Le Représentant spécial, M. Ould-Abdallah, invite le Conseil de sécurité à envisager des mesures pour assurer la stabilité de la Somalie

29 Juillet 2009
CS/9719

Le Représentant spécial, M. Ould-Abdallah, invite le Conseil de sécurité à envisager des mesures pour assurer la stabilité de la Somalie

29/07/2009
Conseil de sécurité
CS/9719
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6173e séance – matin


LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL, M. OULD-ABDALLAH, INVITE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ À ENVISAGER DES MESURES POUR ASSURER LA STABILITÉ DE LA SOMALIE


Les membres du Conseil réaffirment leur solidarité au Gouvernement fédéral de transition


« Le soutien de la communauté internationale et du Conseil de sécurité s’avère plus que jamais nécessaire pour stabiliser la Somalie », a déclaré, ce matin devant les 15 membres du Conseil, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, qui a souligné qu’« il est désormais temps d’agir ».  C’est la seconde fois ce mois-ci que le Conseil organise un débat sur la question, sous la présidence de l’Ouganda, un des principaux contributeurs de troupes à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).


Venu présenter le rapport périodique de Ban Ki-moon, M. Ahmedou Ould-Abdallah a plaidé pour une série de mesures que pourrait envisager le Conseil à l’appui du processus politique somalien initié en août 2008 par l’adoption de l’Accord de Djibouti.  Il l’a notamment encouragé à fournir immédiatement au Gouvernement fédéral de transition un soutien politique et financier pour lui permettre de rétablir la sécurité.


Dans son rapport, le Secrétaire général rappelle que lAutorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) – une organisation sous-régionale regroupant sept pays de la Corne de l’Afrique –et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ont demandé, en mai dernier, au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre des mesures visant à imposer une zone d’exclusion aérienne et un blocus des ports maritimes de façon à empêcher l’entrée d’éléments étrangers en Somalie, ainsi que d’armes et de munitions à destination des groupes armés qui mènent des attaques contre le Gouvernement fédéral de transition, la population civile et l’AMISOM.


Le Conseil a également été prié d’imposer des sanctions contre tous les acteurs étrangers, et en particulier l’Érythrée, qui fournissent un appui aux insurgés, dont le groupe Al-Shabaab, qui, outre les attaques, « extorqueraient de l’argent à des entreprises privées et enrôleraient des jeunes, y compris des enfants, dans les combats et les activités liées à la piraterie ».


Le Conseil de sécurité, qui a pourtant pris note dans sa déclaration présidentielle* du 9 juillet dernier de la demande faite par l’Union africaine, n’a pas encore répondu à cet appel.  Certains des membres du Conseil, comme la Turquie, se sont prononcés en faveur de sanctions.  Tandis que les représentants des États-Unis et du Mexique ont ouvertement accusé l’Érythrée, le Ministre somalien des affaires étrangères, qui participait à la séance du Conseil de sécurité, a prévenu contre les risques que posent  pour son pays « les ingérences étrangères bien connues qui cherchent à faire durer cette guerre ».


M. Mohamed Abdullahi Omaar a aussi insisté sur l’importance pour le Conseil d’appréhender les problèmes de son pays dans une perspective régionale et sous-régionale, affirmant que la paix en Somalie est la condition préalable au retour de la stabilité dans la Corne de l’Afrique.


Le Commissaire pour la paix et la sécurité de l’Union africaine, M. Ramtane Lamamra, a abondé en ce sens, en soulignant que le conflit somalien ne pouvait être réduit à une simple guerre civile, « mais qu’il était devenu une cause de précarité régionale, en même temps qu’une source d’insécurité à plus grande échelle ».


Pour le Représentant spécial, un soutien concret et immédiat du Conseil de sécurité aux troupes de l’AMISOM, ainsi qu’à l’IGAD et à l’Union africaine est également nécessaire.  « La présence temporaire des Nations Unies à Nairobi n’a que trop duré », a-t-il estimé, en proposant que les bureaux des institutions des Nations Unies soient basés à Mogadiscio, où l’on pourrait établir une « zone verte » comme cela a été fait ailleurs.  Le représentant de l’Ouganda, dont le pays assure également la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, a appuyé ces propos.


