L’Assemblée générale proclame 2011-2020 « Décennie d’action pour la sécurité routière », face à l’escalade du nombre d’accidents à travers le monde

2 mars 2010
AG/10920

L’Assemblée générale proclame 2011-2020 « Décennie d’action pour la sécurité routière », face à l’escalade du nombre d’accidents à travers le monde

02/03/2010
Assemblée générale
AG/10920
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Assemblée générale

Soixante-quatrième session

74e séance plénière – après-midi

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PROCLAME 2011-2020 « DÉCENNIE D’ACTION POUR LA SÉCURITÉ

ROUTIÈRE », FACE À L’ESCALADE DU NOMBRE D’ACCIDENTS À TRAVERS LE MONDE

L’Assemblée générale a proclamé cet après-midi la période 2011-2020 « Décennie d’action pour la sécurité routière », en vue « de stabiliser puis de réduire » le nombre prévu de décès imputables aux accidents de la route à travers le monde.

En adoptant sans vote une résolution* présentée par le Ministre de l’intérieur de la Fédération de Russie, M. Victor Kiryanov, venu spécialement de Moscou pour l’occasion, l’Assemblée a prié le Groupe des Nations Unies pour la collaboration en matière de sécurité routière -auteur du rapport** dont était saisi aujourd’hui l’Assemblée-, de mettre au point un Plan d’action pour servir de guide à la réalisation des objectifs de la Décennie.

Ainsi, les États Membres sont-ils invités à mener des actions favorisant la sécurité sur les routes, notamment dans les domaines de la gestion de la sécurité routière, de l’infrastructure routière, de la sécurité des véhicules, du comportement des usagers de la route, de la formation à la sécurité routière et des soins dispensés aux victimes d’accidents de la route, y compris la réadaptation des personnes handicapées.

Aux termes de la résolution adoptée, l’Assemblée demande que le Plan d’action de la Décennie comprenne des activités axées sur les besoins de tous les usagers de la route, en particulier ceux des piétons, des cyclistes et des autres usagers vulnérables des pays à revenu faible ou intermédiaire.  Elle demande aussi qu’une action commune multisectorielle soit menée en vue de porter de 15% à 50%, d’ici à la fin de la Décennie, la proportion des pays dotés d’une législation complète sur les grands facteurs de risque que sont les défauts d’utilisation de la ceinture de sécurité et du casque, la conduite en état d’ivresse et la vitesse.

Cet après-midi, l’Assemblée a également adopté, sans vote, une résolution*** aux termes de laquelle elle note qu’il importe de renforcer la coopération entre le système des Nations Unies et l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC).  Elle invite les entités spécialisées des Nations Unies à coopérer et établir des contacts directs avec l’OTSC en vue d’exécuter conjointement des programmes devant permettre la réalisation de leurs objectifs.

En outre, l’Assemblée a aussi adopté, toujours sans vote, une résolution**** aux termes de laquelle elle souligne que la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dont elle tient à marquer le soixante-cinquième anniversaire, a présidé à la création de l’Organisation des Nations Unies « qui a pour vocation de préserver les générations futures du fléau de la guerre ».

À cette fin, le Président de l’Assemblée est prié d’organiser « une réunion extraordinaire solennelle au cours de la deuxième semaine de mai 2010 en hommage à toutes les victimes de la guerre ».  Cette résolution a été, comme les deux précédentes, présentée par la Fédération de Russie.  Le représentant de l’Espagne, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, s’est dit convaincu que la prise de conscience autour de ce moment historique serait de nature à prévenir la réapparition de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

En début de séance, l’Assemblée générale a pris note***** du fait que les États fédérés de Micronésie ont versé au budget de l’ONU les paiements nécessaires pour ramener leurs arriérés en-deçà du seuil spécifié dans l’Article 19 de la Charte.

*     A/64/L.44/Rev.1

**    A/64/266

***   A/64/L.45

****  A/64/L.46

*****A/64/631/Add.5

CRISE DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE MONDIALE

Rapport sur l’amélioration de la sécurité routière mondiale, préparé par l’Organisation mondiale de la santé en consultation avec les commissions régionales et autres partenaires du Groupe des Nations Unies pour la collaboration en matière de sécurité routière (A/64/266)

Le présent rapport fournit l’état d’avancement de l’application des recommandations pertinentes de l’Assemblée générale sur l’amélioration de la sécurité routière mondiale.  Il décrit les activités en cours, ainsi qu’une série de faits nouveaux relatifs à la sécurité routière mondiale, qui ont eu lieu au cours des deux dernières années, en indiquant que les efforts de sensibilisation déployés de concert ont eu un impact significatif.  L’augmentation des projets menés en coopération pour mettre en œuvre les mesures de sécurité, ainsi qu’un grand nombre de décisions de sécurité routière qui ont été prises sur le plan local national et international, indiquent que les gouvernements et autres parties concernées reconnaissent de plus en plus que l’action pour améliorer la sécurité routière est urgente.

