser vers la réalisation des OMD, dans les délais impartis.  Il a donc appelé à l’élargissement de l’assiette des donateurs.  Il a ensuite prôné une approche globale en matière de contrôle des maladies et estimé que la prévention est la clef d’une solution durable.  Il a conclu en soulignant que la « sécurité humaine » vise à mettre en place une société où les individus peuvent jouir de leurs droits et développer leur potentiel.


Mme MARIA LUZ MELON (Argentine) a jugé important d’agir en dehors du secteur de la santé, car le sida favorise les situations de marginalisation et de discrimination.  Elle a appelé au respect des droits des personnes vulnérables et mentionné en particulier les travailleurs sexuels, les travestis, les homosexuels, les populations migrantes, les autochtones, les toxicomanes, les femmes, les enfants, les détenus et les personnes âgées.  En Argentine, a-t-elle dit, la question du sexe a été prise en considération dans les politiques de lutte contre le VIH/sida.  Les femmes enceintes infectées reçoivent un traitement pour éviter la transmission de la mère à l’enfant et des campagnes de sensibilisation à l’usage des préservatifs ont été menées dans tout le pays.  Elle a relevé l’importance des actions menées par la société civile dans ce domaine.


Mme NAJLA A. H. ABDELRAHMAN (Soudan) a affirmé que son pays est fermement engagé à lutter contre le VIH/sida, obstacle au développement économique et social et menace aussi grave que la guerre.  Nous avons jeté les bases d’une stratégie d’unité nationale pour la mise en œuvre des OMD, en insistant sur les soins de santé primaire, la lutte contre le VIH/sida et les autres maladies transmissibles, a-t-elle dit. Nous participons également aux alliances des femmes et des jeunes contre le sida, avec l’aide de la Première Dame du Soudan, a-t-elle dit.  Nous avons accordé une place importante à l’amélioration des conditions des vies des personnes touchées par le VIH/sida, a-t-elle encore affirmé, en insistant sur les liens entre la lutte contre le VIH/sida et la réalisation des OMD.  Alors que 5 ans seulement nous séparent de la date butoir pour la réalisation des OMD, l’heure est venue, a-t-elle estimé, de redoubler d’efforts et de concevoir des systèmes de santé qui permettent une lutte plus efficace.  La représentante a donc appelé à l’accélération des négociations entre tous les partenaires d’ONUSIDA pour obtenir l’appui nécessaire aux plans d’action nationaux de lutte contre le VIH/sida.


M. IVAN BARBALIC (Bosnie-Herzégovine) a rappelé que son pays connait une faible prévalence de la maladie dont les hommes représentent 90% des victimes.  Le pays prépare actuellement une stratégie pour la période 2010-2015, a dit le représentant avant de remercier les organisations internationales.  La lutte contre le VIH/sida exige une approche mondiale coordonnée, impliquant toutes les parties prenantes, a-t-il souligné.


Mme MARIANNE BIBALOU (Gabon) a déclaré que les pays africains n’arrivaient toujours pas à mobiliser les ressources nécessaires pour apporter une riposte plus agressive contre le VIH/sida, malgré une coopération internationale de plus en plus forte.  Elle a précisé que plusieurs campagnes ont été lancées au Gabon comme l’initiative de la caravane contre le VIH/sida lancée par l’ancienne Première Dame dans le cadre de l’organisation des « Premières Dames d’Afrique contre le VIH/sida (OPDASS) », autour du slogan « contre le VIH/sida, chaque famille s’engage ».


Elle a précisé que le Gouvernement gabonais avait mis en place un Plan stratégique national pour la période 2001-2012 et procédé à la construction de centres de traitements ambulatoires (CTA) dans les principales villes du pays.  Le Gouvernement a aussi décidé de la gratuité des tests de dépistage chez les jeunes, les femmes enceintes et les chômeurs.  La représentante a par ailleurs mentionné le financement par le Fonds mondial du projet intitulé « Renforcement de l’initiative gabonaise de lutte contre le VIH/sida » qui a permis d’assurer la continuité thérapeutique de 3 661 patients entre le 1er octobre 2008 et le 30 septembre 2009. 


