Le Conseil de sécurité réitère son appui au processus démocratique en Guinée-Bissau

5 novembre 2009
CS/9782

Le Conseil de sécurité réitère son appui au processus démocratique en Guinée-Bissau

05/11/2009
Conseil de sécurité
CS/9782
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6212e & 6213e séances – matin & après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RÉAFFIRME SON APPUI AU PROCESSUS DÉMOCRATIQUE EN GUINÉE-BISSAU

Il exhorte le Gouvernement de la Guinée-Bissau à lutter plus énergiquement contre la criminalité organisée pour consolider la paix

Le Conseil de sécurité a réaffirmé, ce matin, son soutien à la consolidation de la paix et à la démocratie en Guinée-Bissau.   

Dans une déclaration présidentielle lue par le Président du Conseil pour le mois de novembre, l’Ambassadeur Thomas Mayr-Harting, de l’Autriche, le Conseil de sécurité prend note de l’engagement du Président de la Guinée-Bissau de lutter contre l’impunité et de promouvoir la réconciliation nationale et le développement économique et social. 

Il réaffirme aussi l’importance du renforcement de la démocratie, de la sécurité et de l’état de droit afin d’instaurer une paix durable en Guinée-Bissau.

Saluant l’élection, le 26 juillet dernier, du Président Malam Bacai Sanha, qui s’est déroulée dans le calme, le Conseil demande en outre instamment au  Gouvernement bissau-guinéen de prendre les mesures nécessaires dans le cadre du Plan opérationnel  bissau-guinéen contre les stupéfiants et du Plan de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest.   

Le Conseil de sécurité demande à la communauté internationale d’apporter en temps utile un soutien adéquat à la mise en œuvre du Cadre stratégique de consolidation de la paix en Guinée-Bissau, adopté par la Commission de consolidation de la paix en date du 1er octobre 2008, notamment à l’exécution des projets à effet rapide.

Le Conseil de sécurité se félicite des préparatifs du passage, le 1er janvier 2010, du Bureau d’appui des Nations Unies en Guinée-Bissau (BANUGBIS) à un bureau intégré pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau. 

Auparavant, le Conseil de sécurité a entendu le Représentant spécial du Secrétaire général en Guinée-Bissau et Chef du BANUGBIS, M. Joseph Mutaboba, qui a souligné la nécessité de renforcer, aux niveaux régional et sous-régional, la lutte contre la drogue qui menace « la stabilité retrouvée de la Guinée-Bissau ».   M. Mutaboba a estimé qu’avec un nouveau Gouvernement légitime et un Président élu à une forte majorité, les conditions étaient réunies pour assurer l’harmonie institutionnelle en Guinée-Bissau.   

Il a noté que la mise en place du Bureau intégré se poursuivait, l’Assemblée générale examinant le budget de cette structure qui a été chargée d’aider le Gouvernement bissau-guinéen à renforcer le dialogue politique et la réconciliation nationale, la réforme du secteur de la sécurité, la promotion des droits de l’homme et de l’état de droit, la lutte contre la drogue et l’appui aux travaux de la Commission de consolidation de la paix.   

Mme Maria Luiza Ribeiro Viotti, Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, a emboité le pas de M. Mutaboba en soulignant qu’il était « essentiel » que le nouveau Bureau intégré dispose des ressources nécessaires à l’exécution de son mandat.  Elle a souhaité que le budget proposé soit approuvé par l’Assemblée générale pour permettre au Bureau intégré de commencer à travailler « à pleine capacité, au plus vite ». 

Le Représentant permanent de la Guinée-Bissau auprès des Nations Unies, M. Alfredo Lopes Cabral, a affirmé qu’« une ère nouvelle s’ouvre pour les Guinéens qui, dans leur grande majorité, ne veulent plus qu’une chose: s’atteler à la reconstruction du pays ». 

