La situation en Guinée-Bissau demeure fragile, souligne devant le Conseil de sécurité le Représentant du Secrétaire général

23 juin 2009
CS/9690

La situation en Guinée-Bissau demeure fragile, souligne devant le Conseil de sécurité le Représentant du Secrétaire général

23/06/2009
Conseil de sécurité
CS/9690
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Conseil de sécurité

6149e séance – matin

LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU DEMEURE FRAGILE, SOULIGNE DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ LE REPRÉSENTANT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

À la veille de l’élection présidentielle, la situation générale en Guinée-Bissau reste « fragile », a constaté, ce matin devant le Conseil de sécurité, le Représentant du Secrétaire général dans ce pays, M. Joseph Mutaboba.  Les défis « sont immenses », a-t-il déclaré, invitant la communauté internationale à « demeurer engagée » et à « fournir à la Guinée-Bissau l’appui dont elle a tant besoin ».

La Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix (CCP), Mme Maria Luisa Ribeiro Viotti (Brésil), a estimé, de son côté, que le succès de la consolidation de la paix dans ce pays exigeait une présence des Nations Unies sur le terrain « plus forte et plus cohérente ».  « L’instabilité politique depuis le mois de mars a démontré la nécessité pour la formation en Guinée-Bissau de redoubler ses efforts », a-t-elle observé.

M. Mutaboba, qui présentait au Conseil de sécurité le dernier rapport* du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Guinée-Bissau, s’est en particulier attardé sur les tensions politiques et militaires après les assassinats, les 1er et 2 mars dernier, du Président João Bernardo Vieira et du chef d’état-major des armées Tagme Na Waie, les préparatifs de l’élection présidentielle du 28 juin et la création du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans ce pays (BINUGBIS).

Le Représentant du Secrétaire général a affirmé que le calme apparent ayant suivi les assassinats du Président Vieira et du général Tagme en mars dernier avait été perturbé lorsque le Ministre de l’administration territoriale et candidat à l’élection présidentielle, M. Baciro Dabó, a été tué par des hommes armés à son domicile à l’aube du 5 juin. 

À quelques intervalles, un membre éminent du Parlement avait été tué, ainsi que son chauffeur et un garde du corps, dans une embuscade, a-t-il ajouté.  Selon les services de renseignement de l’État, les deux hommes résistaient à leur arrestation alors qu’ils étaient accusés d’avoir participé à une tentative de coup d’État, a-t-il précisé.

Ces événements violents ont eu lieu à la veille du lancement officiel de l’élection présidentielle et ont menacé de perturber le calendrier électoral, a expliqué le Représentant du Secrétaire général.  Toutefois, M. Mutaboba a indiqué que les préparatifs pour l’organisation du scrutin et son observation internationale étaient « sur la bonne voie ». 

Au cours de la visite en Guinée-Bissau, le 13 juin, du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn Pascoe, le Président par intérim, M. Raimundo Pereira, a confirmé que l’élection aura lieu, comme prévu, le 28 juin.

En matière de sécurité, le Représentant du Secrétaire général a fait remarquer que « la situation générale reste fragile » et un sentiment d’insécurité est palpable, tant parmi l’élite qu’au sein de la population, a-t-il souligné.

Il a également affirmé que les enquêtes relatives au double assassinat du mois de mars se poursuivaient.  L’enquête militaire parallèle a été achevée et le rapport remis au Parlement, a-t-il dit, précisant que la Commission d’enquête, dirigée par le Procureur général, en avait contesté la validité et reproché le manque de coopération de l’armée.

Après avoir évoqué la situation économique et sociale du pays et des événements liés aux droits de l’homme, M. Mutaboba, qui dirige également le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS), s’est penché sur la recommandation contenue dans le rapport du Secrétaire général portant sur la création du BINUGBIS.

Il s’agit, a-t-il dit, de « renforcer l’efficacité de la présence des Nations Unies en Guinée-Bissau à ce moment critique de pauvreté rampante, de tension et d’instabilité politique ».  M. Mutaboba a lancé un appel au Conseil de sécurité pour qu’il apporte son appui et pour qu’il veille à ce que le Bureau dispose des effectifs nécessaires pour continuer à s’acquitter efficacement son mandat.

