Table ronde 4: apport des organismes des Nations Unies qui s’occupent du développement à l’action menée pour faire face à la crise

26 juin 2009
DEV/2755-ECO/158

Table ronde 4: apport des organismes des Nations Unies qui s’occupent du développement à l’action menée pour faire face à la crise

26/06/2009
Assemblée générale
DEV/2755 ECO/158
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conférence sur la crise

financière et économique mondiale

Table ronde 4 – matin

TABLE RONDE 4: APPORT DES ORGANISMES DES NATIONS UNIES QUI S’OCCUPENT DU DÉVELOPPEMENT À L’ACTION MENÉE POUR FAIRE FACE À LA CRISE

Au cours de la dernière table ronde interactive qui se tenait, ce matin, parallèlement à la séance plénière de la Conférence sur la crise financière et économique mondiale, une douzaine de représentants d’États Membres et une dizaine d’experts dont les activités touchent au développement ont souligné l’importance des activités des différents organismes de l’ONU pour participer à l’action contre cette crise.

Ouvrant la séance, M. Ralph Gonsalves, Premier Ministre de Saint-Vincent-et les Grenadines, qui coprésidait cette table ronde avec Mme Dipu Moni, Ministre des affaires étrangères du Bangladesh, a fait remarquer que, dans la mesure où plusieurs des fonds et programmes de l’ONU fonctionnent de manière indépendante, il est essentiel d’assurer une plus grande cohérence à l’échelle du système des Nations Unies.

La Conférence des Nations Unies sur la crise financière et économique mondiale et son incidence sur le développement achèvera ses travaux ce soir.

TABLES RONDES AYANT POUR THÈME GÉNÉRAL « EXAMEN DE LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE MONDIALE DE PLUS EN PLUS GRAVE, DE SON INCIDENCE SUR LE DÉVELOPPEMENT ET DES MOYENS DE LA SURMONTER »

Table ronde 4: « Apport des organismes des Nations Unies qui s’occupent du développement à l’action menée pour faire à la crise »

Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a expliqué que le PNUD et les autres organismes travaillant pour le développement au Nations Unies ont pour objectif d’aider les plus vulnérables, en vue notamment de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Elle a estimé que les organismes de l’ONU doivent travailler étroitement avec les institutions financières internationales.  Le PNUD et la Banque mondiale ont été invités à prendre la tête de la réponse de l’ONU pour faire face à la crise économique et financière, mais ce sont les États qui doivent en premier lieu prendre les mesures nécessaires, a-t-elle estimé.

Le PNUD, a-t-elle indiqué, aide les pays qui le demandent à analyser l’impact de la crise sur les populations, afin de prendre les mesures qui s’imposent.  À cet égard, elle a cité une loi indienne sur la garantie de l’emploi pour les travailleurs du secteur informel.  Mme Clark a aussi insisté sur le partage d’informations entre les pays du Sud.  Les pays développés ne doivent pas invoquer la crise financière pour ignorer les engagements pris au titre de l’aide publique au développement (APD).

Mme THORAYA OBAID, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a prévenu que la crise financière actuelle allait augmenter les taux de mortalité infantile et maternelle, entraîner la baisse de la scolarisation des filles et l’augmentation de la violence à l’égard des femmes.  Outre les mesures prises par les gouvernements, la société civile doit participer activement aux efforts de lutte contre la crise, en particulier pour venir au secours des groupes les plus vulnérables.  En Afrique, 80% des agriculteurs sont des femmes et en Asie, elles représentent 90% de la main d’œuvre dans les rizières, a-t-elle signalé.  Elle en a déduit que si la crise financière a un impact négatif sur cette force, la production agricole sera sensiblement réduite.

Le FNUAP a adopté cinq stratégies spécifiques pour contribuer à réduire les effets de la crise financière internationale, a poursuivi Mme Obaid.  « Nous contribuons notamment au renforcement des investissements dans le domaine de la santé, en agissant auprès des gouvernements pour que l’OMD nº5 (amélioration de la santé maternelle) soit intégré dans les plans nationaux.  Beaucoup de jeunes femmes mariées n’ont pas accès à la planification familiale, a regretté Mme Obaid, qui a souligné l’efficacité de ce service de santé dans la lutte contre le VIH/sida.  Elle a aussi appelé les États à investir davantage dans la protection sociale.