Considérant que la tenue « dans le calme » de l’élection présidentielle de juillet dernier avait marqué la fin d’un cycle nécessaire à la construction d’un état de droit, il a appelé la communauté internationale à continuer d’aider le pays à lutter contre la criminalité organisée et le trafic de drogues au niveau régional, et à renforcer ses capacités judiciaires et ses institutions politiques.  « La Guinée-Bissau, seule, ne pourrait pas faire face à tous les défis auxquels elle est confrontée », a-t-il fait remarquer.

LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU

Rapport du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Guinée-Bissau et les activités du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau ( S/2009/552 )

Dans ce rapport, le Secrétaire général fait le point sur la situation dans le pays depuis juin dernier, en mettant l’accent sur les tensions qui ont suivi les assassinats politiques, le 5 juin, à la veille de l’ouverture officielle de la campagne électorale, du candidat et ancien Ministre de l’administration territoriale, M. Baciro Dabo, et de l’ancien Ministre de la défense, M. Helder Proença. 

Il note que la tenue de l’élection présidentielle du 28 juin s’est faite dans le calme, grâce à la volonté du peuple et du Gouvernement bissau-guinéens ainsi que de la Commission électorale nationale et les Forces de défense et de sécurité.  M. Ban Ki-moon encourage vivement le Président, M. Malam Bacai Sanha, le Premier Ministre, le Gouvernement et les institutions de l’État à travailler de concert pour renforcer le processus démocratique en Guinée-Bissau, promouvoir le respect des droits de l’homme et l’état de droit et répondre aux attentes du peuple qui, dit-il, « aspire à la paix, à la sécurité et au développement social et économique ». 

Le rapport aborde également la question de la sécurité et des activités de la Commission de consolidation de la paix (CCP) et du Fonds pour la consolidation de la paix. 

Sur le premier point, il souligne que la situation reste préoccupante en raison de la découverte de laboratoires clandestins de production de stupéfiants en Guinée voisine.  Cette situation expose la Guinée-Bissau aux activités de groupes criminels et nécessite des efforts permanents des autorités nationales et des organismes de détection et de répression.  Le rapport précise, ainsi, que les officiers de police judiciaire formés par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) avec l’appui de l’Union européenne (UE), du Brésil et du Portugal, ont renforcé leur présence et leurs interventions dans le pays. 

Pour ce qui est de la CCP et du Fonds pour la consolidation de la paix, le Secrétaire général note que la formation Guinée-Bissau, avec le concours du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l’ONUDC et du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), poursuit son action en finançant divers projets concernant les Ministères de la jeunesse, de la justice et de la défense. 

Le Secrétaire général souligne par ailleurs que la transition entre le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS) et le Bureau intégré du même nom (BINUGBIS), qui aura notamment des pouvoirs de police plus étendus, se poursuit sans heurt particulier.  Il indique que la capacité actuelle du BANUGBIS a été renforcée par le déploiement d’un chef de bureau et d’un spécialiste de la planification stratégique qui feront partie du BINUGBIS.  Il note aussi que le budget global du nouveau Bureau a été établi, son examen par l’Assemblée générale étant actuellement en cours.  Dans ses conclusions, M. Ban Ki-moon considère que la création du BINUGBIS doit permettre à l’ONU d’apporter un appui plus solide et tangible au Gouvernement et au peuple bissau-guinéens. 

M. JOSEPH MUTABOBA, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau d’appui des nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS), a commenté le rapport du Secrétaire général en soulignant, notamment en ce qui concerne le secteur de la sécurité et la lutte contre la drogue, que le Bureau, conformément à la résolution 1876, tenait régulièrement des consultations avec les partenaires pertinents pur améliorer les actions déjà engagées.  Il a ajouté que même si le trafic de cocaïne avait baissé en Afrique de l’Ouest au cours de ces derniers mois, la criminalité organisée constituait toujours un défi pour la stabilité de la Guinée-Bissau et de la sous-région.  Il a fait savoir que le Bureau, à l’issue de la Conférence tenue à Dakar les 27 et 28 octobre dernier pour réfléchir aux moyens d’accélérer la mise en œuvre de l’Initiative de la Côte de l’Afrique de l’Ouest en matière de lutte contre la drogue, et qui implique le Département des opérations de maintien de la paix, l’ONUDC, le Département des affaires politiques et Interpol, avait décidé de renforcer ses missions de coopération avec les autres missions de maintien de la paix de l’ONU en Afrique. 

