Au deuxième jour de son débat, la Conférence sur la crise financière et économique mondiale se penche sur son document final

25 juin 2009
DEV/2751-ECO/154

Au deuxième jour de son débat, la Conférence sur la crise financière et économique mondiale se penche sur son document final

25/06/2009
Assemblée générale
DEV/2751
ECO/154
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

AU DEUXIÈME JOUR DE SON DÉBAT, LA CONFÉRENCE SUR LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE MONDIALE SE PENCHE SUR SON DOCUMENT FINAL


En présence du Président de l’Équateur, Rafael Correa, et d’une quarantaine de ministres, l’Assemblée générale a poursuivi aujourd’hui le débat général de la Conférence sur la crise financière et économique mondiale et son incidence sur le développement.  Nombreux ont été les intervenants qui ont tenu à rappeler que les pays en développement, qui sont les premières victimes d’une crise qu’ils n’ont pas provoquée, doivent plus que jamais bénéficier d’une aide de la part de la communauté internationale et des institutions de Bretton Woods.


Invoquant une « exigence démocratique », M. Correa a souligné que l’ONU était l’unique lieu où la question de la crise peut être abordée de front avec la participation de tous les États, « loin du G-20 et des soi-disant Consensus de Washington ».  Hostile à l’« économie spéculative » et désireux de redonner sa place à l’économie réelle, le Président équatorien a dit qu’il fallait remettre l’accent sur la promotion des capacités de production et cesser de croire que l’argent en lui-même pouvait produire indéfiniment, et sans risques, toujours plus de richesses à travers la spéculation.


Pour contrer l’effondrement annoncé des produits intérieurs bruts (PIB) nationaux, ainsi que celui des échanges commerciaux, et pour compenser la baisse du volume des envois de fonds des migrants et répondre aux besoins des populations les plus durement touchées par la crise, M. Correa a demandé une augmentation de la capitalisation des agences de l’ONU afin de leur permettre d’assurer un financement accru et durable de la lutte contre l’insécurité alimentaire et climatique.


Le système financier international et sa gestion unipolaire de l’économie mondiale fait fi des droits de l’homme et alimente le sous-développement, a encore accusé M. Correa, pour qui l’établissement d’une nouvelle règlementation financière et l’adoption de nouvelles politiques macroéconomiques, ajoutés à la création d’un nouvel environnement industriel et à l’établissement de politiques sociales universelles, doivent être les réponses solidaires et pragmatiques à opposer au « tout puissant impérialisme économique » qui a régné jusqu’à maintenant sur la scène internationale.


De son côté, le Premier Ministre et Ministre des finances de Saint-Vincent-et-les Grenadines, qui, avec les Pays-Bas, était cofacilitateur du processus de négociations du document final qui devrait être adopté demain par la Conférence, en a présenté les 20 points.  Reconnaissant que les négociations relatives au document ont souvent été « conflictuelles », M. Ralph Gonsalves a néanmoins signalé que des concepts très importants pour les pays en développement figurent dans la version finale du texte.


Le « plan d’action » défini dans le document reconnaît en premier lieu l’incidence toute particulière de la crise sur les petits États insulaires en développement et dans d’autres groupes de pays connaissant des situations particulières.  Ce point a été soulevé par plusieurs ministres, comme celui des finances de la Barbade, qui a signalé, par exemple, que le flux de capitaux en direction de l’Amérique latine et des Caraïbes allait chuter de près de 7% en 2009, soit une perte de 4 milliards de dollars par rapport à l’an dernier.


Le document final contient en outre un appel à trouver une solution à la crise qui soit inclusive, équitable, centrée sur les personnes et orientée vers le développement.  Il appelle aussi à hâter les efforts en vue d’augmenter l’aide publique au développement (APD) et à reconnaitre le besoin qu’ont les pays pauvres de trouver des sources nouvelles de financement de leur développement. 


Plusieurs délégations ont soutenu l’idée de créer un groupe de travail intergouvernemental chargé de rendre opérationnels les principes contenus dans le document final.  Mme Heidemarie Wieczorek-Zeul, Ministre fédérale de la coopération économique et du développement de l’Allemagne, s’est déclarée favorable de la création de ce groupe d’experts sur la crise financière et économique, se référant à une expérience de ce type qui a été couronnée de réussite dans le domaine des changements climatiques.


Le débat général de la Conférence se poursuivra demain, vendredi, le 26 juin, à partir de 10 heures.



ÉCHANGE DE VUES GÉNÉRAL SUR LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE MONDIALE ET SON INCIDENCE SUR LE DÉVELOPPEMENT (A/CONF.214/4)


M. RAFAEL CORREA, Président de la République d’Équateur, qui est aussi un économiste de haut rang, a lancé un appel à la volonté politique des États, qui doivent se retrouver autour d’un projet humaniste afin de relever « de manière différente » les défis de la mondialisation.  Comment parvenir à une mondialisation unissant des citoyens et non pas uniquement des consommateurs?, a-t-il demandé.  Le Président de l’Équateur a fustigé « le clan des riches et des puissants », qui utilisent depuis trop longtemps à leur propre profit les organisations internationales, au détriment des autres peuples et de l’égalité et la justice.  M. Correa a évoqué l’« exigence démocratique », qui seule peut être le moteur de la création d’un monde privilégiant l’équilibre entre tous les peuples, y compris ceux qu’un « certain Occident s’est acharné à diaboliser et à rendre étrangers aux yeux des autres ».  M. Correa a fait référence au combat des Palestiniens et, en Amérique latine, à celui mené jadis par Che Guevara, qui fit comprendre au monde qu’il allait devoir composer avec les pauvres, « déterminés, désormais, à écrire leur propre histoire ».


Le Président équatorien a ensuite souligné que la présente Conférence était l’occasion de parler en toute transparence de la crise actuelle, sans cacher les vérités, c’est-à-dire en désignant clairement ceux qui en sont à l’origine et qui ont créé les problèmes qui actuellement accablent le monde entier.  Il faut clairement dire qui tire les ficelles de la bourse et de la dette, a dit M. Correa.  L’ONU est l’unique lieu où ces questions peuvent être abordées de front, « loin du G-20 et des soi-disant Consensus de Washington ».  Le Sud, qui n’a rien à voir avec la crise, en est aujourd’hui la première victime, a rappelé M. Correa, qui a appelé les États Membres à s’unir pour mettre fin aux connivences entre les États-Unis et le FMI.  Il faut en finir avec l’économie spéculative et redonner sa place à l’économie réelle, a-t-il préconisé, ajoutant qu’il fallait remettre l’accent sur les capacités de production et cesser de croire que l’argent en lui-même peut, par de simples spéculations, produire indéfiniment, et sans risques, plus de richesses. 


Pour contrer l’effondrement annoncé des PIB mondiaux ainsi que celui des échanges commerciaux, et pour compenser la baisse du volume des envois de fonds des migrants et répondre aux besoins des populations les plus durement touchées par la crise, M. Rafael Correa a demandé une augmentation de la capitalisation des agences de l’ONU afin de leur permettre d’assurer un financement accru et durable de la lutte contre l’insécurité alimentaire et climatique.  Le système financier unipolaire fait fi des droits de l’homme et alimente le sous-développement, a encore accusé M. Correa, pour qui la régulation financière, de nouvelles politiques macroéconomiques, un nouvel environnement industriel, et l’établissement de politiques sociales universelles, doivent être les réponses solidaires et pragmatiques à opposer au « tout puissant impérialisme économique » qui a régné jusqu’à maintenant.


M. RALPH E. GONSALVES, Premier Ministre et Ministre des finances de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a souligné l’importance, pour son pays, d’une gouvernance démocratique efficace, accompagnée d’une économie postcoloniale moderne et compétitive.  Il a aussi mis l’accent sur l’importance de la solidarité régionale et de la coopération internationale, pour faire face à un « monde développé hostile et indifférent ».  Saint-Vincent-et-les Grenadines a forgé des liens à ce titre non seulement avec les États des Caraïbes et d’Amérique latine, mais aussi avec des pays comme la Turquie, l’Autriche, la Jamahiriya arabe libyenne et la République islamique d’Iran, a-t-il indiqué.  Le Premier Ministre saint-vincentais et grenadin a ensuite assuré les États Membres de son total engagement dans l’élaboration du projet de document final de la présente Conférence, rappelant, à cet égard, le rôle de facilitateur qu’a rempli sa délégation, auprès de celle des Pays Bas, pour parvenir à un consensus sur ce processus « souvent conflictuel ».  Ce texte contient des concepts très importants pour les pays en développement, a-t-il indiqué, avec notamment un plan d’action en 20 points.  Il a cité, par exemple, l’appel à accélérer les efforts destinés à l’augmentation de l’aide publique au développement et la reconnaissance du besoin pour les pays qui sont négativement affectés, de trouver des sources nouvelles de financement de leur développement.  Il a enfin exhorté les États Membres à mettre en œuvre immédiatement l’appel lancé dans ce document final, qui vise la création d’un groupe de travail intergouvernemental chargé de rendre opérationnels les principes proposés.