Si le maintien d’une présence internationale au large des eaux somaliennes - comme l’opération « Atalante » de l’Union européenne - demeure indispensable pour lutter contre la piraterie, elle doit, a estimé M. Ould-Abdallah, s’accompagner de la mise en place de services somaliens de sauvegarde maritime et d’une réflexion pour faire décliner le chômage des jeunes, dont certains sont recrutés pour participer à des activités de piraterie.


De l’avis du représentant de la Fédération de Russie, il est à ce stade « irréaliste » d’envisager le déploiement d’une opération des Nations Unies en Somalie, car les conditions de sécurité minimales ne sont pas encore réunies.


Le représentant du Royaume-Uni a estimé, de son côté, que la solution à long terme reste liée à la formation des Forces de sécurité somaliennes, ce que la France, a indiqué son représentant, a commencé de faire ce matin même à Djibouti.  Le représentant de la Turquie a souhaité que les montants confirmés lors de la Conférence des donateurs pour la Somalie, qui s’est tenue à Bruxelles en avril 2009, soient rapidement versés pour permettre à l’AMISOM de s’acquitter de son mandat.


Pour le représentant du Costa Rica toutefois, « si l’amélioration de la situation dépend des efforts des Somaliens eux-mêmes, l’indifférence de la communauté internationale risquerait d’aggraver la situation qui prévaut sur le terrain ».  Son homologue du Burkina Faso a estimé que « le déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies apparaît comme le dernier recours pour assurer la stabilité en Somalie ».


* CS/9700


LA SITUATION EN SOMALIE


Exposé


M. AHMEDOU OULD ABDALLAH, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, s’est déclaré convaincu que l’on est arrivé aujourd’hui à un tournant en Somalie, où le soutien de la communauté internationale s’avère plus que jamais nécessaire.  Il a expliqué qu’au cours de la période à l’examen (S/2009/373), le Gouvernement fédéral de transition somalien avait réalisé des progrès significatifs dans la formation, l’équipement et la rémunération des Forces de sécurité nationales, « bien qu’il reste beaucoup à faire dans le domaine de la coordination et de l’organisation ». 


Parallèlement, le processus politique suit son cours, a noté M. Ould Abdallah.  L’Accord de Djibouti, signé en août dernier, demeure ouvert à tous ceux qui souhaitent contribuer à un règlement pacifique de la situation en Somalie.  En outre, un nouvel accord important a été signé entre le Gouvernement et Ahlu Sunna Wal Jama’a, un groupe religieux très respecté qui a déjà montré des résultats déjà tangibles.  Certains éléments de l’opposition ont été intégrés dans le Gouvernement somalien, dont un des anciens membres d’un groupe d’insurgés qui a été nommé Vice-Ministre.  Cette politique de la « porte ouverte » devrait se poursuivre, a souligné le Représentant spécial, qui a indiqué que le Gouvernement accueillerait volontiers les membres de l’opposition dans ses rangs.


« Les Somaliens doivent discuter de la paix entre eux dans leur propre pays », a-t-il indiqué, avant d’ajouter qu’il était grand temps de répondre aux besoins du pays et de la population et de prendre en compte les intérêts des citoyens somaliens ordinaires ».  Poursuivant, M. Ould Abdallah a condamné l’enlèvement de Somaliens et d’étrangers innocents, appelant à leur libération immédiate et sans conditions.  Il a tout aussi vigoureusement condamné le pillage des locaux des Nations Unies dans les régions du centre et du sud de la Somalie, ainsi que les tentatives d’intimidation et les assassinats ciblés visant à museler les médias.  Le Représentant spécial a estimé que l’heure était venue de lutter contre l’impunité et les violations diverses des droits des civils, un domaine dans lequel le soutien de la communauté internationale est indispensable.


