Conférence de presse sur l’édition 2009 du rapport de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur les catastrophes naturelles

16 juin 2009
Conférence de presse

Conférence de presse sur l’édition 2009 du rapport de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur les catastrophes naturelles

16/06/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE SUR L’ÉDITION 2009 DU RAPPORT DE LA FÉDÉRATION DES SOCIÉTÉS DE LA CROIX-ROUGE ET DU CROISSANT-ROUGE SUR LES CATASTROPHES NATURELLES

L’édition 2009 du Rapport sur les catastrophes naturelles dans le monde de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a été présentée aujourd’hui au Siège de l’ONU à New York.

Au cours d’une conférence de presse, Trygve Nordby, Maarten van Aalst et Yvonne Clarke, de la Fédération internationale, et Simon Mason, Chercheur en climatologie, ont placé cette édition 2009, dont le thème est « alerte rapide, action rapide », dans le contexte des négociations en cours sur le successeur du Protocole de Kyoto*, qui devra régir les questions liées aux émissions de gaz à effet de serre, cause du réchauffement de la planète et des changements climatiques, après 2012.

Le changement climatique, se sont-ils expliqués, est « l’alerte rapide par excellence » des catastrophes naturelles.  L’accord final post-Kyoto, qui sortira en décembre prochain de la Conférence de Copenhague, doit contenir des dispositions sur les conséquences humanitaires des changements climatiques et la mobilisation des ressources nécessaires, en particulier pour les efforts d’adaptation.  Il doit aussi mettre l’accent sur les groupes et les personnes les plus vulnérables aux catastrophes naturelles que compte chaque pays du monde, ont souhaité les experts, en jugeant qu’il est « inutile » de créer de nouveaux mécanismes.

Si l’année 2008 est celle qui a enregistré le moins de catastrophes naturelles, au cours de ces dix dernières années, elle est tout de même la plus meurtrière, après le tsunami survenu en 2004.  Parmi les 326 catastrophes naturelles et 259 catastrophes technologiques, le cyclone Nargis a tué 138 366 personnes au Myanmar au mois de mai 2008, alors qu’une semaine plus tard, le tremblement de terre de Sichuan en Chine faisait 87 476 morts.  Ces deux catastrophes totalisent à elles seules 97% du nombre de morts enregistré l’année dernière.

Lorsque l’on voit, ont poursuivi les experts, que la première catastrophe a affecté 2,4 millions de personnes et la seconde, 46 millions, on mesure toute l’importance de l’alerte rapide, ou du moins, d’un bon état de préparation aux catastrophes naturelles, d’autant plus qu’il est impossible de réduire les risques à zéro.

La réponse à apporter réside dans une meilleure utilisation des données scientifiques.  Les experts ont à cet égard donné l’exemple du Bangladesh qui, frappé par un cyclone, le 27 mai dernier, a pu évacuer à temps quelque 600 000 personnes alors qu’en 1991, le même phénomène y avait fait 500 000 morts. 

Le problème n’est pas seulement d’utiliser les données scientifiques, mais de les faire parvenir le plus directement possible aux gens, par la radio, voire par le système du porte-à-porte.  Même dans ce cas, ont reconnu les experts, il faut leur faire parvenir une information qu’ils soient capables de comprendre.   

La Fédération internationale a mis en place un site Web où les prévisions sont expliqués en « langage simple et à travers des faits précis » et elle a créé tout un réseau de volontaires qui vulgarisent les données sur le terrain mais qui, surtout, reviennent vers les scientifiques pour obtenir des clarifications.  Le monde est devenu « très bon » en prévisions météorologiques mais le « langage compliqué des scientifiques »  ne permet pas toujours aux gens ordinaires de juger de la gravité ou non d’une situation, ont fait remarquer les experts.

Les réseaux de volontaires sont par exemple actionnés dès maintenant en Amérique latine, un continent qui a désormais 66% de chance de revivre le phénomène El Nino cette année, ou encore, en Afrique du Nord, où l’on s’attend à une vague de chaleur dévastatrice. 

Une somme de 1 dollar investie dans l’alerte rapide permet d’économiser 4 dollars en secours d’urgence, ont souligné les experts.  En 2008, les conséquences des catastrophes naturelles ont eu un coût de 181 milliards de dollars, soit ¾ des sommes dépensées lors de l’ouragan Katerina, en 2005.

Les experts ont dénoncé la tendance à financer l’assistance humanitaire et les secours d’urgence par des ponctions dans l’aide publique au développement (APD).  La Fédération internationale, ont-ils indiqué, a mis sur pied un Fonds pour les secours d’urgence en cas de catastrophes (DREF) qui est passé de 4,7 millions de francs suisses en 2004, à 17,8 millions en 2008. 

Ce Fonds complète parfaitement le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires de l’ONU (CERF), ont estimé les experts.  La Fédération internationale travaille avec 186 sociétés nationales, à travers le monde, et publie son rapport annuel sur les catastrophes naturelles dans le monde depuis 1993.  Aux côtés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dont le mandat est plus particulièrement lié à la situation des civils dans les conflits armés, la Fédération internationale constitue le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, réseau humanitaire le plus important au monde.

*     Procotole sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre se rapportant à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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