Mme SIGRUN MOGEDAL (Norvège) a souligné que la crise financière exige de tous efficacité et une autre façon de travailler.  Arrêter la transmission du VIH est un élément clef de même que la lutte contre la discrimination et l’absence d’émancipation chez les femmes.  Ce n’est pas seulement une question d’argent mais aussi de politiques favorables qui relèvent de la volonté politique des États Membres.  Il nous faut l’énergie des mouvements contre le VIH/sida et la force de l’ONU.  Le message est clair.  On ne peut plus traiter du VIH et du sida de manière isolée.  Il faut des synergies et la première d’entre elles doit concerner le secteur de la santé.  Dans le même temps, les réponses au VIH et au sida doivent être à la fois intégrées et ciblées. 


Soulignant le lien entre VIH et mortalité maternelle, la représentante a estimé que l’approche contenue dans le projet de Plan d’action de la réunion de haut niveau sur les OMD est essentielle. Le message est que la transmission verticale du VIH et la mortalité et la morbidité maternelles dues au VIH et au sida peuvent être arrêtées.  Les causes structurelles de l’inégalité entre les sexes sont intimement liées au VIH et au sida ainsi qu’à l’OMD 5 sur la santé maternelle, a insisté la représentante.  Il faut commencer par reconnaître le droit des femmes à décider de leur corps et de leur sexualité et s’attaquer aux perceptions et aux expressions de la masculinité qui compromettent la jouissance de ce droit.  Il faut s’attaquer à la violence fondée sur le sexe et aux pratiques traditionnelles qui rendent les femmes vulnérables au VIH.  Il nous faut, a conclu la représentante, « une nouvelle génération de leadership » qui exige que l’on reconnaisse les jeunes comme agents importants du changement et de l’innovation.


Mme JOYCE KAFANABO (République-Unie de Tanzanie) a assuré que son pays met en œuvre avec zèle la Déclaration d’engagement de 2001 et la Déclaration politique de 2006 sur le VIH/sida, ce qui lui vaut des progrès notables dans ce domaine.  Toutefois, au vu des défis qu’il reste à relever, elle a jugé urgent de revoir les stratégies de prévention de son pays.  Un des éléments clefs de la stratégie de lutte contre le VIH/sida est d’améliorer l’égalité des sexes et d’autonomiser les femmes, a-t-elle souligné.  Le manque de ressources constitue aussi une préoccupation, notamment quand il s’agit de financer les antirétroviraux. 


La représentante a salué le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme qui a permis à son pays de prendre des mesures de prévention et de fournir des antirétroviraux aux personnes qui en avaient besoin.  Elle a aussi noté que le VIH/sida continue de poser une menace à la réalisation des OMD et que les progrès dans la réalisation de ces objectifs ont des incidences positives sur la lutte contre le sida.  En vue de l’examen approfondi de 2011, elle a suggéré que les gouvernements améliorent la collecte de données.  Elle a aussi appelé la communauté internationale à intensifier ses engagements en termes de financement et d’annulation de la dette.


Mme TAPIWA S. MONGWA (Botswana) a, à son tour, reconnu l’interconnexion entre les objectifs de lutte contre le VIH/sida et les OMD dans leur ensemble.  Il sera impossible de réaliser les OMD sans inverser les tendances de l’épidémie du VIH/sida, ce qui exige, a-t-elle dit, un renforcement des synergies en matière de prévention et de traitement, a-t-elle insisté.  Elle a rappelé que le Botswana était un des pays du monde les plus touchés par le VIH/sida, frein au développement économique.  Elle a cité les initiatives de son pays en matière de prévention, de réduction des infections et de diminution du taux de mortalité lié au VIH/sida et du nombre d’orphelins du VIH/sida.  Elle a cité l’introduction en 2004 de tests de dépistage de routine dans les hôpitaux, alors que de plus en plus de personnes ont accès à un dépistage sur base volontaire.  Elle a souligné le succès des campagnes de prévention de la transmission de la maladie de la mère à l’enfant, en précisant que 92% des femmes concernées y avaient accès. 


Mme ALYA AHMED S. AL-THANI (Qatar) a souligné la création du Comité national de lutte contre la VIH/sida en 2006.  Elle a cité également plusieurs activités comme le Programme de renforcement des capacités et les programmes de prévention menés avec le soutien de l’OMS et du PNUD.  Le Qatar, a-t-elle affirmé, a adopté des principes basés sur la Charia permettant d’offrir des soins de santé sans aucune discrimination et gratuitement.  Elle s’est inquiétée de la persistance de la discrimination et de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/sida. Elle a souhaité le renforcement des mécanismes de financement, en insistant sur la souplesse dans la mise en œuvre de stratégies nationales pour tenir compte des différences religieuses et culturelles.


