Le Conseil de sécurité réaffirme que l’engagement de la communauté internationale reste indispensable à la consolidation de la stabilité d’Haïti

9 septembre 2009
CS/9739

Le Conseil de sécurité réaffirme que l’engagement de la communauté internationale reste indispensable à la consolidation de la stabilité d’Haïti

09/09/2009
Conseil de sécurité
CS/9739
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6186e séance – après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RÉAFFIRME QUE L’ENGAGEMENT DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE RESTE INDISPENSABLE À LA CONSOLIDATION DE LA STABILITÉ D’HAÏTI

Bill Clinton, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti, lance un appel aux donateurs pour qu’ils aident le peuple haïtien à s’engager vers un avenir meilleur

« Haïti n’est pas une cause perdue, mais un pays qui a droit à un avenir meilleur. » 

C’est en ces termes que l’ancien Président des États-Unis et Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti, M. Bill Clinton, s’est adressé, cet après-midi, au Conseil de sécurité.

Une trentaine de délégations ont pris part au débat public du Conseil sur la question concernant Haïti, dont celles représentant de nombreux pays d’Amérique latine et des Caraïbes.  Toutes ont salué l’intervention de M. Clinton, qui a souligné son attachement personnel à la cause d’Haïti, «un pays qu’il a personnellement découvert il y a plus de 10 ans ».  Le Premier Ministre d’Haïti, Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis, a également pris part à l’examen par le Conseil de la situation en Haïti.

« Dès ma première visite, j’ai été fasciné par les promesses incarnées par Haïti et son peuple », a dit M. Clinton, avant de rendre hommage au pays, qui a « une culture unique » et « dont l’esprit est celui d’un peuple au courage intact en dépit des souffrances endurées pendant des décennies ».

M. Clinton a souhaité rappeler le mandat et le rôle qui lui ont été confiés, et qui sont ceux d’un catalyseur de l’investissement et de l’aide au développement socioéconomique, et d’un coordonnateur des actions menées sur place par les agences de l’ONU, les organismes privés et les organisations non gouvernementales (ONG).  Il a noté que ces acteurs, ainsi que la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), étaient parvenus en quelques années à sensibiliser la communauté internationale au sort d’Haïti, «pays pauvre qui, il y a moins d’un siècle, était cependant l’île la plus riche des Caraïbes ». 

Pour sortir Haïti de la pauvreté et du sous-développement, M. Clinton a préconisé de miser sur la création d’emplois, la fourniture de services de base, la construction à grande échelle de logements décents et la promotion de l’indépendance énergétique. 

« Ce chantier de l’énergie est prioritaire si l’on veut envisager l’essor de secteurs clefs comme l’agriculture et le tourisme, qui sont créateurs d’emplois, et notamment d’emplois verts », a assuré l’ancien Président des États-Unis.  Se référant ensuite à la Conférence des bailleurs de fonds tenue à Washington en avril dernier, il a lancé un appel en direction des donateurs, affirmant que sans l’aide « réelle » des États Membres, la vision d’une Haïti moderne resterait lettre morte.  « Sur les 700 millions de dollars promis par les donateurs, seulement 21 ont été à ce jour décaissés », a-t-il déploré, avant d’exhorter les pays à honorer sans délai leurs promesses au moment où d’autres initiatives concernant la formation des femmes, la nutrition scolaire et le développement de l’énergie solaire ont été engagées sur le terrain. 

Appuyant les propos de M. Clinton, le Premier Ministre d’Haïti a souligné la nécessité d’accélérer le développement des entreprises privées et d’intensifier la création d’emplois, ainsi que celle de briser le cercle de la corruption et de l’impunité pour redonner confiance à la jeunesse et accueillir « positivement » les contributions de la diaspora haïtienne. 

« Je le dis haut et fort: Haïti vivra, Haïti doit aller de l’avant, Haïti peut encore une fois inventer un moment d’épiphanie qui l’engage résolument dans la voie du progrès et de la modernité », s’est exclamée avec conviction Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis, qui a indiqué que son gouvernement satisfaisait aux conditionnalités qui lui ont permis de bénéficier d’un allégement de sa dette à hauteur de 1,2 milliard de dollars.

Ce dernier point a été salué par le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSTAH, M. Hédi Annabi, qui a par ailleurs indiqué que le renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) était indispensable pour également mettre les investisseurs en confiance et les inciter à parier sur le développement d’Haïti.  Après lui, les délégations ont en effet reconnu, à l’instar de celle des États-Unis, qu’il ne saurait y avoir de développement économique sans stabilité. 

La représentante permanente des États-Unis, Mme Susan Rice, a ainsi déclaré que « le développement durable en Haïti ne pourrait avoir lieu sans stabilité durable ».  Elle a expliqué que sur les 57 millions de dollars que son pays a décidé de consacrer à l’aide au développement en faveur d’Haïti, une partie irait au renforcement du secteur de la sécurité.  Mme Rice a ajouté que les États-Unis appuyaient la prorogation d’un an du mandat de la MINUSTAH, « dont le Secrétaire général salue dans son rapport la contribution précieuse dans le domaine clef de la sécurité ». 

De son côté, le représentant du Costa-Rica a exprimé un point de vue plus nuancé.  M. Jorge Urbina s’est demandé pourquoi poursuivre à grands frais la militarisation de la MINUSTAH et la reconstitution des forces armées nationales haïtiennes alors qu’Haïti n’est l’objet d’aucune menace extérieure.  « Ce que veulent les Haïtiens, c’est un avenir meilleur et manger à leur faim en bénéficiant d’un secteur agricole dynamique et modernisé », a-t-il déclaré. 

Pour M. Urbina, qui a préconisé d’ajouter aux mandats de maintien de la paix des initiatives robustes de développement durable pour consolider les progrès politiques et sociaux, l’accent doit être mis, en ce qui concerne Haïti, sur le renforcement du capital humain et l’élaboration d’un cadre réglementaire favorable à une économie moderne, « en faisant tomber d’urgence l’obstacle que constituent les régimes de propriété foncière ». 

LA QUESTION CONCERNANT HAÏTI

Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (S/2009/439)

Ce rapport, qui rend compte des principaux évènements survenus en Haïti depuis mars 2009 et des progrès réalisés dans la mise en œuvre du mandat de la MINUSTAH, se penche notamment sur l’état d’avancement de l’exécution du Plan de consolidation mis en place il y a un à la demande du Secrétaire général. 

Ce plan comporte cinq volets.  S’agissant du domaine politique et des élections, Ban Ki-moon note qu’avec l’arrivée du gouvernement du Premier Ministre Pierre-Louis, suivie par la tenue des élections sénatoriales, qui ont été appuyées par la Mission, le fonctionnement de la vie politique peut à nouveau reposer sur des bases institutionnelles solides. 

Pour ce qui est de la consolidation de la stabilité politique, le rapport indique qu’il est essentiel que les dirigeants haïtiens continuent de collaborer avec la communauté internationale pour assurer l’organisation en temps utile des élections législatives, locales et présidentielles. 

Concernant l’extension de l’autorité de l’État, le Secrétaire général suggère d’arrêter un modèle de décentralisation qui favoriserait le renforcement des capacités de gouvernance locale.  On espère que les propositions formulées par la Commission chargée de la Constitution permettront de parvenir à un consensus à ce sujet, dit-il.