Après avoir repris les éléments du rapport du Secrétaire général sur les activités de la formation Guinée-Bissau de la CCP et la situation économique et sociale dans le pays, M. Mutaboba a abordé le thème de la sécurité frontalière.  Il a ainsi indiqué que depuis le début d’octobre, une importante offensive contre des militaires sénégalais en Casamance, près de la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, menaçait la sécurité des touristes mais aussi des entreprises pétrolières basées dans cette zone tampon.  Le Représentant spécial a ensuite fait savoir que le 23 octobre, des responsables politiques sénégalais et bissau-guinéens s’étaient rencontrés pour discuter du renforcement de la sécurité à leur frontière commune, les deux parties ayant décidé de mettre sur pied une commission mixte de coopération pour évaluer dans le détail la situation dans l’ouest de la ligne de démarcation entre les deux pays. 

M. Mutaboba a par ailleurs indiqué que le budget du futur BINUGBIS serait examiné la semaine prochaine par le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB).  Il a souhaité que les ressources demandées soient allouées pour permettre au nouveau Bureau -qui deviendra opérationnel le 1er janvier 2010 et dont le mandat est d’aider le Gouvernement de la Guinée-Bissau dans les domaines clefs du dialogue politique et de la réconciliation nationale, de la réforme du secteur de la sécurité, de la promotion des droits de l’homme et de l’état de droit, de la lutte contre la drogue et de l’appui aux travaux de la CCP- de mener dans les meilleures conditions son importante mission. 

Dans ses conclusions, le Représentant spécial a affirmé qu’avec un nouveau Gouvernement légitime et un Président élu avec une forte majorité, les conditions étaient a priori réunies pour assurer la stabilité et l’harmonie institutionnelle en Guinée-Bissau.  Il a cependant mis en garde contre l’hégémonie politique, les divisions à l’intérieur des partis et l’insistance du Gouvernement à gérer en priorité les suites des événements de juin dernier, qui constituent des obstacles à la mise en œuvre des programmes de développement. 

Il existe en Guinée-Bissau une fenêtre d’opportunités qui exige un engagement continu de la part des autorités et des partenaires internationaux du pays, a dit M. Mutaboba, qui a mis l’accent sur la nécessité de renforcer à moyen et à long termes les capacités du pays et les institutions étatiques.  Il a annoncé que les partenaires internationaux de la Guinée-Bissau et le Gouvernement planifiaient actuellement la tenue prochaine d’une conférence de donateurs destinée à soutenir les efforts entrepris en matière de développement, de fiscalité, de modernisation des administrations publiques et de réforme de la sécurité. 

M. ANTONIO MARIA COSTA, Directeur exécutif de Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a rappelé que son organisation avait été la première, il y a cinq ans, à tirer la sonnette d’alarme face à l’effet déstabilisateur du transit de du trafic de cocaïne en provenance d’Amérique latine et à destination de l’Europe, en passant par l’Afrique de l’Ouest et, notamment, la Guinée-Bissau.  Tout en regrettant « des années d’hésitation qui se sont avérées passablement onéreuses », il a constaté que la communauté internationale avait commencé à agir sous l’impulsion du Conseil de sécurité.  Il a rappelé que, depuis 18 mois, on notait une importante baisse des saisies de drogue en Afrique de l’Ouest ou en provenance de cette région.  Il en a conclu que le trafic de stupéfiants transitant par cette région avait baissé, tout en estimant que la tendance devrait être interprétée avec prudence car il est possible que le trafic se soit simplement déplacé vers le sud, ou encore le centre du continent.  M. Costa a estimé que la menace que le trafic représente pour la Guinée-Bissau existe toujours, tout en étant moins évidente que par le passé.  Il a notamment relevé que le Gouvernement de la Guinée-Bissau a besoin davantage de ressources pour mieux contrôler les nombreuses îles privées du pays qui disposent de petits aérodromes utilisés par les trafiquants.

