BAN KI-MOON APPELLE LES PAYS ARABES, LE QUATUOR ET LE CONSEIL DE SÉCURITÉ À ASSURER AU PLUS VITE UN CESSEZ-LE-FEU DURABLE ET VIABLE ENTRE ISRAËL ET LE HAMAS

21 janvier 2009
SG/SM/12058-SC/9579

BAN KI-MOON APPELLE LES PAYS ARABES, LE QUATUOR ET LE CONSEIL DE SÉCURITÉ À ASSURER AU PLUS VITE UN CESSEZ-LE-FEU DURABLE ET VIABLE ENTRE ISRAËL ET LE HAMAS

21/01/2009
Secrétaire général
SG/SM/12058 SC/9579
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BAN KI-MOON APPELLE LES PAYS ARABES, LE QUATUOR ET LE CONSEIL DE SÉCURITÉ À ASSURER AU PLUS VITE UN CESSEZ-LE-FEU DURABLE ET VIABLE ENTRE ISRAËL ET LE HAMAS

Il demande aux principaux donateurs de contribuer généreusement aux efforts humanitaires et de relèvement à Gaza

On trouvera ci-après la déclaration faite aujourd’hui par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, devant le Conseil de sécurité, lors de sa réunion sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.  La déclaration a été lue par le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn Pascoe:

J’ai eu le plaisir de faire un exposé au Conseil et de le consulter il y a huit jours avant mon voyage au Moyen-Orient qui avait pour but d’envoyer un message simple et sans ambiguïté à propos de la crise à Gaza et dans le sud d’Israël: les combats doivent cesser, la résolution 1860 (2009) doit être pleinement respectée et appliquée.  Je suis profondément reconnaissant de l’appui du Conseil à ma mission, appui réaffirmé par l’Assemblée générale dans sa résolution ES-10/18 vendredi dernier.  Je suis convaincu que ceci a sensiblement renforcé mes efforts pour faire cesser la violence.

Depuis, j’ai rencontré les dirigeants de l’Égypte, de la Jordanie, d’Israël, du territoire palestinien occupé, de la Turquie, du Liban et de la Syrie.  J’ai participé à une réunion organisée par le Président Moubarak à Charm el-Cheikh et au sommet économique arabe au Koweït.  Je me suis aussi entretenu au téléphone à maintes reprises avec plusieurs dirigeants et j’ai évidemment rencontré tous les dirigeants lors de deux réunions organisées pour débattre de la situation à Gaza.  Je me suis rendu dans la ville de Gaza et à Sderot hier pour montrer ma solidarité avec les civils et souligner les tâches importantes et urgentes à accomplir.  Tout au long de ma mission, j’ai cherché à maximiser la coordination des efforts diplomatiques pour mettre fin à la crise et expliquer les attentes de l’ONU, telles qu’énoncées dans la résolution 1860 (2009).

Je rends hommage au Président égyptien Moubarak pour sa direction éclairée et l’initiative qu’il a prise dans le but de parvenir à un cessez-le-feu.  Je rends également hommage aux nombreux dirigeants du monde entier qui ont contribué de façon décisive à cet effort.

Les combats ont cessé avec des déclarations unilatérales de cessez-le-feu et le retrait aujourd’hui des troupes israéliennes.  C’est là un résultat important et cela donne un répit si nécessaire aux civils qui souffrent, surtout dans la bande de Gaza.  Mais, la situation reste précaire, et il reste encore beaucoup à faire sur les fronts diplomatique et humanitaire.

À cet égard, je me tourne vers l’Égypte et d’autres pour poursuivre les efforts indispensables visant à favoriser la compréhension et à mettre en place des mécanismes pour veiller à ce qu’un cessez-le-feu durable et viable soit en place au plus vite.  Je me tourne également vers les dirigeants régionaux et internationaux, y compris les membres de la Ligue des États arabes, du Quatuor et du Conseil de sécurité, pour qu’ils contribuent ensemble à ces garanties et à ces arrangements et aident à les maintenir, conformément à la résolution 1860 (2009).  Les cessez-le-feu unilatéraux doivent être concrétisés par des arrangements qui empêchent le trafic illicite d’armes et de munitions et assurent la réouverture continue des points de passage de Gaza sur la base de l’Accord de 2005 réglant les déplacements et le passage entre l’Autorité palestinienne et Israël.  Tel est le cadre établi par la résolution 1860 (2009), et il contribuera à stabiliser la situation sur le terrain.

Pour nombre d’habitants de Gaza, c’est une heure de désespoir, de deuil et de besoin.  Ils se sont trouvés pris, au cours de cette crise, entre les actions irresponsables et inacceptables du Hamas et le blocus imposé par Israël et son recours à une force militaire disproportionnée et excessive.

Pendant ma visite hier, j’ai vu une partie des destructions et des souffrances causées à cette petite zone densément peuplée par plus de trois semaines de bombardements intensifs, de pilonnage et de combats de rue.  Ceci fait suite à des mois et à des années d’occupation, de conflit et de privations économiques.  J’ai été profondément ému par ce que j’ai vu.