La promotion de la sécurité et de la stabilité dans le pays progresse généralement au rythme prévu dans le Plan de consolidation, note encore le Secrétaire général dans ce rapport, et il précise que les activités ciblées menées par les forces nationales et internationales assurent la sécurité dans les zones urbaines et dans les zones rurales, tandis que la présence de la MINUSTAH et d’éléments de la Police nationale haïtienne (PNH) a été renforcée le long des frontières terrestres et maritimes. 

Pour ce qui concerne le développement économique et social, le rapport souligne que, afin que le pays exploite ses atouts et atteigne les objectifs de progrès vers une stabilité durable, il est indispensable que les dirigeants haïtiens fassent appel au secteur privé pour saisir avec lui les occasions qui se présentent. 

Dans ses observations et recommandations, M. Ban Ki-moon affirme que l’engagement des dirigeants et du peuple haïtiens, de l’ONU et de la communauté internationale en général, demeure crucial pour la consolidation de la stabilité, et pour que le pays puisse s’orienter vers un avenir meilleur de développement pacifique.  

C’est au peuple haïtien qu’il incombe au premier chef de veiller à ce que l’évolution se poursuive, ajoute-t-il, appelant les dirigeants à poursuivre l’action engagée pour trouver des solutions aux problèmes du pays qui recueillent une large adhésion, notamment, renforcer les institutions de l’État et procéder aux réformes constitutionnelles envisagées.

Le Secrétaire général estime de plus que l’appui opérationnel que la MINUSTAH fournit dans le domaine de la sécurité demeure capital au moment où les capacités de la police haïtienne sont en cours de renforcement, et où l’État continue de faire face à de menaces sérieuses pour sa stabilité. 

Il souligne aussi que l’expertise technique de la MINUSTAH est une ressource importante pour renforcer la capacité de gouvernance nationale et locale et développer les structures de gestion des frontières, d’état de droit et de défense des droits de l’homme.  C’est ainsi qu’il recommande au Conseil de sécurité de proroger d’un an le mandat de la Mission, jusqu’au 15 octobre 2010.

Enfin, Ban Ki-moon salue la volonté politique dont les partenaires d’Haïti ont fait preuve à la Conférence de Washington et l’annulation de la dette qui s’est ensuivie.  Il juge essentiel que cette bonne volonté soit maintenue et que d’autres efforts soient faits pour parvenir à un changement véritable dans la vie quotidienne des Haïtiens, « condition préalable de la stabilité à court et long termes ». 

À cet égard, le Secrétaire général salue le fait que la participation de l’ancien Président Clinton, en sa qualité d’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, apporte d’ores et déjà une contribution précieuse en ce sens.

Déclarations

M. WILLIAM J. CLINTON, Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, a déclaré que lors de sa visite dans le pays en 1995, il avait été tout de suite fasciné par les promesses incarnées par Haïti et son peuple.  « Une culture unique, du talent, l’esprit d’un peuple au courage intact en dépit des souffrances endurées pendant des décennies, voilà ce que j’ai appris à découvrir avec les années », a-t-il dit.  M. Clinton a rappelé que les premiers efforts engagés à l’époque par les États-Unis avaient été destinés à remettre la démocratie au pouvoir.  Aujourd’hui, l’Administration Obama et le Congrès ont de nouveau à cœur d’aider Haïti, cette fois pour l’aider à échapper à un destin négatif, a affirmé M. Clinton.  Il a poursuivi en notant qu’en dépit des récents désastres naturels, les autorités nationales avaient réussi à bâtir un Gouvernement moderne et à redonner l’espoir aux Haïtiens vivant dans l’île et à ceux de la diaspora.  Il a ajouté que les promesses des bailleurs de fonds, l’action admirable des centaines d’organisations non gouvernementales (ONG) opérant sur le terrain et l’appui crucial de la MINUSTAH à la consolidation de la stabilité avaient depuis cinq ans déclenché une prise de conscience sur la nécessité de sortir Haïti de la pauvreté, du sous-développement et de l’insécurité. 

« Mon rôle est de faire avancer les efforts en cours », a ensuite souligné M. Clinton.  Je suis là pour aider les agences à coordonner leurs activités, comme nous avons su le faire, je pense, au lendemain du tsunami de 2004, a-t-il précisé.  L’accent doit être mis sur la création d’emplois, la fourniture de services de base et la construction à grande échelle de logements décents, a-t-il dit.  Alors que 50% des foyers haïtiens sont dirigés par des femmes, la mortalité maternelle en Haïti reste l’une des plus dévastatrices qui soit, s’est-il ensuite ému. 

L’ancien Président des États-Unis a en outre rappelé le mandat qui lui a été donné et notamment son rôle de catalyseur des investissements dans le pays, en particulier ceux provenant du secteur privé et grâce auxquels « l’économie d’Haïti pourra entrer dans la modernité ».  Il a ajouté que le préalable à une augmentation du volume des investissements privés en Haïti était la sécurité et la stabilité, cela passant par le renforcement des capacités institutionnelles d’Haïti dans ses domaines, à commencer par celui des forces de la Police nationale d’Haïti.

Le chantier prioritaire est celui de l’indépendance énergétique d’Haïti, a affirmé M. Clinton, ceci pour permettre un essor de secteurs clefs comme l’agriculture et le tourisme, qui sont créateurs d’emplois, et notamment d’emplois verts.  L’Envoyé spécial du Secrétaire général a aussi souligné que le rôle qui lui a été confié avait pour objectif de donner une image plus positive d’Haïti à la communauté internationale: «  Haïti n’est pas une cause perdue, mais un pays qui a droit à un avenir meilleur », a-t-il ainsi déclaré, appelant les membres du Conseil de sécurité à se joindre à la « bataille » en faveur d’un Haïti émancipé et maître de son destin.

Sans l’aide réel des États Membres, ce vœu restera pieux, a-t-il insisté, signalant que sur les 700 millions de dollars promis par ces derniers, seulement 21 avaient été à ce jour décaissés.  Il a demandé aux pays d’honorer d’urgence leurs promesses, au moment où d’autres initiatives concernant la formation des femmes, la nutrition scolaire et le développement de l’énergie solaire ont d’ores et déjà été engagées sur le terrain. 

Ces projets, associés à l’aide publique, donneront à Haïti les moyens de devenir ce que ce pays était il y a 70 ans: l’île la plus riche des Caraïbes, a conclu M. Clinton.

M. HÉDI ANNABI, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a résumé les progrès accomplis dans la stabilisation du pays en commençant par le dialogue politique qui est le cœur de cette opération de maintien de la paix.  Il a notamment évoqué les efforts du Gouvernement haïtien et du Président René Préval qui a créé des commissions chargées de questions d’intérêt national.  Parmi les nouvelles lois adoptées, il a cité la loi financière qui a permis d’annuler la dette extérieure d’Haïti, d’un montant de 1,2 milliard de dollars.  Il a aussi parlé des élections sénatoriales au terme desquelles 11 nouveaux sénateurs ont été élus.  M. Annabi a ensuite appelé toutes les branches du Gouvernement haïtien à renforcer leur collaboration entre elles, et a appelé la communauté internationale à soutenir ces efforts.

En ce qui concerne l’étendue de l’autorité de l’État, M. Annabi a relevé les progrès accomplis dans le renforcement de la capacité nationale et la contribution, en ce sens, de la Mission qui a, par exemple, fournit une expertise aux ministères haïtiens et aux autorités locales.  Les partenaires bilatéraux et les organisations internationales sont aussi à l’origine d’initiatives dans ce sens, a-t-il noté.  Mais, a-t-il ajouté, les vrais progrès ne seront réalisés que si les dirigeants haïtiens font preuve de volonté politique.

