Conférence de presse du Secrétaire général de l’ONU sur les grandes questions abordées à l’Assemblée générale et en marge du débat général

29 septembre 2009
SG/SM/12504

Conférence de presse du Secrétaire général de l’ONU sur les grandes questions abordées à l’Assemblée générale et en marge du débat général

29/09/2009
Secrétaire général
SG/SM/12504
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU SUR LES GRANDES QUESTIONS ABORDÉES À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ET EN MARGE DU DÉBAT GÉNÉRAL

Au dernier jour du débat général de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a dressé le bilan, au cours d’une conférence de presse tenue au Siège à New York, des discussions qui ont eu lieu pendant ces six journées, tant à l’Assemblée que lors des événements organisés en marge de cette manifestation et au cours des rencontres bilatérales qu’il a eues.  On y a beaucoup parlé du « rôle essentiel des Nations Unies pour relever les défis exceptionnels qui ont surgi cette année », a-t-il noté.

Le Secrétaire général a passé les grands sujets brûlants de l’actualité internationale, comme les changements climatiques, le désarmement, la crise financière, la sécurité alimentaire et la pandémie de grippe A(H1N1).  En matière de paix et de sécurité, il a parlé de quelques unes de ses discussions avec les dirigeants du Myanmar, du Sri Lanka, de Chypre, du Honduras, de la République populaire démocratique de Corée et de l’Iran.

Le Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques, convoqué par le Secrétaire général, a été le plus grand organisé à ce jour sur la question et a vu la participation de 101 chefs d’État et de gouvernement tout en réunissant, au total, 163 pays, a indiqué le Secrétaire général, avant de préciser que tous les États se sont dits prêts à œuvrer au succès de la prochaine Conférence de Copenhague.  Ces dirigeants ont confirmé la nécessité de limiter l’augmentation moyenne de la température mondiale à 2ºC, a rappelé M. Ban.  Il a ajouté que les petits États insulaires en développement ont préconisé l’imposition d’une limite plus stricte, de 1,5ºC.

En ce qui concerne les mesures d’atténuation des effets des changements climatiques, Ban Ki-moon s’est réjoui que le nouveau Premier Ministre du Japon ait annoncé l’objectif ambitieux de son gouvernement de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25% d’ici à 2020, par rapport au niveau qu’elles atteignaient en 1990, et son intention de créer un marché japonais du carbone.  La Chine est également prête à prendre des mesures de réduction de son intensité de consommation énergétique, ceci, dans le cadre d’un accord international, a signalé M. Ban.

Le Secrétaire général a aussi précisé que l’Union européenne était prête à fournir 5 à 7 milliards d’euros pour la création et le fonctionnement d’un mécanisme de financement accéléré en faveur des mesures d’adaptation aux effets du réchauffement de la planète.  Beaucoup de dirigeants ont soutenu la proposition de financer les mesures d’adaptation et d’atténuation à hauteur de 100 milliards de dollars par an pendant la prochaine décennie, a aussi indiqué Ban Ki-moon.  Compte tenu de ces engagements, j’invite les dirigeants à consolider les progrès réalisés

d’ici à Copenhague, a-t-il déclaré, en précisant que c’est l’objet de la mission qu’il va prochainement entreprendre au Danemark, en Suède et à Genève, en Suisse.  D’ici au mois de décembre, ce sujet fera partie de tous mes déplacements, a dit  M. Ban.

Passant aux questions du désarmement et de la non-prolifération, le Secrétaire général a noté à quel point elles sont actuellement au cœur des préoccupations de la communauté internationale.  J’ai proposé, il y a un an, un plan d’action en cinq points pour remettre ces questions à l’ordre du jour international, a-t-il rappelé.  Il a aussi relevé l’importance de la résolution 1887, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité la semaine dernière lors du Sommet sur le désarmement, et qui marque une étape importante dans la voie vers un monde dénucléarisé.  Nous devons aussi rester concentrés sur la prochaine Conférence d’examen du Traité de non-prolifération (TNP) qui aura lieu en mai, et œuvrer pour que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) entre en vigueur aussi tôt que possible, a demandé le Secrétaire général.