M. STEPHENSON KING, Premier Ministre et Ministre des finances, de l’économie, de la planification et du développement économique de Sainte-Lucie, a rappelé que son pays, classé dans la catégorie des pays à revenu moyen, s’est longtemps reposé sur l’agriculture comme source principale de revenus dans les échanges commerciaux mondiaux.  Cela était possible grâce à un accord préférentiel avec le Gouvernement britannique, a-t-il précisé.  Mais cet accord a été progressivement affaibli par le renforcement de l’union économique en Europe et les nouvelles règles qui en sont issues.  Sainte-Lucie s’est ensuite appuyée sur le tourisme, qui a permis au pays d’améliorer son secteur financier et celui des services.  Mais au moment où les dettes étaient presque épongées, la bulle financière a éclaté, affectant terriblement l’économie du pays, a déploré le Premier Ministre.  Il a énuméré les mesures prises par son gouvernement pour y faire face, tant au niveau national qu’au niveau régional, avant de demander à la communauté internationale de mettre à la disposition des pays comme le sien des fonds plus importants.  Il a aussi souhaité que les privilèges commerciaux et fiscaux accordés à des micro-États comme Sainte-Lucie soient maintenus par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour une nouvelle période de cinq ans.  Parmi ses autres propositions, il a suggéré de substantiellement capitaliser le Fonds d’adaptation de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.


M. PETER POWER, Ministre d’État pour le développement d’outre-mer, du Gouvernement de l’Irlande, a constaté, à regret, que la crise économique et financière que le monde traverse actuellement avait des répercussions beaucoup plus graves qu’initialement anticipées à Doha, et qu’elle sape les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  « Pour les plus pauvres de ce monde -qui représentent plus d’un milliard de personnes souffrant de la faim- cette crise économique devient une véritable calamité humaine! », a-t-il poursuivi.  Une conséquence directe de cette crise sera la mort de milliers d’enfants cette année, enfants qui périront le plus souvent de malnutrition.  Cette réalité des choses est inacceptable, a estimé M. Power.  Il a demandé à la communauté internationale de réagir immédiatement non seulement pour relancer la croissance économique internationale, mais aussi pour protéger les plus pauvres et les plus vulnérables directement affectés par la crise.  Pour sa part, l’Irlande est déterminée à donner la priorité à la lutte contre la faim dans ses programmes d’aide, a-t-il annoncé.  Se félicitant des initiatives positives décidées en réponse à la crise par le G-8, la Banque mondiale et le FMI, M. Power a insisté sur le fait que la situation actuelle a aussi démontré à quel point il était nécessaire de réformer ces institutions et de renforcer leur légitimité en tant qu’acteurs du développement, en y accordant plus de poids aux pays émergents et aux économies en développement. 


M. DARCY BOYCE, Ministre des finances de la Barbade, a estimé que les Nations Unies avaient un rôle unique à jouer pour résoudre la crise financière et économique actuelle, en s’appuyant sur la légitimité sans pareille de l’Organisation.  C’est ainsi qu’il a demandé la mise en place d’un groupe de travail chargé d’examiner en profondeur les recommandations issues de la Conférence.  À son tour, M. Boyce a noté que les pays en développement étaient les premières victimes d’une crise qu’ils n’ont pas provoquée.  Concernant l’impact de la crise dans sa propre région, il a indiqué que le flux de capitaux en direction de l’Amérique latine et des Caraïbes avaient chuté de près de 7%, soit une perte de 4 milliards de dollars.  Il a ajouté que les pays comme la Barbade axaient leurs efforts sur la protection des services sociaux et de l’emploi.  La crise actuelle met en lumière une évidence: le fait que les conditionnalités imposées par le FMI aux pays à faibles et moyens revenus ne sont plus acceptables, a estimé le Ministre.  La refonte des institutions financières est inévitable car, sans cela, les pays en développement resteront condamnés à la pauvreté.  Pour M. Darcy Boyce, la réponse à la crise pour les pays à moyens revenus des Caraïbes, dont les économies sont basées sur le tourisme, l’agriculture et la pêche, doit passer par la prise d’engagements de la part des organismes de prêt.  Ils doivent agir de manière à permettre aux secteurs économiques vitaux des pays concernés de continuer à fonctionner.


Mme HEIDEMARIE WIECZOREK-ZEUL, Ministre fédérale de la coopération économique et du développement de l’Allemagne, a souligné combien la crise actuelle menace le développement.  C’est une crise qui est la conséquence de l’échec du radicalisme des marchés et un signe du manque de responsabilité qui a prévalu dans la coordination politique des questions économiques mondiales, a-t-elle estimé.  Il appartient à une organisation comme l’ONU de s’attaquer aux défis de la crise, a-t-elle poursuivi, insistant sur l’importance de donner une voix à  tous les pays dans ce processus de recherche de solution.  C’est une façon de renforcer le rôle de l’ONU dans la gouvernance économique mondiale, a-t-elle ajouté.  La Ministre s’est déclarée en faveur de la création d’un groupe d’experts sur la crise économique et financière, avec la participation d’experts de toutes les régions du monde, se référant au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui a tracé la voie dans un domaine différent.  Comme mesure à prendre, elle a conseillé une série de mesures incitatives bénéficiant aux plus pauvres et promouvant le respect de la dimension écologique du développement.  Outre l’aide publique au développement, que l’Allemagne s’engage à verser, elle a proposé des moyens d’augmenter le financement du développement, comme notamment la lutte contre l’évasion fiscale.  Les droits de tirage spéciaux (DTS) devraient aussi permettre de constituer un « coussin de réserve de devises étrangères » important pour les pays en développement.  En matière sociale, la Ministre a rappelé l’importance de renforcer les systèmes de sécurité sociale de ces pays, ce qui passe par la consolidation du  programme de travail décent promu par le BIT.


M. SYED SLIM RAZA, Gouverneur de la Banque du Pakistan, a salué le fait que le document final de la Conférence trace les grandes lignes de l’action à privilégier pour combattre efficacement l’impact néfaste de la crise financière et économique mondiale dans les pays en développement.  Il a notamment salué l’engagement pris par les États Membres d’explorer des mécanismes de mobilisation de ressources adéquats pour éviter que les pays pauvres ne soient pénalisés financièrement par la crise.  Il s’est félicité des recommandations ayant trait au renforcement du rôle de coordonnateur économique et financier que pourrait jouer l’ONU.  De même, M. Slim Raza a salué les parties du document final, demandant des ressources additionnelles pour affermir les dispositifs de protection sociale et soutenir la lutte contre l’insécurité alimentaire et climatique, qui sont « des périls exacerbés par la crise actuelle ».  L’intervenant a ensuite appelé les pays industrialisés à respecter leurs engagements et leurs obligations internationaux, en les invitant à respecter l’engagement qu’ils ont pris de consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement (APD).  Il leur a demandé de renforcer davantage le statut des travailleurs migrants.  M. Slim Raza a également souligné la nécessité d’accroître la représentativité des pays en développement au sein du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, une fois que ces institutions seront réformées. 