Passant à la question de la sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSTAH a relevé les progrès accomplis au cours des 10 dernières années, aussi bien dans les zones urbaines que rurales.  Il a donné notamment l’exemple des opérations anti-gang menées dans la Cité Soleil et à Martissant et rappelé que la MINUSTAH a participé au renforcement de la Police nationale haïtienne (PNH).  Cela devrait accroître la confiance des investisseurs, même si le pays continue à être menacé par des groupes armés et des gangs, a estimé M. Annabi.  Il a ainsi expliqué pourquoi la présence de troupes et d’unités de police internationales est encore indispensable.  Le Secrétaire général a fait des recommandations qui impliquent le rapatriement de personnel armé et de troupes, tout en proposant d’augmenter le nombre des personnels de police, a-t-il aussi signalé.

Le renforcement d’autres institutions d’état de droit est encore une autre avancée, a signalé M. Annabi.  Il a ainsi mentionné la réouverture de l’École de la magistrature et l’espoir de voir prochainement créé en Haïti un conseil supérieur de la magistrature.  Il a aussi parlé de la construction d’une nouvelle prison près de la capitale, Port-au-Prince, et du renforcement du Bureau du Protecteur du citoyen.  La création de toutes ces institutions relève d’un processus à long terme, a-t-il fait remarquer.

Quant au développement socioéconomique, M. Annabi a expliqué en quoi il est lié à la sécurité et à la stabilité et comment le maintien de la paix peut aider à créer les conditions favorables au développement.  Il a parlé des projets mis en place, et qui ont permis de créer des milliers d’emplois.  La Mission a aussi souligné l’importance de la composante ingénierie, qui lui permet de s’acquitter du mandat qui lui est confié.  Aujourd’hui, nous voyons les occasions qui se présentent, au vu des avantages que présente Haïti, a-t-il relevé.

Mme MICHÈLE DUVIVIER PIERRE-LOUIS, Premier Ministre d’Haïti, a souligné la « contribution indéniable » de la MINUSTAH au processus de stabilisation d’Haïti.  Elle a évoqué, entre autres, les appuis institutionnels, l’assistance à la construction des capacités et des compétences des administrations locales, l’accompagnement des réformes garantissant l’émergence de l’état de droit et l’amélioration à court terme de la situation socioéconomique des gens vivant dans les quartiers réputés difficiles.  Elle a affirmé que le Gouvernement haïtien s’était engagé résolument à créer les conditions susceptibles de donner confiance aux investisseurs locaux et d’attirer les investisseurs étrangers car, a-t-elle ajouté, la priorité doit être donnée à la création d’emplois « dignes, durables et respectueux de l’environnement ».  Mme Duvivier Pierre-Louis a également précisé que le Gouvernement de Haïti continue d’investir dans la réhabilitation des infrastructures urbaines et rurales.  Le Premier Ministre a cependant signalé que compte tenu du niveau de sous-investissement généralisé, ces progrès étaient loin de pouvoir « significativement nous éloigner des zones de risques ».

Affirmant ensuite qu’Haïti était à un tournant décisif, Mme Duvivier Pierre-Louis a indiqué que les prochaines échéances électorales constituent de sérieux enjeux dans la lutte pour le pouvoir et peuvent dès lors conduire à « toutes sortes de dérives ».  Elle a également indiqué que le projet d’amendement constitutionnel demande un compromis politique fondamental pour l’avenir du pays.  Pour le Premier Ministre, il importe donc d’engager des investissements susceptibles d’accroître la production nationale, de réduire la vulnérabilité environnementale, de développer les potentialités touristiques et d’améliorer les infrastructures sociales de base du pays.  Mme Duvivier Pierre-Louis a également évoqué le développement des entreprises privées et la création intensive d’emplois, ainsi que la nécessité de briser le cercle de la corruption et de l’impunité, de redonner confiance aux jeunes du pays, d’accueillir « positivement » les contributions de la diaspora haïtienne et d’engager l’État et la société civile dans « la bataille des droits sociaux, économiques et culturels essentiels ».  Le Premier Ministre a également expliqué qu’Haïti avait satisfait aux conditionnalités conduisant à l’atteinte du point d’achèvement de l’allégement de la dette à hauteur de 1,2 milliard de dollars. 

« Je le dis haut et fort: Haïti vivra, Haïti doit aller de l’avant, Haïti peut encore une fois inventer un moment d’épiphanie qui l’engage résolument dans la voie du progrès et de la modernité, au bénéfice de la population haïtienne tout entière », a déclaré Michèle Duvivier Pierre-Louis avant de conclure son intervention.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a souhaité que la présence active de M. Bill Clinton en Haïti soit suivie d’une percée des investissements privés et d’un affermissement de l’aide en faveur du relèvement économique.  Notant les progrès accomplis en matière de stabilisation politique et dans le domaine de la sécurité, le représentant a souligné le rôle d’appui de la MINUSTAH dans ces secteurs clefs, sur la base desquels seront possibles une pleine et durable restauration de l’État et la relance de l’économie et de l’emploi. 

Le dialogue et la réconciliation nationale doivent se poursuivre et s’intensifier, a ajouté M. Churkin, qui a rappelé qu’à terme les transferts progressifs des responsabilités aux fonctionnaires haïtiens devraient permettre à ces derniers d’assurer un avenir meilleur au pays.  Se référant au rapport du Secrétaire général, il a fait savoir que sa délégation appuyait la prorogation d’un an du mandat de la MINUSTAH, afin que se poursuivent dans un environnement favorable le renforcement des capacités de gouvernance nationale et locale ainsi que celui des structures relatives à l’état de droit. 

M. ABDURRAHMAN SHALGHAM (Jamahiriya arabe libyenne) a relevé l’attention internationale croissante qui se porte sur Haïti, citant notamment la tenue de la Conférence de Washington et la visite sur le terrain menée par le Secrétaire général et M. Clinton.  Il s’est félicité des progrès accomplis en faveur de la stabilité, qui se traduisent par la tenue des élections sénatoriales et par la poursuite du dialogue politique.  En ce qui concerne les services de police et pénitentiaires, il a émis l’espoir que les progrès accomplis dans ces domaines se poursuivront.  Le représentant libyen s’est toutefois dit préoccupé par les risques de voir réapparaître des tensions en Haïti.  Les tempêtes et les ouragans qui se sont abattus dans le pays, ainsi que la crise alimentaire n’ont fait qu’aggraver les fardeaux qui pèsent déjà sur les Haïtiens, a-t-il regretté.  Il va falloir que toutes les autorités haïtiennes s’attèlent à faire face à toutes les menaces qui se profilent sur les plans social, économique et sécuritaire, a souligné le représentant.  Il a noté la proposition du Secrétaire général de reconfigurer la MINUSTAH et s’est félicité de l’évaluation entreprise concernant cette Mission.  Il a enfin appuyé la prorogation du mandat de la Mission comme proposée par le Secrétaire général dans son rapport.