Les échecs passés ne devraient pas décourager de prendre à l’avenir les mesures qui s’imposent pour stabiliser la Somalie, a-t-il affirmé.  À court et à moyen termes, certaines de ces mesures pourraient êtres prises par le Conseil de sécurité.  Ainsi, a-t-il suggéré de fournir au Gouvernement somalien un soutien politique et financier immédiat pour améliorer la situation sur place, ainsi qu’aux autorités de Puntland et de Somaliland.  Un soutien concret et immédiat du Conseil est également nécessaire pour les troupes de l’AMISOM, a relevé le Représentant spécial, ainsi que pour l’IGAD et l’Union africaine.  En outre, les Nations Unies doivent maintenant montrer qu’elles sont sérieuses à l’égard de la Somalie, a-t-il poursuivi, estimant que « notre présence temporaire à Nairobi n’a que trop duré ».  Pour M. Ould Abdallah, c’est seulement en étant au plus près des victimes de la famine, de la violence et des violations des droits de l’homme que les Nations Unies pourront les aider et œuvrer à la recherche de la paix avec les Somaliens.  Il a estimé que son bureau et celui des autres institutions des Nations Unies, y compris les institutions humanitaires, ainsi que les diplomates et les organisations non gouvernementales (ONG) concernées devraient se réinstaller à Mogadiscio.  L’établissement d’une « zone verte », comme celles qui existent déjà ailleurs, devrait faciliter ce processus, a-t-il préconisé.  Enfin, il faut un soutien constant pour lutter contre la piraterie, la présence internationale aux larges des eaux somaliennes devant être maintenue et renforcée, a ajouté M. Ould Abdallah, qui a recommandé d’aider à la mise en place d’une garde des côtes somaliennes.  Parallèlement, la question du chômage des jeunes, dont certains sont recrutés pour les activités de piraterie, doit être sérieusement examinée.


« Si le Conseil de sécurité n’agit pas, qui le fera? » a demandé le Représentant spécial, avant de conclure par ces mots: « En contribuant à rétablir la stabilité en Somalie, la réputation des Nations Unies dans toute l’Afrique en sortira grandie.  Il est désormais temps d’agir ». 


Déclarations


M. RAMTANE LAMAMRA, Commissaire pour la paix et la sécurité de l’Union africaine, a qualifié la situation en Somalie de difficile et volatile, en assurant qu’elle n’était ni désespérée ni insurmontable.  Il a dit que depuis les quelques mois de fonctionnement du Gouvernement d’union nationale, conduit par le Président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, des améliorations notables ont été constatées dans la gouvernance du pays, qui sont démonstratives d’une volonté de transparence.  Il a précisé que les institutions de la transition, représentatives de larges courants politiques du pays, ont entrepris d’œuvrer à l’intérieur du territoire somalien, en lançant une dynamique salutaire de sortie de crise.  Il a noté que des forces somaliennes et étrangères œuvrant contre la paix ont redoublé d’activisme pour faire échec aux acquis du processus de paix et de réconciliation nationale. 


Il s’est réjoui que les instances dirigeantes de l’Union africaine, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement et le Conseil de paix et de sécurité (CPS) aient réitéré des positions orientées vers l’action, dans la ligne des demandes des instances politiques de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).  Il a mis l’accent sur trois idées clefs qui doivent, selon lui, s’imposer pour éviter que la Somalie soit un échec.  Premièrement, il a noté que le conflit somalien ne pouvait être réduit à une simple guerre civile, mais qu’il était devenu une cause de précarité régionale, en même temps qu’une source d’insécurité à plus grande échelle.  Deuxièmement, il a insisté qu’il faudrait être conscient que les actions armées qui se sont intensifiées depuis le 12 mai n’ont d’autre but que de faire durablement du pays un « abcès de fixation » en tant que point d’appui de pratiques extrémistes génératrices de défis pour la région et pour le monde.  Troisièmement, il a rappelé que le Gouvernement d’union nationale et la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) participent à un combat de légitime défense contre une menace globale.  Sur la base de ces considérations, il a souligné la nécessité de mesures hardies et novatrices. 


Au-delà du renforcement continu de l’AMISOM et de la construction diligente de la Force somalienne de sécurité, M. Lamamra a souligné qu’il était important que l’espace aérien et les eaux territoriales de la Somalie ne servent plus au libre passage des armes et munitions, ainsi que de combattants étrangers.  Il est aussi essentiel que le combat ne se déroule pas seulement là où les forces œuvrant contre la paix en prennent l’initiative, en l’occurrence dans la capitale Mogadiscio de plus en plus vidée de sa population.  Il a insisté que l’autorité du Gouvernement du Président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed puisse être étendue progressivement à d’autres régions du pays, à commencer par celles présentant des caractéristiques distinctives en termes stratégiques, mais aussi opérationnels, voire en termes spirituels et symboliques.