Je me suis rendu à Gaza pour exprimer ma préoccupation et pour rendre hommage aux nombreuses personnes qui sont mortes et qui ont été blessés, et aux milliers de personnes qui ont perdu des proches et des amis.  Je tenais à faire passer le message que l’ONU est aux côtés de ceux qui ont souffert de cette tragédie et de cette catastrophe, et que nous ne les abandonnerons pas.

Et je me suis rendu à Sderot pour rencontrer des civils dans le sud d’Israël qui ont subi des tirs aveugles de roquette et de mortier depuis trop longtemps.

Dans les deux endroits, j’ai souligné qu’il était urgent et nécessaire de respecter pleinement le droit international humanitaire et de protéger les civils.  Comme je l’ai clairement indiqué, lorsque des civils sont tués et lorsqu’il y a des allégations de violation du droit international humanitaire, il faut mener des enquêtes approfondies, fournir des explications complètes et, lorsque cela est nécessaire, que les responsables répondent de leurs actes.

À Gaza, j’ai rencontré le personnel de l’ONU sur le terrain qui a travaillé avec courage et héroïsme ces dernières semaines.  L’ONU en est fière et leur exemple nous inspire un sentiment d’humilité.  Je ne saurai assez les louer et les remercier, et je rends hommage aux membres du personnel des Nations Unies et aux sous-traitants qui ont été tués ou blessés.

J’ai donné l’assurance aux habitants de Gaza que l’ONU travaillerait d’urgence et avec soin pour fournir l’aide humanitaire d’urgence et commencer le processus très difficile de relèvement et de reconstruction.

Demain, le Coordonnateur spécial, M. Robert Serry, et le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, M. Holmes, se rendront à Gaza pour faire une évaluation des besoins d’urgence en se concentrant sur l’ensemble des priorités humanitaires immédiates.  Cela comprend les soins médicaux, la nourriture, le logement, l’enlèvement des décombres, les engins non explosés et éventuellement les mines, l’électricité, la question des liquidités monétaires, l’eau et l’assainissement.

M. Holmes et la Commissaire générale de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Mme Karen AbuZayd, rendront compte directement au Conseil la semaine prochaine sur la situation humanitaire.  L’ONU entend lancer un appel humanitaire éclair dans les 10 jours suivant cette première mission.  L’ONU travaille aussi à établir des évaluations et des plans pour les activités de relèvement rapide et la remise en état de services essentiels, tout en appuyant les activités de réparation d’urgence.  Nous travaillerons en étroite coordination avec le Premier Ministre Fayyad à cet égard.  Il est prévu qu’un rapport détaillé soit présenté à une conférence au Caire et ce rapport contribuera aux travaux qui suivront du Comité spécial de liaison.  Il est essentiel que les principaux pays donateurs participent à ces efforts humanitaires et à ces efforts de relèvement rapide et y contribuent de façon généreuse.

En effet, je tiens à souligner que, alors que nous commençons à faire face au défi des secours humanitaires, du relèvement rapide et de la reconstruction, il nous faut travailler ensemble en étroite coordination et consultation.  En plus des parties elles-mêmes, l’ONU est déjà en contact étroit avec des partenaires clefs: l’Égypte et d’autres pays arabes, la Commission européenne, la Banque mondiale, la Norvège qui préside le Comité spécial de liaison, la Turquie, et les membres du Quatuor –l’Europe, la Fédération de Russie et les États-Unis.  À cet égard, je continuerai d’exhorter le nouveau Président des États-Unis et son équipe à faire de la paix au Moyen-Orient une de leurs priorités absolues.

Je voudrais signaler ici qu’un accès immédiat et accru à Gaza est essentiel à toute initiative humanitaire, sans même parler de la reconstruction.  Au cours des réunions que j’ai eues avec les dirigeants israéliens, j’ai insisté sur l’importance d’un accès accru à la bande de Gaza.  J’ai demandé au Président Moubarak de veiller à ce que Rafah soit ouvert pour le passage de matériel humanitaire.

Le Conseil est bien conscient de plusieurs cas d’attaques scandaleuses contre des locaux de l’ONU et a entendu un exposé ici même jeudi dernier sur les attaques au cours desquelles l’entrepôt principal de l’UNRWA a entièrement brûlé, ce qui a entraîné la perte d’une aide extrêmement nécessaire.  Cette attaque s’est produite le jour de mon arrivée en Israël, et j’ai vu en personne hier les ruines encore fumantes de nos locaux.  J’ai immédiatement protesté, dans les termes les plus vifs, contre ces attaques visant les locaux de l’ONU, et j’ai appelé tous les combattants à respecter l’inviolabilité des bâtiments de l’ONU.  J’informe le Conseil de sécurité que lorsque j’étais en Israël, j’ai reçu des autorités israéliennes l’assurance personnelle que ce type d’attaques ne se reproduirait plus.  Mais, deux jours plus tard à peine, il y a eu une attaque contre une école de l’ONU où s’étaient réfugiées et abritées des personnes qui n’avaient d’autre endroit où se cacher, et deux petits garçons ont trouvé la mort.