Le Directeur exécutif de l’ONUDC a en outre fait part de trois éléments inquiétants.  Le premier est l’accroissement de la consommation locale de drogue, du fait notamment que les petits trafiquants, payés en nature, revendent localement leurs produits.  Le deuxième est que les militaires utilisent et se livrent au trafic de drogues, ce qui menace la réforme du secteur de sécurité et risque de créer des « armées de drogués », au comportement incontrôlable, a déclaré M. Costa, qui a illustré ce risque par les événements récents à Conakry, la capitale de la Guinée.

Le troisième problème, le plus grave aux yeux de M. Costa, réside dans les découvertes faites depuis juillet dernier par l’ONUDC et Interpol de grandes quantités de produits chimiques utilisés pour la fabrication de drogues, notamment de cocaïne et d’ecstasy.  L’Afrique de l’Ouest est sur le point de devenir une source de drogues et non plus simplement un lieu de transit, s’est alarmé M. Costa.  Il a déclaré que les saisies n’avaient pas eu lieu en Guinée-Bissau même mais juste à l’extérieur de ses frontières.  Ce phénomène, a-t-il ajouté, est susceptible de toucher la Guinée-Bissau qui reste très vulnérable en raison d’un système judiciaire faible, de frontières terrestres poreuses et de ses espaces aérien et maritime incontrôlés.  En outre, a précisé M. Costa, les trafiquants ont acquis d’importants biens fonciers dans le pays.  

M. Costa a ensuite rappelé la contribution de son organisation à la lutte contre le trafic de drogues en Guinée-Bissau, notamment la création, en partenariat avec le Département des opérations de maintien de la paix, le Département des affaires politiques et Interpol, d’une unité sur la criminalité transnationale organisée dans ce pays.  En outre, l’ONUDC appuie le processus de consolidation de la paix en détachant des membres de son personnel auprès du Ministère de la justice de Guinée-Bissau, contribue à la réforme du secteur de la sécurité et sera présent dans le futur BINUGBIS, a assuré son Directeur exécutif.  L’ONUDC a également contribué à la formation de magistrats bissau-guinéens qui traitent des questions liées à la criminalité organisée, en partie avec l’aide de l’Italie, a rappelé M. Costa.

Les efforts du Conseil de sécurité ont porté des fruits mais la menace représentée par l’économie de la drogue en Guinée-Bissau a plus évolué que faibli, a estimé M. Costa, ajoutant que ses effets négatifs continueront d’être ressentis dans les années à venir.  Il a demandé à la communauté internationale de poursuivre l’effort promis l’an passé lors de la Conférence ministérielle organisée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Praia, puis à la Conférence de Lisbonne.  Rappelant que la CEDEAO organise à Vienne, le 3 décembre, une nouvelle table ronde pour lever des fonds, il a demandé aux États d’y participer et d’y reconfirmer leurs engagements.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil), Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, a estimé que, depuis sa dernière intervention le 23 juin dernier, les progrès réalisés en Guinée-Bissau semblaient avoir rétabli l’ordre constitutionnel.  Rappelant qu’elle s’était rendue dans le pays du 7 au 12 septembre pour assister à l’investiture du Président Malam Bacai Sanha, elle a expliqué avoir eu des entretiens avec ce dernier et avec son Premier Ministre, ainsi qu’avec des membres du Gouvernement, de la société civile et des partenaires internationaux.  Elle a déclaré en avoir tiré un sentiment d’« optimisme prudent ».