M. PAAVO VÄYRYNEN, Ministre du commerce extérieur et du développement de la Finlande, a estimé crucial qu’un accord ait pu être trouvé sur le projet de document final de la Conférence.  Des opinions différentes ont été exprimées, mais nous avons maintenant atteint un consensus large sur l’action envisagée, a-t-il dit.  Le Ministre a jugé important que chaque institution internationale se concentre sur son domaine de compétence, et il a invité l’ONU à mettre l’accent sur les incidences de la crise sur les pays en développement.  De leur côté, les institutions financières internationales ont un rôle essentiel à jouer, en particulier pour répondre aux problèmes financiers systémiques, a-t-il noté.  Il a donc souhaité que le processus de réforme de ces institutions soit accéléré et a encouragé une plus grande coopération entre le système de l’ONU et les institutions de Bretton Woods.  Le Ministre finlandais a ensuite appelé à respecter les engagements pris en faveur de la réduction de la pauvreté et à augmenter de façon substantielle le financement des engagements en faveur du financement du développement pris à Monterrey, à Doha, à Paris et à Accra.  Mais cela ne suffit pas, et il faut aussi améliorer la cohérence au niveau des politiques de développement et rendre celles-ci plus efficaces, a-t-il ajouté.  Il a plaidé en faveur de la promotion d’un développement durable, notamment sur le plan écologique et dans le domaine social.


M. URMAS PAET, Ministre des affaires étrangères de l’Estonie, a rappelé que 100 millions de personnes de plus avaient déjà été précipitées dans la pauvreté par les crises alimentaire et énergétique.  La crise financière et économique qui a éclaté dans la foulée de la crise alimentaire pourrait avoir des effets désastreux en jetant 53 millions de personnes de plus dans la misère, amenant le chiffre global de ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté à travers le monde à plus d’un milliard et demi de personnes.  Nous devons répondre à cette crise en refondant les institutions internationales pour les rendre à même de relever les défis d’aujourd’hui, a préconisé le Ministre.  En Estonie, nous avons ressenti la crise du fait de la contraction soudaine du commerce international qu’elle a causé en fin d’année dernière en exposant notre pays à des risques de récession, a-t-il indiqué.  Les principales conditions à réunir pour un relèvement rapide de l’Estonie sont la relance des exportations et la perspective de rejoindre l’Union européenne, a dit M. Paet.  Insistant sur l’importance du rôle du commerce international, Urmas Paet a estimé qu’il constituait un outil de sortie de crise, et qu’il en est de même des investissements directs étrangers, qui facilitent les transferts de technologies.


M. GAMINI LAKSHMAN PEIRIS, Ministre du Commerce international et du développement des exportations du Sri Lanka, a estimé qu’il n’est toujours pas possible de prendre la vraie mesure des conséquences socioéconomiques de cette crise.  Les difficultés de balance de paiement, le rétrécissement des marchés, la baisse des envois de fonds des migrants et des exportations, ainsi que le durcissement des conditions de financement, touchent de plein fouet les pays en développement qui sont livrés à eux-mêmes et ne reçoivent aucun soutien adéquat de la part du système multilatéral d’aide et de financement qui a été mis en place après la Deuxième Guerre mondiale.  La mondialisation a engendré une croissance économique mondiale sans précédent, mais cela s’est fait au détriment des garde-fous et des systèmes de supervision et de contrôle qui auraient du la réguler, si bien que les pays développés et ceux en développement font aujourd’hui les frais des excès qui ont été commis.  M. Peiris a cependant souligné, qu’alors même que les principaux acteurs de la scène économique mondiale connaissent des taux de croissance négatifs, certains pays, comme le Sri Lanka, ont réussi à maintenir des taux de croissance positifs.  Ceci s’explique essentiellement par les choix politiques prudents qui ont été faits, avec une attention particulière portée au secteur agricole, et par une intégration économique progressive du Sri Lanka dans l’économie mondiale.


Pour éviter une dégradation plus importante de la situation du monde en développement, M. Peiris a préconisé un flux plus soutenu de ressources vers ces pays, sans quoi les progrès réalisés à ce stade en termes de développement risquent d’être sérieusement compromis.  De plus, cette crise a mis en exergue la nécessité d’une réforme fondamentale des institutions de Bretton Woods de manière à leur donner les moyens de jouer un rôle plus positif et de promouvoir le développement durable et la stabilité des marchés financiers internationaux, a estimé le Ministre du commerce sri-lankais.  Les pays en développement devraient être mieux représentés dans la structure de gouvernance de ces institutions, a-t-il recommandé, tout en demandant que la question de la dette des pays en développement soit abordée de manière plus pragmatique et réaliste.  Le Sri Lanka souhaite notamment que les propositions contenues dans le projet de document final soient discutées et acceptées à l’issue des délibérations en cours, a dit le Ministre.


M. DATUK AHMAD HUSNI HANADZLAH, Ministre des finances de la Malaisie, a souhaité que soit trouvé un équilibre équitable dans l’architecture financière internationale, avec un niveau de réglementation qui permette d’éviter les bulles spéculatives.  Il faut aussi redéfinir le rôle des institutions financières internationales, a-t-il souhaité, pour qu’elles puissent mieux déterminer le rôle des capitaux et la manière dont ils circulent.  La nouvelle architecture financière internationale devrait alerter les gouvernements lorsqu’apparaissent des lacunes systémiques, a-t-il aussi suggéré.  Le Ministre a également appelé à l’établissement de plus de cohérence entre le système financier mondial et le financement du développement.  Les mesures de stimulation de l’économie sont-elles suffisantes pour faire face aux difficultés économiques qui pourraient résulter de l’endettement privé, s’est-il aussi interrogé.  Il faut tirer parti de nos difficultés, a poursuivi le Ministre malaisien, en donnant l’exemple de son pays qui a pris des mesures en vue de relancer son économie.  Nous souhaitons garantir aux Malaisiens une économie compétitive qui façonne le marché et stimule les talents, a-t-il conclu.


Mme PRENEET KAUR, Ministre d’État aux affaires étrangères de l’Inde, a indiqué que les exportations des pays en développement souffrent de la réduction des flux de capitaux étrangers.  La baisse des revenus provenant des exportations et des transferts de fonds des migrants pour les pays en développement entraîne une réduction de la marge fiscale prévue pour pouvoir opérer des investissements dans les infrastructures essentielles et dans le domaine social.  Si l’Inde est en mesure de s’en sortir, de nombreux autres pays en développement ne le peuvent pas et ont besoin de l’aide internationale, a signalé Mme Kaur.  La Ministre a plaidé en faveur d’une réforme des institutions internationales, comme l’ONU, mais surtout une réforme des institutions de Bretton Woods au sein desquelles il faut donner plus de voix aux pays en développement.  Elle a aussi demandé que ces institutions financières soient plus efficaces et plus crédibles.  La Ministre a suggéré également aux institutions financières internationales et aux banques de développement multilatérales d’augmenter le niveau de leurs prêts aux pays en développement.  Enfin, a-t-elle souhaité, il faut que les mécanismes de régulation des marchés soient améliorés, notamment en ce qui concerne leur transparence, et que l’on y dispose d’un meilleur système de contrôle.  Elle a enfin demandé qu’on évite les tendances protectionnistes, que ce soit pour le commerce, les services financiers ou la circulation, comme des personnes.


M. SALAHEDDINE MEZOUAR, Ministre des finances et de l’économie du Maroc, a déclaré que la crise à laquelle nous sommes confrontés aura des conséquences durables sur les pays en développement.  Elle s’est déjà traduite par la raréfaction des investissements et la contraction du commerce international, sans parler de la perte d’emplois: il y a près de 11 millions de chômeurs en plus dans le monde.  Elle compromet deux décennies d’ajustement structurel, ainsi que la réalisation des OMD, a déploré le Ministre marocain.  L’aide traditionnelle s’est révélée insuffisante pour combler les besoins des pays en difficultés, a-t-il relevé.  Les institutions financières internationales sont donc appelées à tout mettre en œuvre pour aider les économies les plus vulnérables, a souligné le Ministre.  Le Maroc estime que la crise a eu des impacts différenciés sur chaque pays et exige donc des solutions adaptées aux spécificités nationales, a dit M. Mezouar.  Les mesures de sauvetage financier adoptées par certains pays ne doivent cependant pas constituer un obstacle à l’attribution d’une aide au développement qui est plus nécessaire que jamais, a souligné le Ministre.  Pour sa part, le Maroc a adopté une politique de soutien à la croissance, ce qui permet à celle-ci de se maintenir à environ 5% pour l’année 2009, a-t-il indiqué.  Le Ministre a ensuite attiré l’attention des États Membres sur la responsabilité de la communauté internationale quant au sort de l’Afrique.