Toutes les fois où je me suis réuni avec les dirigeants israéliens, j’ai exigé qu’Israël mène une enquête approfondie sur chacun de ces incidents.  J’attends de recevoir une explication complète de chaque incident, et j’espère que les responsables auront à répondre de leurs actes.  Le Premier Ministre Olmert a promis de me communiquer de toute urgence les résultats de leur enquête.  Je déciderai alors des mesures de suivi appropriées à prendre.

Les difficultés qui nous attendent sont immenses et nombreuses.  Si notre priorité immédiate aujourd’hui est peut-être de fournir des secours humanitaires et d’aider à un relèvement rapide, nous devons également continuer d’œuvrer à des arrangements viables qui seront la base d’un cessez-le-feu durable et nous devons poursuivre notre action à long terme pour réaliser la paix.

Dans le cadre de cette action, j’ai discuté longuement de la voie à suivre avec des dirigeants régionaux et internationaux.  Il me semble évident que des progrès politiques durables soient enregistrés et pour que Gaza se relève et se reconstruise comme il se doit, les Palestiniens doivent relever le défi de la réconciliation.  Tant à Gaza qu’à Ramallah, j’ai appelé avec ferveur les Palestiniens à surmonter leurs divisions et à œuvrer à rétablir le Gouvernement palestinien dans le cadre légitime de l’Autorité palestinienne.  Aujourd’hui, je réitère cet appel.  J’ai dit clairement que l’ONU coopérera avec un Gouvernement palestinien uni englobant Gaza et la Cisjordanie.  Au Koweït, j’ai appelé le monde arabe à s’unir en appui à cette entreprise, et j’ai pris note des efforts menés par le Roi Abdullah d’Arabie saoudite en la matière.  J’appelle également la communauté internationale dans son ensemble à faire de même.

Je me suis également rendu au Liban, où j’ai rencontré le Président Sleiman, le Premier Ministre Siniora et le Président de l’Assemblée Berri.  J’ai eu l’honneur de prendre la parole devant le Parlement libanais.  Avant mon arrivée, j’étais bien conscient qu’il existait un risque que le Liban entre de nouveau en conflit avec Israël du fait de la situation à Gaza.  Toutefois, j’ai été encouragé par la condamnation par le Gouvernement libanais des tirs de roquettes lancées depuis le Sud-Liban contre Israël, et par les mesures rapides prises par les Forces armées libanaises et la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).

En Israël, j’ai demandé aux dirigeants politiques et aux responsables de la défense de faire preuve de retenue et de prendre des mesures en vue de mettre en œuvre les points en suspens de la résolution 1701 (2006), notamment le retrait de Ghajar.  J’ai visité la FINUL dans le sud, et j’aimerais encore une fois la féliciter du rôle important qu’elle joue pour stabiliser la région et appliquer la résolution 1701 (2006), en coopération avec les Forces armées libanaises.  En Syrie, j’ai également parlé longuement du Liban avec le Président Assad.

Que les choses soient claires.  Certes la récente crise à Gaza et dans le sud d’Israël exige que soient prises des mesures pour gérer le conflit et le contenir, mais elle est aussi un symptôme de problèmes plus vastes et de conflits plus profonds qui exigent d’être réglés.  Si ces dernières semaines de violence ne cèdent pas rapidement la place à une vaste action politique, nous risquons de nous retrouver face à un véritable danger de polarisation et de frustration accrues dans la région, sans même parler de la possibilité que se reproduisent les événements auxquels nous avons assisté.

Seul un règlement juste et global du conflit israélo-arabe permettra de mettre véritablement fin à la violence et de garantir une sécurité durable tant aux Palestiniens qu’aux Israéliens.  Cet effort doit être axé sur la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité et sur l’Initiative de paix arabe.  Nous n’avons pas besoin de nouveaux plans ni d’autres processus.  Nous avons les outils nécessaires.  Nous avons besoin de faire montre de volonté politique et d’agir.  Il y a bien trop longtemps que la paix nous échappe.

La violence, la destruction et les souffrances dont nous sommes témoins ont été la manifestation d’un échec politique collectif.  Nous avons déployé un effort sincère l’année dernière, mais il n’a pas réussi.  Aujourd’hui, nous devons faire davantage.  Il ne faut rien de moins qu’un effort international massif pour appuyer et exiger un règlement de ce conflit.  Les peuples de la région, et en fait la communauté internationale, l’exigent.

En ma qualité de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, je continuerai d’insister sur la nécessité de mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967, de créer un État palestinien coexistant dans la paix et la sécurité avec Israël, et de parvenir à une paix juste, durable et globale entre Israël et tous ses voisins arabes.  Je suis plus déterminé que jamais à voir cela se réaliser.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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