CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE LA 63ÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN

17 mars 2009
Conférence de presse

CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE LA 63ÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN

17/03/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE LA 63ÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN


Un sommet consacré à la crise financière mondiale et à son impact sur le développement sera organisé du 1er au 4 juin prochain par l’Assemblée générale, a annoncé ce matin, en conférence de presse, son Président, de retour d’une tournée à l’étranger qui l’aura conduit en République arabe syrienne, en Finlande, en Chine, à Bahreïn, en Suisse et en République islamique d’Iran.


Le Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, Miguel d’Escoto Brockmann, a également annoncé qu’une réforme du Conseil de sécurité était envisageable dès cette année, et a indiqué que c’est un sujet sur lequel il serait « en mesure d’en dire plus dans quelques mois ».


Le principal objet de la série de déplacements de Miguel d’Escoto Brockmann était de s’assurer d’une large participation, et au plus haut niveau, à la manifestation qu’organisera en juin l’Assemblée générale sur la crise financière mondiale et d’en discuter les modalités avec les dirigeants des États Membres qu’il a visités.  Ainsi, à Téhéran, en République islamique d’Iran, à l’occasion du dixième Sommet de l’Organisation de coopération économique (OCE), le Président a eu l’occasion de transmettre sa demande de participation à une vingtaine de chefs d’État.


Sur place, M. d’Escoto Brockmann a indiqué qu’il a été « frappé » par la différence entre la manière dont le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad est perçu par ses concitoyens et autres personnes, et l’image complètement « distordue » qui est donnée du Président iranien aux États-Unis, qui sont « un pays qui s’est lancé dans une entreprise de diabolisation de M. Ahmadinejad », alors que les mêmes États-Unis ont soutenu par le passé les pires dictateurs, à l’image de Pinochet.


Le Président de l’Assemblée générale a exprimé son « profond respect » pour l’Iran, et a souligné que ce sentiment est partagé par les pays voisins de la République islamique d’Iran.  Il a qualifié de bienvenue la décision de la Secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, d’inviter le Gouvernement iranien à participer à une conférence internationale sur l’Afghanistan le 31 mars.


Interrogé sur le refus éventuel des États-Unis de prendre part à la Conférence d’examen de Durban, qui aura lieu à Genève, du 20 au 24 avril, pour évaluer les progrès réalisés contre le racisme et les autres formes de discrimination, M. d’Escoto Brockmann a répondu que cette décision était motivée par le soutien que les États-Unis apportent à Israël.  « Je souhaite que les États-Unis viennent à la Conférence, mais si leur absence était confirmée, ce serait une honte », a lancé le Président de l’Assemblée générale.


Il a également jugé « regrettable » la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’émettre un mandat d’arrêt à l’encontre du Président du Soudan, Omar Hassan Al-Bachir, et a estimé que c’est une décision qui « met à mal l’idée d’une justice internationale impartiale ».  Cette décision est d’autant plus regrettable, a-t-il insisté, que deux semaines avant qu’elle ne soit prise, une délégation conjointe de l’Union africaine et de la Ligue arabe s’était rendue aux Nations Unies pour plaider en faveur d’« une chance pour la paix », en expliquant que le Président Al-Bachir avait initié des « discussions prometteuses » avec le chef du plus grand groupe rebelle du Darfour.


Estimant que la décision de la CPI était l’aboutissement d’une « attitude occidentale traditionnellement arrogante », il a recommandé aux correspondants la lecture de « Saviors and Survivors », un ouvrage de Mahmoud Mamdani, qui se penche sur les racines du conflit au Darfour.  Il a déclaré que lorsque M. George W. Bush accusait le Soudan de génocide, c’était « comme si Al Capone appelait la police pour lui dire que quelqu’un a volé du lait à l’épicerie ».


Épinglant la « doctrine Bush », le Président de l’Assemblée s’en est pris en particulier à la notion de « guerre préventive », soutenant qu’il n’y avait « rien de pire que de brandir une boule de cristal pour justifier une déclaration de guerre ».  Il a assuré que les Nations Unies avaient désormais « besoin d’États-Unis engagés en faveur du multilatéralisme et de la souveraineté égale de tous les États Membres de l’ONU ».


M. d’Escoto Brockmann a contesté l’allégation selon laquelle il aurait appelé à une campagne de boycott en vue d’isoler Israël.  Il a en revanche confirmé les propos qu’il a tenus concernant la politique d’« apartheid » que mènerait ce pays, et a rappelé que ceci avait déjà été dit par des personnalités comme l’ancien Président des États-Unis Jimmy Carter, l’archevêque Desmond Tutu, ou encore Nelson Mandela.


« J’aime sincèrement le peuple juif, que je place très haut dans mon estime, mais cela ne signifie pas que je dois cautionner tout ce que fait Israël », a déclaré le Président de l’Assemblée, affirmant que le seul ordre du jour auquel il était attaché était de veiller au respect scrupuleux de la Charte des Nations Unies.


« Pensez-vous que déclarer qu’il faut rayer un État Membre des Nations Unies de la carte est conforme à l’esprit de la Charte? », a demandé un journaliste accrédité auprès de l’ONU.  « Absolument pas », a répondu Miguel d’Escoto Brockmann, qui a cependant relevé qu’il ne s’agissait là que de mots, et que « les mots en tant que tels ne tuent pas ».  En revanche, certains ne se contentent pas simplement de dire des choses, mais ils passent sans aucun scrupule aux actes, ce qui est infiniment plus grave, a-t-il ajouté.


Pour M. d’Escoto Brockmann, le véritable obstacle à la paix au Moyen-Orient se situe d’abord dans l’attitude qui consiste à décréter qu’il n’est pas possible de dialoguer avec certains interlocuteurs.  Un des grands dangers qui guette cette Organisation, c’est la précipitation avec laquelle certains veulent recourir à la violence pour résoudre les problèmes, en lieu et place du dialogue, a jugé le Président de l’Assemblée générale.


Affirmant enfin qu’il n’avait aucun doute sur le fait qu’il s’exprimait au nom d’une écrasante majorité, il a déclaré que la plus grande leçon qu’il a tirée de sept mois de présidence se situe dans la certitude qu’il a acquise qu’il faut toujours œuvrer en faveur des intérêts des Nations Unies.


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