M. HÉCTOR MIGUEL DADA HIREZI, Ministre de l’économie d’El Salvador, a indiqué que le Gouvernement salvadorien a lancé un programme de lutte contre la crise destiné à protéger les groupes les plus pauvres, notamment par la création d’emplois.  Le Gouvernement a aussi conçu un système de subventions pour les secteurs de la société faisant face à l’extrême pauvreté, dans les zones aussi bien urbaines que rurales.  Le Ministre a reconnu qu’il fallait remplacer les politiques qui se sont révélées incapables de répondre à des réalités nouvelles et aux constantes évolutions de l’économie mondiale.  Cela doit se faire par une concertation nationale, en faisant participer les différents secteurs à la définition des objectifs nationaux, a préconisé M. Dada Hirezi.  Il a aussi jugé indispensable que les pays membres de la communauté internationale maintiennent un dialogue et une concertation pour discuter des mécanismes internationaux à réformer, pour s’assurer qu’ils seront capables de remplir leur devoir de solidarité les uns envers le autres, et pour atténuer la gravité des crises qui pourraient surgir dans l’avenir.  Il faut changer de vision et de structures pour rendre ces mécanismes opérationnels, a-t-il affirmé.  El Salvador considère que la présente Conférence représente un premier pas de la communauté internationale vers une solution et de nouveaux engagements pour l’établissement d’un monde plus solidaire et plus équitable, a indiqué M. Dada Hirezi.


M. MANUEL CHANG, Ministre des finances du Mozambique, a déclaré que la crise actuelle s’était déclarée à un moment où l’Afrique subsaharienne, la région du monde la plus en retard dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), faisait d’impressionnants progrès sur le plan économique.  Pointant du doigt la baisse des investissements directs étrangers et la stagnation de l’aide au développement, il a exhorté les partenaires au développement et les donateurs à honorer les engagements pris à Doha en décembre dernier.  Le Ministre a insisté sur le fait que la crise financière et économique ne pouvait en aucun cas constituer un obstacle à l’attribution de ressources ayant fait l’objet d’une promesse de contribution.  Nous demandons donc aux pays développés de redoubler d’efforts afin de porter à hauteur de 0,7% de leur PIB leur aide aux pays en développement en général.  Entre 0,15% et 0,20% de cette aide doit aller aux pays les moins avancés, a rappelé M. Chang.  L’aide au développement peut revêtir la forme d’un appui budgétaire, de projets d’infrastructure, et d’appui à l’aide au commerce.  Elle peut aussi se manifester sous la forme de flux de capitaux ou de partenariats public-privés.


M. JEAN ASSELBORN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, a indiqué que, selon les nouvelles estimations publiées la semaine dernière par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), on comptera, à la fin de 2009, 1 milliard 20 millions de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition.  Quelque 100 millions de personnes de plus pourraient sombrer cette année dans la sous-alimentation et la pauvreté chroniques en raison de la crise, a-t-il ajouté.  Pour le Ministre luxembourgeois, il est vital de s’attaquer aux problèmes humains de la crise financière et économique et d’agir de manière coordonnée et cohérente pour empêcher qu’elle ne se transforme en drame humain généralisé.  S’agissant de la situation particulière des pays en développement, M. Asselborn a estimé que seule la poursuite d’une approche multilatérale permettra de trouver des solutions aux défis présents, le système des Nations Unies ayant un rôle important à jouer à cet égard.  Il a salué à ce sujet les dispositions prises actuellement par l’ensemble des fonds et programmes de l’ONU, en vue notamment de la création d’un mécanisme de suivi et de détection des vulnérabilités.  Enfin, Jean Asselborn a voulu voir dans la crise une opportunité d’effectuer des réformes devenues nécessaires et de redéfinir les priorités de l’agenda international.


M. ALBERTO JOSÉ GUEVARA OBREGON, Ministre des finances du Nicaragua, a déclaré qu’après des décennies d’ajustement structurel économique, les progrès accomplis par les pays en développement sont en train d’être réduits à néant par une crise causée par les pays riches.  L’économie de notre pays commençait pourtant à décoller, avant que n’éclate la crise financière, a-t-il indiqué.  Le Ministre des finances du Nicaragua a rappelé que seulement 50 milliards de dollars, sur les 1 000 milliards promis par le G-20, ont été débloqués jusqu’à présent pour venir en aide aux pays en développement.  Ces pays vont s’enfoncer dans la crise si une réforme radicale du système financier international n’est pas entreprise de toute urgence, a prévenu le Ministre, qui a aussi encouragé la communauté internationale à modifier son approche des questions relatives à l’environnement et à l’énergie.  Dans ce contexte, il a vanté les mérites de la Voie bolivarienne pour les peuples d’Amérique latine (ALBA), une initiative vénézuélienne qui a créé une organisation regroupant huit pays liés par des accords de libre-échange.


M. HAKON GULBRANSEN, Secrétaire d’État au développement international de la Norvège, a estimé que le maintien des flux de capitaux d’investissement était essentiel aux pays en développement afin de les aider à répondre à l’impact de la crise sur leur économie.  Il a ajouté que pour renforcer la transparence des échanges financiers, la mise en œuvre des recommandations de la Commission Stiglitz et de celles contenues dans le document final de la Conférence pourrait être bénéfique tant aux pays pauvres qu’aux pays industrialisés.  Le Secrétaire d’État norvégien a notamment mis l’accent sur la nécessité de renforcer la transparence dans le domaine fiscal et la fixation des prix des marchandises et des cours des matières premières et des produits de base.  La transparence du secteur financier est la clef qui permettrait de sortir de la crise, a-t-il répété, en précisant que le rôle de la commission d’experts de l’ONU sur les questions fiscales devrait être renforcé à l’aune des bouleversements économiques actuels.  Il a également plaidé pour une intensification de la coopération entre l’ONU et les institutions de Bretton Woods qui doivent absolument être réformées, la priorité commune à donner à l’action de ces entités solidaires devant être la protection des groupes les plus vulnérables.  Pour M. Gulbransen, l’effort à déployer devrait viser en priorité la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier ceux relatifs à la santé, à l’éducation et à la sécurité alimentaire. 


M. NOBUHIDE MINORIKAWA, Vice-Ministre des affaires étrangères du Japon, a déclaré que l’une des leçons retenues par son pays à l’issue de la crise financière et économique qui a touché l’Asie de l’Est dans les années 90, fut de mettre l’accent sur le renforcement de la sécurité humaine.  Parmi les autres mesures que le Japon s’est efforcé de prendre depuis une décennie, figure la règlementation étroite des marchés financiers nationaux, la stimulation de l’économie par des dépenses fiscales de grande ampleur et enfin le rejet du protectionnisme.  Jusqu’à présent, le Japon a pris des mesures fiscales de stimulation de l’économie d’un montant de 270 milliards de dollars, a précisé le Vice-Ministre.  Par ailleurs, le Japon a promis de porter son APD à hauteur de 20 milliards de dollars pour la région d’Asie, et a promis 22 milliards de plus pour soutenir le financement du commerce, notamment en faveur de la région Asie-Pacifique.  Dans ce cadre, le Japon mettra à la disposition des pays d’Asie 3 milliards de dollars d’aide au développement d’urgence, destinée à soutenir la consommation et la demande domestiques des populations de ces pays.  Quant à l’Afrique, l’aide japonaise à ce continent va voir son montant doubler, ceci se faisant dans le cadre du suivi des engagements pris lors de la TICAD (Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique), a indiqué M. Minorikawa.  Le représentant du Japon a salué, en conclusion, les réformes entreprises par le FMI et la Banque mondiale pour s’adapter aux défis posés par la crise économique et financière.


M. IDRISS JAZAIRI, Représentant du Président de la République algérienne, s’est dit préoccupé par la montée de l’intolérance dont sont victimes, dans le contexte actuel de crise, les travailleurs migrants dans les pays industrialisés.  Il a ainsi invité ces pays à adhérer à la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.  M. Jazairi a ensuite appelé à la mise en œuvre des conclusions du dernier Sommet du G-20 de Londres, en particulier celles relatives à la nécessité de sélectionner les dirigeants des institutions de Bretton Woods sur une base géographique ouverte et en fonction de leurs mérites.  Poursuivant son allocution, l’orateur a indiqué que son pays accueillait favorablement l’acception par le G-20 de nouveaux droits de tirage spéciaux (DTS) au FMI, cette orientation étant toutefois sujette à caution dès que la répartition de ces fonds se fait en fonction des quotes-parts actuelles des États Membres et non en fonction de leurs besoins respectifs.  Nous appelons les institutions financières à ne plus privilégier, dans l’octroi de liquidités, l’ajustement structurel au détriment du développement socioéconomique, a déclaré M. Jazairi, avant de plaider pour l’édification d’un système monétaire et financier international réellement multilatéral, y compris en matière de gestion de réserves.  Il a par ailleurs réaffirmé l’enjeu de la prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, prévue à Copenhague: à savoir, mettre en place les moyens financiers et technologiques à même de permettre aux pays africains de s’adapter aux défis des changements climatiques, sans ralentir pour autant leurs taux de croissance. 