M. GUILLERMO PUENTE ORDORICA (Mexique) a apprécié la volonté de la communauté internationale cette année à faire avancer les progrès en Haïti, notamment par les visites des membres du Conseil de sécurité et du Conseil économique et social (ECOSOC).  Le Mexique, en tant que membre du Groupe des Amis d’Haïti, espère continuer à contribuer à l’analyse stratégique et à la coopération des divers acteurs régionaux et multilatéraux en faveur de la stabilisation du pays, a-t-il indiqué.  Le représentant s’est félicité du soutien que la MINUSTAH a apporté à Haïti dans le domaine politique et pour les élections, ainsi que pour le renforcement institutionnel.  Il a souhaité que la Mission et l’Équipe de pays des Nations Unies poursuivent leur œuvre en vue de renforcer le développement, l’aide humanitaire et l’état de droit, domaines qui, malgré les progrès, demeurent fragiles.

M. Puente Ordorica a ensuite soutenu les recommandations du Secrétaire général, en particulier celle de la prolongation du mandat de la Mission jusqu’au 15 octobre 2010.  Il a appelé les pays de la région à soutenir la Mission et la police nationale, en attirant l’attention sur la sécurité transfrontière et régionale.  En ce qui concerne les droits de l’homme, il s’est inquiété en particulier du problème de la traite des enfants.  Le Gouvernement mexicain a convoqué une conférence hémisphérique de coordination de la coopération avec Haïti, qui se tiendra les 4 et 5 novembre prochains à Mexico, a-t-il dit.

M. RONKA VILOVIĆ (Croatie) a estimé que les défis que connait actuellement Haïti exigent qu’une assistance durable et intégrale lui soit versée par la communauté internationale.  Il s’est félicité des résultats obtenus lors de la Conférence internationale des donateurs qui a lieu au mois d’avril dernier, et a dit que sa délégation espérait que la prochaine mission conduite par l’Envoyé spécial du Secrétaire général permettrait d’élargir cet élan.  Le représentant croate a également estimé qu’Haïti devait répondre à la bonne volonté et à l’engagement dont a fait preuve la communauté internationale en transformant les engagements pris en actions concrètes et en renforçant davantage le dialogue et la coopération politique interne.  Seul un processus politique inclusif permettra la tenue d’élections et la conduite des réformes constitutionnelles qui sont nécessaires, a-t-il affirmé. 

Après s’être félicité de l’adoption d’un budget national, de la création d’un salaire minimum et de l’amélioration de la situation sécuritaire, M. Vilović a souligné que le maintien de la stabilité en Haïti exigeait un engagement constant de la part des autorités dans le but de renforcer les institutions étatiques et d’achever les réformes constitutionnelles.  Il a également insisté sur l’importance du respect de l’état de droit et de l’amélioration du cadre juridique, ainsi que sur la création d’un système judiciaire et pénal qui soit conforme aux normes internationales.  Le représentant croate a ensuite évoqué l’importance du rôle de la MINUSTAH, et a appuyé la recommandation du Secrétaire général de proroger son mandat de 12 mois.  M. Vilović a également estimé que davantage d’officiers de sexe féminin devraient faire part des rangs de la MINUSTAH, afin d’aider notamment, les victimes de violence sexuelle.

M. GÉRARD ARAUD (France) s’est félicité du maintien de l’attention de la communauté internationale sur la situation en Haïti.  Il a noté les progrès importants accomplis ces dernières années au prix des nombreux efforts consentis par la communauté nationale et le peuple d’Haïti lui-même.  Il salué à cet égard le rôle d’appui de la MINUSTAH à la consolidation de la stabilité dans le pays, ajoutant que la France, à l’instar des autres membres du Conseil de sécurité, soutenait la prorogation d’un an du mandat de la Mission.  Le représentant français a appelé les partenaires d’Haïti à ne pas « baisser la garde » au moment où le pays se trouve dans une période ascendante, symbolisée notamment par la présence active de Bill Clinton. 

Le représentant a ensuite souligné la nécessité de faciliter l’investissement privé et d’encourager l’action considérable des organisations non gouvernementales (ONG).  Il faut accompagner la société haïtienne en lui donnant les moyens de prendre pleinement en main son destin, a également affirmé M. Araud, pour qui la priorité doit aller à l’appui au développement économique et social, en profitant de l’élan généré par la Conférence de Washington d’avril dernier.  Il a ainsi jugé que l’annulation des dettes faisait partie de ces éléments qui devront permettre au Gouvernement et au peuple haïtiens de se forger un avenir meilleur.  Le représentant a, enfin, rappelé, les liens historiques, culturels et humains unissant Haïti et la France, en faisant remarquer que son pays, à ce titre, avait récemment accru son aide humanitaire. 

M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a relevé le calme relatif qui prévaut en Haïti ces derniers mois en matière de stabilité et de sécurité, qu’il a jugé encourageant.  Cela veut dire que la MINUSTAH n’a pas à mener des opérations de sécurité à grande échelle comme par le passé, a-t-il fait remarquer, en évoquant celle opérée à la Cité Soleil.  Nous encourageons le commandant des forces de la MINUSTAH à consolider les résultats atteints par la Mission à cet égard, a-t-il dit.  Il a approuvé la proposition du Secrétaire général, qui estime que la présence de la Mission est encore indispensable, tout en reconnaissant qu’Haïti devrait pouvoir bientôt maintenir la sécurité dont jouit le pays.  Il faut mettre l’accent sur la police et la promotion de l’état de droit, a estimé M. Sawers, mais il faut aussi garantir un meilleur avenir aux Haïtiens et à leurs enfants.  La nomination de M. Clinton en tant qu’Envoyé spécial pour Haïti permet d’espérer des améliorations dans ce sens, a estimé le représentant.

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) s’est félicité des progrès accomplis dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de consolidation d’Haïti.  Il a notamment évoqué les élections sénatoriales, l’adoption de mesures législatives clefs et la poursuite d’un dialogue inclusif autour de plusieurs questions essentielles.  « Malgré ces développement positifs », a-t-il cependant ajouté, « ma délégation demeure gravement préoccupée par la fragilité de l’environnement sécuritaire et le peu de progrès accomplis dans la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels ».  Le représentant vietnamien a notamment évoqué la question que posent les viols de mineurs et le problème de la traite d’enfants.  À ce tournant critique, nous estimons que le plein engagement du leadership et de la population, et la mise en œuvre d’une stratégie socioéconomique détaillée sont d’une importance fondamentale pour Haïti, a-t-il souligné.  M. Le Luong Minh a ensuite estimé que la communauté internationale devait accorder une attention particulière au renforcement de la Police nationale haïtienne et à celui du fonctionnement de la gouvernance nationale et locale.  Il a également engagé les donateurs à remplir leurs obligations, et a ensuite salué les efforts du Président Clinton et de la MINUSTAH.  Le représentant du Viet Nam a notamment estimé que le déploiement de cette dernière était « indispensable » pour éviter tout retard dans la mise en œuvre du Plan de consolidation.  Tout en appuyant la recommandation faite par le Secrétaire général de proroger jusqu’au 15 octobre 2010 le mandat de la MINUSTAH, le représentant a estimé que celle-ci devait savoir s’adapter aux changements qui apparaissent sur le terrain.