Mme SANSANEE SAHUSSARUNGSI (Thaïlande) a signalé qu’une nouvelle stratégie a été élaborée dans son pays et que la campagne de préservatifs gratuits, lancée avec succès en 1990, a retrouvé un nouvel élan.  Nous continuons aussi à renforcer nos efforts avec les groupes de jeunes victimes de la violence, car ils sont plus vulnérables au VIH/sida, a-t-elle indiqué.  Elle a précisé que le Gouvernement avait l’intention de poursuivre sa coopération avec des organisations internationales, comme ONUSIDA.  Nous allons aussi continuer à contribuer au Fonds mondial, étant fiers d’y avoir participé depuis sa création, a-t-elle dit.


Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a mis l’accent sur le lien entre développement durable, santé et éducation.  Fort de ce constat, a-t-elle dit, le Gouvernement du Nicaragua applique un modèle de soins qui permet de renforcer la réponse au VIH/sida, au niveau des communautés.  Elle a mis l’accent sur l’importance des réponses multisectorielles.  La politique de gratuité des services de santé, dont l’élimination des systèmes privés, a eu un impact significatif sur le traitement du VIH/sida, a-t-elle affirmé.  Sur les 4 742 cas de VIH/sida recensés, 1 020 ont eu accès à un traitement.  Le Gouvernement du Nicaragua a signé des accords de coopération internationale qui ont permis d’offrir des antirétroviraux aux femmes enceintes.  La représentante a salué l’appui technique des Gouvernements de Cuba et du Luxembourg ainsi que celui d’ONUSIDA, grâce auquel le pays a défini une stratégie de prévention de la transmission de la mère à l’enfant.  Elle a cité les protocoles pour des soins intégrés à l’intention des fillettes, des garçons et des mères enceintes atteints du VIH/sida. 


Mme LAURIE SHESTACK PHIPPS (États-Unis) a rappelé que les États-Unis ont toujours été un leader dans la lutte contre le VIH/sida.  Le Président Obama a d’ailleurs décidé de consacrer 63 milliards de dollars sur six ans pour aider les pays partenaires à améliorer la situation en matière de santé, a-t-elle précisé, par le biais d’une initiative mondiale nommée PEPFAR.  Ce programme devrait encore être augmenté dans les prochaines années, a annoncé la représentante.  Le succès ne se mesure cependant pas seulement au financement mais aussi en nombre de vies sauvées, a-t-elle souligné.  Une approche globale est nécessaire pour sauver des vies, a-t-elle insisté en soulignant la place de la santé maternelle et infantile, en la matière.


La représentante a souhaité que la prévention et une approche centrée sur la femme soient au cœur de la lutte contre le VIH/sida.  Les réponses au VIH/sida sont essentielles pour la réalisation des OMD 4, 5 et 6, a-t-elle souligné.  La représentante a appelé chaque pays à se montrer leader et à apporter les ressources nécessaires, selon ses moyens.  Nous aidons les gouvernements à financer cette lutte, a-t-elle dit tout en avertissant que cette aide ne doit pas se substituer aux efforts nationaux mais les compléter.  Elle a souhaité que les gouvernements et le secteur privé investissent davantage dans ce domaine.


M. GEORG SPARBER (Liechtenstein) a souligné à son tour que la lutte contre l’inégalité entre les sexes permettra de mettre les programmes de lutte contre le VIH/sida en adéquation avec les besoins spécifiques des femmes dont la prévention des grossesses non désirés et l’amélioration des soins prénataux.  Il a fait sien l’avis du Secrétaire général selon lequel les efforts de mise en œuvre des OMD doivent être guidés par les normes et valeurs promues par les instruments internationaux des droits de l’homme, dont les principes de non-discrimination, de pleine participation et de responsabilisation.  Il a précisé que la contribution du Liechtenstein à la lutte contre le VIH/sida en 2009 dépassait sa contribution au budget ordinaire des Nations Unies. 