M. FOWZI YOUSEF AL-HUNAIF, Directeur des opérations du Fonds du Koweït pour le développement économique arabe, a indiqué que son pays avait pris des mesures pour limiter les effets de la crise financière et économique mondiale.  Ainsi, un investissement à long terme a été consenti au niveau national pour stabiliser l’économie.  En ce qui concerne les pays en développement, une Conférence a été organisée à l’initiative de l’Émir du Koweït, permettant de réunir 2 milliards de dollars pour consolider le secteur privé des pays arabes en difficulté, a indiqué le représentant koweitien.  Évoquant le Fonds qu’il dirige, M. Al-Hunaif a expliqué que ce Fonds accordait des prêts à faible taux d’intérêt pour financer des projets dans les secteurs des transports, de l’énergie, du développement rural et de la sécurité alimentaire, que ce soit au niveau national qu’à l’échelle régionale.


M. HUMPHREY S. HILDENBERG, Ministre des finances du Suriname, a noté l’impact négatif de la crise sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Les gains engrangés dans la recherche de ces objectifs ont, en partie, été annulés du fait de la débâcle du système financier international.  La grande majorité de nos pays n’ont pas les moyens financiers de répondre à la crise, a dit M. Hildenberg, ce qui les empêche de prendre des mesures anticycliques comparables à celles mises en œuvre par les pays industrialisés.  Le Ministre des finances du Suriname a ensuite attiré l’attention sur les répercussions de la crise au niveau de l’environnement, qu’aggrave en outre la réduction des investissements dans la protection des forêts et dans le développement des énergies renouvelables.  Il a appelé les États Membres à s’engager à renforcer la transparence des institutions financières internationales et à élargir leur participation à la lutte contre les effets de la crise.  Enfin, il a appuyé la proposition du Secrétaire général de mettre sur pied un mécanisme de suivi et de détection des vulnérabilités.


M. OBAID HUMAID AL TAYER, Ministre d’État chargé des affaires financières des Émirats arabes unis, a noté que les développements récents ont prouvé à quel point le monde d’aujourd’hui est interdépendant.  Cependant, même si les effets négatifs de la crise se font sentir partout dans le monde, il n’en reste pas moins que c’est le monde en développement qui est le plus durement touché, alors même qu’il n’est ni à l’origine, ni responsable de la crise.  « C’est la raison pour laquelle il est impératif que tous les pays travaillent de concert pour trouver une solution à cette crise et pour apporter une aide immédiate aux pays en développement afin de leur donner les moyens de faire face aux conséquences de la crise et de relancer leurs économies », a affirmé M. Al Tayer.  Les Émirats arabes unis partagent l’avis selon lequel il faut engager une réforme fondamentale du système financier international et des cadres économiques et commerciaux multilatéraux, en mettant en place des mécanismes pour éviter que le genre de crise que le monde traverse aujourd’hui ne se reproduise.  Il faut en particulier créer des mécanismes de contrôle et de supervision des marchés financiers.  Il revient également à tous les pays de mettre en place les mesures nécessaires sur le plan national pour gérer les conséquences de la crise, a dit M. Al Tayer.  Pour ce qui est des OMD, les Émirats estiment que, indépendamment de la crise, les pays développés doivent continuer à respecter leurs engagements en termes d’aide au développement.  Le représentant a également expliqué que les Émirats arabes unis étaient moins touchés par cette crise, car ils ont pris des mesures de précaution tant sur le plan économique que financier, ce qui a permis de protéger leurs économies.  Les Émirats poursuivront leur politique étrangère, basée sur le principe d’une coopération internationale constructive et des contributions à l’aide au développement, soit par des investissements directs, soit par des crédits à taux préférentiels, par des dons ou par le financement de programmes de développement dans d’autres pays.


M. RICHARD DÉSIRÉ FIENENA, Ministre de l’économie et de l’industrie de Madagascar, a plaidé pour le rétablissement de la confiance et la réforme du système financier international en vue de remettre les pays en développement sur la voie de la prospérité.  Promouvoir un commerce international adapté aux réalités actuelles et rejeter le protectionnisme sont des impératifs nécessaires pour bâtir une croissance universelle, verte et durable, a dit M. Fienena.  Le Ministre malgache a ensuite insisté sur l’importance de débloquer d’urgence des fonds d’intervention pour éviter que la crise économique ne se transforme en une crise sociopolitique généralisée.  Il a également souligné que les clefs de l’investissement dans les pays en développement se trouvaient entre les mains du secteur privé, qui est le vrai moteur de l’emploi et du développement des infrastructures.  Le Ministre de l’économie et de l’industrie de Madagascar a par ailleurs répété que le cadre de gouvernance des grands centres de décision multilatéraux devait s’ouvrir aux pays émergents, voire aux pays en développement, sur la base de la notion de coresponsabilité qui doit régir le fonctionnement du secteur économique mondial.  Concluant son intervention, il a appelé à la mise en place de réponses durables aux défis de la crise climatique, par l’intermédiaire notamment d’outils de financement innovants. 


M. ALRICH NICOLAS, Ministre des affaires étrangères d’Haïti, a déclaré qu’en Haïti, la contraction des transferts d’argent des travailleurs migrants a eu pour conséquence une baisse de l’investissement aussi bien physique que dans le capital humain.  Ces transferts financiers jouent un rôle primordial dans l’amélioration de l’accès à la santé et à l’éducation en Haïti, a indiqué le Ministre.  La baisse de ces transferts met en péril les réseaux familiaux de protection sociale, risquant ainsi d’engager le pays dans un nouveau cycle de pauvreté, a prévenu M. Nicolas.  Il a préconisé la refonte complète des « structures d’inégalité » du système financier international, qui doivent être démocratisées et représenter enfin tous les pays de la planète, en leur donnant voix au chapitre.  « Le monde se doit de prendre des mesures décisives et concrètes en faveur de l’établissement d’un système économique et financier international plus juste et transparent », a insisté le Ministre.


M. AUGUSTO DA SILVA TOMAS, Ministre des transports de l’Angola, a estimé que, face à la crise actuelle, la communauté internationale devrait axer ses efforts sur la régulation de la mise sur le marché de nouveaux produits financiers, ou encore sur le renforcement du rôle d’arbitre des Nations Unies dans le domaine de la gouvernance économique et financière.  C’est par le biais des Nations Unies, que peut être assurée la participation de tous les pays, petits et grands, aux processus de prise de décisions, a-t-il dit.  Selon M. da Silva Tomas, la refonte des institutions financières multilatérales doit s’effectuer en tenant dûment compte des besoins particuliers des pays en développement.  L’accent doit être mis d’urgence sur le coût social de la crise, sachant qu’elle pourrait avoir de graves conséquences sur le bien-être des couches les plus vulnérables de la population, a encore indiqué le Ministre des transports de l’Angola, qui a souhaité que la présente Conférence soit l’occasion de réfléchir collectivement et de manière constructive à l’édification d’un nouveau cadre économique mondial. 


M. WYCLIFFE AMBETSA OPARANYA, Ministre d’État à la planification du Kenya, a déclaré qu’il était indispensable de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour relever les défis posés par la crise.  L’économie kényane a connu un fléchissement de sa croissance, en particulier dans le secteur touristique, dont elle dépend largement, a-t-il regretté.  Le Ministre a lancé un appel à la communauté des donateurs pour qu’elle tienne les engagements qu’elle a pris, notamment au titre de l’aide publique au développement (APD).  Le G-20 n’a pas entièrement répondu aux attentes des pays en développement, en particulier des pays africains, dans la question de la réforme des institutions de Bretton Woods, qui doivent devenir plus efficaces et représentatives, a ajouté le Ministre.