M. JORGE URBINA (Costa Rica) a estimé que les progrès relevés par ses collègues étaient des avancées précaires, ce que démontre le fait que 15 ans après son déploiement, il n’existait toujours pas de stratégie de sortie de la MINUSTAH.  Le représentant a déploré un niveau insuffisant de coopération entre la communauté internationale et les autorités haïtiennes, la conséquence de ce manquement étant que les acquis ne peuvent pas être pérennisés.  C’est comme si la communauté internationale agissait en ignorant que le pilier de la paix et de la sécurité c’est le développement socioéconomique, a affirmé M. Urbina.  Le Costa Rica, à la lumière du cas haïtien, continue de penser qu’il faut ajouter aux tâches de maintien de la paix des initiatives robustes de développement durable pour consolider les progrès politiques et sociaux sur le terrain, a poursuivi le représentant.  Il a en outre jugé que le principe d’appropriation nationale ne devait pas devenir un prétexte au nom duquel certaines décisions inadaptées doivent être soutenues.  Pourquoi reconstituer à grands frais une armée haïtienne, alors qu’il n’existe pas de menace externe contre Haïti? a demandé Jorge Urbina. 

Ce que veulent les Haïtiens, c’est un avenir meilleur, manger à leur faim, en s’appuyant sur un secteur agricole dynamique et modernisé, a-t-il déclaré, en notant que la faible productivité vivrière du pays était à l’origine d’une véritable épidémie d’anémie frappant les femmes et les enfants.  Pour M. Urbina, l’accent doit être mis d’urgence sur le renforcement du capital humain et l’élaboration d’un cadre réglementaire pour la promotion d’une économie moderne, cela en faisant notamment tomber l’obstacle que sont les régimes de propriété foncière.  Il a également souligné l’importance d’impliquer plus énergiquement la diaspora haïtienne dans le redressement du pays et de fournir des services de base dans les domaines de la santé et de l’éducation, ceci pour remettre Haïti dans la course à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) s’est félicité de la tenue des élections sénatoriales en Haïti.  Relevant le faible taux de participation, il a appelé la classe politique haïtienne à œuvrer davantage à conquérir la confiance de la population, et à créer la tolérance et le dialogue.  Le représentant burkinabè a également fait part de ses préoccupations quant au retard enregistré dans la mise en œuvre du programme législatif commun adopté par le Gouvernement et le Parlement haïtiens en 2008.  « Nous espérons que ce processus sera accéléré afin de renforcer le cadre juridique et institutionnel du pays », a-t-il indiqué. Après s’être félicité des propositions de réformes relatives au cycle électoral, à la double nationalité et à l’architecture de la sécurité, le représentant burkinabè a indiqué que sa délégation restait préoccupée par les risques qui pèsent sur la situation sécuritaire en Haïti et qu’elle invitait la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à continuer son appui aux initiatives du Gouvernement.  Il a également évoqué l’importance de pallier au problème de la surpopulation des centres de détention.

« Ma délégation note avec préoccupation la lenteur des progrès dans le domaine des droits de l’homme », a enchainé M. Kafando, relevant que la majeure partie de la population haïtienne vit dans des conditions très précaires.  Il s’est ensuite félicité de l’engagement du Président Clinton et des résultats de la Conférence des partenaires bilatéraux, tenue le 14 avril dernier.  Le représentant burkinabè a également affirmé que la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) restait une importante « bouée de sauvetage » pour le pays.

M. ZHANG YESUI (Chine) a relevé les progrès importants réalisés en Haïti, grâce à la contribution de la communauté internationale et au rôle joué par la MINUSTAH.  Mais la situation est encore précaire, notamment en matière de sécurité et de lutte contre la corruption, a-t-il noté.  Il a encouragé le Gouvernement à travailler davantage avec la Mission et à mener à bien les réformes judiciaires en cours, tout en renforçant la sécurité.  Il a aussi jugé important de renforcer la participation de la société civile dans le redressement du pays, et a appelé à réduire la pauvreté en œuvrant pour un développement socioéconomique.  Pour cela, a-t-il estimé, le Gouvernement doit pouvoir bénéficier d’un appui au niveau international, notamment de la part des pays voisins.  Depuis son déploiement il y a cinq ans, la MINUSTAH a largement contribué au développement du pays, s’est-il réjoui, avant de se déclarer favorable à la reconduction du mandat de cette Mission.  Il a cependant espéré que la Mission ne dépasserait pas les responsabilités qui lui sont confiées et souhaité qu’elle fasse l’objet d’une évaluation.

M. YUKIO TAKASU (Japon) a estimé à son tour que le rôle de M. Clinton comme Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti représentait une contribution de poids au développement du pays.  Il a ajouté que la MINUSTAH jouait également un rôle d’appui considérable pour assurer la stabilité d’Haïti.  Le représentant japonais a ensuite noté que la faible participation aux élections sénatoriales indiquait combien le processus politique devait être poursuivi en intensifiant les initiatives de réconciliation nationale, sans laquelle le crime continuera d’éloigner les citoyens de la participation à l’essor de leur société.  Il a ensuite appelé à un renforcement des effectifs de la Police nationale d’Haïti, la Mission devant être maintenue au moins jusqu’en 2011 pour que soit atteint l’objectif de former 14 000 personnels de police.  Il a souligné que, pour le Japon, l’aide internationale devait d’abord être consacrée à la lutte contre la pauvreté, dans un pays où la malnutrition et le chômage continuent de saper tout espoir de bâtir un avenir meilleur.  Il a fait savoir que le Japon comptait honorer la promesse faite d’allouer 50 millions de dollars pour appuyer la mise en œuvre de la Stratégie de réduction de la pauvreté du Gouvernement haïtien.  Cette contribution pourra être d’autant plus déterminante qu’elle interviendrait dans un contexte d’annulation de nombreuses dettes bilatérales décidées récemment, a estimé M. Takasu.

M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a relevé que la MINUSTAH continuait de contribuer à la stabilité d’Haïti, son mandat étant mené avec succès selon lui.  Il a en particulier apprécié l’engagement des pays latino-américains et caribéens dans la mission de la MINUSTAH.  Le représentant a noté le renforcement progressif de la Police nationale haïtienne et s’est félicité de la mission d’ajustement menée par le Département des opérations de maintien de la paix en vue d’adapter les différentes composantes de la Mission à ses besoins.  Il s’est dit préoccupé par la surpopulation carcérale, s’intéressant de même aux études faites sur la délinquance juvénile.  La situation en Haïti est toutefois très fragile et constitue encore une menace à la stabilité, a ensuite noté le représentant, se félicitant à cet égard de la nomination de l’ancien Président américain en tant qu’Envoyé spécial de l’ONU.  Il s’est aussi réjoui de la tenue des élections sénatoriales et a indiqué soutenir la proposition du Secrétaire général de proroger d’un an le mandat de la MINUSTAH.

M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a estimé que les récentes visites de M. Clinton et de la Mission du Conseil de sécurité en Haïti avait permis de concentrer les efforts de la communauté internationale en faveur de ce pays, en créant un nouvel élan.  Ce dévouement a été encouragé par la tenue de la Conférence de Washington où des engagements cruciaux ont été pris pour sortir Haïti de la pauvreté qui entrave son développement depuis trop longtemps.  Pour le représentant, la coopération politique entre les parties a permis l’organisation des élections sénatoriales qui se sont déroulées dans un climat pacifique.  Mais la situation reste précaire, et elle exige un renforcement rapide des forces de Police nationale et, au-delà, de s’attaquer aux causes sous-jacentes de l’instabilité et du sous-développement en Haïti, a encore dit le représentant.  La reprise relative de l’économie doit maintenant se traduire de manière tangible dans la vie quotidienne des Haïtiens, a-t-il estimé, en souhaitant que l’action de M. Clinton soit menée en tandem avec les différents efforts de maintien de la paix conduits depuis plus d’une décennie.