M. Lamamra a déclaré que l’Union africaine et les Nations Unies développaient en Somalie un partenariat qui préfigure une étape qualitative dans la conception des opérations de soutien à la paix.  Il a estimé que le déploiement d’un sixième bataillon, en provenance du Burundi, avec des moyens aériens fournis par l’Algérie, et la mise en place du module de soutien logistique des Nations Unies, sont autant de développements encourageants.  Il a ajouté que les conditions se mettaient graduellement en place pour que les Nations Unies prennent directement la large part de responsabilités qui leur revient naturellement dans l’affirmation de la présence de la communauté internationale en Somalie, en prenant la succession d’une AMISOM pleinement opérationnelle.  Dans cette perspective, a-t-il conclu, le rehaussement du niveau de l’effectivité de la représentation des institutions régionales et internationales en Somalie serait un pas important dans la bonne direction. 


M. MOHAMED ABDULLAHI OMAAR, Ministre des affaires étrangères du Gouvernement fédéral de transition de la Somalie, a repris les propos du Représentant spécial, qui vient d’affirmer que les problèmes des Somaliens doivent être réglés par les Somaliens eux-mêmes.  Le peuple somalien et la communauté internationale sont parvenus à la conclusion que réinventer la roue n’est plus d’actualité et que l’heure est maintenant de reconstruire une base institutionnelle et un État opérationnel en Somalie.  « Nous venons d’établir un partenariat fondé sur des idées communes et de mettre en place ces paramètres pour reconstruire les institutions étatiques », a-t-il dit.  « Notre attachement à la paix n’est ni limité, ni temporaire: nous sommes prêts à accueillir dans le processus de paix toutes les parties désireuses d’adhérer à l’Accord de Djibouti », a assuré M. Omaar.  En parallèle, des efforts sont déployés pour maintenir cet élan en faveur de la paix et de la réconciliation.  Sur le plan international, l’Union africaine ne ménage pas son soutien à la Somalie, en prenant en compte les besoins, notamment financiers, du Gouvernement de transition.  Dans le cadre de l’IGAD, il faut maintenant agir au niveau sous-régional, en adoptant les sanctions appropriées pour neutraliser les individus et les entités qui compromettent le processus de paix et œuvrent pour déstabiliser le pays, en commettant des attentats suicides.  Il a insisté sur l’importance pour le Conseil de sécurité d’examiner les problèmes de la Somalie dans un contexte régional et sous-régional.  « La paix que nous recherchons ne se limite pas à la Somalie, mais s’étend à l’ensemble de la corne de l’Afrique », a rappelé le Ministre somalien des affaires étrangères.  L’instauration de la paix en Somalie est la condition préalable pour rétablir la stabilité dans la sous-région, a-t-il insisté, avant de conclure qu’il était temps « de tenir compte des ingérences étrangères bien connues qui cherchent à faire durer cette guerre ».


M. DAVID QUARREY (Royaume-Uni) a décrit une situation en Somalie qui menace la paix et la sécurité de l’ensemble de la sous-région.  Il a rappelé toute la pertinence des trois priorités que sont la réponse à la crise humanitaire, l’appui au processus de réconciliation nationale et l’amélioration de la situation sécuritaire à Mogadiscio afin d’élargir l’autorité du Gouvernement d’union nationale.  « Nous devons aussi lutter contre la piraterie », a-t-il insisté.  Il a estimé que les exposés entendus aujourd’hui démontraient toute la pertinence de ces priorités.  Toutefois, a-t-il précisé, la solution à long terme reste liée à la formation des Forces de sécurité somaliennes.  Le représentant a souligné que le rôle de l’AMISOM était central pour appuyer le Gouvernement d’union nationale.  Il s’est dit cependant très préoccupé par le rôle de forces étrangères qui soutiennent ceux qui tentent de renverser l’actuel Gouvernement somalien. 