M. MARTIN DAHINDEN, Secrétaire d’État pour la coopération au développement de la Suisse, a déclaré que la crise avait mis en lumière des défauts fondamentaux dans les systèmes nationaux de réglementation de la finance, de la concurrence et de la gouvernance d’entreprises, mais aussi au niveau des institutions internationales et des mécanismes chargés d’assurer la stabilité économique et financière.  La réglementation ne doit pas être brandie comme l’ultime panacée, car ce sont souvent les comportements d’avidité et de cupidité qui sont au cœur des problèmes économiques et qui mettent la sécurité commune en danger, a estimé M. Dahinden.  Évoquant le rôle de l’ONU, M. Dahinden a estimé que l’Organisation offrait une plate-forme d’échanges permettant d’intégrer les opinions de toutes les parties impliquées dans la recherche de solutions aux défis globaux.  Les Nations Unies devraient ainsi donner plus largement la parole aux parties les plus démunies, a-t-il dit, avant de demander que soient analysés la crise et ses effets, et d’encourager la prise en compte des responsabilités aux niveaux social et environnemental.  M. Dahinden a en outre défendu l’idée de création d’un groupe d’experts sur les risques systémiques dont le fonctionnement pourrait s’inspirer de celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).


M. MOHAMED EL ORABY, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a déclaré qu’il était indispensable de mobiliser la volonté politique internationale pour mettre fin à la crise financière et économique actuelle.  Il a estimé que dans une première étape, il faudrait injecter des ressources financières supplémentaires dans l’économie mondiale et respecter les principaux engagements pris lors de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement de Doha.  En outre, les pays développés et les institutions financières internationales doivent redoubler d’efforts pour venir en aide aux pays en développement, a dit M. El Oraby.  Afin de soutenir les efforts internationaux, le continent africain a organisé un sommet et établi un comité des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales en vue de réfléchir à des actions concertées, a-t-il ajouté.  De leur côté, les institutions de Bretton Woods seraient inspirées de mettre en place des réformes pour devenir plus représentatives et plus démocratiques, a suggéré le Vice-Ministre égyptien.


M. KAK-SOO SHIN, Vice-Ministre des affaires étrangères et du commerce de la République de Corée, a rappelé que son pays avait à maintes reprises interpellé le G-20 sur la nécessité d’inclure les pays en développement au processus de refonte du système financier mondial.  Pour l’heure, il est crucial, a-t-il dit, d’assurer la pleine mise en œuvre des engagements pris en faveur de la croissance et de l’emploi, et ceci, de manière transparente.  M. Kak-soo Shin a mis l’accent sur l’importance de respecter à cette fin les engagements pris en matière d’aide au développement.  La République de Corée a prévu de tenir, en 2011, un forum de haut niveau pour précisément galvaniser la communauté des donateurs en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon de 2015, a annoncé le Vice-Ministre coréen.  Concernant la présente Conférence, M. Kak-soo Shin a estimé qu’elle représentait une étape fondamentale en vue de renforcer le rôle de coordonnateur des stratégies économiques mondiales qui doit revenir aux Nations Unies. 


M. SHAMSUDDEEN USMAN, Vice-Président de la Commission de planification nationale du Nigéria, a déclaré qu’en dépit de son caractère global, la crise financière et économique avait reçu des réponses différentes selon les pays.  Au Nigéria, un Comité présidentiel a été établi pour surveiller les effets de la crise et formuler des solutions, a expliqué M. Usman, qui a également fait part du plan de relance mis en place par le Nigéria.  Saluant les recommandations de la Commission Stiglitz, il a déclaré que son pays apportait son appui à la proposition du Bureau international du travail visant à encourager les États à adopter un Pacte du travail décent.  L’impact de la crise aurait été bien pire pour le Nigéria si le Gouvernement n’avait pas entrepris, depuis 2003, de vastes réformes économiques, dont la consolidation du secteur bancaire, a précisé le Vice-Président de la Commission de planification nationale du Nigéria.


M. PRADIT PHATARAPRASIT, Vice-Ministre des finances de la Thaïlande, a qualifié de « virus » les mesures protectionnistes qui mettent, selon lui, en danger le développement des sociétés, en particulier celles des régions les plus sévèrement touchées par la crise financière et économique mondiale.  Pour le ministre thaïlandais, le protectionnisme est une menace aux efforts visant à rétablir la santé économique des pays et fait craindre que les progrès réalisés ces dernières années par les pays en développement soient anéantis.  Le remède à ce mal se trouve entre nos mains, notre volonté politique commune devant nous conduire à la mise en place de politiques financière, économique et commerciale tournées vers la recherche du bien-être du plus grand nombre, a estimé l’orateur.  Il a ensuite évoqué les diverses initiatives prises dans le cadre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) pour encourager la circulation de flux de capitaux vers ces pays et soutenir ainsi leur activité économique.  Ceci constituerait le meilleur rempart aux effets néfastes de la crise, a-t-il dit.


M. OSCAR ERASMO VELASQUEZ, Vice-Ministre de l’économie du Guatemala, a indiqué que les effets de la crise se sont fait sentir dans son pays, dans tous les secteurs.  Les échanges comptes avec l’étranger sont affectés, a-t-il dit, citant le cas des exportations, réduites de 4,6% au cours des quatre premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière.  Les revenus tirés du tourisme ont aussi baissé de 4,3% pendant la même période.  Il en découle une stagnation de l’activité économique et de l’emploi, alors que ces indicateurs étaient positifs ces dernières années, a signalé le Vice-Ministre.  Mais le Gouvernement a réagi, a-t-il ajouté, avec l’adoption notamment d’un programme national d’urgence et de rétablissement économique.  Il a aussi souligné la nécessité de bénéficier de la coopération internationale pour soutenir les efforts nationaux.  Enfin, tout en saluant la réaction rapide du G-2O, qui s’est réuni à Londres en avril, il a souhaité que les Nations Unies contribuent de façon significative à la réponse à la crise.


Mme SORAYA RODRIGUEZ, Secrétaire d’État à la coopération internationale de l’Espagne, s’est alarmée des conséquences négatives de la crise et de son impact sur les vies humaines, notamment dans les pays en développement.  Elle a indiqué que 50 à 90 millions de personnes supplémentaires feront face à l’extrême pauvreté cette année et que le nombre de personnes souffrant de la faim devrait dépasser un milliard.  Mme Rodriguez a poursuivi son propos en indiquant que si aucune décision n’était prise, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement risquait d’être sérieusement menacée.  La représentante de l’Espagne a souhaité le renforcement du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) afin d’en faire un organe de référence, plutôt que d’établir de nouveaux organes ou institutions.  Elle a ajouté que les pays ne peuvent relever seuls les défis auxquels ils sont confrontés, et à rappelé que les changements climatiques, l’accroissement de la pauvreté et des maladies s’ajoutent à l’instabilité financière générale.  Cette crise financière est nouvelle et n’a aucun précédent dans l’histoire de l’humanité, notamment en raison de sa durée, de son impact et de sa propagation.  La sévérité de cette crise nous offre l’opportunité d’améliorer notre système et d’y apporter les changements nécessaires afin de prévenir les prochaines crises.  Et nous devons aujourd’hui prendre les bonnes décisions et créer un monde plus équitable, a exhorté la représentante de l’Espagne.


M. ANATOLII MAKSIUTA, Vice-Ministre de l’économie de l’Ukraine, a affirmé que la crise financière et économique mondiale avait eu un impact sérieux sur son pays, en particulier sur le secteur de l’acier, dont la production a baissé de plus de 30% au cours du premier semestre 2008 par rapport à l’an dernier.  En outre, le secteur bancaire connait encore de réelles difficultés, comme en témoigne la diminution du nombre de prêts, a précisé M. Maksiuta.  Il a expliqué qu’en dépit de l’aide des institutions financières internationales et de celle de la communauté internationale, la récession est si profonde qu’elle nécessite une action plus énergique en faveur de la relance du développement.  En Ukraine, a-t-il souligné, un relèvement économique rapide permettrait de résoudre le problème de la crise alimentaire, qui se pose aussi de manière urgente.