Rappelant le chiffre de 1 milliard de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, M. MANUEL ARANDA DA SILVA, Directeur exécutif adjoint par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM), a fait observer que le coût des denrées alimentaires de base au premier trimestre 2009 était supérieur de 20% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.  Il a expliqué que le PAM avait publié des études de cas sur l’effet de la crise sur les ménages et constaté que les populations mangent moins et moins bien, ce qui entraîne des problèmes de santé souvent irréversibles pour les enfants.  Il a donc appelé les gouvernements à renforcer la protection sociale et, notamment, les programmes alimentaires.

Le PAM, a indiqué M. Aranda da Silva, évalue et analyse les effets des crises, en fournissant aussi des informations en temps réel.  Le PAM a prévu de fournir une assistance alimentaire à 109 millions de personnes cette année, a-t-il ajouté, précisant qu’il a mis au point des programmes de repas à l’école ou de santé et nutrition maternelle et infantile.  Le Directeur exécutif adjoint par intérim du PAM a aussi parlé des conflits en Somalie et au Soudan, de la sécheresse qui empêche les producteurs de produire et des déséquilibres financiers qui rendent les aliments de plus en plus couteux.

Mme HILDE F. JOHNSON, Directrice générale adjointe du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a constaté, elle aussi, que la crise entraîne une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim et des maladies, ainsi qu’une baisse de l’accès à l’éducation, notant que les enfants des familles pauvres sont souvent contraints de travailler.  Elle a cité l’Afghanistan, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, l’Érythrée et l’Éthiopie, parmi les pays les plus touchés par l’insécurité nutritionnelle et alimentaire.  En temps de crise, il faut déployer davantage d’efforts pour préserver les acquis, a-t-elle souligné.  Il faut donc préserver les investissements dans la protection sociale, et surtout dans les secteurs de la santé et de l’éducation, a-t-elle demandé.

L’UNICEF a mis en place 44 programmes pilotes de protection sociale et nous en intensifions actuellement 18 d’entre eux pour répondre à la crise, a indiqué Mme Johnson.  Ce sont notamment des programmes de transfert de fonds et des programmes sociaux, a-t-elle précisé.  « Nous collaborons avec les gouvernements nationaux, la Banque mondiale et l’Organisation internationale du Travail (OIT) », a-t-elle aussi indiqué.  « Mais, nous avons besoin de connaissances plus précises et nous devons maîtriser mieux les technologies afin de mieux prévenir les crises », a-t-elle ajouté.  À cet égard, elle a indiqué que l’UNICEF met au point un système d’alerte précoce, en utilisant par exemple les images satellites.

Le moment est venu de donner la priorité aux plus vulnérables, a enchaîné M. PEDRO PÁEZ, ancien Ministre de la coordination économique de l’Équateur, et membre de la Commission d’experts du Président de l’Assemblée générale, affirmant que les institutions des Nations Unies constituent pour cela les meilleurs outils.  « Nous devons identifier non pas des palliatifs mais des changements structurels pour l’avenir de l’humanité », a-t-il souhaité.  Aujourd’hui, le nombre de personnes victimes de la faim dépasse les records.  L’ONU, malgré tous les défauts que nous pourrions pointer du doigt, reste le meilleur cadre pour trouver une solution à cette crise, a-t-il assuré.  Il y a d’autres institutions, comme celles de Bretton Woods qui, par leur expertise, pourraient y jouer un rôle.  Il a également souligné la nécessité de renforcer les institutions régionales.

