L’Assemblée rend hommage aux victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique et salue Haïti, « berceau du mouvement de lutte pour la liberté »

25 mars 2010
AG/10930

L’Assemblée rend hommage aux victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique et salue Haïti, « berceau du mouvement de lutte pour la liberté »

25/03/2010
Assemblée générale
AG/10930
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Assemblée générale

Soixante-quatrième session

80e séance plénière

Matin & après-midi

L’ASSEMBLÉE REND HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’ESCLAVAGE ET DE LA TRAITE TRANSATLANTIQUE ET SALUE HAÏTI, « BERCEAU DU MOUVEMENT DE LUTTE POUR LA LIBERTÉ »

L’Assemblée générale a tenu cet après-midi une réunion spéciale à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves qui a pour thème, cette année, « Exprimer notre liberté par notre culture ».  La réunion a été l’occasion d’entendre l’exposé du Professeur Anthony Bogues de la « Brown University » retracer l’histoire d’Haïti, « berceau du mouvement des luttes pour la liberté».

Le fait que la double révolution haïtienne – émancipation et abolition de l’esclavage - ait posé la question de la liberté, a conféré à ce mouvement une portée mondiale, a expliqué le Professeur.  Aucune autre révolution de cette période, ni l’américaine ni la française n’a posé cette question.  Il faut donc cesser de voir Haïti comme une nation marginalisée de l’Occident et commencer à réaliser la contribution « historique » qu’il a apportée à la liberté humaine, élément central de l’édification du monde moderne.

Les déclarations des délégations ont été entrecoupées de performances musicales données par Kaaisa Doumbé Moulongo, Anthony Cedras et Lawri Lala Moore, Présidente de la Société de Jazz des Nations Unies.  Elsie Chounoune a donné lecture d’un extrait de l’autobiographie d’Olaudah Equiano, ancien esclave et écrivain britannique d’origine nigériane mort à Londres le 31 mars 1797.

La réunion de l’Assemblée a été aussi l’occasion pour son Président en exercice, Christopher Hackett, d’appeler les États Membres à appuyer l’établissement, au Siège de l’ONU, d’un mémorial permanent en hommage aux victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique.

« La traite des esclaves et l’esclavage reste l’un des chapitres les plus horribles, brutaux et douloureux, non seulement de l’histoire de l’Afrique, mais de l’ensemble de l’humanité » a notamment déclaré le représentant du Groupe des États d’Afrique.  Pour Anatolio Ngong Mba de la Guinée équatoriale, les séquelles de cette tragédie sont au cœur des « iniquités profondes » dont souffrent actuellement les personnes d’ascendance africaine.

Se faisant l’écho de ces paroles, le représentant du Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes, Pablo Antonio Thalassinos du Panama, a engagé les États Membres à réaffirmer leur engagement à promouvoir l’égalité sociale des populations d’ascendance africaine et à lutter contre la discrimination raciale.

« Nous devons rendre hommage au legs incroyable que les populations d’ascendance africaine ont laissé à nos sociétés », a-t-il déclaré.

Son homologue de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Camillo Gonsalves de Saint-Vincent-et les Grenadines, a dénoncé le profit généré par les esclavagistes, « perte tragique, aussi bien pour le continent africain que pour sa diaspora ». « Cette perte est une dette qui demeure impayée dans le cahier des charges de l’humanité », a-t-il ajouté.

S’exprimant au nom du Secrétaire général Ban Ki-moon, le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information, Kiyo Akasaka, a rappelé le caractère « honteux » de l’esclavage avant de dénoncer sa persistance dans de nombreuses régions du monde sous des formes pernicieuses, notamment la servitude pour dette, la vente d’enfants ou encore la traite des femmes et des filles. 

Le représentant du pays hôte, Fredrick Barton des États-Unis, a en effet déploré l’enrôlement de force, chaque année, de 200 000 enfants dans des conflits armés. « Même de nos jours, la pratique horrible qui consiste à transformer des êtres humains en marchandises destinées à être vendues à profit continue » a indiqué le représentant du Groupe des États d'Europe occidentale et autres États, Peter Wittig de l’Allemagne. 

« Nous devons tirer les leçons du passé et nous engager à créer un avenir où l’esclavage sous toutes ses formes sera éliminé et où la dignité humaine de chaque personne sera respectée dans toutes les parties du monde »

Si le représentant du Groupe des États d’Asie, Mohammad Erfani Ayoob de l’Afghanistan, a appelé l’ONU à « guider le monde en commémorant non seulement les souffrances, mais également le courage de ceux qui ont mis leur vie au service du rétablissement de la dignité humaine et de l’égalité entre tous ».

À l’instar de toutes les délégations, le Président par intérim de l'Assemblée générale a rendu hommage aux acteurs de la révolution haïtienne qui a précipité l’émancipation de tous les esclaves. 

En tirant les leçons du passé, a renchéri le représentant du Groupe d’États d’Europe orientale, les jeunes générations peuvent mieux comprendre le présent et se préparer à un avenir meilleur.  Yuriy Sergeyev de l’Ukraine a parlé d’un avenir sans esclavage, sans injustice, sans discrimination ni préjugé.

La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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