Le rapport note toutefois que les traumatismes provoqués par les accidents de la route menacent les gains réalisés sur le plan de la santé et du développement à travers le monde.  Une vision ambitieuse de la sécurité routière et un financement qui lui corresponde sont nécessaires pour répondre de façon efficace à la crise mondiale, notent les auteurs du rapport.  Il se termine sur un certain nombre de recommandations, dont celles de réaffirmer l’engagement de faire face à la crise de la sécurité routière mondiale, de demander aux institutions du système des Nations Unies de poursuivre et de renforcer leur coopération dans le contexte de la collaboration avec les Nations Unies dans le domaine de la sécurité routière, et d’inviter les États Membres à élaborer des plans d’action et des stratégies en matière de sécurité routière.

Déclarations

M. FUAD AL-HINAI (Oman) a indiqué que le Gouvernement d’Oman avait pris des mesures pour mettre en œuvre les recommandations du rapport de l’OMS.  Le Gouvernement omanais a notamment promulgué une législation, établi une agence nationale de la sécurité routière, mis à jour les règlementations existantes et ouvert un registre des accidents de la route, a indiqué le représentant.  En outre, a-t-il dit, le Directorat général d’Oman pour la circulation routière a créé en 2006 un Institut pour la sécurité routière, dont la mission est de former les agents de la circulation.  De son côté, la Police royale d’Oman ne ménage pas ses efforts pour veiller à ce que soit respecté le code de la route, notamment en installant des radars le long des voies routières, a ajouté M. Al-Hinai.

M. ROMAN OYARZUN MARCHESI (Espagne), qui parlait au nom de l’Union européenne, s’est félicité de l’adoption de la résolution portant sur la sécurité routière mondiale, rappelant que les accidents de la route sont un facteur important de blessures et de décès de par le monde.  À titre d’illustration, dans l’Union européenne, les accidents de la route ont causé 39 000 morts en 2008, et les coûts associés aux accidents représentaient environ 2% du PIB, soit 180 milliards d’euros.  L’Union européenne a convoqué une conférence sur cette question en 2009 dont le but était de préparer un programme d’action européen pour la sécurité routière sur la période 2010-2020.  Ce programme a pour vocation de guider les initiatives européennes dans ce domaine pour la décennie à venir, a indiqué le représentant.  Pour l’Union européenne, la Déclaration de Moscou, adoptée lors de la première Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière et la proclamation de la décennie 2011-2020 comme la « Décennie d’action pour la sécurité routière » sont la preuve de l’engagement à l’échelle internationale pour faire de la sécurité routière une priorité politique, a-t-il relevé.

Mme MICHELLE YEOH, actrice de cinéma, a pris la parole au nom de la délégation de la Malaisie, et a rappelé que chaque jour, 2 000 enfants sont victimes d’accidents de la route dans le monde, ce qui est une perte de vies humaines inutile et inacceptable.  Maintenant que la décennie 2011-2020 a été déclarée « Décennie d’action pour la sécurité routière », il faut traduire les mots en actions concrètes sur le terrain, a déclaré Mme Yeoh, afin de parvenir aux résultats escomptés, à savoir la réduction du nombre de blessés et de victimes des accidents de la route.

Pour sa part, la Malaisie a mis en place, dès 2004, un Département de la sécurité routière au sein du Ministère des transports, a rappelé Mme Yeoh.  Ce Département est chargé de coordonner l’action en faveur de la sécurité routière et a notamment adopté une politique de « victime zéro à long terme ».  La politique malaisienne en la matière s’est traduite par un nombre sensiblement inchangé de victimes d’accidents de la route pendant les 13 dernières années alors même que le nombre de véhicules en circulation a augmenté de 7% par an, tandis que le nombre de conducteurs a cru annuellement de 5%, a indiqué Michelle Yeoh.  Le nombre d’accidents de la route est quant à lui passé de 54 083 cas en 2004 à 31 417 en 2009, soit 42% de moins.  Ces résultats font de la Malaisie l’un des pays chefs de file dans la région de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a constaté Mme Yeoh, en indiquant que ce rôle a entrainé la nomination de la Malaisie à la présidence du Groupe de travail sur la sécurité routière de l’ANASE.  Mme Yeoh a saisi cette occasion pour renouveler son engagement en tant qu’Ambassadrice de la Commission pour la sécurité routière mondiale pour la décennie à venir.