Mme Viotti a mentionné quatre éléments positifs.  Elle a d’abord estimé que le fait que le Président et le Premier Ministre soient tous deux issus du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) contribue, en principe, à renforcer la stabilité politique, ajoutant que la décision de l’Assemblée nationale d’entamer un dialogue sur la réconciliation centré sur les causes profondes du conflit augurait bien du processus de consolidation de la paix.  Elle a rappelé que la réforme du secteur de sécurité restait une priorité.  Elle a rappelé que les autorités avaient réaffirmé leur volonté de lutter contre la culture de l’impunité.  La gestion des finances publiques marque une nette amélioration, a-t-elle noté. 

La Présidente de la formation Guinée-Bissau de la CCP a toutefois rappelé que le pays restait confronté à de nombreuses difficultés.  Dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité, elle a rappelé que tous les acteurs concernés devraient apporter leur soutien à la création du fonds de retraite.  De Même, a-t-elle ajouté, le pays a besoin d’une assistance à la mise en place d’institutions fonctionnelles et au soutien de l’état de droit.  Elle a rappelé qu’il existe encore de nombreux goulots d’étranglement dans le domaine économique et, notamment, dans la production et la distribution d’énergie, malgré de récents progrès.  Elle a rappelé que la Guinée-Bissau allait continuer à lutter contre le trafic de drogue, ajoutant que les progrès récemment mentionnés par l’ONUDC devaient être considérés comme un encouragement à poursuivre les efforts.

Mme Viotti s’est dite heureuse que le Comité national de pilotage ait déjà entamé l’examen du Cadre stratégique pour la consolidation de la paix adopté l’an passé.  Un tel examen, a-t-elle précisé, permettra notamment de définir les modalités d’allocation d’une seconde phase d’assistance par le Fonds pour la consolidation de la paix.

La représentante a en outre rappelé l’importance de la transformation de l’actuel BANUGBIS en Bureau intégré, le BINUGBIS, à compter du 1er janvier.  Elle a jugé essentiel que le nouveau Bureau intégré dispose des ressources nécessaires à son mandat et a émis l’espoir que le budget proposé pour le Bureau serait examiné favorablement par la Commission des questions administratives et budgétaires (Cinquième Commission) afin que la nouvelle structure puisse commencer à travailler à pleine capacité au plus vite. 

M. TETE ANTONIO, Observateur permanent par intérim de l’Union africaine (UA) auprès des Nations Unies, a déclaré que l’UA n’avait épargné aucun effort pour aider la Guinée-Bissau à sortir des différentes crises qu’elle a connues afin de l’aider à retrouver la place qui lui revient dans le concert des nations.  M. Antonio a ainsi noté que récemment, le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Jean Ping, avait nommé l’ancien Ministre des affaires étrangères de l’Angola, M. João Bernardo de Miranda, en tant qu’Envoyé spécial de l’Union africaine en Guinée-Bissau.  M. Miranda a obtenu dans la foulée, à la veille de l’élection présidentielle anticipée à la suite de l’assassinat du Président Vieira, que les deux principaux candidats s’engagent à respecter les résultats du scrutin, à recourir aux voies légales en cas de réclamation éventuelle et à observer une conduite digne et respectueuse envers le candidat perdant, a également indiqué M. Antonio.  Il a poursuivi en soulignant que le mémorandum d’entente était toujours valable et durerait jusqu’à la fin du mandat présidentiel de M. Mala Bacai Sanha. 

M. Antonio a en outre évoqué une récente réunion qui s’était tenue à Addis-Abeba au cours de laquelle avait été examinée la question de la coopération entre l’UA et la CEDEAO.  « À cette occasion, a-t-il dit, nous avons recommandé la tenue d’une réunion préparatoire de haut niveau en vue de donner au Gouvernement et au peuple de Guinée-Bissau l’occasion d’exprimer leurs besoins et priorités en ce qui concerne la réforme du secteur de la sécurité et de réfléchir aux modalités d’assistance conjointe Union africaine/CEDEAO.  Avant de conclure, M. Antonio a invité les partenaires et la communauté internationale à s’impliquer résolument dans la reconstruction et le développement postconflit de la Guinée-Bissau afin de sortir définitivement le pays du cycle d’instabilité et de violence dans lequel il est resté enfermé tout au long de ces dernières années. 