M. PATRICK S. MUGOYA (Ouganda) a félicité la population haïtienne et la Commission électorale nationale qui ont pu organiser des élections pacifiques cette année.  C’est au Gouvernement haïtien qu’incombe la responsabilité de faire progresser le pays dans les domaines de l’état de droit et de l’économie, a-t-il ajouté, notant par exemple les progrès accomplis concernant la sécurité aux frontières.  Même si la situation sécuritaire reste calme, elle est fragile à cause de menaces posées par des gangs armés et par la traite des enfants, a-t-il cependant relevé, avant de souligner les progrès réalisés dans la sécurité à Cité Soleil.  Avec l’aide du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Banque mondiale, le Gouvernement a préparé une stratégie pour faire face aux catastrophes naturelles, a-t-il aussi noté, espérant que les Amis d’Haïti appuieraient le pays dans ses efforts.  Le représentant a également demandé de renforcer les partenariats avec le secteur privé pour améliorer le niveau de développement d’Haïti.  Il s’est félicité à ce sujet de l’annulation de la dette extérieure du pays.  Il s’est enfin dit favorable à la prorogation du mandat de la MINUSTAH telle que proposée par le Secrétaire général.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a déclaré que, malgré la crise alimentaire et les catastrophes naturelles ayant frappé Haïti, des progrès majeurs avaient été accomplis l’an dernier sur le plan politique.  Elle a ajouté que le Gouvernement devait profiter de cette amélioration pour intensifier le dialogue national, l’une des conditions préalables au relèvement socioéconomique du pays.  La représentante s’est félicitée des engagements pris lors de la Conférence de Washington où les donateurs ont promis le versement de fonds qui devraient donner à Haïti les moyens d’améliorer le quotidien de populations marquées par la souffrance et le malheur depuis des décennies.  Les États-Unis se sont engagés à verser 57 millions de dollars pour appuyer cet effort, a indiqué Mme Rice, qui a précisé que cette aide était également destinée à renforcer la sécurité, car, a-t-elle dit, il ne peut y avoir de développement durable sans stabilité durable.  C’est en ce sens qu’elle a souligné la nécessité d’accélérer la formation des personnels de la Police nationale d’Haïti et de transférer rapidement les équipements indispensables à la modernisation de celle-ci.  Les États-Unis appuient la prorogation d’un an du mandat de la MINUSTAH, dont le Secrétaire général salue la contribution précieuse dans ce domaine clef de la sécurité, a souligné Mme Rice.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a rappelé que son pays avait déployé des troupes pour contribuer au contingent militaire de la MINUSTAH.  Il s’est félicité de la tenue des élections sénatoriales cette année et a remercié la communauté internationale qui a appuyé cet effort qui vise le long terme.  Il a réaffirmé le soutien de son pays au renouvellement du mandat de la Mission, conformément à la recommandation du Secrétaire général.  Il a reconnu qu’une présence militaire restait indispensable, se référant notamment aux problèmes rencontrés aux frontières.  Il a aussi noté que la stabilisation ne pouvait être accomplie que par une présence militaire et policière qui créerait et maintiendrait une confiance indispensable au développement du pays.  Le Guatemala connaît bien les défis économiques que représente l’insécurité, a-t-il ajouté, encourageant la poursuite en Haïti de réformes économiques profondes et le renforcement des institutions judiciaires.  Il a enfin exprimé sa préoccupation quant au paragraphe 82 du rapport portant sur les montants dus aux pays qui fournissent à la MINUSTAH des contingents et des unités de police.  Il a rappelé à cet égard la nécessité de rembourser l’équipement des contingents déployés.

M. JOSE LUIS CANCELA (Uruguay), s’exprimant au nom du Groupe des Amis du Secrétaire général pour Haïti, s’est félicité des progrès accomplis dans les domaines du dialogue politique, de l’autorité de l’État, de la gestion frontalière, du renforcement de la sécurité et du respect de l’état de droit et des droits de l’homme.  Il a également évoqué le renforcement de la coopération politique qui a permis la tenue des élections sénatoriales et l’adoption de mesures législatives clefs, entre autres.  Le Groupe des Amis d’Haïti fait part de ses préoccupations au sujet de la situation socioéconomique qui menace la stabilité du pays, a enchaîné le représentant.  Il a par ailleurs mis l’accent sur l’importance que revêt la nomination du Président Clinton au poste d’Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti. 

À l’instar du Secrétaire général, le représentant uruguayen a souligné la relation entre la stabilisation sécuritaire et le développement, faisant remarquer que les niveaux actuels de pauvreté et de souffrance étaient incompatibles avec l’instauration d’une stabilité à long terme.  Après avoir engagé les autorités haïtiennes et la communauté internationale à travailler de près pour faciliter le redressement et l’approvisionnement de l’aide humanitaire, M. Cancela a appuyé la recommandation du Secrétaire général de proroger d’un an le mandat de la MINUSTAH.

M. ANDERS LIDÉN (Suède), qui intervenait au nom de l’Union européenne (UE) dont la Suède assure la présidence, a estimé que malgré l’amélioration de la sécurité et de la stabilité en Haïti depuis le déploiement, en 2004, de la MINUSTAH, le faible développement socioéconomique de la population haïtienne demeurait préoccupant et risquait de saper les accomplissements réalisés.  « Nous saluons donc avec grande satisfaction la nomination du Président Clinton au poste d’Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti », a dit M. Lidén.

Le représentant a ensuite expliqué qu’après l’appui à la réforme démocratique, l’Union européenne centrait dorénavant ses efforts sur le redressement économique, convaincue du fait que le développement socioéconomique était nécessaire pour consolider la stabilité en Haïti.  Il a également évoqué l’importance que revêt le renforcement des institutions, affirmant que la communauté internationale devait s’assurer que son appui à Haïti se faisait sur la base d’une stratégie cohérente.  M. Lidén a estimé que l’accès à la justice en faveur des populations pauvres vivant dans les zones rurales devait constituer une priorité importante.  Il s’est ensuite félicité de l’intention du Gouvernement haïtien de reprendre en main, d’ici à 2014, le système d’aide juridique national, et a ensuite engagé le Gouvernement à investir davantage dans le système pénitencier du pays.  Le représentant a également évoqué la nécessité d’assurer le suivi des élections sénatoriales.

M. JORGE ARGÜELLO (Argentine) a déclaré que la question d’Haïti était d’une importance fondamentale pour l’Amérique latine, et a expliqué que son pays participait aux efforts de coopération bilatérale et triangulaire destinés à renforcer le Ministère de l’investissement et de la planification ainsi que le Ministère de l’économie et des finances.  Le représentant argentin a estimé que la MINUSTAH avait été un facteur décisif pour le rétablissement de la stabilité et de la sécurité dans le pays.  Il a regretté la gravité de la situation économique et sociale d’Haïti, mais a tout de même estimé que les progrès enregistrés dans le domaine de la sécurité étaient encourageants.  Afin d’entamer une nouvelle étape pour Haïti, le travail de l’ONU et de la communauté internationale doit être plus efficace et plus déterminé, a-t-il affirmé, ajoutant ensuite que l’action de la communauté internationale ne devait pas se limiter à la présence de la MINUSTAH en sa configuration actuelle.  Après avoir évoqué la nécessité d’adapter la composition de la MINUSTAH à la situation qui prévaut sur le terrain, M. Argüello a estimé qu’il fallait renforcer de façon urgente les capacités institutionnelles du pays et améliorer la coordination de la coopération internationale afin de l’aligner sur les priorités établies par le Gouvernement haïtien.