M. IBRAHIM DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) s’est dit très préoccupé par les attaques visant à renverser le Gouvernement d’union nationale qui n’a cessé de tendre la main et adopter une politique d’ouverture.  Il s’est félicité des mesures prises par le Gouvernement, qui ont été chaleureusement saluées par le peuple somalien.  Le représentant a demandé que la communauté internationale augmente son aide politique et financière pour que le Président de la Somalie, Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, puisse étendre son autorité à l’ensemble du territoire.  Il s’est dit par ailleurs très préoccupé par la présence d’éléments étrangers au sein des groupes armés d’opposition.  C’est pourquoi, il a demandé à la communauté internationale de répondre à l’appel lancé par l’Union africaine à Syrte, au début du mois de juillet, pour d’assister les États africains à fournir les contingents nécessaires à la stabilisation de la situation.  Le représentant a félicité le Burundi et l’Ouganda pour les sacrifices consentis en vue de préserver la paix en Somalie.  Il a souhaité une évolution qui permette de déployer une opération de maintien de la paix des Nations Unies pour prendre la relève de l’AMISOM.  Il s’est inquiété de la situation générale dans le pays qui a donné lieu, depuis le début de l’année, à une augmentation de 30% du nombre de réfugiés par rapport à 2008, alors qu’il manque encore 136 millions de dollars pour nourrir trois millions d’individus sur l’ensemble du territoire somalien.


M. KONSTANTIN K. DOLGOV (Fédération de Russie) s’est déclaré préoccupé par la persistance de l’instabilité et de l’insécurité en Somalie.  C’est pourquoi, il a estimé qu’il était « irréaliste » d’envisager le déploiement d’une présence des Nations Unies dans le pays.  « Nous devons tous viser cet objectif, mais il faut la garantie préalable de conditions de sécurité acceptables, qui ne sont pas actuellement réunies », a-t-il dit.  Le représentant a encouragé les Somaliens à œuvrer au dialogue et à la réconciliation nationale.  « Je le répète, il n’est pas possible de résoudre tous les problèmes des Somaliens sans instaurer la sécurité dans le pays ».  Le représentant de la Fédération de Russie a recommandé de mettre en place des institutions judiciaires, y compris avec l’appui des pays voisins, pour traduire en justice les pirates arrêtés.  La Fédération de Russie continue de participer activement aux efforts qui sont déployés pour empêcher les pirates de poursuivre leurs activités criminelles, a assuré le représentant.


M. ANTOINE SOMDAH (Burkina Faso), qui s’est félicité de la poursuite des activités du Gouvernement et du Parlement somaliens dans un difficile contexte sécuritaire, a réaffirmé son attachement à la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti.  Le Burkina Faso, a-t-il dit, considère que « la signature, le 21 juin dernier, d’une Déclaration de coopération technique, politique et sécuritaire » entre le Gouvernement d’union nationale et le groupe Ahlu Sunna Wal Jama’a, constitue le plus important succès de la politique de dialogue menée par l’actuel Président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed.  Le délégué a par ailleurs condamné les attaques ciblées conduites par les groupes armés illégaux, et a exhorté les États de la région, sans exception, à respecter l’embargo sur les armes et à s’abstenir de tout soutien à ces groupes armés, comme l’exigent les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.


M. Somdah s’est inquiété de la poursuite de l’enrôlement d’enfants par le groupe Al-Shabaab.  Il s’est par ailleurs réjoui de la confirmation d’une partie importante des 213 millions de dollars annoncés lors de la Conférence des donateurs pour la Somalie, qui s’était tenue à Bruxelles, en avril 2009.  « À ce stade, a souligné le représentant du Burkina Faso, seul le déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies apparaît comme le dernier recours pour assurer la stabilité en Somalie ».  En attendant, a-t-il poursuivi, le Secrétariat doit continuer à appuyer l’AMISOM. 


M. ALEJANDRO WOLFF (États-Unis) a condamné les actions armées qui visent à renverser le Gouvernement fédéral de transition en Somalie.  Il a condamné tout particulièrement les raids menés le 19 juin par le groupe Al-Shabaab au cours desquels des véhicules et des locaux d’organismes des Nations Unies ont été détruits ou saccagés.  Il s’est dit préoccupé par le recrutement par Al-Shabaab de combattants expérimentés originaires de pays étrangers, mais aussi d’adolescents somaliens.  Il a appuyé l’appel lancé par la communauté internationale au Gouvernement fédéral pour l’aider à faire face à des dangers constants.  Il a noté que l’AMISOM ne disposait actuellement que de quatre bataillons sur le terrain.  À cet égard, le représentant a remercié le Burundi et l’Ouganda pour les bataillons qu’ils ont déjà fournis à la Mission et pour l’annonce faite par le Burundi de déployer prochainement un troisième bataillon pour appuyer l’AMISOM.  La violence rend difficile l’acheminement de l’aide alimentaire, a-t-il noté, en regrettant les attaques ciblant les organisations humanitaires.  Le représentant a assuré que son pays était prêt à faire face à la crise humanitaire, en précisant que les États-Unis avaient fourni 139 millions de dollars d’aide humanitaire depuis le début de l’année fiscale américaine.  Il a félicité le Président de la Somalie, Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, pour les efforts qu’il a déployés en vue de développer les nouvelles institutions gouvernementales.  Il a estimé que tant que le pays ne retrouvera pas sa stabilité, il ne pourra y avoir de règlement durable du problème de la piraterie.  Il a réitéré les inquiétudes de son pays concernant les activités déstabilisatrices de l’Érythrée dans la région, et en particulier en Somalie.   