« Les recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général concernant la transformation du BANUGBIS en un bureau intégré mérite tout notre soutien », a déclaré pour sa part Mme Ribeiro Viotti.  La Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix ainsi estimé que ces recommandations tombaient « à point nommé » et étaient « parfaitement justifiées ».

« Donner au Bureau des Nations Unies en Guinée-Bissau un mandat solide avec les ressources adéquates est la décision la plus sage politiquement et la plus économique financièrement que peuvent prendre aujourd’hui le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale pour soutenir ce pays », a conclu Mme Ribeiro Viotti.

* S/2009/302

LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU

Rapport du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Guinée-Bissau et les activités du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans ce pays (S/2009/302)

Le Secrétaire général rend compte, dans ce rapport de l’évolution de la situation depuis le 31 mars 2009, date de son précédent rapport, en particulier de la crise politique et militaire qui a suivi l’assassinat du Chef de l’État et du chef d’état-major, ainsi que des préparatifs de l’élection présidentielle devant se tenir le 28 juin 2009. 

Le rapport présente également des recommandations concernant la création d’un Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau, le mandat proposé pour celui-ci, sa structure et sa dotation en effectif, comme l’a demandé le Conseil de sécurité dans une lettre datée du 22 décembre 2008.

Afin que l’ONU puisse fournir à la Guinée-Bissau l’appui critique dont elle a besoin au cours de la période postélectorale et pour assurer une transition sans heurt à une présence intégrée des Nations Unies, le Secrétaire général recommande que le présent mandat du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BAGNUBIS) soit prorogé pour une période finale de six mois jusqu’au 31 décembre 2009.

Au cours de cette période, écrit-il, la mission de l’ONU continuera de fournir aux autorités nationales un appui en matière de consolidation de la paix, conformément à son mandat.  Il recommande également que le Bureau mette en place les mesures de transition nécessaires pour assurer sa transformation sans heurt en Bureau intégré.

Le Secrétaire général, après avoir consulté différents départements et institutions, propose en effet, pour succéder au BAGNUBIS en janvier 2010, la création du Bureau intégré des Nations Unies en Guinée-Bissau (BINUGBIS) pour une période initiale d’un an.

Ce Bureau intégré serait chargé, notamment, d’aider la Commission de consolidation de la paix (CCP) dans son engagement multidimensionnel aux côtés de la Guinée-Bissau, de renforcer les capacités des institutions nationales, d’appuyer les autorités nationales en vue de la mise en place d’un système de répression et de justice pénale véritablement efficace et d’appuyer un dialogue politique inclusif et un processus de réconciliation nationale qui offre un cadre institutionnalisé pour la consolidation de la paix.

Il propose en outre que le BINUGBIS soit dirigé par un représentant spécial du Secrétaire général, qui lui rendrait compte par l’intermédiaire du Département des affaires politiques.  Il serait secondé par un représentant spécial adjoint qui exercerait également les fonctions de Coordonnateur résident des Nations Unies et de Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Alors que les Bissau-guinéens se préparent pour les élections présidentielles du 28 juin, le Secrétaire général les exhorte à faire preuve du même esprit de ferme attachement à leurs responsabilités civiques que celui dont ils ont témoigné lors des élections législatives de 2008.  Les élections constituent une condition essentielle pour le rétablissement intégral de l’ordre démocratique et la création d’un climat propice aux réformes nécessaires à la relance durable de l’économie et du développement, souligne-t-il.

En outre, il juge indispensable d’établir une commission d’enquête crédible pour mettre fin aux cycles de violence et au climat d’impunité dans le pays.  La Guinée-Bissau et ses partenaires internationaux doivent travailler de concert pour faire en sorte que l’enquête en cours ne connaisse pas le même sort que les enquêtes précédentes qui n’ont pas permis de poursuivre les auteurs en justice et qui ont entamé la confiance dans le système judiciaire et encouragé l’impunité.

Enfin, le Secrétaire général exhorte de nouveau le Gouvernement et ses partenaires à poursuivre le dialogue sur la façon de maximiser l’assistance internationale et d’effectuer les réformes fort nécessaires dans l’administration publique et le secteur de la sécurité.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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