M. LÁSZLÓ VÁRKONYI, Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères de la Hongrie, a estimé que la responsabilité de la communauté internationale des donateurs est d’aider les pays qui sont dans le besoin à ne pas perdre les bénéfices et les progrès qu’ils avaient accomplis dans leur recherche du développement au cours des dernières décennies.  Il a précisé que son pays, qui avait mis en œuvre des programmes en tant que donateur en Afghanistan, au Viet Nam et dans des pays à revenus moyens de sa région, était prêt à partager son expérience avec le reste de la communauté internationale.  Il a ensuite estimé qu’il fallait utiliser les institutions et mécanismes existants pour répondre à la crise, tout en les renforçant.  La Hongrie alloue d’ailleurs la majeure partie de son aide publique au développement aux organisations internationales de développement et aux institutions financières internationales, a relevé M. Várkonyi.  Le représentant a aussi suggéré d’améliorer la capacité de réaction des pays aux crises.


Mme OLGA ALGAYEROVA (Slovaquie) s’est dite concernée par l’impact de la crise financière aussi bien sur les pays en développement que sur les pays développés.  Les crises économique et financière, couplées avec les crises climatique, énergétique et alimentaire, ont eu des incidences sur les vies de dizaines de millions de personnes autour du monde, a déploré la représentante.  Cela a provoqué une augmentation globale de la pauvreté et des inégalités, avec les conséquences politiques et sociales négatives que l’on observe.  La représentante a estimé que la crise économique aura également un impact sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Mme Algayerova a lancé un appel pour que les difficultés financières actuelles ne posent pas d’obstacles aux engagements pris par la communauté internationale.  Les pays développés doivent s’assurer que les aides promises ne soient pas victimes de choix budgétaires restreints, a-t-elle dit.  La représentante a noté que la crise avait crée une rare opportunité d’améliorer significativement la gouvernance mondiale et de créer un nouvel ordre économique, plus fort, plus sein, plus équitable.  Elle a souhaité que les Nations Unies jouent un rôle central.  Cette Conférence que nous tenons aujourd’hui devant l’Assemblée générale est l’occasion pour l’ONU de s’organiser et de prendre les mesures nécessaires pour le rétablissement économique mondial.


M. ANDREJ BENEDEJČIČ, Directeur général pour les affaires multilatérales du Ministère des affaires étrangères de la Slovénie, a lui aussi demandé à la communauté internationale de « maintenir l’élan nécessaire à la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) » dans le contexte actuel de crise.  Il a à cet égard encouragé les pays développés à respecter les engagements pris au titre de la Déclaration de Doha sur le financement du développement, de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement, et du Programme d’action d’Accra sur ce même thème.  En tant que membre de l’Union européenne (UE), la Slovénie se doit de rappeler son plein soutien aux actions stratégiques et ciblées entreprises par l’Union pour aider les pays en développement, et elle appelle les autres parties prenantes à se joindre à ses efforts. 


M. STEFANO MANSERVISI, Directeur général au développement de la Commission européenne, a estimé que le leadership et l’engagement de l’Union européenne étaient déterminants dans la réponse à apporter à la crise.  Il a cependant encouragé tous les autres donateurs à assumer leurs responsabilités.  Pour sa part, la Commission européenne a mis en place un instrument pour faire face à la vulnérabilité, destiné à assister les pays en développement les plus durement touchés.  En outre, a ajouté M. Manservisi, l’Union européenne a prévu de renforcer le Fonds d’affectation pour l’Afrique, mis en place pour promouvoir les infrastructures du continent.  Le Directeur a également recommandé de veiller à la bonne gouvernance dans le domaine fiscal, de manière à pouvoir lever de nouvelles ressources au niveau national et relancer l’investissement direct étranger.


M. CHARLES MUTALEMWA, Secrétaire permanent au Plan de la République-Unie de Tanzanie, a déclaré que la crise avait notamment entraîné une baise brutale des taux de croissance des pays africains les plus dynamiques.  Le chômage et l’accès réduit au crédit et au financement du commerce, sont désormais les maux auxquels doivent faire face la Tanzanie et ses voisins, a-t-il dit.  L’orateur a ajouté que la récession avait eu pour effet terrible de ralentir l’activité des secteurs les plus porteurs de l’économie de son pays, comme le tourisme, pour lequel la Tanzanie a fourni des efforts considérables afin de mettre en valeur ses trésors nationaux.  Pour M. Mutalemwa, l’urgence est de relancer les investissements et de faire échec aux velléités protectionnistes des pays industrialisés, qui, en voulant se protéger, portent directement préjudice aux pays en développement.  Ces pays doivent honorer, comme ils s’y sont engagés à Londres lors du Sommet du G-20, leurs engagements en matière d’APD, pour notamment permettre aux pays les plus fragiles de rester dans la course à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a encore préconisé le responsable tanzanien.  Il a, enfin, salué le projet de création d’un mécanisme de suivi et de détection des vulnérabilités, comme annoncé hier par le Secrétaire général de l’ONU.


Mme GEORGES ABOUA, Directeur du Département des Nations Unies et des organisations internationales au Ministère des affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, a déclaré que cette Conférence était l’occasion de réaffirmer la solidarité internationale en vue de trouver une solution à la crise mondiale.  Il a estimé que celle-ci ne devait pas être une excuse pour ne pas tenir les engagements pris en matière d’aide publique au développement.  Au niveau national, la Côte d’Ivoire a pris des mesures sur le plan économique afin de ramener à hauteur de 3,9% son taux de croissance pour 2009, contre 2% en 2008, a-t-il dit.  Le représentant s’est félicité de l’assistance que prête le Fonds monétaire international à son pays dans ce contexte.  M. Aboua a réitéré en conclusion l’appel lancé par la Côte d’Ivoire à la communauté internationale pour qu’elle s’engage de manière collective contre la crise.


M. ABDULRAHMAN ALMOFADHI, Représentant de l’Arabie saoudite auprès de la Banque mondiale, a estimé que la situation actuelle exigeait de la part de la communauté internationale un effort vigoureux et durable de réduction de l’impact de la crise financière et économique mondiale, en particulier en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  En outre, le système financier international doit être réformé pour éviter la survenue d’autres crises de ce type, a-t-il dit, en ajoutant que les pays industrialisés devaient à la fois s’accorder sur les règles commerciales dans le cadre du des négociations de Doha et se garder de tout réflexe protectionniste.  Le représentant a ensuite mis l’accent sur l’action de son pays en matière d’aide aux pays les plus durement touchés par la crise, le Conseil économique suprême saoudien ayant décidé, a-t-il dit, de consacrer 400 milliards de dollars à cet effort au cours des cinq prochaines années.  M. Almofadhi a également estimé que le dialogue entre les principaux acteurs économiques devait viser le renforcement de la coopération entre les institutions de Bretton Woods et les Nations Unies. 


M. GIANDOMENICO MAGLIANO, Directeur général de la coopération économique au Ministère des affaires étrangères de l’Italie, a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte une réponse prompte et forte aux crises économiques et financières qui affectent le monde.  Il a noté que des efforts avaient été déployés pour enrayer la crise.  Il a estimé qu’aucun des défis auxquels le monde fait face, notamment la crise économique, les changements climatiques et l’insécurité alimentaire, ne seront résolus sans un engagement de toutes les parties, pays développés, en développement ou émergents.  Il a souhaité que chaque État ou groupe partage la responsabilité de la crise et contribue à l’instauration d’un nouveau cadre dans le but de créer un nouvel ordre économique mondial.


S’exprimant également au nom du Groupe CANZ, qui outre son pays comprend l’Australie et la Nouvelle-Zélande, M. JOHN MCNEE (Canada) a déclaré que les trois pays avaient pris des engagements pluriannuels de soutien au développement dans la plupart des régions du monde.  Pour sa part, le Canada s’est engagé à verser un montant additionnel de 10 milliards de dollars dans les mécanismes bilatéraux temporaires du Fonds monétaire international pour faire en sorte que les marchés émergents et les pays en développement aient accès aux capitaux dont ils ont besoin pour atténuer les effets de la crise financière et économique mondiale, a dit M. McNee.  Ce montant sera plus tard intégré à l’engagement permanent pris par le Canada dans le cadre du mécanisme de « Nouveaux accords d’emprunts » élargi et amélioré, auquel l’Australie a également contribué à hauteur de 7 milliards de dollars, a précisé le représentant.