En ce qui concerne le rétablissement de l’économie mondiale après la crise financière, Ban Ki-moon a noté que, si les marchés se relèvent, ce n’est cependant pas le cas du marché de l’emploi.  C’est pour cela que nous devons mettre en place un pacte mondial de l’emploi, a-t-il dit. « Nous sommes aussi en train de créer un nouveau système d’alerte pour réduire la vulnérabilité socioéconomique », a-t-il aussi expliqué, « pour permettre aux gouvernements d’atteindre les personnes qui ont le plus besoin d’assistance ».  À Pittsburgh, les dirigeants du G-20 ont à nouveau promis d’aider les pays les plus pauvres, et ils se sont engagés à promouvoir les conditions permettant au monde de connaitre une croissance plus équilibrée à l’avenir, a rappelé le Secrétaire général. 

Parmi les autres événements qui se sont tenus en marge de la tenue du débat général de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, Ban Ki-moon a parlé d’une réunion importante sur la sécurité alimentaire qu’il a organisée avec la Secrétaire d’État des États-Unis, Mme Hillary Clinton, après que le Sommet du G-8 tenu au mois de juillet à L’Aquila, en Italie, a annoncé la création d’un fonds de 20 milliards de dollars pour le renforcement de la sécurité alimentaire.  Ces dernières années nous nous sommes concentrés sur les besoins alimentaires immédiats, mais nous passons maintenant à la deuxième phase, qui est celle d’une véritable révolution en faveur du développement agricole, a-t-il indiqué.  « Nous cherchons à faire davantage que de nourrir ceux qui ont faim.  Nous voulons donner aux pauvres les moyens de leur autonomie. »

Abordant la question de la pandémie de grippe A(H1N1), le Secrétaire général a mentionné l’évaluation menée par le système de l’ONU afin d’aider les pays à identifier leurs priorités et leurs besoins.  Ces derniers jours, a-t-il indiqué, neuf pays ont décidé d’offrir 10% de leurs stocks de vaccins antigrippe aux pays qui en ont le plus besoin, ce qui représente environ 50 millions de doses de vaccin.  Il a ajouté que deux fabricants de vaccins vont faire don de 150 millions de doses de vaccin antigrippe, tandis que d’autres ont promis d’offrir ce produit à un prix réduit.

Le Secrétaire général est ensuite passé aux questions de paix et de sécurité, en commençant par la situation au Myanmar.  Il a rappelé que le Groupe des Amis du Myanmar a soutenu les efforts des Nations Unies, en particulier leur dialogue direct avec le Gouvernement de ce pays.  « J’ai rencontré hier le Premier Ministre Thein Sein », a indiqué M. Ban Ki-moon, avant de préciser qu’il attendait du Myanmar une réponse aux propositions qu’il avait exprimées lors de sa récente visite dans le pays.  Le Gouvernement doit créer les conditions essentielles pour la tenue d’élections crédibles, a-t-il ajouté.  Il a aussi appelé à la libération de tous les prisonniers politiques, notamment celle d’Aung San Suu Kyi, et a déclaré vouloir continuer à remplir sa mission de bons offices afin de voir des progrès être accomplis sur les fronts politique, humanitaire et en matière de développement au Myanmar. 

« Hier, j’ai aussi rencontré le Premier Ministre du Sri Lanka », a ensuite indiqué M. Ban.  Le Gouvernement du Sri Lanka a réaffirmé son engagement en faveur du retour des déplacés dans leur foyer d’ici le mois de janvier, a-t-il dit.  Il a souligné la nécessité de faire des progrès sur cette question en signalant un incident qui a eu lieu entre des personnes déplacées et les forces de sécurité sri-lankaises dans le camp de réfugiés des fermes de Menik; incident au cours duquel deux enfants ont été blessés par balle.  Je vais continuer à suivre de près la mise en œuvre des engagements qu’a pris le Gouvernement, a assuré le Secrétaire général, en mentionnant notamment tout ce qui touche à la liberté de mouvement, au retour des déplacés et à la réconciliation politique.