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) s’est félicité des efforts continus déployés pour intégrer les groupes d’opposition dans le Gouvernement fédéral de transition de Somalie.  Il s’est dit préoccupé par les informations faisant état d’une situation sécuritaire qui continue de s’aggraver dans le pays.  Trois éléments sont essentiels pour faire face à la situation qui prévaut actuellement en Somalie, à savoir un appui au Gouvernement, un appui à l’AMISOM et un appui au processus de réconciliation, a souligné le représentant.  Les troupes de l’AMISOM doivent être renforcées, a-t-il estimé, avant de dire qu’en ce qui concerne la piraterie, l’Union européenne poursuivait son action, mais qu’il ne serait pas possible de faire la différence sans se pencher sur les causes profondes de ce phénomène.  Déplorant aussi l’enrôlement d’enfants soldats, le représentant de l’Autriche a rappelé les conclusions publiées, l’an dernier, par le Groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés, qui a encouragé l’AMISOM à intégrer dans ses rangs des conseillers sur l’enfance.


M. YUKIO TAKASU (Japon) s’est dit préoccupé par la détérioration de la situation en matière de sécurité en Somalie.  Il a vigoureusement condamné les actes de violence commis contre les travailleurs humanitaires, les bureaux des Nations Unies et l’enlèvement de membres du personnel français en Somalie.  «  Tout soutien possible doit être apporté au Gouvernement fédéral de transition », a t-il soutenu en saluant les efforts déployés par ce Gouvernement dans la promotion du processus politique, et en exhortant les groupes d’opposition à joindre le processus de paix de Djibouti. 


Concernant l’AMISOM, le représentant du Japon a estimé essentiel de renforcer ses activités et d’arriver au déploiement des 8 000 hommes de troupes qui lui sont nécessaires.  Il a dit espérer que les promesses faites par plusieurs États de fournir des troupes pour appuyer l’AMISOM seront tenues.  M. Takasu a, en outre, plaidé pour assurer plus de soutien au Gouvernement fédéral de transition et pour mettre fin à toute forme d’assistance aux groupes rebelles.  Il a également qualifié d’« importance critique » le renforcement des capacités des forces de police et de sécurité somaliennes, en saluant le recrutement et la formation de 100 000 policiers jusqu’au mois de juin 2010.  À cette fin, le Japon versera 9 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale pour l’AMISOM, a-t-il annoncé.  Les efforts concertés menés actuellement par la communauté internationale sont essentiels pour lutter contre la piraterie, a conclu le représentant, en espérant que ceux-ci auront une influence positive sur la situation en matière de sécurité sur le sol somalien.


M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a estimé qu’il était désormais clair que les groupes radicaux ne pouvaient plus renverser le Gouvernement somalien militairement, même si ces groupes pouvaient encore avoir un fort impact déstabilisateur.  Il s’est dit préoccupé par la poursuite des combats à Mogadiscio et dans d’autres régions du pays, depuis les attaques du 7 mai.  Il a noté que sept civils avaient encore été tués, hier, à Mogadiscio.  Le représentant a rappelé que trois millions de personnes dépendaient de l’aide humanitaire, alors que les attaques menées par Al-Shabaab paralysent en partie l’action humanitaire.  Il a précisé que la Commission européenne avait accordé 60 millions de dollars en appui à l’AMISOM et 13 millions pour le Programme de paix et de sécurité somalien.  Le représentant a mis l’accent sur quatre pistes pour renforcer la paix et la sécurité en Somalie.  Il a tout d’abord mentionné l’importance d’un appui aux Forces de sécurité somaliennes.  Il a indiqué, à cet égard, que la France avait ce matin même commencé la formation de troupes somaliennes à Djibouti.  Il a ensuite souligné l’importance de renforcer l’appui à l’AMISOM.  Il a aussi encouragé l’ONU à poursuivre ses activités d’assistance au Gouvernement d’union nationale, en citant le caractère essentiel, la lutte contre la piraterie.  Il a enfin souligné l’importance du dialogue politique en se réjouissant de la volonté d’ouverture exprimée par le Ministre somalien des affaires étrangères, M. Mohamed Abdullahi Omaar.


