CONFÉRENCE DE PRESSE CONJOINTE SUR LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET LES DÉFIS DE LA RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ

1 avril 2009
Conférence de presse

CONFÉRENCE DE PRESSE CONJOINTE SUR LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET LES DÉFIS DE LA RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ

01/04/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE CONJOINTE SUR LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET LES DÉFIS DE LA RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ

La Directrice de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales (DESA), Mme Hania Zlotnik, et les deux universitaires qui l’accompagnaient à la conférence de presse qu’elle a donnée aujourd’hui à New York, ont souligné les liens entre la réduction du taux de fertilité et la croissance économique dans les pays en développement.  Un nombre moindre d’enfants par femme peut générer des dividendes économiques sur une période « aussi longue que 50 ans ». 

Cette conférence de presse était organisée en marge de la quarante-deuxième session de la Commission de la population et du développement, qui se tient depuis le 23 mars jusqu’au 3 avril.  Mme Zlotnik a souligné l’utilité de la Commission qui rappelle chaque année l’importance des questions démographiques pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier l’OMD 5 relatif à la santé maternelle et aux droits reproductifs.  Elle a insisté sur le fait le respect du droit de la femme à décider du nombre d’enfants qu’elle souhaite avoir avait un impact direct sur l’essor socioéconomique d’un pays. 

David Canning, de l’École de santé publique de Harvard, a étayé cette idée en citant les progrès économiques significatifs du Ghana et du Bangladesh, où désormais la population augmente en même temps que diminue le nombre d’enfants par femme.  Il a relevé que ce phénomène entrainait « mécaniquement » une hausse du nombre d’individus en âge de travailler, y compris les femmes, ainsi qu’une participation accrue de ces dernières au processus de prises de décisions politiques. 

Dans ces cas-là, l’économie s’améliore toujours et les indicateurs de pauvreté baissent, a-t-il dit, ajoutant que la réduction de la taille des familles avait de plus pour corollaire une augmentation des investissements dans l’éducation et la santé, compte tenu du nombre moindre d’enfants à élever.  M. Canning a ainsi estimé que la transition démographique des pays en développement, faisant le pari politique de la réduction du taux de fertilité, pouvait générer des dividendes économiques sur une période « aussi longue que 50 ans ». 

M. Jean-Pierre Guengant, membre de l’Institut de recherche pour le développement, a évoqué la situation « alarmante » dans les pays les moins avancées (PMA).  Entre 1960 et aujourd’hui, la population de l’Afrique subsaharienne a augmenté de 2,5% par an, soit « une croissance démographique sans précédent dans l’histoire de l’humanité », a dit le chercheur.  Dans de telles conditions, comment éduquer tous les enfants ou comment les faire vacciner? a-t-il fait observer, avant de qualifier de handicap majeur l’explosion démographique dans les PMA.  

M. Guengant a expliqué que pour que la prévalence contraceptive en Afrique subsaharienne, qui est actuellement de 10%, rattrape le taux de 70% actuellement observé en Amérique latine, il faudrait un effort considérable de la part des États dans le domaine des droits reproductifs et de la planification familiale. 

Faire aussi bien que la région d’Amérique latine et des Caraïbes d’ici à 2015, comme le prévoient les OMD, est inenvisageable, a-t-il reconnu, fixant plutôt à l’horizon 2030-2040 la réalisation de cet objectif. 

Le chercheur français a fortement nuancé le poids des croyances religieuses dans l’évolution démographique des sociétés musulmanes.  Il a tout d’abord fait remarquer qu’au cours des deux dernières décennies, et ce « dans la foulée de l’Indonésie », les pays du Golfe, mais aussi du Maghreb, ainsi que l’Égypte avaient mené des politiques familiales très efficaces, aboutissant à la stabilisation d’un taux de deux enfants par femme.  De tous les pays musulmans, a-t-il ajouté, seul le Yémen présente encore un indice de fécondité de six enfants par femme, comparable à celui des pays d’Afrique subsaharienne. 

Pour Jean-Pierre Guengant, le débat sur la religion est « un faux débat ».  En Amérique latine, on redoutait l’influence de l’Eglise catholique et de sa ferme opposition au contrôle des naissances, sur les gouvernements.  Progressivement, le droit de décider du nombre d’enfants désirés l’a emporté, a-t-il dit.  Les pays musulmans se trouvent aujourd’hui dans une situation marquée par le même progressisme qui était à l’œuvre dans les pays d’Amérique latine, il y a une vingtaine d’années. 

Les conférenciers ont appelé les pays en développement à faire preuve de volonté politique, en plaçant en tête de leurs priorités la problématique démographique.  La représentante de DESA a souhaité que les résolutions de la Commission de la population et du développement demandent qu’un coup d’accélérateur soit donné à la réalisation de l’OMD 5.

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