M. ALFREDO LOPES CABRAL (Guinée-Bissau) a salué les efforts déterminants de l’ONU grâce auxquels, « ces dernières années, nous avons pu, à notre tour, mériter la confiance de la communauté internationale ainsi que son aide et, sur cette base, conforter la démocratie et l’état de droit ».  Il a ajouté que si beaucoup restait à faire en Guinée-Bissau, des résultats décisifs ont été enregistrés du fait de l’action des gouvernements successifs.  Cet élan nous a permis, en juillet 2009, d’organiser des élections présidentielles justes, crédibles et transparentes, a-t-il dit.  « Pour mon pays, a-t-il dit, ces élections sont comme le point final d’un cycle nécessaire dans la construction d’un état de droit ».  Il a souligné que le nouveau Président bissau-guinéen avait insisté, dès son investiture, sur la nécessité d’instaurer une nouvelle culture du dialogue.

« Une nouvelle ère s’ouvre pour les Guinéens qui, dans leur grande majorité, ne veulent plus qu’une chose: s’atteler à l’essentiel, c’est à dire à la reconstruction du pays ».  « Cela étant, nous ne serons pas capables, à nous seuls, de tout résoudre et c’est pourquoi, la communauté internationale doit continuer de nous aider, notamment à lutter contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues au niveau régional et à renforcer nos capacités et institutions », a poursuivi M. Cabral.  Le représentant a également insisté sur l’urgence de doter la Guinée-Bissau d’un système judiciaire fiable et crédible, la justice devant pouvoir fonctionner de nouveau car « elle est le socle de tout état de droit ».  En conclusion, M. Cabral a remercié la CCP et le Brésil, « ainsi que les autres pays lusophones concernés », pour les efforts déployés en vue de permettre à la Guinée-Bissau de continuer à attirer l’attention de la communauté internationale.  Il a aussi salué l’aide de l’Union africaine pour que la Guinée-Bissau ait, à terme, les moyens de jouer tout son rôle le développement de la sous-région. 

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité rappelle ses précédentes déclarations et résolutions concernant la Guinée-Bissau et prend note du dernier rapport du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Guinée-Bissau et les activités du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS) (S/2009/552).  Il réaffirme son appui aux efforts qui continuent d’être déployés pour consolider la paix dans ce pays.

Le Conseil se félicite de la tenue dans le calme des élections présidentielles les 28 juin et 26 juillet 2009 et de la prise de fonctions du Président Malam Bacai Sanha en date du 8 septembre 2009.  Il prend également note de l’engagement du Président de lutter contre l’impunité et de promouvoir la réconciliation nationale et le développement socioéconomique.  Le Conseil réaffirme que les droits de l’homme et les libertés fondamentales du peuple bissau-guinéen doivent être pleinement protégés.  Il exhorte les forces armées à honorer sans réserve l’engagement qu’elles ont pris de respecter les autorités civiles et de se conformer à l’ordre constitutionnel.

Le Conseil de sécurité prend également note de l’intention de l’Assemblée nationale de réunir une conférence nationale sur « Les causes, la prévention, la résolution et les conséquences des conflits en Guinée-Bissau » et souligne la nécessité de conduire un dialogue politique ouvert à tous en vue de réaliser la réconciliation nationale dans le pays.