M. LE LUONG MINH (Viet Nam) s’est dit encouragé par les progrès politiques accomplis dans le cadre de l’Accord de Djibouti, tout en apportant son soutien aux efforts fournis par le Président Cheikh Sharif Ahmed en vue d’associer les parties non encore signataires de cet Accord, au processus de réconciliation nationale.  En dépit de ces avancées, a dit le délégué, « la situation en Somalie reste profondément trouble ».  Il a condamné les attaques des insurgés contre les institutions publiques nationales et les organisations internationales.  Il a ensuite fait part de son inquiétude concernant la situation humanitaire alarmante qui prévaut en Somalie, où plus d’un million de personnes déplacées et plus de trois millions d’autres personnes risquent de mourir de faim.


« Il y a urgence à appuyer les efforts du Gouvernement fédéral de transition qui s'efforce de repousser les assauts des forces extrémistes déterminées à détruire le processus de paix de Djibouti et à briser le travail de pacification  et de stabilisation de la Somalie », a insisté M. Minh, en appelant les donateurs à verser les contributions financières promises.  Il a par ailleurs appuyé la proposition de renforcer l’AMISOM dans le but de lui permettre de résister aux attaques des insurgés.  Tout en se félicitant des progrès réalisés en matière de lutte contre la piraterie, le représentant a estimé qu’à long terme, ce problème ne pourrait être résolu qu’à travers une approche intégrée qui s’attaque aux causes sous-jacentes du conflit, aux lacunes du gouvernement et à l’absence de moyens de subsistance sur le sol somalien.


M. CHRISTIAN GUILLERMET (Costa Rica) a estimé que la situation sécuritaire en Somalie exige un renforcement des effectifs de l’AMISOM et des forces de sécurité nationales.  « Nous reconnaissons que l’amélioration de la situation dépend des efforts des Somaliens eux-mêmes, mais nous estimons que l’indifférence de la communauté internationale risquerait d’aggraver la situation qui prévaut sur le terrain ».  Le représentant s’est dit également préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire et a condamné les attaques perpétrées contre les civils, le recrutement forcé d’enfants et les violations graves des droits de l’homme.  Il est impératif de déployer les efforts nécessaires pour consolider l’État somalien en s’attaquant au problème de la piraterie, a en outre souligné le représentant.  Avant de conclure, M. Urbina a réaffirmé le soutien de sa délégation à la stratégie politique du Secrétaire général en Somalie.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) s’est félicité des avancées politiques et des efforts importants déployés par le Gouvernement d’union nationale somalien pour promouvoir la stabilité dans le pays.  Il a mis l’accent sur la nécessité de soutenir trois domaines qui se renforcent mutuellement: le domaine politique, la sécurité et le développement.  Il a salué les efforts du Gouvernement de la Somalie pour mettre en place un programme de transition, en coopération avec l’AMISOM et le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS), notamment pour le renforcement des Forces de sécurité.  Il s’est dit préoccupé par la détérioration des conditions de sécurité pour le personnel humanitaire et celui des Nations Unies et son impact sur la distribution de l’aide humanitaire.  Il a jugé inacceptables les récentes attaques perpétrées contre certains fonds et programmes de l’ONU, en citant le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).  Il a rappelé la responsabilité des États de faire respecter le droit international humanitaire et d’assurer la protection des civils. 


