Conférence de presse de Mme Victoria Tauli-Corpuz, Présidente de l’Instance permanente sur les questions autochtones

27 mai 2009
Conférence de presse

Conférence de presse de Mme Victoria Tauli-Corpuz, Présidente de l’Instance permanente sur les questions autochtones

27/05/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE DE MME VICTORIA TAULI-CORPUZ, PRÉSIDENTE DE L’INSTANCE PERMANENTE SUR LES QUESTIONS AUTOCHTONES

Le développement économique et social, les femmes autochtones et le Programme d’action pour la deuxième Décennie internationale des populations autochtones ont constitué les thèmes principaux des travaux de la huitième session de l’Instance permanente sur les questions autochtones (UNPFII), qui se tient à New York depuis le 18 mai et doit s’achever ce vendredi, a expliqué cet après-midi sa Présidente, Mme Victoria Tauli-Corpuz, des Philippines.  L’Instance était chargée d’examiner la mise en œuvre de ses recommandations sur ces questions, a ajouté la Présidente au cours d’une conférence de presse au Siège de l’ONU.

« Concernant la question du développement social et économique, nous avons parlé des entreprises, en particulier dans le domaine des industries extractives, et examiné la façon dont elles répondent aux plaintes que les peuples autochtones ont portées à l’attention de l’Instance permanente depuis sa première session en 2002 », a indiqué Mme Tauli-Corpuz.  « Nous avons invité John Ruggie, Représentant spécial du Secrétaire général pour la question des droits de l’homme et des sociétés transnationales et autres entreprises, qui a envoyé sa propre représentante s’exprimer devant l’Instance. »

« L’Instance permanente a décidé de soutenir le cadre conceptuel et de politique relatif aux entreprises, en particulier minières, qui a été proposé par le Représentant spécial », a déclaré la Présidente.  Elle a précisé que ce cadre repose sur trois « piliers », à savoir le devoir de l’État de protéger les populations contre les abus des droits de l’homme commis notamment par des entreprises; la promotion des droits des individus et des communautés affectés par l’adoption de politiques pertinentes; et le respect de ces droits par les entreprises qui doivent, par exemple, faciliter les réparations tant judiciaires qu’extrajudiciaires pour les victimes.

« Ce matin, au cours d’une discussion avec des experts, nous avons aussi examiné l’impact de la crise économique et financière mondiale sur les peuples autochtones », a-t-elle indiqué.  Elle a précisé, en effet, que, dans la course vers le redressement de l’économie, cette crise peut entraîner une augmentation des expropriations des terres et territoires des peuples autochtones, ainsi que des violations des droits de l’homme plus fréquentes.

« Les gouvernements et les institutions financières internationales ont relevé le niveau des budgets consacrés à des projets d’infrastructures », a-t-elle indiqué, citant le cas de la Banque mondiale qui a fait passer ces budgets de 15 à 45 milliards de dollars pour 2009.  Mme Tauli-Corpuz s’est inquiétée de cette tendance à accélérer la mise en œuvre de projets qui peuvent avoir des conséquences sur les droits des autochtones.

Elle a illustré ses propos en donnant l’exemple du Canada où les communautés d’amérindiens Kahnawake Mohawks protestent contre les projets d’infrastructures facilitant l’extraction minière.  Ce pays a, en effet, adopté d’importants projets d’infrastructures pour construire des routes qui traversent les territoires autochtones afin d’accéder aux sites d’extraction minière.  La Présidente de l’Instance permanente a rappelé qu’en vertu de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, il faut obtenir l’accord préalable des peuples autochtones pour démarrer ces projets. 

« Nous reconnaissons le besoin de reconstruire les économies, mais nous voulons rester vigilants quant au sort des autochtones qui peuvent être déplacés du fait de ces projets », a-t-elle déclaré.  Il faut, a-t-elle estimé, les impliquer dans l’élaboration des projets.

« Nous avons aussi eu un dialogue approfondi avec des institutions de l’ONU, dans le cadre de nos efforts visant à renforcer leur collaboration avec l’Instance permanente », a poursuivi Mme Tauli-Corpuz, citant notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA), le Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et le Fonds international de développement agricole (FIDA).

Après l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, les institutions de l’ONU avaient décidé de revoir leurs stratégies et programmes pour s’assurer du respect des droits des peuples autochtones, a-t-elle rappelé.  « Au cours du dialogue avec ces institutions, les gouvernements leur ont demandé comment elles intégraient les préoccupations des autochtones dans leurs activités. »

Répondant à une série de questions, Mme Tauli-Corpuz a indiqué que certains pays ne reconnaissent pas les instances des autorités autochtones et créent d’autres institutions pour prendre leur place.  Elle a cité le cas du Gouvernement philippin qui a établi un conseil tribal à Mindanao.  Elle a, par ailleurs, évoqué l’initiative de la Norvège qui cherche à augmenter la transparence dans le secteur des industries extractives.

En ce qui concerne l’Amérique latine, l’Instance permanente poursuit son dialogue avec les gouvernements, notamment avec celui du Mexique où beaucoup d’autochtones sont victimes d’arrestations arbitraires et du trafic de stupéfiants.  « Nous avons aussi mené une mission sur le terrain au Paraguay et en Bolivie, cette année, sur le problème du travail forcé chez le peuple Guarani dans la région de Chaco », a indiqué la Présidente.  Elle a également répondu à des questions portant sur l’indemnisation des peuples autochtones à cause du projet Yasuni-ITT en Équateur.  Malgré les millions de dollars versés au titre de la réparation, ces peuples se plaignent de ne pas être suffisamment consultés dans l’élaboration du projet, a-t-elle fait remarquer.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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