Conférence de presse du Président de l’Équateur sur la crise financière et économique mondiale et son impact sur le développement

25 juin 2009
Conférence de presse

Conférence de presse du Président de l’Équateur sur la crise financière et économique mondiale et son impact sur le développement

25/06/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE L’ÉQUATEUR SUR LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE MONDIALE ET SON IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT

« Le Fonds monétaire international (FMI) devrait être supprimé au profit de fonds de réserve régionaux et d’autres mesures collectives » a déclaré ce matin, au Siège des Nations Unies, le Président de l’Équateur, M. Rafael Correa, au cours d’une conférence de presse sur l’impact de la crise financière et économique mondiale sur le développement.

« Il faut l’éliminer de la surface de la planète », a encore insisté le Président de l’Équateur qui venait de prononcer une allocution devant l'Assemblée générale sur la crise financière et son incidence sur le développement.  Une architecture financière régionale dotée de moyens pour assister à faire face aux crises serait une alternative au FMI, a-t-il ajouté.  L’Équateur, a rappelé le Président Correa, a réussi à sortir de la crise grâce à des mesures collectives prises conjointement avec des pays amis que le FMI n’aurait jamais approuvées car elles étaient en contradiction avec les principes de l’économie de marché capitaliste.  Il a estimé que la compétition et l’absence de régulations promues par le FMI au cours des dernières décennies avait contribué à causer des problèmes économiques sévères en Amérique latine, faisant remarquer que les gens étaient plus importants que les marchés, et que la protection de biens publics comme l’environnement nécessitait la mise en place d’une gestion collective.     

Tout en estimant que le pire était passé, le Président de l’Équateur a noté que les transferts de fonds provenant des Équatoriens travaillant à l’étranger demeuraient faibles, et que le prix du pétrole avait augmenté forçant le Gouvernement de l’Equateur à revoir son budget.  Il a indiqué que le pays avait un déficit de deux milliards de dollars, représentant 4% de son PIB.  Il a espéré que, grâce à l’aide apportée par les partenaires, ce déficit sera comblé, citant notamment un projet de programme d’investissement à hauteur de quatre milliards de dollars.

De l’avis du Président Correa, le modèle économique pour le XXIème siècle serait un socialisme qui s’inspirerait des économies scandinaves, en insistant sur le caractère impératif de la notion de justice.  Le néo-libéralisme a aggravé l’injustice en Amérique latine, a encore dit le Président de l’Équateur en mettant l’accent sur la suprématie du travail humain sur le capital et l’importance de l’avènement du socialisme au XXIè siècle.

S’agissant de la proposition du Président de l'Assemblée générale, M. Miguel d’Escoto Brockmann, visant à demander aux États industriels d’accorder 1% des fonds consacrés aux mesures de stimulation pour aider les pays en développement, il a indiqué qu’il n’y avait aucune chance que cela aboutisse.  Les pays développés, a-t-il fait remarquer, n’ont jamais été en mesure de respecter les objectifs, pourtant agréés, concernant l’aide publique au développement (APD).

Plutôt que des mesures de charité, il a souhaité une compensation juste pour l’utilisation de biens environnementaux comme l’air propre produit par le bassin de l’Amazonie.  Dans l’intérêt de la protection de l’environnement, l’Équateur a proposé une assistance qui permettrait de réduire de 50% la pollution, grâce à la protection des forêts, a-t-il indiqué.  Par ailleurs, en matière d’investissements étrangers directs, le Président Correa a cité des négociations en cours basées sur la solidarité avec la Fédération de Russie, la Chine et, notamment, l’Iran qui finance déjà deux stations hydroélectriques. 

Le Président de l’Équateur a formé le vœu que de bonnes relations soient établies avec la nouvelle Administration américaine dirigée par le Président Barack Obama dont il salue la volonté de nouer de réels liens de solidarité avec le reste du monde.  Il a également salué la détermination de la Secrétaire d’État américaine, Mme Hillary Clinton. 

Répondant aux attaques sur ses prétendus liens avec les FARC de Colombie, le Président Correa a fustigé des allégations mensongères en précisant que son Gouvernement allait engager des poursuites à l’encontre du Wall Street Journal pour avoir publié un article diffamatoire.  Il a insisté sur la volonté de l’Équateur de régler ses différends avec la Colombie par le biais des institutions régionales et de la Cour internationale de Justice (CIJ). 

Pour ce qui est de l’incidence de la Conférence de l'Assemblée générale sur l’impact de la crise économique et financière sur le développement, le Président de l’Équateur a dit que le plus important était que la voix des pays en développement soit entendue.  « Nous  […] et à tracer une voie à mesure que nous progresserons afin d’offrir de nouvelles alternatives », a–t-il insisté.

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