M. GONZALO GUTIERREZ REINEL (Pérou) a déclaré que les accidents de la circulation constituent un grave problème de sécurité et de santé publique dans les pays en développement.  Qualifiant d’inacceptable cette situation, il a expliqué que dans son pays, une dizaine de personnes trouvent la mort chaque jour dans des accidents de la route, en particulier des piétons.  Étant donné que les accidents touchent surtout des personnes pauvres et en situation vulnérable, leur hospitalisation, les soins de santé dont ils ont besoin et leur réhabilitation posent de vrais problèmes, a poursuivi le représentant.  Aussi le Pérou s’est-il doté d’un plan national visant à réduire de 30% le nombre d’accidents de la route d’ici à 2011 et d’un nouveau code de la route, ainsi que d’une stratégie sanitaire nationale, dont l’objectif est de prendre en charge les blessés de la route, a ajouté le représentant en conclusion.

M. JOHN F. SAMMIS (États-Unis) a rappelé l’ampleur du problème en indiquant que tous les jours les accidents de la route provoquent la mort de milliers de personnes dans le monde et que des dizaines de milliers de personnes sont victimes de blessures plus ou moins graves à la suite de ces accidents.  Les enfants et les habitants des pays en développement représentent la grande majorité de ces victimes, a-t-il précisé, en déplorant le coût humain et économique énorme qu’entraine cette situation.  Pour faire face à cette réalité, les États-Unis prônent la généralisation du port du casque et de l’utilisation de la ceinture de sécurité, assorti de limitation de vitesse.  La délégation américaine estime qu’un système standardisé s’impose pour la collecte et l’analyse de données sur les accidents de la route, ainsi que la promotion de normes internationales pour des routes et des véhicules plus surs et pour la mise en place de lois et de règlements qui reflètent les meilleures pratiques en vigueur.  Le représentant a mis en exergue un autre problème, celui des conducteurs « déconcentrés », en particulier ceux qui utilisent leur téléphone cellulaire au volant tant pour parler que pour envoyer des SMS.  Ce problème est appelé à grandir exponentiellement avec l’augmentation du nombre de téléphones cellulaires à travers le monde.  Il faut par conséquent le combattre fermement, a estimé le représentant, qui s’est félicité que ce point soit repris dans la résolution adoptée aujourd’hui.

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a rappelé que dans son pays, la route était le principal moyen de déplacement, mais qu’elle faisait plus de 80 000 victimes par an, constituant « un problème de santé majeur ».  Pour y remédier, l’Inde a décidé d’adopter une approche combinant des véhicules sûrs, une application des lois plus strictes et une sensibilisation aux dangers de la route, ceci avec le soutien de la société civile.  De plus, le réseau autoroutier est en cours d’élargissement et de consolidation, dans le cadre d’un plan de développement qui devrait être finalisé en 2022.  Plusieurs des recommandations formulées dans le rapport dont était saisi aujourd’hui l’Assemblée ont été retenues comme directives dans le cadre de ce plan, a précisé le représentant.  Toutefois, a-t-il ajouté, il est impératif que des ressources techniques et financières suffisantes soient accordées aux pays en développement pour leur permettre de réaliser les objectifs fixés par l’OMS en matière de sécurité routière et d’accidents de la route.

Mme SOCORRO ROVIROSA (Mexique) a déclaré que son pays avait lancé, il y a deux ans, l’Initiative mexicaine pour la sécurité routière, dont elle a souhaité qu’elle serve de modèle aux autres pays de la région.  À l’appui de cette initiative, le Gouvernement du Mexique s’est engagé à injecter des ressources dans les domaines de la recherche, de la sensibilisation, de l’éducation et du renforcement des capacités en matière de circulation routière et de prévention des accidents, a-t-elle dit.

M. MATTHIAS SCHMALE, représentant de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a rappelé que la Fédération avait publié en 1998 un rapport sur les « catastrophes mondiales » dans lequel la sécurité routière était soulignée comme étant l’un des aspects nécessitant une attention immédiate.  Le problème posé par la crise de la sécurité routière est différent de celui des autres crises.  Il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, ni d’une guerre, a remarqué M. Schmale, ajoutant qu’il n’y a pas d’ennemis visibles à combattre dans ce cas.  La crise posée par les accidents de la route, qui est une création de l’être humain lui-même, est d’autant plus grave qu’il est possible d’éviter qu’il y ait tant de victimes de la route.  La prise de conscience et la mobilisation mondiale sont encourageantes, a déclaré le représentant, qui a appelé la communauté internationale à agir de concert et tout de suite.  La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est d’ores et déjà activement engagée dans la lutte pour plus de sécurité routière mondiale.  Elle travaille en étroite collaboration avec le Partenariat mondial pour la sécurité routière et se félicite de l’adoption de la résolution d’aujourd’hui.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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