Le Secrétaire général a poursuivi sa conférence de presse en indiquant qu’il avait aussi pu rencontrer les dirigeants de Chypre, et qu’il avait des raisons d’espérer qu’ils pourraient bientôt parvenir à un accord.

À propos de la situation au Honduras, Ban Ki-moon a exprimé sa très grande préoccupation, face à la déclaration de l’état d’urgence, qui a aggravé les tensions.  Je note que le Congrès de ce pays a rejeté la suspension des libertés civiles et demandé leur plein respect, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et de mouvement, a-t-il dit.  Le Secrétaire général a jugé « intolérables » les menaces qui pèsent sur l’ambassade du Brésil, soulignant qu’il est inacceptable que soit violée l’immunité conférée en droit international à une représentation diplomatique.  Le Conseil de sécurité a condamné cet acte d’intimidation, et j’en fais de même, a déclaré Ban Ki-moon.  Il a renouvelé son appel à ce que soit garantie la sécurité du Président Zelaya, et il a exhorté les acteurs politiques honduriens à s’engager dans le dialogue et dans les efforts de médiation régionaux.

Le Secrétaire général a ensuite parlé de sa rencontre avec le Vice-Ministre de la République populaire démocratique de Corée, au cours de laquelle il a exprimé sa préoccupation sur la situation humanitaire et sur celle des droits de l’homme.  Il a indiqué qu’ils s’étaient aussi entretenus de la question nucléaire et d’autres questions importantes, a-t-il précisé.  « J’ai demandé au Vice-Ministre que soient résolues toutes les questions en suspens, y compris par le biais des Pourparlers à Six », a précisé Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général a ensuite rappelé les discussions importantes qui ont eu lieu sur le Moyen-Orient, la Somalie et le Pakistan.

Concernant l’Iran, il a indiqué avoir dit clairement au Président Ahmadinejad qu’il lui appartenait de démontrer que son programme nucléaire de son pays est destiné à des fins pacifiques.  « Je l’ai exhorté à permettre l’inspection des nouvelles installations nucléaires iraniennes et à s’engager dans des négociations constructives », a dit M. Ban.  Nous avons discuté de toutes les questions en suspens, y compris des questions de droits de l’homme, a-t-il précisé.  Le Secrétaire général a dit avoir encouragé l’Iran à prendre des engagements à l’égard de la communauté internationale et à coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Je dois avoir une nouvelle rencontre avec le Ministre des affaires étrangères de l’Iran à l’issue de cette conférence de presse, a signalé Ban Ki-moon.

Nombreuses sont les questions qui concernent l’Iran et son programme nucléaire, a ajouté le Secrétaire général.  En ce qui concerne la nouvelle usine d’enrichissement d’uranium dont l’existence vient d’être révélée, il a précisé que sa construction contrevenait à la résolution pertinente du Conseil de sécurité.  Il a estimé que si l’Iran avait voulu être crédible, il aurait dû informer l’AIEA longtemps à l’avance, avant de construire cette infrastructure, afin de donner à l’opération toute la transparence nécessaire.

À propos de la rencontre avec le Président iranien Ahmadinejad, un correspondant a demandé au Secrétaire général s’il lui avait fait comprendre que, jeudi prochain, il devrait donner la preuve de sa bonne foi concernant le programme nucléaire de l’Iran.  « Je l’ai invité à faire en sorte que l’Iran, en tant que pays historiquement riche et fier, joue un rôle constructif au sein de la communauté internationale, en s’engageant dans des négociations directes afin de résoudre toutes les questions en suspens », a répondu Ban Ki-moon.  « Il appartient à l’Iran de coopérer avec l’AIEA », a-t-il ajouté.

J’ai aussi fait remarquer au Président iranien que, même avec plusieurs séries de réunions en tête-à-tête, nous restons toujours confrontés à des incompréhensions.  Je l’ai donc exhorté à combler ce fossé qui nous sépare en s’engageant lui-même dans des négociations sur les questions nucléaires et en assurant la promotion et la protection des droits de l’homme en Iran, a ajouté M. Ban.