Le Conseil de sécurité réaffirme l’importance du renforcement de la démocratie, de la sécurité, de l’état de droit, de la réconciliation nationale et de la lutte contre l’impunité afin d’instaurer une paix durable en Guinée-Bissau.  À cet égard, il prend note des consultations en cours entre l’ONU, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) pour aider le Gouvernement bissau-guinéen, à sa demande, à mener à bien rapidement et conformément aux normes internationales une enquête approfondie sur les assassinats politiques de mars et de juin 2009.  Le Conseil demande au Gouvernement bissau-guinéen d’accélérer ce processus et aux organisations précitées, ainsi qu’à la communauté internationale dans son ensemble d’apporter leur appui à cette action.

Le Conseil de sécurité est conscient des problèmes auxquels le Gouvernement bissau-guinéen doit faire face, notamment pour veiller à ce que le secteur de la sécurité fonctionne de façon efficace, professionnelle et responsable.  À cet égard, le Conseil souligne qu’il est nécessaire de poursuivre et de mettre en œuvre une stratégie nationale efficace et globale concernant la réforme du secteur de la sécurité, qui bénéficiera de l’appui des partenaires internationaux.  Il demande à nouveau que le Secrétaire général, par l’intermédiaire de son Représentant spécial pour la Guinée-Bissau et du Bureau intégré des Nations Unies en Guinée-Bissau (BINUGBIS), veille à coordonner efficacement le soutien apporté par la communauté internationale à la réforme du secteur de la sécurité en Guinée-Bissau, en tenant compte de l’action déjà engagée par l’Union européenne et d’autres acteurs internationaux dans ce domaine.

Le Conseil de sécurité demande instamment au Gouvernement bissau-guinéen de prendre les mesures nécessaires dans le cadre du Plan opérationnel bissau-guinéen de lutte contre les stupéfiants et du Plan d’action de la CEDEAO contre le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest.  Le Conseil note en outre que la situation en Guinée-Bissau demeure extrêmement fragile, du fait notamment de l’accroissement du trafic de drogues et de la criminalité organisée, qui pourrait menacer la stabilité régionale et devrait être considéré comme relevant d’une responsabilité partagée.  Dans ce contexte, le Conseil se félicite des progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Initiative pour la côte de l’Afrique de l’Ouest, à laquelle participe la CEDEAO, salue l’action menée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le Département des opérations de maintien de la paix, le Département des affaires politiques et l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) en appui à la lutte contre le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest et appelle les partenaires internationaux à continuer de soutenir ce partenariat ainsi que l’action entreprise par les autorités nationales dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité pour renforcer les activité de police et de sécurité interne, notamment l’application de la loi et le contrôle des frontières.

Le Conseil de sécurité demande à la communauté internationale d’apporter en temps utile un soutien adéquat à la mise en œuvre du Cadre stratégique de consolidation de la paix en Guinée-Bissau, adopté par la Commission de consolidation de la paix en date du 1er octobre 2008, notamment à l’exécution des projets à effet rapide.  Le Conseil note qu’il importe d’instituer des synergies entre les donateurs.  Il prend note également des préparatifs du premier examen du Cadre stratégique de consolidation de la paix en Guinée-Bissau et attend avec intérêt qu’il soit achevé.  Le Conseil réaffirme son appui aux travaux de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix.

Le Conseil de sécurité se félicite des préparatifs du passage, le 1er janvier 2010, du Bureau d’appui des Nations Unies en Guinée-Bissau (BANUGBIS) à un bureau intégré pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau et attend avec intérêt l’élaboration, dans les délais, d’un cadre stratégique intégré, comprenant un plan de travail stratégique assorti de repères précis permettant de mesurer et de suivre les progrès accomplis dans l’exécution du mandat du nouveau bureau.

Le Conseil de sécurité réaffirme qu’il importe d’envisager dans sa dimension régionale le règlement des problèmes auxquels fait face la Guinée-Bissau et, à cet égard, se félicite du rôle que jouent la CEDEAO, l’Union africaine, la CPLP et l’Union européenne dans l’entreprise de consolidation de la paix.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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