M. DELANO FRANK BART (Saint-Kitts-et-Nevis) a souligné que les structures qui nous gouvernent depuis maintenant 60 ans ont besoin d’être actualisées, réparées, réformées et restructurées.  La crise financière et économique qui nous a touchés est le résultat d’une accumulation de déficiences de notre système international, a-t-il estimé.  Il est important que les États Membres s’engagent pleinement auprès des Nations Unies et leur apportent leur soutien afin de lutter contre l’impact de la crise, a-t-il ajouté.  Il faut renforcer le système des Nations Unies et réformer les institutions de Bretton Woods et les autres institutions financières multilatérales et régionales, a-t-il préconisé, comme un remède pour faire face à la crise.  Enfin, il a noté qu’en dehors de la crise économique, les changements climatiques, les émeutes de la faim et la crise énergétique, restaient des défis auxquels le monde doit aussi faire face.


M. TOMMO MONTHE (Cameroun) a estimé que les mesures prises par les gouvernements des pays en développement pour répondre à l’impact de la crise financière et économique mondiale, aussi nécessaires soient-elles, n’étaient pas suffisantes.  Au Cameroun, les indicateurs font état d’une perte nette de recettes budgétaires hors financements extérieurs, au cours du premier semestre 2009, de l’ordre de 71,3 milliards de FCFA (environ 155 millions de dollars), soit une diminution de 14,2% par rapport à la même période l’an dernier.  Les cours du bois, du coton, de l’aluminium et de l’hévéa sont en baisse.


Rappelant la nécessité de mettre en œuvre l’engagement trentenaire des pays riches de consacrer 0,7% de leur produit national brut à l’aide publique au développement, M. Monthe a préconisé, se référant aux recommandations de la Commission Stiglitz, que ces mêmes pays riches versent aux nations du Sud 1% des fonds alloués à leurs plans de relance.  Une telle initiative entrerait dans le cadre d’un plan de redressement économique mondial, de nature à assurer une sortie collective de la crise, a-t-il dit.  Pour le représentant du Cameroun, la nécessaire augmentation de l’aide doit en outre être sous-tendue par des méthodes appropriées de gestion, axées notamment sur les principes de prévisibilité, d’harmonisation, de contrôle et d’évaluation des résultats suivant les priorités nationales des pays bénéficiaires.  M. Monthe a de plus jugé que l’environnement économique international, qui a désormais une incidence directe sur le bien-être et le devenir de l’humanité, doit être considéré comme un bien public mondial.  La gestion d’un tel bien ne peut s’inscrire que dans une approche multilatérale inclusive, a-t-il considéré.  Le représentant a ainsi estimé que la nouvelle gouvernance économique mondiale devra être plus inclusive au niveau des instances et des processus de prise de décisions. 


M. ALI’IOAIGA FETURI ELISAIA (Samoa) a affirmé que la crise financière et économique actuelle était un problème mondial qui nécessitait une réponse mondiale.  Pour être efficace, il faut agir maintenant, et de manière décisive, a-t-il dit.  À ses yeux, le document final de la Conférence représente un synopsis consensuel de la crise financière, de ses causes, de son impact et des remèdes à lui apporter.  L’appui de la Conférence aux réformes actuelles et programmées de la gouvernance économique et financière mondiale, et la nécessité d’une coopération accrue et significative entre les Nations Unies et les institutions financières internationales doivent faire l’objet d’une mention particulière, a-t-il dit.  En attendant, l’an prochain, une décision qui pourrait faire sortir Samoa du Groupe des pays les moins avancés (PMA), le représentant a affirmé que l’impact catastrophique de la récession mondiale sur l’économie nationale samoane au cours de la période critique de transition avait affecté les efforts entrepris pour remplir les critères établis par l’Assemblée générale sur les PMA.


M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) a indiqué que la sévérité et la magnitude de la crise actuelle n’épargnaient aucun pays.  Le monde est probablement en train d’expérimenter la pire crise économique et financière de son histoire, qui vient s’ajouter aux crises alimentaire et énergétique et aux défis liés aux changements climatiques qui se posaient déjà.  Il s’est alarmé des impacts de la crise sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et des conséquences dramatiques de la crise sur les sociétés vulnérables, et notamment sur les femmes et les enfants.  Il a indiqué que cette crise financière devait inciter les États à repenser les politiques économiques actuelles, et plus particulièrement l’optimisme parfois excessif de l’autorégulation dont serait capable le libre marché économique.  Cette crise doit nous obliger à reconsidérer la réforme de nos institutions financières, a-t-il conclu.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a estimé que le FMI était la seule institution capable de faciliter la transition vers l’adoption d’une monnaie unique internationale.  À moyen terme, a-t-elle suggéré, un mécanisme monétaire pourrait être chargé d’établir des systèmes monétaires régionaux, équitables et transparents, pour faciliter et assainir les échanges commerciaux et en devises à ce niveau.  Pour la représentante, toute mesure destinée à contrer les effets néfastes de la crise devra être prise avec l’assentiment des États Membres des Nations Unies et en s’appuyant sur des fonds spéciaux régionaux analogues à ceux créés par l’Initiative de Chiang Mai, qui a été signée par les ministres des finances de l’ANASE au lendemain de la crise asiatique de 1997/1998, et qui est destinée à aider les pays de la région à faire face aux crises économiques. 


M. MARTY NATALEGAWA (Indonésie) a appelé les États Membres à prendre des actions en synergie et en harmonie pour faire face à la crise.  Au niveau international, la première chose à faire est de limiter l’incidence de la crise sur le développement humain, a-t-il dit, en aidant les pays en développement dans leurs efforts d’atténuation des effets de la crise.  C’est pour s’en assurer que l’Indonésie a participé au G-20, a-t-il précisé.  Le représentant a ensuite exprimé le souhait que la réforme du système financier et économique international soit inscrite dans une approche mondiale de réponse à la crise.  Les pays en développement doivent avoir une plus grande place dans ce processus, a-t-il demandé.  Le représentant a ensuite expliqué comment son pays résistait tant bien que mal à la crise, grâce aux réformes entreprises après la crise financière asiatique de 1997/1998.  Le pays renforce aussi son programme de lutte contre la pauvreté, a-t-il indiqué, ce qui permet d’y réduire le chômage.


Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a estimé que le document final qui devrait être adopté par la Conférence représente une étape dans la bonne direction.  Il couvre des domaines où la contribution du système des Nations Unies peut être efficace et complémentaire par rapport aux actions d’autres institutions.  La représentante a souligné l’importance des incitations fiscales et de la coopération internationale pour répondre aux besoins du monde en développement.  La crise présente une opportunité de donner un nouvel élan à des stratégies destinées à améliorer l’impact de la coopération internationale, a-t-elle estimé.  Elle a appelé les États Membres à résister au protectionnisme dans le commerce, la finance et les migrations.  Selon elle, les actions importantes à mener pour résoudre la crise sont notamment d’arriver à une plus grande cohérence dans les politiques macroéconomiques au niveau mondial, de renforcer le contrôle et la réglementation dans le domaine financier, et de renforcer et de réformer les institutions financières internationales.


M. MEMDUH AKCAY, Directeur général des relations économiques étrangères de la Turquie, a déclaré que le Gouvernement turc avait pris des mesures fiscales drastiques pour juguler la crise financière et économique dans son pays.  Il a appelé le Secrétaire général à préparer un rapport sur les nouvelles barrières qui se posent dans le domaine des échanges commerciaux internationaux.


M. GONZALO GUTIERREZ (Pérou) a déclaré que pour sortir de la crise, il était nécessaire d’aller au-delà du seul secteur bancaire et de réformer le système financier international dans son ensemble.  En effet, à l’heure actuelle, l’économie réelle et l’économie spéculative sont séparées, a fait observer le représentant qui a aussi attiré l’attention sur la situation des migrants dans les pays d’accueil.  Le système des Nations Unies a un rôle important à jouer pour que soient pris en compte de tels aspects dans la régulation à appliquer à une économie mondialisée, a ajouté le représentant.


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) s’est dit convaincu que la supervision des échanges financiers était bien la clef pour sortir durablement de la crise financière et économique mondiale actuelle.  Toutefois, a-t-il prévenu, trop de réglementation risque de freiner la mise en œuvre des programmes de recherche/développement dont peuvent bénéficier les pays les plus durement touchés par la récession, par l’intermédiaire notamment des transferts de technologies opérés des pays industrialisés vers les pays en développement. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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