M. IQBAL AHMED (Bangladesh) a rappelé que le premier cas de VIH/sida était apparu au Bangladesh en 1989.  Il a précisé qu’un nombre cumulé de 1 495 cas de VIH et 495 cas de sida - parmi lesquels 165 sont morts – avaient été relevés au 31 décembre 2008.  Il a cité la mise en place en 1998 d’un programme national initié par des ONG.  Grâce à un partenariat fort entre le Gouvernement, la société civile, les ONG et les donateurs, l’épidémie a pu être contenue. Il a précisé que le pays continuait à mettre l’accent sur la prévention, en soulignant l’importance des organisations religieuse en tant qu’organe de sensibilisation et de protection des victimes de la maladie.  Nous croyons que des liens familiaux forts et les valeurs sociales et religieuses sont de nature à jouer un rôle clef dans la lutte contre le VIH/sida, a-t-il insisté  


M. GUILLERMO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a cité des campagnes de prévention et de traitement menées en direction des 600 000 Brésiliens vivant avec le VIH/sida et garantissant à ceux qui en ont besoin un accès libre et gratuit à un traitement antirétroviral.  Il a précisé que l’accès libre et gratuit à des médicaments depuis 1996 avait permis de doubler la durée de vie des patients, d’améliorer leur qualité de vie et de réduire de 82% le nombre des hospitalisations.  Malgré ces progrès, le Brésil a dû créer un Plan national de lutte contre la féminisation du VIH/sida.  Le représentant a précisé que son pays, aux côtés de l’Inde et de l’Afrique du Sud, contribuait par le biais du Fonds mondial à renforcer les capacités du Gouvernement du Burundi.  Par ailleurs, il a appelé à la suppression des obstacles commerciaux injustes qui nuisent aux droits légitimes des pays en développement de produire légalement des médicaments génériques à faible coût.  Il a particulièrement fustigé la négociation récente d’un accord commercial anticontrefaçon (ACTA) qui risque de limiter l’accès aux médicaments génériques.  Il a également cité la référence que constitue la résolution 12/24 du Conseil des droits de l’homme sur l’accès aux médicaments.           


M. PHILIP J. BENE, Saint-Siège, a rappelé l’engagement significatif des organisations catholiques dans les soins fournis aux personnes vivant avec le VIH/sida partout dans le monde et a émis l’espoir que davantage de personnes dotées des compétences techniques nécessaires se dévoueront à cette cause.  Il faut pour cela y consacrer davantage de ressources, a-t-il demandé, souhaitant aussi que l’approche suivie soit centrée sur la dimension humaine de la sexualité.  Il a cité des experts en santé publique qui ont affirmé combien le respect de la dignité, de la nature humaine et de sa loi morale est crucial dans les efforts de prévention du VIH.  Le nonce s’est ensuite inquiété du manque de ressources pour financer les traitements par antirétroviraux des populations pauvres et marginalisées, avertissant de la responsabilité qu’encourt la communauté internationale dans ce domaine.  Nous devons répondre à l’appel de la famille humaine qui demande à la solidarité humaine de s’exprimer sur le plan mondial et d’évaluer de façon honnête les approches adoptées par le passé.


M. CHRISTOPH BENN, Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a salué le succès de la mobilisation internationale qui permet aujourd’hui à plus de cinq millions de personnes des pays en développement  d’avoir accès à un traitement antirétroviral.  Depuis sa création en 2002, le Fonds mondial a distribué 19,2 milliards, dont plus de 10,8 milliards de dollars dans 140 pays.  A ce jour, les programmes financés par le Fonds mondial ont permis de fournir un traitement antirétroviral à 2,8 millions de personnes, de distribuer 2,3 millions de préservatifs masculins et féminins et de fournir un traitement à 930 000 femmes enceintes pour limiter la transmission de la mère à l’enfant.  Il a indiqué que les initiatives du Fonds avaient permis de sauver 5 millions de vies au cours de six dernières années.  Malgré ces progrès, il a rappelé que 400 000 bébés sont nés avec le VIH/sida en 2009 rien que sur le continent africain, ce qui représente un véritable désastre.  Il a estimé que 2010 serait une année décisive en matière de lutte contre le VIH/sida, en prévenant que toute diminution des moyens risquerait de nuire à la capacité de réaliser les OMD relatifs à la santé. Il a également précisé que 2010 était l’année de la reconstitution du Fonds mondial pour la période 2011-2013.    


Mme AMY MUEDIN, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a d’abord souligné que migration ne signifie en aucun cas multiplication des cas de VIH/sida.  Saluant les appels en faveur de l’accès des migrants aux soins de santé, elle a souligné que les migrants représentent une tranche de la population très diversifiée.  Le personnel de santé doit donc adapter ses interventions, a-t-elle estimé.  Elle a prévenu que les questions du VIH et de la mobilité des populations exigent une coopération multisectorielle dans et entre les pays. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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