Mme MONA JULL (Norvège) a rappelé que son pays avait été le premier à apporter un appui financier au bureau de l’Envoyé spécial de l’ONU pour Haïti.  La Norvège, a-t-elle dit, coopère étroitement avec l’ONU et la MINUSTAH, tout en menant des activités bilatérales pour promouvoir le dialogue entre le Gouvernement, les ONG et les communautés religieuses.  La représentante s’est félicitée du fait que M. Clinton ait décidé d’œuvrer à accroître les investissements privés en Haïti.  La Norvège appuie l’idée de planifier au-delà de 2010, a-t-elle poursuivi, souhaitant que la transition se fasse sans heurt au moment du transfert de responsabilités de la Mission vers le Gouvernement.  Cela doit se faire en coordination avec l’ONU, le Gouvernement haïtien et les partenaires internationaux, a-t-elle conclu.

M. JOHN MCNEE (Canada) a rappelé qu’Haïti était le second bénéficiaire de l’aide au développement du Canada après l’Afghanistan, avec un engagement total de 555 millions de dollars pour la période allant de 2006 à 2011.  Plusieurs Haïtiens de la diaspora vivent à New York, mais nombre d’entre eux se sont aussi installés à Montréal, a-t-il ajouté.  Pour le représentant, la Conférence de Washington d’avril dernier a été un succès, car elle a permis un renforcement du partenariat entre le Gouvernement haïtien et la communauté internationale, « unis pour aider à la mise en œuvre des réformes requises dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance démocratique et en faveur de la prospérité du pays ».  M. McNee a également estimé que la nomination de M. Clinton en tant qu’Envoyé spécial avait renouvelé l’attention portée sur Haïti depuis le début de l’année, cet engagement de l’ancien Président des États-Unis étant un geste extraordinaire pour orienter le pays vers la relance de l’économie et de l’investissement.  Le représentant canadien a ensuite salué le rôle de la MINUSTAH, qui doit demeurer en Haïti le temps nécessaire pour renforcer la capacité des institutions visant à garantir un environnement stable et sûr pour les citoyens haïtiens.  Le travail de la Mission doit évidemment être jumelé avec la réforme de la Police nationale d’Haïti (PNH), qui est un succès en cours. 

M. GONZALO GUTIÉRREZ (Pérou), dont le pays est membre du Groupe des Amis d’Haïti, a constaté les améliorations que connaît ce pays tout en soulignant la fragilité de sa stabilité et de l’état de sa sécurité.  Il a donc estimé utile de renouveler le mandat de la MINUSTAH comme le propose le Secrétaire général.  Il a en outre appelé à soutenir l’interaction entre les secteurs public et privé en Haïti, afin de permettre une mise en œuvre plus efficace des réformes nécessaires dans le domaine institutionnel.  Il est important de créer une alliance stratégique entre ces secteurs pour renforcer les capacités de l’État haïtien, a-t-il ajouté.  Le représentant péruvien a aussi réitéré l’importance de prendre en compte la recommandation du Groupe spécial d’évaluation sur Haïti du Conseil économique et social, afin de mieux utiliser le personnel de la Mission.  Nous sommes convaincus que les efforts déployés au niveau international permettront au pays de se développer de façon durable, a-t-il conclu, réaffirmant à cet égard l’entier soutien du Pérou à Haïti.

M. RODOLFO BENITEZ (Cuba) a affirmé que la paix durable, la sécurité et la stabilité en Haïti dépendaient d’abord de l’élimination de la pauvreté et du sous-développement.  Il ne peut y avoir de paix et de stabilité sans développement, a-t-il ajouté, soulignant que 70% de la population haïtienne vivaient toujours sous le seuil de pauvreté, que la moitié de la force de travail était sans emploi, et que l’espérance de vie moyenne des Haïtiens était de 52 ans.  Le représentant a ensuite rejeté l’idée selon laquelle une solution militaire serait « la panacée » pour améliorer le quotidien des Haïtiens, la présence d’une MINUSTAH renforcée militairement ne pouvant suffire à lever les obstacles qui entravent le développement d’Haïti depuis des décennies.  M. Benitez a ensuite souligné que Cuba maintenait une coopération très active avec la « nation sœur haïtienne », en particulier dans les domaines de la santé, de l’énergie, de l’éducation, de l’agriculture et des sports.  Il a indiqué que plus de 500 médecins haïtiens avaient été formés à Cuba et que près de 700 étudiants suivaient actuellement les cours gratuits dispensés par les meilleures universités cubaines.  En outre, grâce au programme d’alphabétisation cubain « Oui,je peux »,4 500 Haïtiens ont pu, à ce jour, apprendre à lire et à écrire, a ajouté le représentant, qui a considéré qu’une aide accrue de la communauté internationale à Haïti était un « devoir inévitable » incombant à l’ensemble des États Membres.

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a attiré l’attention du Conseil sur les efforts de coopération menés avec les autorités haïtiennes par son pays, dans le cadre d’accords régionaux et bilatéraux.  Elle a notamment évoqué les initiatives destinées à renforcer la sécurité alimentaire, le secteur éducatif ou encore la prévention des catastrophes naturelles.  Mme Blum a aussi cité les actions conduites par la Colombie pour protéger l’environnement et étendre le réseau d’irrigation agricole à l’ensemble du territoire haïtien.  S’agissant de la contribution de la Colombie à la MINUSTAH, la représentante a indiqué que les experts de police envoyés par son gouvernement avaient permis d’accroître l’efficacité des personnels de police haïtiens luttant contre les enlèvements et le trafic de drogues.  Mme Blum a annoncé que cette contribution serait bientôt élargie par le biais de la fourniture à venir d’équipements d’appui à la Police nationale d’Haïti et d’une formation en matière de droits de l’homme.  Elle a conclu son intervention en demandant à la communauté internationale de ne pas relâcher son effort en matière d’appui à la stabilisation d’Haïti, un pays confronté au premier chef à des risques de troubles civils susceptibles de réduire à néant les progrès politiques et économiques accomplis ces dernières années. 

M. EDUARDO GÁLVEZ (Chili) a rappelé s’être associé aux efforts de la communauté internationale dès le début de la crise haïtienne en 2004, avant de souligner l’aide particulière apportée par les pays d’Amérique latine pour améliorer l’avenir d’Haïti.  Ces pays fournissent en effet 60% des troupes de la MINUSTAH et ont adopté des programmes de coopération avec la Police nationale haïtienne, a-t-il notamment indiqué.  Le représentant a ensuite reconnu les efforts de la MINUSTAH et ses succès dans l’amélioration de la situation en matière de sécurité.  Il s’est cependant inquiété de la fragilité de la situation et du manque de progrès en matière de développement économique et social.  Le lien entre sécurité et développement est fondamental dans les efforts visant une paix durable, a-t-il ajouté.  À cet égard, il s’est réjoui de la nomination du Président Clinton comme Envoyé spécial de l’ONU pour Haïti, espérant qu’il appuierait les efforts menés en vue d’améliorer les infrastructures et les services, et pour renforcer sa capacité de rétablissement en cas de catastrophe naturelle.

