Conférence de presse sur le Dialogue thématique interactif de l’Assemblée générale sur le thème « agir ensemble pour mettre fin au trafic d’êtres humains »

13 mai 2009
Conférence de presse

Conférence de presse sur le Dialogue thématique interactif de l’Assemblée générale sur le thème « agir ensemble pour mettre fin au trafic d’êtres humains »

13/05/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE DIALOGUE THÉMATIQUE INTERACTIF DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SUR LE THÈME « AGIR ENSEMBLE POUR METTRE FIN AU TRAFIC D’ÊTRES HUMAINS »

« Seulement 1 à 2% des millions de victimes de la traite des êtres humains sont secourus chaque année », a souligné cet après-midi le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, avant d’implorer les États Membres d’intensifier leurs efforts de lutte contre ce fléau.

« Nous ne cessons de dire que c’est une tragédie commune à tous les pays, mais à ce jour un tiers des États Membres de l’ONU n’a pas ratifié le Protocole additionnel à la Convention de Palerme, relatif à la répression de la traite des êtres humains, la prostitution et l’exploitation d’autrui et la moitié des États Membres n’a jamais condamné personne pour un tel crime ».  « De nombreux pays n’ont même pas de loi au niveau national interdisant cette traite », a-t-il noté.

« Cela met en évidence l’énorme tâche qu’il reste à accomplir », a dit M. Costa.  Il a expliqué que l’ONUDC a élaboré un instrument permettant aux forces de l’ordre de mieux repérer un signal d’alerte, d’identifier les victimes et de poursuivre les auteurs de tels actes en justice.  Il a aussi parlé de la loi type et du manuel destinés aux parlementaires qui ont été élaborés par l’Office.

« Nous disposons donc de tout ce qui est nécessaire pour agir ensemble efficacement, mais nous sommes toujours loin des résultats escomptés », a-t-il relevé.

Dans la matinée, M. Costa a pris la parole à l’Assemblée générale au cours du dialogue thématique interactif qui se déroule toute la journée sur le thème « Agir ensemble pour mettre fin au trafic d’êtres humains ».  L’Assemblée discute de la possibilité d’élaborer un plan d’action mondial général sur la traite des êtres humains, qui a déjà reçu le soutien de l’Union africaine et du Mouvement des pays non alignés, et prépare la prochaine Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.

« Dans le processus d’élaboration du plan d’action mondial, les États Membres devraient examiner les causes profondes de la traite des êtres humains, telles que la pauvreté, la violence contre les femmes, l’ignorance, les pratiques culturelles et la demande en biens et services moins coûteux », a souligné M. Costa.

Intervenant aussi à cette conférence de presse, le Ministre de la justice et des droits de l’homme de l’Équateur, Nestor Arbito Chica, a appelé les États à prendre les mesures nécessaires pour faire face à l’évolution de la traite des êtres humains.  Il a donné l’exemple de son pays qui a adopté une loi criminalisant la traite des êtres humains et qui a élaboré un plan national de lutte contre ce fléau.  Ce plan prévoit des sanctions pénales lourdes pour les auteurs de ce crime, une définition élargie du crime et des programmes de sensibilisation des citoyens à ce fléau.

À son tour, Saisuree Chutikul, qui est membre du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, a indiqué que souvent, en Asie, il était nécessaire d’aller jusqu’au bout d’un long processus législatif pour pouvoir ratifier le Protocole additionnel à la Convention de Palerme et d’autres instruments juridiques internationaux.  Avant d’aboutir à cette ratification, de nombreux pays intègrent d’abord les dispositions des protocoles dans leur législation nationale.

Interrogé sur la participation active de plusieurs pays du Golfe dans le débat d’aujourd’hui à l’Assemblée générale et sur la qualité de leur législation en la matière, M. Costa a assuré que ces pays étaient de bons partenaires de l’ONUDC dans la lutte contre le trafic de drogues dans la région.  En outre, au cours de ces dernières années, ils ont pris diverses mesures pour faire en sorte que les jeunes enfants ne soient plus utilisés comme jockeys dans les courses de chameaux.  Ils utilisent maintenant des robots guidés électroniquement comme jockeys.

Pour expliquer pourquoi la Chine, l’Arabie saoudite et la République islamique d’Iran ne figuraient pas dans le rapport de l’ONUDC sur la traite des êtres humains, M. Costa a indiqué que certains pays n’avaient pas répondu au questionnaire de l’Office malgré des demandes répétées.  Il a précisé que 155 pays avaient répondu à ce questionnaire.

Les États-Unis ont ratifié toutes les Conventions sur la traite des êtres humains, à l’exception du Protocole contre la fabrication et le trafic illicite d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, a aussi indiqué M. Costa.  Mme Chitikul a ajouté que ce pays n’avait pas ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant, mais avait ratifié son Protocole facultatif relatif à la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.

M. Costa a également répondu à une question sur un rapport du Stockholm International Peace Research Institute selon lequel 90% des compagnies aériennes qui transportent des armes illicites, telles que définies par les Nations Unies, ont aussi été utilisées par les organismes de l’ONU pour les missions de maintien de la paix.  Il a considéré qu’utiliser ces compagnies n’équivalait pas à en faire des partenaires.  En revanche, a-t-il ajouté, l’ONUDC est au courant que plusieurs aéronefs transportant des stupéfiants en Afrique de l’Ouest utilisent le logo de l’ONU.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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