Le Secrétaire général a aussi été interpelé par la presse à propos de la déclaration de la Mission de l’Iran auprès de l’ONU dans laquelle, ce matin, la Mission iranienne déclare que le Président Ahmadinejad a exprimé « sa profonde préoccupation » de voir le Secrétaire général répéter « les mêmes allégations que celles de certaines puissances occidentales », au lieu d’attendre l’avis de l’AIEA, l’organe compétent en matière nucléaire.  Avez-vous exprimé directement au Président iranien votre préoccupation par rapport à d’éventuelles sanctions et actions militaires qui pourraient être décidées du fait de la découverte des nouvelles installations nucléaires iraniennes? a demandé un correspondant à M. Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général a répondu en expliquant que, selon leurs dires, les autorités iraniennes ont informé l’AIEA le 21 septembre de l’existence de ces nouvelles installations.  Mais que s’est-il passé avant cette date, pendant la construction? a demandé le Secrétaire général, en soulevant le problème de transparence qui se pose.  Le Président iranien m’a assuré que son pays était prêt à accepter les inspections de l’AIEA, a-t-il ajouté.  L’Iran doit mettre en œuvre intégralement les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, a poursuivi Ban Ki-moon.  C’est ce que j’ai dit au Président, en ma qualité de Secrétaire général de l’ONU, a-t-il précisé.

En ce qui concerne la République populaire démocratique de Corée et les signes positifs qu’elle semble envoyer pour la reprise des Pourparlers à Six sur la question du nucléaire, M. Ban a répondu que le Vice-Ministre des affaires étrangères, Pak Kil Yon, s’était cantonné, au cours de leur entretien, à énoncer les positions bien connues de son gouvernement.  Je les ai exhorté à plusieurs reprises, lui et son gouvernement, à résoudre par le dialogue toutes les questions en suspens, y compris par le biais des Pourparlers à Six et des rencontres bilatérales avec les parties engagées dans les Pourparlers à Six, a indiqué Ban Ki-moon.

Interrogé sur la poursuite du mandat de Peter Galbraith, en tant que Représentant spécial adjoint pour l’Afghanistan, le Secrétaire général a confirmé que M. Galbraith était toujours le Représentant spécial adjoint à la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Afghanistan (MANUA).  Il a aussi réitéré la confiance qu’il a envers son Représentant spécial en Afghanistan, Kai Eide, qui est aussi membre à part entière du personnel de la MANUA.

Répondant à une question sur les élections en Afghanistan, le Secrétaire général a expliqué la position des Nations Unies, qui est d’attendre que la décision officielle de la Commission électorale soit exprimée. «  Nous avons pleinement confiance dans cette Commission », a-t-il affirmé.

À propos de l’Iraq, le Secrétaire général a été interrogé sur la personne qu’il enverrait sur le terrain pour enquêter sur ce que les Iraquiens appellent « la terreur de l’autre côté de la frontière ».  Avez-vous abordé cette question avec le Ministre des affaires étrangères de la Syrie? lui a-t-on aussi demandé.

Ban Ki-moon a répondu en invoquant la lettre que lui a adressée le Premier ministre iraquien Maliki; lettre qu’il a transmise au Conseil de sécurité.  « J’ai exprimé ma préoccupation au sujet de la montée des tensions entre l’Iraq et certains pays voisins et ferai ce qui est en mon pouvoir pour les atténuer », a-t-il dit.  Il a ajouté qu’il restait saisi de la situation et qu’il réfléchissait à la décision à prendre, qui pourrait être de nommer un Envoyé spécial.

La question des Japonais enlevés ou emmenés en République populaire démocratique de Corée a été soulevée par un correspondant qui demandait à M Ban s’il l’avait évoquée lors de sa rencontre avec le Vice-Ministre nord-coréen.  C’est un problème qui se pose de longue date, a dit le Secrétaire général.  J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de dire que cette question devait être résolue dans un contexte bilatéral, a-t-il ajouté.

Pourquoi ne pas avoir dénoncé l’attitude du Président libyen qui a déchiré la Charte des Nations Unies? a demandé un correspondant de presse.  La Charte est le symbole de la légitimité des Nations Unies et la dénigrer est « inacceptable », a répondu Ban Ki-moon.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.