M. FEDERICO ALBERTO CUELLO CAMILO (R épublique dominicaine) s’est félicité de la tenue à Washington en avril dernier d’une conférence de donateurs en faveur d’Haïti et de l’annulation de la dette extérieure de ce pays par certains États à hauteur de 1,2 milliard de dollars.  Les promesses de coopération financière doivent maintenant se traduire dans les faits afin de permettre au pays de se développer harmonieusement, a-t-il dit.  La République dominicaine est également un pays pauvre qui doit aussi faire face à des phénomènes dévastateurs, a-t-il expliqué, notant qu’il subissait par exemple une chute de ses exportations et une diminution de la fréquentation touristique.  Le délégué a également donné des chiffres sur le nombre d’Haïtiens travaillant en République dominicaine et le montant des envois de fonds que reçoivent des Haïtiens en provenance de leurs concitoyens vivant dans le pays voisin.  Enfin, le représentant a appuyé les propositions du Secrétaire général et souhaité que la MINUSTAH continue de réaliser des patrouilles.  Haïti doit encore relever des défis importants, a-t-il averti, et il faut que la communauté internationale continue de lui fournir un appui efficace.

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) s’est félicitée des récentes avancées accomplies dans la stabilisation d’Haïti, comme la tenue des élections sénatoriales et la poursuite du dialogue sur les questions d’intérêt national soumises aux commissions présidentielles.  Elle a donc jugé qu’il est possible de porter un regard optimiste sur ce pays, comme le fait le Secrétaire général.  Elle a constaté que l’occasion se présente de consolider les acquis des dernières années en Haïti et d’y jeter les bases d’un développement sur le long terme.  Pour que ce scénario positif se réalise, a-t-elle poursuivi, il faut que les autorités haïtiennes et la communauté internationale renouvellent leur partenariat.  De son côté, Haïti doit trouver un accord sur la réforme constitutionnelle et d’autres réformes, tandis que la communauté internationale doit augmenter et améliorer la qualité de son aide, a-t-elle ajouté.  Outre le renforcement du domaine de la sécurité, la représentante a insisté sur la nécessité de faire porter les efforts sur la création d’emplois et donc sur la réduction de la pauvreté.  Enfin, elle a rendu hommage à la MINUSTAH, « qui joue efficacement son rôle en maintenant la stabilité et en soutenant les efforts du Gouvernement, notamment en renforçant les capacités nationales ».  Elle a cité à cet égard le cas de la Police nationale haïtienne.

M. JUAN ANTONIO YÁÑEZ-BARNUEVO (Espagne) a indiqué participer aux efforts visant à faire d’Haïti un État viable.  Il a notamment cité la contribution espagnole annuelle en faveur d’Haïti, qui est de 20 millions d’euros, et celle annoncée à la Conférence de Washington, qui est de 37 millions de dollars.  En outre, l’Espagne participe à la composante policière de la MINUSTAH en fournissant 44 personnes et fait partie du Groupe consultatif sur Haïti du Conseil économique et social (ECOSOC).  Le représentant a appelé à ne pas se contenter de l’aide publique au développement pour Haïti, invitant à la compléter par des initiatives privées.  Il a aussi salué la nomination du Président Clinton comme Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti et émis l’espoir de le voir aboutir à un consensus au sein de la communauté internationale.  Il a de même mis l’accent sur l’importance du processus d’institutionnalisation et de la démocratisation des organes de l’État.  Il faut pour cela renforcer en priorité le système judiciaire, a-t-il dit.  Il a enfin appuyé la reconfiguration progressive de la composante de sécurité de la MINUSTAH, comme l’a recommandé le Secrétaire général.  Il faut continuer de réformer la Police nationale, a-t-il enfin déclaré.

M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela) a estimé que les actions de solidarité et les initiatives multilatérales devaient promouvoir le renforcement de la démocratie en Haïti, ainsi que les progrès dans les domaines politique, économique et social.  Il est fondamental de tenir compte de l’avis de la population, en particulier en ce qui concerne la proposition de remplacer le personnel, a-t-il préconisé.  Il s’est félicité de la résolution adoptée le 4 août 2009 par l’Assemblée générale, qui a souligné la nécessité de recruter du personnel haïtien autant que possible.  Le Président Clinton a mentionné la contribution du Venezuela en faveur d’Haïti, a rappelé le représentant, qui a aussi mentionné l’accord Petrocaribe, aux termes duquel le Venezuela met du pétrole à la disposition des pays de la région Amérique latine-Caraïbes à des conditions préférentielles.  La coopération entre les deux pays a aussi conduit à la promotion d’installations électriques qui bénéficient à 30% de la population d’Haïti et à l’accueil de centaines d’Haïtiens dans les universités vénézuéliennes, a-t-il ajouté.

Au nom des 14 États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. RAYMOND O. WOLFE (Jamaïque) a émis l’espoir de voir bientôt se réaliser en Haïti la prospérité économique.  Il a noté l’augmentation de la coopération politique dans des domaines très importants, citant par exemple les élections sénatoriales.  Ces succès ont été remportés dans un contexte de sécurité plutôt calme, a-t-il remarqué, avec un renforcement visible des capacités de l’État.  Le représentant a noté que ces gains sont le résultat de la détermination du peuple haïtien.  La CARICOM va continuer à apporter l’aide nécessaire à Haïti, a assuré le représentant de la Jamaïque, avant d’attirer l’attention sur le rôle fondamental que joue le personnel de la MINUSTAH sur le terrain.  Il a aussi noté la mise en garde exprimée dans le rapport du Secrétaire général et a soutenu les initiatives destinées à appuyer les progrès accomplis à ce jour.  Enfin, souhaitant que la MINUSTAH soit soutenue dans ses efforts, il a apporté l’appui de sa délégation au renouvellement de son mandat.

Mme MARIA FERNANDA ESPINOSA (Équateur) a rappelé la participation de son pays dans le processus de stabilisation d’Haïti, notamment par le biais de la MINUSTAH.  L’Équateur ne se limite pas à l’envoi de troupes, a-t-elle indiqué, mais s’attache aussi à préparer ses soldats de la paix pour leur permettre d’affronter les problèmes des personnes déplacées, des réfugiés et des besoins humanitaires.  La représentante a précisé que parmi les 66 Équatoriens envoyés sur le terrain, quatre étaient des militaires tandis que 62 faisaient partie du personnel civil de la Mission.  Ils participent ainsi à la reconstruction du pays, à l’appui à sa population et au développement socioéconomique, a-t-elle expliqué.  Mme Espinosa a ensuite reconnu les progrès accomplis dans le pays qui ont permis une amélioration de la stabilité, mais s’est préoccupée du niveau de développement encore faible et du manque de sécurité alimentaire.  Elle s’est dite confiante dans le fait que le nouvel Envoyé spécial de l’ONU offrirait son appui pour relever les défis du développement.  Enfin, l’Équateur appuie la prorogation du mandat de la MINUSTAH, a-t-elle indiqué.

En conclusion, le Premier Ministre d’Haïti a remercié tous les représentants des États Membres qui ont exprimé leur soutien au cours de cette réunion.  Elle a appelé à investir dans tous les domaines évoqués, en demandant à la communauté internationale de tenir ses promesses.  Le Gouvernement, pour sa part, doit s’efforcer de poursuivre les progrès, a-t-elle ajouté.  La Police nationale a un effectif supérieur à 10 000 policiers, a-t-elle rappelé pour illustrer le fait que son pays agissait pour parvenir à l’état de droit.

À son tour, M. ANNABI a indiqué apprécier le soutien apporté à Haïti par la communauté internationale et a remercié en particulier les pays d’Amérique latine pour leur contribution au contingent de la Mission. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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