« La mise en œuvre du renforcement graduel que nous appuyons par le biais de la résolution 1872 dépend en première instance de la survie du Gouvernement, de la sécurité de ses principaux membres et de la présence continue et croissante des Nations Unies dans le pays. »  « Nous sommes convaincus, a-t-il dit, que la création d’une zone de sécurité en territoire somalien, et la protection des infrastructures stratégiques comme les ports maritimes, seraient un facteur fondamental pour jeter les bases du fonctionnement des institutions nationales et la présence internationale ».  Notant que l’insécurité était devenue une source de revenus, il a souhaité que le Conseil de sécurité réponde à l’appel lancé par l’Union africaine pour la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et un blocus des ports, afin d’empêcher l’entrée de combattants étrangers sur le territoire et d’imposer éventuellement des sanctions contre l’Érythrée, qui semble apporter un soutien aux insurgés.  Il a insisté sur la nécessité de poursuivre la lutte contre la piraterie.  


M. FAZLI ÇORMAN (Turquie) a déclaré qu’un déploiement rapide du paquet de soutien logistique à l’AMISOM était nécessaire, ainsi que le transfert des fonds promis à la Mission lors de la Conférence des donateurs pour la Somalie, qui s’était tenue à Bruxelles en avril dernier.  Préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire dans le pays, il a souligné la nécessité de réfléchir à la mise en œuvre d’un régime de sanctions efficace en Somalie, pour empêcher que les armes ne parviennent aux insurgés.  En ce qui concerne la lutte contre la piraterie, le représentant a rappelé que la Turquie contribuait aux efforts internationaux, en fournissant deux frégates et en participant aux travaux du Groupe de contact international sur la Somalie.


M. RANKO VILOVIĆ (Croatie) s’est dit préoccupé par la situation sécuritaire difficile en Somalie.  Il a rappelé que le processus de paix de Djibouti demeurait la base pour la réalisation des objectifs de paix dans le pays.  Il a condamné toute tentative visant à déstabiliser le Gouvernement fédéral de transition en Somalie.  Il a déploré les nouvelles pertes en vies humaines causées par les récentes attaques d’insurgés.  Il s’est dit préoccupé par le recrutement d’enfants par les groupes armés.  Le représentant a demandé à toutes les parties en conflit de respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme en général.  Il s’est dit encouragé par les propos tenus aujourd’hui devant le Conseil de sécurité par le Ministre somalien des affaires étrangères qui a indiqué que, sans ingérence extérieure, le Gouvernement somalien sera en mesure d’assurer la paix et la sécurité sur le territoire somalien.  Le représentant a appuyé le travail de tous les acteurs qui déploient des efforts pour combattre la piraterie aux larges des côtes de la Somalie, en rappelant que la Croatie participait à la force maritime « Atalante ».


M. LIU ZHENMIN (Chine) s’est dit, lui aussi, préoccupé par l’instabilité en Somalie, qui exige la mise en place de forces de sécurité nationales bien formées et équipées.  Saluant les efforts de l’AMISOM et la fourniture de contingents par un certain nombre de pays africains, il a encouragé la communauté internationale à renforcer son soutien à cette Mission.  Condamnant les attaques contre le Gouvernement et les civils, le représentant a demandé à ce que l’on renonce à l’emploi de la force afin de privilégier le dialogue et la réconciliation nationale, dans le cadre de l’Accord de Djibouti.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a salué les efforts du Gouvernement fédéral de transition en Somalie visant à promouvoir le processus politique dans le pays.  Il a condamné les attaques perpétrées par des groupes d’insurgés et des éléments étrangers contre les institutions gouvernementales, des civils et des organisations humanitaires.  Il a exhorté tous les groupes armés somaliens à adhérer à l’Accord de Djibouti.  Il a demandé à tous ceux qui appuient les insurgés dans la région à cesser de le faire dans l’intérêt de la stabilité de la sous-région.  Le représentant a salué l’appui que l’ONU apporte à l’AMISOM, en appelant les Nations Unies et les autres partenaires à poursuivre cet appui.  Il est essentiel qu’à ce stade, les bureaux de l’AMISOM, l’UNPOS et les autres organismes de l’ONU soient basés en Somalie.  Ce serait un message très clair de l’appui de la communauté internationale au Gouvernement et au peuple somaliens, a-t-il estimé.  Le représentant a rappelé que le 9 juillet dernier, le Conseil de sécurité avait adopté une déclaration présidentielle prenant note de la demande que lui a faite l’Union africaine de décider de sanctions contre les entités ou pays appuyant les insurgés.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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