Les pays du Sud n’ont pas causé cette crise, mais ils en sont les premières victimes et c’est pourquoi, ils doivent faire entendre leur voix, a affirmé M. Páez.  La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement  (CNUCED) préconise un moratoire immédiat sur la dette du tiers monde, solution pragmatique qui, selon lui, permettrait à ces pays d’avoir une marge de manœuvre budgétaire.  Il a aussi soutenu l’idée de demander au G-8 et au G-20 de concrétiser les droits de tirages spéciaux pour les pays en développement.  Il a aussi parlé du problème de suivi des promesses faites pour la fourniture de nouvelle recette au Fonds monétaire international (FMI).  On pourrait créer un bureau ad hoc auprès de l’Assemblée générale pour ce suivi, a-t-il proposé.  Il a conclu que les efforts des Nations Unies dans le cadre de la présente Conférence doivent constituer une percée historique permettant à l’humanité de faire face à cette crise très grave.

Au cours du débat qui a suivi, plusieurs délégations ont soutenu la demande exprimée par les experts de mobiliser des ressources supplémentaires pour permettre aux pays défavorisés de faire face à la crise et de poursuivre leur développement, notamment pour financer les activités des organismes de l’ONU qui participent au développement.  À ce titre, le représentant de la Barbade a soutenu la création d’un instrument de crédit souple, tel que proposé par le FMI, et du fonds pour la vulnérabilité envisagé par la Banque mondiale.  Il a estimé que ces fonds devraient être transparents et exempts de conditions strictes pour permettre aux pays qui en ont besoin d’y accéder.

La communauté internationale doit tenir ses promesses en matière d’aide publique au développement, a ajouté le délégué de la Chine, à l’instar de nombreux intervenants.  La Suède, qui a signalé qu’elle avait dépassé l’objectif de 0,7% de son PNB consacré à cette aide, a aussi annoncé qu’elle allait fournir une contribution supplémentaire à l’UNICEF, à hauteur de 10 millions de dollars, ainsi qu’un financement additionnel aux mécanismes de microfinancement.

Le représentant de la Chine a appelé les organismes de l’ONU à respecter pleinement les besoins et les choix des pays bénéficiaires et celui de la République tchèque, au nom de l’Union européenne (UE), a plaidé en faveur de l’appropriation par les pays des programmes mis en place chez eux.  À cet égard, le représentant du Bangladesh s’est demandé quels seraient les critères que devront remplir les programmes nationaux pour bénéficier de l’aide des organismes de l’ONU.

Reprenant les expressions utilisées par certains pour qualifier la crise économique, comme « crise de civilisation » ou « crise de système », le représentant du Bénin a appelé à s’accorder sur ces notions pour pouvoir répondre à la crise sur le long terme.  Mais il a aussi appelé à faire preuve de pragmatisme, aussi bien pour régler les problèmes urgents que pour résoudre les questions à long terme, invoquant à cet égard le rôle essentiel des organismes de l’ONU.  La représentante de l’Australie a encouragé ces organismes à continuer d’examiner les effets de la récession au niveau des pays.

La délégation de la Côte d’Ivoire a appelé les institutions spécialisées de l’ONU à mettre en place un système de veille plus efficace permettant de mieux prévenir les crises.  Le représentant de l’Indonésie, dont le pays avait été frappé durement par la crise financière en 1997, a indiqué qu’il s’était préparé à faire face à une autre crise et souhaité pouvoir partager son expérience avec d’autres pays par le biais des organismes de l’ONU.

Pour illustrer les efforts visant à rationaliser les activités des organismes de l’ONU, le représentant d’ONUSIDA, dont un des objectifs est de lutter contre la transmission verticale de la pandémie de VIH/sida, a indiqué qu’un nouveau pacte est envisagé avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le FNUAP et l’UNICEF.  Pour la représentante du monde des affaires, si l’on n’a pas réussi à financer le développement, même avant la crise, c’est à cause d’une mauvaise coordination entre le secteur privé et le secteur public.  Elle a donc encouragé l’ONU à s’appuyer sur les initiatives privées.  Enfin, pour renforcer le système de l’ONU, les États-Unis ont encouragé ses organismes à assurer une bonne transparence dans leurs activités et à mettre en place des mécanismes de reddition de comptes.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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